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2017.12.24

Lutte contre l’excision et le mariage d’enfants : La population de Komsilga s’engage à abandonner ces pratiques

Lutte contre l’excision et le mariage d’enfants : La population de Komsilga s’engage à abandonner ces pratiques

L’ONG Voix de femme a organisé une cérémonie de déclaration publique d’abandon du mariage d’enfants et des mutilations génitales féminines dans la commune rurale de Komsilga, ce mardi 19 décembre 2017. Par cet acte la population s’engage à bannir de telles pratiques de leur communauté.

Le mariage d’enfants et les mutilations génitales féminines (MGF) demeurent très répandus en Afrique et surtout au Burkina Faso. Les statistiques de 2010 montrent que le pays a un taux de mariage des moins de 18 ans de 51,6%. Une fois mariées, les filles font face à de grands défis comme la déscolarisation, la maternité précoce, la pauvreté. Cette prévalence classe le pays des Hommes intègres au 5e rang mondial. La pratique de l’excision quant à elle peut entrainer la mort ou des complications dramatique si l’excisée survit. Pour la présidente de l’ONG Voix de femmes, Mariam Lamizana, les actions que son organisation pose grâce au soutien technique et financier du Fond des Nations unies pour la population (UNFPA) revêt une importance particulière au regard des enjeux liés à la lutte contre le mariage d’enfants et les MGF.

« Face aux très graves conséquences de ces pratiques sur la vie des victimes, de nombreuses initiatives ont été développées au Burkina Faso, des actions conjuguées de plaidoyer, de sensibilisation et d’information », a-t-elle laissé entendre. D’où la tenue de cette délation publique d’abandon. Au nom des cinq villages que sont Komsilga centre, Dawanegomdé, Bangma, Gomsi et Boula, les leaders coutumier et religieux, ont pris l’engagement de veiller à ce que ces pratiques d’un autre siècle prennent fin. Pour arriver à ce résultat, l’ONG voix de femme a entreprise plusieurs actions dont celle de l’autonomisation économique des filles car la pauvreté est une cause du mariage précoce.

A cet effet, des kits de restauration et de couture d’une valeur de 3 millions de FCFA ont été remis pour soutenir des filles afin qu’elles puissent mener des activités génératrices de revenus (cinq filles dans la commune de Komsilga et deux dans la commune de Pabré). Des actions que la Secrétaire permanente du Conseil national de lutte contre la pratique de l’excision (SP/CNLPE), Rachel Badolo a salué à sa juste valeur. Pour elle, cette mobilisation de la population, des autorités administratives, politiques, coutumières et religieuses, témoigne de l’intérêt qu’elles portent à la promotion de la protection des droits de l’enfant et de la femme. C’est pour venir à bout de ce fléau que depuis plus de deux décennies, le Burkina à travers son gouvernement, les partenaires techniques et financiers et les Organisations de la société civile, se sont engagés avec détermination.

Selon la SP/CNLPE, ces efforts conjugués ont permis d’obtenir « une baisse tendancielle de la pratique ». De 75,8% en 2010 selon l’Enquête démographique de santé (EDS), la prévalence est passée à 67,6% en 2015 chez les femmes de 15 à 49 ans d’après l’Enquête multisectorielle continue (EMC). Une tendance à la baisse confirmée chez la tranche d’âge de 0 à 14 ans qui donne un taux de prévalence de 13,3% (EDS 2010) contre 11,3 (EMC 2015). « Cette baisse tendancielle de la pratique nous interpelle toujours à rester vigilants », a-t-elle insisté. Et comme prévenir vaut mieux que guérir, elle a procédé officiellement à l’installation du Comité villageois de suivi des déclarations publiques. Cela pour veiller au respect de l’engagement des communautés et dénoncer tout cas suspect au numéro vert SOS excision 80 00 11 12.

Marcus Kouaman
Lefaso.net

Petit à petit, le Burkina bascule dans l’intolérance, l’égoïsme et l’arrogance

Petit à petit, le Burkina bascule dans l’intolérance, l’égoïsme et l’arrogance

Il faut être égoïste pour bloquer le fonctionnement d’un service ou d’un pays lorsqu’on revendique de meilleures conditions de vie et de travail. Depuis l’arrivée au pouvoir du président Roch, le quotidien de la nation est rythmé par ces types d’actions sous le regard étonnant du gouvernement.

Les leaders du Synafi (photo d’archives)

Lorsque les agents du Trésor organisaient leur sit-in de 8h à 14h dans les locaux de la Direction générale du Trésor, ils empêchaient de nombreux contribuables d’accéder au bâtiment pour effectuer leurs opérations. Des marchés publics n’ont pas été attribués durant la période. Des paiements à des entreprises prestataires de travaux n’ont pas été effectués.

Les agents des Impôts durant leur grève ont empêché que des citoyens paient leurs impôts et taxes.

Le personnel de la santé a laissé les malades à leur sort pendant sa grève. Dieu seul sait le nombre de morts qu’il y a eu suite à ce mouvement. Actuellement, des étudiants se réclamant de l’ANEB refusent que leurs camarades suivent les cours parce qu’ils seraient en grève pour exiger la levée de la suspension d’un étudiant qui a violenté son camarade.

Les responsables du SNAID lors d’une conférence de presse

Les enseignants, pour exiger la satisfaction de leur plateforme, poussent les élèves dans la rue. Ceux-ci bloquent les axes routiers et empêchent d’autres citoyens qui voyagent dans le cadre professionnel, familial et sanitaire de passer. Parce que tout ce beau monde revendique, le pays doit arrêter de fonctionner.

Ces mouvements contribuent à ralentir l’activité économique du pays. Pourtant, c’est sur la base des impôts et taxes que les salaires, primes et indemnités sont payés.

C’est sur la base des impôts et taxes que le fonctionnement des structures syndicales est financé par le budget national. La Bourse du travail a été construite à près de 1,5 milliard de F CFA sur des fonds publics, c’est-à-dire l’argent que tous les Burkinabè contribuent à mobiliser. Les organisations syndicales reçoivent chaque année une subvention au même titre que les partis politiques mais les syndicats n’en parlent jamais. En 2016, des informations sur une dotation en carburant d’un syndicat de l’Éducation ont circulé. Pour le gouvernement, cette dotation avait pour but de contribuer aux dépenses de fonctionnement du syndicat. Malgré tout, les syndicats de la Fonction publique se comportent comme s’ils ne recevaient pas de l’argent public.

Cette Fonction publique ne contribue qu’à 20% du Produit intérieur brut (PIB). Même la contribution du secteur informel, évaluée à 30%, dépasse celle de la Fonction publique.

A l’université les étudiants s’affrontent

C’est aussi grâce à l’impôt sur les salaires que les travailleurs du privé mobilisent que les salaires sont payés à bonne date dans le public. En 2016, sur près de 82 milliards de F CFA d’impôts payés sur le salaire au Burkina, la part des agents publics ne dépassaient pas 12 milliards de F CFA. C’est dire que ce sont leurs collègues du privé qui ont mobilisé les 70 milliards de F CFA.

Il faut qu’entre Burkinabè on se regardent en face et que l’on se dise certaines vérités.

Va-t-on continuer à utiliser l’argent que les autres mobilisent pour les salaires des agents publics pendant que ces mêmes grévistes réclament des routes, la gratuité de l’école et des soins, de l’eau potable, de l’électricité, etc.?

L’attitude des syndicats qui revendiquent avec arrogance et mépris des autres citoyens commence à exaspérer les Burkinabè avec des risques d’affrontement.

Une bastonnade a eu lieu à l’université contre des étudiants qui refusent de suivre le mot d’ordre de boycott des cours de l’ANEB.

Des élèves, à Tita, ont été bastonnés par des militaires dont le convoi a été arrêté par des d’élèves. Petit à petit, on bascule dans la violence. Une violence qu’aucun syndicat, aucune organisation de la société civile ou de défense des droits humains ne dénonce.

A. K(lesechosdufaso)