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2017.12.26

Avortement au Burkina : Lever le tabou et poser enfin le débat

Avortement au Burkina : Lever le tabou et poser enfin le débat

Alice est élève en classe de 1ère D à Ouagadougou. Trois ans plus tôt, elle a été violée à l’école par deux de ses camarades et en est tombée enceinte. Ne voulant pas garder cette grossesse non désirée, elle a sollicité et obtenu les services d’un agent de santé pour un avortement clandestin. Mais, depuis lors, la jeune fille en garde des séquelles, aussi bien physiques, psychologiques que morales. Que de risques pris, pourtant son cas était éligible pour un avortement légal. Manque d’informations, peur de la stigmatisation, lenteur des procédures judiciaires… empêchent des victimes de viol ou d’inceste de recourir à la justice pour bénéficier d’un avortement légal, sécurisé. Depuis quelques temps, plusieurs associations et activistes mènent le combat pour un accès à l’avortement légal et sécurisé dans notre pays. Le débat s’installe et il faudra lever le tabou, tôt ou tard.

Avortement au Burkina : Lever le tabou et poser enfin le débat

 

Toute une vie, si jeune, bascule en l’espace d’une soirée. Lors d’une nuit culturelle, organisée, en fin d’année scolaire dans son établissement d’enseignement, Alice est victime de viol. Deux de ses camarades abusent d’elle dans une salle de classe. C’est le début du calvaire pour la jeune fille, jusque-là vierge. Après des semaines, recluse seule dans sa chambre, revivant la scène d’horreur dans les larmes, elle n’est pas au bout de ses peines. Elle se rendra compte plus tard qu’elle a un retard. Le test de grossesse acheté dans une pharmacie confirme qu’elle est bien enceinte.

 

 

C’est là qu’elle prend son courage pour voir un agent de santé. La volonté de la victime, se débarrasser de la grossesse avant d’éveiller les soupçons. Malgré les résistances de l’agent de santé, la jeune fille en pleure parvint à le convaincre, non sans proposer une enveloppe financière conséquente. L’avortement clandestin est fait. Mais la jeune fille dont la scolarité piétine depuis, n’est pas libérée de ses chaines. La double peine, avec à la clé, le risque énorme qu’elle a pris hante son existence.

Les grossesses non désirées se multiplient au Burkina, au fil des années. Et, malheureusement, 1/3 de ces grossesses finissent par des avortements, selon une étude réalisée par l’Institut supérieur en sciences de la population (ISSP) de l’Université Ouaga 1 Pr Joseph Ki-Zerbo et l’institut Guttmacher. Les résultats publiés en février 2014, montrent que le taux de l’avortement provoqué clandestinement tourne autour de 25 pour 1000 par an. Au niveau urbain, il est de 34 pour 1000 et à 22 pour 1000 en milieu rural.

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Dr Georges Guiella, démographe, enseignant-chercheur à l’ISSP

Malgré tout l’arsenal juridique qui entoure l’avortement, il se pratique par plusieurs acteurs en jeu. « Dans notre étude, on a vu que 23% des cas d’avortement ont été faits par la femme elle-même en utilisant plusieurs types de moyens pour arriver ; 28% par le corps médical dont 3% de docteurs hautement qualifiés, 12% par des agents formés à cela, 13% par des sages-femmes ou des maïeuticiens d’Etat ; et 41% par des tradi-praticiens », détaille Dr Georges Guiella, démographe, enseignant-chercheur à l’ISSP.

Un droit méconnu

Comme Alice, de nombreuses filles et femmes font recours à l’avortement clandestin. Avec des conséquences souvent dramatiques. Alice ne s’est pas référée à la justice parce qu’elle ne savait pas que la loi autorise l’interruption volontaire de grossesse en pareille circonstance. « Je ne savais pas, c’est vrai, mais même si j’avais su que la loi m’autorisait, je n’allais jamais aller vers la justice parce que tout le monde saura que j’ai été violée, mais aussi que j’ai avorté et on va me regarder comme une criminelle », explique-t-elle, les larmes aux yeux, malgré le temps écoulé. Elle a donc préféré s’attacher les services d’un avorteur clandestin, avec toutes les conséquences que cela comporte.

Certes, l’avortement provoqué est interdit au Burkina. Mais, il est autorisé dans certaines circonstances particulières : en cas d’inceste, de viol, lorsque la vie de la mère est en danger, ou encore, lorsqu’il y a malformation du fœtus (Article 21 de la loi portant santé de la reproduction au Burkina Faso et article 483 du code pénal). En ce qui concerne les cas de malformation du fœtus ou de l’état de santé de la mère, la demande peut être faite à tout moment et pour l’attester, il faut l’avis de deux médecins dont un exerçant dans le public. Il faut également l’autorisation du juge. En cas de grossesse incestueuse ou liée à un viol, la procédure est plus complexe car il faudra prouver la matérialité de la détresse de la victime et l’avortement ne peut se faire au-delà de la 10e semaine de la grossesse.

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Hierbine Aïcha Palé, directrice générale du cabinet Human Wright Consulting

« En matière de viol ou d’inceste, le juge va attendre qu’il y ait une expertise d’un médecin qui atteste que réellement, il y a eu viol. Pour l’inceste, on mène des enquêtes pour savoir le lien de parenté qui existe entre les deux personnes concernées. Donc, ça prend du temps avant que ça n’arrive devant le juge qui statue », explique Hierbine Aïcha Palé, directrice générale du cabinet Human Wright Consulting. Mme Palé est juriste de formation, spécialisée en histoire, théories et pratiques des droits de l’Homme.

« Si la procédure est suivie et le cas est bien documenté, c’est le juge qui donne l’autorisation au médecin de pouvoir pratiquer l’avortement. Mais, il y a des cas où des filles ou des femmes victimes de viol ou d’inceste ont entamé la procédure jusqu’à ce que les dix semaines soient dépassées sans pouvoir avoir droit à l’avortement. La lenteur au niveau de toute la procédure fait partie des insuffisances que nous avons relevées en tant qu’activistes dans la santé sexuelle et reproductive », précise Cécile Thiombiano/Yougbaré, juriste, activiste dans le domaine de la SSR avec un focus sur la promotion du droit à la santé des femmes et des filles.

Une longue marche pour jouir d’un droit

Ainsi, les victimes de viol ou d’inceste désirant avorter sont confrontées à des difficultés de plusieurs ordres : celles liées à la mise en œuvre du cadre juridique (lenteur, procédure complexe), celles liées au système de santé burkinabè (peu de médecins qualifiés sur l’étendue du territoire national), les pesanteurs socio-culturelles et les réticences liées aux discours sur le statut juridique de l’embryon ou du fœtus. Pour les barrières émanant du système de santé, selon la loi en vigueur, l’avortement légal, même thérapeutique, ne peut être réalisé que par un médecin.

Pourtant, « au Burkina, il y a des zones où il est difficile d’avoir un médecin. C’est dire que même avec une décision du juge, la femme est obligée d’aller dans un centre où il y a un médecin. D’autres difficultés d’ordre logistique, de frais, de transport peuvent amener la victime à avoir des retards dans la jouissance de ce droit », soutient Cécile Thiombiano/Yougbaré. Et pour ne rien arranger, le code pénal exige l’avis de deux médecins.

L’accès à un avortement médicalisé sécurisé n’est pas pour demain. Pourtant, il fait partie des engagements pris par notre pays au niveau régional, à travers le protocole de Maputo adopté par les chefs d’Etat et de gouvernement africains en 2003, ratifié par le Burkina en 2005 . Ledit protocole, à son article 14 alinéa 2, fait obligation aux Etats d’offrir l’avortement médicalisé dans les cas de viol, d’inceste, quand la vie de la mère est en danger, en cas de malformation du fœtus.

Aussi, la 117e session du Comité des droits de l’Homme de l’ONU tenue à Genève, en juillet 2016, avait recommandé aux autorités burkinabè d’éliminer les obstacles pour accéder à l’avortement légal qui incitent les femmes à recourir à des avortements à risque et de lever l’exigence d’une autorisation préalable du tribunal pour les avortements résultants d’un viol ou d’un inceste. 
C’est d’ailleurs ce que recommande aussi l’étude de l’ISSP et l’institut Guttmacher : la simplification de la procédure là où la loi autorise l’avortement. « Actuellement, c’est comme si on dit que vous avez accès à de l’eau qui est dans un puits, mais on ne vous donne pas de puisette pour en prendre, comment la personne peut avoir accès à l’eau ? Ne supportant pas le regard de la société, les gens font recours à l’avortement clandestin », image Dr Georges Guiella.

Rien n’est fait pour favoriser un accès médicalisé et sécurisé à l’avortement légal au Burkina jusque-là, reconnait Hierbine Aïcha Palé. « Il revient aux femmes de faire la demande elles-mêmes auprès des personnes ressources afin qu’on leur permette d’accéder à l’avortement dans de meilleures conditions. Lorsqu’elles ne font pas la demande, ça suppose qu’elles ne sont pas dans le besoin », explique-t-elle. Néanmoins, elle plaide pour un encadrement rigoureux de l’accès à l’avortement au Burkina. C’est dire la nécessité de s’organiser davantage au niveau des associations et des activistes œuvrant pour la promotion des droits de la femme, pour mener le débat afin de lever les tabous. Pas pour légaliser la pratique tous azimuts. Mais pour alléger les procédures d’accès. Mais aussi donner l’information juste à toutes et à tous.

Aussi, invite-t-elle les différents acteurs à la culture juridique. « Il ne faut pas attendre qu’il y ait un problème avant de chercher à comprendre la justice, avant de chercher à comprendre ce que c’est que le droit », conseille-t-elle.

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Boureihiman Ouédraogo, directeur exécutif de l’Association burkinabè pour le bien-être familial (ABBEF)

Au niveau de la société burkinabè, la question liée à l’avortement est très sensible, avec des opinions et des positions divergentes. L’Association burkinabè pour le bien-être familial (ABBEF), une des organisations de la société civile pionnière dans la promotion des services de qualité en Santé sexuelle de la reproduction fait partie de ces structures qui portent le plaidoyer en faveur de l’assouplissement de la loi. . Sur la question de l’accès à l’avortement légal, l’ABBEF avec d’autres organisations actives dans la santé de la reproduction prônent pour une meilleure compréhension de la question et donc pour que les victimes de grossesses incestueuses ou liées à un viol puissent entrer dans leur droit. « Notre préoccupation est que si la loi l’autorise, que les personnes éligibles puissent véritablement avoir le service. Et nous travaillons à ce que cette loi qui garantit ce droit puisse être véritablement connu et appliquée pour que les victimes puissent bénéficier de leur droit », explique Boureihiman Ouédraogo, directeur exécutif de l’Association burkinabè pour le bien-être familial (ABBEF).

La politique de l’autruche ?

Les anti-avortements, eux, brandissent les risques de dérives pour justifier leur position même s’il s’agit de l’accès à l’avortement légal. L’ex-ministre de la promotion de la femme, par ailleurs enseignante-chercheure et spécialiste en genre et développement, Dr Nestorine Sangaré/Compaoré en fait partie. Pour elle, il faut plutôt combattre le fléau à la racine. « Je suis anti-avortement pour des raisons personnelles parce que je pense que l’avortement n’est pas la solution. Ce sont les violences sexuelles, la précocité sexuelle, le libertinage et la sexualité transactionnelle qui sont les causes des grossesses non-désirées qu’il faut combattre », soutient-elle. Avant d’enchainer : « Dans un pays comme le nôtre, connaissant la société burkinabè, si on légalise l’avortement, c’est la porte ouverte aux dérives. Je ne veux pas qu’on fasse croire aux jeunes qu’ils peuvent batifoler comme ils veulent. Non, l’avortement n’est pas une solution aux comportements sexuels à risque », insiste-t-elle.

Pour motiver davantage son argumentaire, Dr Sangaré évoque « les conséquences psychologiques, spirituelles, sociales, morales, sanitaires de l’après-avortement ». « Moi, je fais la promotion des droits des femmes, mais je veux que tous les textes qu’on prend soient socialement réfléchis pour ne pas créer plus de problèmes qu’on n’en a. Travaillons à limiter au maximum possible le nombre de grossesses plutôt que de mettre beaucoup de moyens à promouvoir l’avortement qui n’est pas une solution. Je pense que dans notre pays, il faut poser le débat sur la table plutôt que d’en faire un débat entre intellectuels ou d’associations », martèle l’ancienne ministre de la promotion de la femme.

Respecter les engagements pris au niveau international

La pratique de l’avortement est un fait réel et semble gagner de l’ampleur au fil des années au Burkina. Et, selon plusieurs spécialistes des questions de santé sexuelle et reproductive, en plus des mesures contraceptives, l’accès à l’avortement fait partie des solutions et pourrait réduire les avortements clandestins. « Il faut aller par étape, en fonction du contexte. Le premier niveau sera de se conformer aux dispositions juridiques tant nationales, régionales qu’internationales. A grande échelle, il est clairement démontré que l’avortement clandestin et à risque pèse beaucoup dans la mortalité maternelle. Dans ce cas, l’approche droits humains et santé publique voudrait que nous puissions ouvrir le droit à l’avortement aux filles et aux femmes pour éviter que les gens tombent dans la clandestinité, avec toutes les conséquences que cela comporte », propose Cécile Thiombiano/Yougbaré.

Par-là, les activistes invitent ainsi le Burkina au respect de ses engagements, notamment la mise en œuvre du protocole de Maputo que le pays a signé et ratifié depuis 2005. Mais aussi travailler à l’effectivité des lois nationales, avec diligence.
L’autre combat qui mérite d’être mené, c’est la lutte contre la stigmatisation. La société condamne la pratique de l’avortement. Mais, « la stigmatisation est une erreur. Quand vous regardez la panoplie de moyens utilisés par les femmes pour faire l’avortement, vous avez froid au dos et vous comprendrez qu’elles n’y vont pas de gaieté de cœur, mais ce sont des situations dramatiques qui sont là et qui les motivent à utiliser ces moyens pour arriver à ces fins. Il faut aller vers la sensibilisation pour éviter que les gens ne soient dans cette situation qui les oblige à avoir recours à l’avortement clandestin », conseille Dr Guiella.

« Ces personnes ont besoin de notre soutien, du soutien de la société. Donc, il ne nous appartient pas de les stigmatiser, mais de compatir et de les amener à sortir de cette situation et prendre les dispositions en utilisant les services de planification familiale pour éviter que des grossesses non désirées ne s’installent, a fortiori de parler d’avortement », précise Boureihiman Ouédraogo.

Mieux clarifier les valeurs sur l’avortement

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Cécile Thiombiano/Yougbaré, juriste

« En tant qu’association nationale, avec d’autres agences, d’autres collaborateurs, d’autres ONG, d’autres associations, nous faisons le plaidoyer auprès des autorités pour que cette loi soit connue et assouplie dans ses conditions d’application parce qu’il y a des conditions d’application qui sont assez implicites », précise le directeur exécutif de l’ABBEF. Ainsi, dans ses activités, l’ABBEF a initié des modules de formation appelés « clarifications des valeurs sur l’avortement ». Des ateliers sont organisés dans ce cadre au profit des bénéficiaires, des agents de santé, des agents de la justice et tous ceux qui peuvent concourir à rendre disponible ce service.

C’est dire l’impérieuse nécessité de corriger le cadre juridique burkinabè en matière d’accès à l’avortement. Mais aussi travailler à lever le tabou. « On voit évoluer les chiffres et la tendance est qu’on va de mal en pire sur les questions de la survenue des avortements clandestins. Aujourd’hui, il faut lever le tabou », propose Cécile Thiombiano.

L’accès à l’avortement légal et sécurisé n’est pas une porte fermée à la sensibilisation à mener en amont pour l’éviter. Elle doit se poursuivre et s’intensifier. Il appartient aux différents acteurs de la chaine de travailler à débroussailler la route qui mène au respect de ce droit. C’est l’obligation de l’Etat Burkinabè qui doit jouer les premiers rôles, pour respecter ses engagements internationaux. Le droit à l’avortement doit également être une garantie dont la jouissance ne saurait être un parcours de combattant pour les potentielles victimes d’agressions sexuelles. Il vaut mieux être informé et avoir accès à ses droits qui préservent la vie, même si on ne les utilise pas, que d’être ignorant au point de mettre sa vie en péril.

Moussa Diallo
Lefaso.ne
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2017.12.24

Phase d’accélération pour la planification familiale: le Burkina Faso dans le bon rythme

Phase d’accélération pour la planification familiale: le Burkina Faso dans le bon rythme

Le Burkina Faso est le seul des neuf pays du Partenariat de Ouagadougou à atteindre et à dépasser son objectif de 2016. De 77 727 nouvelles utilisatrices de méthodes modernes de contraception attendues, le pays a enregistré 98 366. Si ce rythme est maintenu, il serait un modèle  dans la phase d’accélération 2016-2020. Comment explique-t-on cette performance ?

 

Alors que l’accélérateur  des autres  pays  du Partenariat de Ouagadougou semble, en 2016, se  gripper, le Burkina accélère sa cadence vers l’atteinte de son objectif d’enrôler 388 636 nouvelles utilisatrices de méthodes modernes de contraception à l’orée de 2020. En 2016, il a recruté 98 366 femmes plus que ce qui était attendu (77 727). Une performance qui s’explique à travers plusieurs actions à haut impact. Celles-ci ont, entre autres, pour noms, l’institution de la semaine nationale de la planification familiale,  la forte création de la demande, l’institution d’une compétition entre les régions, la forte mobilisation des OSC à travers des approches efficaces  comme la  planification du post-partum, la distribution à base communautaire, la délégation de tâches et les stratégies mobiles. 

 

La semaine nationale  de la PF, par exemple, instituée   depuis 2012,  a permis, au cours de ces  six  dernières années,   d’offrir gratuitement les méthodes contraceptives aux femmes durant la période et sur  l’ensemble du territoire national. Pour le coordonnateur  national du Conseil burkinabè des organisations de développement communautaire (BURCASO), Ousmane  Ouédraogo  par ailleurs membre de la coalition des OSC/PO,  la semaine nationale de la  PF avec la gratuité des produits   s’est révélée être une excellente stratégie de promotion et d’intensification de l’offre des services de PF au profit des populations, surtout en milieu rural.   « Cette stratégie en elle seule a contribué à réaliser 34,2% des résultats du plan de relance de la PF de 2013 à 2015 », a-t-il  expliqué. 

 

L’un des facteurs déterminants de ce succès a été  aussi l’engagement des autorités au  plus haut niveau de l’Etat.   Et  la directrice de la santé de la famille, Ramatou  Windsouri  Sawadogo, l’apprécie à sa juste valeur. «Nos autorités ont fait de la planification familiale, un levier de notre développement. Dans notre  Plan national de développement économique et social (PNDES 2016-2020), l’un des objectifs est consacré au développement du capital humain. Et la PF est considérée comme un effort important à faire pour nous aider à passer d’un indice synthétique de fécondité de  5,4 enfants par femme à 4,7 enfants par femme à l’horizon 2020», a-t- elle indiqué.

 

 A  tout cela s’ajoute la surveillance hebdomadaire des produits de la santé de la reproduction permettant de minimiser les ruptures de stocks. En 2016, les statistiques ont  montré que le Burkina Faso n’a pas de gap  sur son objectif à atteindre à savoir recruter 77 727 nouvelles utilisatrices de méthode de contraception, il a plutôt une avance de  20 639.  Mais les spécialistes affirment que  si le pays  venait à baisser la garde, il connaîtra un gap de 836 en 2017 qui pourrait atteindre 50 000 en 2020  en  compromettant l’atteinte de l’objectif global (388 636). 

 

Boureima SANGA (sidwaya)