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2016.09.23

Y a-t-il un autre chemin vers la paix et l’apaisement des cœurs que celui de la justice sociale?

Justice pour ceux qui sont morts par le fait d’appétits gloutons. Justice pour des victimes de la méchanceté de gens qui se croyaient sortis de la cuisse de Jupiter et qui avaient droit de vie et de mort sur les autres. Arrêtons de dire que des concitoyens ont été emprisonnés pour rien et demandons à la justice de se hâter un peu plus pour faire la lumière sur les nombreux crimes économiques et de sang.

Blaise Compaoré avec ses prédécesseurs lors de la célébration de la journée nationale de pardon le 30 mars 2001 et communiée en journée nationale du souvenir chaque 30 mars
Blaise Compaoré avec ses prédécesseurs lors de la célébration de la journée nationale de pardon le 30 mars 2001 et communiée en journée nationale du souvenir chaque 30 mars

Des vies humaines ont été enlevées les 30, 31 octobre 2014 et jours suivants. Oui ou non? On a tué des manifestants lors du putsch. Oui ou non? Des Burkinabè ont perdu leurs enfants. Oui ou non? Des enfants ont perdu leurs parents. Oui ou non? Arrêtons de remuer le couteau dans la plaie en tenant des propos irresponsables et hautains. Ne regardons pas seulement nos ventres. Il est facile de dire de pardonner, quand on n’a pas perdu un proche dans de telles circonstances.

Pourquoi veut-on être plus royaliste que le roi? Qui était aux affaires, lorsque la marmite a explosé? Qui a tiré sur les manifestants? Pourquoi des compatriotes ont-ils fui et d’autres pas? Ils savent ce qu’ils ont fait de mauvais. Et c’est à eux de revenir demander le pardon. Pas par procuration.

Le monument aux martyrs bâti dans la dynamique du pardon. Plus jamais ça? Et pourtant!
Le monument aux martyrs bâti dans la dynamique du pardon. Plus jamais ça? Et pourtant!

C’est pour cela que le retour du Premier ministre Tiao pour répondre de ses actes est à apprécier. Il pourra se défendre car inculpation ne veut pas dire culpabilité. Il y a déjà des circonstances atténuantes (pas de justice laxiste non plus), à notre avis, dans cette démarche.

Si Blaise et consorts s’étaient mis à la disposition de la justice, peut-être que les comptes avaient été déjà soldés, le pardon accordé, la page tournée et la réconciliation en marche.

Le Burkina veut la paix et la réconciliation mais arrêtons de vouloir arracher cette réconciliation de force comme on l’a fait par le passé avec ce simulacre de journée de pardon. On exige le pardon sans vouloir assumer ses responsabilités. Ça ne marchera pas pour toujours!

Est-on obligé de pardonner à quelqu’un qui ne veut pas faire amende honorable? Le sorcier oublie mais la mère pas, dit un adage bien populaire à ce propos.

Les Echos du Faso

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Préservation de l’équilibre religieux : Le prêche de Crisis Group

Préservation de l’équilibre religieux : Le prêche de Crisis Group
© DR / Autre Presse
 
Préservation de l’équilibre religieux : Le prêche de Crisis Group
 
En marge de la présentation de son dernier rapport intitulé « Burkina Faso : préserver l’équilibre religieux », le 22 septembre 2016 à Pacific Hôtel, l’ONG International Crisis Group a organisé un point de presse pour échanger sur la question. Foi de tous ceux qui en ont été les animateurs, tolérance et pluralisme religieux sont ancrés dans notre pays, même si, pour que cela perdure, des garde-fous doivent être mis.

Vous rappelez-vous ? International Crisis Group, c’est cette organisation qui, du temps de Blaise Compaoré, avait prévenu, dans un rapport alarmiste et ayant par conséquent fait grand bruit, que la volonté de révision de l’article 37 de la Constitution avait de fortes chances de provoquer une grande crise au Burkina Faso. Et ce qui devait arriver est arrivé. Depuis, tout document né des enquêtes et de la réflexion de cette ONG ne peut passer inaperçu. C’est le cas de son dernier rapport Afrique, le no240, qui a pour thème « Burkina Faso : préserver l’équilibre religieux », paru le 6 septembre dernier. Dans ledit document, les enquêteurs ont fait un tour d’horizon des différents rapports entre religions dans notre pays. Et le constat est heureux : le Burkina n’a jamais connu de conflit civil ou de tensions liées à l’appartenance religieuse. Musulmans, chrétiens et animistes ne vivent pas seulement côte-à-côte, ils vivent ensemble, sont voisins et se marient. La coexistence pacifique repose sur le pluralisme religieux et le caractère secondaire, généralement peu marqué, de l’identité confessionnelle.

Cependant, préviennent les analystes du rapport, il n’en demeure pas moins que notre pays est à la croisée des chemins, entre deux grands espaces qui composent l’Afrique de l’Ouest : la région sahélienne, où un islam rigoriste semble gagner du terrain et où des groupes armés et terroristes sont actifs ; et la zone côtière, marquée par l’essor de nouvelles églises protestantes. Crisis Group fera également le constat, grâce à ses sondés bien sûr, qu’au Burkina il existe depuis longtemps des frustrations parmi les musulmans qui font écho de leur faible représentation au sein de l’élite politique et administrative, avec le sentiment que l’administration favorise parfois le christianisme. A ce propos, l’imam Halidou Ilboudo du CERFI (Centre d’études, de recherche et de formation islamique), fera remarquer que « beaucoup ont comme le sentiment que l’Etat va souvent vers cette catégorie religieuse », avant d’apporter un bémol, précisant que cette situation a quelque part un fondement historique puisque les premières écoles ont été fondées par l’Eglise catholique.

Que l’on se rassure cependant : International Crisis Group ne s’est pas contentée de relayer les perceptions de ses interlocuteurs. De leurs témoignages, elle a aussi tiré des solutions pour le renforcement de la cohésion religieuse. Rinaldo Depagne, directeur du bureau régional pour l’Afrique de l’Ouest de l’organisation, a rassuré l’opinion en faisant remarquer que le présent rapport « n’est pas alarmiste, contrairement à celui fait du temps de Blaise Compaoré », avant de citer quelques mesures afin que jamais des conflits liés à la vénération de Dieu ou des ancêtres n’éclatent: l’exercice par l’Etat de son pouvoir régalien à travers la fourniture de services dans les domaines de l’éducation, de la santé et de la sécurité ; ne pas accorder d’importance aux détails (prières sur une voie, organisation de fête autour de Papa Noël ...), mais privilégier l’intérêt commun ; la revalorisation de l’enseignement franco-arabe en combinant études islamiques et enseignement général ... « Autrement, prévient Crisis Group, certains pourraient ne plus voir en l’Etat un interlocuteur valable et choisir d’autres moyens d’expression.

Issa K. Barry

10:29 Publié dans ACTUALITE SOCIALE DU BF | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | |  Imprimer

2016.09.22

Traite et autres pires formes de trTravail des enfants : Des journalistes formés

Le phénomène de la traite et des pires formes de travail des enfants est un fléau qui freine l’amélioration des droits des enfants. Afin de lutter contre ce mal, le Réseau initiatives des journalistes africains pour la coopération et le développement (IJACOD) organise un atelier de formation de 48 heures au profit de ses membres venus de divers horizons du Burkina Faso. La cérémonie d’ouverture a été présidée par le ministre de la Fonction publique, du travail et de la protection sociale, Clément P. Sawadogo et parrainée par le représentant de l’Ambassadeur d’Allemagne, Joerg Meyer.

 

       
Traite et autres pires formes de travail des enfants : Des journalistes formés

Ces dernières années, le Burkina Faso a enregistré des avancées sur le travail des enfants qu’il convient de consolider et de pérenniser. « Je puis vous rassurer que mon ministère en fait une grande préoccupation et s’emploie à actionner sur tous les leviers pour le respect scrupuleux de la législation du travail en général, et particulièrement celle portant sur la protection et la promotion des droits des enfants », a indiqué Clément P. Sawadogo, ministre de la Fonction publique, du travail et de la protection sociale.

Ainsi, le présent atelier de formation qui rentre dans le cadre des activités du réseau avait pour objectif de renforcer les capacités des journalistes, communicateurs, membres de l’IJACOD au niveau national sur la traite et les autres pires formes de travail des enfants (TPFTE).

Pour ce faire, les participants ont échangé autour des communications faites par Nathalie Ouédraogo/Kuela, Balili Augustin Bazié, Ouezen Louis Oulou et Alain Zongo dit Saint Robespierre. Lesquelles communications vont porter sur la présentation du projet Fonds enfant ; les stratégies de communication pour la lutte contre la traite des enfants ; comment faire une enquête sur la traite et les pires formes de travail des enfants en audiovisuel et comment faire un grand reportage en presse écrite et en ligne.

A en croire le ministre Sawadogo, au sortir du présent atelier, les journalistes devraient être davantage outillés pour l’analyse du phénomène, la conscientisation des populations et l’interpellation des différents acteurs, de sorte qu’enfin, la question de la TPFTE soit efficacement résolue. Pour lui, seul un engagement collectif peut permettre une prise en charge conséquente des questions de la sécurité et de la protection de toutes les couches sociales du pays, et celle des enfants en particulier.

Séance tenante, le ministère en charge du travail et de la protection sociale a assuré de sa pleine disponibilité à accompagner toutes les actions et/ou initiatives que le réseau viendrait à engager à l’issue de cette formation. Par ailleurs, l’occasion de cette formation a été saisie, dira le Ministre, « pour lancer un appel aux concitoyens afin qu’ils aident les forces de sécurité dans l’identification des cas d’atteinte aux droits à la santé, à l’éducation et à l’épanouissement des enfants ».

Le coordonateur exécutif de l’IJACOD, Jean Victor Ouédraogo s’inscrit dans cette dynamique et soutient que la question des droits de l’enfant nécessite une meilleure connaissance des lois en la matière, mais aussi et surtout les pratiques et valeurs socioéconomiques, culturelles des communautés. « Plus que l’expérience, ce sont les connaissances actualisées du journaliste qui nourrissent ces productions. C’est pourquoi, IJACOD a toujours mis l’accent sur la formation de ses membres pour faire d’eux des acteurs qui participent activement au changement de comportements au profit du développement harmonieux de notre pays », a-t-il avancé.

En effet, depuis 2015, le réseau a sollicité et obtenu l’appui du Fonds enfants pour participer activement à la lutte contre la TPFTE au Burkina. Dans cet élan, M. Ouédraogo a traduit les vifs remerciements de l’IJACOD au projet Fonds enfants et à son principal partenaire financier qu’est la coopération allemande. Puis, il a invité les autres partenaires au développement à emboiter le pas à Fonds enfants.

Le représentant du parrain, Joerg Meyer a pour sa part, félicité l’initiative du réseau. Avant de réaffirmer toute la disponibilité de la République fédérale d’Allemagne à œuvrer de concert avec le réseau pour barrer la route à la TPFTE.
En rappel, le projet Fonds enfants a été créé en 2005 dans le cadre de la coopération entre la république fédérale d’Allemagne et le Burkina Faso. Après trois phases (avril 2005-mars 2017, avril 2007-mars 2010, avril 2010-juin 2014), la coopération allemande a accepté allouer un nouveau apport financier pour une quatrième phase de trois ans (juillet 2014-juin 2017). Pour cette phase, le budget alloué par celle-ci est d’environ 5,5 milliards de FCFA pour le financement des initiatives visant à lutter contre la TPFTE.

Aïssata Laure G. Sidibé
Lefaso.net


 

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2016.09.21

Coup d’Etat et insurrection, bavardages inutiles autour d’événements douloureux

insurgesLa résistance du peuple face au coup d’Etat du 16 septembre 2015 n’appartient à personne. En même temps, elle est le fruit d’une lutte de tout un peuple. Même de ceux qui ont fait le coup. Il en est de même de l’insurrection populaire des 30 et 31 octobre. Avant ces deux dates, il y a le 4 août 1983 date anniversaire de la Révolution démocratique populaire (RDP) ; il y a le 15 octobre 1987, date anniversaire de la Rectification pour les uns et date de l’assassinat de Thomas Sankara ; il y a eu le 13 décembre, date anniversaire de l’assassinat de Norbert Zongo, et même le 30 mars, Journée nationale de Pardon.

En effet, toutes ces dates sont commémorées, chacune en fonction de ce qu’elle représente pour chaque Burkinabè. Si pour les uns, ce sont des dates mémorables et d’héroïsme, pour les autres, elles constituent des souvenirs douloureux dont on ne veut se rappeler. A moins que ce ne soit dans la prière et le recueillement. Si bien que le débat en ce moment sur la commémoration de ces dates par les uns et les autres paraît inutile et même ridicule. Le plus important, semble-t-il, est de se souvenir. Chacun en fonction de ce qu’il ressent. Car, si pendant que les uns jubilent, les autres pleurent (on dira que c’est ainsi qu’est faite la vie) ; la réconciliation tant souhaitée sera vaine ; le vivre-ensemble derrière lequel tout le monde court sera difficile et le développement compromis.

Les révolutionnaires ont passé tout le temps à combattre les réactionnaires. Qui, à leur tour ne leur ont pas facilité le travail. Le dénouement de ce combat entre fils d’un même pays, tout le monde l’a connu. C’est ainsi qu’est arrivée la Rectification le 15 octobre 1987. Après la Rectification, les Sankaristes ont passé le gros de leur temps à combattre ceux qui sont à la base de la liquidation du père de la Révolution. C’est ainsi que les Burkinabè se sont opposés les uns aux autres. Même sous le multipartisme, le système démocratique, ils ne se sont pas faits de cadeaux. Autrement dit, il y a toujours eu quelque chose pour diviser les Burkinabè. Qui, malheureusement font peu d’efforts pour s’entendre sur ce qui les unit. Au contraire, on a comme l’impression que les Burkinabè s’intéressent beaucoup plus à leurs différences.

Il est établi que si aujourd’hui, les Burkinabè sincères se battent pour que la réconciliation soit enclenchée le plus rapidement possible, c’est parce qu’ils sont conscients et demeurent convaincus que rien ne peut se réaliser dans la pagaille, dans une lutte opportuniste de conquête du pouvoir, où chacun ne voit que ses intérêts personnelles.

Face à une telle situation, les hommes politiques ou les partis qu’ils dirigent, doivent s’abstenir effectivement de récupérer des situations qui sont douloureuses pour les uns et qui constituent pour les autres du bonheur. Parce que tout simplement, cela contribue à creuser davantage le fossé et à raviver les tensions. Ce n’est pas de cela que les Burkinabè ont besoin.

Dabaoué Audrianne KANI

 

L’Expressdufaso-bf.com

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CESDS : Le colonel Denise Barry à la manœuvre

CESDS : Le colonel Denise Barry à la manœuvre
© DR / Autre Presse
 
CESDS : Le colonel Denise Barry à la manœuvre
 
Le Centre d’études stratégiques en défense et sécurité (CESDS) s’est révélé au public hier 20 septembre 2016 à Ouagadougou. Devant des membres du gouvernement, d’anciens ministres de la Transition, de présidents d’institutions, de représentants de corps diplomatiques accrédités au Burkina Faso, pour ne citer que ceux-là, les géniteurs de ce cadre ont expliqué à l’assistance les raisons, les objectifs, et les ambitions du centre d’études qui veut «penser une nouvelle Afrique au rendez-vous de l’histoire».

Créé en août 2016 par un groupe d’experts militaires, paramilitaires, et d’universitaires, le Centre d’études stratégiques en défense et sécurité (CESDS) est né de divers constats : remédier à l’absence du Burkina Faso et de l’Afrique, en structures de recherches spécifiquement consacrées aux problématiques de défense et de sécurité. Des raisons ayant prévalues à sa naissance figure aussi la mondialisation, phénomène transversale qui couvre beaucoup de domaines y compris la sécurité. La mondialisation ne doit pas être uniquement perçue comme le développement des énergies visant au bien-être de l’humanité mais elle est aussi teintée d’imaginations destructrices si bien que la violence et l’extrémisme sont d’actualité à travers le monde.

Dans sa vision, le CESDS se veut être un centre de savoirs. Ses géniteurs invitent tous les membres à y mettre tout ce qu’ils ont comme connaissances, convaincus qu’il n’y a«pas de petit savoir » et que c’est en les réunissant qu’ils deviennent des matériaux capables de construire de «belles» solutions. La structure de recherche entend se positionner comme un centre d’idées, de concepts où tous ses adhérents auront leurs places selon leurs expériences, leurs cultures. Elle est aussi un outil d’aide à la décision en ce sens qu’elle se propose d’étudier, d’analyser des problématiques et de faire des propositions. « Il aide les décideurs en leur montrons comment les phénomènes sociaux se transforment en problèmes et comment ceux-ci peuvent trouver solutions », explique le Col-major Honoré Lucien Nombré, directeur du département d’études stratégiques et de recherches. Le CESDS est enfin un cadre dédié à la synergie des travaux des chercheurs pluridisciplinaire. « Il ne s’agit pas d’une organisation de militaires, de paramilitaires ou d’hommes en uniforme, c’est une organisation de pensées et celle-ci n’a pas de vêtement.
Son vêtement, c’est la langue, elle appartient à tous ceux qui se décident à en faire un usage. C’est une communauté de penseurs qui réfléchissent ensemble », dit-il. Et d’ajouter qu’il s’agit d’une plateforme nationale, régional et sous-régional dans la mesure où les problématiques sécuritaires sont transversales. Les objectifs poursuivis par le Centre d’études stratégiques en défense et sécurité sont, entre autres, de contribuer à l’instauration d’une culture de la réflexion stratégique dans la gouvernance étatique en Afrique. Selon M. Honoré Lucien Nombré, « nous n’avons pas traditionnellement la vocation de s’asseoir pour réfléchir, on a tendance à croire que ceux qui réfléchissent sont des rêveurs, alors que la pensée dégage des solutions capables de changer une situation à laquelle des hommes et des femmes font face».
« Ni une plateforme ou un ascenseur politique »
Le centre, aux multiples objectifs, se propose de renforcer les capacités stratégiques des Etats et des organisations régionales en la matière. Il est aussi un institut de formation, met son expertise à la disposition des personnes qui souhaitent compléter leurs formations en vue de mieux contribuer à la réflexion stratégique. Selon le Colonel Auguste Dénise Barry, directeur exécutif du CESDS, le centre est un organisme indépendant, doté d’une structure associative. Il ne mènera aucune activité syndicale, politique ou réligieuse, conformément à ses statuts. « Le CESDS n’est ni une plateforme ou un ascenseur politique, ni une officine qui servira à promouvoir des intérêts marginaux », martèle celui qui fut par deux fois ministre de la Sécurité.

L’association, à l’écouter, compte en ce moment une cinquantaine d’experts de profils divers, et enregistre des déclarations d’intentions d’autres experts du côté de la France et de pays de la sous-région. Elle est à but non lucratif mais a cependant besoin de financement pour son fonctionnement. Côté organisation, le centre est composé de quatre organes : une Assemblée générale, la plus importante qui est le cadre où les décisions sont prises, le Conseil d’orientation stratégique et scientifique qui détermine les problématiques à explorer. A ces organes, s’ajoutent la direction exécutive, organe de mise en œuvre des orientations, et le groupe consultatif des partenaires qui vont apporter leurs idées et recommandations au centre. Il renferme par ailleurs des pools (études stratégiques et recherches, institut de formation, revue scientifique et communication et relations publiques). Le président du Conseil d’orientation stratégique et scientifique, assimilable au Conseil d’administration, est le commissaire divisionnaire de police Roger Ouédraogo. La présentation du centre a été ponctuée de détente assurée par Malika la slameuse et Alif Naaba, le prince aux pieds nus, qui ont égayé le parterre d’invités à travers leurs prestations.

Aboubacar Dermé (l'observateur paalga)

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Lutte contre l’excision : Six filles excisées à Zooré par une vieille de 72 ans

Lutte contre l’excision : Six filles excisées à Zooré par une vieille de 72 ans
© DR / Autre Presse
 
Lutte contre l’excision : Six filles excisées à Zooré par une vieille de 72 ans
 
Koupèla - La direction provinciale de la femme, de la solidarité nationale et de la famille (DPFSNF) du Kourittenga a dévoilé, le jeudi 15 septembre 2016 à Koupéla, un cas d’excision sur 6 jeunes filles à Zooré, un village de la commune de Pouytenga, dans le Kourittenga.

Malgré les campagnes de sensibilisation et de mobilisation sociale, la pratique de l’excision a la peau dure au Burkina Faso. En témoigne le récent cas dans le village de Zooré, situé à trois kilomètres de Pouytenga, où six filles ont été excisées. C’est du reste ce que la direction provinciale de la femme, de la solidarité nationale et de la famille (DPFSNF) du Kourittenga a livré à la presse le jeudi 15 septembre 2016.

Selon le directeur provincial de la femme, de la solidarité nationale et de la famille (DPFSNF), Mamadou Ouattara, la découverte de ce cas fait suite à une interpellation de la Gendarmerie après un appel anonyme sur le numéro vert ‘’16’’. Ce qui leur a permis, tout d’abord de faire une mission de reconnaissance pour vérifier la véracité de l’information avant de passer à l’arrestation des coupables.

Si l’excision a été interdite dans les années 1990, elle continue à être pratiquée clandestinement par des exciseuses comme Sabine Korgho, auteure de l’excision sur les 6 fillettes agées de (14) mois à onze (11) ans. Elle a affirmé ignorer que cette pratique était interdite. Résidante à Andemtenga, cette vieille de soixante-douze (72) ans dit avoir hérité ce travail de sa mère. Elle reçoit trois milles (3000) FCFA sur chaque fille excisée.

Pour le cas présent, l’opération s’est déroulée le 05 septembre 2016 et l’exciseuse avance qu’elle avait excisé deux (02) autres filles qu’on avait amenées à son domicile. Elle a indiqué ne plus se rappeler de l’adresse de ces deux filles. Les complices de cette pratique étaient les mères des filles dont les époux sont en Côte d’Ivoire.

C’est le chef de famille, Kaboré Souleymane, grand-père des filles qui a organisé l’opération avec ses belles-filles. Cet acte s’est fait clandestinement, à l’insu même du chef du village de Zooré, Kaboré Souleymane. Il confirme n’avoir eu l’information que le 14 septembre 2016 soit 9 jours après l’opération. Pourtant affirme-t-il, ‘’iI y a toujours eu des réunions et causeries allant dans ce sens devant ma concession et une radio de la communauté nous a accompagnée. Malheureusement, je ne pouvais pas penser qu’avec cela, il y aura encore un cas d’excision.

"C’est par ignorance que l’on pouvait dire avant que c’est une tradition. Face à cette situation qui s’est produit dans mon village je vais lancer une convocation pour réunir le village et rappeler les gens à l’ordre’’. Le directeur provincial de la femme, de la solidarité nationale et de la famille (DPFSNF) Mamadou Ouattara a par ailleurs souligné le caractère difficile de la zone. ‘’En réalité, l’excision a la peau dure au Kourittenga.

C’est malheureux de le dire. Il y a toujours eu des émissions dans les radios de Koupéla et de Pouytenga mais ça perdure’’. Et de rappeler qu’ ‘’en 2014, il y a eu une audience foraine pour laquelle le tribunal de Tenkodogo s’est déporté à Koupéla et le jugement a eu lieu en public au Centre Zacharie.

On pensait que c’était des actes pour dissuader ceux qui s’adonneraient d’aventure à la pratique’’. Selon lui, il faudra continuer les actions de sensibilisation, les causeries, les émissions radio, les cinés débats et réinstaurer encore une audience foraine, espérant que cela permettra de porter un nouveau coup dans la lutte contre la pratique de l’excision.

   AMEDEE SILGA
silgaamedee@yahoo.fr

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Face à l’impunité, le peuple burkinabè a raison d’être nerveux

Pendant le long règne sans partage de Blaise, les Burkinabè ont eu soif de la justice. Trop s’est trop était le slogan de presque tous les Hommes intègres indignés par les morts suspectes de personnes qui dénonçaient les dérives du pouvoir en place. Le paroxysme de ce ras-le-bol a été l’insurrection populaire d’octobre 2014. C’est pourquoi d’ailleurs le peuple n’a pas accepté la tentative de coup de force du général Diendéré en septembre 2015.

Sankara Thomas
Sankara Thomas

Depuis, les populations sont exigeantes vis-à-vis des dirigeants par pure logique d’une quête permanente de la justice sociale. L’impunité en est une des raisons profondes. Et pour preuve, toute liberté provisoire accordée aujourd’hui à une personne soupçonnée d’avoir commis un crime politique ou économique rend le peuple burkinabè nerveux et hargneux.

Le dos d'Hamidou Ilboudo, codétenu de David Ouédraogo et cuisinier de François Compaoré
Le dos d’Hamidou Ilboudo, codétenu de David Ouédraogo et cuisinier de François Compaoré

L’impunité est le levain de la violence. En effet, depuis plus de 20 ans, le Burkina Faso a connu des exactions sommaires clandestines, des exécutions arbitraires, barbares… Le peuple burkinabè, dans sa misère quotidienne, dans la peur et la hantise, avait cru bon de se résigner. Chacun protégeait sa tête, surtout que les caïds étaient froidement abattus. Ainsi a-t-on couvé le mal des assassinats et toutes atteintes au droit de l’Homme au nom de la paix et de la sagesse.

Le Burkinabè, après des années de résignation et de protestations souterraines n’a pu retenir sa colère suite à la mort tragique de Norbert Zongo alias Henri Sebgo le 13 décembre 1998 et de ses trois compagnons d’infortune. Défenseurs des droits de l’Homme, sa mort a été ressentie par le peuple comme un os dans la gorge, une sorte de vérité étouffée par des intolérants aux intérêts égoïstes.

Norbert Zongo
Norbert Zongo

A partir de ce moment, toutes les couches sociales avaient compris qu’elles étaient gouvernées dans l’injustice, l’iniquité et l’impunité. Ainsi venait de s’allumer la flamme de l’incivisme, de la révolte et de l’intolérance à toutes formes d’injustice. Puisque l’honnêteté se cachait quand la fraude s’épanouissait. L’évanouissement des règles répandait et se légalisait sournoisement. La dérive venait du sommet. Comment comprendre en effet qu’un Yacouba Zida ait pu faire tout ce qui se dit de lui sans ressentir de la gêne et de l’embarras vis-à-vis de ce peuple qui l’adulait? Pourquoi cette duplicité cynique? Tous ces comportements ont assoiffé davantage le peuple burkinabè de justice.

Victimes du coup d'Etat de septembre 2015
Victimes du coup d’Etat de septembre 2015

En fait, les réactions épidermiques constatées çà et là aujourd’hui expriment le sentiment que l’impunité est comme une maladie incurable. Qui perdure. Or les nouveaux médecins que sont les dirigeants actuels sont censés avoir le remède miracle à ce mal qui a fait tant de mal à ceux qui ont eu le cœur brisé par les injustices passées. Dans ce sens, la justice rendue et la lutte véritable contre l’impunité seront les laisser-passer du régime actuel aux prochaines élections. Tant que les populations auront le sentiment que l’impunité se perpétue d’une façon ou d’une autre, elles se convaincront que rien n’a changé. Pourtant, plus rien ne sera comme avant est la devise de ceux qui ont chassé Blaise du pouvoir.

Le peuple a soif de la justice. Il l'a démontré face au régime de Blaise
Le peuple a soif de la justice. Il l’a démontré face au régime de Blaise.La lutte contre l’impunité doit être une priorité

Qui plus est, sans la justice, les violences, latentes soient-elles, continueront à s’exprimer comme une solution à l’impuissance vécue. C’est la raison pour laquelle face cette marée d’indignation, face à l’impunité, notre justice doit pouvoir élever la seule digue qui vaille et qui est celle du droit. Hélas, notre justice est pauvre. Elle est lente et, entre la mise en examen et le verdict, une durée trop longue dessert, devant l’opinion, sa vertu d’exemplarité. D’où la nervosité du peuple face à un désir de changement radical et profond qui tarde à voir le jour. Ce qui donne l’impression d’une révolution populaire inachevée. Heureusement qu’il n’est pas tard de se racheter. Si, bien sûr, chacun y met du sien. Maintenant.

Théophile MONE (lesechosdufaso)

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Septembre 1896 – septembre 2016, il y a 110 ans la bataille et la prise de Ouagadougou (1/2)

En janvier 2016 la capitale du Burkina a été la cible d’une attaque terroriste menée par des assaillants étrangers. La dernière agression étrangère du genre à Ouagadougou date du 1er septembre 1896. La Colonne de l’Armée coloniale française dirigée par les lieutenants Paul VOULET et Charles CHANOINE attaquent les troupes du Mogho Naaba Wobgo. Le but est de mater la résistance afin d’accélérer la conquête du territoire africain

       
Septembre 1896 – septembre 2016, il y a 110 ans la bataille et la prise de Ouagadougou (1/2)

A. Contexte général
B.
En 1888, la Conférence de Berlin précise les règles que doivent respecter les puissances européennes et les États-Unis dans leur entreprise de partage du continent africain. Partage largement entamé et qui devrait se poursuivre avec le minimum de couacs entre puissances. La principale règle est que le premier pays qui signe un traité sur un territoire ou qui l’annexe, en prend la souveraineté et doit en informer les autres puissances. L’esprit de tout ceci étant qu’il faut éviter à tout pris que les Africains soient témoins d’affrontements entre Européens. La course est donc relancée entre les puissances colonisatrices pour s’accaparer du reste des terres.

Les missions civiles et militaires françaises, anglaises et allemandes se succèdent alors pour tenter d’assujettir le Mogho par la simple signature d’un traité de commerce et de protectorat. Le Mogho Naaba Wobgo opposa donc un niet catégorique à toutes les tentatives de corruption. Il ne pose cependant pas des actes concrets qui attestent de sa prise de conscience de la gravité de la situation. Au même moment, la détermination de la France pour conquérir le Mogho avant les autres puissances européennes est, elle, plus évidente.

Presque toute l’Afrique de l’Ouest est déjà occupée. Reste seulement quelques territoires qui ont refusé la duperie des « traités de protectorat ». Le Mogho (le Mossi pour les Français), territoire des Mossé (Mossi) en fait partie. Au Dahomey, Behanzin est tombé depuis deux ans ! Dans le Kénédougou, le roi Babemba TRAORÉ n’est pas encore en résistance car le « traité d’amitié » que Kiéba TRAORÉ son prédécesseur a signé avec la France n’a pas encore révélé entièrement sa vraie nature… En Afrique de l’Ouest, ilne reste alors que deux résistants notoires à la machine coloniale : l’Almami Samory TOURE et le Mogho Naba Wobgo.

Pour la France, il faut mettre terme à cet affront. Le Général Edgar TRENTINIAN rage : « il faut occuper Ouagadougou avant les Anglais. Je demande au Gouverneur général l’autorisation de sévir. J’ordonne immédiatement au Lieutenant Voulet de marcher sur Ouagadougou pour devancer les Anglais ». Le très serviable Voulet ne crache pas sur la mission. Aussi argumente-t-il, enthousiaste : « Wahigouya est à 170 km de Bandiangara et Wagadougou [Ouagadougou] est à 170km de Wahigouya. Par Wagadougou, on tient tous les Mossis, les Gourounsis, les Peuls et les Gourmantchés.Ce territoire nous servira d’excellent poste d’observation dans la sous-région ». Le plan de conquête partirait donc du Nord pour ratisser l’ensemble du pays.

Depuis le XIVe siècle, Ouagadougou a toujours redouté une attaque venue du Nord notamment de la part du royaume frère du Yatenga, et n’avait jamais baissé la garde. Un rideau-rempart constamment est resté omniprésent. Ce rempart, constitué d’un dispositif militaire disséminé à Yako, Mané, Téma, Rissiam. Dès lors, la première mission française conduite par le Capitaine Destenave est stoppée à Yako en 1895. Un an plus tard, une seconde expédition, mieux outillée ne fit point de cadeau. Sur son chemin, elle sème la désolation. Par manque d’équipements, la résistance n’a pas tenu. Le 26 août 1896, les troupes du Yako Naaba furent anéanties à Samba. VOULET châtie sévèrement le village de Niou en tuant son chef qui avait fourni de fausses informations pour divertir l’ennemi avant de continuer sa marche sur Ouagadougou par des voies détournées.

Pourquoi cette bataille ?

Les raisons officielles :

La France dans sa grande magnanimité, prétend vouloir tisser amitié avec le Mogho pour développer le commerce bilatéral et lui assurer protection. Cette offre salvatrice a été présentée au Mogho Naaba qui, non seulement n’a pas daigné accepter, mais aurait maltraité le nième émissaire envoyé à cet effet. Un affront qui se lave dans la dignité estime-t-on côté français. On se rappelle que ce prétexte d’humiliation d’un représentant avait déjà été utilisé par la France pour faire une déclaration de guerre à la Prusse de Bismarck en 1870. La suite fut douloureuse.

Du côté du Mogho, l’amitié ne s’oblige pas ! On ne force pas l’amitié de quelqu’un. Tout le monde est au courant de ce qui est advenu à tous les peuples qui ont accepté de gribouiller en bas d’un parchemin pour manifester leur adhésion à cette amitié : perte immédiate souveraineté et soumission totale. D’ailleurs, les demandes incessantes d’audiences par des vagues d’européens avaient été interprétées par les conseillers du Mogho Naaba Koutou, comme suit : « Les Blancs procèdent toujours de la même façon, il en vient un d’abord, et si celui-ci est bien reçu, ils arrivent en foule. Ils s’installent dans le pays. Puis, peu à peu, ils envahissent en terrain conquis, écartent les allogènes pour commander". Cette tactique est connue et lors du dernier conseil de crise tenue au sujet de cette déclaration de guerre, le Mogho Naba Wobgo n’alla pas de main morte : « Abada ! Né abada bila, Ed Kon sak yé ! » Littéralement : « Jamais, au grand jamais, nous n’acquiescerons pareille situation ». Ainsi dit, mieux vaut mourir dans le combat que de « boire la honte ».

C. Les forces belligérantes : La France et Le Mogho

La France, puissance européenne impérialiste et donc conquérante. Le Mogho, puissance africaine repliée sur elle-même depuis des siècles et dont le modèle d’administration du territoire est complètement dépassé et la stratégie militaire complètement obsolète. La France est en pleine expansion alors que le Mogho peine à asseoir une autorité interne et fait face à une humiliante rébellion qui dure depuis 12 ans. L’autorité du Mogho Naaba est mise à rude épreuve, les conflits internes se succèdent et les royaumes frères, confédérés ou alliés sont de plus en plus orientés vers d’autres défis de positionnement. Les français n’eurent pas du mal à démasquer cette faille et d’en tirer parti. En 1896, le Mogho est « un empire » sans commandement unifié, ni armée cohérente. La France décide à Paris, Dakar, le siège de l’AOF instruit et Bandiagara le siège du Gouverneur du Soudan français ordonne et les ordres sont exécutés.

-  Les armées

L’armée du Mogho n’a véritablement plus que sa réputation multi-centenaire qui continue de faire trembler ses voisins… Ainsi, lorsque le 30 juillet 1896, la Mission de conquête du Mossi et du Gourounsi s’ébranle des falaises de Bandiagara, Mamadu Koulibaly l’interprète, traduit à Voulet ce que répétaient en larmoyant les vieillards et les femmes du pays des Dogons. « Ils s’en font chercher querelle au Naba des mossis, Ô pauvres jeunes guerriers ! Jamais ils ne reverront leurs villages, leurs villages ne les reverront jamais ! Aucun d’eux ne reviendra vivant. Ô pauvres cadavres ambulants ! » » Dans les faits le Mogho n’est plus ce qu’il a déjà été. A l’entame du 19e siècle, son armée n’est pas professionnelle, c’est une armée de famille. Au Mogho, les fonctions publiques étaient généralement reparties entre de grandes familles. La fonction militaire relève de la famille des Tansoba, descendants des Ninsi eux-mêmes autochtones du territoire de Ouagadougou avant l’arrivée des Mossi.

En face, une armée française structurée, aguerrie par d’innombrables guerres menées sur tous les continents, disciplinée et équipée. Sur le terrain, la Colonne militaire conduite par le lieutenant Paul Gustave VOULET s’enrichit à Ouahigouya de la troupe du lieutenant Charles Paul Jules CHANOINE. De cette rencontre nait un destin tragique. Dans les rangs, chaque troupe est en réalité composée de soldats Africains (Sénégalais, Soudanais, Haoussa) qui sont d’anciens esclaves installés dans les "villages de libertés" (dont on estime le nombre à près de 8000 personnes en 1895), ou soit auprès d’anciens guerriers de la boucle du Niger (Toucouleurs, sofas de Samory TOURÉ ou de Tiéba TRAORÉ).

Les renseignements

Aujourd’hui comme hier les renseignements comptent pour beaucoup dans une lutte telle que celle que la France a engagée au Mogho. La France a envoyé plusieurs missions civiles et militaires qui ont chacune récolté de précieuses informations lui permettant de prendre des décisions éclairées en termes de stratégies. A ces explorateurs européens, il faut ajouter un réseau de renseignement assez performant que les français ont su bâtir sans que l’on puisse savoir si les agents africains qui en faisaient partie avaient pleinement conscience du rôle qu’ils jouaient.

Ainsi, dès novembre 1890, soit 6 ans avant la bataille de Ouagadougou, la France savait que le Mogho « est une République aristocratique de 333 provinces ayant chacun un Naba à leur tête ; Bokary [le Mogho Naaba] a une puissance purement nominale et ne gouverne que sa capitale ». Le premier portrait du futur Mogho Naba Wobgo avait été dressé pour la France par l’officier Louis-Gustave BINGER en 1888 alors qu’il était encore un prince aux aguets.

La cour du Mogho Naaba surpris par le flot des missions européennes fait une lecture claire de la situation : « Les Blancs veulent faire chez nous ce qu’ils ont fait ailleurs. C’est-à-dire prendre nos femmes, pour les donner à ceux qui n’en ont pas ; libérer nos captifs traditionnels et faire de nous, à leurs manières de nouveaux esclaves au service de leurs intérêts. Ils veulent faire de Sa Majesté un roi salarié, donc asservi. Voilà la vraie signification de leurs visites et le sens profond de leurs incessants messages. »Cette lecture entretenait la méfiance et nourrissait la défiance, mais toujours pas une action d’envergure. Mais l’autre camp se préparait à la guerre.

Très vite, les missions d’exploration et de négociations cèdent la place à une expédition militaire, à la surprise du Mogho qui s’affaire aux travaux champêtres. L’envahisseur a-t-il choisi une période stratégique pour lancer l’assaut ? Pendant la saison des pluies, les bras valides sont dans les champs. Une mobilisation de combattants pour une armée qui n’est pas professionnelle se fait difficilement en cette période de l’année.

Les armes

Les combattants du Mogho « disposaient de fusils à pierre, de flèches empoissées, de lances, de javelots, de gourdins, de casse-têtes, d’épées et beaucoup de petits couteaux, efficaces dans le corps à corps. »Plus tard le Professeur Michel IZARD écrit : « Les Mossé du Yatenga continuent à lutter à l’arme blanche ; de fonder leur stratégie offensive sur la cavalerie, leur stratégie défensive sur l’arc. »Et pourtant depuis environ 150 ans « les Mossé connaissent et fabriquent eux-mêmes ces fusils à pierre, armes à feu par excellence, ils se sont toujours refusés à utiliser le fusil comme arme de guerre, comme arme pour tuer un ennemi ; ils ont une philosophie de la guerre qui fait de l’homme une vie à respecter, un être à respecter, à ne pas utiliser de fusils contre lui … »Tiraillé entre valeurs du passé et obligations de la modernité mal perçue, le Mogho est demeuré avec un armement archaïque jusqu’à la confrontation avec les Européens.

Le détachement de l’armée coloniale selon son commandant comprenait « 220 combattants armés à l’européenne ; les tirailleurs disposent de 240 cartouches par homme dont 140 au convoi ce qui donne un total de 50 000 cartouches environ. 30 cavaliers fournis par nos alliés doivent diriger par les Spahis du lieutenant Chanoine, éclairer et renseigner la petite colonne ; la colonne comprend 250 charges de 25 kg ; elle emporte une réserve de cartouches […] 250 porteurs sont affectés au convoi […], une garde de 15 tirailleurs ; enfin la colonne emporte avec elle un troupeau de 20 bœufs soit dix jours de vivres ; 5 tirailleurs et 5 cavaliers constituent la garde du troupeau. »

Les troupes

Les combattants du Mogho, devaient selon la tradition militaire être conduits à la victoire ou la défaite par le Grand Tansoba. Lequel ne survit pas à une défaite. Le Wid Naba chef de cavalerie était également un haut dignitaire de Guerre du Mogho et prend part aux batailles.

Selon l’homme de culture Me Titinga Frédéric PACERE, historiquement, l’armée du Mogho disposait de corps d’élite, dont les « Zamsé » ou « Chauves-souris » qui « exécutent toujours leur mission avec violence et sans pitié ; la morale n’est pas de leur ressort, car seulement le résultat compte. »Nous ignorons si les Zamzé ont joué un rôle dans cette bataille.

La mission française partie pour la conquête de Ouagadougou était très sérieuse et rien n’a été oublié pour lui assurer une victoire certaine. Le chef de mission devenu héros en France, parle de la préparation de la mission lors de sa conférence qu’il donna plus tard à Paris sur la « Conquête du Mossi et du Gourounsi » : « La mission comprend cinq Européens :

1) le lieutenant Voulet, Chef de mission ;
2) le lieutenant Chanoine, des Spahis ;
3) Le Docteur Henric, de la Marine ;
4) Les Sergents Laury et Le Jariel de l’infanterie de la marine ;
5) 23 tirailleurs réguliers et 10 Spahis indigènes du 2e Escadron ;
6) 180 auxiliaires indigènes fournis par Aguibou, Sultan du Macina, et Ouidi-Diobo, roi des Foulbés de Barani ;
7) Divers interprètes de Peul, de Bambara, de Mossi et un Ouolof, traducteur et écrivain arabe ;
8) un marabout de Bandiagara, Idrissa Diallo. »

Les tactiques militaires

« La stratégie des militaires du Mogho relève sur le terrain d’une intelligence de terrain en forme de bracelet issue des traditions ; il s’agit de « Zûur Yam » ou « Intelligence du bracelet ». L’intelligence du bracelet débouche à terme sur l’encerclement partiel ou total de l’ennemi. » Privilégiant le corps à corps et refusant de bâtir une quelconque stratégie basée sur des armes à feu, pas besoin d’être expert militaire pour savoir que cette armée n’est pas dans son époque. Le jour de la bataille, les combattants sont rassemblés, louangés, harangués et dirigés contre les ennemis. « En guise de tactique, ils avaient reçu les instructions suivantes : l’emportant en nombre, ils devaient sans nullement tenir compte de pertes, déferler avec la plus grande frénésie sur les envahisseurs, en rugissant terriblement, les harceler, les obliger à s’arrêter, à se concentrer, les encercler des deux ailes, les exterminer jusqu’au dernier … »

Pour l’armée coloniale, le corps à corps n’est qu’une ultime option. Les armes à feu sont au cœur de la stratégie. « Essentiellement terrestre, la guerre coloniale africaine a été obligée de développer initialement la tactique de la colonne. Véritable système d’armes fondé sur la mobilité, elle se déplace en un temps très court avec des centaines, voire des milliers de fusils... » Les tirailleurs « avançaient en se déployant, pour éviter d’être ceinturés par les vagues successives des cavaliers mossi, ou en se resserrant et en formant des carrés pour rependre de loin la mort, et plus encore que la mort, l’effroi et l’épouvante par leurs armes aux feux de salves insolites, inédites. »

Moussa SINON (sinon_m@hotmail.com)
Sources :
-  Peuples voltaïques et conquête coloniale 1885 – 1914 Burkina-Faso,
Par Jeanne Marie KAMBOU-FERRAND
-  Légendes et histoire des peuples du Burkina Faso,
Par Salfo-Albert BALIMA,
-  Les Tansoba, guerriers traditionnels au Burkina Faso,
Par Titinga Frédéric Pacéré,
-  Les sociétés coloniales à l’âge des Empires : Des années 1850 aux années 1950
Par Dominique Barjot,Jacques Frémeaux
-  Burkina Faso, Cent ans d’histoire, 1895-1995 ; Tomes 1 et 2
Sous la direction de Yénouyaba Georges Madiéga et Oumarou Nao

Le souverain du Mogho est Mogho Naaba. Son titre de règne est Wobgo (éléphant) il était le prince Boukari KOUTOU, il a succédé à son frère Naaba SANEM qui avait succédé à leur père Naaba KOUTOU.

  lefasonet

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2016.09.20

Fada : les populations paient un lourd tribut dans le bras de fer qui oppose les agents de la santé au directeur régional

Photo d'archives, utilisée à titre d'illustration
© DR / Autre Presse Photo d'archives, utilisée à titre d'illustration
Fada-N’Gourma - Les centres de santé de la ville de Fada-N’Gourma sont restés fermés encore et les populations privées de soins ce lundi 19 septembre 2016 en réponse à l’appel du syndicat national des travailleurs de la santé humaine et animale en conflit ouvert avec le directeur régional de la santé de l’Est, Salif Sankara.Le syndicat menace de passer à une vitesse supérieure face « au mépris » du directeur et demande désormais son départ.

Les rapports entre le directeur régional de la Santé, Salif Sankara et le principal syndicat de la santé sont des plus tendus. Depuis le début du mois de septembre, les agents de santé marquent un arrêt de travail suivi d’un sit-in tous les lundis jusqu’à 12h à la direction régionale de la santé de l’Est, pour faire entendre leurs voix.

Face à ce bras de fer et l’installation d’un dialogue de sourd, c’est la population qui paie le lourd tribut. Dans sa plateforme revendicative, le syndicat souhaite, entre autres, avoir les rapports du président du conseil d’administration du CHR de Fada-N’Gourma pour être au parfum des insuffisances et des acquis de cette structure hospitalière comme cela se fait ailleurs, selon les grévistes.

En outre, le Syntsha veut désormais faire partie des cadres de concertation et de décision dans les districts sanitaires et au niveau régional afin d’avoir un œil sur les accords de financements de structures sanitaires pour plus de transparence.

Pour le syndicat, leur premier responsable fait preuve «d’un mépris à l’égard des populations et des agents de santé ». Selon le secrétaire général du Syntsha section de l’Est, Moussa Ouédraogo, le directeur régional ne veut pas d’un dialogue pour trouver une réponse, même partielle à leur plateforme.

« Le DR nous a reçu au dépôt du préavis de grève et a promis d’ouvrir un dialogue mais depuis, il se terre dans un silence méprisant. Il ne regarde même pas la souffrance des populations. Un seul homme ne peut mettre à mal la santé de toute la population. Nous demandons désormais son départ. Si rien n’est fait, nous passerons à une vitesse supérieure par des grèves de 48heures, puis 72h et davantage pour obtenir gain de cause », a insisté le SG du syndicat, Moussa Ouédraogo.

Le directeur régional Salif Sankara que nous avons rencontré dans ses bureaux a refusé de s’exprimer. « Vous voulez me voir à quel sujet ? Je n’ai rien à dire et je vous recontacterai », a-t-il dit en substance.

Moussa CONGO (http://bayiri.com)

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Schéma Nationale d’Aménagement et de Développement Durable du Territoire (SNADDT): un impératif de développement

La Direction Générale du Développement territorial du Ministère de l’Economie, des Finances et du Développement, organise du 19 au 21 septembre 2016 à Ouagadougou un atelier national pour la validation du Schéma Nationale d’Aménagement et de Développement Durable du Territoire (SNADDT). La cérémonie d’ouverture de cet atelier a été présidée par Mme Pauline Zouré, Sécretaire d’Etat chargé de l’Aménagement du Territoire, représentant Mme Hadizatou Rosine Coulibaly/Sori, Ministre de l’économie, des finances et du développement.

Jusque-là le Burkina Faso ne dispose pas d’un référentiel national en matière de planification spatiale. Cette situation a pour corollaire, la récurrence des conflits fonciers, le manque de coordination des interventions entre les différents acteurs, la mauvaise exploitation et l’insuffisante valorisation des potentialités et des ressources locales, etc.

Pour parer à cela, le Gouvernement a décidé de finaliser le Schéma National d’Aménagement et de Développement Durable du Territoire (SNADDT) dont le projet de schéma avait été proposé en 2006. Il s’agira pour les participants, présents à cet atelier , d’actualiser les données statistiques du projet de schéma et d’apprécier la cohérence des orientations avec l’évolution actuelle des différents secteurs de développement.

Dans le discours d’ouverture, Mme Pauline Zouré, Sécretaire d’Etat chargé de l’Aménagement du Territoire, représentant Mme Hadizatou Rosine Coulibaly/Sory, Ministre de l’économie, des finances et du développement, a souligné l’intérêt d’un tel schéma pour le Burkina Faso. « Pour faire de l’aménagement du territoire un outil de développement, la priorité réside dans la disponibilité d’un référentiel national qui décline les orientations en matière d’aménagement et de développement durable du territoire. » a-t-elle indiqué.
Présentation du SNADDT
Selon Wilfried Martiale Bassolé, Directeur Général du Développement Territoriale, le SNADDT est subdivisé en trois parties que sont : le diagnostic, les orientations et la mise en œuvre. La mise en œuvre effective des orientations de ce référentiel devra permettre de réorganiser le foncier, de développer les mines, les industries, l’agriculture et de résoudre les difficultés liées au déficit énergetique.

Au regard de la croissance démographique insoutenable et de la saturation spatiale, M Wilfried Martiale Bassolé a soutenu que le danger est imminent. « Lorsqu’on n’aura plus d’espace pour exploiter, on sera bloqué. » a-t-il expliqué. Il a par ailleurs plaidé pour la mise à jour du cadre juridique de l’aménagement du territoire avec l’élaboration d’une loi d’orientation sur l’aménagement et le développement durable. Toute chose qui permettra une mise en œuvre réussi du SNADDT.

   ( bayiri)

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