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2016.09.02

Sinistrés du 1er septembre 2009 : Une nouvelle vie à Yagma

Sinistrés du 1er septembre 2009 : Une nouvelle vie à Yagma

 

Mardi 1er septembre 2009. Les Burkinabè se rappellent ce jour-où les « dieux du climat » ont ouvert les vannes du ciel sur le Burkina Faso. Ouagadougou, la capitale, a pris une douche froide de 263 mm d’eau en seulement dix heures de temps. Le "déluge" a causé la mort de 46 personnes, détruit 40 000 maisons et fait près de 200 000 sinistrés. Au lendemain de la catastrophe, plusieurs sites ont accueilli des milliers de sans-abris. Sept ans après, que sont devenus ces sinistrés ? Pour le savoir, nous nous sommes rendu sur le site de Yagma situé à la périphérie Nord de Ouagadougou.

 

Sinistrés du 1er septembre 2009 : Une nouvelle vie à Yagma

 

 

 

 

 

Depuis le décès de son époux, Assèta Dera s’est lancée dans le commerce de haricot pour nourrir ses quatre enfants. C’était bien avant que les eaux du 1er septembre 2009 ne détruisent sa maisonnette située dans la zone non lotie du quartier Kilwin… Aujourd’hui, sur le site de Yagma, Assèta poursuit son activité et même si les affaires ne marchent pas comme autrefois, elle dit se sentir mieux dans son nouvel environnement. « Ici, je ne gagne pas des millions et même si j’en avais, je resterai. Je ne quitterai pas ce village », nous a-t-elle fait comprendre.

A côté d’elle, il y a Zoungrana Ganda dit "Paul". Boucher de profession, il a dit avoir tout perdu ce jour fatidique du 1er septembre : « Les inondations ont tout emporté dans ma maison. Ma famille et moi aurions pu mourir ce jour-là (…) Aujourd’hui, je rends grâce à Dieu car je ne pouvais espérer meilleure situation actuellement. Voyez-vous même, j’ai une parcelle et je continue mon boulot ». Et c’est avec fierté qu’il nous a fait savoir qu’il emploie dans sa boucherie cinq personnes dont trois sont pères de familles. Même si les affaires marchent, Ganda dit tenir à la scolarisation de ses enfants qui lui coutent au total 300 000 F CFA. Il aimerait qu’ils soient, eux aussi, des « grands » de ce pays.

Un site difficile d’accès

Certes, les inondations ont permis d’amorcer un nouveau départ pour Assèta, Ganda et de nombreux autres sinistrés, mais l’arbre ne doit pas cacher la forêt. Pour ce qui est des difficultés, les habitants ne manquent pas de rechigner quand il le faut. La première difficulté qu’il faille résoudre selon eux, c’est le manque et la dégradation avancée des routes pour rejoindre la ville.

En effet, en saison pluvieuse, c’est la croix et la bannière pour qui veut rentrer ou sortir du village. Les routes sont dans un état piteux. Et les habitants, eux-mêmes, ne font rien pour changer la situation même s’ils sont unanimes à reconnaitre qu’une mauvaise route engendre l’insécurité et le banditisme. Il n’est pas rare de trouver à chaque 30 mètres, au niveau des bas-fonds, des enfants et adultes ramasser le sable à coups de pelles. A 16 ans et en classe de 4e, Marcel Zoungrana sait que cette activité détruit les voies. Mais, avec les 3000 F CFA qu’il gagne par charrette de sable, il dit vouloir aider ses parents à payer les frais de scolarité et les fournitures à la rentrée prochaine. En attendant, le radier situé sur le côté Est du village ne tient plus, et l’eau ne fait qu’éroder le sol, toujours avec le même acharnement.

Les plaques solaires en attendant la SONABEL

Sur le site de Yagma, on ne trouve pas que des sinistrés. Il y a aussi ceux qui sont venus d’ailleurs pour faire du commerce. Originaire de Téma Bokin, dans la province du Passoré, Yacouba Ouédraogo a abandonné le travail de la terre pour se lancer dans la vente de produits alimentaires et divers à Yagma en 2013. Son commerce est situé à un carrefour et comme la plupart des boutiques du coin, il est équipé de plaques solaires. « Ici, il n’y a pas la SONABEL (Société nationale d’électricité du Burkina, ndlr) et on se débrouille avec l’énergie solaire. Je crois que si les routes étaient bien construites et qu’il y avait le courant, on ne dérangerait pas autant les autorités actuelles », a-t-il estimé.

Vente de parcelles

Outre le manque d’ouvrages d’eau potable, d’infrastructures sanitaires, Issaka Bagagnan, un autochtone du village, cite la négligence du gouvernement face à la vente des parcelles par certains sinistrés. Ganda Zoungrana dit se rappeler qu’au lendemain des inondations, Simon Compaoré, alors maire de la commune de Ouagadougou, les avait défendus de vendre les parcelles au risque d’être mis en prison. Mais, « que de paroles en l’air », a-t-il balancé en langue mooré.
Même s’ils sont désenchantés, les sinistrés disent comprendre le choix de leurs camarades car « ce n’est pas toujours aisé quand on a une famille à nourrir et que sa boutique ou son hangar a été emporté par les eaux. S’il faut mourir de quelque chose, il faudra bien aussi vivre de quelque chose », a soutenu Issaka Bagagnan, l’autochtone.

De quoi vivre, de quoi redonner un visage plus gai à ce site large de 900 ha, les sinistrés n’en demandent pas moins et souhaitent que le gouvernement incite les citadins, détenteurs de parcelles dans le village, à venir les mettre en valeur afin de donner du travail aux jeunes, jusque-là en difficulté.

Herman Frédéric Bassolé
Lefaso.net

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2016.08.30

Parole de conseiller conjugal : Il y a certainement des raisons pour demeurer ensemble !

S’il y’a un exercice difficile à traiter, c’est bien celui de ne voir que les points positifs chez le partenaire conjugal. Je l’ai constaté plus d’une fois lorsque je demande à un conjoint de me dire les choses qu’il apprécie le plus chez l’autre. Très peu sont ceux qui arrivent à me citer sept qualités. Par contre, quand il est question des défauts, alors là, la chaine s’allonge à souhait.

Et c’est tout cela qui met à mal la cohésion du couple : dépeindre en noir le conjoint ou la conjointe. Pourtant la réalité est tout autre : si l’autre était si mauvais que ça, on ne le l’aurait jamais choisi.

Entretenons notre couple avec le peu positif

Entre partenaires, quel que soit le domaine dans lequel on évolue, si l’on passe le temps à ressasser les manquements, les défauts et autres anachronismes, il sera difficile voire impossible de faire équipe ensemble. La joie de travailler avec telle ou telle personne, de jouer dans la même équipe que telle autre, vient du fait avéré qu’il y a des qualités que l’on apprécie dans sa vie. Et le partenariat conjugal ne peut se dérober à cette règle. Et c’est sûr qu’il y a toujours chez l’autre bien de choses positives et c’est avec cela qu’il faut faire.

Je ne suis pas entrain de dire qu’il faut fermer les yeux sur les défauts ; mon approche c’est d’interpeller les couples à ne pas polluer leur vie avec rien que des défauts, alors qu’il leur est possible de donner du goût à leur existence avec le « peu de sel » que possède et entretient chacun des conjoints. Et du sel, il y en a certainement en chacun. Et du sel…et du parfum…et du baume, chacun en regorge même si c’est en petite quantité.

En appréciant ce peu chez l’autre, on le renforce, on le redynamise, on le valorise. Et cette démarche conduit non seulement à positiver d’avantage le partenaire, à le rehausser mais, surtout à l’aider à abandonner ce que l’on considérait comme défaut.

L’exercice que je propose à nos lecteurs est celui-ci :

Notez chaque jour une chose que vous appréciez chez l’autre, et confondez cette chose à lui, c’est-à-dire, la voir en lui.
Le premier jour, c’est sa gentillesse, alors ne l’appelez pas : Christophe ou Chrsitiane, Yelnodo ou Bibata, Yemboado ou Tani, etc. Ce jour-là il ou elle s’appelle « gentil(le) »
Deuxième jour, c’est douceur ; troisième jour, beauté ; troisième jour, libéralité ; quatrième jour, calme ; cinquième jour, travailleur ; sixième jour, accueillant ; septième jour, économiste.

Avec cet exercice et en ne considérant que les qualités, vous remplirez tout le mois sans vous y rendre compte. Du coup vous aurez eu le temps de mettre en parenthèse tous les défauts avérés ou imaginaires. Et ce mois-là sera le plus savoureux pour la vie du couple.

Et c’est comme cela que l’on entretient et enrichit la vie conjugale pour la rendre plus forte et plus résistante contre toutes les attaques d’où qu’elles viennent et quelle que soit leur nature. Cet exercice-là, chaque couple peut l’affronter et le vaincre pourvu qu’il y ait un peu de bonne volonté, surtout la volonté de vivre ensemble et ne jamais se séparer.

Prendre des engagements du genre « je m’engage avec toi pour toute la vie » ne suffisent pas à maintenir la cohésion du couple. Il faut travailler à cela. On ne reste qu’avec un co-équipier que l’on apprécie. Pour le partenariat conjugal, c’est le moins que l’on demande aux conjoints. Une chose est sûre : il y a des motifs pour ne pas se quitter et donc pour demeurer ensemble. A la tâche donc !

Rock Audacien D.Damiba
Conseiller Conjugal
Email : damibashalom@yahoo.fr

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2016.08.26

Commerce ambulant : L’autre école de vacances de certains élèves

Les vacances scolaires riment avec repos, colonies de vacances, voyages et jeux pour les élèves. Pendant que certains se détendent, d’autres sont tendus. Des élèves, à peine la fermeture des classes, se trouvent des jobs de vacances. On les retrouve dans divers secteurs d’activités comme la mécanique, la soudure, la vente de boisson. On retrouve aussi ces vacanciers parmi les marchands ambulants qui sillonnent les artères de la ville de Ouagadougou. Ce mercredi 24 août 2016, nous avons fait un tour dans les rues de Ouagadougou pour comprendre ce phénomène grandissant.

 

Commerce ambulant : L’autre école de vacances de certains élèves

Force est de constater que nos rues grouillent de marchands ambulants, surtout d’élèves en ces temps de vacances. Certains dans le souci de préparer leur prochaine rentrée scolaire, se trouvent de quoi faire. Des élèves s’adonnent à cette activité afin d’aider leurs parents à supporter les charges liées à leur scolarisation. De Pissy à Kilwin en passant par Dapoya, sans oublier Bendogo, ces quartiers sont des lieux que ces marchands ‘’saisonniers’’ parcourent à longueur de journée, à la recherche de la clientèle.

Moussa est venu de la ville de Yako pour chercher de l’argent et repartir dès la rentrée des classes prévue pour octobre. Elève en classe de 6e, il déambule dans les rues de Ouagadougou, avec sa charrette et sa glacière d’eau pour écouler sa marchandise. Vendu à 25 ou 50 francs CFA le sachet d’eau, « cela rapporte un peu », nous indique le jeune élève. Il ajoute que « sur 500 francs CFA de vendu, j’ai 100 francs ». Mais, Il reconnait que la saison pluvieuse n’est pas faite pour arranger les affaires, car, lorsqu’il pleut, « l’eau ne se vend pas bien ».

Un travail qui est pris au sérieux

Vendeuse d’arachides, Awa loge au quartier Kilwin de Ouagadougou. Assiette sur la tête, elle quitte le domicile familial à 7 heures du matin, pour ne rentrer que le soir vers 16 heures. Par jour, elle peut glaner autour de 1000 francs CFA. Cet argent, cette élève en classe de CEM2 (cours élémentaire moyen deuxième année) dit ne pas compter le dépenser n’importe comment. « Je cotise pour pouvoir payer mes fournitures scolaires à la rentrée des classes », laisse-t-elle entendre. Elle ne rencontre aucune difficulté dans la vente de sa marchandise et ne compte arrêter que la veille de la rentrée des classes.

Safi, une fillette de 7 ans, en classe de CP1 (cours préparatoire première année), dit chercher l’argent pour venir en aide à ses parents. A la question de savoir combien elle gagne. Elle rétorque que « ce n’est pas beaucoup, mais cela vaut mieux que rien ». Tu n’es pas trop jeune pour chercher de l’argent ? A cette question, la jeune fille nous fait un grand sourire, reprend sa glacière d’eau et continue son chemin.

« C’est depuis trois ans que je vends du lotus chaque vacance ». Jérôme, élève en classe de 4ème est un vieux routier dans la vente mobile. Il préfère tourner à la recherche d’argent pour sa scolarité que de rester là, à attendre de l’aide qui ne viendra sûrement jamais. Surtout qu’il ne veut pas voler, comme certains de ses camarades. « C’est vrai, je ne gagne pas beaucoup mais j’arrive à donner quelque chose à ma maman et en garder pour moi » confie-t-il avec fierté. Habitant du quartier Zongo de Ouagadougou, il sillonne les maquis et bars ainsi que les restaurants, sans s’inquiéter de la distance.

Marcus Kouaman
Lefaso.net

18:36 Publié dans ACTUALITE SOCIALE DU BF | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | |  Imprimer

2016.08.25

Le travail social et le milieu carcéral au Burkina : le tâtonnement !!! Partie 1

          Le présent article va se tabler sur le service social en milieu pénitentiaire au Burkina Faso et la nécessité d’une refonte. En effet les principales actions des travailleurs sociaux sont orientées vers la réinsertion sociale dans la plus part des pays dont s’inspire notre code de procédure pénal, ainsi que les différents lois et décrets qui régissent notre monde carcérale. En France par exemple les attributions des différents acteurs dans la prison et hors de la prison sont  définies dans le code de procédure pénal français 1791 ainsi que dans le décret 1999 portant Création des services pénitentiaires d’insertion et de probation (SPIP) regroupant dans une structure unique les activités liées à la réinsertion.

        Les services de probation et d’insertion pénitentiaire (service sociaux pénitentiaires) évoluent en parallèle avec les éducateurs de la protection judiciaire de la jeunesse (PJJ)  qui s’occupent aussi des mineurs en conflits avec  loi dans les établissements pénitentiaires pour mineurs.

     Par ailleurs au Burkina Faso la prise en charge des mineurs en conflit avec la loi relèvent uniquement des travailleurs sociaux mise à la disposition du ministère de la justice (loi 015 /AN/2014) notamment  à travers les enquêtes sociales pour assistance éducative, les renouements des liens familiaux etc. …..

            Que faut-il reproché au service social en milieu pénitentiaire actuelle ?

                                                                              hhhh.png        

     Il faut souligner une prise en charge non holistique (complète)  du détenu en matière de réinsertion sociale.

     En effet le service social pénitentiaire ne s’occupe que  du détenu du « dedans » tout en omettant celui du « dehors » (fin de peine, bénéficiaire de mesure spéciale du juge) en d’autre terme l’accent est mis sur le « milieu fermé » au détriment du « milieu ouvert ».

     Les actes délictuels qui conduisent /reconduisent beaucoup de personnes en prison ont leurs racines « dehors »  et la nécessité de valoriser la fonction du juge chargé de l’application des peines(JAP)1 est plus que nécessaire au Burkina Faso, sans omettre aussi une nouvelle réadaptation  de la fonction ou mission du travailleur social en milieu pénitentiaire .Il faut vite arriver à la création des services de probation pour le milieu ouvert et celui des services socio-éducatifs pour le milieu fermé (prison) .

     Une prise en charge en amont et en aval du détenu s’impose au monde de la justice car la récidive et la surpopulation carcérale ont atteint leur paroxysme.

       A l’image de beaucoup de pays comme le canada, la France, l’Allemagne et certains pays africains il nous faut deux systèmes de prise en charge des détenus dont les attributions peuvent être déclinées comme suit…….Article prochain  

                                                                                     Thieni Hama

                                                                                             Educateur social

          

 

 

 

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2016.08.24

Présentation du centre de laye pour mineurs en conflit avec la loi

  •  Historique du centre de laye

Le centre de Laye est la résultante d’un Séminaire international organisé en juin 2000 par l’APA sur le thème « Analyse et critique des procédures pénales d’enquête, d’instruction, de jugement et d’exécution des peines applicables aux mineurs en Afrique » qui avait réuni près de 15 pays africains et des ONG internationales. L’une des recommandations importantes de ce séminaire était d’amener les organisations de la société civile à s’impliquer davantage au côté des autorités publiques pour la prise en charge des mineurs en conflit avec la loi. Fonctionnel depuis le 15 juin 2004, le Centre de Laye pour mineurs en conflit avec la loi est une initiative de l’APA en partenariat avec la Fondation Terre des Hommes Italie. Il a été mis en place grâce au financement de l’Union Européenne et de Terre des Hommes Italie et l’appui du Ministère de la Justice du Burkina Faso.

L’A.P.A. et Terre des hommes Italie ont été les deux acteurs principaux impliqués dans la mise en place et dans la gestion du Centre pendant les périodes des deux projets (2004-2006 et 2007-2009). Le centre est passé du statut de projet à au statut de structure permanente sous la responsabilité de l’APA qui assure sa gestion depuis janvier 2009.

  •  Organisation

Le Centre de Laye est un centre communautaire ouvert, reconnu par arrêté N°2009-054 /MJ/SG/DAPRS du 11 mai  2009 du Ministre de la Justice. Il accueille des mineurs en conflit avec la loi des deux sexes âgés de 13 à 18 ans. Il a été créé en 2004 et se situe à 40 km de Ouagadougou sur la route Ouagadougou – Ouahigouya (RN 5).

Les enfants ciblés sont les mineurs des deux sexes, âgés de 13 à 18 ans, qui font l’objet de poursuites pénales devant les juridictions pour mineurs et bénéficient d’une mesure de placement de ces juridictions ou encore ceux qui font l’objet d’une décision de condamnation à une peine d’emprisonnement ferme.

Le fonctionnement est assuré par une organisation qui repose sur une direction et six services qui se présentent comme suit :

La Direction du Centre comprend le Directeur et tous les chefs de service du centre.

La Direction du Centre a à sa tête un Directeur qui coordonne les activités des différents services du centre et l’ensemble du personnel. Il exécute les décisions du bureau exécutif de l’APA qui définit la politique globale du Centre.

Les services du centre sont les suivants :

  • Le secrétariat – comptabilité ;
  • Le service de l’éducation et de la formation ;
  • Le service santé et du suivi psychologique ;
  • Le service de production ;
  • Le service de la surveillance et de la sécurité ;
  • Le service d’intendance;
  • Particularité du centre

Le  centre a une particularité  qui est très spécifique en ce sens qu’elle n’est pas un centre fermé c’est-à-dire qu’il n’ y a pas de mur de clôture pour empêcher les mineurs qui y sont accueil. Cette approche traduit la toute la philosophie et l’esprit des initiateur du centre orienté sur la réinsertion du mineur. Cela ne peut se faire qu’à travers une prise de conscience de ce dernier. Notons qu’il s’agit du tout premier centre du genre en Afrique de l’ouest

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CONCOURS MISS BIM BIM, LE MINISTÈRE DE LA FEMME S’INSURGE CONTRE CETTE MANIFESTATION

« Respect à la dignité de la femme ! Ces dernières années, l’image de la femme burkinabè est fortement entachée par certaines publicités et certains de nos artistes. La dernière en date, est cette affiche présentée dans les espaces libres et les spots publicitaires diffusés par nos chaînes de télévisions faisant la promotion d’un artiste qui lancera très bientôt son nouvel album musical avec un titre évocateur « concours miss « Bim Bim » indique un communiqué du ministère de la Femme, de la Solidarité nationale et de la Famille Le ministère de la Femme dit être soucieux de la promotion et de la protection des droits de la femme et par conséquent « s’insurge contre cette manifestation dégradante de l’image de la femme et partant des droits de la femme burkinabé ».

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« Le ministère interpelle tous les acteurs, les publicitaires, les hommes et les femmes de médias, de la culture et plus particulièrement les artistes à promouvoir la culture burkinabè tout en protégeant les droits de leurs filles, leurs sœurs, leurs épouses et leurs mères » fait ressortir le communiqué. Le ministère de la Femme lance un appel aux filles et par ailleurs à toutes les femmes à faire attention à la « mode » et aux « tendances » qui ne valorisent pas la femme. « Nous interpelons nos filles, nos sœurs burkinabè à se départir de tout comportement portant atteinte à leur dignité. La lutte contre la discrimination sexuelle est d’abord le combat des femmes et elle passe par la valeur qu’elles donnent à leur propre image. Le ministère se fait le devoir de les accompagner, de les aider à mieux valoriser leur image mais elles en demeurent les principales actrices » ajoute l’annonce du ministère. Le ministère demande au Conseil supérieur de la communication (CSC) « de prendre des mesures adéquates pour réguler la diffusion sur les chaînes de télévision publiques et privées ainsi qu’au niveau des presses écrites et sur les panneaux publicitaires, les informations ou publicités qui dévalorisent l’image de la femme burkinabè ».

Le ministère salue « l’alerte des acteurs de la société civile et plus particulièrement des personnes de bonnes volontés qui ont exprimé leur ras le bol en matière d’atteinte des droits de la femme ».

La manifestation dénommée « La Nuit du BIM BIM » est à sa troisième édition. L’événement est organisé par le musicien Agozo, bien connu du public burkinabè par son sens de l’humour. « La Nuit du BIM BIM » a pour vocation de promouvoir des femmes de fortes corpulence, de « grosses fesses » souvent appelées « femmes au physique avantageux ». Depuis l’annonce de l’événement, de nombreuses voix se sont élevées sur les réseaux sociaux notamment Facebook, pour dénoncer la manifestation car disent-elles,  l’événement ne fait aucunement la promotion de la femme. L’affiche montrant des femmes « aux physiques avantageux » à été pour plus d’un « une insulte à la gent féminine ». « La Nuit du BIM BIM » est pour l’heure prévue pour se tenir le vendredi 26 août 2016 à la Maison du Peuple de Ouagadougou. Se tiendra t-elle ou pas, toutes les interrogations sont posées. 

source omegafm

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Pédophiles sur Facebook : La gendarmerie invite la population à la collaboration

  Dans un communiqué publié sur sa page facebook, la gendarmerie nationale du Burkina Faso informe la population que sur internet, des individus qui ont pour cibles les enfants et mineurs, il y en a de plus en plus. Pour combattre ces “prédateurs” des plus jeunes, les hommes de sécurité en appellent à la collaboration des populations. Lisez plutôt.

Dans un communiqué publié sur sa page facebook, la gendarmerie nationale du Burkina Faso informe la population que sur internet, des individus qui ont pour cibles les enfants et mineurs, il y en a de plus en plus. Pour combattre ces “prédateurs” des plus jeunes, les hommes de sécurité en appellent à la collaboration des populations. Lisez plutôt.

Dans un communiqué publié sur sa page facebook, la gendarmerie nationale du Burkina Faso informe la population que sur internet, des individus qui ont pour cibles les enfants et mineurs, il y en a de plus en plus. Pour combattre ces “prédateurs” des plus jeunes, les hommes de sécurité en appellent à la collaboration des populations. Lisez plutôt.

Pédophiles sur Facebook : La gendarmerie invite la population à la collaboration

Des individus très actifs sur Facebook s’illustrent comme de vrais prédateurs sur des enfants et des mineurs dans notre pays aussi.

Après avoir invité leur proie, ces derniers engagent des discussions pour instaurer une relation de confiance, prennent leurs numéros, envoient de l’argent et organisent des rencontres. Ils n’oublient pas de leur demander de ne rien raconter sur eux à leurs parents.

Le réseau social Facebook est un des plus prisés des jeunes au Burkina Faso avec un engouement de plus en plus réel pour les écoliers et collégiens. La tendance est à son expansion et cela même dans nos petites villes.

Aidez- nous à arrêter ces prédateurs en dénonçant et partageant toute information qui pourrait permettre de les retrouver.
Il est indispensable de surveiller aussi l’utilisation des réseaux sociaux et d’internet par vos enfants.

- contrôler leur liste d’amis .
- parlez leur des risques qu’ils encourent à discuter avec des personnes plus âgées qu’eux, qu’ils ne connaissent pas.
- faîtes leur bloquer ces personnes.

# Chers jeunes n’acceptez pas les invitations d’adultes que vous ne connaissez pas.
Ne donnez pas vos contacts ( numéro de téléphone , ni adresse )

Faites passer le message et portez à notre connaissance tout cas suspect ici, ou en appelant le 16 et les numéros de Brigade les plus proches.
Merci d’en parlez autour de vous.

 
 

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Talibé égaré à Ouaga : L’action sociale fuit ses responsabilités

          Dimanche 21 aout 2016. Un enfant d’environ huit ans, sébile en mains, est couché à même le sol au quartier Kilwin de Ouagadougou. Il ne parle que la langue Fulfuldé. Yaya est un jeune talibé. Depuis trois jours, il dort dans la rue. Car, il n’arrive pas à retrouver le domicile de son maître coranique qui s’appellerait Gafar. D’ailleurs, le souhaite-t-il ? Apparemment non. Puisqu’il dit subir des sévices corporels. Nous l’hébergeons une nuit (dimanche). Le lendemain lundi, nous parcourons successivement les services de l’action sociale de la mairie de l’arrondissement n°3 et d’un autre service d’arrondissement à Tampouy. C’est finalement au commissariat de police de Sig-Noghin que Yaya a passé la nuit de lundi. Au moment où nous traçons ces lignes, il y est toujours.

Talibé égaré à Ouaga : L’action sociale fuit ses responsabilités

Yaya dit s’être égaré. Il a dormi dehors, à la merci des moustiques, durant deux nuits. Le dimanche matin, il vomissait, faisait de la fièvre et se plaignait de maux de ventre. Avant notre arrivée, une bonne volonté lui avait déjà donné des médicaments, il tenait même une plaquette de paracétamol. Après avoir mangé et pris une douche, il retrouve le sourire. A la question de savoir qui est son maître coranique, il avance un nom : Gafar. Il soutient ne pas vouloir repartir chez ce dernier, car il sera sévèrement puni (coups de fouets et piloris). Il affirme également qu’il lui est demandé de ramener 1500F. Vrai ou faux ? Difficile d’y répondre.

S’il connait les noms de ses parents (les prénoms plus précisément), il ignore le nom de son village. Lorsqu’on lui pose la question, il soutient que son village c’est ‘’Burkina’’. Il soutient d’ailleurs ne pas vouloir répartir chez ses parents avant d’avoir maîtrisé entièrement le Saint Coran. « Si je ne finis pas le Coran, je vais aller en enfer », dit-il avant de nous demander de lui trouver un autre maître coranique.

Le lundi, 22 août, nous le conduisons au service social de la mairie de l’arrondissement n°3. Il a fallu hausser le ton pour qu’on daigne nous écouter. L’agent a refermé la porte, en nous disant d’aller dans un autre service à quelques centaines de mètres de là. Elle, devant aller à une réunion. A ce service de l’action sociale sise à Tampouy, lorsque nous nous rendîmes, une longue file attendait déjà. Une heure après, nous sommes reçus par cinq agents. Après explication, à notre grande surprise, il nous est demandé de garder l’enfant chez nous si ça ne nous dérangeait pas. Le service ne disposant pas de lieu pour garder l’enfant.

Par ailleurs, il nous est demandé d’aller faire une déclaration auparavant dans un commissariat de police avant de rentrer avec le talibé. Nous voilà au commissariat de police de Sig-Noghin aux environs de 12h30. Nous devons laisser l’enfant là et revenir à 15h. De retour à l’heure indiquée, une mention nous est remise. Mais l’enfant y est resté et a passé la nuit. Le lendemain 23 août, comme convenu, nous nous rendons au commissariat. L’agent à qui est affecté le ‘’dossier’’ nous reçoit et nous rassure que la police fera son travail. « Si vous voulez le garder chez vous, il y a une procédure à suivre », explique-t-il. Evidemment non. Nous voulons juste rendre service à un enfant en détresse, lui expliquons-nous.

La veille, les services de l’action sociale avaient promis passer s’enquérir de la situation afin de mieux comprendre et suivre les démarches de la police. Lorsque nous quittions les lieux aux environs de 11h, aucun agent de l’action sociale n’était encore arrivé. Yaya, lui, devrait passer sa seconde nuit (23 au 24 août) au commissariat de police.

Malgré sa délicatesse, la problématique des talibés dans notre pays est une question dont il faut s’occuper afin de préserver les droits des enfants. Quitte à égratigner ceux qui soutiennent encore ces écoles coraniques.

Moussa Diallo
Lefaso.net

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2016.08.23

Karim Ganemtoré, SP du conseil national pour la protection sociale: « Il faut apporter des réponses aux problèmes des personnes vulnérables » 10/06/2015 22:41 Sidwaya (S.) : Présentez-nou

Karim Ganemtoré, SP du conseil national pour la protection sociale: « Il faut apporter des réponses aux problèmes des personnes vulnérables »

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10/06/2015
 
Sidwaya (S.) : Présentez-nous, le secrétariat permanent du Conseil national de protection sociale?
 
Karim Ganemtoré (KG) : Le Secrétariat permanent du conseil national pour la protection sociale (SP/CNPS) est un organe de coordination dans le domaine de la protection sociale. Il est chargé de la coordination de toutes les questions de protection sociale au Burkina Faso, est l’organe administratif et technique d’animation du dispositif institutionnel de suivi évaluation de politique nationale de protection sociale. Il est chargé d’assister le Conseil national de protection sociale (CNPS), les cellules régionales et cellules interministérielles spécialisées dans leurs missions. Il est le bras armé de la mise en œuvre de la Politique nationale de protection sociale(PNPS). Le secrétariat permanent est divisé en 5 directions : une direction de la communication, de l’administration et des finances, de suivi des programmes de filets sociaux et d’assurance maladie, du suivi  des programmes de protection sociale au niveau régional et de la formation et de la modélisation de la politique de protection sociale.
 
S : Qu’entend t-on par  PNPS ?
 
K.G : C’est un document physique qui donne une orientation de la Protection sociale(PS) au Burkina Faso. Or, la PS, est un ensemble d’interventions publiques qui aident les ménages et individus à mieux gérer les risques et à réduire leur vulnérabilité et leur pauvreté en leur assurant un meilleur accès aux services sociaux et à l’emploi. La PNPS est donc, l’orientation que se donne le Burkina Faso en termes de PS. C’est un document qui fédère tout ce qui est mise en œuvre en termes de PS au Burkina Faso.
 
S : Quelles sont les initiatives du SP/CNPS pour une meilleure prise en charge des personnes vulnérables ?
 
K.G : Nous avons été installés le 23 novembre 2013. Et, le 26 novembre, nous avons contribué à organiser le premier conseil national pour la protection sociale. Grâce au premier conseil, nous avons mis en branle les instances, qui sont chargés du pilotage de cette PNPS. Et, nous avons engagé le processus pour l’élaboration du plan d’actions triennal 2014-2016 de mise en œuvre de cette PNPS, fait le bilan du plan d’actions 2014-2015, dans sa tranche 2013. Après cela, des actions allant dans le sens de faire connaitre la PNPS. C’était notre premier objectif de faire connaitre la PNPS et d’installer les cellules régionales. Après cela, nous avons pu parler de la PNPS avec les différents acteurs sur le terrain. Au niveau de la région du Centre, des actions ont été menées pour se faire connaitre par les partenaires, engagés des activités d’organisation de la 2e session qui a eu lieu le 20 mai  2014. Après la session, l’orientation a été donnée d’élaborer une méthodologie consensuelle pour le ciblage des personnes vulnérables. Pour cette méthodologie, on avait jusqu’à la fin de l’année 2014, pour le finaliser. Il a été finalisé, il reste son adoption par la 3e session du conseil. 
 
S : L’élaboration de cette méthodologie répond à quel objectif ?
 
K.G : L’on a constaté que sur le terrain, il y a plusieurs structures qui travaillent dans le domaine de la PS et qui utilisent le ciblage pour pouvoir identifier les personnes vulnérables. Comme, il existait une multitude de structures qui utilisaient cette méthodologie de façon diverse, le conseil, pour une synergie d’actions a voulu qu’on ait une méthodologie consensuelle de ciblage des personnes vulnérables. Donc, il fallait pratiquement faire le point de tout ce qui est mise en branle au niveau national pour la question de ciblage avec tous les différents acteurs du domaine qui utilisent ses méthodes. Ainsi, nous allons ensemble, essayer de voir comment, on peut adopter une méthode au niveau national pour faire ce ciblage pour plus d’efficacité et pour qu’on puisse utiliser les résultats de ce ciblage pour donner les réponses adéquates aux personnes.
 
S : Au  Burkina Faso qui peut être considéré comme vulnérable ?
 
K.G : L’on a coutume de dire que tout le monde est vulnérable. Selon la PNPS, la notion de vulnérabilité renvoie à la fragilité de l’existence face aux aléas, risques et agressions dommageables. Les personnes vulnérables sont celles menacées dans leur autonomie, leur dignité ou leur intégrité physique ou psychique. De ce fait, la vulnérabilité peut résulter de plusieurs facteurs, notamment l’âge, les maladies, l’infirmité, la déficience physique ou psychique. Donc, la vulnérabilité de certaines personnes appelle en contrepartie un devoir d’assistance, la nécessité d’intervenir afin de les protéger. Quoiqu’on dise, tout le monde est vulnérable. Mais, il y a des personnes identifiées comme étant les plus vulnérables. Ce sont les enfants, les femmes, les personnes âgées, handicapées et qui sont vraiment dans une situation assez difficile. Donc, il va falloir plus d’attention à leur égard. Et, je crois que la PNPS est la bienvenue. Nous nous attelons à faire ce travail. 
 
S : Le 9 juin prochain, le CNPS tiendra sa 3e session annuelle. Quel bilan faites-vous des deux précédentes sessions?
 
K.G : Le bilan est assez positif parce que, ce que nous avons pu faire comme actions, s’inscrit dans la synergie des actions. Nous avons commencé par installer le secrétariat permanent. Nous sommes en train de travailler pour qu’il y ait un ensemble d’activités. Nous voulons faire en sorte que les acteurs du domaine de PS se retrouvent, se parlent pour qu’ensemble, nous trouvons des bonnes solutions  pour une bonne mise en œuvre de la PNPS. Nous avons engagés des actions pour la mise en place des 13 cellules régionales,  élaborer les différents documents de planification, insister aussi sur le profil d’un ménage vulnérable au Burkina. Il faut réfléchir sur les réponses à apporter aux problèmes de personnes vulnérables ciblées. Nous sommes dans cette dynamique et avec le peu de moyens que nous avons, nous avions un tant soit peu mis en branle un certain nombre d’activités que nous sommes en train de dérouler sur le terrain. C’est ce qui commence à nous donner espoir. Au niveau du SP, nous avons des difficultés, mais petit à petit, ils sont en train de se résoudre. C’est-à-dire, sous peu, nous seront à la vitesse de croisière et pour faire davantage.
 
S : Quelles seront les grandes dossiers à l’ordre du jour de la 3e session du conseil ?
 
K.G : Pour la 3e session, la méthodologie consensuelle sera mise sur la table. On aimerait que le conseil puisse l’analyser et l’adopter. Ce qui nous permettra d’avoir le quitus pour la poursuite des actions qui sont programmés pour 2015. Ces actions, c’est la détermination de manière consensuelle le profil type du ménage vulnérable, apporter des réponses aux personnes vulnérables. Si cela est fait, nous envisageons un test pilote dans trois communes pour attester la validité de notre méthodologie quitte à corriger les imperfections pour essayer de voir si on peut aller à l’échelle en 2016. Un autre aspect, c’est aussi regarder le rapport bilan 2014 de la mise en œuvre de la politique et le plan d’actions 2015-2017 que nous avons élaboré. 
 
S : Comment se fera la mise en œuvre des recommandations issues de cette session ?
 
K. G : Lorsqu’on fait des recommandations, il faut les traduire en activités et les réaliser. C’est la première des choses. Quand, vous arrivez à le faire, c’est de voir comment mettre en branle tous les moyens nécessaires pour pouvoir réaliser ces activités. Si,  le conseil fait des recommandations, nous verrons comment les traduire en activités et les prendre en compte dans le plan d’actions. 
 
 
Interview réalisée par :
Abdel Aziz NABALOUM
emirathe@yahoo.fr
 

 

Handicapé visuel et fabricant de savon : Saïdou Sondo un exemple pour la jeunesse

Le handicap n’est pas une fatalité. Ainsi peut se résumer l’histoire de Saïdou Sondo, producteur de savon et handicapé visuel. Après avoir perdu la vue à la suite d’un glaucome mal soigné, Saïdou Sondo ne baisse pas les bras. Il décide d’apprendre un métier afin de gagner dignement sa vie. Aujourd’hui, il est à la tête d’une unité de production de savon qui emploie six personnes. Il est par ailleurs formateur agréé auprès du FAFPA (Fonds d’appui à la formation professionnelle et à l’apprentissage). Nous l’avons rencontré pour lever le petit coin de voile sur son histoire.

 

Handicapé visuel et fabricant de savon : Saïdou Sondo un exemple pour la jeunesse

Lefaso.net : Présentez-vous, s’il vous plait ?

Je m’appelle Sondo Saïdou. Je suis responsable de l’entreprise Atelier savonnerie Saïdou (A.SA.SA.).

Avant, j’étais voyant. Un jour, j’ai décidé d’aller en Côte d’Ivoire chez mon oncle. Une fois là- bas, j’ai eu un glaucome. Ma mère avait aussi cette maladie des yeux. Je me suis soigné en vain, je n’ai pas pu guérir et j’ai perdu la vue. C’est suite à ça que je me suis rendu dans un centre (ABPAM) pour apprendre un métier. J’ai suivi deux années de formation et j’ai appris l’artisanat, notamment à tisser des lits picots.

J’ai également été formé au métier de standardiste par l’ONATEL en 2000 à l’Ecole nationale de télécommunication. Il y avait des propositions d’emplois pour moi en tant que standardiste, mais j’ai refusé. J’avais déjà commencé à produire le savon et j’ai vu que ce serait plus rentable que de travailler pour quelqu’un. C’est ainsi que j’ai demeuré dans la fabrication de savon jusqu’à maintenant.

Parlez-nous de vos débuts dans la production de savon

C’est véritablement en 2006 que j’ai commencé à produire en grande quantité le savon. En 2007, j’ai décidé de faire de mon entreprise, une entreprise formelle. J’ai donc fait les démarches pour obtenir les papiers et aujourd’hui mon entreprise est dans le secteur formel. En 2008, j’ai été lauréat d’un concours organisé par la Maison de l’Entreprise et j’ai reçu trois millions de l’Union Européenne. Avec cet argent, j’ai acheté du matériel de production de savon et de la matière première.

Concrètement comment arrivez- vous à doser et produire malgré votre handicap ?

Dans la saponification, tout est dosé, mesuré. Je pèse les produits qui entrent dans la fabrication du savon, ce qui me facilite la tâche. J’ai aussi des récipients pour mesurer les liquides. Par exemple, je pèse la soude par kilogramme que j’attache dans des sachets. Pendant la fabrication, si j’ai besoin de deux ou de trois kilos, il me suffit de prendre deux ou trois sachets. J’ai aussi un appareil qui contrôle la densité de la soude pour ne pas agresser la peau des utilisateurs. Mon handicap ne me dérange en rien dans la fabrication du savon. En outre, j’ai des personnes qui travaillent avec moi. Ils font donc le mélange selon les quantités que je leur dit d’utiliser. C’est pourquoi c’est nécessaire pour moi de travailler avec des personnes de confiance qui respectent ce que je leur dit.

En dehors de la production de savon, menez-vous d’autres activités ?

Je mène d’autres activités en dehors de la production de savon. A travers des recherches que j’ai menées auprès de mes frères et d’amis, j’ai pu découvrir la fabrication de l’engrais, un fertilisant qu’on fabrique à partir du phosphore du Burkina, de l’azote, etc. Pour le moment, j’en fabrique en petite quantité, trois tonnes par an. A cause du manque de financement, je ne peux pas lancer une production à grande échelle.

Je suis également formateur au niveau du ministère de la jeunesse et formateur agréé au FAFPA. Je forme les groupements et associations de femmes sur la saponification.

Combien de personnes employez-vous dans votre entreprise ?

J’emploie six personnes de façon permanente. Pendant les vacances, je recrute des jeunes qui vendent mes produits en ville et dans d’autres provinces du Burkina Faso.

La savonnerie nourrit donc son homme ?

Je gagne bien ma vie par la production de savon. Je fabrique toutes sortes de savons, du savon médical, de toilette, de lessive, etc. Et comme je suis formateur en saponification, je donne aussi des formations un peu partout, donc je ne me plains pas. Il y a des pharmacies qui prennent mes savons pour les revendre et aussi des boutiques qui vendent mes savons.

Quelles sont les difficultés que vous rencontrez dans votre travail ?

Comme je vous le disais, chaque vacance, je fais la promotion de mes produits en recrutant des jeunes qui se promènent pour vendre à Ouaga, ou vendent en province. Il y a certains qui n’hésitent pas à disparaître avec les savons. Il y aussi des commerçants qui prennent les produits, qui versent une partie de l’argent et le reste, il ne me le donne jamais. Il y a aussi des escrocs qui prennent le savon sans me payer.

Un appel à lancer aux jeunes ?

Je voudrais dire aux jeunes que le chômage n’existe pas au Burkina, chacun peut se débrouiller pour s’en sortir. Il suffit d’avoir de la volonté. Moi j’ai appris plusieurs métiers. A part le savon, j’ai appris l’élevage, l’artisanat, le commerce. Chacun peut essayer de s’en sortir dans un domaine bien précis. Personne ne doit dire qu’il n’y a pas de travail, tout le monde peut faire quelque chose.

Justine Bonkoungou (Stagiaire)
Lefaso.net

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