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2016.09.21

Lutte contre l’excision : Six filles excisées à Zooré par une vieille de 72 ans

Lutte contre l’excision : Six filles excisées à Zooré par une vieille de 72 ans
© DR / Autre Presse
 
Lutte contre l’excision : Six filles excisées à Zooré par une vieille de 72 ans
 
Koupèla - La direction provinciale de la femme, de la solidarité nationale et de la famille (DPFSNF) du Kourittenga a dévoilé, le jeudi 15 septembre 2016 à Koupéla, un cas d’excision sur 6 jeunes filles à Zooré, un village de la commune de Pouytenga, dans le Kourittenga.

Malgré les campagnes de sensibilisation et de mobilisation sociale, la pratique de l’excision a la peau dure au Burkina Faso. En témoigne le récent cas dans le village de Zooré, situé à trois kilomètres de Pouytenga, où six filles ont été excisées. C’est du reste ce que la direction provinciale de la femme, de la solidarité nationale et de la famille (DPFSNF) du Kourittenga a livré à la presse le jeudi 15 septembre 2016.

Selon le directeur provincial de la femme, de la solidarité nationale et de la famille (DPFSNF), Mamadou Ouattara, la découverte de ce cas fait suite à une interpellation de la Gendarmerie après un appel anonyme sur le numéro vert ‘’16’’. Ce qui leur a permis, tout d’abord de faire une mission de reconnaissance pour vérifier la véracité de l’information avant de passer à l’arrestation des coupables.

Si l’excision a été interdite dans les années 1990, elle continue à être pratiquée clandestinement par des exciseuses comme Sabine Korgho, auteure de l’excision sur les 6 fillettes agées de (14) mois à onze (11) ans. Elle a affirmé ignorer que cette pratique était interdite. Résidante à Andemtenga, cette vieille de soixante-douze (72) ans dit avoir hérité ce travail de sa mère. Elle reçoit trois milles (3000) FCFA sur chaque fille excisée.

Pour le cas présent, l’opération s’est déroulée le 05 septembre 2016 et l’exciseuse avance qu’elle avait excisé deux (02) autres filles qu’on avait amenées à son domicile. Elle a indiqué ne plus se rappeler de l’adresse de ces deux filles. Les complices de cette pratique étaient les mères des filles dont les époux sont en Côte d’Ivoire.

C’est le chef de famille, Kaboré Souleymane, grand-père des filles qui a organisé l’opération avec ses belles-filles. Cet acte s’est fait clandestinement, à l’insu même du chef du village de Zooré, Kaboré Souleymane. Il confirme n’avoir eu l’information que le 14 septembre 2016 soit 9 jours après l’opération. Pourtant affirme-t-il, ‘’iI y a toujours eu des réunions et causeries allant dans ce sens devant ma concession et une radio de la communauté nous a accompagnée. Malheureusement, je ne pouvais pas penser qu’avec cela, il y aura encore un cas d’excision.

"C’est par ignorance que l’on pouvait dire avant que c’est une tradition. Face à cette situation qui s’est produit dans mon village je vais lancer une convocation pour réunir le village et rappeler les gens à l’ordre’’. Le directeur provincial de la femme, de la solidarité nationale et de la famille (DPFSNF) Mamadou Ouattara a par ailleurs souligné le caractère difficile de la zone. ‘’En réalité, l’excision a la peau dure au Kourittenga.

C’est malheureux de le dire. Il y a toujours eu des émissions dans les radios de Koupéla et de Pouytenga mais ça perdure’’. Et de rappeler qu’ ‘’en 2014, il y a eu une audience foraine pour laquelle le tribunal de Tenkodogo s’est déporté à Koupéla et le jugement a eu lieu en public au Centre Zacharie.

On pensait que c’était des actes pour dissuader ceux qui s’adonneraient d’aventure à la pratique’’. Selon lui, il faudra continuer les actions de sensibilisation, les causeries, les émissions radio, les cinés débats et réinstaurer encore une audience foraine, espérant que cela permettra de porter un nouveau coup dans la lutte contre la pratique de l’excision.

   AMEDEE SILGA
silgaamedee@yahoo.fr

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Face à l’impunité, le peuple burkinabè a raison d’être nerveux

Pendant le long règne sans partage de Blaise, les Burkinabè ont eu soif de la justice. Trop s’est trop était le slogan de presque tous les Hommes intègres indignés par les morts suspectes de personnes qui dénonçaient les dérives du pouvoir en place. Le paroxysme de ce ras-le-bol a été l’insurrection populaire d’octobre 2014. C’est pourquoi d’ailleurs le peuple n’a pas accepté la tentative de coup de force du général Diendéré en septembre 2015.

Sankara Thomas
Sankara Thomas

Depuis, les populations sont exigeantes vis-à-vis des dirigeants par pure logique d’une quête permanente de la justice sociale. L’impunité en est une des raisons profondes. Et pour preuve, toute liberté provisoire accordée aujourd’hui à une personne soupçonnée d’avoir commis un crime politique ou économique rend le peuple burkinabè nerveux et hargneux.

Le dos d'Hamidou Ilboudo, codétenu de David Ouédraogo et cuisinier de François Compaoré
Le dos d’Hamidou Ilboudo, codétenu de David Ouédraogo et cuisinier de François Compaoré

L’impunité est le levain de la violence. En effet, depuis plus de 20 ans, le Burkina Faso a connu des exactions sommaires clandestines, des exécutions arbitraires, barbares… Le peuple burkinabè, dans sa misère quotidienne, dans la peur et la hantise, avait cru bon de se résigner. Chacun protégeait sa tête, surtout que les caïds étaient froidement abattus. Ainsi a-t-on couvé le mal des assassinats et toutes atteintes au droit de l’Homme au nom de la paix et de la sagesse.

Le Burkinabè, après des années de résignation et de protestations souterraines n’a pu retenir sa colère suite à la mort tragique de Norbert Zongo alias Henri Sebgo le 13 décembre 1998 et de ses trois compagnons d’infortune. Défenseurs des droits de l’Homme, sa mort a été ressentie par le peuple comme un os dans la gorge, une sorte de vérité étouffée par des intolérants aux intérêts égoïstes.

Norbert Zongo
Norbert Zongo

A partir de ce moment, toutes les couches sociales avaient compris qu’elles étaient gouvernées dans l’injustice, l’iniquité et l’impunité. Ainsi venait de s’allumer la flamme de l’incivisme, de la révolte et de l’intolérance à toutes formes d’injustice. Puisque l’honnêteté se cachait quand la fraude s’épanouissait. L’évanouissement des règles répandait et se légalisait sournoisement. La dérive venait du sommet. Comment comprendre en effet qu’un Yacouba Zida ait pu faire tout ce qui se dit de lui sans ressentir de la gêne et de l’embarras vis-à-vis de ce peuple qui l’adulait? Pourquoi cette duplicité cynique? Tous ces comportements ont assoiffé davantage le peuple burkinabè de justice.

Victimes du coup d'Etat de septembre 2015
Victimes du coup d’Etat de septembre 2015

En fait, les réactions épidermiques constatées çà et là aujourd’hui expriment le sentiment que l’impunité est comme une maladie incurable. Qui perdure. Or les nouveaux médecins que sont les dirigeants actuels sont censés avoir le remède miracle à ce mal qui a fait tant de mal à ceux qui ont eu le cœur brisé par les injustices passées. Dans ce sens, la justice rendue et la lutte véritable contre l’impunité seront les laisser-passer du régime actuel aux prochaines élections. Tant que les populations auront le sentiment que l’impunité se perpétue d’une façon ou d’une autre, elles se convaincront que rien n’a changé. Pourtant, plus rien ne sera comme avant est la devise de ceux qui ont chassé Blaise du pouvoir.

Le peuple a soif de la justice. Il l'a démontré face au régime de Blaise
Le peuple a soif de la justice. Il l’a démontré face au régime de Blaise.La lutte contre l’impunité doit être une priorité

Qui plus est, sans la justice, les violences, latentes soient-elles, continueront à s’exprimer comme une solution à l’impuissance vécue. C’est la raison pour laquelle face cette marée d’indignation, face à l’impunité, notre justice doit pouvoir élever la seule digue qui vaille et qui est celle du droit. Hélas, notre justice est pauvre. Elle est lente et, entre la mise en examen et le verdict, une durée trop longue dessert, devant l’opinion, sa vertu d’exemplarité. D’où la nervosité du peuple face à un désir de changement radical et profond qui tarde à voir le jour. Ce qui donne l’impression d’une révolution populaire inachevée. Heureusement qu’il n’est pas tard de se racheter. Si, bien sûr, chacun y met du sien. Maintenant.

Théophile MONE (lesechosdufaso)

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Septembre 1896 – septembre 2016, il y a 110 ans la bataille et la prise de Ouagadougou (1/2)

En janvier 2016 la capitale du Burkina a été la cible d’une attaque terroriste menée par des assaillants étrangers. La dernière agression étrangère du genre à Ouagadougou date du 1er septembre 1896. La Colonne de l’Armée coloniale française dirigée par les lieutenants Paul VOULET et Charles CHANOINE attaquent les troupes du Mogho Naaba Wobgo. Le but est de mater la résistance afin d’accélérer la conquête du territoire africain

       
Septembre 1896 – septembre 2016, il y a 110 ans la bataille et la prise de Ouagadougou (1/2)

A. Contexte général
B.
En 1888, la Conférence de Berlin précise les règles que doivent respecter les puissances européennes et les États-Unis dans leur entreprise de partage du continent africain. Partage largement entamé et qui devrait se poursuivre avec le minimum de couacs entre puissances. La principale règle est que le premier pays qui signe un traité sur un territoire ou qui l’annexe, en prend la souveraineté et doit en informer les autres puissances. L’esprit de tout ceci étant qu’il faut éviter à tout pris que les Africains soient témoins d’affrontements entre Européens. La course est donc relancée entre les puissances colonisatrices pour s’accaparer du reste des terres.

Les missions civiles et militaires françaises, anglaises et allemandes se succèdent alors pour tenter d’assujettir le Mogho par la simple signature d’un traité de commerce et de protectorat. Le Mogho Naaba Wobgo opposa donc un niet catégorique à toutes les tentatives de corruption. Il ne pose cependant pas des actes concrets qui attestent de sa prise de conscience de la gravité de la situation. Au même moment, la détermination de la France pour conquérir le Mogho avant les autres puissances européennes est, elle, plus évidente.

Presque toute l’Afrique de l’Ouest est déjà occupée. Reste seulement quelques territoires qui ont refusé la duperie des « traités de protectorat ». Le Mogho (le Mossi pour les Français), territoire des Mossé (Mossi) en fait partie. Au Dahomey, Behanzin est tombé depuis deux ans ! Dans le Kénédougou, le roi Babemba TRAORÉ n’est pas encore en résistance car le « traité d’amitié » que Kiéba TRAORÉ son prédécesseur a signé avec la France n’a pas encore révélé entièrement sa vraie nature… En Afrique de l’Ouest, ilne reste alors que deux résistants notoires à la machine coloniale : l’Almami Samory TOURE et le Mogho Naba Wobgo.

Pour la France, il faut mettre terme à cet affront. Le Général Edgar TRENTINIAN rage : « il faut occuper Ouagadougou avant les Anglais. Je demande au Gouverneur général l’autorisation de sévir. J’ordonne immédiatement au Lieutenant Voulet de marcher sur Ouagadougou pour devancer les Anglais ». Le très serviable Voulet ne crache pas sur la mission. Aussi argumente-t-il, enthousiaste : « Wahigouya est à 170 km de Bandiangara et Wagadougou [Ouagadougou] est à 170km de Wahigouya. Par Wagadougou, on tient tous les Mossis, les Gourounsis, les Peuls et les Gourmantchés.Ce territoire nous servira d’excellent poste d’observation dans la sous-région ». Le plan de conquête partirait donc du Nord pour ratisser l’ensemble du pays.

Depuis le XIVe siècle, Ouagadougou a toujours redouté une attaque venue du Nord notamment de la part du royaume frère du Yatenga, et n’avait jamais baissé la garde. Un rideau-rempart constamment est resté omniprésent. Ce rempart, constitué d’un dispositif militaire disséminé à Yako, Mané, Téma, Rissiam. Dès lors, la première mission française conduite par le Capitaine Destenave est stoppée à Yako en 1895. Un an plus tard, une seconde expédition, mieux outillée ne fit point de cadeau. Sur son chemin, elle sème la désolation. Par manque d’équipements, la résistance n’a pas tenu. Le 26 août 1896, les troupes du Yako Naaba furent anéanties à Samba. VOULET châtie sévèrement le village de Niou en tuant son chef qui avait fourni de fausses informations pour divertir l’ennemi avant de continuer sa marche sur Ouagadougou par des voies détournées.

Pourquoi cette bataille ?

Les raisons officielles :

La France dans sa grande magnanimité, prétend vouloir tisser amitié avec le Mogho pour développer le commerce bilatéral et lui assurer protection. Cette offre salvatrice a été présentée au Mogho Naaba qui, non seulement n’a pas daigné accepter, mais aurait maltraité le nième émissaire envoyé à cet effet. Un affront qui se lave dans la dignité estime-t-on côté français. On se rappelle que ce prétexte d’humiliation d’un représentant avait déjà été utilisé par la France pour faire une déclaration de guerre à la Prusse de Bismarck en 1870. La suite fut douloureuse.

Du côté du Mogho, l’amitié ne s’oblige pas ! On ne force pas l’amitié de quelqu’un. Tout le monde est au courant de ce qui est advenu à tous les peuples qui ont accepté de gribouiller en bas d’un parchemin pour manifester leur adhésion à cette amitié : perte immédiate souveraineté et soumission totale. D’ailleurs, les demandes incessantes d’audiences par des vagues d’européens avaient été interprétées par les conseillers du Mogho Naaba Koutou, comme suit : « Les Blancs procèdent toujours de la même façon, il en vient un d’abord, et si celui-ci est bien reçu, ils arrivent en foule. Ils s’installent dans le pays. Puis, peu à peu, ils envahissent en terrain conquis, écartent les allogènes pour commander". Cette tactique est connue et lors du dernier conseil de crise tenue au sujet de cette déclaration de guerre, le Mogho Naba Wobgo n’alla pas de main morte : « Abada ! Né abada bila, Ed Kon sak yé ! » Littéralement : « Jamais, au grand jamais, nous n’acquiescerons pareille situation ». Ainsi dit, mieux vaut mourir dans le combat que de « boire la honte ».

C. Les forces belligérantes : La France et Le Mogho

La France, puissance européenne impérialiste et donc conquérante. Le Mogho, puissance africaine repliée sur elle-même depuis des siècles et dont le modèle d’administration du territoire est complètement dépassé et la stratégie militaire complètement obsolète. La France est en pleine expansion alors que le Mogho peine à asseoir une autorité interne et fait face à une humiliante rébellion qui dure depuis 12 ans. L’autorité du Mogho Naaba est mise à rude épreuve, les conflits internes se succèdent et les royaumes frères, confédérés ou alliés sont de plus en plus orientés vers d’autres défis de positionnement. Les français n’eurent pas du mal à démasquer cette faille et d’en tirer parti. En 1896, le Mogho est « un empire » sans commandement unifié, ni armée cohérente. La France décide à Paris, Dakar, le siège de l’AOF instruit et Bandiagara le siège du Gouverneur du Soudan français ordonne et les ordres sont exécutés.

-  Les armées

L’armée du Mogho n’a véritablement plus que sa réputation multi-centenaire qui continue de faire trembler ses voisins… Ainsi, lorsque le 30 juillet 1896, la Mission de conquête du Mossi et du Gourounsi s’ébranle des falaises de Bandiagara, Mamadu Koulibaly l’interprète, traduit à Voulet ce que répétaient en larmoyant les vieillards et les femmes du pays des Dogons. « Ils s’en font chercher querelle au Naba des mossis, Ô pauvres jeunes guerriers ! Jamais ils ne reverront leurs villages, leurs villages ne les reverront jamais ! Aucun d’eux ne reviendra vivant. Ô pauvres cadavres ambulants ! » » Dans les faits le Mogho n’est plus ce qu’il a déjà été. A l’entame du 19e siècle, son armée n’est pas professionnelle, c’est une armée de famille. Au Mogho, les fonctions publiques étaient généralement reparties entre de grandes familles. La fonction militaire relève de la famille des Tansoba, descendants des Ninsi eux-mêmes autochtones du territoire de Ouagadougou avant l’arrivée des Mossi.

En face, une armée française structurée, aguerrie par d’innombrables guerres menées sur tous les continents, disciplinée et équipée. Sur le terrain, la Colonne militaire conduite par le lieutenant Paul Gustave VOULET s’enrichit à Ouahigouya de la troupe du lieutenant Charles Paul Jules CHANOINE. De cette rencontre nait un destin tragique. Dans les rangs, chaque troupe est en réalité composée de soldats Africains (Sénégalais, Soudanais, Haoussa) qui sont d’anciens esclaves installés dans les "villages de libertés" (dont on estime le nombre à près de 8000 personnes en 1895), ou soit auprès d’anciens guerriers de la boucle du Niger (Toucouleurs, sofas de Samory TOURÉ ou de Tiéba TRAORÉ).

Les renseignements

Aujourd’hui comme hier les renseignements comptent pour beaucoup dans une lutte telle que celle que la France a engagée au Mogho. La France a envoyé plusieurs missions civiles et militaires qui ont chacune récolté de précieuses informations lui permettant de prendre des décisions éclairées en termes de stratégies. A ces explorateurs européens, il faut ajouter un réseau de renseignement assez performant que les français ont su bâtir sans que l’on puisse savoir si les agents africains qui en faisaient partie avaient pleinement conscience du rôle qu’ils jouaient.

Ainsi, dès novembre 1890, soit 6 ans avant la bataille de Ouagadougou, la France savait que le Mogho « est une République aristocratique de 333 provinces ayant chacun un Naba à leur tête ; Bokary [le Mogho Naaba] a une puissance purement nominale et ne gouverne que sa capitale ». Le premier portrait du futur Mogho Naba Wobgo avait été dressé pour la France par l’officier Louis-Gustave BINGER en 1888 alors qu’il était encore un prince aux aguets.

La cour du Mogho Naaba surpris par le flot des missions européennes fait une lecture claire de la situation : « Les Blancs veulent faire chez nous ce qu’ils ont fait ailleurs. C’est-à-dire prendre nos femmes, pour les donner à ceux qui n’en ont pas ; libérer nos captifs traditionnels et faire de nous, à leurs manières de nouveaux esclaves au service de leurs intérêts. Ils veulent faire de Sa Majesté un roi salarié, donc asservi. Voilà la vraie signification de leurs visites et le sens profond de leurs incessants messages. »Cette lecture entretenait la méfiance et nourrissait la défiance, mais toujours pas une action d’envergure. Mais l’autre camp se préparait à la guerre.

Très vite, les missions d’exploration et de négociations cèdent la place à une expédition militaire, à la surprise du Mogho qui s’affaire aux travaux champêtres. L’envahisseur a-t-il choisi une période stratégique pour lancer l’assaut ? Pendant la saison des pluies, les bras valides sont dans les champs. Une mobilisation de combattants pour une armée qui n’est pas professionnelle se fait difficilement en cette période de l’année.

Les armes

Les combattants du Mogho « disposaient de fusils à pierre, de flèches empoissées, de lances, de javelots, de gourdins, de casse-têtes, d’épées et beaucoup de petits couteaux, efficaces dans le corps à corps. »Plus tard le Professeur Michel IZARD écrit : « Les Mossé du Yatenga continuent à lutter à l’arme blanche ; de fonder leur stratégie offensive sur la cavalerie, leur stratégie défensive sur l’arc. »Et pourtant depuis environ 150 ans « les Mossé connaissent et fabriquent eux-mêmes ces fusils à pierre, armes à feu par excellence, ils se sont toujours refusés à utiliser le fusil comme arme de guerre, comme arme pour tuer un ennemi ; ils ont une philosophie de la guerre qui fait de l’homme une vie à respecter, un être à respecter, à ne pas utiliser de fusils contre lui … »Tiraillé entre valeurs du passé et obligations de la modernité mal perçue, le Mogho est demeuré avec un armement archaïque jusqu’à la confrontation avec les Européens.

Le détachement de l’armée coloniale selon son commandant comprenait « 220 combattants armés à l’européenne ; les tirailleurs disposent de 240 cartouches par homme dont 140 au convoi ce qui donne un total de 50 000 cartouches environ. 30 cavaliers fournis par nos alliés doivent diriger par les Spahis du lieutenant Chanoine, éclairer et renseigner la petite colonne ; la colonne comprend 250 charges de 25 kg ; elle emporte une réserve de cartouches […] 250 porteurs sont affectés au convoi […], une garde de 15 tirailleurs ; enfin la colonne emporte avec elle un troupeau de 20 bœufs soit dix jours de vivres ; 5 tirailleurs et 5 cavaliers constituent la garde du troupeau. »

Les troupes

Les combattants du Mogho, devaient selon la tradition militaire être conduits à la victoire ou la défaite par le Grand Tansoba. Lequel ne survit pas à une défaite. Le Wid Naba chef de cavalerie était également un haut dignitaire de Guerre du Mogho et prend part aux batailles.

Selon l’homme de culture Me Titinga Frédéric PACERE, historiquement, l’armée du Mogho disposait de corps d’élite, dont les « Zamsé » ou « Chauves-souris » qui « exécutent toujours leur mission avec violence et sans pitié ; la morale n’est pas de leur ressort, car seulement le résultat compte. »Nous ignorons si les Zamzé ont joué un rôle dans cette bataille.

La mission française partie pour la conquête de Ouagadougou était très sérieuse et rien n’a été oublié pour lui assurer une victoire certaine. Le chef de mission devenu héros en France, parle de la préparation de la mission lors de sa conférence qu’il donna plus tard à Paris sur la « Conquête du Mossi et du Gourounsi » : « La mission comprend cinq Européens :

1) le lieutenant Voulet, Chef de mission ;
2) le lieutenant Chanoine, des Spahis ;
3) Le Docteur Henric, de la Marine ;
4) Les Sergents Laury et Le Jariel de l’infanterie de la marine ;
5) 23 tirailleurs réguliers et 10 Spahis indigènes du 2e Escadron ;
6) 180 auxiliaires indigènes fournis par Aguibou, Sultan du Macina, et Ouidi-Diobo, roi des Foulbés de Barani ;
7) Divers interprètes de Peul, de Bambara, de Mossi et un Ouolof, traducteur et écrivain arabe ;
8) un marabout de Bandiagara, Idrissa Diallo. »

Les tactiques militaires

« La stratégie des militaires du Mogho relève sur le terrain d’une intelligence de terrain en forme de bracelet issue des traditions ; il s’agit de « Zûur Yam » ou « Intelligence du bracelet ». L’intelligence du bracelet débouche à terme sur l’encerclement partiel ou total de l’ennemi. » Privilégiant le corps à corps et refusant de bâtir une quelconque stratégie basée sur des armes à feu, pas besoin d’être expert militaire pour savoir que cette armée n’est pas dans son époque. Le jour de la bataille, les combattants sont rassemblés, louangés, harangués et dirigés contre les ennemis. « En guise de tactique, ils avaient reçu les instructions suivantes : l’emportant en nombre, ils devaient sans nullement tenir compte de pertes, déferler avec la plus grande frénésie sur les envahisseurs, en rugissant terriblement, les harceler, les obliger à s’arrêter, à se concentrer, les encercler des deux ailes, les exterminer jusqu’au dernier … »

Pour l’armée coloniale, le corps à corps n’est qu’une ultime option. Les armes à feu sont au cœur de la stratégie. « Essentiellement terrestre, la guerre coloniale africaine a été obligée de développer initialement la tactique de la colonne. Véritable système d’armes fondé sur la mobilité, elle se déplace en un temps très court avec des centaines, voire des milliers de fusils... » Les tirailleurs « avançaient en se déployant, pour éviter d’être ceinturés par les vagues successives des cavaliers mossi, ou en se resserrant et en formant des carrés pour rependre de loin la mort, et plus encore que la mort, l’effroi et l’épouvante par leurs armes aux feux de salves insolites, inédites. »

Moussa SINON (sinon_m@hotmail.com)
Sources :
-  Peuples voltaïques et conquête coloniale 1885 – 1914 Burkina-Faso,
Par Jeanne Marie KAMBOU-FERRAND
-  Légendes et histoire des peuples du Burkina Faso,
Par Salfo-Albert BALIMA,
-  Les Tansoba, guerriers traditionnels au Burkina Faso,
Par Titinga Frédéric Pacéré,
-  Les sociétés coloniales à l’âge des Empires : Des années 1850 aux années 1950
Par Dominique Barjot,Jacques Frémeaux
-  Burkina Faso, Cent ans d’histoire, 1895-1995 ; Tomes 1 et 2
Sous la direction de Yénouyaba Georges Madiéga et Oumarou Nao

Le souverain du Mogho est Mogho Naaba. Son titre de règne est Wobgo (éléphant) il était le prince Boukari KOUTOU, il a succédé à son frère Naaba SANEM qui avait succédé à leur père Naaba KOUTOU.

  lefasonet

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2016.09.20

Fada : les populations paient un lourd tribut dans le bras de fer qui oppose les agents de la santé au directeur régional

Photo d'archives, utilisée à titre d'illustration
© DR / Autre Presse Photo d'archives, utilisée à titre d'illustration
Fada-N’Gourma - Les centres de santé de la ville de Fada-N’Gourma sont restés fermés encore et les populations privées de soins ce lundi 19 septembre 2016 en réponse à l’appel du syndicat national des travailleurs de la santé humaine et animale en conflit ouvert avec le directeur régional de la santé de l’Est, Salif Sankara.Le syndicat menace de passer à une vitesse supérieure face « au mépris » du directeur et demande désormais son départ.

Les rapports entre le directeur régional de la Santé, Salif Sankara et le principal syndicat de la santé sont des plus tendus. Depuis le début du mois de septembre, les agents de santé marquent un arrêt de travail suivi d’un sit-in tous les lundis jusqu’à 12h à la direction régionale de la santé de l’Est, pour faire entendre leurs voix.

Face à ce bras de fer et l’installation d’un dialogue de sourd, c’est la population qui paie le lourd tribut. Dans sa plateforme revendicative, le syndicat souhaite, entre autres, avoir les rapports du président du conseil d’administration du CHR de Fada-N’Gourma pour être au parfum des insuffisances et des acquis de cette structure hospitalière comme cela se fait ailleurs, selon les grévistes.

En outre, le Syntsha veut désormais faire partie des cadres de concertation et de décision dans les districts sanitaires et au niveau régional afin d’avoir un œil sur les accords de financements de structures sanitaires pour plus de transparence.

Pour le syndicat, leur premier responsable fait preuve «d’un mépris à l’égard des populations et des agents de santé ». Selon le secrétaire général du Syntsha section de l’Est, Moussa Ouédraogo, le directeur régional ne veut pas d’un dialogue pour trouver une réponse, même partielle à leur plateforme.

« Le DR nous a reçu au dépôt du préavis de grève et a promis d’ouvrir un dialogue mais depuis, il se terre dans un silence méprisant. Il ne regarde même pas la souffrance des populations. Un seul homme ne peut mettre à mal la santé de toute la population. Nous demandons désormais son départ. Si rien n’est fait, nous passerons à une vitesse supérieure par des grèves de 48heures, puis 72h et davantage pour obtenir gain de cause », a insisté le SG du syndicat, Moussa Ouédraogo.

Le directeur régional Salif Sankara que nous avons rencontré dans ses bureaux a refusé de s’exprimer. « Vous voulez me voir à quel sujet ? Je n’ai rien à dire et je vous recontacterai », a-t-il dit en substance.

Moussa CONGO (http://bayiri.com)

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Schéma Nationale d’Aménagement et de Développement Durable du Territoire (SNADDT): un impératif de développement

La Direction Générale du Développement territorial du Ministère de l’Economie, des Finances et du Développement, organise du 19 au 21 septembre 2016 à Ouagadougou un atelier national pour la validation du Schéma Nationale d’Aménagement et de Développement Durable du Territoire (SNADDT). La cérémonie d’ouverture de cet atelier a été présidée par Mme Pauline Zouré, Sécretaire d’Etat chargé de l’Aménagement du Territoire, représentant Mme Hadizatou Rosine Coulibaly/Sori, Ministre de l’économie, des finances et du développement.

Jusque-là le Burkina Faso ne dispose pas d’un référentiel national en matière de planification spatiale. Cette situation a pour corollaire, la récurrence des conflits fonciers, le manque de coordination des interventions entre les différents acteurs, la mauvaise exploitation et l’insuffisante valorisation des potentialités et des ressources locales, etc.

Pour parer à cela, le Gouvernement a décidé de finaliser le Schéma National d’Aménagement et de Développement Durable du Territoire (SNADDT) dont le projet de schéma avait été proposé en 2006. Il s’agira pour les participants, présents à cet atelier , d’actualiser les données statistiques du projet de schéma et d’apprécier la cohérence des orientations avec l’évolution actuelle des différents secteurs de développement.

Dans le discours d’ouverture, Mme Pauline Zouré, Sécretaire d’Etat chargé de l’Aménagement du Territoire, représentant Mme Hadizatou Rosine Coulibaly/Sory, Ministre de l’économie, des finances et du développement, a souligné l’intérêt d’un tel schéma pour le Burkina Faso. « Pour faire de l’aménagement du territoire un outil de développement, la priorité réside dans la disponibilité d’un référentiel national qui décline les orientations en matière d’aménagement et de développement durable du territoire. » a-t-elle indiqué.
Présentation du SNADDT
Selon Wilfried Martiale Bassolé, Directeur Général du Développement Territoriale, le SNADDT est subdivisé en trois parties que sont : le diagnostic, les orientations et la mise en œuvre. La mise en œuvre effective des orientations de ce référentiel devra permettre de réorganiser le foncier, de développer les mines, les industries, l’agriculture et de résoudre les difficultés liées au déficit énergetique.

Au regard de la croissance démographique insoutenable et de la saturation spatiale, M Wilfried Martiale Bassolé a soutenu que le danger est imminent. « Lorsqu’on n’aura plus d’espace pour exploiter, on sera bloqué. » a-t-il expliqué. Il a par ailleurs plaidé pour la mise à jour du cadre juridique de l’aménagement du territoire avec l’élaboration d’une loi d’orientation sur l’aménagement et le développement durable. Toute chose qui permettra une mise en œuvre réussi du SNADDT.

   ( bayiri)

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Relation homme-femme : L’essentiel est-il d’avoir seulement un enfant ?

Un enfant. Le fruit d’un amour. C’est en effet, toute une vie. Un lien fort qui unit. Un lien fort qui peut aussi désunir, malheureusement. Qu’à cela ne tienne, un enfant, c’est le plus beau cadeau d’une relation entre un homme et une femme. Si autrefois, l’avoir - hors mariage - était presqu’un « crime » et dont les conséquences en valaient le bannissement de la famille – pour la femme - voir même par la société, en ce 21ème siècle, ces considérations sont balayées du revers de la main par une certaine catégorie de personnes

Sont, justement de ces catégories, des jeunes hommes qui n’hésitent pas, de nos jours, à exprimer leur désir d’avoir seulement un enfant, plutôt que de fonder un foyer. Etonnant ! « Que nenni ! » répliquait Alassane, une jeune d’une trentaine d’âge, qui estime que c’est la bonne et meilleure formule pour vivre en paix. Dur dur…, donc de vivre avec une femme, à son avis. Un avis que partage partiellement Joël qui se tente de se justifier par la peur du vivre à deux. Faut-il donc entretenir une relation, uniquement pour avoir un enfant, et ne plus se soucier du reste ? Pourquoi de telles orientations ? Est-ce relatif aux changements globaux que connaissent aujourd’hui nos sociétés. Le moins qu’on puisse dire, est que les valeurs d’antan sont en train de s’estomper au profit de celle de la nouvelle génération. La rencontre avec l’Occident, selon un sociologue en est pour beaucoup dans ces mutations de comportements. Il en est de même pour la diminution de la spiritualité avec une certaine montée des valeurs comme la liberté individuelle. Si bien que de nos jours, les gens se contentent d’assurer la reproduction sans suivre les voix conventionnelles ? Se marier est-ce aussi normal ? Je pense que c’est plutôt une convention de la société) – c’est-à-dire - le mariage. L’essentiel est de seulement avoir un ou plusieurs enfants.
Une fuite de responsabilité ?
L’idée d’avoir seulement un enfant n’est-elle pas une fuite de responsabilité de la jeune génération masculine. Le mariage étant d’une certaine manière une restriction de liberté. L’aspect économique n’est pas, non plus, à négliger. En tout cas, la monoparentalité s’impose de plus en plus dans nos sociétés, même si l’on fait parfois recours à ses proches. Toutefois, vivre avec un enfant sans sa mère n’est pas sans conséquence. Et vice-versa. Un enfant, on le sait, a forcément besoin de ses deux parents, sauf force de cas majeur. C’est ainsi qu’il n’est pas rare de voir des enfants en carence d’affection, des enfants qui n’ont pas la personnalité de base de leur société paternelle parce que éduqué dès les premiers moments de la vie par leur mère, des enfants manipulés par leurs parents, des enfants déboussolés etc. Pourtant, l’idée d’avoir seulement un enfant continue de germer dans les esprits de bons nombres jeunes. Ce n’est peut-être pas mauvais pour eux, mais elle l’est pour des femmes. Et il faudra, enfin, arrêter de fabriquer des « cas sociaux ».

Bassératou KINDO
   Lefaso.net

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PNDES : Paul Kaba Thiéba explique l’intérêt du plan au Centre-Ouest

PNDES : Paul Kaba Thiéba explique l’intérêt du plan au Centre-Ouest

Le Ministre de l'Urbanisme et de l'Habitat, Dieudonné Maurice BONANET a demandé aux banques du Burkina de financer la construction de logements sociaux. C'est à l'occasion de la rencontre d'échange de ce lundi 09 mai 2016 entre le premier ministre et les banquiers. Photo d'archives, utilisée à titre d'illustration
© DR / Autre Presse
 
Le Ministre de l'Urbanisme et de l'Habitat, Dieudonné Maurice BONANET a demandé aux banques du Burkina de financer la construction de logements sociaux. C'est à l'occasion de la rencontre d'échange de ce lundi 09 mai 2016 entre le premier ministre et les banquiers. Photo d'archives, utilisée à titre d'illustration
Dans le cadre de sa tournée d’explication du Plan national de développement économique et social (PNDES) du président du Faso, le Premier ministre, Paul Kaba Thiéba, était le dimanche 18 septembre 2016 à Koudougou, chef-lieu de la région du Centre-Ouest. En compagnie de trois membres du gouvernement et de nombreux hauts cadres, le chef du gouvernement s’est entretenu avec la population du Centre-Ouest de 10 h à 17 h.Baptisée rencontre de vulgarisation du Plan national de développement économique et social (PNDES), la tournée du chef du gouvernement burkinabè est une initiative de la Coordination nationale des associations et mouvements pour la vulgarisation du programme du président du Faso (CAM-VPP). L’objectif de la sortie à Koudougou du Premier ministre, Paul Kaba Thiéba, le 18 septembre dernier était d’expliquer le programme du président du Faso, Roch Marc Christian Kaboré . Il était question de faire adhérer l’ensemble des forces de la région à ce programme qui couvre la période 2016-2020. Avant que le Premier ministre n’intervienne, trois allocutions ont été prononcées. Il s’agit du mot de bienvenue du maire de Koudougou, et les allocutions des coordonnateurs régional et national des associations et mouvements pour la vulgarisation du programme du président. Le maire, Maurice Mocktar Zongo, s’est réjoui de la tenue de cette rencontre de vulgarisation du PNDES dans la région du Centre-Ouest et particulièrement à Koudougou. Le conseil municipal de Koudougou, a-t-il dit, s’inscrit dans cette dynamique et contribuera efficacement à la mise en œuvre de ce programme. Au nom des populations de sa commune, Maurice Mocktar Zongo a souhaité que dans le cadre de la mise en œuvre du PNDES, certaines doléances soient prises en compte. Il s’agit notamment de la construction d’une usine de textile à l’image de l’ex-Faso Fani ; du bitumage des axes Koudougou-Yako, Sabou-Léo et de l’avenue Oumarou-Kanazoé qui ceinture une partie de la ville de Koudougou, longue de 8 kilomètres et dont les études sont en cours. Il a également souhaité que cessent les coupures intempestives d’électricité dans la ville de Koudougou qui anéantissent de nombreux secteurs de développement. Quant aux coordonnateurs régional et national, respectivement Octave Alphonse Zongo et Jonathan Tapsoba, le PNDES tel que conçu doit être l’affaire de tous car il n’épargne personne dans la vision du développement qu’entend impulser le président du Faso. Ce sera ensuite le tour du Premier ministre, Paul Kaba Thiéba, de s’entretenir avec l’ensemble des forces vives du Centre-Ouest venues des quatre provinces de la région. Il a d’abord expliqué l’intérêt du PNDES pour le développement du Burkina Faso, qui se chiffre à quinze mille milliards de FCFA. Le PNDES, a dit Paul Kaba Thiéba, s’exécute à travers trois principaux axes que sont la bonne gouvernance, la qualité du capital humain et la transformation structurelle de l’économie. Et selon le chef du gouvernement, tout ce qu’on peut imaginer comme action de développement se retrouve dans l’un ou l’autre de ces trois axes. Comme exemple, il a dit que dans l’axe 1, la corruption dont on parle tant sera combattue. De même, les marchés publics seront assainis. Pour ce qui concerne l’axe 2, il a indiqué que ce volet mettra l’accent sur l’éducation, la santé à travers une diversité de formations des jeunes et la construction de Centres hospitaliers universitaires (CHU) dans tous les chefs-lieux de région. Quant à l’axe 3, il s’emploiera dans les secteurs primaire, secondaire et tertiaire à travers, entre autres, la modernisation de l’agriculture, l’économie et le commerce.Comme si le maire de Koudougou le savait, il avait dans son intervention attiré l’attention du Premier ministre sur les multiples coupures d’électricité qui causent beaucoup de désagréments à la ville de Koudougou.

De nombreuses attentes

A quelque chose malheur est bon, dit-ton. Pendant que le Premier ministre tenait le micro pour expliquer le PNDES, il y a eu coupure de courant qui a duré une quarantaine de minutes. Pour rétablir au plus vite la situation, le directeur régional de la SONABEL, qui était dans la salle, a été interpellé par qui de droit. A la reprise des travaux, le Premier ministre, Paul Kaba Thiéba, s’est offusqué contre cette coupure qui ne saurait se justifier en pleine saison hivernale et a demandé un rapport au gouverneur sur cet incident. « En avril ou mars, on vous aurait compris » a-t-il dit en substance. Les participants ne sont pas allés du dos de la cuillère en termes de questions. Une cinquantaine a été adressée au présidium. Ces questions ont concerné la crise énergétique, l’inscription du projet Soum dans les pôles de croissance ; les écoles sous paillottes; l’accès aux soins de santé malgré la gratuité annoncée ; l’insécurité dans les villes et campagnes ; la question du rapatriement des fonds d’ anciens dignitaires qui dorment dans des banques étrangères, etc. A toutes ces questions, le Premier ministre a donné des réponses « satisfaisantes », non sans faire recours aux trois membres du gouvernement qui l’accompagnaient que sont Jean-Martin Coulibaly de l’Education nationale, René Bagoro de la Justice et Sommanogo Koutou des Ressources animales. De même, la gouverneure du Centre-Ouest, Alizata Dabiré, le président de l’université de Koudougou, le professeur Georges Sawadogo et le docteur Mathias Somé du bureau de suivi du programme présidentiel ont aussi été appelés à donner des réponses à certaines préoccupations des populations. Au terme des échanges, les participants sont repartis avec l’espoir que le PNDES contribuera à un véritable développement endogène du Burkina Faso.

François KABORE (sydwaya)

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Relation homme-femme : L’essentiel est-il d’avoir seulement un enfant ?

Un enfant. Le fruit d’un amour. C’est en effet, toute une vie. Un lien fort qui unit. Un lien fort qui peut aussi désunir, malheureusement. Qu’à cela ne tienne, un enfant, c’est le plus beau cadeau d’une relation entre un homme et une femme. Si autrefois, l’avoir - hors mariage - était presqu’un « crime » et dont les conséquences en valaient le bannissement de la famille – pour la femme - voir même par la société, en ce 21ème siècle, ces considérations sont balayées du revers de la main par une certaine catégorie de personnes

Sont, justement de ces catégories, des jeunes hommes qui n’hésitent pas, de nos jours, à exprimer leur désir d’avoir seulement un enfant, plutôt que de fonder un foyer. Etonnant ! « Que nenni ! » répliquait Alassane, une jeune d’une trentaine d’âge, qui estime que c’est la bonne et meilleure formule pour vivre en paix. Dur dur…, donc de vivre avec une femme, à son avis. Un avis que partage partiellement Joël qui se tente de se justifier par la peur du vivre à deux. Faut-il donc entretenir une relation, uniquement pour avoir un enfant, et ne plus se soucier du reste ? Pourquoi de telles orientations ? Est-ce relatif aux changements globaux que connaissent aujourd’hui nos sociétés. Le moins qu’on puisse dire, est que les valeurs d’antan sont en train de s’estomper au profit de celle de la nouvelle génération. La rencontre avec l’Occident, selon un sociologue en est pour beaucoup dans ces mutations de comportements. Il en est de même pour la diminution de la spiritualité avec une certaine montée des valeurs comme la liberté individuelle. Si bien que de nos jours, les gens se contentent d’assurer la reproduction sans suivre les voix conventionnelles ? Se marier est-ce aussi normal ? Je pense que c’est plutôt une convention de la société) – c’est-à-dire - le mariage. L’essentiel est de seulement avoir un ou plusieurs enfants.
Une fuite de responsabilité ?
L’idée d’avoir seulement un enfant n’est-elle pas une fuite de responsabilité de la jeune génération masculine. Le mariage étant d’une certaine manière une restriction de liberté. L’aspect économique n’est pas, non plus, à négliger. En tout cas, la monoparentalité s’impose de plus en plus dans nos sociétés, même si l’on fait parfois recours à ses proches. Toutefois, vivre avec un enfant sans sa mère n’est pas sans conséquence. Et vice-versa. Un enfant, on le sait, a forcément besoin de ses deux parents, sauf force de cas majeur. C’est ainsi qu’il n’est pas rare de voir des enfants en carence d’affection, des enfants qui n’ont pas la personnalité de base de leur société paternelle parce que éduqué dès les premiers moments de la vie par leur mère, des enfants manipulés par leurs parents, des enfants déboussolés etc. Pourtant, l’idée d’avoir seulement un enfant continue de germer dans les esprits de bons nombres jeunes. Ce n’est peut-être pas mauvais pour eux, mais elle l’est pour des femmes. Et il faudra, enfin, arrêter de fabriquer des « cas sociaux ».

Bassératou KINDO
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NOUNA : ENCEINTE DE 6 MOIS, ELLE CULTIVE POUR SUBVENIR À SES BESOINS

nouna

A 6 mois de grossesse, Marie-Ange Traoré, 18 ans, devrait être aux bons soins de son mari avec toutes les commodités possibles, surtout qu’il s’agit du premier enfant qu’elle attend. Mais loin de ce confort, c’est dans un champ d’arachide que nous avons trouvé la jeune dame, un matin de septembre 2016, se battant contre les hautes herbes, pour une rémunération journalière de 1000 FCFA.

 

Le visage trempé de sueur, le ventre bien arrondi et une daba à la main, traquant les mauvaises herbes, Marie-Ange Traoré n’est pas au bout de ses peines ; il est 10 heures et la journée de travail continuera jusqu’à 16h. Mais qu’est-ce qui a bien pu conduire cette jeune dame à cultiver dans un champ malgré son état de grossesse avancé ?

Nul doute que c’est parce que la précarité frappe à sa porte. Ce qu’elle confirme après un long soupir : « C’est la pauvreté qui m’amène à chercher à travailler dans les champs afin d’avoir un peu d’argent. Je suis consciente des dangers que cela présente pour mon enfant mais que faire ?  Mon mari aussi étant démuni, je suis obligée de sortir travailler pour subvenir aux besoins de la famille. » Un passant, après des échanges avec la pauvre dame, lui tend quelques pièces de monnaie qu’elle attache au bout de son foulard, le sourire aux lèvres.

Le cas de Marie-Ange n’est pas isolé. En cette période de soudure et dans une zone où la majorité des femmes est sans activités génératrices de revenus, nombreuses sont celles qui travaillent à longueur de journée dans des champs pour pouvoir subvenir à leurs besoins. La situation est plus compliquée pour celles issues de familles nombreuses. Il n’est pas rare de voir des femmes presque à terme se débattre pour leur survie et c’est la vie des enfants qu’elles portent qui est ainsi exposée.

Pour Estelle Kandolo, accoucheuse auxiliaire au CSPS communal 1 de Nouna, la femme une fois dépistée enceinte doit se tenir loin de toute activité susceptible de nuire à son bébé. « La femme enceinte, en cultivant, peut avoir des douleurs abdominales, ce qui peut conduire à un avortement spontané. Nous avons constaté que dans de nombreuses familles de Nouna les femmes sont sur tous les fronts. En plus de s’occuper des enfants, elles doivent se battre pour faire face aux charges familiales », a-t-elle ajouté

Autre fait qu’a relevé Mme Kandolo, à Nouna certains parents poussent leurs fils à se marier très tôt sans se soucier de leur emploi. Ce qui oblige des femmes, même en état de grossesse, à faire des travaux pénibles, leur mari ne disposant pas de revenus.

 

Boureima Badini

http://lobservateur.bf/

10:24 Publié dans ACTUALITE SOCIALE DU BF | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | |  Imprimer

New York : le président du Faso plaide la cause des réfugiés et migrants

migrant

L’Assemblée générale des Nations unies a accueilli, lundi 19 septembre 2016 à New York, une réunion de haut niveau sur les mouvements massifs des réfugiés et des migrants. Le président du Faso, Roch Marc Christian Kaboré, y a plaidé pour le «respect strict des règles du droit international, des droits de l’homme et du droit international humanitaire».

Fédérer les pays autour d’une approche plus humaine et mieux coordonnée en matière de gestion des déplacements massifs des réfugiés et des migrants, c’est l’objectif d’une réunion de haut niveau tenue, lundi 19 septembre 2016, au siège de l’ONU à New York. Pour la première fois, l’Assemblée générale a appelé de ses vœux la tenue d’une rencontre des chefs d’Etat et de gouvernement sur les déplacements massifs des réfugiés et des migrants. Selon le secrétaire général de l’Organisation, Ban Ki-moon, cette réunion est l’occasion de proposer un plan d’amélioration de la réponse de la communauté internationale à ce problème. Pour le président du Faso, Roch Marc Christian Kaboré, les mouvements de populations sont un phénomène universel historique, qui, en tant que tel, a toujours ponctué la vie des sociétés humaines, pour des  raisons diverses, notamment la quête d’un mieux-être. Comme terreaux fertiles pour les départs massifs de populations, il a cité, entre autres, la pauvreté, la misère, le chômage,  le sous-emploi, les inégalités, les violations massives de la dignité et des droits humains ou encore les catastrophes naturelles et la dégradation de l’environnement. «Face à ces fléaux, l’aspiration de partir est naturelle et légitime. Mieux, elle est un droit fondamental de l’homme », a déclaré le chef de l’Etat burkinabè. Il a poursuivi que c’est à l’aune de cette vérité que les analyses et les propositions de solutions au phénomène migratoire auront des chances de prospérer et de produire les fruits attendus.

«Traiter les réfugiés et les migrants avec dignité»

Le président Kaboré a appelé les pays à coopérer efficacement pour arrêter ou mieux contrôler les flux massifs de réfugiés et de migrants. Il a, en outre, souhaité que le monde travaille ensemble au respect strict des règles du droit international des droits de l’Homme et du droit international humanitaire. « Il s’agit surtout, à terme, de placer nos efforts individuels et collectifs dans les stratégies de mise en œuvre et de suivi des ODD (Objectifs de développement durable),  sous-tendues par une démarche bien comprise de responsabilités partagées et de solidarité internationale agissante», a précisé le porte-voix du Burkina Faso. «Je veux réaffirmer ici avec force, qu’accueillis avec humanisme et traités avec respect et dignité, les réfugiés et les migrants sont à même d’apporter une contribution significative au développement de leurs communautés, aussi bien celle de leur pays d’accueil que celle de leur pays d’origine, tout en étant un facteur de rapprochement entre les peuples et les pays», a-t-il fait savoir. Président d’un pays qui accueille 33 000 réfugiés maliens, avec l’appui de partenaires comme le Haut-Commissariat des Nations unies pour les Réfugiés (HCR), il a martelé que tout mécanisme de gestion qui ne prendrait pas cette dimension en compte est incontestablement voué à l’échec. Aussi, avec  près d’un tiers de sa population vivant dans d’autres pays, le Burkina Faso dit mesurer à sa juste valeur la contribution des émigrés au développement national et au rapprochement entre les peuples.

Des risques et des opportunités

D’où l’élaboration en cours d’une stratégie nationale des migrations, «afin de rendre les migrations à partir du territoire burkinabè plus sûres, régulières et ordonnées», ont indiqué les délégués burkinabè à la rencontre. L’autre proposition faite à cette tribune onusienne par le « pays des Hommes intègres », c’est le renforcement et, le cas échéant, l’adaptation des instruments juridiques et cadres institutionnels des pays, aux niveaux national, régional  et international. En attentant, les chiffres de la migration interpellent. Selon l’ONU, depuis 2000, plus de 46 mille migrants ont perdu la vie sur les routes de la migration dans le monde. Pour les seules années 2014-2015, plus de 10 400 décès ont été enregistrés. Au cours des quatre premiers mois de 2016, 1638 migrants sont morts lors de naufrage en Méditerranée, dans la corne de l’Afrique, en Asie du Sud-Est, en Amérique centrale, au Sahel ou à d’autres endroits. A l’échelle mondiale, plus 5400 migrants ont perdu la vie en 2015. « Actuellement, l’Europe est la destination la plus dangereuse au monde pour les migrants en situation irrégulière, en particulier en Méditerranée où 3770 personnes ont perdu la vie en 2015, soit près de 70% du nombre total des décès », a indiqué l’ONU.Pourtant au cours de 2015, des migrants ont envoyé 432 milliards de dollars à destination des pays en développement. Cela représente trois fois le montant de l’aide internationale au développement, à en croire les Nations unies. Conscient de cette réalité, Roch Marc Christian Kaboré a conclu : « les réfugiés et les migrants ne doivent plus être perçus comme des menaces, mais traités comme une source d’opportunités, pour eux-mêmes, pour leurs pays d’accueil et d’origine et pour l’ensemble de la communauté internationale ».

Enok KINDO
(Envoyé spécial à New York)
http://www.sidwaya.bf/

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