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2016.09.08

Drogues en milieu scolaire: le CNLD veut prendre le taureau par les cornes

Le secrétariat permanent du Comité national de lutte contre la drogue (CNLD) a initié une rencontre d’information et de sensibilisation des acteurs de prise de décisions de la région des Hauts-Bassins sur les méfaits des drogues le mercredi 24 août 2016 à Bobo-Dioulasso. Placée sous le thème de «la problématique de la drogue en milieu scolaire: quelles stratégies de lutte pour une meilleure prévention?» cette rencontre avait pour but de faire l’état des lieux du phénomène dans la région afin d’envisager les stratégies de lutte.

Le présidium à l’ouverture de la rencontre d’information et de sensibilisation sur les conséquences des drogues
Le présidium à l’ouverture de la rencontre d’information et de sensibilisation sur les conséquences des drogues

Au Pays des Hommes intègres comme dans bon nombre de pays africains, le phénomène de la consommation de drogue prend de l’ampleur, surtout en milieu jeune comme dans les écoles et les universités. C’est dans le but de déclarer une guerre contre ce phénomène que le ministère de l’Administration territoriale, de la Décentralisation et de la Sécurité intérieure, à travers le secrétariat permanent du Comité national de lutte contre la drogue (CNLD), a initié une série de sessions d’information et de sensibilisation des acteurs de prise de décisions dans les différentes localités du pays.

Dans les Hauts-Bassins, la rencontre, qui s’est tenue en une journée (le mercredi 24 août 2016), a réuni, entre autres acteurs de la société civile, élèves, étudiants, responsables d’associations des parents d’élèves et des mères éducatrices, directeurs provinciaux et régionaux, forces de défense et de sécurité.

Forces de l’ordre et de sécurité, directeurs régionaux et provinciaux, élèves, étudiants, parents d’élèves et autres ont pris part à la formation
Forces de l’ordre et de sécurité, directeurs régionaux et provinciaux, élèves, étudiants, parents d’élèves et autres ont pris part à la formation

A travers cette rencontre, le CNLD entend permettre à ces derniers de connaître théoriquement la drogue et surtout ses conséquences afin de mieux s’engager dans les actions de lutte contre le phénomène en milieu scolaire de «manière à permettre aux jeunes scolaires et étudiants de pouvoir étudier dans de bonnes conditions pour devenir des hommes valeureux, capables de diriger un jour notre très cher pays».

Aussi, il s’agira pour eux de faire l’état des lieux de la consommation de la drogue dans les écoles et universités des Hauts-Bassins afin d’envisager des actions de lutte. Lesquelles actions seront définies en fonction des réalités des différentes localités. «On ne peut pas définir des actions à Ouagadougou et les appliquer à toutes les localités du pays» a indiqué Mariam Diallo, la SP du CNLD.

Pour la SP du CNLD, l’éradication de la drogue en milieu scolaire nécessite l’implication de tous
Pour la SP du CNLD, l’éradication de la drogue en milieu scolaire nécessite l’implication de tous

Afin de permettre la mise en œuvre efficiente des stratégies qui découleront de ces rencontres, le CNLD envisage la mise en place de comités régionaux et communaux de lutte contre la drogue. Aussi, est-il prévu des clubs ou des cellules ainti drogue au niveau des écoles et des universités afin d’impliquer dans la lutte, les acteurs de l’éducation que sont, entre autres, les élèves, enseignants, encadreurs et les parents d’élèves.

A l’issue de cette rencontre, il est attendu de chacun des participants qu’il apporte sa contribution dans sa structure ou dans son milieu de vie respectif pour que la sensibilisation puisse «porter fruit». «Pour avoir une jeunesse saine et un avenir heureux, nous devons éradiquer la drogue dans le milieu scolaire et estudiantin» a insisté Bernard Beba, le secrétaire du gouvernorat, représentant le gouverneur.

Cheick Omar Traoré   (http://lesechosdufaso.net/)

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Ces enfants maltraités par leurs propres parents: quelles solutions?

Ce n’est pas un fait divers. Mais de la réalité. Au Burkina Faso, il y a des enfants qui subissent des atrocités de la part de leurs parents.  Des enfants-martyrs sans défense, victimes de violences de leurs géniteurs. Des situations qui demeurent secrètes car les victimes ne parlent pas. Elles souffrent en silence. Quant aux auteurs, ils nient souvent leurs agissements ou les justifient par les exigences de l’éducation. Ces enfants souffre-douleurs  sont pour la plupart adultérins. En effet, ces faits se déroulent parfois dans un contexte particulier: les ménages vivant en concubinage avec des enfants de lits différents. Ainsi, c’est bien souvent le concubin qui martyrise l’enfant qui n’est pas le sien. Il s’agit aussi de mères célibataires très jeunes, coupées de leur famille, dépressives. Comment protéger ces enfants qui vivent parfois l’enfer. Et qui ne comprennent pas que ceux ou celles qui sont censés les choyer, les maltraitent!

Enfant victime de maltraitance (photo: gabonpub.com)
Enfant victime de maltraitance (photo: gabonpub.com)

N’est-ce pas contrastant qu’un père ou une mère maltraite son propre enfant? Comment peut-on en arriver là? Eh bien, il semble que ces cas malheureux prédominent dans les milieux défavorisés où s’accumulent ressources très faibles, chômage, problèmes socio-économiques. De même, l’isolement, la pauvreté dans tous ces états, peuvent expliquer que là où on ne peut plus exprimer son agressivité par des mots, on le fait par des coups.

L’alcoolisme, la toxicomanie, la maladie mentale peuvent aussi être à l’origine de mauvais traitements. Pour sûr, ceux qui ont le cœur dur comme pierre et qui osent porter violemment la main sur leurs progénitures doivent avoir de personnalités fragiles, malmenées par les conditions de vie traumatisantes: abandon, dissociation familiale, ou ont eux-mêmes fait l’objet de sévices dans leur jeune âge. Tout compte fait, beaucoup d’enfants doivent être protégés contre ces parents dangereux. Qui ne savent plus ce qu’ils font. D’où la nécessité du signalement aux services compétents des cas avérés dont nous avons connaissance. Par devoir moral de protéger ces enfants vulnérables.

Le problème de l’enfance maltraitée est une triste réalité dont on parle peu sous nos cieux. Parce que les victimes sont très jeunes. Par conséquent, ce ne sont pas elles qui iront se plaindre. D’ailleurs, même plus âgés, l’enfant répugne à dénoncer ses père et mère, par peur, mais aussi par honte.

Malheureusement, la réalité enseigne que la plupart de ceux qui savent hésitent à signaler. Les témoins préfèrent ne rien dire, souvent parce qu’ils refusent toute implication personnelle. C’est aussi parce qu’ils ne veulent pas se mêler «d’affaires qui ne les regardent pas»: les pères et les mères ont un droit de correction sur leurs enfants se disent-ils. En outre, il peut être difficile de faire la part entre sévérité, brutalité et correction éducationnelle. Nous nous souvenons tous de ces gifles que nos parents (surtout les pères) nous donnaient pour nos écarts de comportements parfois récidivistes, histoire de nous mettre sur le droit chemin! Ainsi de ce père qui donne des fessées à son enfant quand il laisse tomber son plat de tô par terre  et qui trouve cela normal. Car dans notre culture, un enfant qu’on ne corrige pas court le risque de devenir idiot, négligeant, irrespectueux et mal éduqué! Difficile donc de tracer la limite entre les maltraitances condamnables et les corrections d’un père ou d’une mère qui veut voir son enfant grandir responsablement.

Nous devons tous dénoncer et lutter contre toutes les formes de maltraitance des enfants au Faso (photo: bice.org)
Nous devons tous dénoncer et lutter contre toutes les formes de maltraitance des enfants au Faso (photo: bice.org)

Si les témoins gardent le silence, c’est aussi parce qu’ils ne savent pas à qui s’adresser pour dénoncer les situations. Même si, d’ordinaire, la Police, la Gendarmerie et l’Action sociale peuvent être alertées. Sans gage d’efficacité, soit par manque de personnel, soit parce que ces services hésitent à déclencher une intervention par crainte des représailles pour l’enfant. Sans oublier qu’il est difficile sinon impossible dans notre société de retirer l’enfant de son milieu familial. Pour le placer où, sans que l’enfant ne pâtisse davantage du lien très fort parent-enfant?

En définitive, et de manière réaliste, la répression des parents ne permet pas de résoudre efficacement le problème des mauvais traitements infligés aux enfants. La poursuite pénale n’est pas conciliable avec la protection des victimes.  La condamnation des parents, certes nécessaire au regard de la morale, ne met pas à l’abri de la récidive, l’enfant pouvant être tenu comme responsable de la sanction. S’il existe une solution, elle passe plutôt par la prévention.

La prévention

L’idéal serait de repérer suffisamment tôt les situations familiales critiques, de sorte à leur apporter soutien matériel, éducatif et psychologique. Objectif, faciliter leur insertion sociale. Mais il est utopique de croire que seul le service de l’action sociale peut faire efficacement cette prévention. Le secours des associations s’avère nécessaire. Elles permettent de détecter précocement les populations à risques. Et, au cas où une mesure préventive  s’impose, les psychologues de l’Action sociale peuvent  être contactés pour agir.

Certains signes en maternité sont évocateurs de difficultés: intolérance aux cris de l’enfant, état dépressif, absence de visites témoignant d’un isolement réel…Ces maltraitances sont intolérables (photo: www.humanium.org)
(photo: www.humanium.org)

A l’instar des numéros verts de l’ONEA, de la Police ou de la Gendarmerie, le service de l’Action sociale pourrait créer des lieux d’écoute où des psychologues et des éducateurs  assurent des permanences pour les parents qui veulent bien confier leurs difficultés de relation avec leurs enfants. Surtout que le nombre de grossesses non désirées et de filles-mères augmentent dans notre pays du fait de la perversion des mœurs et de l’absence d’éducation sexuelle.

Sans doute que des textes législatifs protégeant les enfants existent. Il faut les appliquer. Mais  comme nous l’avons démontré, leur application ne protégera pas forcément les enfants victimes de sévices de toutes sortes de la part de leurs parents. La répression, à elle seule, n’assurera pas la protection des enfants maltraités. Il convient donc de privilégier dans notre contexte burkinabé la prévention pour éviter le passage à l’acte et si l’on veut réduire les cas de sévices, véritables catastrophes pour les tout-petits.

Théophile MONE   (http://lesechosdufaso.net/)

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2016.09.05

Burkina – Laure Zongo : « Toute exploitation abusive de l’image de la femme doit être condamnée »

 

Laure Zongo, la ministre burkinabè de la Femme, de la Solidarité nationale et de la Famille, a annulé fin août le concours Miss "Bim Bim" destiné à élire la femme au plus gros postérieur. Selon elle, cette décision, qui a été motivée par des considérations d'ordre éthique, s'inscrit dans une démarche globale du gouvernement décidé à promouvoir les bonnes mœurs. Interview.

Pour justifier sa décision, la ministre se réfère auxaffiches dont « le contenu particulièrement explicite sur la nature de l’événement » est choquant pour l’opinion nationale. Laure Zongo estime donc que le gouvernement n’avait dès lors autre choix que de réagir en annulant le spectacle.

Jeune Afrique : pourquoi avez-vous décidé de l’annulation du concours Miss « Bim Bim » ?

Laure Zongo : Nous avons souhaité l’annulation dudit concours parce que nous avons été interpellés sur les réseaux sociaux, nous avons même reçu des appels téléphoniques attirant notre attention sur les spots publicitaires et les affiches relatives au défilé qui portait atteinte à l’image de la femme, à son intégrité. Lorsque nous avons pris connaissance des affiches en question, nous avons discuté avec les promoteurs de l’activité et il s’est avéré qu’un recadrage était nécessaire.

Les mentalités et les comportements sont fonction des préoccupations du moment

Il ne s’agit pourtant pas d’un concept nouveau. Ce genre de concours existe sous différentes formes et appellations dans d’autres pays de la sous-région. Et Miss « Bim Bim » au Burkina en était à sa 3e édition…

Effectivement. Mais nous n’avions pas connaissance des deux dernières éditions. En ce qui nous concerne, nous venons toute juste de découvrir ce concours et avec l’ampleur des interpellations et des critiques qu’il a suscitées, il était aussi de notre devoir de nous prononcer là-dessus.

Pourquoi ne pas simplement supprimer tous les concours de « Miss » puisqu’on entend aussi des critiques sur le concept de l’événement lui-même, que certains trouvent dégradant pour l’image de la femme ?

C’est un point de vue relatif. Nous sommes dans une société où les mentalités et les comportements sont fonction des préoccupations du moment. De ce fait, ce qui était, hier, apprécié peut ne pas l’être aujourd’hui. Et c’est vrai que le Burkina Faso, à l’instar d’autres pays, est submergé d’une panoplie de concours magnifiant la femme sous diverses formes mais toute dénaturation négative de l’image de la femme ou toute exploitation abusive de cette image visant à dévaloriser la femme doit être condamnée.

Les organisateurs, eux, estiment qu’il ne s’agit pas, contrairement à ce que beaucoup affirment, d’une dégradation de l’image de la femme. Ce concours visait, selon eux, à encourager les femmes de forte corpulence à s’aimer et à s’apprécier comme telle. Qu’en pensez-vous ?

Au cours des concertations avec les organisateurs, ils ont indiqué qu’ils souhaitaient décomplexer la femme de forte corpulence. Mais, en parcourant les différentes affiches et spots publicitaires, ce n’est pas l’impression que nous avons eue. Nous pensons que si tel était leur souhait, ils auraient pu envisager un partenariat avec des stylistes pour créer des modèles adaptés que ces femmes auraient pu porter lors de leur défilé en vue de se mettre en valeur. À notre avis, c’est par là qu’il fallait commencer.

Les femmes doivent respecter leur corps pour donner l’exemple aux futures générations

En juillet dernier, le gouvernement avait déjà annulé un concert de l’artiste camerounais Franko, auteur de la célèbre chanson « Coller la petite ». Cette mesure s’inscrit-elle dans le cadre d’une politique globale du gouvernement ?    

Il y a une vision gouvernementale qui est la promotion et la protection des bonnes mœurs et des droits de la femme. Des textes et des lois ont été adoptés dans ce sens. Toutes nos actions s’inscrivent donc dans cette démarche globale visant à protéger et à promouvoir les droits et la dignité de la femme.

Pensez-vous que les mesures d’interdiction sont réellement efficaces ? Sur quel autre aspect, le gouvernement devrait-il agir ?

Les interdictions peuvent parfois ne pas être efficaces. C’est pourquoi, nous mettons beaucoup l’accent sur les actions de sensibilisation. Nous avons par exemple interpellé les organes de régulation pour plus de vigilance dans l’exercice de leur profession. Nos actions s’adressent aussi aux femmes qui sont les premières concernées parce qu’elles doivent se respecter et respecter leur corps pour donner l’exemple aux futures générations. Je pense que si nous conjuguons ensemble nos efforts avec tous les acteurs, nous pourrons atteindre nos objectifs de protection et de promotion des bonnes mœurs.

Rodrigue Tagnan "Jeune Afrique"

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2016.09.02

Deux camions chargés de 144 ânes arrêtés

Deux camions chargés de 144 ânes arrêtés : « Nos femmes et enfants vivent de ce commerce », affirme le propriétaire des baudets !

 

Deux camions chargés de 144 ânes et en direction de la frontière du Ghana ont été arraisonnés par les douaniers et conduits à la mairie de l’arrondissement 3 de Ouagadougou ce mercredi 31 août 2016. Les propriétaires affirment qu’ils se rendaient à Guelwango, à la frontière pour écouler les baudets. Abdoulaye Guira est une des victimes de l’arrêté gouvernemental du 3 août portant réglementation des exportations et abattage des ânes qu’il dit ignorer et même qu’il ne quittait pas le territoire national.

 

Deux camions chargés de 144 ânes arrêtés : « Nos femmes et enfants vivent de ce commerce », affirme le propriétaire des baudets !

Dans la cour de la mairie de l’arrondissement 3, l’ambiance est inhabituelle en cette soirée du 31 aout 2016. Des centaines d’ânes se promènent allègrement et broutent les herbes. Le gazon n’est pas épargné.

Le 2e adjoint au maire de l’arrondissement que nous avons rencontré précise que c’est aux environs de 3h du matin ce 31 aout, que la brigade mobile de douane de Manga a saisi deux camions ghanéens sur le pont de Nobéré. Ils étaient chargés de 144 ânes.

« Après constat et vérification(…) la douane a amendé les propriétaires des camions à verser la somme d’un million de Francs CFA. Par ailleurs, la douane a saisi le ministère des ressources animales qui à son tour a condamné les intéressés à payer une amende de 10 000F par tête d’âne soit une somme de 1.440 000 Frans CFA », nous explique Evariste Somé, 2e adjoint au maire de l’arrondissement 3.

Et puisque les propriétaires du chargement ont déclaré avoir chargé les animaux depuis Tampouy à Ouaga, c’est à la mairie de l’arrondissement 3 du même quartier qu’ils ont été conduits par des éléments de la douane.

En rappel, en réponse aux abattages massifs d’ânes, le gouvernement a adopté le 3 aout 2016, un décret portant réglementation de l’abattage et de l’exportation des ânes, des camelins, des équins et de leurs produits.

« En attendant l’enquête de la gendarmerie et selon le directeur de la santé animale qui affirme qu’il s’agit d’une infraction, les ânes seront parqués à la fourrière de la mairie, et on trouvera un consensus avec eux pour un délai pour qu’ils vendent les ânes à Ouagadougou et payer aussi les frais de fourrière (…) Si on n’arrive pas à liquider les animaux pendant le délai établi, la mairie a le droit de faire une vente aux enchères et la somme obtenue sera versée dans les caisses de l’Etat », a poursuivi le 2e adjoint au maire de l’arrondissement 3, Evariste Somé.

Impossible pour lui d’en savoir davantage sur la destination ‘’réelle’’ des ânes. Les propriétaires sortaient-ils du territoire avec leur ‘’marchandise’’ ? « On peut faire le lien avec les chinois qui étaient là il n’y a pas longtemps. Ils travaillent peut-être ensemble. Pour le moment on ne sait pas où ils se procurent les ânes, s’ils les élèvent eux-mêmes ou s’ils les achètent » ; ce sont autant d’hypothèses et de questionnements que le 2e adjoint au maire émet et pose.

« C’est notre travail »

Le propriétaire des ânes, lui a des réponses et ne fait pas de mystères sur l’activité qu’il mène. Guira Abdoulaye, entouré de ses collaborateurs nous explique que l’achat et la vente des ânes, c’est leur ‘’job’’. C’est une question de famille et c’est pratiquement une tradition chez eux.

Son père avant lui exerçait dans le domaine et lui, il assure la continuité. « Je suis née avec cette activité. Je peux même dire que l’argent de mon baptême est venu de la vente d’ânes. Tous ceux que vous voyez là, (Ndlr. une quinzaine de personnes autour de lui) nous sommes du même village (Mané à Kaya) et nous venons de la même grande famille ; il n’y a pas quelqu’un parmi nous dont le baptême n’a pas été organisé grâce à l’argent de la vente d’ânes. Nos femmes et nos enfants vivent de ce commerce » poursuit-il.

Il nous enseigne que les ânes n’ont pas été achetés au Burkina Faso. C’est au Mali et en Algérie qu’il s’en procure. « Au Mali, nous remettons l’argent aux arabes qui vont les acheter pour nous, parce que l’insécurité ne nous permet plus d’aller plus loin. C’est à partir de Djibo que nous embarquons les animaux », raconte-t-il.

« Le gouvernement veut nous affamer et nous tuer Le commerçant a déclaré ne pas être au courant d’un texte interdisant l’exportation d’ânes au Burkina, lors de son arrestation. Et même que pour lui, son cas ne peut être assimilé à une exportation. C’est à Guelwango en territoire burkinabè, à la frontière avec Ghana qu’il se rendait avec ses animaux.

Auparavant, c’est à Ouaga qu’il venait vendre ses bourricots avec les charretiers et les agriculteurs mais depuis un certain temps, la clientèle se fait rare dans la capitale. Selon ses propres explications, les charretiers utilisent désormais les tricycles et n’achètent plus les ânes. Les agriculteurs qui achetaient les ânes pour les travaux champêtres ne le font plus également, « les gens ne cultivent plus, ils ont vendu leurs terres ».

Du coup, il fallait chercher les débouchés ailleurs, et l’un d’eux, c’est Guelwango. Et il répond au 2e adjoint au maire et aux autorités qui semblent insinuer qu’il sortait du territoire national avec les ânes. « Les autorités disent de ne pas aller au-delà des frontières, mais nous restons au Burkina, c’est à Guelwango dans un marché comme celui de Djibo », a jouté Abdoulaye Guira.

Lui et ses pairs disent ne pas être contre la décision du gouvernement d’interdire l’exportation des ânes, mais estiment qu’ils auraient dû être consultés au préalable.

« C’est notre gagne-pain, et beaucoup de personnes vivent de cela. Ce qu’on oublie, c’est qu’il y a des gens qui élèvent des ânes pour les vendre. Pourquoi on n’interdit pas de vendre les autres animaux. Le gouvernement veut nous affamer et nous tuer. C’est parce que nous ne voulons pas voler que nous travaillons. Mais le gouvernement dit à ses fils qui se débrouillent de ne plus exercer ce qui leur permettait d’avoir de quoi subvenir à leurs besoins sans voler », tempête Abdoulaye, sous le regard de ses ‘’partenaires’’ qui semblent le soutenir dans ses propos.

« Même demain, nous ne pourrons pas arrêter ce travail. Qu’on nous aide. Si on nous dit ce qu’on doit payer pour continuer à commercialiser nos ânes normalement, si on peut on paye, si on ne peut pas, on laisse », tranche Salam Rabo.

Tiga Cheick Sawadogo
Anaïs Moné (stagiaire)
Lefaso.net

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Le cyber-harcèlement : plus fréquent entre les proches ?

Le cyber-harcèlement : plus fréquent entre les proches ?

Le cyber-harcèlement : plus fréquent entre les proches ?

Caractérisé par des approches déplacées et intrusives sur la toile, le cyber-harcèlement constitue une agression morale. Selon des chercheurs américains, ce phénomène est fréquemment rapporté au sein d’un même groupe de jeunes, notamment lorsqu’ils sont engagés dans une relation amicale ou amoureuse de longue date.

 

Le cyber-harcèlement est couramment associé à l’intrusion à distance d’une tierce personne, d’un inconnu. Mais ce phénomène survient en réalité très fréquemment au sein d’un groupe de jeunes unis par l’amitié ou les sentiments amoureux. Pour le prouver, l’équipe du Pr Diane Felmlee (Université de l’Etat de Pennsylvanie) a étudié le contexte dans lequel surviennent ces épisodes d’atteintes à la dignité morale ou à la réputation. Un travail mené dans un établissement scolaire de New York en 2011 auprès de 800 adolescents âgés de 13 à 18 ans. Toutes les données de connexions sur Internet et les expériences de cyber-harcèlement (en tant que victimes et coupables) ont été analysées.

Résultats, 17,2% des volontaires ont été impliqués de près ou de loin dans une atteinte de type « cyber-harcèlement ». Dans le détail, 5,8% en ont été directement victimes et 9,1% se sont révélés des harceleurs. Enfin, 2,3% ont été à la fois harcelé et harceleur. Dans la majorité des cas, l’intrusion s’opérait sur Facebook ou par sms. « L’étude a révélé que la probabilité de  cyber-harcèlement  est 7 fois plus importante dans un groupe d’amis ou anciens amis», observent des scientifiques de l’American sociological association.

Une nette discrimination

Autres points, les filles sont deux fois plus victimes que les garçons. Une fragilité « liée au manque d’estime de la population féminine », explique le Pr Felmlee. Et la population jeune LGBTQ était, elle, 4 fois plus à risque d’endurer un épisode de cyber-harcèlement comparé aux jeunes hétérosexuels. « Une preuve supplémentaire que notre société stigmatise encore l’orientation sexuelle. » La plupart des victimes ont rapporté des insultes homophobes ou des publications non désirées sur la toile au sujet de leur orientation sexuelle.

Principale explication avancée, l’influence de l’esprit « compétitif et la place prégnante de l’estime de soi au sein d’un groupe » incite à rentrer dans l’intimité et à toucher les points faibles des autres. Ces comportements peuvent dans certains cas pousser les jeunes à se comparer entre eux et à adopter une forme d’intrusion pour se sentir supérieur aux autres. « Dans une relation amicale comme amoureuse, certains jeunes considèrent le cyber-harcèlement comme un moyen de s’imposer face à l’autre, ou bien de rester en contact avec la personne pour tenter de la faire revenir en cas d’éloignement ou de rupture ».

"source ladepeche"

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Sinistrés du 1er septembre 2009 : Une nouvelle vie à Yagma

Sinistrés du 1er septembre 2009 : Une nouvelle vie à Yagma

 

Mardi 1er septembre 2009. Les Burkinabè se rappellent ce jour-où les « dieux du climat » ont ouvert les vannes du ciel sur le Burkina Faso. Ouagadougou, la capitale, a pris une douche froide de 263 mm d’eau en seulement dix heures de temps. Le "déluge" a causé la mort de 46 personnes, détruit 40 000 maisons et fait près de 200 000 sinistrés. Au lendemain de la catastrophe, plusieurs sites ont accueilli des milliers de sans-abris. Sept ans après, que sont devenus ces sinistrés ? Pour le savoir, nous nous sommes rendu sur le site de Yagma situé à la périphérie Nord de Ouagadougou.

 

Sinistrés du 1er septembre 2009 : Une nouvelle vie à Yagma

 

 

 

 

 

Depuis le décès de son époux, Assèta Dera s’est lancée dans le commerce de haricot pour nourrir ses quatre enfants. C’était bien avant que les eaux du 1er septembre 2009 ne détruisent sa maisonnette située dans la zone non lotie du quartier Kilwin… Aujourd’hui, sur le site de Yagma, Assèta poursuit son activité et même si les affaires ne marchent pas comme autrefois, elle dit se sentir mieux dans son nouvel environnement. « Ici, je ne gagne pas des millions et même si j’en avais, je resterai. Je ne quitterai pas ce village », nous a-t-elle fait comprendre.

A côté d’elle, il y a Zoungrana Ganda dit "Paul". Boucher de profession, il a dit avoir tout perdu ce jour fatidique du 1er septembre : « Les inondations ont tout emporté dans ma maison. Ma famille et moi aurions pu mourir ce jour-là (…) Aujourd’hui, je rends grâce à Dieu car je ne pouvais espérer meilleure situation actuellement. Voyez-vous même, j’ai une parcelle et je continue mon boulot ». Et c’est avec fierté qu’il nous a fait savoir qu’il emploie dans sa boucherie cinq personnes dont trois sont pères de familles. Même si les affaires marchent, Ganda dit tenir à la scolarisation de ses enfants qui lui coutent au total 300 000 F CFA. Il aimerait qu’ils soient, eux aussi, des « grands » de ce pays.

Un site difficile d’accès

Certes, les inondations ont permis d’amorcer un nouveau départ pour Assèta, Ganda et de nombreux autres sinistrés, mais l’arbre ne doit pas cacher la forêt. Pour ce qui est des difficultés, les habitants ne manquent pas de rechigner quand il le faut. La première difficulté qu’il faille résoudre selon eux, c’est le manque et la dégradation avancée des routes pour rejoindre la ville.

En effet, en saison pluvieuse, c’est la croix et la bannière pour qui veut rentrer ou sortir du village. Les routes sont dans un état piteux. Et les habitants, eux-mêmes, ne font rien pour changer la situation même s’ils sont unanimes à reconnaitre qu’une mauvaise route engendre l’insécurité et le banditisme. Il n’est pas rare de trouver à chaque 30 mètres, au niveau des bas-fonds, des enfants et adultes ramasser le sable à coups de pelles. A 16 ans et en classe de 4e, Marcel Zoungrana sait que cette activité détruit les voies. Mais, avec les 3000 F CFA qu’il gagne par charrette de sable, il dit vouloir aider ses parents à payer les frais de scolarité et les fournitures à la rentrée prochaine. En attendant, le radier situé sur le côté Est du village ne tient plus, et l’eau ne fait qu’éroder le sol, toujours avec le même acharnement.

Les plaques solaires en attendant la SONABEL

Sur le site de Yagma, on ne trouve pas que des sinistrés. Il y a aussi ceux qui sont venus d’ailleurs pour faire du commerce. Originaire de Téma Bokin, dans la province du Passoré, Yacouba Ouédraogo a abandonné le travail de la terre pour se lancer dans la vente de produits alimentaires et divers à Yagma en 2013. Son commerce est situé à un carrefour et comme la plupart des boutiques du coin, il est équipé de plaques solaires. « Ici, il n’y a pas la SONABEL (Société nationale d’électricité du Burkina, ndlr) et on se débrouille avec l’énergie solaire. Je crois que si les routes étaient bien construites et qu’il y avait le courant, on ne dérangerait pas autant les autorités actuelles », a-t-il estimé.

Vente de parcelles

Outre le manque d’ouvrages d’eau potable, d’infrastructures sanitaires, Issaka Bagagnan, un autochtone du village, cite la négligence du gouvernement face à la vente des parcelles par certains sinistrés. Ganda Zoungrana dit se rappeler qu’au lendemain des inondations, Simon Compaoré, alors maire de la commune de Ouagadougou, les avait défendus de vendre les parcelles au risque d’être mis en prison. Mais, « que de paroles en l’air », a-t-il balancé en langue mooré.
Même s’ils sont désenchantés, les sinistrés disent comprendre le choix de leurs camarades car « ce n’est pas toujours aisé quand on a une famille à nourrir et que sa boutique ou son hangar a été emporté par les eaux. S’il faut mourir de quelque chose, il faudra bien aussi vivre de quelque chose », a soutenu Issaka Bagagnan, l’autochtone.

De quoi vivre, de quoi redonner un visage plus gai à ce site large de 900 ha, les sinistrés n’en demandent pas moins et souhaitent que le gouvernement incite les citadins, détenteurs de parcelles dans le village, à venir les mettre en valeur afin de donner du travail aux jeunes, jusque-là en difficulté.

Herman Frédéric Bassolé
Lefaso.net

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2016.08.30

Parole de conseiller conjugal : Il y a certainement des raisons pour demeurer ensemble !

S’il y’a un exercice difficile à traiter, c’est bien celui de ne voir que les points positifs chez le partenaire conjugal. Je l’ai constaté plus d’une fois lorsque je demande à un conjoint de me dire les choses qu’il apprécie le plus chez l’autre. Très peu sont ceux qui arrivent à me citer sept qualités. Par contre, quand il est question des défauts, alors là, la chaine s’allonge à souhait.

Et c’est tout cela qui met à mal la cohésion du couple : dépeindre en noir le conjoint ou la conjointe. Pourtant la réalité est tout autre : si l’autre était si mauvais que ça, on ne le l’aurait jamais choisi.

Entretenons notre couple avec le peu positif

Entre partenaires, quel que soit le domaine dans lequel on évolue, si l’on passe le temps à ressasser les manquements, les défauts et autres anachronismes, il sera difficile voire impossible de faire équipe ensemble. La joie de travailler avec telle ou telle personne, de jouer dans la même équipe que telle autre, vient du fait avéré qu’il y a des qualités que l’on apprécie dans sa vie. Et le partenariat conjugal ne peut se dérober à cette règle. Et c’est sûr qu’il y a toujours chez l’autre bien de choses positives et c’est avec cela qu’il faut faire.

Je ne suis pas entrain de dire qu’il faut fermer les yeux sur les défauts ; mon approche c’est d’interpeller les couples à ne pas polluer leur vie avec rien que des défauts, alors qu’il leur est possible de donner du goût à leur existence avec le « peu de sel » que possède et entretient chacun des conjoints. Et du sel, il y en a certainement en chacun. Et du sel…et du parfum…et du baume, chacun en regorge même si c’est en petite quantité.

En appréciant ce peu chez l’autre, on le renforce, on le redynamise, on le valorise. Et cette démarche conduit non seulement à positiver d’avantage le partenaire, à le rehausser mais, surtout à l’aider à abandonner ce que l’on considérait comme défaut.

L’exercice que je propose à nos lecteurs est celui-ci :

Notez chaque jour une chose que vous appréciez chez l’autre, et confondez cette chose à lui, c’est-à-dire, la voir en lui.
Le premier jour, c’est sa gentillesse, alors ne l’appelez pas : Christophe ou Chrsitiane, Yelnodo ou Bibata, Yemboado ou Tani, etc. Ce jour-là il ou elle s’appelle « gentil(le) »
Deuxième jour, c’est douceur ; troisième jour, beauté ; troisième jour, libéralité ; quatrième jour, calme ; cinquième jour, travailleur ; sixième jour, accueillant ; septième jour, économiste.

Avec cet exercice et en ne considérant que les qualités, vous remplirez tout le mois sans vous y rendre compte. Du coup vous aurez eu le temps de mettre en parenthèse tous les défauts avérés ou imaginaires. Et ce mois-là sera le plus savoureux pour la vie du couple.

Et c’est comme cela que l’on entretient et enrichit la vie conjugale pour la rendre plus forte et plus résistante contre toutes les attaques d’où qu’elles viennent et quelle que soit leur nature. Cet exercice-là, chaque couple peut l’affronter et le vaincre pourvu qu’il y ait un peu de bonne volonté, surtout la volonté de vivre ensemble et ne jamais se séparer.

Prendre des engagements du genre « je m’engage avec toi pour toute la vie » ne suffisent pas à maintenir la cohésion du couple. Il faut travailler à cela. On ne reste qu’avec un co-équipier que l’on apprécie. Pour le partenariat conjugal, c’est le moins que l’on demande aux conjoints. Une chose est sûre : il y a des motifs pour ne pas se quitter et donc pour demeurer ensemble. A la tâche donc !

Rock Audacien D.Damiba
Conseiller Conjugal
Email : damibashalom@yahoo.fr

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2016.08.26

Commerce ambulant : L’autre école de vacances de certains élèves

Les vacances scolaires riment avec repos, colonies de vacances, voyages et jeux pour les élèves. Pendant que certains se détendent, d’autres sont tendus. Des élèves, à peine la fermeture des classes, se trouvent des jobs de vacances. On les retrouve dans divers secteurs d’activités comme la mécanique, la soudure, la vente de boisson. On retrouve aussi ces vacanciers parmi les marchands ambulants qui sillonnent les artères de la ville de Ouagadougou. Ce mercredi 24 août 2016, nous avons fait un tour dans les rues de Ouagadougou pour comprendre ce phénomène grandissant.

 

Commerce ambulant : L’autre école de vacances de certains élèves

Force est de constater que nos rues grouillent de marchands ambulants, surtout d’élèves en ces temps de vacances. Certains dans le souci de préparer leur prochaine rentrée scolaire, se trouvent de quoi faire. Des élèves s’adonnent à cette activité afin d’aider leurs parents à supporter les charges liées à leur scolarisation. De Pissy à Kilwin en passant par Dapoya, sans oublier Bendogo, ces quartiers sont des lieux que ces marchands ‘’saisonniers’’ parcourent à longueur de journée, à la recherche de la clientèle.

Moussa est venu de la ville de Yako pour chercher de l’argent et repartir dès la rentrée des classes prévue pour octobre. Elève en classe de 6e, il déambule dans les rues de Ouagadougou, avec sa charrette et sa glacière d’eau pour écouler sa marchandise. Vendu à 25 ou 50 francs CFA le sachet d’eau, « cela rapporte un peu », nous indique le jeune élève. Il ajoute que « sur 500 francs CFA de vendu, j’ai 100 francs ». Mais, Il reconnait que la saison pluvieuse n’est pas faite pour arranger les affaires, car, lorsqu’il pleut, « l’eau ne se vend pas bien ».

Un travail qui est pris au sérieux

Vendeuse d’arachides, Awa loge au quartier Kilwin de Ouagadougou. Assiette sur la tête, elle quitte le domicile familial à 7 heures du matin, pour ne rentrer que le soir vers 16 heures. Par jour, elle peut glaner autour de 1000 francs CFA. Cet argent, cette élève en classe de CEM2 (cours élémentaire moyen deuxième année) dit ne pas compter le dépenser n’importe comment. « Je cotise pour pouvoir payer mes fournitures scolaires à la rentrée des classes », laisse-t-elle entendre. Elle ne rencontre aucune difficulté dans la vente de sa marchandise et ne compte arrêter que la veille de la rentrée des classes.

Safi, une fillette de 7 ans, en classe de CP1 (cours préparatoire première année), dit chercher l’argent pour venir en aide à ses parents. A la question de savoir combien elle gagne. Elle rétorque que « ce n’est pas beaucoup, mais cela vaut mieux que rien ». Tu n’es pas trop jeune pour chercher de l’argent ? A cette question, la jeune fille nous fait un grand sourire, reprend sa glacière d’eau et continue son chemin.

« C’est depuis trois ans que je vends du lotus chaque vacance ». Jérôme, élève en classe de 4ème est un vieux routier dans la vente mobile. Il préfère tourner à la recherche d’argent pour sa scolarité que de rester là, à attendre de l’aide qui ne viendra sûrement jamais. Surtout qu’il ne veut pas voler, comme certains de ses camarades. « C’est vrai, je ne gagne pas beaucoup mais j’arrive à donner quelque chose à ma maman et en garder pour moi » confie-t-il avec fierté. Habitant du quartier Zongo de Ouagadougou, il sillonne les maquis et bars ainsi que les restaurants, sans s’inquiéter de la distance.

Marcus Kouaman
Lefaso.net

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2016.08.25

Le travail social et le milieu carcéral au Burkina : le tâtonnement !!! Partie 1

          Le présent article va se tabler sur le service social en milieu pénitentiaire au Burkina Faso et la nécessité d’une refonte. En effet les principales actions des travailleurs sociaux sont orientées vers la réinsertion sociale dans la plus part des pays dont s’inspire notre code de procédure pénal, ainsi que les différents lois et décrets qui régissent notre monde carcérale. En France par exemple les attributions des différents acteurs dans la prison et hors de la prison sont  définies dans le code de procédure pénal français 1791 ainsi que dans le décret 1999 portant Création des services pénitentiaires d’insertion et de probation (SPIP) regroupant dans une structure unique les activités liées à la réinsertion.

        Les services de probation et d’insertion pénitentiaire (service sociaux pénitentiaires) évoluent en parallèle avec les éducateurs de la protection judiciaire de la jeunesse (PJJ)  qui s’occupent aussi des mineurs en conflits avec  loi dans les établissements pénitentiaires pour mineurs.

     Par ailleurs au Burkina Faso la prise en charge des mineurs en conflit avec la loi relèvent uniquement des travailleurs sociaux mise à la disposition du ministère de la justice (loi 015 /AN/2014) notamment  à travers les enquêtes sociales pour assistance éducative, les renouements des liens familiaux etc. …..

            Que faut-il reproché au service social en milieu pénitentiaire actuelle ?

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     Il faut souligner une prise en charge non holistique (complète)  du détenu en matière de réinsertion sociale.

     En effet le service social pénitentiaire ne s’occupe que  du détenu du « dedans » tout en omettant celui du « dehors » (fin de peine, bénéficiaire de mesure spéciale du juge) en d’autre terme l’accent est mis sur le « milieu fermé » au détriment du « milieu ouvert ».

     Les actes délictuels qui conduisent /reconduisent beaucoup de personnes en prison ont leurs racines « dehors »  et la nécessité de valoriser la fonction du juge chargé de l’application des peines(JAP)1 est plus que nécessaire au Burkina Faso, sans omettre aussi une nouvelle réadaptation  de la fonction ou mission du travailleur social en milieu pénitentiaire .Il faut vite arriver à la création des services de probation pour le milieu ouvert et celui des services socio-éducatifs pour le milieu fermé (prison) .

     Une prise en charge en amont et en aval du détenu s’impose au monde de la justice car la récidive et la surpopulation carcérale ont atteint leur paroxysme.

       A l’image de beaucoup de pays comme le canada, la France, l’Allemagne et certains pays africains il nous faut deux systèmes de prise en charge des détenus dont les attributions peuvent être déclinées comme suit…….Article prochain  

                                                                                     Thieni Hama

                                                                                             Educateur social

          

 

 

 

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2016.08.24

Présentation du centre de laye pour mineurs en conflit avec la loi

  •  Historique du centre de laye

Le centre de Laye est la résultante d’un Séminaire international organisé en juin 2000 par l’APA sur le thème « Analyse et critique des procédures pénales d’enquête, d’instruction, de jugement et d’exécution des peines applicables aux mineurs en Afrique » qui avait réuni près de 15 pays africains et des ONG internationales. L’une des recommandations importantes de ce séminaire était d’amener les organisations de la société civile à s’impliquer davantage au côté des autorités publiques pour la prise en charge des mineurs en conflit avec la loi. Fonctionnel depuis le 15 juin 2004, le Centre de Laye pour mineurs en conflit avec la loi est une initiative de l’APA en partenariat avec la Fondation Terre des Hommes Italie. Il a été mis en place grâce au financement de l’Union Européenne et de Terre des Hommes Italie et l’appui du Ministère de la Justice du Burkina Faso.

L’A.P.A. et Terre des hommes Italie ont été les deux acteurs principaux impliqués dans la mise en place et dans la gestion du Centre pendant les périodes des deux projets (2004-2006 et 2007-2009). Le centre est passé du statut de projet à au statut de structure permanente sous la responsabilité de l’APA qui assure sa gestion depuis janvier 2009.

  •  Organisation

Le Centre de Laye est un centre communautaire ouvert, reconnu par arrêté N°2009-054 /MJ/SG/DAPRS du 11 mai  2009 du Ministre de la Justice. Il accueille des mineurs en conflit avec la loi des deux sexes âgés de 13 à 18 ans. Il a été créé en 2004 et se situe à 40 km de Ouagadougou sur la route Ouagadougou – Ouahigouya (RN 5).

Les enfants ciblés sont les mineurs des deux sexes, âgés de 13 à 18 ans, qui font l’objet de poursuites pénales devant les juridictions pour mineurs et bénéficient d’une mesure de placement de ces juridictions ou encore ceux qui font l’objet d’une décision de condamnation à une peine d’emprisonnement ferme.

Le fonctionnement est assuré par une organisation qui repose sur une direction et six services qui se présentent comme suit :

La Direction du Centre comprend le Directeur et tous les chefs de service du centre.

La Direction du Centre a à sa tête un Directeur qui coordonne les activités des différents services du centre et l’ensemble du personnel. Il exécute les décisions du bureau exécutif de l’APA qui définit la politique globale du Centre.

Les services du centre sont les suivants :

  • Le secrétariat – comptabilité ;
  • Le service de l’éducation et de la formation ;
  • Le service santé et du suivi psychologique ;
  • Le service de production ;
  • Le service de la surveillance et de la sécurité ;
  • Le service d’intendance;
  • Particularité du centre

Le  centre a une particularité  qui est très spécifique en ce sens qu’elle n’est pas un centre fermé c’est-à-dire qu’il n’ y a pas de mur de clôture pour empêcher les mineurs qui y sont accueil. Cette approche traduit la toute la philosophie et l’esprit des initiateur du centre orienté sur la réinsertion du mineur. Cela ne peut se faire qu’à travers une prise de conscience de ce dernier. Notons qu’il s’agit du tout premier centre du genre en Afrique de l’ouest

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