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2016.09.09

Ouagadougou: les cimetières de la honte

    La vie est belle. Car elle est un don inestimable de Dieu. Nous l’aimons et la protégeons du mieux que nous pouvons. Mais sur cette terre, la vie n’est pas éternelle. Nous sommes tous appelés à mourir un jour. Jeune ou vieux, homme ou femme, riche ou pauvre. Aussi, dès que la mort fauche un des nôtres, nous nous empressons de lui trouver une sépulture digne de lui. Afin qu’ «il repose en paix», aime-t-on à le dire. La sépulture est donc un lieu hautement symbolique et chargé d’émotions, puisqu’elle représente la dernière demeure du défunt. C’est à la fois un endroit de souvenir et de recueillement, mais aussi un trait d’union entre les disparus et les vivants. C’est une raison suffisante pour que nos parents décédés aient accès à une place honorable au cimetière. Malheureusement, à Ouagadougou, quand l’un de nos proches meurt, il faut gérer deux difficultés: d’abord dompter la douleur de sa disparition et ensuite trouver une place au cimetière pour l’inhumer.

Cimetières de Ouagadougou délaissés, sales
Cimetières de Ouagadougou délaissés, sales

Les emplacements disponibles dans les cimetières de la ville de Ouagadougou deviennent insuffisants, les services municipaux devaient aménager d’autres sites s’ils veulent que les citadins continuent d’ensevelir leurs morts dans la quiétude.

La gestion des cimetières doit être absolument revue
La gestion des cimetières doit être absolument revue

Un tour aux cimetières de Tabtenga, de Karpaala, de Balkuy, de Gounghin, de Nagrin,… à titre d’exemples, et vous constaterez que le nombre de places se réduisent comme une peau de chagrin. Dès qu’il y a un départ, les jeunes, encore très solidaires et compatissants, se débrouillent pour trouver un espace dans l’un de nos cimetières souvent déjà saturés. Justement, comme il faut forcément trouver un coin, ils ne regardent plus les tombes existantes. Ils creusent parfois entre plusieurs tombes. Ce qui crée plus de désordre et contribue à dégrader les anciennes tombes (les uns marchent dessus, les autres s’assoient au-dessus…). Il faut en créer d’autres. Et mieux les protéger pour une gestion rationnelle de l’espace. A Gounghin, ceux qui ont les moyens songent à des caveaux maintenant.

Les municipalités, chargées de délimiter les cimetières et de veiller à leur bon entretien, ont visiblement du mal à le faire adéquatement. Les cimetières de Ouaga sont une honte. Quelle tristesse! Comment nos morts peuvent-ils reposer en paix dans des lieux pareils? Maires du Burkina et surtout de Ouagadougou, vous êtes interpellés sur cette question fondamentale.

Théophile MONE

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Crise d’adolescence: pourquoi les parents doivent-ils éviter d’être moralistes avec leurs enfants?

La crise d’adolescence est l’ensemble des troubles (sautes d’humeur, attitudes de défi, opposition aux parents, comportements excessifs…) en rapport avec la phase de transition entre l’âge enfant et l’âge adulte qu’est l’adolescence. Elle constitue une période difficile pour les jeunes, mais aussi pour les parents, qui doivent gérer le conflit permanent. Pour éviter que l’enfant ne se rebelle et ne reporte sa crise d’adolescence à l’âge adulte, le psychologue Jean Bosco Kaboré nous livre quelques petites astuces.

Jean Bosco Kaboré
Jean Bosco Kaboré

La crise d’adolescence est un phénomène qui touche de nombreuses personnes dont l’âge varie entre 11-12 ans et 18 ans. Elle est essentiellement marquée par l’opposition de l’adolescent à ses parents et aux membres de sa famille. Il se  cherche et essaie de trouver sa place au sein de la famille et de la société. Et cette quête passe souvent par le conflit. Selon le psychologue Jean Bosco Kaboré, c’est une étape où l’adolescent est attentionné pour son propre corps,  vit dans son moi et se voit comme le centre de la vie. «La personne se dit qu’elle peut se permettre de tout faire et quand elle est passionnée, elle veut aller au bout de sa passion. Quand elle veut faire des bêtises, elle le fait, quand on lui dit d’aller à gauche, elle va à droite», a expliqué M. Kaboré.

De son avis, la crise d’adolescence est l’une des causes de divorce car beaucoup d’hommes et de femmes la développent dans le foyer. Certains enfants dit-il, ont eu une éducation stricte avec des parents très rigoureux, observateurs, qui ne leur permettaient pas de jouer avec les autres. Et le fait de ne pas permettre à l’enfant de faire sa crise d’adolescence, cette crise à en croire le spécialiste, est reportée et cela rattrape l’enfant à l’âge adulte et dans le mariage. «C’est en ce moment que la personne commence à dévier, à s’agiter. Elle est troublée, ne cherche pas à comprendre l’autre et n’en fait qu’à sa tête», a-t-il révélé.

Il a aussi précisé que de nombreuses personnes se marient pour combler d’abord leur carence affective. Pour préserver son couple, Jean Bosco Kaboré recommande de toujours essayer de connaitre l’origine du problème au lieu de condamner ou d’attaquer l’autre.

Concernant les parents, ils doivent selon lui, apporter de l’amitié à leurs enfants qui ont besoin de leur présence. «L’adolescent n’a pas besoin de l’autorité de son père ou de sa mère. Il a besoin de se sentir apprécié, valorisé, écouté. Il ne veut pas qu’on l’écoute pour répondre, il veut qu’on l’écoute pour comprendre ses aspirations et les accepter», a-t-il soutenu. Il a aussi rappelé que la crise n’est pas négative en soi. «Quand on est équilibré avec nos parents, la crise nous accompagne dans notre développement. Mais quand on est déséquilibré avec les parents, la crise va amener l’enfant à se disperser», a dévoilé M. Bosco. Il a pour ce faire recommandé aux parents d’éviter d’être moralistes avec leurs progénitures adolescents.

Madina Belemviré

 

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2016.09.08

Manipulation mentale: comment les jeunes se font avoir par les terroristes?

 

Jean Bosco Kaboré
Jean Bosco Kaboré conseiller conjugal et psychologue

La manipulation mentale est l’ensemble des tentatives utilisées pour fausser ou orienter la perception de la réalité d’une personne. Dans le cadre du terrorisme, nombreux sont les jeunes qui tombent dans le piège des terroristes. Pour comprendre comment on peut arriver à convaincre quelqu’un de tuer, nous avons eu un entretien avec le conseiller conjugal et psychologue, Jean Bosco Kaboré. Entretien.

Qu’est-ce que la manipulation mentale?

La manipulation mentale est une manœuvre volontaire ou non, pour inciter quelqu’un à faire quelque chose qu’il ne veut pas nécessairement faire, donc pour modifier son comportement sans qu’il s’aperçoive.

Qu’est-ce qui rend les personnes vulnérables à la manipulation?

La plupart du temps, ce sont des personnes qui ne sont pas assises psychologiquement avec une conviction de vie, des personnes qui n’ont pas de repère. Elles vivent avec de fausses philosophies et sont très vulnérables.

Qu’est-ce qui explique cet état de fait?

Les parents sont en partie responsables car il y a des parents immatures, des bébés adultes. On ne peut pas éduquer les enfants en dehors du berceau de la famille. On met au monde un enfant, mais on n’a pas les outils pour donner une assurance à l’enfant, pour garantir son éducation, pour l’orienter dans une bonne vision. A un certain moment, quand l’enfant est perdu, quand il n’a plus les racines matures de sa famille, il cherche à s’attacher à quelque chose. Les personnes manipulées sont des victimes abandonnées, mêmes si elles font des victimes à leur tour. Beaucoup ont hérité de la haine et des violences qu’elles ont cultivées à partir des blessures très profondes. Ainsi, à un certain moment donné, l’enfant s’éloigne du pâturage de la famille et peut devenir de la sauce pour le loup.

Que symbolise la haine pour ces jeunes?

La haine symbolise pour certains jeunes un mécanisme de défense et quand l’enfant grandit avec son réservoir affectif vide, il se révolte. Quand la haine s’installe dans l’esprit de ces jeunes, ils n’ont plus peur de mourir. Ils sont inspirés et guidés par cette haine qui devient la solution à leur problème.

Comment les manipulateurs arrivent-ils à utiliser ces jeunes à leur guise?

Ils ont une thérapie de manipulation qui est profonde comme un poison. Ils mettent en place cette thérapie pour masturber l’esprit des jeunes. On leur propose une solution en disant: ta vie n’a pas de sens, viens on va trouver un sens à ta vie. Et comme il est vulnérable, il y va. Ils installent un ‘’logiciel mental’’ dans son esprit, déprogramment celui qui était installé avec des fausses philosophies trompeuses et séductrices. Ils leur présentent l’image d’un Dieu et leur font croire que donner sa vie à Dieu est une bonne cause. Ils leur disent qu’ils sont les gentils et que les autres sont les méchants et que s’ils veulent donner un sens à leur vie, il faut qu’ils défendent cette cause noble en tuant les méchants car c’est la seule condition pour aller. Les personnes qui manipulent ont aussi une fausse philosophie, conviction de la vie. Elles manquent de repère et de maturité.

Quel genre de comportement les parents doivent-ils adopter pour éviter que leurs enfants ne se fassent avoir?

Il faut que les parents acceptent l’enfant avec ses défauts et ses qualités, qu’ils parlent son langage car c’est à ce moment qu’on peut découvrir ce qui manque à l’enfant. En acceptant l’enfant, on le met dans une étape d’assurance et de sécurité.

Que peuvent faire les religieux pour sensibiliser ces jeunes?

Nous sommes dans un monde où les religieux doivent travailler à avoir une seule parole, la non-violence. Ils doivent arrêter d’enseigner comment le pêché détruit les hommes et apprendre aux jeunes comment la grâce, la miséricorde sauve les hommes et comment vivre en société nécessite de l’acceptation et de la communion.

Madina Belemviré (http://lesechosdufaso.net/)

 

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Mutilations génitales féminines: la Première dame souhaite qu’on durcisse la loi

La Première dame du Burkina Faso, Sika Kaboré a invité le législateur à doser la sanction sur la pratique de l’excision afin qu’elle soit suffisamment dissuasive pour empêcher les exciseuses de récidiver. C’était au cours d’une conférence de presse le samedi 13 août dernier.

En cas de délit d’excision, la loi prévoit des peines d’emprisonnement de 6 mois à 3 ans et de 5 ans à 10 ans s’il y a mort d’homme. Les amandes vont de 150 000 F CFA à 900 000 F CFA pour les auteurs de ce forfait et de 50 000 à 100 000F CFA pour les complices.

Protégeons nos enfants de cette mutilation
Protégeons nos enfants de cette mutilation

Pour Sika Kaboré, la loi n’est pas suffisamment dissuasive pour intimider les exciseuses de récidiver. «On enferme une exciseuse pour 6 mois de prison et au bout des six mois elle ressort, reprend son couteau et nargue toute la communauté autour d’elle. Ou bien on lui demande de payer l’amende de 150 000 F CFA et elle ne va pas en prison parce que les peines ne sont pas cumulatives, mais alternatives. Elle paye l’amende et elle repart chez elle», a déploré Mme Kaboré qui a révélé que certaines exciseuses vont jusqu’à dire qu’elles ont soudoyé le juge pour sortir. «Vous vous rendez compte de l’effet que cela peut produire par rapport au reste de la population?», s’est-elle interrogée.

Sika Kaboré a promis de continuer la lutte  tant qu'il y aura une seule femme burkinabè menacée d'excision
Sika Kaboré a promis de continuer la lutte tant qu’il y aura une seule femme burkinabè menacée d’excision

Entre l’acte et la sanction, Sika Kaboré pense qu’il n’y a pas de commune mesure parce que le clitoris est un organe qui a son utilité. «Nous allons donc demander au juge d’être sévère et on va discuter avec le législateur pour voir comment doser la sanction pour qu’elle soit suffisamment dissuasive afin que les gens ne récidivent pas», s’est-elle convaincue tout en rappelant que le Burkina Faso est leader au plan international dans la lutte contre l’excision. «Nous ne pouvons pas tolérer aujourd’hui que la Une de l’actualité porte sur l’excision alors que nous reconnaissons tous qu’elle est une pratique néfaste pour la femme. Aujourd’hui ce sont des bébés qu’on excise parce qu’on se rend compte qu’à un certain âge l’enfant peut se défendre et dénoncer», a-t-elle déploré en faisant allusion à la tentative d’excision déjouée des sept filles qui ont été sauvées des lames et couteaux mutilateurs au secteur 21 de Ouagadougou.

Les hommes de médias n'ont pas tari de questions lors de ce point de presse
Les hommes de médias n’ont pas tari de questions lors de ce point de presse

Le ministre de la Solidarité nationale, Laure Zongo a confié à cet effet que les gens commencent à prendre conscience qu’en dénonçant, ils peuvent sauver de nombreuses filles. A l’en croire, les statistiques  l’ont démontré puisqu’en 2014, il y a eu 12 cas de dénonciations qui sont passés à 36 cas en 2015.

Mme Kaboré a donc exhorté les populations à contribuer à cette lutte pour éradiquer pour de bon ce phénomène car dit-t-elle, «Tant qu’il y aura une seule fille ou femme burkinabè menacée d’excision, je continuerai la lutte».

Madina Belemviré (http://lesechosdufaso.net/)

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La crise et l’accès au logement au Faso: quelles solutions durables?

Tous les Burkinabè, quel que soit leur rang social, aspirent à un toit décent. Pourtant, même en l’absence de données fines pour une analyse rigoureuse de la situation, les Burkinabè savent pertinemment que le problème du logement se pose aujourd’hui avec acuité. Depuis cinquante ans, le paysage urbain, surtout de Ouagadougou, s’est profondément modifié: les autorités publiques ont d’abord lutté contre la constitution de bidonvilles (zones non loties) mais bien souvent, de nouveaux espaces ont été urbanisés, hors de tout contrôle de l’État, qui, après avoir essayé d’enrayer le phénomène, semble préférer aujourd’hui l’accompagner. Car la question du logement est indissociable de la question de l’accès au sol.

L’explosion démographique dans notre pays s’accompagne d’une urbanisation effrénée et décousue, posant dans le sillage un problème crucial, celui de l’accès à un logement décent surtout des pauvres.

Regard sur les obstacles qui inhibent l’accès des plus démunis au logement au Burkina Faso.

Des habitats traditionnels...
Des habitats traditionnels…

Le Burkina a énormément changé sur le plan de l’habitat. Un changement qualitatif. Le ciment a remplacé le banco, les villas ont englouties les cases, les bitumes recouvrent la terre, le courant électrique ou solaire a électrocuté la lampe tempête, le téléphone a brouillé le son du tam-tam parleur…

Mais combien de Burkinabè bénéficient de ce changement qui a un prix? Des changements aux coûts exorbitants et dont une certaine catégorie de la population n’a pas accès. Pour ce faire, il existe encore, même dans la capitale, des quartiers semblables à des villages. Des bidonvilles où l’hygiène et autres infrastructures d’assainissement y font défaut.

Le changement du Burkina ressemble à une sorte d’apartheid, un développement séparé. D’un côté les villas de riches (Ouaga 2000, projet Zaca, les villas Azimmo…), de l’autre les taudis des pauvres (les non-lotis de Balkuy, Toyibin, Nagrin. Un véritable contraste.

... aux nouvelles villas du Burkina, on peut dire que tout a changé. Qualitativement. Mais à qui profite ces changements?
… aux nouvelles villas du Burkina, on peut dire que tout a changé. Qualitativement. Mais à qui profite ces changements?

Pourtant, après la nourriture, c’est au logement que les familles consacrent leurs budgets mensuels. Au Burkina, plus de 60% des ménages en ville vivent en location sans oublier les difficultés d’acquisition des terres et les coûts élevés des matériaux de construction. Toute chose qui prouve que les Burkinabè de la ville sont mal logés. La croissance sans cesse de la  population de Ouagadougou est fortement liée à sa croissance spatiale avec les extensions illégales qu’on y dénotent. A qui la faute?

Les problèmes graves qui sous-tendent la crise du logement proviennent de plusieurs facteurs difficiles à maîtriser. Ce sont la croissance démographique, l’urbanisation galopante et la pauvreté chronique. Ces forces prennent chaque année à la gorge bien de personnes démunies au Faso.

Oui, la misère en contraint beaucoup à élire domicile dans des zones inondables ou zones non loties. On ne saurait nier le lien existant entre la pauvreté et le problème du logement. Quand on est trop démuni pour se procurer des choses aussi élémentaires que la nourriture et le vêtement, que dire de l’achat ou de la location d’une habitation décente?

En théorie, la demande de logements est quasi-illimitée. Ceux qui en ont déjà recherchent des habitats plus spacieux et plus confortables alors que ceux qui n’en n’ont pas en veulent un nouveau. Cependant, cette demande latente se traduit difficilement en demande réelle, principalement à cause des questions de financement. Les ménages à faibles revenus étant exclus du système financier du fait du risque élevé qui leur ait associé par les institutions de crédit.

 Les inondations du 1er septembre 2009 ont posé avec acuité le problème du logement au Burkina: Problème d'accessibilité au sol, de coût des matériaux... Les pauvres sont les perdants de la politique du logement
Les inondations du 1er septembre 2009 ont posé avec acuité le problème du logement au Burkina: problème d’accessibilité au sol, des coûts des matériaux… Les pauvres sont les perdants de la politique du logement. Il faut des solutions justes et novatrices

Quelles solutions

En termes de solution, il y a la nécessité de mieux analyser les besoins des populations et de tenir compte de l’environnement des lieux d’habitation.

Premièrement, il faut accepter passer de la simple politique de logement à une politique plus large de l’habitat durable. Une politique de l’habitat durable devra impliquer tous les acteurs de la filière et intervenir sur plusieurs aspects: disponibilités foncières, types de baux autorisés, financement de la filière et construction d’infrastructures. La consultation de différents spécialistes sera nécessaire: démographes, spécialistes de l’aménagement du territoire, économistes, assureurs, ingénieurs en génie civil, routes, etc.

Deuxièmement, il faudrait sécuriser et aménager le foncier. En effet, la régulation du foncier est largement insuffisante au Burkina avec la coexistence parfois de normes étatiques et de normes coutumières. De nouvelles réformes pourraient aboutir à une plus grande intégration du droit coutumier dans le corpus réglementaire.

Enfin, l’Etat burkinabè devrait s’intéresser aux solutions informelles mises en place par les populations elles-mêmes. Par exemple, de nombreux ménages louent leurs logements sans aucun cadre régulateur. Et parfois, les propriétaires en abusent pour faire payer très cher des logements qui ne le sont pas ou encore exiger le paiement de plusieurs mois de loyer en avance.

Il est donc impératif pour le Burkina de repenser sa politique de l’habitat afin de faire face à la crise du logement que vit le pays.

Pour être efficace, cette politique devrait créer un cadre favorable à l’initiative privée car partout dans le monde, les politiques publiques trop volontaristes ont montré leurs limites. Les autorités burkinabè en charge de la question devraient concentrer leurs efforts sur la sécurisation des opérations, le partage des risques.

Une nouvelle politique de logement est nécessaire d’autant plus que face à l’explosion des bidonvilles, le régime passé de Compaoré avait d’abord opté pour la construction des logements sociaux à bas prix. Mais en lieu et place, ce sont des terrains qu’on a offerts. Puisqu’il faut tout reconstruire, si l’on ne veut pas que le toit s’affaisse un jour sur les habitants. Sans compter que ces logements étaient pour la majorité dépourvues des infrastructures de base: santé, transport, éducation, etc.

Le nouveau régime de Roch devrait prendre des mesures pour assurer un accès au logement à tous. Surtout aux pauvres. Un défi difficile face à la dépopulation des campagnes au profit des villes et face à la démographie galopante. Mais plus le MPP sera à même de relever les grands défis actuels, plus il bénéficiera d’une large caution du peuple. Aux prochaines élections, en 2020.

Théophile MONE (http://lesechosdufaso.net/)

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Drogues en milieu scolaire: le CNLD veut prendre le taureau par les cornes

Le secrétariat permanent du Comité national de lutte contre la drogue (CNLD) a initié une rencontre d’information et de sensibilisation des acteurs de prise de décisions de la région des Hauts-Bassins sur les méfaits des drogues le mercredi 24 août 2016 à Bobo-Dioulasso. Placée sous le thème de «la problématique de la drogue en milieu scolaire: quelles stratégies de lutte pour une meilleure prévention?» cette rencontre avait pour but de faire l’état des lieux du phénomène dans la région afin d’envisager les stratégies de lutte.

Le présidium à l’ouverture de la rencontre d’information et de sensibilisation sur les conséquences des drogues
Le présidium à l’ouverture de la rencontre d’information et de sensibilisation sur les conséquences des drogues

Au Pays des Hommes intègres comme dans bon nombre de pays africains, le phénomène de la consommation de drogue prend de l’ampleur, surtout en milieu jeune comme dans les écoles et les universités. C’est dans le but de déclarer une guerre contre ce phénomène que le ministère de l’Administration territoriale, de la Décentralisation et de la Sécurité intérieure, à travers le secrétariat permanent du Comité national de lutte contre la drogue (CNLD), a initié une série de sessions d’information et de sensibilisation des acteurs de prise de décisions dans les différentes localités du pays.

Dans les Hauts-Bassins, la rencontre, qui s’est tenue en une journée (le mercredi 24 août 2016), a réuni, entre autres acteurs de la société civile, élèves, étudiants, responsables d’associations des parents d’élèves et des mères éducatrices, directeurs provinciaux et régionaux, forces de défense et de sécurité.

Forces de l’ordre et de sécurité, directeurs régionaux et provinciaux, élèves, étudiants, parents d’élèves et autres ont pris part à la formation
Forces de l’ordre et de sécurité, directeurs régionaux et provinciaux, élèves, étudiants, parents d’élèves et autres ont pris part à la formation

A travers cette rencontre, le CNLD entend permettre à ces derniers de connaître théoriquement la drogue et surtout ses conséquences afin de mieux s’engager dans les actions de lutte contre le phénomène en milieu scolaire de «manière à permettre aux jeunes scolaires et étudiants de pouvoir étudier dans de bonnes conditions pour devenir des hommes valeureux, capables de diriger un jour notre très cher pays».

Aussi, il s’agira pour eux de faire l’état des lieux de la consommation de la drogue dans les écoles et universités des Hauts-Bassins afin d’envisager des actions de lutte. Lesquelles actions seront définies en fonction des réalités des différentes localités. «On ne peut pas définir des actions à Ouagadougou et les appliquer à toutes les localités du pays» a indiqué Mariam Diallo, la SP du CNLD.

Pour la SP du CNLD, l’éradication de la drogue en milieu scolaire nécessite l’implication de tous
Pour la SP du CNLD, l’éradication de la drogue en milieu scolaire nécessite l’implication de tous

Afin de permettre la mise en œuvre efficiente des stratégies qui découleront de ces rencontres, le CNLD envisage la mise en place de comités régionaux et communaux de lutte contre la drogue. Aussi, est-il prévu des clubs ou des cellules ainti drogue au niveau des écoles et des universités afin d’impliquer dans la lutte, les acteurs de l’éducation que sont, entre autres, les élèves, enseignants, encadreurs et les parents d’élèves.

A l’issue de cette rencontre, il est attendu de chacun des participants qu’il apporte sa contribution dans sa structure ou dans son milieu de vie respectif pour que la sensibilisation puisse «porter fruit». «Pour avoir une jeunesse saine et un avenir heureux, nous devons éradiquer la drogue dans le milieu scolaire et estudiantin» a insisté Bernard Beba, le secrétaire du gouvernorat, représentant le gouverneur.

Cheick Omar Traoré   (http://lesechosdufaso.net/)

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Ces enfants maltraités par leurs propres parents: quelles solutions?

Ce n’est pas un fait divers. Mais de la réalité. Au Burkina Faso, il y a des enfants qui subissent des atrocités de la part de leurs parents.  Des enfants-martyrs sans défense, victimes de violences de leurs géniteurs. Des situations qui demeurent secrètes car les victimes ne parlent pas. Elles souffrent en silence. Quant aux auteurs, ils nient souvent leurs agissements ou les justifient par les exigences de l’éducation. Ces enfants souffre-douleurs  sont pour la plupart adultérins. En effet, ces faits se déroulent parfois dans un contexte particulier: les ménages vivant en concubinage avec des enfants de lits différents. Ainsi, c’est bien souvent le concubin qui martyrise l’enfant qui n’est pas le sien. Il s’agit aussi de mères célibataires très jeunes, coupées de leur famille, dépressives. Comment protéger ces enfants qui vivent parfois l’enfer. Et qui ne comprennent pas que ceux ou celles qui sont censés les choyer, les maltraitent!

Enfant victime de maltraitance (photo: gabonpub.com)
Enfant victime de maltraitance (photo: gabonpub.com)

N’est-ce pas contrastant qu’un père ou une mère maltraite son propre enfant? Comment peut-on en arriver là? Eh bien, il semble que ces cas malheureux prédominent dans les milieux défavorisés où s’accumulent ressources très faibles, chômage, problèmes socio-économiques. De même, l’isolement, la pauvreté dans tous ces états, peuvent expliquer que là où on ne peut plus exprimer son agressivité par des mots, on le fait par des coups.

L’alcoolisme, la toxicomanie, la maladie mentale peuvent aussi être à l’origine de mauvais traitements. Pour sûr, ceux qui ont le cœur dur comme pierre et qui osent porter violemment la main sur leurs progénitures doivent avoir de personnalités fragiles, malmenées par les conditions de vie traumatisantes: abandon, dissociation familiale, ou ont eux-mêmes fait l’objet de sévices dans leur jeune âge. Tout compte fait, beaucoup d’enfants doivent être protégés contre ces parents dangereux. Qui ne savent plus ce qu’ils font. D’où la nécessité du signalement aux services compétents des cas avérés dont nous avons connaissance. Par devoir moral de protéger ces enfants vulnérables.

Le problème de l’enfance maltraitée est une triste réalité dont on parle peu sous nos cieux. Parce que les victimes sont très jeunes. Par conséquent, ce ne sont pas elles qui iront se plaindre. D’ailleurs, même plus âgés, l’enfant répugne à dénoncer ses père et mère, par peur, mais aussi par honte.

Malheureusement, la réalité enseigne que la plupart de ceux qui savent hésitent à signaler. Les témoins préfèrent ne rien dire, souvent parce qu’ils refusent toute implication personnelle. C’est aussi parce qu’ils ne veulent pas se mêler «d’affaires qui ne les regardent pas»: les pères et les mères ont un droit de correction sur leurs enfants se disent-ils. En outre, il peut être difficile de faire la part entre sévérité, brutalité et correction éducationnelle. Nous nous souvenons tous de ces gifles que nos parents (surtout les pères) nous donnaient pour nos écarts de comportements parfois récidivistes, histoire de nous mettre sur le droit chemin! Ainsi de ce père qui donne des fessées à son enfant quand il laisse tomber son plat de tô par terre  et qui trouve cela normal. Car dans notre culture, un enfant qu’on ne corrige pas court le risque de devenir idiot, négligeant, irrespectueux et mal éduqué! Difficile donc de tracer la limite entre les maltraitances condamnables et les corrections d’un père ou d’une mère qui veut voir son enfant grandir responsablement.

Nous devons tous dénoncer et lutter contre toutes les formes de maltraitance des enfants au Faso (photo: bice.org)
Nous devons tous dénoncer et lutter contre toutes les formes de maltraitance des enfants au Faso (photo: bice.org)

Si les témoins gardent le silence, c’est aussi parce qu’ils ne savent pas à qui s’adresser pour dénoncer les situations. Même si, d’ordinaire, la Police, la Gendarmerie et l’Action sociale peuvent être alertées. Sans gage d’efficacité, soit par manque de personnel, soit parce que ces services hésitent à déclencher une intervention par crainte des représailles pour l’enfant. Sans oublier qu’il est difficile sinon impossible dans notre société de retirer l’enfant de son milieu familial. Pour le placer où, sans que l’enfant ne pâtisse davantage du lien très fort parent-enfant?

En définitive, et de manière réaliste, la répression des parents ne permet pas de résoudre efficacement le problème des mauvais traitements infligés aux enfants. La poursuite pénale n’est pas conciliable avec la protection des victimes.  La condamnation des parents, certes nécessaire au regard de la morale, ne met pas à l’abri de la récidive, l’enfant pouvant être tenu comme responsable de la sanction. S’il existe une solution, elle passe plutôt par la prévention.

La prévention

L’idéal serait de repérer suffisamment tôt les situations familiales critiques, de sorte à leur apporter soutien matériel, éducatif et psychologique. Objectif, faciliter leur insertion sociale. Mais il est utopique de croire que seul le service de l’action sociale peut faire efficacement cette prévention. Le secours des associations s’avère nécessaire. Elles permettent de détecter précocement les populations à risques. Et, au cas où une mesure préventive  s’impose, les psychologues de l’Action sociale peuvent  être contactés pour agir.

Certains signes en maternité sont évocateurs de difficultés: intolérance aux cris de l’enfant, état dépressif, absence de visites témoignant d’un isolement réel…Ces maltraitances sont intolérables (photo: www.humanium.org)
(photo: www.humanium.org)

A l’instar des numéros verts de l’ONEA, de la Police ou de la Gendarmerie, le service de l’Action sociale pourrait créer des lieux d’écoute où des psychologues et des éducateurs  assurent des permanences pour les parents qui veulent bien confier leurs difficultés de relation avec leurs enfants. Surtout que le nombre de grossesses non désirées et de filles-mères augmentent dans notre pays du fait de la perversion des mœurs et de l’absence d’éducation sexuelle.

Sans doute que des textes législatifs protégeant les enfants existent. Il faut les appliquer. Mais  comme nous l’avons démontré, leur application ne protégera pas forcément les enfants victimes de sévices de toutes sortes de la part de leurs parents. La répression, à elle seule, n’assurera pas la protection des enfants maltraités. Il convient donc de privilégier dans notre contexte burkinabé la prévention pour éviter le passage à l’acte et si l’on veut réduire les cas de sévices, véritables catastrophes pour les tout-petits.

Théophile MONE   (http://lesechosdufaso.net/)

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2016.09.05

Burkina – Laure Zongo : « Toute exploitation abusive de l’image de la femme doit être condamnée »

 

Laure Zongo, la ministre burkinabè de la Femme, de la Solidarité nationale et de la Famille, a annulé fin août le concours Miss "Bim Bim" destiné à élire la femme au plus gros postérieur. Selon elle, cette décision, qui a été motivée par des considérations d'ordre éthique, s'inscrit dans une démarche globale du gouvernement décidé à promouvoir les bonnes mœurs. Interview.

Pour justifier sa décision, la ministre se réfère auxaffiches dont « le contenu particulièrement explicite sur la nature de l’événement » est choquant pour l’opinion nationale. Laure Zongo estime donc que le gouvernement n’avait dès lors autre choix que de réagir en annulant le spectacle.

Jeune Afrique : pourquoi avez-vous décidé de l’annulation du concours Miss « Bim Bim » ?

Laure Zongo : Nous avons souhaité l’annulation dudit concours parce que nous avons été interpellés sur les réseaux sociaux, nous avons même reçu des appels téléphoniques attirant notre attention sur les spots publicitaires et les affiches relatives au défilé qui portait atteinte à l’image de la femme, à son intégrité. Lorsque nous avons pris connaissance des affiches en question, nous avons discuté avec les promoteurs de l’activité et il s’est avéré qu’un recadrage était nécessaire.

Les mentalités et les comportements sont fonction des préoccupations du moment

Il ne s’agit pourtant pas d’un concept nouveau. Ce genre de concours existe sous différentes formes et appellations dans d’autres pays de la sous-région. Et Miss « Bim Bim » au Burkina en était à sa 3e édition…

Effectivement. Mais nous n’avions pas connaissance des deux dernières éditions. En ce qui nous concerne, nous venons toute juste de découvrir ce concours et avec l’ampleur des interpellations et des critiques qu’il a suscitées, il était aussi de notre devoir de nous prononcer là-dessus.

Pourquoi ne pas simplement supprimer tous les concours de « Miss » puisqu’on entend aussi des critiques sur le concept de l’événement lui-même, que certains trouvent dégradant pour l’image de la femme ?

C’est un point de vue relatif. Nous sommes dans une société où les mentalités et les comportements sont fonction des préoccupations du moment. De ce fait, ce qui était, hier, apprécié peut ne pas l’être aujourd’hui. Et c’est vrai que le Burkina Faso, à l’instar d’autres pays, est submergé d’une panoplie de concours magnifiant la femme sous diverses formes mais toute dénaturation négative de l’image de la femme ou toute exploitation abusive de cette image visant à dévaloriser la femme doit être condamnée.

Les organisateurs, eux, estiment qu’il ne s’agit pas, contrairement à ce que beaucoup affirment, d’une dégradation de l’image de la femme. Ce concours visait, selon eux, à encourager les femmes de forte corpulence à s’aimer et à s’apprécier comme telle. Qu’en pensez-vous ?

Au cours des concertations avec les organisateurs, ils ont indiqué qu’ils souhaitaient décomplexer la femme de forte corpulence. Mais, en parcourant les différentes affiches et spots publicitaires, ce n’est pas l’impression que nous avons eue. Nous pensons que si tel était leur souhait, ils auraient pu envisager un partenariat avec des stylistes pour créer des modèles adaptés que ces femmes auraient pu porter lors de leur défilé en vue de se mettre en valeur. À notre avis, c’est par là qu’il fallait commencer.

Les femmes doivent respecter leur corps pour donner l’exemple aux futures générations

En juillet dernier, le gouvernement avait déjà annulé un concert de l’artiste camerounais Franko, auteur de la célèbre chanson « Coller la petite ». Cette mesure s’inscrit-elle dans le cadre d’une politique globale du gouvernement ?    

Il y a une vision gouvernementale qui est la promotion et la protection des bonnes mœurs et des droits de la femme. Des textes et des lois ont été adoptés dans ce sens. Toutes nos actions s’inscrivent donc dans cette démarche globale visant à protéger et à promouvoir les droits et la dignité de la femme.

Pensez-vous que les mesures d’interdiction sont réellement efficaces ? Sur quel autre aspect, le gouvernement devrait-il agir ?

Les interdictions peuvent parfois ne pas être efficaces. C’est pourquoi, nous mettons beaucoup l’accent sur les actions de sensibilisation. Nous avons par exemple interpellé les organes de régulation pour plus de vigilance dans l’exercice de leur profession. Nos actions s’adressent aussi aux femmes qui sont les premières concernées parce qu’elles doivent se respecter et respecter leur corps pour donner l’exemple aux futures générations. Je pense que si nous conjuguons ensemble nos efforts avec tous les acteurs, nous pourrons atteindre nos objectifs de protection et de promotion des bonnes mœurs.

Rodrigue Tagnan "Jeune Afrique"

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2016.09.02

Deux camions chargés de 144 ânes arrêtés

Deux camions chargés de 144 ânes arrêtés : « Nos femmes et enfants vivent de ce commerce », affirme le propriétaire des baudets !

 

Deux camions chargés de 144 ânes et en direction de la frontière du Ghana ont été arraisonnés par les douaniers et conduits à la mairie de l’arrondissement 3 de Ouagadougou ce mercredi 31 août 2016. Les propriétaires affirment qu’ils se rendaient à Guelwango, à la frontière pour écouler les baudets. Abdoulaye Guira est une des victimes de l’arrêté gouvernemental du 3 août portant réglementation des exportations et abattage des ânes qu’il dit ignorer et même qu’il ne quittait pas le territoire national.

 

Deux camions chargés de 144 ânes arrêtés : « Nos femmes et enfants vivent de ce commerce », affirme le propriétaire des baudets !

Dans la cour de la mairie de l’arrondissement 3, l’ambiance est inhabituelle en cette soirée du 31 aout 2016. Des centaines d’ânes se promènent allègrement et broutent les herbes. Le gazon n’est pas épargné.

Le 2e adjoint au maire de l’arrondissement que nous avons rencontré précise que c’est aux environs de 3h du matin ce 31 aout, que la brigade mobile de douane de Manga a saisi deux camions ghanéens sur le pont de Nobéré. Ils étaient chargés de 144 ânes.

« Après constat et vérification(…) la douane a amendé les propriétaires des camions à verser la somme d’un million de Francs CFA. Par ailleurs, la douane a saisi le ministère des ressources animales qui à son tour a condamné les intéressés à payer une amende de 10 000F par tête d’âne soit une somme de 1.440 000 Frans CFA », nous explique Evariste Somé, 2e adjoint au maire de l’arrondissement 3.

Et puisque les propriétaires du chargement ont déclaré avoir chargé les animaux depuis Tampouy à Ouaga, c’est à la mairie de l’arrondissement 3 du même quartier qu’ils ont été conduits par des éléments de la douane.

En rappel, en réponse aux abattages massifs d’ânes, le gouvernement a adopté le 3 aout 2016, un décret portant réglementation de l’abattage et de l’exportation des ânes, des camelins, des équins et de leurs produits.

« En attendant l’enquête de la gendarmerie et selon le directeur de la santé animale qui affirme qu’il s’agit d’une infraction, les ânes seront parqués à la fourrière de la mairie, et on trouvera un consensus avec eux pour un délai pour qu’ils vendent les ânes à Ouagadougou et payer aussi les frais de fourrière (…) Si on n’arrive pas à liquider les animaux pendant le délai établi, la mairie a le droit de faire une vente aux enchères et la somme obtenue sera versée dans les caisses de l’Etat », a poursuivi le 2e adjoint au maire de l’arrondissement 3, Evariste Somé.

Impossible pour lui d’en savoir davantage sur la destination ‘’réelle’’ des ânes. Les propriétaires sortaient-ils du territoire avec leur ‘’marchandise’’ ? « On peut faire le lien avec les chinois qui étaient là il n’y a pas longtemps. Ils travaillent peut-être ensemble. Pour le moment on ne sait pas où ils se procurent les ânes, s’ils les élèvent eux-mêmes ou s’ils les achètent » ; ce sont autant d’hypothèses et de questionnements que le 2e adjoint au maire émet et pose.

« C’est notre travail »

Le propriétaire des ânes, lui a des réponses et ne fait pas de mystères sur l’activité qu’il mène. Guira Abdoulaye, entouré de ses collaborateurs nous explique que l’achat et la vente des ânes, c’est leur ‘’job’’. C’est une question de famille et c’est pratiquement une tradition chez eux.

Son père avant lui exerçait dans le domaine et lui, il assure la continuité. « Je suis née avec cette activité. Je peux même dire que l’argent de mon baptême est venu de la vente d’ânes. Tous ceux que vous voyez là, (Ndlr. une quinzaine de personnes autour de lui) nous sommes du même village (Mané à Kaya) et nous venons de la même grande famille ; il n’y a pas quelqu’un parmi nous dont le baptême n’a pas été organisé grâce à l’argent de la vente d’ânes. Nos femmes et nos enfants vivent de ce commerce » poursuit-il.

Il nous enseigne que les ânes n’ont pas été achetés au Burkina Faso. C’est au Mali et en Algérie qu’il s’en procure. « Au Mali, nous remettons l’argent aux arabes qui vont les acheter pour nous, parce que l’insécurité ne nous permet plus d’aller plus loin. C’est à partir de Djibo que nous embarquons les animaux », raconte-t-il.

« Le gouvernement veut nous affamer et nous tuer Le commerçant a déclaré ne pas être au courant d’un texte interdisant l’exportation d’ânes au Burkina, lors de son arrestation. Et même que pour lui, son cas ne peut être assimilé à une exportation. C’est à Guelwango en territoire burkinabè, à la frontière avec Ghana qu’il se rendait avec ses animaux.

Auparavant, c’est à Ouaga qu’il venait vendre ses bourricots avec les charretiers et les agriculteurs mais depuis un certain temps, la clientèle se fait rare dans la capitale. Selon ses propres explications, les charretiers utilisent désormais les tricycles et n’achètent plus les ânes. Les agriculteurs qui achetaient les ânes pour les travaux champêtres ne le font plus également, « les gens ne cultivent plus, ils ont vendu leurs terres ».

Du coup, il fallait chercher les débouchés ailleurs, et l’un d’eux, c’est Guelwango. Et il répond au 2e adjoint au maire et aux autorités qui semblent insinuer qu’il sortait du territoire national avec les ânes. « Les autorités disent de ne pas aller au-delà des frontières, mais nous restons au Burkina, c’est à Guelwango dans un marché comme celui de Djibo », a jouté Abdoulaye Guira.

Lui et ses pairs disent ne pas être contre la décision du gouvernement d’interdire l’exportation des ânes, mais estiment qu’ils auraient dû être consultés au préalable.

« C’est notre gagne-pain, et beaucoup de personnes vivent de cela. Ce qu’on oublie, c’est qu’il y a des gens qui élèvent des ânes pour les vendre. Pourquoi on n’interdit pas de vendre les autres animaux. Le gouvernement veut nous affamer et nous tuer. C’est parce que nous ne voulons pas voler que nous travaillons. Mais le gouvernement dit à ses fils qui se débrouillent de ne plus exercer ce qui leur permettait d’avoir de quoi subvenir à leurs besoins sans voler », tempête Abdoulaye, sous le regard de ses ‘’partenaires’’ qui semblent le soutenir dans ses propos.

« Même demain, nous ne pourrons pas arrêter ce travail. Qu’on nous aide. Si on nous dit ce qu’on doit payer pour continuer à commercialiser nos ânes normalement, si on peut on paye, si on ne peut pas, on laisse », tranche Salam Rabo.

Tiga Cheick Sawadogo
Anaïs Moné (stagiaire)
Lefaso.net

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Le cyber-harcèlement : plus fréquent entre les proches ?

Le cyber-harcèlement : plus fréquent entre les proches ?

Le cyber-harcèlement : plus fréquent entre les proches ?

Caractérisé par des approches déplacées et intrusives sur la toile, le cyber-harcèlement constitue une agression morale. Selon des chercheurs américains, ce phénomène est fréquemment rapporté au sein d’un même groupe de jeunes, notamment lorsqu’ils sont engagés dans une relation amicale ou amoureuse de longue date.

 

Le cyber-harcèlement est couramment associé à l’intrusion à distance d’une tierce personne, d’un inconnu. Mais ce phénomène survient en réalité très fréquemment au sein d’un groupe de jeunes unis par l’amitié ou les sentiments amoureux. Pour le prouver, l’équipe du Pr Diane Felmlee (Université de l’Etat de Pennsylvanie) a étudié le contexte dans lequel surviennent ces épisodes d’atteintes à la dignité morale ou à la réputation. Un travail mené dans un établissement scolaire de New York en 2011 auprès de 800 adolescents âgés de 13 à 18 ans. Toutes les données de connexions sur Internet et les expériences de cyber-harcèlement (en tant que victimes et coupables) ont été analysées.

Résultats, 17,2% des volontaires ont été impliqués de près ou de loin dans une atteinte de type « cyber-harcèlement ». Dans le détail, 5,8% en ont été directement victimes et 9,1% se sont révélés des harceleurs. Enfin, 2,3% ont été à la fois harcelé et harceleur. Dans la majorité des cas, l’intrusion s’opérait sur Facebook ou par sms. « L’étude a révélé que la probabilité de  cyber-harcèlement  est 7 fois plus importante dans un groupe d’amis ou anciens amis», observent des scientifiques de l’American sociological association.

Une nette discrimination

Autres points, les filles sont deux fois plus victimes que les garçons. Une fragilité « liée au manque d’estime de la population féminine », explique le Pr Felmlee. Et la population jeune LGBTQ était, elle, 4 fois plus à risque d’endurer un épisode de cyber-harcèlement comparé aux jeunes hétérosexuels. « Une preuve supplémentaire que notre société stigmatise encore l’orientation sexuelle. » La plupart des victimes ont rapporté des insultes homophobes ou des publications non désirées sur la toile au sujet de leur orientation sexuelle.

Principale explication avancée, l’influence de l’esprit « compétitif et la place prégnante de l’estime de soi au sein d’un groupe » incite à rentrer dans l’intimité et à toucher les points faibles des autres. Ces comportements peuvent dans certains cas pousser les jeunes à se comparer entre eux et à adopter une forme d’intrusion pour se sentir supérieur aux autres. « Dans une relation amicale comme amoureuse, certains jeunes considèrent le cyber-harcèlement comme un moyen de s’imposer face à l’autre, ou bien de rester en contact avec la personne pour tenter de la faire revenir en cas d’éloignement ou de rupture ».

"source ladepeche"

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