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2016.09.19

Je suis mariée, j’aime mon mari, mais on ne dort pas dans la même chambre

Le mariage est le plus beau cadeau dont peut rêver une jeune fille …ah qu’ il est beau le mariage, les fous rires à deux, le romantisme dans les coins de la maison ou même dehors, et enfin les enfants.

Cependant nous perdons souvent beaucoup de nous pour vivre avec l’autre et cela pour devenir qu’un. Mais mes chères sœurs, combien de fois avez-vous eu envie de crier une nuit votre ras-le-bol ?

Parce que couchée depuis deux ou trois heures, voilà enfin monsieur qui rentre. Le bruit des portes des placards qui claquent parce que monsieur se déshabille pour prendre son bain, ou la lumière rallumée, comme pour dire « je suis là et qu’est-ce que tu peux dire et faire ? », il faut tout supporter. Et cerise sur le gâteau, le téléphone ! Ah oui, l’autre moitié de votre compagnon. Il a beau le mettre sur vibreur, tu entends distinctement l’alerte des messages entrants, et devines que c’est celle avec qui il était qui vient aux nouvelles. Certainement pour savoir si VOTRE homme (à vous deux) est bien rentré. Question de lui rappeler aussi quels bons moments ils ont passés ensemble. Toujours avec le « Je t’aime » pour tout couronner.

Dans la pièce toujours éclairée, tu peux même d’un coin de l’œil percevoir le sourire de ton compagnon. Et puisqu’il fait répondre, il le fait sans gêne. Ce n’est qu’après tout ce cirque que Monsieur peut dormir.

Mais là, c’est quand tout s’est bien passé dehors. Si la sortie n’a pas été fructueuse, les filles je vous laisse deviner le reste…. C’est là que tous les prétextes sont bons pour vous réveiller. Ce qui est souvent marrant dans l’histoire, c’est que très souvent les femmes ne dorment pas quand ceux- ci arrivent de leurs virées. Mais comme disent les ivoiriens, « elle ne veut pas palabre », elle fait semblant de dormir, et même si un moustique s’hasarde à la piquer, elle ne va pas gratter dèh !

Et puis entre nous, vous pensez qu’une femme peut dormir profondément quand elle sait que son mari n’est pas encore rentré ? Pas par jalousie ou par son imagination débordante ; non, tout simplement parce qu’elle aime et elle s’inquiète.

Ah les femmes, nous sommes nos propres ennemis !

Et puis, avant avant avant pour parler comme l’autre, Homme et Femme bien que mariés ne partageaient pas la même chambre, et c’est lorsque le besoin naturel d’avoir des relations sexuelles arrivait que l’homme allait dans la chambre de la femme. Ainsi l’espace de chacun des partenaires était préservé. Alors, on pourra aussi comprendre que de nos jours, des femmes refusent de partager le même lit, pas au nom de cette soit disant émancipation, mais tout simplement parce que c’est ainsi que elle ou il se sentira bien.

Je vois déjà des gens s’indigner parce que le mariage c’est supporter l’odeur de l’autre comme on le dit dans ma langue maternelle, et si on se marie on doit se supporter. Je suis d’accord, mais est-ce seulement la femme qui doit se sacrifier et non l’homme ?

Je ne suis pas féministe, mais je dis simplement qu’aucun être humain ne peut supporter être réveillé chaque nuit par des bruits de placards, des sonneries de téléphones, et l’effet de la lumière pendant que monsieur se met à l’aise. Car après tout, le sommeil vient plus facilement après une bonne bière certes, mais aussi après une activité intense très relaxante.

Non seulement la femme a un sommeil perturbé la nuit, mais au lever du jour elle est malheureusement la première à se lever pour s’occuper des enfants et des tâches ménagères. Les gars pour ça au moins, convenez avec moi que la femme peut ne pas partager la même chambre que vous.

En plus, je trouve hypocrite cette idée de partager la même chambre car très souvent, étant dans la même chambre et voire dans le même lit, des couples ne supportent même pas que le pied de l’autre les touche.

Et pourtant, ils sont dans la même chambre et dans le même lit et le comble, quoi dire il faut faire ainsi, et aussi il faut sauver les apparences.

Pour moi, le mariage n’est pas une contrainte, ce n’est pas abandonner sa personnalité et être à l’image de l’autre.

Le mariage c’est l’acceptation de l’autre, tel qu’il est sans jugement, sans chercher à changer l’autre. C’est la différence qui fait la beauté de l’union.

Il faut aussi accepter sans être hypocrite qu’on n’aime pas tout en un homme ou en une femme.

Si par exemple l’autre ronfle (parce que ce ne sont pas que les hommes qui ronflent, il y a aussi des femmes), acceptons que la partie qui ne supporte pas les ronflements change de chambre. Il faut bien qu’elle dorme dans les meilleures conditions pour être de bonne humeur le lendemain. Elle pourra ainsi mieux contribuer au bien- être du couple.

En somme, on peut vivre heureux et s’aimer sans être sur le même lit.
De mon point de vue, oui ! Et vous, qu’en pensez- vous ?

K.(http://yenenga.net/)

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La police vers l’institution d’une « amende » juridiquement infondée ?

veiller à la commodité du passage dans les rues, les places et voies publiques, veiller à la sécurité dans les marchés et « yaars » et surtout garantir la tranquillité publique en réprimant les auteurs des bruits et nuisances de toutes sortes qui troublent le repos des habitants de la cité, maintenir le bon ordre dans les lieux de grands rassemblements tels que foires, cérémonies publiques, spectacles, jeux et autres lieux publics, la répression des infractions au code de la route… telles seraient, entre autres, les missions dévolues à la police[i].

 

La police vers l’institution d’une « amende » juridiquement infondée ?

L’une de ces missions, loin d’être la plus importante a attiré notre attention, suscitant ces quelques lignes, en raison de la polémique qui l’entoure et du fait que depuis peu, elle est l’un des sujets principaux à l’ordre du jour dans la capitale du pays des hommes intègres.

En effet, depuis un certain temps, la police municipale a entrepris sa mission régalienne de sécurisation des personnes et des biens avec l’accent mis sur la prévention et la répression des infractions liées à la sécurité routière. Cette mission dont la sévérité est montée d’un cran serait en partie due à la prolifération et la résurgence des actes de grand banditisme dans notre pays surtout dans les milieux urbains en l’occurrence la capitale Ouagadougou[ii]. A titre d’illustration, le vol d’engins à deux roues mérite ici encore droit de cité puisque c’est de lui qui sous-tend la question.

Pour contrer cette pratique, les forces de sécurité font des patrouilles tard dans la nuit dans les artères de la ville de Ouagadougou pour contrôler l’identité des personnes qui y circulent de même que celle de leur monture. Etant donné que Ouagadougou est la capitale des deux roues en Afrique de l’Ouest, force est de constater que c’est ce type d’engin qui sous-tendra nos propos. Ainsi, lorsqu’un agent de police arrête un usager et procède au contrôle d’usage, il retient l’engin de ceux dont l’identité sur le document d’identification de l’engin et sur celui du détenteur seraient différentes. Si cette pratique de l’agent de police a séduit plus d’un dans la mesure où elle permettrait de mettre la main sur pas mal d’engins volés, celle consistant pour la police d’exiger du véritable propriétaire de l’engin le paiement d’une somme d’argent n’a pas reçu l’assentiment des ouagalais.

Tout naturellement se pose la nécessité de vérifier la conformité de cette pratique à la loi. Quelle est la nature de cette somme d’argent ? Une amende, pour quelle infraction ? Dans quelle ligne budgétaire s’inscrit-elle ? Quelle serait le fondement juridique de l’infliction de cette amende par la police au propriétaire légal d’un engin ? A l’évidence, la police n’a de pouvoir que là où la loi le lui attribue. Nous précisons aussi que notre contribution porte sur les aspects juridiques de la situation.

I. Une rétention justifiable

La mission de sécurisation des personnes et des leurs biens dans un Etat de droit relève de la compétence des autorités nationales et/ou communales et échoit en définitive à la police nationale et/ou municipale. La police est ce corps républicain qui assure, en principe en temps de paix, cette lourde mission d’assurer la sécurité de la Cité au quotidien. En vertu de l’ampleur et la lourdeur de sa mission, les autorités de police se voient accorder, par la loi, des prérogatives immenses. En effet, les textes permettent aux forces de sécurité d’user de tous les moyens légaux et licites conformément aux textes pertinents tendant à assurer aux personnes et à leurs biens la paix, la sécurité et la tranquillité nécessaires à une vie paisible et tranquille en société. Cela englobe la prévention et la répression des infractions liées à la sécurité routière se traduisant par la présence de policiers aux intersections des routes tantôt de façon dissuasive pour prévenir des inconduites d’usagers propres à engendrer des troubles à l’ordre public, tantôt répressive par la rétention d’engins aboutissant au paiement d’amende lors de leur récupération.

Aucune loi n’interdit la circulation à une heure avancée de la nuit sur tout le territoire national sauf circonstance exceptionnelle due à un couvre-feu de nuit. Idem pour la circulation d’une personne sur un engin ne lui appartenant pas. Incidemment aucun texte juridique n’autorise explicitement un agent de la sécurité de saisir un engin pour lequel il n y a pas conformité entre les noms se trouvant le document d’identification de celui-ci et de la personne qui la conduit. Toutefois, étant donné que la loi donne aux forces de sécurité le pouvoir d’user de tout moyen non contraire à la loi afin d’assurer la paix, la sécurité et la tranquillité publique, la rétention d’un tel engin par la police pourrait se trouver justifiée.

En effet, la conduite d’un engin par une personne qui n’en est pas propriétaire légal peut prêter à une interprétation équivoque. D’une part, cela pourrait traduire la cession momentanée de l’engin par son propriétaire à un proche pour effectuer une course. D’autre part, et c’est ce qui est inquiétant car le phénomène de grand banditisme a pris de l’ampleur dans notre pays, il se pourrait que le détenteur de l’engin l’ait volé ou ait acquis un engin volé. Face à cette situation, l’agent de police se trouve dans un dilemme, il y a un doute quant à l’interprétation à retenir, la bonne.

Toutefois dans ce cas, l’agent décide de faire exception au principe « in dubio pro reo » qui postule que le doute soit interprété comme profitant à l’accusé. La seule manière de découvrir la vérité, sans causer un véritable préjudice – juste une rétention de l’engin pendant quelques heures – au détenteur de bonne foi, c’est d’immobiliser l’engin en attendant de clarifier la situation. La fortune de cet argumentaire pourrait donner un fondement à la rétention par un agent de police d’un engin conduit par une personne non propriétaire.

Toutefois si cette attitude de la police pourrait se justifier, qu’en est-il de celle par laquelle la police exigence du véritable propriétaire le paiement d’une somme d’argent lorsque celui-ci vient rentrer en possession de son engin au commissariat de police ?

II. Un paiement juridiquement infondé

Si le retrait et la rétention d’un engin par la police, soit pour non-conformité des noms sur la carte grise de l’engin et la pièce d’indentification du détenteur soit pour absence de cette dernière pièce par le détenteur, pourraient se justifier, le paiement, par la suite, d’une somme d’agent, quelle que soit sa qualification juridique, par le citoyen, véritable propriétaire de l’engin entre les mains de la police souffrirait d’une absence de fondement juridique.

En effet, l’amende, si on peut ainsi qualifier cette somme d’argent, est une sanction pécuniaire à caractère pénal infligée à l’auteur d’une infraction. Etant une sanction, au surplus de nature pénale, son infliction à une personne doit être soumis au principe juridique « nullum crimen, nulla poena sine lege », formule latine matérialisant le principe fondamental, de droit pénal, de la légalité des délits et des peines. Il postule qu’il n’y a pas d’infraction, il n’y a pas de peine sans loi. En un mot, en amont de toute poursuite pour une infraction ou de toute infliction de peine à une personne, il est exigé l’existence d’un texte juridique qui le consacre. C’est ce texte qui semble faire défaut dans le cas d’espèce lorsque la police exige le paiement d’une somme d’argent par le propriétaire de iure venu rentrer en possession de son engin au commissariat de police. Quel est le fondement juridique de cette pratique ?

En tout état de cause, elle ne saurait se fonder sur aucun texte juridique connu, à nos jours, dans ce pays.
D’abord, le paiement de l’amende par le particulier ne saurait trouver appui sur l’existence d’une infraction par lui commise. Ce serait alors traduire en infraction à son encontre soit le prêt par lui de son engin à un proche ou un ami pour effectuer une course soit le vol de son engin. Solution inacceptable car elle contribuerait à tuer cette dernière des vertus de notre Afrique d’antan qui nous reste, à savoir « la solidarité » qui voudrait que le bien d’un africain puisse servir aux autres africains qui sont dans le besoin. De plus, elle transformerait la victime d’un vol en responsable de l’infraction commise contre lui, ce qui ne se peut.

Ensuite, cette amende ne saurait avoir pour base juridique le paiement d’un service rendu. En effet, la mission de sécurité des personnes et de leurs biens dans la Cité assortie aux missions régaliennes de l’Etat et c’est à ce titre que les particuliers paient régulièrement les taxes et impôts légalement institués. Les services de polices administratif et judiciaire rendus par la police le sont à titre gratuit par conséquent la police ne saurait exiger le paiement d’une somme d’argent à un particulier pour lui avoir rendu le service de sécurisation dont il lui est débiteur de légale.

Enfin, le paiement de cette amende ne saurait se fonder sur la circulation d’un engin à une heure tardive dans la mesure où aucune loi n’interdit la circulation dans le pays après une heure sauf les cas de couvre-feux imposés par une situation nationale tendue ; or il n’en est rien. Si tel était le cas, cela priverait la pléthore de personnes qui gagne dignement leur pain en travaillant honnêtement de nuit et ce serait une véritable catastrophe nationale.

Après l’analyse de tous les fondements sus-énumérés qui pourraient servir de base juridique à cette nouvelle pratique en cours dans notre pays par les forces de sécurité, on aboutit à la conclusion que cette pratique manque de base juridique réelle donc elle heurterait frontalement le principe de légalité des infractions et des peines toujours en vigueur dans notre système pénal national.

Ainsi, à moins pour les autorités de justifier, dans un très bref délai, ces fonds qui renflouent les caisses de l’Etat, ils pourraient rendre l’Etat coupable d’un enrichissement sans cause au détriment de ses particuliers, toute chose qui n’est pas de nature à rassurer les hommes intègres. Ou bien doit-on penser à une taxe implicite pour renflouer les caisses ? Etant donné que la création de taxes et impôts est devenue monnaie courante dans ce pays alors bien que la population soufre et vie dans une pauvreté chronique, en témoignent les nouvelles taxes dernièrement institué sur la bière, les jeux de hasard...

Dramane BITIBALY
Juriste internationaliste
Dramane_bitibaly@yahoo.fr

[i] L’Evénement n° 229- Déc. 2001, mise en ligne le 23 octobre 2010, disponible sur : http://archives.evenement-bf.net/pages/dossier_2_197.htm , consulté le 18 septembre 2016 à 12 heures.
[ii] Cela a d’ailleurs suscité l’adoption de la Loi n° 017-2009/AN du 05 mai 2009 portant répression du grand banditisme, promulguée par le Décret n° 2009-351/PRES du 28 mai 2009et plus récemment l’émergence sur le plan national d’un groupe ou de milice d’auto-défense et de sécurité connu sous le nom de Koglweogo qui serait le complémentaire privé des forces de sécurité ou celui-là même qui viendrait prendre le relais de celle-ci en raison de sa défaillance supposée et présumée, http://www.rfi.fr/afrique/20160613-le-burkina-faso-serre-... , consulté le 18 septembre 2016 à 11 heures 40.
Bibliographie

Décret n° 2003-418/PRES/PM/MITH/SECU/DEF/MATD du 12 août 2003 portant définition et répression des contraventions en matière de circulation routière.
Décret n° 97–84/PRES/MP/MJ du 28 février 1997 portant définition et sanctions des contraventions.
KAGAMBEGA (E. L.), Droit pénal général, Collection Précis de Droit burkinabè, PADEG, 2007, 520 p.
LADEGAILLERIE (V.), Lexique de termes juridiques, Anaxagora, collection numérique, 2005, 169 p, disponible sur :www.anaxagora.net.
L’Evénement - déc. 2001, mise en ligne le 23 octobre 2010, disponible sur : http://archives.evenement-bf.net/pages/dossier_2_197.htm
Loi n° 017-2009/AN du 05 mai 2009 portant répression du grand banditisme, promulguée par Décret N°2009-351/PRES du 28 mai 2009.
OUEDRAOGO (E.), Cours de procédure pénale, Temple du savoir, 2ème éd., 2010, 91 p.
Radio France international (Rfi) disponible sur : http://www.rfi.fr/afrique/20160613-le-burkina-faso-serre-... .

 

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Pratique transfrontalière de l’excision : Une caravane pour lutter contre le phénomène

Partis de Ouagadougou le 05 septembre 2016, les caravaniers de l’Association jeunesse unie pour l’éradication de l’excision au Burkina Faso (JEUNEE/BF), étaient de retour le jeudi 15 septembre 2016. Pendant dix jours, ces jeunes ont mené des activités de sensibilisations dans 5 communes du Burkina.

Pratique transfrontalière de l’excision : Une caravane pour lutter contre le phénomène

« Jeunes du Burkina Faso, unissons-nous et disons non à la pratique transfrontalière de l’excision ». C’est sous ce thème que les caravaniers ont sillonné les communes de Kologo dans la province du Kénédougou, Ouéléni et Dakoro dans la Léraba, Niangoloko et Mangodara dans la Comoé. Leur objectif, promouvoir l’élimination des mutilations génitales féminines dans les zones frontalières du Burkina Faso, du Mali et de la Côte d’Ivoire.

« Nous avons organisé cette caravane pour lutter contre la pratique transfrontalière de l’excision, une nouvelle mutation que la pratique a eu à prendre depuis 1996, année à laquelle la loi contre l’excision a été votée. Cela a amené les pratiquants à changer aussi de techniques pour pouvoir échapper à la loi » a expliqué Idrissa Konditamdé, coordonnateur général de l’Association jeunesse unie pour l’éradication de l’excision au Burkina Faso (JEUNEE/BF).

En effet, depuis l’interdiction du phénomène, certains parents n’hésitent pas à utiliser la frontière entre les différents pays comme une barrière protectrice. D’où le combat de l’association qui consiste à donner à la lutte contre ce fléau, un caractère transfrontalier.
Dénommée « Caravane stop excision 2016 », cette caravane organisée en partenariat avec le Secrétariat permanent du comité national de lutte contre la pratique de l’excision (CNLPE) a été un succès, aux dires de coordonnateur général de l’association JEUNEE/BF. « Nos objectifs au départ étaient de toucher près de 4000 personnes et nous sommes au-delà de nos objectifs. Dans l’ensemble, le bilan est satisfaisant » a indiqué Idrissa Konditamdé.

Par le biais des activités telles que les animations grand public, les ateliers de plaidoyers, la diffusion des messages dans les médias (radio locales) et l’appui des leaders religieux, coutumiers et administratifs, « Caravane stop excision 2016 » a suscité l’adhésion d’au moins 500 jeunes des communes traversées. « Ce sont au total 4950 personnes qui ont été touchées par les activités d’animation grand public » a noté le coordonnateur de l’association.

Dans cette dynamique, l’association JEUNEE/BF ne compte pas s’arrêter en si bon chemin. « Nous envisageons d’autres caravanes dans d’autres communes du Burkina et pourquoi pas une caravane transfrontalière qui regrouperait les jeunes du Mali et de la Côte d’Ivoire pour une synergie d’action » a confié Idrissa Komditamdé.

Nicole Ouédraogo
Lefaso.net

 

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Gestion des catastrophes : Le Secrétariat permanant du Conseil national de secours d’urgence et de réhabilitation (SP/CONASUR) a formé ses agents

Le Secrétariat permanant du Conseil national de secours d’urgence et de réhabilitation (SP/CONASUR) a formé, du 14 au 16 septembre 2016, à Ouagadougou, une trentaine de ses agents à la préparation et réponse aux catastrophes et crises humanitaires au Burkina Faso.

Gestion des catastrophes : Le Secrétariat permanant du Conseil national de secours d’urgence et de réhabilitation (SP/CONASUR) a formé ses agents

Les saisons pluvieuses sont synonymes d’inondations, de dégâts matériels, de déplacement de populations, aux « conséquences financières incalculables ». Le Secrétariat permanant du Conseil national de secours d’urgence et de réhabilitation (SP/CONASUR), avec le soutien du Programme des nations unies pour le développement (PNUD) a renforcé, du 14 au 16 septembre 2016, à Ouagadougou, les capacités de 36 de ses collaborateurs, sur la préparation et la réponse aux catastrophes et crises humanitaires. A travers plusieurs modules, les participants se sont familiarisés avec les principes et pratiques de la gestion des catastrophes. Sont de ceux-ci, la maitrise du contexte des urgences grâce à l’établissement d’une cartographie des zones à risque et des régions vulnérables. Une fois ces localités identifiées, le CONASUR pourra anticiper et réduire l’ampleur des dégâts, en pré-positionnant l’aide destinée aux sinistrés.

Le présent atelier a permis au personnel du CONASUR et de ses démembrements de partager et d’avoir des stratégies de collecte de données en temps d’urgence. « Ce qui leur permettra de bien évaluer les risques et identifier les familles concernées », a affirmé la coordonnatrice du PNUD, Metsi Makhetha. La formation a un but préventif. « Au cas où il n’y a pas de catastrophes, il faut des outils pour bien préparer les gens à la résurgence », selon Mme Makhetha. Pour la ministre en charge de l’Action sociale, Laure Zongo, cette session de formation vient à point nommé, permettre à tous les humanitaires de renforcer leurs capacités, de partager leurs expériences et d’harmoniser les outils de préparation et de réponse. « Le risque zéro n’existe pas, mais nous devons travailler à les minimiser », a-t-elle souligné. Lorsque tous les acteurs mutualiseront leurs savoir-faire, « l’intervention sera synergique, car ils seront préparés à mieux à prévenir ou à gérer les catastrophes ». La ministre Zongo a regretté le fait que le CONASUR mène des « actions curatives ». Elle a émis le vœu que cette tribune d’échanges germe de méthodologies efficaces et efficientes pour de prise en charge des catastrophes. « La gestion des crises humanitaires est devenue un enjeu majeur de développement », a soutenu Mme Zongo. Pour la saison hivernale en cours, le bilan des inondations au pays des « Hommes intègres » fait déjà état de près de 48 000 sinistrés, 28 morts et plus de 13 000 personnes sans-abris. 14 écoles, un centre de santé, 4000 habitations…ont été également touchés.

JVO

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2016.09.16

Crimes impunis : Le MBDHP tire à boulets rouges

 

Chrysogone Zougmoré - Président du Mouvement burkinabè des droits de l’homme et des peuples (MBDHP)
© DR / Autre Presse
 
Chrysogone Zougmoré - Président du Mouvement burkinabè des droits de l’homme et des peuples (MBDHP)
 
Le Mouvement burkinabè des droits de l’homme et des peuples (MBDHP) a animé le jeudi 15 septembre 2016 un point de presse sur les dossiers de crimes impunis à savoir ceux des martyrs et blessés de l’insurrection, et de la résistance au putsch de 2015. Au cours de cette conférence, les organisateurs ont fortement critiqué la gestion de ces dossiers.


« Notre conférence de presse n’est pas une réponse à celle d’hier (faisant référence au point de presse de la procureure du Faso) » ; ces paroles sont de Chrysogone Zougmoré, président du Mouvement burkinabè des droits de l’homme et des peuples (MBDHP). En effet, selon lui, à la veille de chaque évènement important de notre pays, ils se rencontrent pour faire le bilan de la situation qui prévaut. Ainsi, deux ans après l’insurrection populaire et juste avant la commémoration de la résistance au putsch du RSP, aucune lumière n’a été faite sur les dossiers des martyrs selon les responsables. Ils disent avoir initié et introduit le 31 août 2015 des procédures à différents niveaux contre des dignitaires civils et militaires du régime déchu pour assassinats et tentatives d’assassinat, de même qu’une demande de mise en accusation de Blaise Compaoré et de son Premier ministre Luc Adolphe Tiao.

Ainsi, « la forte pression exercée par le mouvement populaire soutenu par les OSC, dont le MBDHP, a contraint le pouvoir de transition à sortir de sa torpeur en adoptant le 16 juillet 2015, une résolution portant mise en accusation de l’ex-président et de douze de ses ministres », explique Chrysogone Zougmoré. Même si le MBDHP se réjouit de ces interpellations, arrestations et incarcérations, il constate avec consternation qu’au-delà des annonces médiatiques des autorités, aucune avancée ne semble avoir été enregistrée dans le traitement des dossiers des victimes. Bien au contraire, pour le Mouvement, à la veille de la commémoration de ce premier anniversaire, le bilan est plus que mitigé et l’attitude des nouveaux dirigeants bien suspecte.

Les constats que ces derniers ont fait sont, entre autres, la non-inculpation d’Isaac Zida, le remplacement de magistrats au tribunal militaire, la demande d’annulation du mandat lancé contre Guillaume Soro, la prise de positions publiques d’autorités gouvernementales, le non-jugement et la non-condamnation des commanditaires et exécuteurs de Thomas Sankara et de Boukari Dabo.

C’est pourquoi le MBDHP appelle à une programmation et à un jugement effectif et diligent des dossiers de crime, interpelle l’ensemble des magistrats à se départir de leur peur en donnant un contenu et de la consistance à l’indépendance de la magistrature. Il incite l’ensemble des organisations de défense des droits humains, les démocrates et patriotes à se mobiliser contre l’impunité de ces crimes. Le Mouvement appelle les populations à se tenir prêtes pour toutes actions de dénonciation ou de protestation que commanderait l’évolution de la situation.

     Ebouman Pélagie Bassolé

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Martyrs du coup d'Etat au Burkina : « une dette de sang qui oblige la justice à appliquer la loi » (Premier ministre)

Martyrs du coup d'Etat au Burkina : « une dette de sang qui oblige la justice à appliquer la loi » (Premier ministre)

Martyrs du coup d'Etat au Burkina : « une dette de sang qui oblige la justice à appliquer la loi » (Premier ministre)
 
OUAGADOUGOU - Le Burkina Faso a, à l'endroit de des victimes du coup d'Etat raté du 16 septembre 2015, "une dette de sang" qui oblige la justice à situer les responsabilités et appliquer la loi dans toute sa rigueur, a déclaré jeudi le Premier ministre burkinabè Paul Kaba Thiéba.

"Chaque Burkinabè doit se souvenir de ces martyrs afin que, toutes les générations se rappellent en épelant leurs noms, que l'amour de la patrie doit nous habiter à chaque instant de nos engagements", a soutenu M. Thiéba, en prélude à la commémoration vendredi du premier anniversaire de ce putsch qui a fait une quinzaine de morts.

Il a souligné que ces martyrs, ces enfants, ces hommes et ces femmes, sont une interpellation permanente et constante de chacun des burkinabé pour son engagement dans la construction inclusive et porteuse de bien-être social, d'un Faso réconcilié avec les valeurs de justice et de paix.
Le 16 septembre 2015, des soldats de la garde présidentielle de Blaise Compaoré ont mis aux arrêts le président de la Transition et son gouvernement réunis en conseil des ministres au Palais de Kossyam, avant d'être défaits par une résistance populaire.
Selon le Premier ministre, chaque Burkinabè doit se souvenir que cette résistance a permis à l'armée nationale, de réaffirmer son attachement aux valeurs républicaines, fondement de la fraternité et de la cohésion nationale.

Vendredi, une minute de silence sera observée sur toute l'étendue du territoire national à 14H00.

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Déclaration du gouvernement à l’occasion des activités commémoratives de la résistance populaire contre la tentative du coup d’Etat des 16 et 17 septembre 2015

Déclaration du gouvernement à l’occasion des activités commémoratives de la résistance populaire contre la tentative du coup d’Etat des 16 et 17 septembre 2015

Déclaration du gouvernement à l’occasion des activités commémoratives de la résistance populaire contre la tentative du coup d’Etat des 16 et 17 septembre 2015
© DR / Autre Presse
 
Déclaration du gouvernement à l’occasion des activités commémoratives de la résistance populaire contre la tentative du coup d’Etat des 16 et 17 septembre 2015
 
Peuple du Burkina Faso, Chers compatriotes,

Une année déjà que nous avons tous ensemble, burkinabè des villes et des campagnes, organisations de la société civile, syndicats, médias, partis politiques, forces de défense et de sécurité , résisté et vaincu la tentative de retour à l’ordre ancien.

En effet, le mercredi 16 septembre 2015, des militaires et des civils animés par des ambitionspersonnelles, ont mis aux arrêts le président de la Transition et son gouvernement réunis en conseil des ministres au Palais de Kossyam.
Le 17 septembre 2015, ces arrestations se sont traduites par l’annonce d’un coup d’état qui devra remettre en cause la transition quenous avions tous soutenue et mise en œuvre et dont le terme devrait être l’organisation des élections libres et transparentes.

Cette atteinte grave à la République et à ses institutions a été condamnée par le peuple burkinabé et la Communauté internationale. Comme un seul homme et dans le sens de l’honneur et du respect des valeurs démocratiques, tous les patriotes se sont mobilisés pour défendre lapatrie.


Jeunes, femmes et anciens, acteurs de la sociétécivile, partis politiques, forces de défense et de sécurité, tous se sont dressés contrel’infamie et la félonie.
Le Peuple Burkinabè a montré que rien ne le fera céder dans sa volonté à construire un Burkina démocratique où le respect des lois est le fondement de notre vivre en commun.

En cette date anniversaire, le gouvernement salue la mémoire des dignes fils et filles du Burkina tombés sur le champ d’honneur de la lutte pour la justice et la démocratie. Le Gouvernementrenouvèle tout son soutien et son accompagnement aux familles éplorées.

Ces martyrs, ces enfants, ces hommes et ces femmes, sont une interpellation permanente et constante de chacun des burkinabé pour son engagement dans la construction inclusive et porteuse de bien-être social, d’un Faso réconcilié avec les valeurs de justice et de paix.

Le Burkina Faso a,à l’endroit de ces victimes et de leurs familles,une dette de sang qui oblige notre justice à situer les responsabilités et appliquer la loi dans toute sa rigueur à l’encontre de ceux dont la culpabilité serait avérée.

Peuple du Burkina Faso
Chers compatriotes,

ChaqueBurkinabè doit se souvenir de ces martyrs afin que, toutes les générations se rappellent en épelant leurs noms, que l’amour de la patrie doit nous habiter à chaque instant de nos engagements.

Chaque Burkinabè doit se souvenir que cetterésistance a permis à notre armée nationale, de réaffirmer son attachement aux valeurs républicaines, fondement de la fraternité et de la cohésion nationale.

Chaque Burkinabé doit se souvenir de notre capacité à surmonter les épreuves, lorsqu’au-delà de nos différences, la défense de la Patrie nous appelle.
Et aujourd’hui, il est important de dire que notre foi dans le Burkina se construit sur cette capacité de ses fils à s’engager dans les luttes pour son développement, dans le respect des valeurs républicaines.

Le gouvernement exprime toute la solidarité du peuple du Burkina Faso à l’endroit des familles endeuillées lors de cette barbare et indigne tentative de coup d’état.Le gouvernement renouvelle ses profondes condoléances aux ayants-droit. Aux blessés, il exprime à nouveau sa compassion et son engagement à faire triompher la vérité et la justice.

Le gouvernement renouvelle la gratitude et la reconnaissance du peuple du Burkina Faso à la communauté internationale, pour son soutien et son engagement qui ont aidé au retour à l’ordre démocratique matérialisé par l’organisation des élections présidentielle et législative du 29 novembre 2015.

A l’ensemble des acteurs de cette résistance victorieuse, animé par l’impératif du respect de la volonté du peuple, de la démocratie et des valeurs républicaines, le gouvernement réaffirme son attachement à ces idéaux et son engagement àtravailler à un encrage définitif et inaltérable de ces valeurs.

Hommage à vous valeureux fils et filles du Faso !
Dieu bénisse le Burkina Faso.

Son Excellence Monsieur Paul Kaba THIEBA, Premier Ministre,
Chef du Gouvernement

18:40 Publié dans ACTUALITE SOCIALE DU BF | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | |  Imprimer

Dr Issaka Sondé, pharmacien et écrivain : « Si rien n’est comme avant, rien non plus n’est mieux qu’avant »

Les lecteurs du Faso.net l’ont découvert à travers l’épique chronique qu’il a animée pendant plusieurs mois sur notre site à travers « les contes d’Issaka Sondé » où il a raconté les pérégrinations « du peuple du Sofa Kiburna » en prise aux errements de Naaba Laibse. Ce pharmacien multi-diplômé a ainsi démontré sa parfaite maîtrise des lettres et de la vigilance aigüe qu’il garde de la bonne marche des choses publiques. Les leçons de l’insurrection et le bilan de la Transition, la gestion du pouvoir MPP et surtout la grave crise qui secoue la CAMEG ; voilà autant de questions que nous avons posées à celui qui, après le Niger, conseille depuis quelques semaines le gouvernement guinéen en matière d’approvisionnement pharmaceutique.

Dr Issaka Sondé, pharmacien et écrivain : « Si rien n’est comme avant, rien non plus n’est mieux qu’avant »

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 Qui est le Dr Issaka Sondé ?

Avant tout propos, il me plait de remercier et féliciter chaleureusement la dynamique et efficace équipe Lefaso.net, ce cordon ombilical qui relie aujourd’hui toutes les filles et fils du Burkina Faso à la mère patrie où qu’ils se trouvent. Je vous remercie aussi parce que vous m’avez toujours accordé la parole dans le cadre de la contribution citoyenne pour un Burkina meilleur et aujourd’hui pour cette opportunité que vous m’offrez de me faire mieux connaitre par tous ceux qui me lisent sur votre site.

Revenant à votre question, je suis Dr Issaka SONDE, citoyen Burkinabé et je suis pharmacien de profession. Je suis titulaire d’un diplôme de Doctorat d’Etat en Pharmacie et aussi entre autres, d’un Diplôme Interuniversitaire (DIU) sur le VIH/SIDA, d’un master en santé publique, d’un master en Immunohématologie et médecine transfusionnelle, d’un certificat sur la logistique et la gestion de la chaine d’approvisionnement des produits de santé, d’un certificat sur la prise en charge complète de la drépanocytose, d’un certificat sur la lutte contre la maladie à virus Ebola, d’un certificat sur la gestion des systèmes de services de santé-économie et planification des systèmes de santé.

Pour résumer, je peux dire qu’aujourd’hui, je suis au carrefour entre la pharmacie, la biologie et la santé publique ce qui me permet une large vision sur les diverses problématiques de la santé et les défis majeurs à relever.

Pouvez-vous nous parler un peu de votre parcours ?

Avant de parler de mon parcours, je tiens à remercier de tout cœur, tous ceux qui m’ont montré le chemin, m’ont guidé, m’ont enseigné, m’ont éduqué et ont pratiquement fait de moi ce que je suis aujourd‘hui. Je remercie aussi tous ceux qui m’ont accueilli sous leur toit tout au cours de ce parcours.

Revenant à mon parcours, j’ai eu l’honneur de fréquenté l’école primaire publique de Ouenga dans le Kouritenga. J’ai fini par terminer le cycle primaire à l’école publique de Bagré dans le Boulgou. J’ai poursuivi au Lycée Rialé de Tenkodogo où j’ai obtenu le baccalauréat série D. Ce fut ensuite l’université de Ouagadougou (actuelle Université Ouaga 1, Pr Joseph Ki Zerbo) pour les études en pharmacie à la Faculté de Sciences de la Santé (FSS), devenue UFR/SDS après l’invalidation de l’année académique 1999-2000.

Après l’université de Ouagadougou, de janvier 2002 à mars 2004 j’ai été chef de service de la pharmacie du Centre de traitement ambulatoire (CTA) de Ouagadougou aujourd’hui rattaché au CHU-Yalgado OUEDRAOGO. D’avril 2002 à aout 2007 j’ai été chef de service de la pharmacie du Centre Hospitalier Régional (CHR) de Ouahigouya. De Septembre 2007 à Juillet 2009 j’ai bénéficié d’une mise en position de stage pour faire une spécialisation de Master complémentaire en Immunohématologie et médecine transfusionnelle à l’Université de Liège (ULg) en Belgique. J’en ai profité pour faire parallèlement un master complémentaire en santé publique, orientation santé et développement à l’Université Libre de Bruxelles (ULB) en Belgique. Pour maximiser mon séjour en Belgique, j’ai bénéficié d’une belle opportunité qui m’a permis de faire un certificat en gestion des systèmes de services de santé-économie et planification des systèmes de santé, à l’Université Libre de Bruxelles (ULB) de juillet à août 2009. Ayant obtenu une mention grande distinction au master de santé publique, il m’avait été proposé une possibilité de carrière d’enseignement et de recherche à l’ULg mais j’ai préféré rentrer et me mettre au service de mon pays conformément à l’accord qui avait prévalu à ma mise en position de stage. Je suis rentré au Burkina Faso en septembre 2009 et j’ai dû attendre 7 mois avant d’être réaffecté en tant que pharmacien hémobiologiste au Centre Régional de Transfusion Sanguine (CRTS-Bobo) de Bobo-Dioulasso.

En janvier 2011, j’ai été recruté par le GIP ESTHER, et de Février 2011 à Décembre 2014, j’ai été le chargé du projet Estheraid Burkina qui a couvert 4 des 13 régions du Burkina Faso (Boucle du Mouhoun, Cascades, Hauts Bassins, Sud-Ouest) pour le renforcement global du système de santé, le renforcement spécifique du système pharmaceutique et l’amélioration de la prise en charge des personnes vivant avec a le VIH.

De mars 2015 à Juin 2016 j’ai occupé le poste d’assistant technique international à la Direction de la pharmacie et de la médecine traditionnelle au Ministère de la Santé Publique du Niger et depuis aout 2016 j’occupe le poste de conseiller en chaine d’approvisionnement des produits de santé pour le projet OPP-ERA phase II en Guinée Conakry. Tel est donc mon parcours rapidement brossé.

Vous vous présentez, dans certains de vos écrits comme « la pharmacie citoyenne » ; qu’est-ce que cela veut dire ?

C’est vrai que dans tous mes articles, j’ai toujours signé sous mon vrai nom. Je n’ai jamais eu recours à un pseudonyme même quand cela s’avérait un peu risquant. Du reste, des amis et connaissances me l’ont souvent reproché. Mais j’estime que chacun doit toujours pourvoir défendre et surtout pleinement assumer ce qu’il dit et ce qu’il fait. Pour revenir à la notion de « la pharmacie citoyenne, j’aurais dû dire « la pharmacie humanitaire » mon domaine actuel d’activité mais cela aurait reflété un cadre professionnel. Or ici, je suis dans la citoyenneté. J’ai voulu donc sortir du contexte professionnel d’où la préférence « la pharmacie citoyenne » qui reflète mieux mes interventions sur votre site, d’autant plus que j’ai recours aux mots pour espérer soigner des maux, les tares de notre société, la mal gouvernance, l’incivisme...

Il est du devoir de chaque citoyen d’avoir un avis sur la gestion de la cité et par conséquent d’élever sa conscience citoyenne pour réfléchir, parler, dénoncer et surtout agir en permanence pour le bien être global, le mieux vivre ensemble et le meilleur pour tous.

Vous avez tenu sur Lefaso.net une chronique sur les pérégrinations « du peuple du Sofa Kiburna » ; quels messages avez-vous voulu faire passer  ?

Je vous remercie de m’avoir permis de partager cette chronique avec des lecteurs aux quatre coins du monde. Effectivement cette chronique était intitulée « Les contes d’Issaka SONDÉ : le peuple du sofa kiburna et la traversée du fleuve sacré ». Le fleuve sacré étant bien entendu toute la période trouble de fin de règne du président Blaise COMPAORE à la fin de la transition. Sur cette chronique nous avons successivement publié :
- Naaba Laibse, le royaume du Sofa Kiburna et la Long-régnite
- Naaba Laibsé et le prix de la profanation répétée du fétiche sacré
- La chute de Naaba Laibsé
- La vacance du trône
- La montée des eaux troubles
- Le naufrage
- Le sauvetage
- Le débarquement en terre hostile

A travers cette chronique, il s’agissait essentiellement de dénoncer les abus, les dérives, la mal gouvernance qui avaient été érigés en mode de gouvernance au Burkina Faso ; ensuite élever la conscience citoyenne ; en fin proposer des solutions pour un mieux vivre ensemble et le meilleur pour tous. A titre d’exemple, le mardi 30 Septembre 2014, voici le traitement qui avait été suggéré : « A notre humble avis, la Retraitine® à dose unique semble pour l’heure le meilleur remède pour Naaba Laibse pour un Sofa Kiburna de paix et pour le bonheur de son peuple souverain ». Hélas, prescription vaine et la suite nous a donné raison.

Peut-on s’attendre à une suite de cette chronique ?

Evidemment !!!
La chronique avait pour but de poser le diagnostic d’un mal qui gangrenait le tissu social, remettait fondamentalement en cause la cohésion nationale et menaçait la paix vitale. Le peuple souverain a dû prendre ses responsabilités à chaque moment clé pour extirper sans anesthésie le cancer incurable. Avec le retour à l’ordre "normal", nous avons estimé que les nouvelles autorités devraient bénéficier d’un délai de grâce de la part des administrés avant tout jugement objectif sur leur aptitude à proposer une alternance alternative. Si toutefois, à un certain moment il s’avère qu’il y a une quelconque rechute du mal que le peuple avait espéré avoir bouté loin du Faso, pour que plus rien ne soit comme avant, alors chacun avisera et prendra à nouveau ses responsabilités. Dans ce cas, ce qui avait perdu le roi, pourrait perdre un prince incapable.

Un pharmacien avec un tel talent littéraire, ce n’est pas courant ; d’où vous vient cette passion ?

Avant de répondre à cette question, permettez-moi de partager avec vous cette vision de Pierre-Gilles de Gennes, prix Nobel de physique de 1991. A propos de la formation du pharmacien, voilà ce qu’il déclarait : « De par l’étendue de leurs connaissances, les pharmaciens sont parmi les rares personnes à pouvoir appréhender l’ensemble du monde réel ». C’est pour dire que le pharmacien n’est pas seulement celui qui dispense les médicaments aux patients. Il est l’alpha et l’oméga de toute la chaine du médicament depuis la recherche fondamentale pour trouver les molécules actives en passant par de nombreux essais, puis la fabrication à l’industrie, la distribution et la dispensation aux patients à l’officine et dans les formations sanitaires. C’est le spécialiste du médicament par essence et par excellence. Le pharmacien est loin d’être un intellectuel cyclope, un borgne à vision unique, un technicien à compétence linéaire. Non c’est tout sauf cela. C’est un intellectuel à connaissances transversales et à géométrie variable ; c’est un professionnel très polyvalent qui embrasse à la fois les branches de la biologie, de la chimie, de la médecine, de la gestion, de la réglementation…. Mais cela est peu connu du grand public.

Pour revenir à votre question, je ne peux pas me prévaloir d’un quelconque talent littéraire mais je peux juste vous assurer que je suis très passionné de la lecture depuis mon adolescence. Avec les livres, même à 10 ans on peut vivre une expérience millénaire et trouver des réponses à des situations complexes. La lecture permet de se découvrir soi-même, de savoir qu’on sait et se rassurer, de savoir qu’on ne sait pas et d’apprendre, et aussi de se prémunir des affres de ne pas savoir qu’on ne sait pas. Je lis donc en permanence et cela me facilite les choses quand c’est mon tour de rendre en écrivant ! Voilà donc ce que je peux dire sur cette question. Et j’encourage vivement tous ceux qui ont la chance de savoir lire, de vraiment beaucoup lire car c’est la nourriture de l’esprit.

Avec le recul, quelles leçons tirez-vous de l’insurrection et de la période de la Transition ?

D’abord c’est la maturité du peuple souverain du Burkina Faso. Ce peuple fier et travailleur, intransigeant sur l’honneur et la dignité, qui sait souvent fermer les yeux, somnoler parfois sans pour autant dormir mais dont le moindre sursaut d’éveil périodique peut causer des insomnies irréversibles et des exils ! Les principales leçons que j’ai retenues, sont que le peuple éclairé, uni et conscient finit toujours par avoir le dernier mot face à tout pouvoir oppressif, tyrannique et despotique ; ensuite, que la seule voie de salut pour tout pouvoir, c’est d’être en phase avec le peuple, connaitre à temps les aspirations légitimes du peuple et de gouverner au mieux dans la transparence et l’équité en privilégiant toujours l’intérêt commun. En ce qui concerne la transition, malgré toutes les récriminations à l’encontre des principaux acteurs, il faut leur reconnaitre au moins le mérite d’avoir pu organiser les élections jugées transparentes dans un contexte très difficile et d’avoir pu passer la main aux nouvelles autorités élues. C’était leur principale mission.

Depuis quelques mois, le MPP est au pouvoir, comment appréciez-vous sa gestion ?

Effectivement, le président Roch Marc Christian KABORÉ a été investi président du Faso le mardi 29 décembre 2015. Nous sommes donc pleinement dans le 9e mois de sa présidence. 9 mois, c’est aussi la durée normale d’une gestation. En attendant d’accueillir joyeusement le bébé, le peuple devrait au moins déjà voir poindre le déroulement normal de la grossesse, qui est ici le début de concrétisation des promesses électorales du mandat présidentiel. Or on a l’impression qu’il y a un grand immobilisme au sommet de l’Etat. D’abord le temps mis pour former le gouvernement Paul Kaba THIEBA, mais cela se comprend dans une situation de quasi triumvirat nécessitant toujours des longues concertations pour trouver un consensus RSSien.

Les attentats du 15 Janvier et les harcèlements aux postes frontaliers, ont certainement ralenti la propulsion du moteur MPP avec un changement de priorité pour le volet sécuritaire. Globalement sur la gestion du pouvoir MPP, pour l’instant je reste sur ma faim. Je ne sens pas un dynamisme enthousiaste fédérateur, je ne sens pas un élan quelconque patriotique, ni un début de changement de mentalités, un début de changement dans le faire, le faire faire et le savoir-faire dans l’ensemble des strates de notre société. J’ai l’impression que, si rien n’est comme avant, rien non plus n’est mieux qu’avant. J’espère vraiment que ce n’est qu’une fausse impression et que le meilleur de la gouvernance MPP reste à venir mais sans perdre de vue qu’il est dit que quand on suspend longtemps l’os, le chien commence à se décourager.

Pour revenir à votre domaine de spécialisation, les médicaments, vous avez écrit récemment sur la situation de la CAMEG qu’ll n’y a pas de petite querelle….

Effectivement, en tant que pharmacien, donc spécialiste du médicament par essence, tout sujet surtout d’ordre national y afférent m’interpelle à juste titre. C’est pourquoi, dès le début de la crise à la CAMEG, crise consécutive au renouvellement du contrat du directeur général, j’avais estimé que toute contribution citoyenne était utile pour aider à circonscrire rapidement le conflit dans l’intérêt global du peuple burkinabè. Le médicament de par sa spécificité et sa complexité doit toujours faire l’objet d’une attention particulière.

Aujourd’hui, la CAMEG est la seule centrale d’achat du Burkina Faso à importer certains types de médicaments notamment les antirétroviraux et les antituberculeux par exemple tout en dépannant au passage de nombreux pays de la sous-région (Mauritanie, Sierra Léone, Niger, Congo RDC...). Ce sont des médicaments qui ne sauraient souffrir de la moindre rupture au risque majeur de compromettre dangereusement le traitement des patients. Il faut que les uns et les autres aient toujours la lucidité d’écouter ceux qui parlent, ceux qui critiquent, ceux qui conseillent et dont pour rappel, le rôle n’est ni de faire plaisir, ni non plus de faire du tort, mais de gratter sur la plaie pour le seul intérêt de déclencher la nécessité d’un pansement salvateur.

Je me souviens toujours des remontrances et des menaces que j’avais reçues au CHR de Ouahigouya en 2005, quand j’avais été sincère en attestant à la RTB à l’émission Santé MAG que j’avais reçu du ministère de la santé en tout 300 flacons d’ampicilline 500mg pour toute la grande région du Nord pour lutter efficacement contre la méningite ! J’avais bien dit que mon stock me permettrait de traiter à peine une dizaine de patients. Entre mentir pour plaire à une minorité ou dire la vérité dans l’intérêt d’une majorité silencieuse et souvent résignée, le deuxième choix s’imposait. Mal m’en a pris mais c’est vraiment sans regret ! Norbert ZONGO le disait si bien : « Le pire n’est pas la méchanceté des gens mauvais, mais le silence des gens bien ».

Vous suivez donc assidument ce qui se passe à la CAMEG et vous avez même déjà écrit pour rappeler qu’il « n’y a pas de petite querelle » ; comment appréciez-vous l’évolution de cette crise ?

Hélas, le constat est que la crise va crescendo avec une diarchie de fait à la CAMEG ! Deux CAMEG, deux PCA, deux Directeurs, deux camps dans un seul pays. Comment comprendre cette cacophonie ! Chaque camps tient mordicus l’un sûr de sa légalité, l’autre de sa légitimité et la pauvre CAMEG se craquelle, s’effrite, s’émiette et s’enfonce inexorablement dans l’abîme ! Pense-t-on vraiment à la population la plus démunie, qui ne consent à se rendre dans les formations sanitaires que dans l’extrême urgence, sachant que le moindre acte médical, le moindre médicament est un sac de céréales, un coq, un mouton ou une vache de moins ? Dans ce combat sans gloire, le seul perdant sera le Burkina Faso et sa population la plus démunie. Ceux qui le peuvent, au moindre rhume, fendront les airs pour l’occident et malheureusement aux frais du pauvre contribuable qui n’aura que ses yeux rouges pour pleurer la défaillance de la CAMEG.

Dans cette situation malheureuse, ce qui est encore moins compréhensible, c’est le silence absolu et l’indifférence apparente au sommet. Si un père de famille reste dans le mutisme et laisse faire, laisse des membres de sa famille se quereller à longueur de journées sans intervenir, sans régenter, alors, soit il est complice de celui qu’il pense être le plus fort, soit il est un incapable. Il n’y a pas de petite querelle et on a vu l’issue d’une simple altercation entre deux élèves dans un établissement de Koudougou en 2011. Il faut savoir intervenir à temps.

Personnellement, je félicite ceux qui avaient eu la sagesse, la vigilance, la lucidité, la clairvoyance en osant proposer en 1997 les statuts actuels tant querellés de la CAMEG notamment le statut d’association. C’est grâce à ce statut que la CAMEG a connu une croissance staturopondérale fulgurante largement au-dessus de 3 Z-scores depuis son enfance jusqu’à son adolescence actuelle au point de tendre à la fois vers le gigantisme et l’obésité ! C’est ça aussi tout son malheur actuel me semble-t-il ! Otez ce statut d’association à la CAMEG et elle connaitra le même sort que la SONAPHARM. Elle sera à l’image aussi de toutes ces sociétés d’Etat SONABHY, SONABEL et autres toujours perfusées et transfusées mais permanemment en état de déshydratation extrême et d’anémies sévères. De grâce, évitons cela à la CAMEG à tout prix. Jusque-là, elle est incontestablement une réussite et une fierté nationale, la pierre angulaire notre politique pharmaceutique nationale et de notre système de santé.

En tant que spécialiste du domaine, que proposez-vous pour sortir de cette crise ?

Aujourd’hui la sortie de cette crise n’est plus du ressort du seul spécialiste du domaine dans la mesure où, elle est désormais juridico juridique. La justice a donc le dernier mot et elle y joue toute sa crédibilité. Sinon c’était simple, il aurait suffi de rassembler tout le personnel de la CAMEG et chacun s’aligne derrière le PCA et le DG de son choix. Le PCA qui aurait la plus longue file serait le PCA légitime. De même pour le DG. Mais hélas, nous ne sommes ni à Dioulassoba, ni à Bagassi ! (pour faire un clin d’œil à mes parents à plaisanterie, les Bobos)

Ce que je suggère, c’est de dépassionner les débats et se focaliser sur l’essentiel à savoir la priorité en termes d’impact, de retentissement sur la santé publique. In fine il faut que l’esprit de civisme prévale et que chaque acteur se conforme au verdict du dénouement judiciaire à venir. Le civisme commence par le respect de la loi et le premier exemple doit venir du sommet. Il ne faudra pas que l’Etat se discrédite dans cette affaire en voulant imposer quoi que ce soit au risque de perde la confiance des partenaires. Ce sera alors la mort de la poule aux œufs d’or et un énorme gâchis, une perte non pas seulement pour le Burkina Faso mais pour toute la sous-région. Le moindre mal pour la pérennité de la CAMEG, c’est de préserver son statut d’association. Ensuite il faudra procéder à des réformes profondes pour asseoir des organes dirigeants selon des critères de compétence et dans la sérénité et l’unanimité pour éviter toute victoire à la Pyrrhus.

Nonobstant, l’issue du contentieux judiciaire, pour une sortie honorable de cette crise, primo je propose d’entamer dans l’immédiat, une série de révisions des documents normatifs de la CAMEG (statut, règlement intérieur, conventions) à fin de toiletter l’insuffisance des textes querellés et de disposer pour toujours, une CAMEG institution forte à l’abri des humeurs. Secundo, de procéder à la mise en place des instances (Assemblée Générale, nouveau Conseil d’Administration) consensuelles, crédibles et transparentes. Pour la défense de ces dossiers et leur conduite à bons termes, le CA et le DG actuels me semblent mieux outillés sur la connaissance des dossiers en cours que les "nouveaux CA et DG". Bien entendu, le délai de mise en œuvre nécessaire ne saurait dépasser le mandat légal de l’actuel CA.

Tertio, il serait souhaitable qu’à l’image de toutes les structures de la stature de la CAMEG, que tous les documents (organigramme, manuels de procédure comptable, financière et administrative) soient élaborés ou révisés et standardisés. C’est une étape préalable qui permettra à la CAMEG d’aller vers la certification ISO préalable à une démarche de procédure de reconnaissance comme centre collaborateur de l’OMS par exemple. Voici donc une ébauche de pistes qui renforceraient la CAMEG pour en faire une institution forte, crédible et à l’abri des influences externes et de conflits évitables et inutiles. Notre système pharmaceutique et notre système de santé se porteraient mieux et près de 300 agents travaillerons dans la sérénité d’esprit indispensable pour l’atteinte des objectifs nobles de la santé pour tous.

Dr Sondé, votre mot de la fin ?

Je vous réitère mes sincères remerciements pour l’honneur et le privilège que vous m’avez toujours accordés pour souvent dire ce que je pense sur la gestion de la cité. A l’ensemble des filles et fils du Faso, unissons nos forces, que chacun apporte sa pierre édificatrice pour un Burkina meilleur. Ensemble, tout est possible !
Je vous remercie !

Entretien réalisé par Cyriaque PARE
            Lefaso.net

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Traitement des dossiers du coup d’Etat manqué un an après : Ce qu’en pensent certains Ouagalais

    Un an après le putsch du Général Gilbert Diendéré, nous avons voulu savoir ce que pensent les Ouagalais de l’état d’avancement de la procédure judiciaire du putsch. Le moins que l’on puisse dire, c’est que les avis sont partagés.

Traitement des dossiers du coup d’Etat manqué un an après : Ce qu’en pensent certains Ouagalais

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Ouédraogo Brice, étudiant
« Un an après, les choses trainent toujours »

« Je félicite le nouveau gouvernement qui maintient la stabilité du pays et veille sur la sécurité du Burkina Faso. En ce qui concerne le coup d’Etat, je trouve que les choses trainent un peu. Après un an, il y a des choses qui n’ont toujours pas été dites, on voudrait être au courant du fond du problème et des avancées. C’est vrai qu’hier la procureure du Faso est sorti donner certains éléments, mais on voudrait en savoir davantage, pour mieux connaître l’évolution de la situation. »

Zoungrana Roger, commerçant

« Diendéré a voulu stopper la Transition, pour libérer le pays de l’emprise de Yacouba Isaac Zida qui menait le pays dans le chaos. Un an après, il faut qu’on juge Diendéré pour que la population puisse savoir ce qui s’est réellement passé, pour que les Burkinabè puissent se réconcilier. »

Ouangrawa Mahamadi, commerçant
« Que Diendéré soit libéré »

« Je pense que c’est mieux de libérer Diendéré et tous ceux qui ont été arrêtés dans le cadre de la procédure judiciaire sur le coup d’Etat et qu’on les pardonne. Si Diendéré reconnait son tort et accepte de redevenir un civil, qu’on lui pardonne et qu’on le libère. Il y a des pays où il y a eu plus de tueries qu’au Burkina Faso, mais ils se sont pardonnés et la vie continue. Donc, nous voulons que Diendéré et tous les autres soient libérés pour qu’il y ait la réconciliation, afin que l’économie du pays puisse redémarrer. »

Sandaogo Florent, chauffeur,
« Je ne comprends pas la justice de notre pays

« Je ne comprends pas la justice de notre pays. Il n’y a même pas eu de jugement et on libère des gens sous prétexte qu’ils sont malades. C’est mieux qu’on les libère tous, y compris Diendéré. D’ailleurs, avant de juger Diendéré, il faut d’abord que Zida rentre au Burkina. »

Ouédraogo Paul, libraire à l’université Ouaga I/ Pr JKZ
« Je ne crois pas en la justice »

« Cette procédure judiciaire ne m’intéresse pas vraiment, parce que chaque fois on parle de justice, mais on ne la sent pas. On attend toujours que les auteurs du putsch soient jugés, même si je ne crois pas en la justice. Pour moi, la justice au Burkina n’existe pas. Il y a des affaires plus lointaines qu’on doit juger avant le putsch qui, lui ne date que d’un an. »

Ilboudo Rasmané, commerçant
« On veut connaître la vérité »

« Un an après le putsch de Diendéré, on devait l’avoir déjà jugé, pour qu’on puisse connaître la vérité et que les Burkinabè soient en paix. On veut connaître les tenants et les aboutissants de ce putsch. »

Lamien Benjamin, étudiant en philosophie
« On attend un réel changement »

« Un après le putsch, la population attend encore un réel changement. Nous attendons que la procédure avance et que la lumière soit faite sur ce qui s’est réellement passé, que l’on puisse établir la responsabilité des uns et des autres. S’il y a des gens à libérer, qu’ils soient libérés et qu’on condamne ceux qui sont vraiment responsables, pour que justice soit faite. »

Propos recueillis par Justine Bonkoungou (Stagiaire)
Lefaso.net

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An I du Coup d’Etat de septembre 2015 : Les blessés et parents des victimes pas contents des autorités

La cérémonie de dépôt de gerbes de fleurs sur le carré des martyrs, dans le cadre de la commémoration de l’an I du coup d’Etat du 16 septembre 2015, s’est terminée en queue de poisson ce vendredi matin au cimetière municipal de Gounghin. Des blessés et parents de victimes ont refusé de saluer les autorités présentes dont le Premier ministre Paul Kaba Thiéba et le président de l’Assemblée nationale Salifou Diallo, menaçant de boycotter la rencontre prévue dans l’après-midi avec le Chef du gouvernement.

An I du Coup d’Etat de septembre 2015 : Les blessés et parents des victimes pas contents des autorités

Pour un premier anniversaire, cela ne s’est pas passé totalement comme les autorités l’auraient souhaité. La commémoration de cet événement douloureux qu’est le coup d’Etat de l’ex-Régiment de sécurité présidentielle (RSP) dirigé par le Général Gilbert Diendéré n’a pas été du goût de tout le monde, du moins des blessés et parents des victimes présents ce vendredi 16 septembre 2016 au cimetière municipal de Gounghin. Ils ont exprimé leur mécontentement en refusant de se preter au rituel « Toutes mes condoléances ! » qui s’impose en pareille circonstance. Pourquoi ?

Les autorités présentes
A la tribune des autorités, il y avait le Premier ministre, Paul Kaba Thiéba, le président de l’Assemblée nationale Salifou Diallo, des membres du gouvernement, quelques députés, le gouverneur de la région du centre, Joachim Somda, le maire de la ville de Ouagadougou, Armand Béouindé Ouédraogo, le Chef d’État-major général des Armées, général Pingrenooma Zagré, le Colonel Auguste Denise Barry, ancien ministre en charge de la sécurité sous la Transition, le Chef des Dozos, Maître Yacouba Drabo, etc. Après le dépôt de gerbes de fleurs par le Premier ministre et le président de l’Assemblée nationale, et l’exécution de l’hymne national, place aux interviews.

« Le gouvernement va respecter tous ses engagements »

Selon Paul Kaba Thiéba, tous ceux qui sont tombés ont fait le sacrifice suprême, celui d’avoir perdu la vie pour que le Burkina Faso retrouve la liberté et la démocratie avec l’organisation des élections en novembre 2015. Il a également déclaré que le gouvernement va respecter tous ses engagements vis-à-vis des proches des victimes et des blessés. « Il n’y a aucun doute là-dessus », a-t-il rassuré.
A sa suite Salifou Diallo ajoutera qu’en ce jour de commémoration, il faudrait tirer les leçons du passé pour que ce qu’il a qualifié de tentative assassine ne se reproduise plus. « Nous devons aller au-delà de nos divergences politiques, religieuses et culturelles pour fonder une Nation et éviter que le pays ne se déchire », a-t-il laissé entendre.

Justice d’abord
C’est après la phase des interviews que l’ambiance a commencé à être électrique. Rappelons que bien avant le début de la cérémonie, des blessés et parents de victimes avaient commencé à murmurer et ruminer leur colère par petits groupes. Pour clore la cérémonie, il leur a été demandé de s’approcher pour recevoir les messages de compassion des autorités. Le refus fut catégorique. La raison de cette « rébellion » était connue d’avance. Pour les frondeurs, « tant que la justice ne sera pas dite, la mémoire des victimes ne sera pas honorée ». Au regard de cette lenteur décriée dans le traitement du dossier, Ouangrawa Paul, délégué à l’organisation de l’association des blessés du coup d’Etat a tiré la conclusion que rien n’avait changé et que tout était pire qu’avant. Cependant, il dit ne pas regretter son combat en septembre 2015 (il a été blessé au niveau de la tête, ndlr) : « Si c’était à refaire, je le ferais. On n’est pas sorti pour ceux qui nous gouvernent, mais on l’a fait pour réécrire l’histoire du Burkina Faso ».

Herman Frédéric Bassolé
Photos : Bonaventure Paré
Lefaso.net

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