topblog Ivoire blogs

2016.09.15

Production de légumineuses au Nord : La première dame a visité des champs de niébé

La campagne agricole bat son plein. Pour toucher du doigt les réalités de la campagne agricole, la première dame Sika Kaboré a effectué une tournée le mercredi 14 septembre dans la région du Nord. De Golo en passant par Zininguesse et Watinoma, la première dame a visité des champs de niébé tenus par des femmes.

C’est à la tête d’une forte délégation composée du ministre de l’agriculture et des aménagements hydrauliques, des directeurs régionaux de l’agriculture, du gouverneur de la région du nord, des journalistes, que la première dame Sika kaboré a entamé sa tournée dans la région du nord. L’objectif de cette tournée était de visiter les différents sites de productions de légumineuses exploités par des femmes. Réunies en association, ces femmes bénéficient des sites dans la production du niébé.

Premier escale de la délégation, Yako sur le site de Golo, où Mme Kaboré a visité la ferme semencière du groupement de femmes « telegonoma ». Situé à 5 km de Yako, ce site exploité par les femmes du groupement a une superficie de 2 hectares. Elles y cultivent du niébé sur une superficie de 1 ha et l’autre hectare a été destiné à la culture du maïs. Le rendement provisionnel du niébé est de 1t/ha, avec une marge brute de 266.500fcfa. Pour la production du maïs, la charge est de 298.000fcfa, avec une marge brute de 402.000fcfa. Les difficultés rencontrées au niveau de ce groupement, sont entre autres l’insuffisance des moyens pour l’acquisition des bœufs de traits, la non disponibilité des engrais de qualités. La représentante des femmes de ce groupement, Albertine Ouédraogo, a souligné qu’il ya un manque criard d’engrais de qualité pour la production et elle a souhaité que la première dame les dote de charrues pour accroitre leur production.

Après le site de Golo, cap a été mis sur la commune de Gourcy, dans la ferme semencière de Zindiguessé. D’une superficie aménagée et exploitée de 10 ha, ce site regroupe au total 58 exploitants dont 39 femmes et 19 hommes. Sur ce site également c’est le niébé qui est la principale spéculation avec une variété nommée ‘’Tiligré’’, pour un rendement potentiel de 2t/ha, et une production brute de 10 tonnes. Pour le bilan économique prévisionnel, la marge brute par hectare est de 489 000 FCFA soit un revenu monétaire de 75 000 à 100 000fcfa par productrice. Les difficultés relevées par les femmes de ce groupement sont l’insuffisance de la fumure organique, la faible accessibilité aux intrants, les aléas climatiques, et le retard de paiement des frais des semences par l’Etat. De l’avis de Nicodème Zoungrana, directeur provincial de l’agriculture du Zondoma, ce sont trois parcelles de sélection participative qui ont permis la sélection de la variété « tiligré » il y a de cela quatre ans.

Le dernier site visité est celui de Watinoma situé quelques kilomètres après Ouahigouya. C’est l’union provinciale des producteurs semenciers du Yatenga (UPPSY) qui s’occupe de ce site. Avec un total de 51 exploitants dont 50 femmes et un homme et une superficie de 5 hectares. Pour la mise en place de cette exploitation, des semences ont été utilisées notamment 40 kg de semence de base de la variété tiligré avec un cycle de 70 jours. Le rendement moyen attendu est de 1100kg/ha et la production totale attendue est de 5,5 tonnes, avec un montant total de 4.675.000 FCFA. Comme pour les autres sites visités, l’UPPSY rencontre aussi des difficultés dans la production du niébé à savoir, la cherté des intrants, la faible utilisation de la fumure organique et minérale, l’insuffisance de matériel aratoire.

Au vu des difficultés que les femmes rencontrent dans la production du niébé, Mme Sika Kaboré a promis de venir à leur aide avec l’appui du ministère de l’agriculture et le ministère de l’eau dans l’acquisition des forages, d’engrais, et de matières organiques. « Le niébé est une culture que nous encourageons compte tenu de son potentiel nutritif et de ce que cela permet aux femmes d’être plus ou moins autonomes financièrement ». Elle s’est engagée personnellement à rechercher des partenaires en vue de venir en aide à ces dernières.

Le ministre de l’agriculture et des aménagements hydrauliques, Jacob Ouédraogo a tenu à remercier la première dame pour son action à l’endroit des femmes productrices de la filière niébé. Pour lui, il n’est pas aisé d’accompagner ces femmes parce que les moyens de l’Etat sont limités, néanmoins elles bénéficient de petits soutiens. « Nous accompagnons avec la mécanisation par les charrues et les animaux de traits, nous fournissons l’engrais subventionné » a-t-il souligné.

Apres cette tournée dans les champs de niébé, la première dame a eu un échange avec les femmes de la localité dans la salle de conférence de la mairie de Ouahigouya. Il était question pour elle de passer en revue tous les problèmes que les femmes rencontrent dans l’investissement de la culture du niébé et dans quelle mesure résoudre ces problèmes. « Nous allons rencontrer des partenaires techniques et financiers très prochainement pour leur montrer les efforts que les femmes burkinabè fournissent dans le cadre de leur autonomisation » a-t-elle souligné.

                     Angeline Toé (stagiaire)
                                   Lefaso.net

19:35 Publié dans ACTUALITE SOCIALE DU BF | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | |  Imprimer

Ces Burkinabè qui exploitent la misère d’autres Burkinabè, par cupidité!

Dans la conjoncture économique actuelle, des problèmes inattendus peuvent faire perdre à l’homme le plus rigoureux toute sa sérénité, son invulnérabilité et même son honorabilité sociale. Fonctionnaires, artisans et particuliers ont, par moments, de sérieux problèmes de trésorerie. Le travailleur qui frissonne déjà lorsque le mois bat de l’aile, perd les pédales dès la souvenance du moindre imprévu financier, malgré des mesures d’auto-ajustement tous azimuts prises à bon escient.

Les prêts d’argent, l’emprunteur est souvent contraint de les accepter à des conditions exorbitantes. Une spéculation financière au détriment de toute retenue morale et qui est condamnée par la loi civile
Les prêts d’argent, l’emprunteur est souvent contraint de les accepter à des conditions exorbitantes. Une spéculation financière au détriment de toute retenue morale et qui est condamnée par la loi civile

Surtout à quelques semaines de la rentrée des classes qui rime avec dépenses. Des dépenses de plus en plus importantes d’année en année, tant les promoteurs des établissements scolaires et les vendeurs de fournitures classiques et de matériels scolaires exploitent le contexte. Sans oublier les autres obligations qui s’y greffent: uniformes, cantine scolaire, transport…

Il est donc des périodes où l’on est (moralement) contraint de se compromettre pour résoudre un problème économique ponctuel, d’accepter n’importe quel secours financier, quelles que soient les conditions de remboursement.

Malheureusement, il se trouve toujours, en de telles circonstances, des individus peu scrupuleux et de mauvaise conscience, dont le souci est de tourner la loi et d’exploiter au maximum la détresse des autres. Et leurs victimes leur sont presque toujours servies sur un plateau d’argent.

Un contrat auquel les parties ont concouru librement est réputé bon et valable si, par ailleurs, son objet et sa cause ne sont pas illicites. Dans ce sens, «les conventions légalement formulées tiennent lieu de loi à ceux qui les ont faites». Dans le cas du prêt usuraire, les clauses des contrats sont souvent illégales et immorales.

Souvent, par ignorance, les pratiques usuraires vous déplument comme cette poule
Souvent, par ignorance, les pratiques usuraires vous déplument comme cette poule

En effet, ce qui se fait tous les jours, dans nos quartiers et nos marchés, c’est que dans les prêts d’argent, l’emprunteur est souvent contraint de les accepter à des conditions exorbitantes. Les prêteurs exploitent la faiblesse de ceux ou de celles qui sont dans le besoin sans aucune gêne. Justement, le délit d’usure est cette manie qu’un individu ou une banque peut avoir dans le but de profiter bassement de la misère ou de l’ignorance de ses clients. Ces activités de spéculation financières au détriment de toute retenue morale sont condamnées par la loi civile. Il y a un taux légal plafond à ne pas dépasser. Même s’il relève d’opérations mathématiques complexes, il est toujours bon et bien de se renseigner auprès des spécialistes avant de contracter un prêt. Mais beaucoup de gens ne le savent pas ou l’ignorent quand le besoin d’emprunter est pressant sinon urgent.

D’ailleurs, dans la pratique, les usuriers, pour tourner la loi, dissimulent leur forfait dans des contrats très souvent ambigus, de nature à entretenir le doute et la confusion dans l’esprit de la victime (emprunteur) et du juge. Ces genres de transactions se réalisent généralement par la rédaction d’une simple reconnaissance de dette contenant uniquement la somme à rembourser, les modalités de paiement, à l’exclusion (évidemment) du capital emprunté et du taux d’intérêt pratiqué. Et comme le juge ne peut que s’en tenir aux termes du contrat lorsque ceux-ci sont clairs, il est de forte chance que la décision du juge débouche sur la consolidation du mauvais droit du délinquant.

C’est pourquoi, en ces périodes difficiles, il convient de savoir que les pratiques usuraires existent plus que jamais et de demeurer vigilant, car comme aime à le dire, «veille sur ton droit et la loi te protégera».

              Théophile Moné

09:53 Publié dans ACTUALITE SOCIALE DU BF | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | |  Imprimer

Dossiers sur l’insurrection populaire et le putsch : Les autorités judiciaires donnent un aperçu sur leur évolution

Le procureur du Faso près le tribunal de grande instance de Ouagadougou et le commissaire du gouvernement près la justice militaire ont animé conjointement une conférence de presse ce mercredi, 14 septembre 2016 à Ouagadougou. Il s’est agi de faire, respectivement, l’état du traitement judiciaire des dossiers de l’insurrection populaire d’octobre-novembre 2014 et du putsch de septembre 2015.

Dossiers sur l’insurrection populaire et le putsch : Les autorités judiciaires donnent un aperçu sur leur évolution

Dès le lendemain de l’insurrection des 30 et 31 octobre et des manifestations des 1er et 2 novembre 2014, le ministère public a instruit différentes unités de police judiciaire de diligenter des enquêtes, à l’effet de déterminer les causes des décès et des blessures enregistrées et d’en identifier les auteurs, les co-auteurs, les commanditaires et les complices afin d’engager les responsabilités sur le plan pénal, a rappelé le Procureur du Faso près le tribunal de grande instance (TGI) de Ouagadougou, Maïza Sérémé.

Ainsi, à la fin de l’enquête et après réception des procès-verbaux au nombre de neuf, six cabinets d’instruction ont été saisis par réquisitoire pour des poursuites contre X pour « assassinat et meurtre » pour certains et « recherche des causes de la mort » pour d’autres. Des juges saisis ont donc procédé à des auditions des ayants-droits de certaines victimes et adressé des correspondances à certaines.

Cependant, explique le Procureur du Faso, Maïza Sérémé, les juges se sont heurtés à des difficultés. Il s’agit notamment du refus de certaines autorités d’indiquer l’occupation (position) des différentes unités de l’Armée dans la ville de Ouagadougou et l’identification des responsables de chaque unité.

Toutefois, note-t-elle, ces difficultés sont minimisées par les éléments du rapport de la Commission d’enquête indépendante. Ce rapport « donne avec précision » d’une part, la position des différentes forces dans la ville de Ouagadougou ainsi que l’identité des responsables et des chefs et, d’autre part l’identité et les noms des personnes tuées par balles ou pour toute autre cause ainsi que celle des personnes blessées.

« Nous avons, pour une gestion efficace des procédures, et d’une bonne administration de la justice, par requête en date du 16 juillet 2016, adressé au président du tribunal de Ouagadougou, le dessaisissement de trois des juges d’instruction au profit de trois autres. Par ordonnance en date du 20 juillet 2016, le président du tribunal ordonnait le dessaisissement de trois des juges d’instruction et à ce jour, seuls trois cabinets d’instruction sont chargés de la conduite des enquêtes relatives aux dossiers de l’insurrection », a détaillé le procureur, Maïza Sérémé, précisant qu’à ce jour, les cabinets d’instruction s’activent à exploiter le rapport de la commission d’enquête indépendante dans l’optique de procéder à des inculpations et, au besoin, lancer des mandats d’arrêt.

Le cas Yacouba Isaac Zida ...

Le procureur a déclaré que le nom de Yacouba Isaac Zida a été cité dans le rapport mais qu’il n’a pas été entendu ‘’parce que même la commission a eu des difficultés pour l’entendre ; elle est passée par le ministre de la défense mais n’a pas pu l’entendre, par mail, par convocation par voie d’huissier…’’. Le juge d’instruction avait lancé, poursuit-elle, une convocation pour entendre le général (Yacouba Isaac Zida) dans la procédure mais il n’a pas répondu. « Mais avec le rapport de la commission d’enquête qui a été transmis au Tribunal de grande instance de Ouagadougou et qui situe les responsabilités des uns et des autres, par rapport au général Zida, lors des évènements des 30 et 31 octobre (2014), il était le chef des opérations du Régiment de sécurité présidentielle (RSP). C’est dire que c’est lui qui menait les opérations, c’est lui qui était le chef de corps adjoint et qui donnait les instructions au RSP. A partir du 2 novembre (2014) où il y a eu encore des tueries et des blessés, Isaac Zida était Chef de l’Etat. C’est dire que s’il doit répondre, il va répondre devant le juge d’instruction et peut-être devant la Haute Cour de justice, si, effectivement, sa responsabilité doit être engagée », a expliqué Maïza Sérémé.

Affaire Thomas Sankara et dossiers du putsch

Sur le dossier du coup d’Etat, le commissaire du gouvernement près la justice militaire, Alioune Zanré, a rappelé que lors de sa dernière sortie le 21 juillet 2016, quatre dossiers avaient été annoncés comme avancés. A l’en croire, ces dossiers ont connu, à ce jour, une évolution.

Ainsi, explique-t-il, dans l’affaire « commissaire du gouvernement et les héritiers de feu Thomas Sankara contre T. Hyacinthe Kafando et les treize inculpés : d’attentat, assassinat, recel de cadavre, de faux en écriture publique ou authentique ou complicité de ces infractions », quatorze inculpés dont sept sont en détention préventive et sept non détenus. Deux autres en fuite font l’objet de mandats d’arrêt internationaux. Selon le commissaire du gouvernement Zanré, tous ont été entendus en première comparution et au fond, à l’exception de ceux en fuite. 58 témoins et treize parties civiles entendus. Aucune libération provisoire ici. « Le résultat de la contre-expertise au profit de l’ensemble des treize familles à raison de trois par familles, le tout à la charge de l’Etat burkinabè est attendu dans les jours à venir », annonce-t-il.

Sur l’affaire ministère public contre le général Gilbert Diendéré, on note 84 inculpés (sept nouvelles inculpations) dont 39 en détention préventive, douze non détenus, 34 en liberté provisoire, dix en fuite font l’objet de mandats d’arrêt internationaux. Egalement, 29 témoins entendus et 275 parties-civiles. « Ce dossier devrait être transmis pour règlement définitif au Parquet en mi-octobre 2016. Les conseils d’un inculpé s’étant pourvus en cassation sur l’arrêt d’irrecevabilité prononcé sur leur requête par la chambre de contrôle de l’instruction, rejetant leur demande de retrait des écoutes et leurs transcriptions dans les pièces de la procédure. Ce, aux motifs pris que la vie privée de leur client avait été violée par les OPJ (officiers de police judiciaire, ndlr), il faut que la Haute Cour vide sa saisine », soulève-t-il avant d’ajouter que « lorsque ce contentieux sera vidé, tout ira vite ». Le commissaire du gouvernement dit avoir une idée des choses et pense qu’en principe, début janvier 2017 au plus tard, « nous serons en mesure d’organiser le procès ».

S’agissant du dossier portant ministère public contre Ouédraogo Madi et 42 autres (inculpés pour association de malfaiteurs (détention illégale d’armes et munitions de guerre, 18 sont en détention préventive, 25 en liberté provisoire et quatre témoins ont été entendus), il sera transmis pour règlement définitif au Parquet le vendredi 16 septembre 2016.

La quatrième affaire est relative au ministère public contre le sergent Ali Sanou et 22 autres, inculpés de désertion à l’étranger en temps de paix ; association de malfaiteurs ; vol à main armée ; recel d’armes et munitions de guerre ; détentions illégales d’armes et de munitions de guerre, coups et blessures volontaires. A leur charge également, recel de malfaiteurs, tentative d’atteinte à la sûreté de l’Etat par attentat. 23 inculpés, sept en détention préventive et 16 en détention provisoire. Ce dossier sera transmis pour règlement définitif au Parquet la semaine prochaine, indique le commissaire du gouvernement près la justice militaire, Alioune Zanré.

Selon le magistrat militaire, Alioune Zanré, ces deux derniers dossiers sont étroitement liés au putsch et pourront être jugés les mois à venir avant les autres.

Oumar L. OUEDRAOGO
    Lefaso.net

09:45 Publié dans ACTUALITE SOCIALE DU BF | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | |  Imprimer

Sabcé : Des manifestants incendient l’Etat civil

 

 
Photo d'archives, utilisée à titre d'illustration
© DR / Autre Presse
 
Photo d'archives, utilisée à titre d'illustration
 
Ouagadougou - L’Etat civil de la mairie de Sabcé (Bam) a été incendié ce mardi par des manifestants qui revendiquent la dissolution du conseil municipal nouvellement installé.Ce mardi en début d’après-midi, un groupe de manifestants a contraint le personnel de la mairie de Sabcé à fermer les bureaux.Les plaignants ont justifié leur action par le fait qu’ils ont introduit depuis le 5 septembre 2016, une requête exigeant la dissolution du nouveau conseil municipal et la libération d’un conseiller municipal (NTD), incarcéré suite à des troubles antérieurs.

Toutefois, moins d’une heure après, les protestataires sont revenus incendier le bâtiment qui abrite l’Etat civil. Deux manifestants se sont brûlés lors du forfait.
L’infirmier major du CSPS de Sabcé, Pamoussa Sawadogo, a indiqué à l’AIB avoir reçu deux patients portant des brûlures. Cependant, il a affirmé qu’il n’a pas connaissance de l’origine des blessures.
Depuis mai 2016, des partisans du Nouveau temps pour la démocratie (NTD) et de ceux du Mouvement du peuple pour le progrès (MPP), se disputent âprement le contrôle de la mairie de Sabcé.

En dépit de plusieurs médiations, l’installation de l’équipe du maire Rigobert Nassa (MPP) avait été délocalisée à Kongoussi en mi-août.

Agence d’Information du Burkina

09:43 Publié dans ACTUALITE SOCIALE DU BF | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | |  Imprimer

2016.09.14

Univers carcéral au Burkina Faso : Bienvenue dans l’enfer !

Univers carcéral au Burkina Faso : Bienvenue dans l’enfer !

La population carcérale  a considérablement augmenté ces dernières années au Burkina Faso. Cet accroissement a entrainé une surpopulation dans les établissements pénitentiaires avec son lot de conséquences : promiscuité, malnutrition, manque d’hygiène et de soins de santé,  atteintes à l’honneur et à la dignité, problème de réinsertion sociale... Tour d’horizon de   quatre Maisons d’arrêt et de correction (MAC) à savoir celles de Ouagadougou, Bobo-Dioulasso, Fada N’Gourma et Koudougou qui totalisent à elles seules près de 3 500 détenus. 
 
Mercredi 26 avril 2016. Il est 10H 25 mn quand nous franchissons l’immense portail métallique bleu d’une hauteur d’environ 3 mètres de la Maison d’arrêt et de correction de Ouagadougou (MACO), située dans le quartier Zone du bois, au bord de la route nationale n°4. L’un des Gardes de sécurité pénitentiaire (GSP) posté devant l’établissement, nous invite à laisser une pièce d’identité avant d’y avoir accès. 
 
Une fois à l’intérieur, nous découvrons une vie «normale», à la limite banale. Une image qui tranche d’avec l’idée, que nous nous faisions des centres de détention : une vie originale. En effet, dans un coin de la cour, des détenus s’activent dans des ateliers de soudure et de menuiserie, tandis que d’autres arrosent, un peu plus loin, les plants du jardin. 
 
Des GSP font des allées et venues entre l’administration et les différents quartiers de détention. Deux bâtiments se distinguent particulièrement par leur taille et leur apparence. Comparé à l’autre édifice récemment construit, l’un semble avoir subi l’usure du temps au regard de son état de délabrement. Il est 12H 55 mn, lorsque nous entamons notre « exploration » en compagnie de nos guides, deux GSP. Le soleil est au zénith. 
 
La canicule atteint son paroxysme. Comment vivent les prisonniers entre les murs de  ces bâtiments ? Nous nous hasardons de dire, au regard de la suffocante chaleur qui règne en ces lieux. « C’est la première fois, que vous visitez cette MAC ? », nous demande l’un des GSP qui a préféré  garder l’anonymat. Affirmatif ! « Vous allez expérimenter aujourd’hui, ce que nous vivons au quotidien», nous prévient-il avec une pointe d’ironie. 
 
A présent, nous pénétrons dans l’enceinte de l’un des quartiers de la MACO, un immeuble à trois niveaux. Communément appelé « l’ancien bâtiment », celui-ci abrite 800 détenus, pour une capacité d’accueil de 400 personnes. A quelques mètres de là, se dresse majestueusement un grand mur coiffé de barbelés. « C’est le lieu de récréation des prisonniers », apprend-on de notre compagnon du jour. 
 
Devant le bâtiment, des prisonniers,  munis de balais, nettoient fébrilement l’intérieur des locaux à l’aide d’eau et de savon. Face au liquide noir et huileux qui recouvre la surface du sol,  nous «négocions» un passage sur la pointe des pieds. A l’intérieur de la bâtisse, une odeur pestilentielle embaume les lieux. Il y  règne également une obscurité presque totale. «Imaginez le risque que nous courons, si nous devons intervenir dans ces lieux en cas d’incident», fait remarquer le GSP. 
 
Devant l’une des cellules du bâtiment, des occupants d’une cellule sont en «récréation». Nous sommes accueillis par le «chef» de la cellule, un homme à la taille et à la musculature impressionnantes. Des matelas, des nattes et des effets d’habillement sont éparpillés à divers endroits sur la terrasse. Dans un coin de la pièce, un téléviseur et un ventilateur se disputent la place. 
 
Un « camp de concentration»
 
Lorsque nous déclinons notre identité, notre interlocuteur rentre dans tous ses états. Il en a gros sur le cœur.  « Vous voyez monsieur le journaliste, pour une petite cellule comme celle-là, on nous met à 10, comment pourrions-nous dormir ? Nous n’avons même pas de toilettes dignes de ce nom. Comment fait-on en cas de diarrhée », se plaint-il ? Après avoir visité trois cellules, nous nous dirigeons vers les quartiers d’amendement (ou des fonctionnaires), des mineurs et des femmes. 
 
Dans ces lieux, les détenus sont moins nombreux. «Nos conditions de vie ici sont acceptables. Nous n’avons pas de problème d’encombrement», confie Issa, un détenu mineur. 
De là, nous allons au bâtiment annexe où sont détenus les «grands bandits ». Plus de 1000 prisonniers y sont gardés pour une capacité de 800. «Au regard de leur nombre et de l’espace limité, nous les faisons sortir quotidiennement cellule par cellule afin de leur permettre d’avoir une bouffée d’air pendant trois heures», explique le guide. De l’une des cellules, une voix retentit dans le couloir : « Chef, il fait très chaud, ouvrez-nous » ! 
 
Adamo  est l’un des pensionnaires du quartier. Inculpé pour assassinat, il est arrivé à la MACO en 2006 et n’a pas été jusqu’à ce jour  entendu par le juge en charge de son dossier. Las d’attendre, sa femme a fini par quitter le foyer conjugal au bout de trois ans. « Nous sommes 19 détenus dans une cellule qui devrait en réalité contenir 10. La cohabitation devient difficile étant donné que l’air y pénètre difficilement. L’air qui se dégage de notre bouche et de nos narines est notre unique recours», raconte-t-il sur un ton dépité. 
 
A en croire  Adamo, l’un de ses  camarades de cellule a perdu la vie du fait de la forte canicule caractéristique du mois d’avril.  (NDLR : nous étions le 25 avril).Autre lieu, même réalité. A l’image de celle de  Ouagadougou, la Maison d’arrêt et de correction de Bobo-Dioulasso(MACB) connaît elle aussi une surpopulation. Certains droits fondamentaux des personnes privées de liberté comme ceux relatifs à la santé, à la dignité et à une alimentation, peinent à être respectés. 
 
Or, le kiti N° ANVI-103/FP/MIJ portant organisation et réglementation des établissements pénitentiaires au Burkina Faso dispose en son article 150 que : «L’incarcération doit être subie dans des conditions satisfaisantes ». Pour le directeur de la MAC de Bobo-Dioulasso (MACB), Frédéric Ouédraogo, le surpeuplement est à l’origine de nombreux problèmes  de santé, d’alimentation et d’hygiène. « La cohabitation devient difficile, la réinsertion aussi, à cause du manque de moyens, donc l’élévation du taux de récidive », soutient  Frédéric Ouédraogo. Incarcéré depuis 2008 à la MACB pour vol aggravé,  Abou est toujours en attente de jugement. 
 
Assis sous un manguier, l’air triste. Pour lui, c’est la lenteur de la justice qui est la cause principale de la surpopulation. « La prison est bondée. Nous y sommes entassés comme des sardines. Venez voir un jour comment nous dormons, vous serez découragés. C’est inhumain», raconte Abou. Et son compère Legma de renchérir: «La nuit, si tu pars au petit coin, tu perds automatiquement ta place. A ton retour, tu resteras debout tout au long de la nuit, parce que quelqu’un d’autre aura occupé ta place». 
 
Même constat à Fada N’Gourma. Sam, un quarantenaire, gardé à la MAC de Fada N’Gourma (MACF) se rappelle d’une nuit, où, il a dormi dans une cellule à 30 pour une capacité de 10. « Nous sommes restés éveillés jusqu’au matin. On ne peut pas dormir ni lever le pied de peur de piétiner quelqu’un», avoue-t-il, l’air désappointé. Avec le nombre élevé des «bagnards » dans les établissements pénitentiaires, assurer une hygiène adéquate devient un gros défi à relever pour les responsables. C’est pourquoi, l’assainissement des locaux est confié aux détenus qui, dotés de matériel, se sont organisés en groupes. 
 
Avec ce système, foi de Legma, détenu à la MACB, la propreté est assurée dans les toilettes. Car, chaque matin  elles sont lavées avec du savon et de l’eau de javel qu’ils reçoivent de l’administration. Mais au regard du nombre, la vidange des fosses septiques se fait quotidiennement dans certaines maisons comme celle de la capitale avec un vidangeur acquis grâce au soutien d’un partenaire. 
 
Par contre dans certaines MAC à l’image de celle de Bobo-Dioulasso, ce sont les détenus qui font le travail. Avec des seaux, les excréments sont vidés des fosses et coulés vers un canal d’évacuation. Si la propreté des lieux est passablement appréciée, l’hygiène corporelle est, elle, fonction du statut du prisonnier. Par exemple pour les femmes et les mineurs, c’est le service social de la maison qui leur vient en aide en vêtements et en savons. 
 
De l’avis de l’attaché d’éducation spécialisée à la MACB, Siaka Siri, les dons reçus par sa structure sont exclusivement destinés à ces deux catégories de détenus en raison de leur insuffisance. «Nous avons des pincements au cœur, lorsque nous n’arrivons pas à accomplir correctement notre mission par manque de moyens. Nous ne recevons  pas assez de dons, les partenaires se font rares», regrette-t-il. 
 
Du tô mal cuit !
 
Si tous les acteurs rencontrés dans les quatre établissements apprécient « passablement » l’hygiène d’ensemble dans les prisons, ils sont aussi unanimes quant à la mauvaise alimentation des détenus. Le directeur de la MACF, l’inspecteur GSP Moussa Zomodo ne passe pas par quatre  chemins pour le dire. 
 
« Il faut dire qu’assurer une bonne alimentation est un véritable problème pour nous. Il y a les vivres mais, les condiments n’existent pas. Il faut jongler pour trouver la sauce et là, tous ceux qui n’ont pas de visite seront malnutris et tomberont malades », étaye-t-il tout en soulignant que la situation est en voie d’être résolue dans son établissement avec le fruit du jardinage. 
 
Dans la plupart des MAC, les détenus doivent se contenter du même repas: le tô, (pâte de farine de mil, accompagnée de sauce) et rarement le haricot et le riz. Cependant, le nombre de repas quotidien diffère selon les MAC. « Nous mangeons une fois par jour. Comment peut-on se servir un plat qui fait office de repas de midi et du soir ?  », se demande Adamo furieusement. 
 
De l’avis du  chef de service de l’action sociale de  la MACO, Edith Ouédraogo, le problème de la qualité de la nourriture résulte d’un certain nombre de facteurs. Cela ne fait pas l’ombre d’un doute. Les détenus ne sont pas des cordon-bleu ! De plus,  le contenu des sacs de farine sortis  du magasin est directement déversé dans les marmites. «Le tô  étant mal cuit, certains préfèrent le laisser se fermenter avant de le  délayer », fait savoir Mme Ouédraogo. 
 
Legma de la MACB précise que ce qui est appelé tô, est en réalité de la bouillie « puisqu’il faut le déposer pendant 30 minutes au moins  pour qu’il se solidifie ». La malnutrition et le manque d’hygiène ne sont pas sans conséquence sur la santé des détenus. Les consultations sont journalières, du lundi au vendredi dans les établissements pénitentiaires. A la MAC de Bobo-Dioulasso, le mardi 19 avril, c’est une longue file de malades que nous trouvons en attente d’être consultés par     l’infirmier de ladite MAC, Boukary Dao.  
 
Ces malades sont accompagnés par deux GSP. « Il y a des détenus qui sortent  pour prendre de l’air. D’autres ne sont pas malades. Mais, ils ne vont jamais le dire », renchérit l’infirmier de la MAC de Koudougou (MACK), François Sawadogo. C’est le bureau d’un aumônier qui sert d’infirmerie à la MACK. Malgré ces conditions inconfortables, les agents de santé font, tant bien que mal leur travail. Selon l’infirmier Firmin Yaméogo de la maison d’arrêt et de correction de Fada N’Gourma, les maladies (toux, dermatoses, diarrhée et paludisme) sont essentiellement dues au  manque d’hygiène, à la malnutrition et à la promiscuité. 
 
Par ailleurs, regrette-il,  la dotation en produits pharmaceutiques du ministère de la Justice est insuffisante.  Sur ces entre faits, M.  Yaméogo présente  le stock restant des médicaments et prédit déjà une rupture  dans moins d’un mois. «Il faut au moins trois mois avant d’obtenir une nouvelle dotation. Et les détenus malades à cette période ne pourront pas bénéficier de soins», avoue impuissamment l’infirmier Yaméogo. 
 
A l’écouter, plusieurs pensionnaires ont déjà rendu l’âme par manque de soin : « En 2013 et 2014, on comptait une  dizaine de morts par an ». Mme Kanté est détenue à la MACO pour complicité d’escroquerie. Elle dit avoir été témoin de décès de prisonniers pour défaut  de soins. Malade elle-même, celle-ci dit avoir mensuellement besoin de 25 000 FCFA pour ses soins. « Je n’ai pas l’argent, je n’ai pas de mari et mes enfants aussi sont encore jeunes pour me venir en aide et on ne veut pas me libérer provisoirement aussi pour que je me soigne », se désole-t-elle. 
 
Le calvaire des GSP
Legma de Bobo-Dioulasso, pour sa part, estime que les choses ont évolué à la MACB. «Avant, si tu partais à l’infirmerie, on pouvait te remettre des   médicaments de maux tête alors que tu souffres de douleurs gastriques. Mais, se faire transférer à l’hôpital sans accompagnement représente la tâche la plus ardue. 
 
Si tu n’as pas de parents, personne d’autre ne le fera et tu pourrais ne pas t’en sortir», estime-t-il. Mais les malades ne sont pas les seuls à souffrir de la situation.  L’assistant GSP à la MACO, Malamine Aïdougou, en sait quelque chose. Surtout  quand un malade est évacué au Centre hospitalier Yalgado-Ouédraogo (CHU-YO). A l’en croire, les infirmiers refusent souvent de recevoir les détenus sous prétexte qu’il n’y a pas de place. 
 
Il se demande,  si cela est dû au fait  que le malade est issu  d’un milieu carcéral. Le service social, chargé d’exonérer les examens et ordonnances hors de la prison, se bat bec et ongle pour le faire. Mais, les moyens restent limités. A notre passage à la MACO, Edith Ouédraogo du service social confie  qu’elle avait un malade qui devait subir une intervention chirurgicale, mais par manque de moyens l’opération n’a pas eu lieu. Ce qui, selon   Moussa Zomodo, compromet énormément le combat pour la réinsertion sociale des détenus.  
 
Ces situations amènent certains GSP à compatir à la cause des malades en honorant par moment leurs ordonnances.  L’assistant Daouda Traoré de la prison de Bobo-Dioulasso dénonce par contre les conditions dans lesquelles ils prennent la garde dans les hôpitaux. « Nous faisons la garde à l’hôpital au milieu de toutes sortes de maladies sans aucune protection. Tu peux contracter une maladie et contaminer ta famille aussi  », fait remarquer Daouda Traoré. S’il arrivait qu’un malade décède, c’est souvent eux qui se chargent de son inhumation. Pourtant, de l’avis de l’assistant Eric Tiahoun de la MACF, il devrait y avoir des pompes funèbres pour cette tâche.
 
Dans certains établissements pénitentiaires  notamment à Fada N’Gourma, les malades sont évacués à motocyclette ou à pied. Là encore, plusieurs MAC ne disposent pas de véhicule d’escorte ou d’évacuation. A Fada, c’est le véhicule de service du directeur, une 4X4 double cabine qui sert de véhicule d’escorte.  
 
« Même pour les jugements, c’est avec ce véhicule que nous les envoyons et s’il est en mission, nous le faisons à pied », confie l’assistant GSP, Eric Tiahoun, au vu et au su des populations puisque  la MACF et le tribunal sont situés  en plein centre-ville. Une situation qui met en danger la vie des populations  et  compromet aussi  le travail des GSP. Ses propos sont corroborés par son directeur: «Nous avons un véhicule  4X4 qui sert à tout, à savoir le transport des détenus et du personnel, le service, les missions, le transfèrement. Alors que c’est un véhicule qui n’est pas adapté, puisque les détenus sont à ciel ouvert ». 
 
Au regard des difficultés  criantes constatées dans les établissements pénitentiaires, l’inspecteur GSP, Frédéric Ouédraogo propose que l’Etat accroisse la capacité d’accueil des prisons, l’effectif du personnel pénitentiaire et sa spécialisation. « Il ne s’agit pas seulement de garder les détenus. Mais, être aussi capables de les amener à changer de comportement », croit-il savoir. Pour ce qui est de la question sanitaire, son collègue de Fada N’Gourma estime qu’il faut dégager des lignes budgétaires à cet effet. «La prison ne doit pas se muer en un mouroir», soupire-t-il. 
 
En 2015, par exemple, le budget alloué aux établissements pénitentiaires étaient de 400 067 000 F CFA soit une ration alimentaire de 155F/jour et par détenu. Pour Thieni Hama, éducateur social à la MACF, les ONG spécialisés dans l’humanitaire doivent accroître leur intervention dans les prisons afin d’offrir de meilleures conditions de vie aux détenus. Il ajoute que les associations militant pour la défense des droits de l’homme doivent, quant à elles, dénoncer les abus et interpeller l’administration à chaque fois que les droits fondamentaux des prisonniers sont bafoués. 
 
Joseph HARO (sidwaya)
harojoseph36@yahoo.fr

12:09 Publié dans ACTUALITE SOCIALE DU BF | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | |  Imprimer

Journée internationale de la protection de la couche d’ozone 2016: réduire les HFC à fort potentiel de réchauffement de la planète

         La communauté internationale commémore ce vendredi 16 septembre 2016, la Journée internationale de protection de la couche d’ozone sous le thème «L’ozone et le climat: restaurés grâce à un monde uni».

Armoiries Burkina officielles

Au Burkina Faso, où cette commémoration sera marquée par des activités de sensibilisation, le gouvernement invite chaque citoyen, à s’engager résolument dans la gestion des fluides frigorigènes, pour la préservation de la couche d’ozone et du climat. Les activités sont organisées sous l’égide de la Direction générale de la préservation de l’environnement, à travers le Bureau national ozone, le bras armée du gouvernement dans la mise en œuvre du Protocole de Montréal.

Ce protocole, relatif aux substances appauvrissant la couche d’ozone (SAO),est un accord international qui fait suite à la Convention de Vienne sur la protection de la couche d’ozone adoptée le 22 mars 1985. Il a été signé en 1987 et est, à ce jour, ratifié par 191 pays dont le Burkina Faso.

Et depuis sa signature, le Protocole de Montréal a réussi à atteindre certains de ses objectifs. Ainsi, à travers le monde, les chlorofluorocarbures (CFC) avec un potentiel très élevé de destruction de la couche d’ozone, à l’exemple du dichlorodifluoromethane, communément appelé R12, utilisés jadis dans notre pays comme fluides frigorigènes, et aussi comme agent propulseur dans les bombes aérosol, solvants et gonflants des mousses, ont été éliminés. Toujours au titre des substances appauvrissant l’ozone, il y a notamment les hydrochlorofluorocarbures (HCFCs), dont le chlorodifluorométhane ou R22, utilisé dans le secteur de la climatisation. Cette substance appauvrit non seulement la couche d’ozone, mais contribue surtout au réchauffement climatique.

Après l’élimination des CFC, un plan de gestion de l’élimination des HCFCs est en cours. Tous ces efforts ont permis de freiner la destruction de la couche d’ozone, mais aussi de contribuer à sa reconstitution. L’élimination de ces substances dans le cadre du Protocole de Montréal, a permis d’éviter l’émission de l’équivalent de plus de 135 milliards de tonnes de dioxyde de carbone (CO2). Et c’est donc pour magnifier et reconnaître ces efforts collectifs qu’a été retenu le présent thème, avec pour slogan «Œuvrer à réduire les hydrofluorocarbones (HFC) au potentiel élevé de réchauffement planétaire dans le cadre du Protocole de Montréal».

Notre pays, qui connaît les conséquences néfastes liées à la variabilité climatique telles que les inondations, les sécheresses, les pertes de récoltes et de cheptels, les saisons de plus en plus chaudes avec d’importantes fluctuations, s’investit dans la conversion à de nouvelles technologies sans SAO, et sans gaz à potentiel de réchauffement global (PRG) avec l’appui des agences des Nations Unies. Du reste, sa participation active à l’accord de Paris sur le climat en 2015 dont la ratification est en cours, en est une parfaite illustration.

Par ailleurs, le Burkina Faso est fermement engagé à mettre en œuvre les actions nécessaires à la diminution de l’impact des activités humaines sur la couche d’ozone, ainsi que le contrôle et l’émission de gaz à effet de serre; ces derniers contribuant au réchauffement de la planète.

Il s’agit ainsi de travailler à l’élimination des HCFCs selon le planning déjà élaboré, de former et d’outiller les techniciens du domaine du froid et de la climatisation à l’adoption de bonnes pratiques et à l’usage de technologies appropriées, qui contribuent à la préservation de la couche d’ozone, tout en évitant l’émission de gaz à effet de serre, de former et d’outiller les douaniers et les services de contrôle à la détection des substances qui appauvrissent la couche d’ozone et/ou prohibés, d’informer et de sensibiliser la population sur les SAO. A la longue, des gaz comme le propane, l’isobutane, le dioxyde de carbone (CO2) et l’ammoniac pourraient être utilisés comme réfrigérant.

Lors de la 27ème réunion des parties au Protocole de Montréal tenue en 2015 à Doubaï, il a été adopté la feuille de route de Doubaï sur les hydrofluorocarbures (HFC) qui vise, dans le cadre des réunions organisées sous les auspices du Protocole de Montréal, à l’élaboration d’un amendement sur les HFCs en 2016. Dans cette dynamique, lors de la prochaine réunion des parties au Protocole de Montréal, prévue du 10 au 14 Octobre 2016 à Kigali, au Rwanda, notre pays s’engage pour des discussions constructives, en vue de parvenir à un amendement du Protocole de Montréal, pour la prise en compte de la gestion des hydrofluorocarbures.

L’abandon progressif de l’utilisation réglementée de substances qui appauvrissent la couche d’ozone et la diminution connexe de ces substances ont non seulement aidé à protéger la couche d’ozone pour les générations actuelles et futures mais ont également contribué, de manière non négligeable, aux efforts déployés par la communauté internationale pour faire face aux changements climatiques. Par ailleurs, l’élimination de ces substances contribue à protéger la santé humaine et les écosystèmes en limitant le rayonnement ultraviolet nocif qui atteint la terre.

La réduction progressive des émissions de HFC aura des bienfaits considérables. Elle devrait permettre d’éviter jusqu’à 0,5°C de réchauffement climatique d’ici à la fin du siècle, ce qui pourrait donner une impulsion décisive à l’application de l’Accord de Paris, et contribuer à la mise au point de réfrigérants et de technologies de substitution d’une bien meilleure efficacité énergétique.

Ministère de l’Environnement, de l’Économie verte et du Changement climatique

10:24 Publié dans ACTUALITE SOCIALE DU BF | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | |  Imprimer

2016.09.13

Lutte contre les violences faites aux enfants : des leaders d’opinion invités à s’impliquer

Fada N’Gourma (AIB) 

La direction régionale de la femme, de la solidarité nationale et de la famille  de l’Est, a initié une série d’activités de sensibilisation sur la promotion des droits des enfants. Les 24 et 25 août 2016, elle a réuni les leaders d’opinion pour échanger sur la question en vue de les impliquer davantage dans la lutte contre la traite et les autres pires formes de travail des   enfants de l’Est.

lutte-contre-les-violences-faites-aux-enfants-des-leaders-d-opinion-invites-a-s-impliquer_57c4572f206c4_l220_h230.JPG

 Après avoir lancé  les prestations théâtrales, les cinés débats sur la promotion des droits des enfants  dans la commune de Diapangou, la direction régionale de la femme, de la Solidarité Nationale et de la famille de l’Est, poursuit son combat contre la traite et les autres pires formes de travail des enfants. Pour réussir sa mission, elle a réuni les leaders religieux, les coutumiers et les   OSC  de la région de l’Est autour de la question. Selon le directeur régional de l’action sociale de l’Est Mahamadou Bassaoulet, impliquer les chefs coutumiers, religieux et les responsables d’OSC, va leur permettre de vite toucher les populations à la base. Leur message est porteur et est tout aussi considéré par leurs fidèles, a-t-il expliqué. Ils sauront le bien-fondé de la promotion des droits des enfants et participeront dans la lutte. « Si nous voulons des lendemains meilleurs, Nous devons inculquer  un minimum de discipline, un minimum de sagesse à nos enfants d’aujourd’hui, car ils seront les dirigeants de demain » a-t-il conclu. Son point de vue est partagé par le Pasteur Lamoudi Thiombiano. Pour  lui, un enfant qui a appris à respecter ses parents à la maison, respectera sans aucun doute ses enseignants à l’école et les policiers sur la route. Par ailleurs, le Pasteur Thiombiano a exhorté les parents  à être des modèles à la maison, et des responsables aux yeux de leurs enfants. Afin de  permettre aux participants de mieux comprendre davantage les inconvénients du fléau, et de  s’engager dans la lutte contre ces pratiques, les participants ont eu droit à quelques communications. Selon le représentant la communauté musulmane Talouta Dioni, la promotion des droits des enfants n’est pas contraire aux enseignements Coraniques. « Nous allons à travers nos sermons des vendredis, lors des cérémonies informer aux fidèles la nécessité de respecter les droits des enfants », a-t-il promis. Sa majesté Basma, représentant  le roi du Gulmu Kunpiendieli, a indiqué pour sa part que la solidarité entre les hommes doit réapparaitre dans le domaine de l’éducation. La présidente des parlements  des enfants de la région de l’Est, Eudoxie Louise Soubeiga s’est dite rassurée par ces engagements pris. Elle a  plaidé auprès des leaders d’opinion afin qu’ils usent de leur poids social pour mettre en œuvre les recommandations formulées lors de la formation en vue du respect des droits des enfants et pour leur épanouissement. 

Albert Sankara

(Collaborateur)

18:54 Publié dans ACTUALITE SOCIALE DU BF | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | |  Imprimer

Où allons-nous avec ces dépravations des mœurs au Burkina?

Ouagadougou, ville historique et légendaire, baigne de plus en plus dans la vulgarité et les extravagances d’une jeunesse en plein délire et avide de sensations fortes. Tout le monde veut «coller la petite». La dépravation des mœurs est clairement perceptible dans la société burkinabè. Dans certains établissements universitaires et scolaires, dans les quartiers, au marché, dans les night-clubs et autres lieux publics, on assiste à toutes sortes de comportements qui choquent la morale: injures, bagarres, vacarmes, habillement indécent, surtout chez les filles. On se croirait à Sodome ou à Gomorrhe.

Où allons-nous avec ces dépravations des mœurs au Burkina (photo: sen24heures.com)
Où allons-nous avec ces dépravations des mœurs au Burkina (photo: sen24heures.com)

Des jeunes dans l’abîme de la dépravation des mœurs

La nature des images qui passent sur le petit écran et les comportements vestimentaires et civiques des jeunes ne sont pas de nature rassurante. Dans nombre de clips qui passent sur les chaînes de télévision, l’exhibition des parties intimes du corps chez les jeunes filles, l’alcoolisme et le tabagisme occupent la majeure partie du temps. Pour un pays comme le nôtre qui doit tout miser sur sa jeunesse, l’avenir est incertain. La dépravation des mœurs bat son plein.

La situation est telle qu’on est en droit de se poser un certain nombre de questions. Quel est l’idéal de la jeunesse burkinabè du 21ème siècle? Peut- on gager sur la bonne gestion de l’héritage par les jeunes burkinabè à la suite de leurs pères? Les médias burkinabè sont-ils conscients de l’influence de leurs programmes sur le comportement des jeunes?

Juste une poignée de minutes passée devant le petit écran pour se distraire et la désolation s’impose. La culture, non, on ne parlera pas de culture mais d’acculturation dégoutante qui s’invite dans votre univers. Les jeunes en panne d’inspiration pourrissent l’univers médiatique et salissent la valeureuse corporation des artistes musiciens. La morale entièrement foulée au pied, leurs sujets se limitent au sexe ou pour employer le thème approprié et à l’amour dont ils ignorent la quintessence. Pourquoi cherche-t-on toujours à singer, à vouloir imiter les autres?

Les jeunes filles, à défaut d’être complètement nues, sont en cache-sexe. Elles exhibent les parties érotiques du corps. Le bal de ces clips sur nos chaînes de télévision à un moment où la restauration des valeurs endogènes agite l’opinion publique est inexplicable. L’habitude vestimentaire des jeunes, notamment les filles en dit long sur l’envergure de la dépravation des mœurs au Pays des Hommes intègres. Dans les centres d’éducation – collèges et universités – les occasions de manifestations culturelles où les sorties pédagogiques se transforment en des moments de débauches.

Lui, selon la Gendarmerie Nationale, se déguisait en prostitué pour agresser clients.
Lui, selon la Gendarmerie nationale, se déguisait en prostituée pour agresser clients.

Si l’on n’y prend garde, la généralisation de ces faits pourrait déboucher sur un désordre social généralisé. Tout a commencé par quelques faits anodins qui ont progressivement pris de l’ampleur. Des films pornographiques et des DVD qui se vendent partout comme de petits pains, les films érotiques dans les portables par le biais des cartes mémoires. Le grand saut s’est effectué avec certains artistes aux chansons immorales. Aujourd’hui, le mal a pris de l’ampleur. Les night-clubs et les salons VIP en prolifération dans la capitale viennent de prendre le relais avec, parfois, des séances de coïts publics qui attirent plusieurs spectateurs.

Ces salons VIP qui regorgent de proxénètes sont fréquentés par des pédophiles discrets.

Hauts lieux de débauche, ils attirent les jeunes filles qui espèrent y trouver des adultes vicieux qui usent de leurs atouts financiers pour fuir l’accoutumance conjugale. La pénombre artificiellement créée favorise des rapports sexuels discrets opérés avec un courage exceptionnel dans un cadre qui exclut la honte et le discrédit.

Mais où allons-nous? Question surprenante mais pertinente au regard du cauchemar auquel on est condamné. Une réponse qui, sans doute, doit surgir dans l’esprit de tous.

Au vu et au su des autorités, des buvettes, des maisons closes poussent comme des champignons. Les films pornographiques se vendent comme de la friandise. L’incivisme est devenu une habitude et chacun peut du jour au lendemain se permettre le luxe qu’il veut, pourvu qu’il ait les moyens. Des moyens que les jeunes n’ont plus de difficulté à trouver.

«C’est au bout de l’ancienne corde qu’on tisse la nouvelle», a-t-on appris de Jean Pliya. Dans l’état actuel des choses, cette-nouvelle corde risque de manquer dès que le besoin se fera sentir. Et quand la dépravation des mœurs aura atteint son paroxysme, la nation tremblera.

Construire des infrastructures de nouvelles générations, lancer des réformes, mobiliser des ressources économiques, sont tous des actes louables mais sans une relève de qualité, ce serait peine perdue.

Théophile MONE (lesechosdufaso)

11:59 Publié dans ACTUALITE SOCIALE DU BF | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | |  Imprimer

Lutte contre la mendicité des enfants: et si le Burkina empruntait le chemin du Sénégal?

Un mendiant est une personne qui vit matériellement d’aumônes, ou de l’argent ou de la nourriture donnée par charité. Le mendiant est habituellement sans domicile fixe et se déplace dans la campagne ou dans une ville qui est devenue son territoire. De nos jours, et au Burkina Faso, les enfants mendient, seuls ou en compagnie d’adultes. Un phénomène très préoccupant auquel les autorités devraient accorder une importance capitale comme au Sénégal où de nombreuses initiatives ont été prises pour y faire face.

Enfants mendiants (photo AFP)
Enfants mendiants (photo AFP)

Les talibés sont des enfants qui sont envoyés au marabout par leurs parents pour qu’il leur enseigne le Coran. Souvent, au Burkina, les enfants que l’on voit mendier dans les rues sont venus des provinces éloignées, ou des régions pauvres où leurs parents ne peuvent les assumer.

Parmi les grands sujets de préoccupations dans certaines capitales africaines, figure en bonne place la mendicité. Un phénomène très complexe dont la solution demande l’implication des plus hautes autorités.

Il est aujourd’hui très difficile de faire un consensus autour de la question. Selon certains imams ou maîtres coraniques, l’islam reconnaît la mendicité comme un passage qui apprend aux enfants sous l’égide d’un maître spirituel les principes de la religion à travers la mémorisation du saint Coran et les différentes faits et gestes du prophète.

Une hypothèse qui n’est pas partagée par tous. Certains estiment en effet que la mendicité des tout-petits est une exploitation pure et simple des enfants, car pour satisfaire le maître (qui a lui aussi une famille à nourrir), les enfants sont envoyés à travers la ville pour quémander. Les enfants talibés se retrouvent à mendier en ville, dans les endroits les plus peuplés, dans les environs des touristes pour grappiller des pièces, du sucre, du riz ou manger sur place.

Ces dernières années, le phénomène dépasse tout entendement, il est difficile de circuler dans les grandes artères de certaines capitales africaines comme Niamey, Abidjan, Bamako, Ouagadougou ou Dakar sans rencontrer ces enfants malheureux, une boîte à la main.

Si certains gouvernements ont pu prendre des mesures visant à interdire le phénomène, comme c’est le cas du Sénégal la semaine dernière, le gouvernement burkinabè regarde le phénomène impuissant ou tout au moins les décisions sont encore au stade de projets.

enfant qui mendie (photo Rebecca Blackwell associated/press)
Enfant qui mendie (photo Rebecca Blackwell associated/press)

Par ces temps qui courent, les autorités sénégalaises ont fait de cette lutte contre la mendicité des enfants l’une de leurs priorités. Et pour parvenir à leurs fins, elles ont décidé de ne pas y aller de main morte. C’est ainsi que depuis la fin de la semaine écoulée, des opérations quelque peu musclées ont été engagées dans les rues de Dakar, pour essayer d’endiguer le phénomène. Les premiers chiffres font état d’une centaine d’enfants retirés de la rue par les agents de la brigade des mœurs et remis à leurs parents, tuteurs ou maîtres coraniques, après avoir transité par un centre d’accueil où ils ont été identifiés, enregistrés et sensibilisés.

Au Pays des Hommes intègres, les autorités devraient faire pareil, d’autant plus que des études ont montré que ces enfants abandonnés dans les rues constituent un problème sécuritaire, car la majeure partie d’entre eux tombe dans le banditisme. Ce qui fait du phénomène une préoccupation nationale dont la solution réside dans son abandon pur et simple.

Aujourd’hui, le Burkina a intérêt à se débarrasser de ce phénomène après avoir sensibiliser les différents acteurs et la mise en place d’un mécanisme  l’accompagnement des enfants talibés par le ministère de l’Action sociale et de la Solidarité nationale.

De plus en plus, la mendicité est organisée en réseaux. C’est pourquoi il faut le démantèlement de ces réseaux de mendicité par l’application rigoureuse de la loi, ce que le code pénal a prévu comme sanctions. En tout cas, des efforts en matière juridique doivent être faits. Par exemple, durcir la loi relative à l’exploitation des enfants.

Une autre proposition serait de créer une synergie d’actions par la coordination des efforts des associations sociales avec l’appareil judiciaire et les services de sécurité, clarifier le rôle de la Police judiciaire en matière de répression de la mendicité. L’approche sociale est également importante et passe par la prise en charge institutionnelle et l’insertion socioéconomique de ces enfants exploités.

Mais le fait d’appeler «écoles» ces lieux d’exploitation et «maîtres» les individus qui les gèrent encouragent certains marabouts à persévérer dans l’exploitation de ces enfants tout en justifiant leurs actes.

En attendant que le Burkina emprunte le chemin du Sénégal, un autre phénomène de jumeaux cohabite avec les enfants talibés et complique davantage la situation. La balle est dans le camp du gouvernement qui doit trouver et vite une solution.

Théophile MONE  (lesechosdufaso)

 

11:57 Publié dans ACTUALITE SOCIALE DU BF | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | |  Imprimer

Protection sociale: 500 personnes âgées bénéficient de 75 millions pour créer des micro-projets

500 personnes âgées ont reçu la somme de 75 millions de francs CFA pour développer des micro-projets afin de subvenir à leurs besoins. Présidée par Laure Zongo/Hien, la ministre de la Femme, de la Solidarité nationale et de la Famille, cette activité rentre dans le cadre de la mise en œuvre du «projet de renforcement de la protection sociale au Burkina Faso».

Le présidium lors de la cérémonie officielle de remise des appuis aux 500 personnes âgées
Le présidium lors de la cérémonie officielle de remise des appuis aux 500 personnes âgées

Améliorer les conditions socioéconomiques des couches vulnérables notamment les personnes âgées démunies. C’est le but visé par cette initiative du gouvernement burkinabè à travers le ministère de la Femme, de la Solidarité nationale et de la Famille qui a décidé d’appuyer les personnes âgées pour la création de micro-projets afin de les autonomiser économiquement. «La pauvreté au Burkina Faso est plus perceptible chez les personnes âgées qui de plus en plus éprouvent des difficultés à subvenir à leurs besoins même les plus fondamentaux. Aussi, sont-elles de plus en plus délaissées dans leurs familles. Bon nombre d’entre elles sont sans référentiel social et sont souvent victimes de pratiques d’exclusion et de marginalisation. De par le poids de l’âge, les difficultés d’ordre matériel ainsi que l’absence d’une prise en charge appropriée, leur situation se dégrade», a déploré la ministre qui, du reste, estime qu’elles méritent une attention particulière.

Laure Zongo/Hien souhaite que ces appuis puissent changer positivement la vie des bénéficiaires
Laure Zongo/Hien souhaite que ces appuis puissent changer positivement la vie des bénéficiaires

C’est dans cette optique et ce, conformément au «projet de renforcement de la protection sociale au Burkina Faso» que le ministère de la Femme, de la Solidarité nationale et de la Famille a décidé d’appuyer financièrement des personnes âgées reparties sur toute l’étendue du territoire pour créer des micro-projets afin de subvenir à leur besoins. Ce geste, selon la ministre, vise non seulement à améliorer leurs conditions de vie à travers le renforcement de leurs capacités d’autonomisation mais aussi à renforcer l’élan de solidarité envers les plus démunis et défavorisés. Ainsi, ce sont au total cinq cent (500) personnes âgées qui ont bénéficié d’un appui financier d’un montant total de soixante-quinze millions (75 000 000) de francs CFA pour «la création de micro-projets économiques individuels». Le gouvernement, en posant ce geste, dit-elle, «a opté d’apprendre à pêcher plutôt qu’offrir de façon ponctuelle du poisson». Selon elle, ce geste est aussi une marque de confiance «renouvelée» quant à la capacité de ces personnes à contribuer au développement du pays. «C’est un défi qui vous est lancé en termes de gestion et d’exemplarité», les a-t-elle fait savoir.

Personnes âgées et autorités administratives et militaires à la cérémonie
Personnes âgées et autorités administratives et militaires à la cérémonie

D’ailleurs, elle a rassuré que les bénéficiaires seront assistés tout au long du processus et ce, pour la réussite de la mise en œuvre de leurs activités. «Faites en sorte que ces appuis puissent vous permettre de vous occuper de façon saine, d’accroître vos revenus afin de pouvoir faire face à vos besoins et à ceux de vos familles», les a-t-elle exhortés.

Une photo de famille entre bénéficiaires et officiels
Une photo de famille entre bénéficiaires et officiels

Les bénéficiaires ont salué l’acte du gouvernement qui, selon eux, est la concrétisation d’un processus déjà amorcé. «Il y a quelques mois, dans le même cadre, nous avons bénéficié d’une formation en technique de gestion financière de micro-projets, d’élevage, d’agriculture, de transformation et de commercialisation de produits agro-sylvo-patoraux. Aujourd’hui, c’est une grande joie pour nous de recevoir cet appui financier qui nous aidera à développer nos activités génératrices de revenus», se sont-ils réjouis. Tout en remerciant le gouvernement, les bénéficiaires s’engagent à faire bon usage de l’appui qu’ils viennent de recevoir. «Nous sommes comblés de la tenue de cette cérémonie car nous l’attendions avec impatience. Nous prenons l’engagement de faire bon usage des fonds qui nous sont alloués en toute conscience et au profit de nos familles respectives.»

Cheick Omar Traoré

11:55 Publié dans ACTUALITE SOCIALE DU BF | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | |  Imprimer