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2016.09.16

Martyrs du coup d'Etat au Burkina : « une dette de sang qui oblige la justice à appliquer la loi » (Premier ministre)

Martyrs du coup d'Etat au Burkina : « une dette de sang qui oblige la justice à appliquer la loi » (Premier ministre)

Martyrs du coup d'Etat au Burkina : « une dette de sang qui oblige la justice à appliquer la loi » (Premier ministre)
 
OUAGADOUGOU - Le Burkina Faso a, à l'endroit de des victimes du coup d'Etat raté du 16 septembre 2015, "une dette de sang" qui oblige la justice à situer les responsabilités et appliquer la loi dans toute sa rigueur, a déclaré jeudi le Premier ministre burkinabè Paul Kaba Thiéba.

"Chaque Burkinabè doit se souvenir de ces martyrs afin que, toutes les générations se rappellent en épelant leurs noms, que l'amour de la patrie doit nous habiter à chaque instant de nos engagements", a soutenu M. Thiéba, en prélude à la commémoration vendredi du premier anniversaire de ce putsch qui a fait une quinzaine de morts.

Il a souligné que ces martyrs, ces enfants, ces hommes et ces femmes, sont une interpellation permanente et constante de chacun des burkinabé pour son engagement dans la construction inclusive et porteuse de bien-être social, d'un Faso réconcilié avec les valeurs de justice et de paix.
Le 16 septembre 2015, des soldats de la garde présidentielle de Blaise Compaoré ont mis aux arrêts le président de la Transition et son gouvernement réunis en conseil des ministres au Palais de Kossyam, avant d'être défaits par une résistance populaire.
Selon le Premier ministre, chaque Burkinabè doit se souvenir que cette résistance a permis à l'armée nationale, de réaffirmer son attachement aux valeurs républicaines, fondement de la fraternité et de la cohésion nationale.

Vendredi, une minute de silence sera observée sur toute l'étendue du territoire national à 14H00.

18:42 Publié dans ACTUALITE SOCIALE DU BF | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | |  Imprimer

Déclaration du gouvernement à l’occasion des activités commémoratives de la résistance populaire contre la tentative du coup d’Etat des 16 et 17 septembre 2015

Déclaration du gouvernement à l’occasion des activités commémoratives de la résistance populaire contre la tentative du coup d’Etat des 16 et 17 septembre 2015

Déclaration du gouvernement à l’occasion des activités commémoratives de la résistance populaire contre la tentative du coup d’Etat des 16 et 17 septembre 2015
© DR / Autre Presse
 
Déclaration du gouvernement à l’occasion des activités commémoratives de la résistance populaire contre la tentative du coup d’Etat des 16 et 17 septembre 2015
 
Peuple du Burkina Faso, Chers compatriotes,

Une année déjà que nous avons tous ensemble, burkinabè des villes et des campagnes, organisations de la société civile, syndicats, médias, partis politiques, forces de défense et de sécurité , résisté et vaincu la tentative de retour à l’ordre ancien.

En effet, le mercredi 16 septembre 2015, des militaires et des civils animés par des ambitionspersonnelles, ont mis aux arrêts le président de la Transition et son gouvernement réunis en conseil des ministres au Palais de Kossyam.
Le 17 septembre 2015, ces arrestations se sont traduites par l’annonce d’un coup d’état qui devra remettre en cause la transition quenous avions tous soutenue et mise en œuvre et dont le terme devrait être l’organisation des élections libres et transparentes.

Cette atteinte grave à la République et à ses institutions a été condamnée par le peuple burkinabé et la Communauté internationale. Comme un seul homme et dans le sens de l’honneur et du respect des valeurs démocratiques, tous les patriotes se sont mobilisés pour défendre lapatrie.


Jeunes, femmes et anciens, acteurs de la sociétécivile, partis politiques, forces de défense et de sécurité, tous se sont dressés contrel’infamie et la félonie.
Le Peuple Burkinabè a montré que rien ne le fera céder dans sa volonté à construire un Burkina démocratique où le respect des lois est le fondement de notre vivre en commun.

En cette date anniversaire, le gouvernement salue la mémoire des dignes fils et filles du Burkina tombés sur le champ d’honneur de la lutte pour la justice et la démocratie. Le Gouvernementrenouvèle tout son soutien et son accompagnement aux familles éplorées.

Ces martyrs, ces enfants, ces hommes et ces femmes, sont une interpellation permanente et constante de chacun des burkinabé pour son engagement dans la construction inclusive et porteuse de bien-être social, d’un Faso réconcilié avec les valeurs de justice et de paix.

Le Burkina Faso a,à l’endroit de ces victimes et de leurs familles,une dette de sang qui oblige notre justice à situer les responsabilités et appliquer la loi dans toute sa rigueur à l’encontre de ceux dont la culpabilité serait avérée.

Peuple du Burkina Faso
Chers compatriotes,

ChaqueBurkinabè doit se souvenir de ces martyrs afin que, toutes les générations se rappellent en épelant leurs noms, que l’amour de la patrie doit nous habiter à chaque instant de nos engagements.

Chaque Burkinabè doit se souvenir que cetterésistance a permis à notre armée nationale, de réaffirmer son attachement aux valeurs républicaines, fondement de la fraternité et de la cohésion nationale.

Chaque Burkinabé doit se souvenir de notre capacité à surmonter les épreuves, lorsqu’au-delà de nos différences, la défense de la Patrie nous appelle.
Et aujourd’hui, il est important de dire que notre foi dans le Burkina se construit sur cette capacité de ses fils à s’engager dans les luttes pour son développement, dans le respect des valeurs républicaines.

Le gouvernement exprime toute la solidarité du peuple du Burkina Faso à l’endroit des familles endeuillées lors de cette barbare et indigne tentative de coup d’état.Le gouvernement renouvelle ses profondes condoléances aux ayants-droit. Aux blessés, il exprime à nouveau sa compassion et son engagement à faire triompher la vérité et la justice.

Le gouvernement renouvelle la gratitude et la reconnaissance du peuple du Burkina Faso à la communauté internationale, pour son soutien et son engagement qui ont aidé au retour à l’ordre démocratique matérialisé par l’organisation des élections présidentielle et législative du 29 novembre 2015.

A l’ensemble des acteurs de cette résistance victorieuse, animé par l’impératif du respect de la volonté du peuple, de la démocratie et des valeurs républicaines, le gouvernement réaffirme son attachement à ces idéaux et son engagement àtravailler à un encrage définitif et inaltérable de ces valeurs.

Hommage à vous valeureux fils et filles du Faso !
Dieu bénisse le Burkina Faso.

Son Excellence Monsieur Paul Kaba THIEBA, Premier Ministre,
Chef du Gouvernement

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Dr Issaka Sondé, pharmacien et écrivain : « Si rien n’est comme avant, rien non plus n’est mieux qu’avant »

Les lecteurs du Faso.net l’ont découvert à travers l’épique chronique qu’il a animée pendant plusieurs mois sur notre site à travers « les contes d’Issaka Sondé » où il a raconté les pérégrinations « du peuple du Sofa Kiburna » en prise aux errements de Naaba Laibse. Ce pharmacien multi-diplômé a ainsi démontré sa parfaite maîtrise des lettres et de la vigilance aigüe qu’il garde de la bonne marche des choses publiques. Les leçons de l’insurrection et le bilan de la Transition, la gestion du pouvoir MPP et surtout la grave crise qui secoue la CAMEG ; voilà autant de questions que nous avons posées à celui qui, après le Niger, conseille depuis quelques semaines le gouvernement guinéen en matière d’approvisionnement pharmaceutique.

Dr Issaka Sondé, pharmacien et écrivain : « Si rien n’est comme avant, rien non plus n’est mieux qu’avant »

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 Qui est le Dr Issaka Sondé ?

Avant tout propos, il me plait de remercier et féliciter chaleureusement la dynamique et efficace équipe Lefaso.net, ce cordon ombilical qui relie aujourd’hui toutes les filles et fils du Burkina Faso à la mère patrie où qu’ils se trouvent. Je vous remercie aussi parce que vous m’avez toujours accordé la parole dans le cadre de la contribution citoyenne pour un Burkina meilleur et aujourd’hui pour cette opportunité que vous m’offrez de me faire mieux connaitre par tous ceux qui me lisent sur votre site.

Revenant à votre question, je suis Dr Issaka SONDE, citoyen Burkinabé et je suis pharmacien de profession. Je suis titulaire d’un diplôme de Doctorat d’Etat en Pharmacie et aussi entre autres, d’un Diplôme Interuniversitaire (DIU) sur le VIH/SIDA, d’un master en santé publique, d’un master en Immunohématologie et médecine transfusionnelle, d’un certificat sur la logistique et la gestion de la chaine d’approvisionnement des produits de santé, d’un certificat sur la prise en charge complète de la drépanocytose, d’un certificat sur la lutte contre la maladie à virus Ebola, d’un certificat sur la gestion des systèmes de services de santé-économie et planification des systèmes de santé.

Pour résumer, je peux dire qu’aujourd’hui, je suis au carrefour entre la pharmacie, la biologie et la santé publique ce qui me permet une large vision sur les diverses problématiques de la santé et les défis majeurs à relever.

Pouvez-vous nous parler un peu de votre parcours ?

Avant de parler de mon parcours, je tiens à remercier de tout cœur, tous ceux qui m’ont montré le chemin, m’ont guidé, m’ont enseigné, m’ont éduqué et ont pratiquement fait de moi ce que je suis aujourd‘hui. Je remercie aussi tous ceux qui m’ont accueilli sous leur toit tout au cours de ce parcours.

Revenant à mon parcours, j’ai eu l’honneur de fréquenté l’école primaire publique de Ouenga dans le Kouritenga. J’ai fini par terminer le cycle primaire à l’école publique de Bagré dans le Boulgou. J’ai poursuivi au Lycée Rialé de Tenkodogo où j’ai obtenu le baccalauréat série D. Ce fut ensuite l’université de Ouagadougou (actuelle Université Ouaga 1, Pr Joseph Ki Zerbo) pour les études en pharmacie à la Faculté de Sciences de la Santé (FSS), devenue UFR/SDS après l’invalidation de l’année académique 1999-2000.

Après l’université de Ouagadougou, de janvier 2002 à mars 2004 j’ai été chef de service de la pharmacie du Centre de traitement ambulatoire (CTA) de Ouagadougou aujourd’hui rattaché au CHU-Yalgado OUEDRAOGO. D’avril 2002 à aout 2007 j’ai été chef de service de la pharmacie du Centre Hospitalier Régional (CHR) de Ouahigouya. De Septembre 2007 à Juillet 2009 j’ai bénéficié d’une mise en position de stage pour faire une spécialisation de Master complémentaire en Immunohématologie et médecine transfusionnelle à l’Université de Liège (ULg) en Belgique. J’en ai profité pour faire parallèlement un master complémentaire en santé publique, orientation santé et développement à l’Université Libre de Bruxelles (ULB) en Belgique. Pour maximiser mon séjour en Belgique, j’ai bénéficié d’une belle opportunité qui m’a permis de faire un certificat en gestion des systèmes de services de santé-économie et planification des systèmes de santé, à l’Université Libre de Bruxelles (ULB) de juillet à août 2009. Ayant obtenu une mention grande distinction au master de santé publique, il m’avait été proposé une possibilité de carrière d’enseignement et de recherche à l’ULg mais j’ai préféré rentrer et me mettre au service de mon pays conformément à l’accord qui avait prévalu à ma mise en position de stage. Je suis rentré au Burkina Faso en septembre 2009 et j’ai dû attendre 7 mois avant d’être réaffecté en tant que pharmacien hémobiologiste au Centre Régional de Transfusion Sanguine (CRTS-Bobo) de Bobo-Dioulasso.

En janvier 2011, j’ai été recruté par le GIP ESTHER, et de Février 2011 à Décembre 2014, j’ai été le chargé du projet Estheraid Burkina qui a couvert 4 des 13 régions du Burkina Faso (Boucle du Mouhoun, Cascades, Hauts Bassins, Sud-Ouest) pour le renforcement global du système de santé, le renforcement spécifique du système pharmaceutique et l’amélioration de la prise en charge des personnes vivant avec a le VIH.

De mars 2015 à Juin 2016 j’ai occupé le poste d’assistant technique international à la Direction de la pharmacie et de la médecine traditionnelle au Ministère de la Santé Publique du Niger et depuis aout 2016 j’occupe le poste de conseiller en chaine d’approvisionnement des produits de santé pour le projet OPP-ERA phase II en Guinée Conakry. Tel est donc mon parcours rapidement brossé.

Vous vous présentez, dans certains de vos écrits comme « la pharmacie citoyenne » ; qu’est-ce que cela veut dire ?

C’est vrai que dans tous mes articles, j’ai toujours signé sous mon vrai nom. Je n’ai jamais eu recours à un pseudonyme même quand cela s’avérait un peu risquant. Du reste, des amis et connaissances me l’ont souvent reproché. Mais j’estime que chacun doit toujours pourvoir défendre et surtout pleinement assumer ce qu’il dit et ce qu’il fait. Pour revenir à la notion de « la pharmacie citoyenne, j’aurais dû dire « la pharmacie humanitaire » mon domaine actuel d’activité mais cela aurait reflété un cadre professionnel. Or ici, je suis dans la citoyenneté. J’ai voulu donc sortir du contexte professionnel d’où la préférence « la pharmacie citoyenne » qui reflète mieux mes interventions sur votre site, d’autant plus que j’ai recours aux mots pour espérer soigner des maux, les tares de notre société, la mal gouvernance, l’incivisme...

Il est du devoir de chaque citoyen d’avoir un avis sur la gestion de la cité et par conséquent d’élever sa conscience citoyenne pour réfléchir, parler, dénoncer et surtout agir en permanence pour le bien être global, le mieux vivre ensemble et le meilleur pour tous.

Vous avez tenu sur Lefaso.net une chronique sur les pérégrinations « du peuple du Sofa Kiburna » ; quels messages avez-vous voulu faire passer  ?

Je vous remercie de m’avoir permis de partager cette chronique avec des lecteurs aux quatre coins du monde. Effectivement cette chronique était intitulée « Les contes d’Issaka SONDÉ : le peuple du sofa kiburna et la traversée du fleuve sacré ». Le fleuve sacré étant bien entendu toute la période trouble de fin de règne du président Blaise COMPAORE à la fin de la transition. Sur cette chronique nous avons successivement publié :
- Naaba Laibse, le royaume du Sofa Kiburna et la Long-régnite
- Naaba Laibsé et le prix de la profanation répétée du fétiche sacré
- La chute de Naaba Laibsé
- La vacance du trône
- La montée des eaux troubles
- Le naufrage
- Le sauvetage
- Le débarquement en terre hostile

A travers cette chronique, il s’agissait essentiellement de dénoncer les abus, les dérives, la mal gouvernance qui avaient été érigés en mode de gouvernance au Burkina Faso ; ensuite élever la conscience citoyenne ; en fin proposer des solutions pour un mieux vivre ensemble et le meilleur pour tous. A titre d’exemple, le mardi 30 Septembre 2014, voici le traitement qui avait été suggéré : « A notre humble avis, la Retraitine® à dose unique semble pour l’heure le meilleur remède pour Naaba Laibse pour un Sofa Kiburna de paix et pour le bonheur de son peuple souverain ». Hélas, prescription vaine et la suite nous a donné raison.

Peut-on s’attendre à une suite de cette chronique ?

Evidemment !!!
La chronique avait pour but de poser le diagnostic d’un mal qui gangrenait le tissu social, remettait fondamentalement en cause la cohésion nationale et menaçait la paix vitale. Le peuple souverain a dû prendre ses responsabilités à chaque moment clé pour extirper sans anesthésie le cancer incurable. Avec le retour à l’ordre "normal", nous avons estimé que les nouvelles autorités devraient bénéficier d’un délai de grâce de la part des administrés avant tout jugement objectif sur leur aptitude à proposer une alternance alternative. Si toutefois, à un certain moment il s’avère qu’il y a une quelconque rechute du mal que le peuple avait espéré avoir bouté loin du Faso, pour que plus rien ne soit comme avant, alors chacun avisera et prendra à nouveau ses responsabilités. Dans ce cas, ce qui avait perdu le roi, pourrait perdre un prince incapable.

Un pharmacien avec un tel talent littéraire, ce n’est pas courant ; d’où vous vient cette passion ?

Avant de répondre à cette question, permettez-moi de partager avec vous cette vision de Pierre-Gilles de Gennes, prix Nobel de physique de 1991. A propos de la formation du pharmacien, voilà ce qu’il déclarait : « De par l’étendue de leurs connaissances, les pharmaciens sont parmi les rares personnes à pouvoir appréhender l’ensemble du monde réel ». C’est pour dire que le pharmacien n’est pas seulement celui qui dispense les médicaments aux patients. Il est l’alpha et l’oméga de toute la chaine du médicament depuis la recherche fondamentale pour trouver les molécules actives en passant par de nombreux essais, puis la fabrication à l’industrie, la distribution et la dispensation aux patients à l’officine et dans les formations sanitaires. C’est le spécialiste du médicament par essence et par excellence. Le pharmacien est loin d’être un intellectuel cyclope, un borgne à vision unique, un technicien à compétence linéaire. Non c’est tout sauf cela. C’est un intellectuel à connaissances transversales et à géométrie variable ; c’est un professionnel très polyvalent qui embrasse à la fois les branches de la biologie, de la chimie, de la médecine, de la gestion, de la réglementation…. Mais cela est peu connu du grand public.

Pour revenir à votre question, je ne peux pas me prévaloir d’un quelconque talent littéraire mais je peux juste vous assurer que je suis très passionné de la lecture depuis mon adolescence. Avec les livres, même à 10 ans on peut vivre une expérience millénaire et trouver des réponses à des situations complexes. La lecture permet de se découvrir soi-même, de savoir qu’on sait et se rassurer, de savoir qu’on ne sait pas et d’apprendre, et aussi de se prémunir des affres de ne pas savoir qu’on ne sait pas. Je lis donc en permanence et cela me facilite les choses quand c’est mon tour de rendre en écrivant ! Voilà donc ce que je peux dire sur cette question. Et j’encourage vivement tous ceux qui ont la chance de savoir lire, de vraiment beaucoup lire car c’est la nourriture de l’esprit.

Avec le recul, quelles leçons tirez-vous de l’insurrection et de la période de la Transition ?

D’abord c’est la maturité du peuple souverain du Burkina Faso. Ce peuple fier et travailleur, intransigeant sur l’honneur et la dignité, qui sait souvent fermer les yeux, somnoler parfois sans pour autant dormir mais dont le moindre sursaut d’éveil périodique peut causer des insomnies irréversibles et des exils ! Les principales leçons que j’ai retenues, sont que le peuple éclairé, uni et conscient finit toujours par avoir le dernier mot face à tout pouvoir oppressif, tyrannique et despotique ; ensuite, que la seule voie de salut pour tout pouvoir, c’est d’être en phase avec le peuple, connaitre à temps les aspirations légitimes du peuple et de gouverner au mieux dans la transparence et l’équité en privilégiant toujours l’intérêt commun. En ce qui concerne la transition, malgré toutes les récriminations à l’encontre des principaux acteurs, il faut leur reconnaitre au moins le mérite d’avoir pu organiser les élections jugées transparentes dans un contexte très difficile et d’avoir pu passer la main aux nouvelles autorités élues. C’était leur principale mission.

Depuis quelques mois, le MPP est au pouvoir, comment appréciez-vous sa gestion ?

Effectivement, le président Roch Marc Christian KABORÉ a été investi président du Faso le mardi 29 décembre 2015. Nous sommes donc pleinement dans le 9e mois de sa présidence. 9 mois, c’est aussi la durée normale d’une gestation. En attendant d’accueillir joyeusement le bébé, le peuple devrait au moins déjà voir poindre le déroulement normal de la grossesse, qui est ici le début de concrétisation des promesses électorales du mandat présidentiel. Or on a l’impression qu’il y a un grand immobilisme au sommet de l’Etat. D’abord le temps mis pour former le gouvernement Paul Kaba THIEBA, mais cela se comprend dans une situation de quasi triumvirat nécessitant toujours des longues concertations pour trouver un consensus RSSien.

Les attentats du 15 Janvier et les harcèlements aux postes frontaliers, ont certainement ralenti la propulsion du moteur MPP avec un changement de priorité pour le volet sécuritaire. Globalement sur la gestion du pouvoir MPP, pour l’instant je reste sur ma faim. Je ne sens pas un dynamisme enthousiaste fédérateur, je ne sens pas un élan quelconque patriotique, ni un début de changement de mentalités, un début de changement dans le faire, le faire faire et le savoir-faire dans l’ensemble des strates de notre société. J’ai l’impression que, si rien n’est comme avant, rien non plus n’est mieux qu’avant. J’espère vraiment que ce n’est qu’une fausse impression et que le meilleur de la gouvernance MPP reste à venir mais sans perdre de vue qu’il est dit que quand on suspend longtemps l’os, le chien commence à se décourager.

Pour revenir à votre domaine de spécialisation, les médicaments, vous avez écrit récemment sur la situation de la CAMEG qu’ll n’y a pas de petite querelle….

Effectivement, en tant que pharmacien, donc spécialiste du médicament par essence, tout sujet surtout d’ordre national y afférent m’interpelle à juste titre. C’est pourquoi, dès le début de la crise à la CAMEG, crise consécutive au renouvellement du contrat du directeur général, j’avais estimé que toute contribution citoyenne était utile pour aider à circonscrire rapidement le conflit dans l’intérêt global du peuple burkinabè. Le médicament de par sa spécificité et sa complexité doit toujours faire l’objet d’une attention particulière.

Aujourd’hui, la CAMEG est la seule centrale d’achat du Burkina Faso à importer certains types de médicaments notamment les antirétroviraux et les antituberculeux par exemple tout en dépannant au passage de nombreux pays de la sous-région (Mauritanie, Sierra Léone, Niger, Congo RDC...). Ce sont des médicaments qui ne sauraient souffrir de la moindre rupture au risque majeur de compromettre dangereusement le traitement des patients. Il faut que les uns et les autres aient toujours la lucidité d’écouter ceux qui parlent, ceux qui critiquent, ceux qui conseillent et dont pour rappel, le rôle n’est ni de faire plaisir, ni non plus de faire du tort, mais de gratter sur la plaie pour le seul intérêt de déclencher la nécessité d’un pansement salvateur.

Je me souviens toujours des remontrances et des menaces que j’avais reçues au CHR de Ouahigouya en 2005, quand j’avais été sincère en attestant à la RTB à l’émission Santé MAG que j’avais reçu du ministère de la santé en tout 300 flacons d’ampicilline 500mg pour toute la grande région du Nord pour lutter efficacement contre la méningite ! J’avais bien dit que mon stock me permettrait de traiter à peine une dizaine de patients. Entre mentir pour plaire à une minorité ou dire la vérité dans l’intérêt d’une majorité silencieuse et souvent résignée, le deuxième choix s’imposait. Mal m’en a pris mais c’est vraiment sans regret ! Norbert ZONGO le disait si bien : « Le pire n’est pas la méchanceté des gens mauvais, mais le silence des gens bien ».

Vous suivez donc assidument ce qui se passe à la CAMEG et vous avez même déjà écrit pour rappeler qu’il « n’y a pas de petite querelle » ; comment appréciez-vous l’évolution de cette crise ?

Hélas, le constat est que la crise va crescendo avec une diarchie de fait à la CAMEG ! Deux CAMEG, deux PCA, deux Directeurs, deux camps dans un seul pays. Comment comprendre cette cacophonie ! Chaque camps tient mordicus l’un sûr de sa légalité, l’autre de sa légitimité et la pauvre CAMEG se craquelle, s’effrite, s’émiette et s’enfonce inexorablement dans l’abîme ! Pense-t-on vraiment à la population la plus démunie, qui ne consent à se rendre dans les formations sanitaires que dans l’extrême urgence, sachant que le moindre acte médical, le moindre médicament est un sac de céréales, un coq, un mouton ou une vache de moins ? Dans ce combat sans gloire, le seul perdant sera le Burkina Faso et sa population la plus démunie. Ceux qui le peuvent, au moindre rhume, fendront les airs pour l’occident et malheureusement aux frais du pauvre contribuable qui n’aura que ses yeux rouges pour pleurer la défaillance de la CAMEG.

Dans cette situation malheureuse, ce qui est encore moins compréhensible, c’est le silence absolu et l’indifférence apparente au sommet. Si un père de famille reste dans le mutisme et laisse faire, laisse des membres de sa famille se quereller à longueur de journées sans intervenir, sans régenter, alors, soit il est complice de celui qu’il pense être le plus fort, soit il est un incapable. Il n’y a pas de petite querelle et on a vu l’issue d’une simple altercation entre deux élèves dans un établissement de Koudougou en 2011. Il faut savoir intervenir à temps.

Personnellement, je félicite ceux qui avaient eu la sagesse, la vigilance, la lucidité, la clairvoyance en osant proposer en 1997 les statuts actuels tant querellés de la CAMEG notamment le statut d’association. C’est grâce à ce statut que la CAMEG a connu une croissance staturopondérale fulgurante largement au-dessus de 3 Z-scores depuis son enfance jusqu’à son adolescence actuelle au point de tendre à la fois vers le gigantisme et l’obésité ! C’est ça aussi tout son malheur actuel me semble-t-il ! Otez ce statut d’association à la CAMEG et elle connaitra le même sort que la SONAPHARM. Elle sera à l’image aussi de toutes ces sociétés d’Etat SONABHY, SONABEL et autres toujours perfusées et transfusées mais permanemment en état de déshydratation extrême et d’anémies sévères. De grâce, évitons cela à la CAMEG à tout prix. Jusque-là, elle est incontestablement une réussite et une fierté nationale, la pierre angulaire notre politique pharmaceutique nationale et de notre système de santé.

En tant que spécialiste du domaine, que proposez-vous pour sortir de cette crise ?

Aujourd’hui la sortie de cette crise n’est plus du ressort du seul spécialiste du domaine dans la mesure où, elle est désormais juridico juridique. La justice a donc le dernier mot et elle y joue toute sa crédibilité. Sinon c’était simple, il aurait suffi de rassembler tout le personnel de la CAMEG et chacun s’aligne derrière le PCA et le DG de son choix. Le PCA qui aurait la plus longue file serait le PCA légitime. De même pour le DG. Mais hélas, nous ne sommes ni à Dioulassoba, ni à Bagassi ! (pour faire un clin d’œil à mes parents à plaisanterie, les Bobos)

Ce que je suggère, c’est de dépassionner les débats et se focaliser sur l’essentiel à savoir la priorité en termes d’impact, de retentissement sur la santé publique. In fine il faut que l’esprit de civisme prévale et que chaque acteur se conforme au verdict du dénouement judiciaire à venir. Le civisme commence par le respect de la loi et le premier exemple doit venir du sommet. Il ne faudra pas que l’Etat se discrédite dans cette affaire en voulant imposer quoi que ce soit au risque de perde la confiance des partenaires. Ce sera alors la mort de la poule aux œufs d’or et un énorme gâchis, une perte non pas seulement pour le Burkina Faso mais pour toute la sous-région. Le moindre mal pour la pérennité de la CAMEG, c’est de préserver son statut d’association. Ensuite il faudra procéder à des réformes profondes pour asseoir des organes dirigeants selon des critères de compétence et dans la sérénité et l’unanimité pour éviter toute victoire à la Pyrrhus.

Nonobstant, l’issue du contentieux judiciaire, pour une sortie honorable de cette crise, primo je propose d’entamer dans l’immédiat, une série de révisions des documents normatifs de la CAMEG (statut, règlement intérieur, conventions) à fin de toiletter l’insuffisance des textes querellés et de disposer pour toujours, une CAMEG institution forte à l’abri des humeurs. Secundo, de procéder à la mise en place des instances (Assemblée Générale, nouveau Conseil d’Administration) consensuelles, crédibles et transparentes. Pour la défense de ces dossiers et leur conduite à bons termes, le CA et le DG actuels me semblent mieux outillés sur la connaissance des dossiers en cours que les "nouveaux CA et DG". Bien entendu, le délai de mise en œuvre nécessaire ne saurait dépasser le mandat légal de l’actuel CA.

Tertio, il serait souhaitable qu’à l’image de toutes les structures de la stature de la CAMEG, que tous les documents (organigramme, manuels de procédure comptable, financière et administrative) soient élaborés ou révisés et standardisés. C’est une étape préalable qui permettra à la CAMEG d’aller vers la certification ISO préalable à une démarche de procédure de reconnaissance comme centre collaborateur de l’OMS par exemple. Voici donc une ébauche de pistes qui renforceraient la CAMEG pour en faire une institution forte, crédible et à l’abri des influences externes et de conflits évitables et inutiles. Notre système pharmaceutique et notre système de santé se porteraient mieux et près de 300 agents travaillerons dans la sérénité d’esprit indispensable pour l’atteinte des objectifs nobles de la santé pour tous.

Dr Sondé, votre mot de la fin ?

Je vous réitère mes sincères remerciements pour l’honneur et le privilège que vous m’avez toujours accordés pour souvent dire ce que je pense sur la gestion de la cité. A l’ensemble des filles et fils du Faso, unissons nos forces, que chacun apporte sa pierre édificatrice pour un Burkina meilleur. Ensemble, tout est possible !
Je vous remercie !

Entretien réalisé par Cyriaque PARE
            Lefaso.net

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Traitement des dossiers du coup d’Etat manqué un an après : Ce qu’en pensent certains Ouagalais

    Un an après le putsch du Général Gilbert Diendéré, nous avons voulu savoir ce que pensent les Ouagalais de l’état d’avancement de la procédure judiciaire du putsch. Le moins que l’on puisse dire, c’est que les avis sont partagés.

Traitement des dossiers du coup d’Etat manqué un an après : Ce qu’en pensent certains Ouagalais

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Ouédraogo Brice, étudiant
« Un an après, les choses trainent toujours »

« Je félicite le nouveau gouvernement qui maintient la stabilité du pays et veille sur la sécurité du Burkina Faso. En ce qui concerne le coup d’Etat, je trouve que les choses trainent un peu. Après un an, il y a des choses qui n’ont toujours pas été dites, on voudrait être au courant du fond du problème et des avancées. C’est vrai qu’hier la procureure du Faso est sorti donner certains éléments, mais on voudrait en savoir davantage, pour mieux connaître l’évolution de la situation. »

Zoungrana Roger, commerçant

« Diendéré a voulu stopper la Transition, pour libérer le pays de l’emprise de Yacouba Isaac Zida qui menait le pays dans le chaos. Un an après, il faut qu’on juge Diendéré pour que la population puisse savoir ce qui s’est réellement passé, pour que les Burkinabè puissent se réconcilier. »

Ouangrawa Mahamadi, commerçant
« Que Diendéré soit libéré »

« Je pense que c’est mieux de libérer Diendéré et tous ceux qui ont été arrêtés dans le cadre de la procédure judiciaire sur le coup d’Etat et qu’on les pardonne. Si Diendéré reconnait son tort et accepte de redevenir un civil, qu’on lui pardonne et qu’on le libère. Il y a des pays où il y a eu plus de tueries qu’au Burkina Faso, mais ils se sont pardonnés et la vie continue. Donc, nous voulons que Diendéré et tous les autres soient libérés pour qu’il y ait la réconciliation, afin que l’économie du pays puisse redémarrer. »

Sandaogo Florent, chauffeur,
« Je ne comprends pas la justice de notre pays

« Je ne comprends pas la justice de notre pays. Il n’y a même pas eu de jugement et on libère des gens sous prétexte qu’ils sont malades. C’est mieux qu’on les libère tous, y compris Diendéré. D’ailleurs, avant de juger Diendéré, il faut d’abord que Zida rentre au Burkina. »

Ouédraogo Paul, libraire à l’université Ouaga I/ Pr JKZ
« Je ne crois pas en la justice »

« Cette procédure judiciaire ne m’intéresse pas vraiment, parce que chaque fois on parle de justice, mais on ne la sent pas. On attend toujours que les auteurs du putsch soient jugés, même si je ne crois pas en la justice. Pour moi, la justice au Burkina n’existe pas. Il y a des affaires plus lointaines qu’on doit juger avant le putsch qui, lui ne date que d’un an. »

Ilboudo Rasmané, commerçant
« On veut connaître la vérité »

« Un an après le putsch de Diendéré, on devait l’avoir déjà jugé, pour qu’on puisse connaître la vérité et que les Burkinabè soient en paix. On veut connaître les tenants et les aboutissants de ce putsch. »

Lamien Benjamin, étudiant en philosophie
« On attend un réel changement »

« Un après le putsch, la population attend encore un réel changement. Nous attendons que la procédure avance et que la lumière soit faite sur ce qui s’est réellement passé, que l’on puisse établir la responsabilité des uns et des autres. S’il y a des gens à libérer, qu’ils soient libérés et qu’on condamne ceux qui sont vraiment responsables, pour que justice soit faite. »

Propos recueillis par Justine Bonkoungou (Stagiaire)
Lefaso.net

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An I du Coup d’Etat de septembre 2015 : Les blessés et parents des victimes pas contents des autorités

La cérémonie de dépôt de gerbes de fleurs sur le carré des martyrs, dans le cadre de la commémoration de l’an I du coup d’Etat du 16 septembre 2015, s’est terminée en queue de poisson ce vendredi matin au cimetière municipal de Gounghin. Des blessés et parents de victimes ont refusé de saluer les autorités présentes dont le Premier ministre Paul Kaba Thiéba et le président de l’Assemblée nationale Salifou Diallo, menaçant de boycotter la rencontre prévue dans l’après-midi avec le Chef du gouvernement.

An I du Coup d’Etat de septembre 2015 : Les blessés et parents des victimes pas contents des autorités

Pour un premier anniversaire, cela ne s’est pas passé totalement comme les autorités l’auraient souhaité. La commémoration de cet événement douloureux qu’est le coup d’Etat de l’ex-Régiment de sécurité présidentielle (RSP) dirigé par le Général Gilbert Diendéré n’a pas été du goût de tout le monde, du moins des blessés et parents des victimes présents ce vendredi 16 septembre 2016 au cimetière municipal de Gounghin. Ils ont exprimé leur mécontentement en refusant de se preter au rituel « Toutes mes condoléances ! » qui s’impose en pareille circonstance. Pourquoi ?

Les autorités présentes
A la tribune des autorités, il y avait le Premier ministre, Paul Kaba Thiéba, le président de l’Assemblée nationale Salifou Diallo, des membres du gouvernement, quelques députés, le gouverneur de la région du centre, Joachim Somda, le maire de la ville de Ouagadougou, Armand Béouindé Ouédraogo, le Chef d’État-major général des Armées, général Pingrenooma Zagré, le Colonel Auguste Denise Barry, ancien ministre en charge de la sécurité sous la Transition, le Chef des Dozos, Maître Yacouba Drabo, etc. Après le dépôt de gerbes de fleurs par le Premier ministre et le président de l’Assemblée nationale, et l’exécution de l’hymne national, place aux interviews.

« Le gouvernement va respecter tous ses engagements »

Selon Paul Kaba Thiéba, tous ceux qui sont tombés ont fait le sacrifice suprême, celui d’avoir perdu la vie pour que le Burkina Faso retrouve la liberté et la démocratie avec l’organisation des élections en novembre 2015. Il a également déclaré que le gouvernement va respecter tous ses engagements vis-à-vis des proches des victimes et des blessés. « Il n’y a aucun doute là-dessus », a-t-il rassuré.
A sa suite Salifou Diallo ajoutera qu’en ce jour de commémoration, il faudrait tirer les leçons du passé pour que ce qu’il a qualifié de tentative assassine ne se reproduise plus. « Nous devons aller au-delà de nos divergences politiques, religieuses et culturelles pour fonder une Nation et éviter que le pays ne se déchire », a-t-il laissé entendre.

Justice d’abord
C’est après la phase des interviews que l’ambiance a commencé à être électrique. Rappelons que bien avant le début de la cérémonie, des blessés et parents de victimes avaient commencé à murmurer et ruminer leur colère par petits groupes. Pour clore la cérémonie, il leur a été demandé de s’approcher pour recevoir les messages de compassion des autorités. Le refus fut catégorique. La raison de cette « rébellion » était connue d’avance. Pour les frondeurs, « tant que la justice ne sera pas dite, la mémoire des victimes ne sera pas honorée ». Au regard de cette lenteur décriée dans le traitement du dossier, Ouangrawa Paul, délégué à l’organisation de l’association des blessés du coup d’Etat a tiré la conclusion que rien n’avait changé et que tout était pire qu’avant. Cependant, il dit ne pas regretter son combat en septembre 2015 (il a été blessé au niveau de la tête, ndlr) : « Si c’était à refaire, je le ferais. On n’est pas sorti pour ceux qui nous gouvernent, mais on l’a fait pour réécrire l’histoire du Burkina Faso ».

Herman Frédéric Bassolé
Photos : Bonaventure Paré
Lefaso.net

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2016.09.15

Production de légumineuses au Nord : La première dame a visité des champs de niébé

La campagne agricole bat son plein. Pour toucher du doigt les réalités de la campagne agricole, la première dame Sika Kaboré a effectué une tournée le mercredi 14 septembre dans la région du Nord. De Golo en passant par Zininguesse et Watinoma, la première dame a visité des champs de niébé tenus par des femmes.

C’est à la tête d’une forte délégation composée du ministre de l’agriculture et des aménagements hydrauliques, des directeurs régionaux de l’agriculture, du gouverneur de la région du nord, des journalistes, que la première dame Sika kaboré a entamé sa tournée dans la région du nord. L’objectif de cette tournée était de visiter les différents sites de productions de légumineuses exploités par des femmes. Réunies en association, ces femmes bénéficient des sites dans la production du niébé.

Premier escale de la délégation, Yako sur le site de Golo, où Mme Kaboré a visité la ferme semencière du groupement de femmes « telegonoma ». Situé à 5 km de Yako, ce site exploité par les femmes du groupement a une superficie de 2 hectares. Elles y cultivent du niébé sur une superficie de 1 ha et l’autre hectare a été destiné à la culture du maïs. Le rendement provisionnel du niébé est de 1t/ha, avec une marge brute de 266.500fcfa. Pour la production du maïs, la charge est de 298.000fcfa, avec une marge brute de 402.000fcfa. Les difficultés rencontrées au niveau de ce groupement, sont entre autres l’insuffisance des moyens pour l’acquisition des bœufs de traits, la non disponibilité des engrais de qualités. La représentante des femmes de ce groupement, Albertine Ouédraogo, a souligné qu’il ya un manque criard d’engrais de qualité pour la production et elle a souhaité que la première dame les dote de charrues pour accroitre leur production.

Après le site de Golo, cap a été mis sur la commune de Gourcy, dans la ferme semencière de Zindiguessé. D’une superficie aménagée et exploitée de 10 ha, ce site regroupe au total 58 exploitants dont 39 femmes et 19 hommes. Sur ce site également c’est le niébé qui est la principale spéculation avec une variété nommée ‘’Tiligré’’, pour un rendement potentiel de 2t/ha, et une production brute de 10 tonnes. Pour le bilan économique prévisionnel, la marge brute par hectare est de 489 000 FCFA soit un revenu monétaire de 75 000 à 100 000fcfa par productrice. Les difficultés relevées par les femmes de ce groupement sont l’insuffisance de la fumure organique, la faible accessibilité aux intrants, les aléas climatiques, et le retard de paiement des frais des semences par l’Etat. De l’avis de Nicodème Zoungrana, directeur provincial de l’agriculture du Zondoma, ce sont trois parcelles de sélection participative qui ont permis la sélection de la variété « tiligré » il y a de cela quatre ans.

Le dernier site visité est celui de Watinoma situé quelques kilomètres après Ouahigouya. C’est l’union provinciale des producteurs semenciers du Yatenga (UPPSY) qui s’occupe de ce site. Avec un total de 51 exploitants dont 50 femmes et un homme et une superficie de 5 hectares. Pour la mise en place de cette exploitation, des semences ont été utilisées notamment 40 kg de semence de base de la variété tiligré avec un cycle de 70 jours. Le rendement moyen attendu est de 1100kg/ha et la production totale attendue est de 5,5 tonnes, avec un montant total de 4.675.000 FCFA. Comme pour les autres sites visités, l’UPPSY rencontre aussi des difficultés dans la production du niébé à savoir, la cherté des intrants, la faible utilisation de la fumure organique et minérale, l’insuffisance de matériel aratoire.

Au vu des difficultés que les femmes rencontrent dans la production du niébé, Mme Sika Kaboré a promis de venir à leur aide avec l’appui du ministère de l’agriculture et le ministère de l’eau dans l’acquisition des forages, d’engrais, et de matières organiques. « Le niébé est une culture que nous encourageons compte tenu de son potentiel nutritif et de ce que cela permet aux femmes d’être plus ou moins autonomes financièrement ». Elle s’est engagée personnellement à rechercher des partenaires en vue de venir en aide à ces dernières.

Le ministre de l’agriculture et des aménagements hydrauliques, Jacob Ouédraogo a tenu à remercier la première dame pour son action à l’endroit des femmes productrices de la filière niébé. Pour lui, il n’est pas aisé d’accompagner ces femmes parce que les moyens de l’Etat sont limités, néanmoins elles bénéficient de petits soutiens. « Nous accompagnons avec la mécanisation par les charrues et les animaux de traits, nous fournissons l’engrais subventionné » a-t-il souligné.

Apres cette tournée dans les champs de niébé, la première dame a eu un échange avec les femmes de la localité dans la salle de conférence de la mairie de Ouahigouya. Il était question pour elle de passer en revue tous les problèmes que les femmes rencontrent dans l’investissement de la culture du niébé et dans quelle mesure résoudre ces problèmes. « Nous allons rencontrer des partenaires techniques et financiers très prochainement pour leur montrer les efforts que les femmes burkinabè fournissent dans le cadre de leur autonomisation » a-t-elle souligné.

                     Angeline Toé (stagiaire)
                                   Lefaso.net

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Ces Burkinabè qui exploitent la misère d’autres Burkinabè, par cupidité!

Dans la conjoncture économique actuelle, des problèmes inattendus peuvent faire perdre à l’homme le plus rigoureux toute sa sérénité, son invulnérabilité et même son honorabilité sociale. Fonctionnaires, artisans et particuliers ont, par moments, de sérieux problèmes de trésorerie. Le travailleur qui frissonne déjà lorsque le mois bat de l’aile, perd les pédales dès la souvenance du moindre imprévu financier, malgré des mesures d’auto-ajustement tous azimuts prises à bon escient.

Les prêts d’argent, l’emprunteur est souvent contraint de les accepter à des conditions exorbitantes. Une spéculation financière au détriment de toute retenue morale et qui est condamnée par la loi civile
Les prêts d’argent, l’emprunteur est souvent contraint de les accepter à des conditions exorbitantes. Une spéculation financière au détriment de toute retenue morale et qui est condamnée par la loi civile

Surtout à quelques semaines de la rentrée des classes qui rime avec dépenses. Des dépenses de plus en plus importantes d’année en année, tant les promoteurs des établissements scolaires et les vendeurs de fournitures classiques et de matériels scolaires exploitent le contexte. Sans oublier les autres obligations qui s’y greffent: uniformes, cantine scolaire, transport…

Il est donc des périodes où l’on est (moralement) contraint de se compromettre pour résoudre un problème économique ponctuel, d’accepter n’importe quel secours financier, quelles que soient les conditions de remboursement.

Malheureusement, il se trouve toujours, en de telles circonstances, des individus peu scrupuleux et de mauvaise conscience, dont le souci est de tourner la loi et d’exploiter au maximum la détresse des autres. Et leurs victimes leur sont presque toujours servies sur un plateau d’argent.

Un contrat auquel les parties ont concouru librement est réputé bon et valable si, par ailleurs, son objet et sa cause ne sont pas illicites. Dans ce sens, «les conventions légalement formulées tiennent lieu de loi à ceux qui les ont faites». Dans le cas du prêt usuraire, les clauses des contrats sont souvent illégales et immorales.

Souvent, par ignorance, les pratiques usuraires vous déplument comme cette poule
Souvent, par ignorance, les pratiques usuraires vous déplument comme cette poule

En effet, ce qui se fait tous les jours, dans nos quartiers et nos marchés, c’est que dans les prêts d’argent, l’emprunteur est souvent contraint de les accepter à des conditions exorbitantes. Les prêteurs exploitent la faiblesse de ceux ou de celles qui sont dans le besoin sans aucune gêne. Justement, le délit d’usure est cette manie qu’un individu ou une banque peut avoir dans le but de profiter bassement de la misère ou de l’ignorance de ses clients. Ces activités de spéculation financières au détriment de toute retenue morale sont condamnées par la loi civile. Il y a un taux légal plafond à ne pas dépasser. Même s’il relève d’opérations mathématiques complexes, il est toujours bon et bien de se renseigner auprès des spécialistes avant de contracter un prêt. Mais beaucoup de gens ne le savent pas ou l’ignorent quand le besoin d’emprunter est pressant sinon urgent.

D’ailleurs, dans la pratique, les usuriers, pour tourner la loi, dissimulent leur forfait dans des contrats très souvent ambigus, de nature à entretenir le doute et la confusion dans l’esprit de la victime (emprunteur) et du juge. Ces genres de transactions se réalisent généralement par la rédaction d’une simple reconnaissance de dette contenant uniquement la somme à rembourser, les modalités de paiement, à l’exclusion (évidemment) du capital emprunté et du taux d’intérêt pratiqué. Et comme le juge ne peut que s’en tenir aux termes du contrat lorsque ceux-ci sont clairs, il est de forte chance que la décision du juge débouche sur la consolidation du mauvais droit du délinquant.

C’est pourquoi, en ces périodes difficiles, il convient de savoir que les pratiques usuraires existent plus que jamais et de demeurer vigilant, car comme aime à le dire, «veille sur ton droit et la loi te protégera».

              Théophile Moné

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Dossiers sur l’insurrection populaire et le putsch : Les autorités judiciaires donnent un aperçu sur leur évolution

Le procureur du Faso près le tribunal de grande instance de Ouagadougou et le commissaire du gouvernement près la justice militaire ont animé conjointement une conférence de presse ce mercredi, 14 septembre 2016 à Ouagadougou. Il s’est agi de faire, respectivement, l’état du traitement judiciaire des dossiers de l’insurrection populaire d’octobre-novembre 2014 et du putsch de septembre 2015.

Dossiers sur l’insurrection populaire et le putsch : Les autorités judiciaires donnent un aperçu sur leur évolution

Dès le lendemain de l’insurrection des 30 et 31 octobre et des manifestations des 1er et 2 novembre 2014, le ministère public a instruit différentes unités de police judiciaire de diligenter des enquêtes, à l’effet de déterminer les causes des décès et des blessures enregistrées et d’en identifier les auteurs, les co-auteurs, les commanditaires et les complices afin d’engager les responsabilités sur le plan pénal, a rappelé le Procureur du Faso près le tribunal de grande instance (TGI) de Ouagadougou, Maïza Sérémé.

Ainsi, à la fin de l’enquête et après réception des procès-verbaux au nombre de neuf, six cabinets d’instruction ont été saisis par réquisitoire pour des poursuites contre X pour « assassinat et meurtre » pour certains et « recherche des causes de la mort » pour d’autres. Des juges saisis ont donc procédé à des auditions des ayants-droits de certaines victimes et adressé des correspondances à certaines.

Cependant, explique le Procureur du Faso, Maïza Sérémé, les juges se sont heurtés à des difficultés. Il s’agit notamment du refus de certaines autorités d’indiquer l’occupation (position) des différentes unités de l’Armée dans la ville de Ouagadougou et l’identification des responsables de chaque unité.

Toutefois, note-t-elle, ces difficultés sont minimisées par les éléments du rapport de la Commission d’enquête indépendante. Ce rapport « donne avec précision » d’une part, la position des différentes forces dans la ville de Ouagadougou ainsi que l’identité des responsables et des chefs et, d’autre part l’identité et les noms des personnes tuées par balles ou pour toute autre cause ainsi que celle des personnes blessées.

« Nous avons, pour une gestion efficace des procédures, et d’une bonne administration de la justice, par requête en date du 16 juillet 2016, adressé au président du tribunal de Ouagadougou, le dessaisissement de trois des juges d’instruction au profit de trois autres. Par ordonnance en date du 20 juillet 2016, le président du tribunal ordonnait le dessaisissement de trois des juges d’instruction et à ce jour, seuls trois cabinets d’instruction sont chargés de la conduite des enquêtes relatives aux dossiers de l’insurrection », a détaillé le procureur, Maïza Sérémé, précisant qu’à ce jour, les cabinets d’instruction s’activent à exploiter le rapport de la commission d’enquête indépendante dans l’optique de procéder à des inculpations et, au besoin, lancer des mandats d’arrêt.

Le cas Yacouba Isaac Zida ...

Le procureur a déclaré que le nom de Yacouba Isaac Zida a été cité dans le rapport mais qu’il n’a pas été entendu ‘’parce que même la commission a eu des difficultés pour l’entendre ; elle est passée par le ministre de la défense mais n’a pas pu l’entendre, par mail, par convocation par voie d’huissier…’’. Le juge d’instruction avait lancé, poursuit-elle, une convocation pour entendre le général (Yacouba Isaac Zida) dans la procédure mais il n’a pas répondu. « Mais avec le rapport de la commission d’enquête qui a été transmis au Tribunal de grande instance de Ouagadougou et qui situe les responsabilités des uns et des autres, par rapport au général Zida, lors des évènements des 30 et 31 octobre (2014), il était le chef des opérations du Régiment de sécurité présidentielle (RSP). C’est dire que c’est lui qui menait les opérations, c’est lui qui était le chef de corps adjoint et qui donnait les instructions au RSP. A partir du 2 novembre (2014) où il y a eu encore des tueries et des blessés, Isaac Zida était Chef de l’Etat. C’est dire que s’il doit répondre, il va répondre devant le juge d’instruction et peut-être devant la Haute Cour de justice, si, effectivement, sa responsabilité doit être engagée », a expliqué Maïza Sérémé.

Affaire Thomas Sankara et dossiers du putsch

Sur le dossier du coup d’Etat, le commissaire du gouvernement près la justice militaire, Alioune Zanré, a rappelé que lors de sa dernière sortie le 21 juillet 2016, quatre dossiers avaient été annoncés comme avancés. A l’en croire, ces dossiers ont connu, à ce jour, une évolution.

Ainsi, explique-t-il, dans l’affaire « commissaire du gouvernement et les héritiers de feu Thomas Sankara contre T. Hyacinthe Kafando et les treize inculpés : d’attentat, assassinat, recel de cadavre, de faux en écriture publique ou authentique ou complicité de ces infractions », quatorze inculpés dont sept sont en détention préventive et sept non détenus. Deux autres en fuite font l’objet de mandats d’arrêt internationaux. Selon le commissaire du gouvernement Zanré, tous ont été entendus en première comparution et au fond, à l’exception de ceux en fuite. 58 témoins et treize parties civiles entendus. Aucune libération provisoire ici. « Le résultat de la contre-expertise au profit de l’ensemble des treize familles à raison de trois par familles, le tout à la charge de l’Etat burkinabè est attendu dans les jours à venir », annonce-t-il.

Sur l’affaire ministère public contre le général Gilbert Diendéré, on note 84 inculpés (sept nouvelles inculpations) dont 39 en détention préventive, douze non détenus, 34 en liberté provisoire, dix en fuite font l’objet de mandats d’arrêt internationaux. Egalement, 29 témoins entendus et 275 parties-civiles. « Ce dossier devrait être transmis pour règlement définitif au Parquet en mi-octobre 2016. Les conseils d’un inculpé s’étant pourvus en cassation sur l’arrêt d’irrecevabilité prononcé sur leur requête par la chambre de contrôle de l’instruction, rejetant leur demande de retrait des écoutes et leurs transcriptions dans les pièces de la procédure. Ce, aux motifs pris que la vie privée de leur client avait été violée par les OPJ (officiers de police judiciaire, ndlr), il faut que la Haute Cour vide sa saisine », soulève-t-il avant d’ajouter que « lorsque ce contentieux sera vidé, tout ira vite ». Le commissaire du gouvernement dit avoir une idée des choses et pense qu’en principe, début janvier 2017 au plus tard, « nous serons en mesure d’organiser le procès ».

S’agissant du dossier portant ministère public contre Ouédraogo Madi et 42 autres (inculpés pour association de malfaiteurs (détention illégale d’armes et munitions de guerre, 18 sont en détention préventive, 25 en liberté provisoire et quatre témoins ont été entendus), il sera transmis pour règlement définitif au Parquet le vendredi 16 septembre 2016.

La quatrième affaire est relative au ministère public contre le sergent Ali Sanou et 22 autres, inculpés de désertion à l’étranger en temps de paix ; association de malfaiteurs ; vol à main armée ; recel d’armes et munitions de guerre ; détentions illégales d’armes et de munitions de guerre, coups et blessures volontaires. A leur charge également, recel de malfaiteurs, tentative d’atteinte à la sûreté de l’Etat par attentat. 23 inculpés, sept en détention préventive et 16 en détention provisoire. Ce dossier sera transmis pour règlement définitif au Parquet la semaine prochaine, indique le commissaire du gouvernement près la justice militaire, Alioune Zanré.

Selon le magistrat militaire, Alioune Zanré, ces deux derniers dossiers sont étroitement liés au putsch et pourront être jugés les mois à venir avant les autres.

Oumar L. OUEDRAOGO
    Lefaso.net

09:45 Publié dans ACTUALITE SOCIALE DU BF | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | |  Imprimer

Sabcé : Des manifestants incendient l’Etat civil

 

 
Photo d'archives, utilisée à titre d'illustration
© DR / Autre Presse
 
Photo d'archives, utilisée à titre d'illustration
 
Ouagadougou - L’Etat civil de la mairie de Sabcé (Bam) a été incendié ce mardi par des manifestants qui revendiquent la dissolution du conseil municipal nouvellement installé.Ce mardi en début d’après-midi, un groupe de manifestants a contraint le personnel de la mairie de Sabcé à fermer les bureaux.Les plaignants ont justifié leur action par le fait qu’ils ont introduit depuis le 5 septembre 2016, une requête exigeant la dissolution du nouveau conseil municipal et la libération d’un conseiller municipal (NTD), incarcéré suite à des troubles antérieurs.

Toutefois, moins d’une heure après, les protestataires sont revenus incendier le bâtiment qui abrite l’Etat civil. Deux manifestants se sont brûlés lors du forfait.
L’infirmier major du CSPS de Sabcé, Pamoussa Sawadogo, a indiqué à l’AIB avoir reçu deux patients portant des brûlures. Cependant, il a affirmé qu’il n’a pas connaissance de l’origine des blessures.
Depuis mai 2016, des partisans du Nouveau temps pour la démocratie (NTD) et de ceux du Mouvement du peuple pour le progrès (MPP), se disputent âprement le contrôle de la mairie de Sabcé.

En dépit de plusieurs médiations, l’installation de l’équipe du maire Rigobert Nassa (MPP) avait été délocalisée à Kongoussi en mi-août.

Agence d’Information du Burkina

09:43 Publié dans ACTUALITE SOCIALE DU BF | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | |  Imprimer

2016.09.14

Univers carcéral au Burkina Faso : Bienvenue dans l’enfer !

Univers carcéral au Burkina Faso : Bienvenue dans l’enfer !

La population carcérale  a considérablement augmenté ces dernières années au Burkina Faso. Cet accroissement a entrainé une surpopulation dans les établissements pénitentiaires avec son lot de conséquences : promiscuité, malnutrition, manque d’hygiène et de soins de santé,  atteintes à l’honneur et à la dignité, problème de réinsertion sociale... Tour d’horizon de   quatre Maisons d’arrêt et de correction (MAC) à savoir celles de Ouagadougou, Bobo-Dioulasso, Fada N’Gourma et Koudougou qui totalisent à elles seules près de 3 500 détenus. 
 
Mercredi 26 avril 2016. Il est 10H 25 mn quand nous franchissons l’immense portail métallique bleu d’une hauteur d’environ 3 mètres de la Maison d’arrêt et de correction de Ouagadougou (MACO), située dans le quartier Zone du bois, au bord de la route nationale n°4. L’un des Gardes de sécurité pénitentiaire (GSP) posté devant l’établissement, nous invite à laisser une pièce d’identité avant d’y avoir accès. 
 
Une fois à l’intérieur, nous découvrons une vie «normale», à la limite banale. Une image qui tranche d’avec l’idée, que nous nous faisions des centres de détention : une vie originale. En effet, dans un coin de la cour, des détenus s’activent dans des ateliers de soudure et de menuiserie, tandis que d’autres arrosent, un peu plus loin, les plants du jardin. 
 
Des GSP font des allées et venues entre l’administration et les différents quartiers de détention. Deux bâtiments se distinguent particulièrement par leur taille et leur apparence. Comparé à l’autre édifice récemment construit, l’un semble avoir subi l’usure du temps au regard de son état de délabrement. Il est 12H 55 mn, lorsque nous entamons notre « exploration » en compagnie de nos guides, deux GSP. Le soleil est au zénith. 
 
La canicule atteint son paroxysme. Comment vivent les prisonniers entre les murs de  ces bâtiments ? Nous nous hasardons de dire, au regard de la suffocante chaleur qui règne en ces lieux. « C’est la première fois, que vous visitez cette MAC ? », nous demande l’un des GSP qui a préféré  garder l’anonymat. Affirmatif ! « Vous allez expérimenter aujourd’hui, ce que nous vivons au quotidien», nous prévient-il avec une pointe d’ironie. 
 
A présent, nous pénétrons dans l’enceinte de l’un des quartiers de la MACO, un immeuble à trois niveaux. Communément appelé « l’ancien bâtiment », celui-ci abrite 800 détenus, pour une capacité d’accueil de 400 personnes. A quelques mètres de là, se dresse majestueusement un grand mur coiffé de barbelés. « C’est le lieu de récréation des prisonniers », apprend-on de notre compagnon du jour. 
 
Devant le bâtiment, des prisonniers,  munis de balais, nettoient fébrilement l’intérieur des locaux à l’aide d’eau et de savon. Face au liquide noir et huileux qui recouvre la surface du sol,  nous «négocions» un passage sur la pointe des pieds. A l’intérieur de la bâtisse, une odeur pestilentielle embaume les lieux. Il y  règne également une obscurité presque totale. «Imaginez le risque que nous courons, si nous devons intervenir dans ces lieux en cas d’incident», fait remarquer le GSP. 
 
Devant l’une des cellules du bâtiment, des occupants d’une cellule sont en «récréation». Nous sommes accueillis par le «chef» de la cellule, un homme à la taille et à la musculature impressionnantes. Des matelas, des nattes et des effets d’habillement sont éparpillés à divers endroits sur la terrasse. Dans un coin de la pièce, un téléviseur et un ventilateur se disputent la place. 
 
Un « camp de concentration»
 
Lorsque nous déclinons notre identité, notre interlocuteur rentre dans tous ses états. Il en a gros sur le cœur.  « Vous voyez monsieur le journaliste, pour une petite cellule comme celle-là, on nous met à 10, comment pourrions-nous dormir ? Nous n’avons même pas de toilettes dignes de ce nom. Comment fait-on en cas de diarrhée », se plaint-il ? Après avoir visité trois cellules, nous nous dirigeons vers les quartiers d’amendement (ou des fonctionnaires), des mineurs et des femmes. 
 
Dans ces lieux, les détenus sont moins nombreux. «Nos conditions de vie ici sont acceptables. Nous n’avons pas de problème d’encombrement», confie Issa, un détenu mineur. 
De là, nous allons au bâtiment annexe où sont détenus les «grands bandits ». Plus de 1000 prisonniers y sont gardés pour une capacité de 800. «Au regard de leur nombre et de l’espace limité, nous les faisons sortir quotidiennement cellule par cellule afin de leur permettre d’avoir une bouffée d’air pendant trois heures», explique le guide. De l’une des cellules, une voix retentit dans le couloir : « Chef, il fait très chaud, ouvrez-nous » ! 
 
Adamo  est l’un des pensionnaires du quartier. Inculpé pour assassinat, il est arrivé à la MACO en 2006 et n’a pas été jusqu’à ce jour  entendu par le juge en charge de son dossier. Las d’attendre, sa femme a fini par quitter le foyer conjugal au bout de trois ans. « Nous sommes 19 détenus dans une cellule qui devrait en réalité contenir 10. La cohabitation devient difficile étant donné que l’air y pénètre difficilement. L’air qui se dégage de notre bouche et de nos narines est notre unique recours», raconte-t-il sur un ton dépité. 
 
A en croire  Adamo, l’un de ses  camarades de cellule a perdu la vie du fait de la forte canicule caractéristique du mois d’avril.  (NDLR : nous étions le 25 avril).Autre lieu, même réalité. A l’image de celle de  Ouagadougou, la Maison d’arrêt et de correction de Bobo-Dioulasso(MACB) connaît elle aussi une surpopulation. Certains droits fondamentaux des personnes privées de liberté comme ceux relatifs à la santé, à la dignité et à une alimentation, peinent à être respectés. 
 
Or, le kiti N° ANVI-103/FP/MIJ portant organisation et réglementation des établissements pénitentiaires au Burkina Faso dispose en son article 150 que : «L’incarcération doit être subie dans des conditions satisfaisantes ». Pour le directeur de la MAC de Bobo-Dioulasso (MACB), Frédéric Ouédraogo, le surpeuplement est à l’origine de nombreux problèmes  de santé, d’alimentation et d’hygiène. « La cohabitation devient difficile, la réinsertion aussi, à cause du manque de moyens, donc l’élévation du taux de récidive », soutient  Frédéric Ouédraogo. Incarcéré depuis 2008 à la MACB pour vol aggravé,  Abou est toujours en attente de jugement. 
 
Assis sous un manguier, l’air triste. Pour lui, c’est la lenteur de la justice qui est la cause principale de la surpopulation. « La prison est bondée. Nous y sommes entassés comme des sardines. Venez voir un jour comment nous dormons, vous serez découragés. C’est inhumain», raconte Abou. Et son compère Legma de renchérir: «La nuit, si tu pars au petit coin, tu perds automatiquement ta place. A ton retour, tu resteras debout tout au long de la nuit, parce que quelqu’un d’autre aura occupé ta place». 
 
Même constat à Fada N’Gourma. Sam, un quarantenaire, gardé à la MAC de Fada N’Gourma (MACF) se rappelle d’une nuit, où, il a dormi dans une cellule à 30 pour une capacité de 10. « Nous sommes restés éveillés jusqu’au matin. On ne peut pas dormir ni lever le pied de peur de piétiner quelqu’un», avoue-t-il, l’air désappointé. Avec le nombre élevé des «bagnards » dans les établissements pénitentiaires, assurer une hygiène adéquate devient un gros défi à relever pour les responsables. C’est pourquoi, l’assainissement des locaux est confié aux détenus qui, dotés de matériel, se sont organisés en groupes. 
 
Avec ce système, foi de Legma, détenu à la MACB, la propreté est assurée dans les toilettes. Car, chaque matin  elles sont lavées avec du savon et de l’eau de javel qu’ils reçoivent de l’administration. Mais au regard du nombre, la vidange des fosses septiques se fait quotidiennement dans certaines maisons comme celle de la capitale avec un vidangeur acquis grâce au soutien d’un partenaire. 
 
Par contre dans certaines MAC à l’image de celle de Bobo-Dioulasso, ce sont les détenus qui font le travail. Avec des seaux, les excréments sont vidés des fosses et coulés vers un canal d’évacuation. Si la propreté des lieux est passablement appréciée, l’hygiène corporelle est, elle, fonction du statut du prisonnier. Par exemple pour les femmes et les mineurs, c’est le service social de la maison qui leur vient en aide en vêtements et en savons. 
 
De l’avis de l’attaché d’éducation spécialisée à la MACB, Siaka Siri, les dons reçus par sa structure sont exclusivement destinés à ces deux catégories de détenus en raison de leur insuffisance. «Nous avons des pincements au cœur, lorsque nous n’arrivons pas à accomplir correctement notre mission par manque de moyens. Nous ne recevons  pas assez de dons, les partenaires se font rares», regrette-t-il. 
 
Du tô mal cuit !
 
Si tous les acteurs rencontrés dans les quatre établissements apprécient « passablement » l’hygiène d’ensemble dans les prisons, ils sont aussi unanimes quant à la mauvaise alimentation des détenus. Le directeur de la MACF, l’inspecteur GSP Moussa Zomodo ne passe pas par quatre  chemins pour le dire. 
 
« Il faut dire qu’assurer une bonne alimentation est un véritable problème pour nous. Il y a les vivres mais, les condiments n’existent pas. Il faut jongler pour trouver la sauce et là, tous ceux qui n’ont pas de visite seront malnutris et tomberont malades », étaye-t-il tout en soulignant que la situation est en voie d’être résolue dans son établissement avec le fruit du jardinage. 
 
Dans la plupart des MAC, les détenus doivent se contenter du même repas: le tô, (pâte de farine de mil, accompagnée de sauce) et rarement le haricot et le riz. Cependant, le nombre de repas quotidien diffère selon les MAC. « Nous mangeons une fois par jour. Comment peut-on se servir un plat qui fait office de repas de midi et du soir ?  », se demande Adamo furieusement. 
 
De l’avis du  chef de service de l’action sociale de  la MACO, Edith Ouédraogo, le problème de la qualité de la nourriture résulte d’un certain nombre de facteurs. Cela ne fait pas l’ombre d’un doute. Les détenus ne sont pas des cordon-bleu ! De plus,  le contenu des sacs de farine sortis  du magasin est directement déversé dans les marmites. «Le tô  étant mal cuit, certains préfèrent le laisser se fermenter avant de le  délayer », fait savoir Mme Ouédraogo. 
 
Legma de la MACB précise que ce qui est appelé tô, est en réalité de la bouillie « puisqu’il faut le déposer pendant 30 minutes au moins  pour qu’il se solidifie ». La malnutrition et le manque d’hygiène ne sont pas sans conséquence sur la santé des détenus. Les consultations sont journalières, du lundi au vendredi dans les établissements pénitentiaires. A la MAC de Bobo-Dioulasso, le mardi 19 avril, c’est une longue file de malades que nous trouvons en attente d’être consultés par     l’infirmier de ladite MAC, Boukary Dao.  
 
Ces malades sont accompagnés par deux GSP. « Il y a des détenus qui sortent  pour prendre de l’air. D’autres ne sont pas malades. Mais, ils ne vont jamais le dire », renchérit l’infirmier de la MAC de Koudougou (MACK), François Sawadogo. C’est le bureau d’un aumônier qui sert d’infirmerie à la MACK. Malgré ces conditions inconfortables, les agents de santé font, tant bien que mal leur travail. Selon l’infirmier Firmin Yaméogo de la maison d’arrêt et de correction de Fada N’Gourma, les maladies (toux, dermatoses, diarrhée et paludisme) sont essentiellement dues au  manque d’hygiène, à la malnutrition et à la promiscuité. 
 
Par ailleurs, regrette-il,  la dotation en produits pharmaceutiques du ministère de la Justice est insuffisante.  Sur ces entre faits, M.  Yaméogo présente  le stock restant des médicaments et prédit déjà une rupture  dans moins d’un mois. «Il faut au moins trois mois avant d’obtenir une nouvelle dotation. Et les détenus malades à cette période ne pourront pas bénéficier de soins», avoue impuissamment l’infirmier Yaméogo. 
 
A l’écouter, plusieurs pensionnaires ont déjà rendu l’âme par manque de soin : « En 2013 et 2014, on comptait une  dizaine de morts par an ». Mme Kanté est détenue à la MACO pour complicité d’escroquerie. Elle dit avoir été témoin de décès de prisonniers pour défaut  de soins. Malade elle-même, celle-ci dit avoir mensuellement besoin de 25 000 FCFA pour ses soins. « Je n’ai pas l’argent, je n’ai pas de mari et mes enfants aussi sont encore jeunes pour me venir en aide et on ne veut pas me libérer provisoirement aussi pour que je me soigne », se désole-t-elle. 
 
Le calvaire des GSP
Legma de Bobo-Dioulasso, pour sa part, estime que les choses ont évolué à la MACB. «Avant, si tu partais à l’infirmerie, on pouvait te remettre des   médicaments de maux tête alors que tu souffres de douleurs gastriques. Mais, se faire transférer à l’hôpital sans accompagnement représente la tâche la plus ardue. 
 
Si tu n’as pas de parents, personne d’autre ne le fera et tu pourrais ne pas t’en sortir», estime-t-il. Mais les malades ne sont pas les seuls à souffrir de la situation.  L’assistant GSP à la MACO, Malamine Aïdougou, en sait quelque chose. Surtout  quand un malade est évacué au Centre hospitalier Yalgado-Ouédraogo (CHU-YO). A l’en croire, les infirmiers refusent souvent de recevoir les détenus sous prétexte qu’il n’y a pas de place. 
 
Il se demande,  si cela est dû au fait  que le malade est issu  d’un milieu carcéral. Le service social, chargé d’exonérer les examens et ordonnances hors de la prison, se bat bec et ongle pour le faire. Mais, les moyens restent limités. A notre passage à la MACO, Edith Ouédraogo du service social confie  qu’elle avait un malade qui devait subir une intervention chirurgicale, mais par manque de moyens l’opération n’a pas eu lieu. Ce qui, selon   Moussa Zomodo, compromet énormément le combat pour la réinsertion sociale des détenus.  
 
Ces situations amènent certains GSP à compatir à la cause des malades en honorant par moment leurs ordonnances.  L’assistant Daouda Traoré de la prison de Bobo-Dioulasso dénonce par contre les conditions dans lesquelles ils prennent la garde dans les hôpitaux. « Nous faisons la garde à l’hôpital au milieu de toutes sortes de maladies sans aucune protection. Tu peux contracter une maladie et contaminer ta famille aussi  », fait remarquer Daouda Traoré. S’il arrivait qu’un malade décède, c’est souvent eux qui se chargent de son inhumation. Pourtant, de l’avis de l’assistant Eric Tiahoun de la MACF, il devrait y avoir des pompes funèbres pour cette tâche.
 
Dans certains établissements pénitentiaires  notamment à Fada N’Gourma, les malades sont évacués à motocyclette ou à pied. Là encore, plusieurs MAC ne disposent pas de véhicule d’escorte ou d’évacuation. A Fada, c’est le véhicule de service du directeur, une 4X4 double cabine qui sert de véhicule d’escorte.  
 
« Même pour les jugements, c’est avec ce véhicule que nous les envoyons et s’il est en mission, nous le faisons à pied », confie l’assistant GSP, Eric Tiahoun, au vu et au su des populations puisque  la MACF et le tribunal sont situés  en plein centre-ville. Une situation qui met en danger la vie des populations  et  compromet aussi  le travail des GSP. Ses propos sont corroborés par son directeur: «Nous avons un véhicule  4X4 qui sert à tout, à savoir le transport des détenus et du personnel, le service, les missions, le transfèrement. Alors que c’est un véhicule qui n’est pas adapté, puisque les détenus sont à ciel ouvert ». 
 
Au regard des difficultés  criantes constatées dans les établissements pénitentiaires, l’inspecteur GSP, Frédéric Ouédraogo propose que l’Etat accroisse la capacité d’accueil des prisons, l’effectif du personnel pénitentiaire et sa spécialisation. « Il ne s’agit pas seulement de garder les détenus. Mais, être aussi capables de les amener à changer de comportement », croit-il savoir. Pour ce qui est de la question sanitaire, son collègue de Fada N’Gourma estime qu’il faut dégager des lignes budgétaires à cet effet. «La prison ne doit pas se muer en un mouroir», soupire-t-il. 
 
En 2015, par exemple, le budget alloué aux établissements pénitentiaires étaient de 400 067 000 F CFA soit une ration alimentaire de 155F/jour et par détenu. Pour Thieni Hama, éducateur social à la MACF, les ONG spécialisés dans l’humanitaire doivent accroître leur intervention dans les prisons afin d’offrir de meilleures conditions de vie aux détenus. Il ajoute que les associations militant pour la défense des droits de l’homme doivent, quant à elles, dénoncer les abus et interpeller l’administration à chaque fois que les droits fondamentaux des prisonniers sont bafoués. 
 
Joseph HARO (sidwaya)
harojoseph36@yahoo.fr

12:09 Publié dans ACTUALITE SOCIALE DU BF | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | |  Imprimer