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2016.09.11

Commune de Komsilga : La Croix-Rouge burkinabè au secours de victimes d’inondations

  La Croix-Rouge burkinabè a procédé ce jeudi 8 septembre 2016 à la remise symbolique de dons aux sinistrés des inondations dans la commune de Komsilga. Cette assistance concernera près d’un millier de ménages répartis dans sept localités et permettra aux sinistrés de faire face aux conditions d’hygiène précaires dans les centres d’accueil.

Commune de Komsilga : La Croix-Rouge burkinabè au secours de victimes d’inondations

Ce sont au total 964 ménages de 4740 personnes sinistrés par les inondations qui recevront de l’assistance de la Croix-Rouge burkinabè. Cette assistance est composée de comprimés aquatabs pour désinfecter l’eau, de kits de cuisine, de kits de dignité pour les femmes, de vêtements pour les enfants, de nattes, de couvertures et de savons de toilette et de lessive.

La remise symbolique des dons a eu lieu ce jeudi à Komsilga, où 225 ménages de 824 personnes ont été répertoriés comme sinistrés. Ces dons leur permettront d’améliorer un tant soit peu les conditions d’hygiène précaires qu’ils vivent dans les écoles où la plupart ont trouvé refuge suite aux inondations. Axant son assistance sur l’eau, l’hygiène et l’assainissement, la Croix rouge espère ainsi réduire les risques de maladies hydriques et d’épidémies.

Maimounata Ouédraogo, l’une des bénéficiaires du don de la Croix-Rouge a tenu à exprimer sa joie et sa reconnaissance : « Je suis très contente pour l’aide que j’ai reçue. Je n’avais pas de natte, ni de savon pour la lessive. Je les remercie donc et prie que Dieu les bénisse. »

Même son de cloche pour Maxime Zongo, représentant le Comité villageois de développement de Komsilga, qui s’est lui aussi réjoui de l’acte posé par la Croix rouge au profit de leur commune et de ses habitants. 

Denis Bationo, président de la Croix rouge burkinabè, a quant à lui demandé aux bénéficiaires de faire bon usage du matériel reçu : « Je voudrais inviter les heureux bénéficiaires à faire œuvre utile dans l’usage de ces dons qui sont une contribution de la Croix-Rouge burkinabè, avec le soutien de la Fédération internationale des sociétés de Croix-Rouge/ Croissant-Rouge pour améliorer leurs conditions de vie. »

Ce don de la Croix-Rouge burkinabè concernera en plus de la commune de Komsilga, celle de Tanghin-Dassouri et les arrondissements 3, 4, 7, 8 et 10 de la commune de Ouagadougou.

Justine Bonkoungou (Stagiaire)
Lefaso.net

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Gestion des stocks d’urgence : L’UNICEF en mission de contrôle dans les magasins du CONASUR

La représentante adjointe de l’UNICEF au Burkina était dans les magasins du Conseil National de Secours d’Urgence et de Réhabilitation (CONASUR) dans la soirée du 26 août 2016. Rinko Kinoshita est allée constater de visu le matériel que l’organisation internationale a remis au conseil dans le but de contribuer à la gestion des crises humanitaires et catastrophes.

Gestion des stocks d’urgence : L’UNICEF en mission de contrôle dans les magasins du CONASUR

 

 

 

 

 

 

 

Le 2 aout dernier, le Fonds des nations unies pour l’enfance (UNICEF) au Burkina et le Conseil National de Secours d’Urgence et de Réhabilitation (CONASUR) signaient un protocole d’accord. Par ce geste, l’organisation internationale mettait à la disposition du Burkina un stock de matériels pour contribuer en temps réel à la gestion des crises humanitaires et catastrophes (malnutrition, inondations, épidémies, sécheresses…).

Après la signature qui scellait le partenariat entre les deux parties, la représentante adjointe, Rinko Kinoshita est allée constater de visu l’état du stock d’urgence dans les magasins. Le matériel d’hygiène et d’assainissement, des kits scolaires et le matériel de survie sont soigneusement entreposés dans un des magasins du CONASUR.

« Nos stocks étaient en souffrance, coté vivre et coté matériel de survie, nous en manquions. Coté kit scolaire, on n’en avait pratiquement plus », se rappelle Florent Bakouan, premier responsable de la structure gouvernementale qui a ainsi dit sa satisfaction de disposer désormais d’un stock d’urgence, surtout en cette période pluvieuse où on enregistre des inondations un peu partout sur l’entendue du territoire.

Il y a presque chaque jour des inondations, précise le secrétaire permanent du CONASUR Florent Bakouan qui ajoute que le cap de 30 000 sinistrés a été atteint. Refugiés dans les écoles ou des abris de fortune, 1/3 de cette population est constitué d’enfants. « Ce matériel va soulager des milliers d’enfants et beaucoup de ménages. C’est aussi une épine qu’on enlève des pieds du gouvernement », reconnait-il.

« Au Burkina, on vit dans une situation de vulnérabilité à catastrophe naturelle notamment des inondations répétitives. Il faut donc être préparé et faire des planifications, des différents scénarios des situations d’urgence », a pour sa part ajouté la représentante adjointe de l’UNICEF.

Les ménages les plus vulnérables seront prioritaires dans la distribution des stocks.

Même en période de catastrophe, les enfants ont des droits

A l’orée de la rentrée scolaire, des milliers d’enfants dont les parents ont presque tout perdu à cause de la furie des eaux, n’étaient plus sûrs de regagner les classes. Pourtant, comme le rappelle Rinko Kinoshita, « l’éducation est la clé pour le développement et c’est la partie fondamentale de la convention du droit de l’enfant », il était impérieux pour l’UNICEF d’agir. « Vous êtes l’avenir de ce pays, les leaders de demain et sans éducation, vous ne pourrez pas participer pleinement au développement du pays », a-t- il lancé à l’endroit des enfants.

L’appui de l’organisation permet également de satisfaire d’autres droits, comme ceux liés à l’accès à l’eau potable, à l’hygiène et à l’assainissement. La visiteuse du jour n’hésite pas a rappeler le guide de l’UNICEF intitulé « principaux engagements pour les enfants dans l’action humanitaire », véritable ‘’Bible’’ pour orienter les interventions en périodes difficiles. L’humanité, l’impartialité, et la neutralité.
Environ 5000 enfants bénéficieront de l’appui de l’UNICEF, et foi du SP/CONASUR, la distribution se fera à bonne date afin que les élèves sinistrés ne manquent pas le début des cours. Les structures déconcentrées de l’institution sont déjà aux aguets pour la distribution des kits au public cible.

Des garanties de bonne gouvernance

Pour une bonne gouvernance du stock, les gestionnaires des magasins du CONASUR ont bénéficié d’une session de formation pour la gestion administrative et l’entretien des intrants. « Les entrées, les sorties, les livraisons seront notées pour qu’à tout moment nous soyons informés », a rassuré Florent Bakouan.
Et chaque trimestre, le CONASUR doit faire le point de la gestion du stock d’urgence à son partenaire, l’UNICEF.
Pour assurer le suivi et évaluer l’impact de l’opération, il est prévu que l’UNICEF aille à la rencontre des bénéficiaires. « (…) Pour voir par exemple comment les enfants utilisent les kits scolaires, dans le but d’améliorer éventuellement », a renchéri Rinko Kinoshita.

Liste des intrants pour la gestion des urgences

Tiga Cheick Sawadogo
Lefaso.net

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Filets sociaux de sécurité en Afrique de l’ouest : Le RBM appuie ses pays membres

Relever les défis auxquels sont confrontés les éleveurs et les pasteurs, telle est la mission que s’est assignée le Réseau billitalmaroobé (RBM), depuis sa création en 2003 par des organisations d’éleveurs du Mali, du Burkina et du Niger. A ce titre, des mécanismes tels que le projet d’appui à la conception de modèles de filets sociaux adaptés aux réalités de l’élevage pastoral (FISOREP) a été mis en place. Un atelier de partage et d’affinements des outils et méthodes de ciblage des bénéficiaires dudit projet a été organisé ce mercredi 7 septembre 2016 à Ouagadougou.

Filets  sociaux de sécurité en Afrique de l’ouest : Le RBM appuie ses pays  membres

Au regard de l’intensification et de l’impact des aléas climatiques sur les activités des éleveurs, le Réseau billitalmaroobè, dont l’une des missions est de sécuriser l’élevage pastoral et promouvoir une gestion durable et équitable des ressources naturelles « veut contribuer au renforcement de la résilience des pasteurs et agropasteurs face au changement climatique » a indiqué Boureima Dodo, Secrétaire permanent du RBM. Il s’agit notamment de mécanismes de protection durable des troupeaux lors des périodes de crises pastorales par le biais de la réduction de la mortalité et la sauvegarde d’un noyau apte à favoriser la reconstitution du cheptel.

D’où le présent atelier qui s’inscrit dans le cadre du Projet d’appui à la conception de modèles de filets sociaux adaptés aux réalités endogènes de l’élevage pastoral (FISOREP). Cette rencontre qui s’étalera sur trois jours, permettra de caractériser les ménages pastoraux vulnérables ciblés par les interventions et harmoniser les outils de ciblage (critères de vulnérabilités) qui seront utilisés. Et ce sont au total 1900 ménages du sahel qui vont bénéficier de ce programme.
Pour Boubacar Maïga, président de l’antenne RBM au Burkina, cet atelier est à saluer. En effet, l’initiative du RBM contribue à influencer la prise en compte du pastoralisme dans la détermination des stratégies et méthodes de ciblages des ménages vulnérables.

Crée en 2003, le RBM couvre à ce jour neuf pays membres (Mauritanie, Sénégal, Mali, Burkina, Bénin, Niger, Togo, Nigeria et Tchad) et compte 75 organisations membres. L’organisation s’attèle à défendre les intérêts de plus de 75 000 pasteurs et plus de 2 000 000 de bénéficiaires.

Nicole Ouédraogo
Lefaso.net

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2016.09.09

Insurrection populaire: La CFDC pour la pérennisation des acquis

Insurrection populaire: La CFDC pour la pérennisation des acquis

Insurrection populaire: La CFDC pour la pérennisation des acquis
© DR / Autre Presse
 
Insurrection populaire: La CFDC pour la pérennisation des acquis
 
Ceci est un compte rendu de la rencontre de la Coalition des Forces démocratiques pour un vrai changement (CFDC, ex Coalition Zeph 2015) à propos de la tenue les 29 et 30 octobre 2016 à Ouagadougou d’une Conférence nationale sur l’Insurrection et les Défis du Burkina post Insurrectionnel, autour du thème : « Insurrection et aspirations au changement du peuple burkinabè : bilan, acquis et perspectives pour un Burkina réconcilié avec lui-même ».


« Le mercredi 7 septembre 2016 s’est tenue une rencontre des partis membres de la coalition Zeph 2015 pour un vrai changement autour des points d’ordre du jour suivant :

  1. Vie de la Coalition
  2. Activités
  3. Divers

Au titre de la vie de la coalition, les membres de la coalition ont décidé du changement de son nom. La coalition se nomme désormais : « Coalition des Forces Démocratiques pour le Vrai Changement » en abrégé CFDC. Membre à part entière de l’opposition politique, la CFDC entend œuvrer sans relâche aux cotés des autres partis membres de cette opposition et de toutes les forces politiques et sociales qui le voudraient, à la construction d’une coalition très large regroupant le plus grand nombre, autour d’un programme commun, afin d’offrir aux burkinabè une alternative crédible, source de Vrai changement au Burkina Faso.

Au titre des activités à venir, la coalition, en liaison avec d’autres forces politiques et sociales, projette organiser les 29 et 30 Octobre 2016 à Ouagadougou, une Conférence Nationale sur l’Insurrection et les Défis du Burkina post Insurrectionnel, autour du thème : « Insurrection et aspirations au changement du peuple burkinabè : bilan, acquis et perspectives pour un Burkina réconcilié avec lui-même ».
A cet effet, la coalition a adopté les termes de référence articulés autour des points ci après :
Contexte et justification
L’insurrection populaire des 30 et 31 Octobre 2014 a marque de façon déterminante l’histoire politique de notre pays. Voilà déjà deux (2) ans que le peuple burkinabè s’est insurgé contre le régime du Président Compaoré, mettant ainsi fin à vingt-sept années (27 ans) de gestion de pouvoir.
Après l’élaboration d’une charte consensuelle et une transition de treize (13) mois animée par l’ensemble des forces vives de la nation, l’année 2016 s’est ouverte sur des dynamiques nouvelles suite à l’organisation réussie, le 29 novembre 2015, d’élections législatives et présidentielles saluée par la communauté internationale. Ces élections ont débouché sur la mise en place d’une nouvelle équipe dirigeante, composée par des partis politiques ayant pris part au mouvement sociopolitique qui a mené à l’insurrection.
Deux années après cette insurrection, les Burkinabè ont le sentiment que le changement véritable qu’ils espéraient tarde à se concrétiser. Leur impatience s’était déjà manifestée sous la Transition elle même. Limitée dans son action par ses propres insuffisances, bousculée par des turbulences politiques diverses dont le coup d’Etat de septembre 2015, soumise à la contrainte de temps et de ressources et davantage préoccupée par sa survie, la Transition n’a pas pu répondre à leurs nombreuses attentes.
Cette impatience semble se poursuivre avec le nouveau régime en place dont l’action est teintée d’hésitations et de tâtonnements ; ce qui pousse les Burkinabè à s’interroger sur sa capacité à apporter la bonne réponse à leurs problèmes. Pire, en observant certaines décisions et les dérives dans la gestion du pouvoir, la nouvelle équipe dirigeante pose des actes qui rappellent étrangement l’ancien régime. En conséquence, les Burkinabè ont l’impression que la flamme du changement et leurs aspirations à une meilleure gouvernance sont en train d’être étouffées.
Ce sentiment de déception se murit dans un contexte national marqué par une déchirure. Née de l’insurrection elle-même qui a opposé le peuple à ses dirigeants, elle semble s’être élargie avec les péripéties politiques qui ont suivi l’insurrection. Aujourd’hui, à côté du camp des insurgés d’hier qui se sentent floués, se dresse le camp de ceux qui se considèrent comme les « perdants » politiques de cette aventure. De tels antagonismes peuvent porter gravement atteinte à la cohésion nationale, socle d’un progrès politique, économique et social effectif.
C’est dans ce contexte qu’un regroupement de partis politiques et d’organisations de la société civile, acteurs de l’Insurrection et soucieux non seulement de dresser un bilan du mouvement social et politique des 30 et 31 Octobre 2014, mais aussi et surtout de poser les jalons d’un nouvel élan pour notre pays, a décidé, de marquer le deuxième anniversaire de cette insurrection par l’organisation d’une Conférence nationale sur l’Insurrection et les Défis du Burkina Post Insurrectionnel, les 29 et 30 Octobre 2016, sous le thème :
« Insurrection et aspirations au changement du peuple burkinabè : bilan et perspectives pour une véritable réconciliation nationale».
Cette rencontre qui se veut introspective et rassembleuse autour de valeurs telles que la paix et la cohésion nationale, ambitionne de réunir toutes les sensibilités de la société burkinabè.
Objectifs
L’objectif principal de cette Conférence nationale sur l’insurrection vise à commémorer l’évènement et à pérenniser les acquis de ce mouvement à travers :

a) l’évaluation de :
– ce mouvement social

  • la transition
  • la gestion actuelle après dix (10) mois de gouvernance post-transitionnelle et de son adéquation avec les aspirations des insurgés
  • la cohésion de la Nation et des réflexions sur la problématique de la réconciliation nationale

L’identification de pistes d’une relance vigoureuse de la démocratie et de l’économie.
Démarche
Pour mener à bien cette activité, des concertations avec l’ensemble des forces vives de la nation seront programmées dans l’optique d’obtenir l’adhésion de tous. La posture de la conférence est, non pas « nous avons fait une insurrection », mais plutôt « le Burkina Faso a connu une insurrection en octobre 2014 ». Cette approche permet à ceux qui ont été les « perdants » du pouvoir aussi contribuer d’une part par l’auto critique, s’ils le désirent, mais aussi par l’appréciation critique de tout ce qui a suivi l’insurrection.
Activités
La conférence sera organisée sous forme de panels. Chaque panel traitera d’un thème lui même éclaté en sous thèmes faisant l’objet d’une présentation introductive. Des TDRs pour chaque panel seront élaborés et transmis aux panelistes afin de permettre à ces derniers de traiter de façon efficace et efficiente les sujets. La conférence elle-même sera précédée d’un hommage aux martyrs.
Les 4 grands thèmes retenus sont les suivants :
Thème introductif : Retour sur l’insurrection des 30-31 octobre 2014 : radioscopie d’un mouvement historique

  • Sous-thème 1 : Le rôle de l’Opposition politique
  • Sous-thème 2 : Le rôle de la société civile (« OSC », médias, syndicats, autorités traditionnelles et religieuses...)
  • Sous-thème 3 : Le rôle des FDS et autres acteurs
  • Sous-thème 4 : Les Violences, les martyrs, les victimes diverses et les dérives de l’insurrection : Témoignages et leçons à tirer pour l’histoire

Thème 2/ L’évaluation de la Transition : acquis et insuffisances

  • Sous-thème 1 : Les institutions et acteurs de la Transition : analyse critique de la genèse et du fonctionnement des institutions, acteurs et rôles
  • Sous-thème 2 : L’agenda et l’action de la Transition : feuilles de route, acquis et limites de l’action publique sous la Transition

Thème 3 : L’évaluation du régime post-transition

  • Sous-thème 1 : L’état de la mise en œuvre des acquis de l’insurrection en matière de bonne gouvernance
  • Sous-thème 2 : La relance économique et les réponses aux attentes des Burkinabè pour un mieux être
  • Sous-thème 3 : L’état de la justice et son rôle face aux crimes de sang et aux crimes économiques :
  • Sous-thème 4 : La question sécuritaire

Thème 4 : Les sentiers de la réconciliation nationale

  • Sous-thème 1 : Les politiques et stratégies de réconciliation nationale : expériences historiques du Burkina Faso
  • Sous-thème 2: La problématique de la réconciliation nationale post-insurrection : Quelle stratégie ?

Pilotage
L’événement sera piloté par les 3 structures suivantes :

  • Un comité d’Orientation : il a pour mission de superviser l’orientation politique de la conférence et d’entreprendre les démarches de sensibilisation et de mobilisation
  • Un comité de Thème : il a pour mission de sélectionner les présentateurs des thèmes et de préparer les discussions, de tirer les conclusions.
  • Un comité d’Organisation : il est chargé de l’organisation pratique de la conférence.

En divers, les membres de la coalition ont tenu à remercier les nombreux burkinabè qui ont déjà contribué à enrichir sa réflexion, et se dit ouverte à toute suggestion susceptible de garantir le succès de l’évènement qui est ouvert à tous.

Ils ont aussi procédé à un large échange sur la vie nationale »

Fait à Ouagadougou le 7 septembre 2016

Pour la Coalition

Zéphirin Diabré, Président de l’UPC »

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La Première Dame pour la promotion de la médecine nucléaire

La Première Dame pour la promotion de la médecine nucléaire

© DR / Autre Presse
       La Première Dame pour la promotion de la médecine nucléaire
 
L’épouse du Président du Faso, Madame Sika KABORE a présidé le jeudi 8 septembre 2016, la cérémonie d’ouverture des premières Journées de la médecine nucléaire sur le thème : « Place de la médecine nucléaire dans l’univers diagnostic au Burkina Faso ».

Organisées par le service de la médecine nucléaire du Centre hospitalier universitaire Yalgado OUEDRAOGO (CHU-YO) de Ouagadougou, sous l’égide de l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA), ces premières Journées de la médecine nucléaire permettront de faire le point des activités menées depuis la mise en route du service de la médecine nucléaire au Burkina Faso en 2012. Elles visent également à faire le point de l’accompagnement des différents partenaires, à voir les perspectives de promotion de cette spécialité et à l’utilisation de la médecine nucléaire dans la lutte contre les pathologies cancéreuses.

« L’engagement de la Première Dame dans le domaine de la santé est connu et à travers son association KIMI, elle a toujours œuvré pour le bien-être des populations, en particulier, dans la lutte contre les cancers chez la femme », a dit Monsieur Robert Bibia SANGARE, Directeur général du CHU-YO de Ouagadougou.

« La médecine nucléaire constitue un maillon important dans le diagnostic précoce et dans le suivi des pathologies cancéreuses. Que ces premières Journées puissent se tenir au Burkina Faso est vraiment très appréciable dans la mesure où l’AIEA est à nos côtés pour former nos prestataires à l’utilisation et à la manipulation d’un certain nombre de matériels au sein de l’unité de la médecine nucléaire. Aujourd’hui le cancer tue énormément car le diagnostic ne se fait pas à temps et une part très importante de notre budget est consacrée aux évacuations sanitaires », a confié Madame Sika KABORE à l’issue de la cérémonie.

« L’unité de la médecine nucléaire existe déjà, a-t-elle ajouté, mais le renforcement des capacités en personnels et en matériels de pointe va permettre de mieux appréhender la lutte contre le cancer et faire de telle sorte que le plus grand nombre de Burkinabè notamment les plus démunis puissent profiter du diagnostic et du suivi des lésions cancéreuses ».

L’épouse du chef de l’Etat s’est félicitée de la tenue de ces Journées. Elle a souhaité que des recommandations fortes soient formulées au terme de cette rencontre, en vue d’une lutte efficace et efficiente contre les pathologies cancéreuses.

Le plan du Centre de cancérologie de Ouagadougou en construction, a été présenté à Madame Sika KABORE par les organisateurs à la fin de la cérémonie d’ouverture.
Le service de la médecine nucléaire du Centre hospitalier universitaire Yalgado OUEDRAOGO de Ouagadougou est fonctionnel depuis le 9 janvier 2012.

La Direction de la Communication de la Présidence du Faso

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Ouagadougou: les cimetières de la honte

    La vie est belle. Car elle est un don inestimable de Dieu. Nous l’aimons et la protégeons du mieux que nous pouvons. Mais sur cette terre, la vie n’est pas éternelle. Nous sommes tous appelés à mourir un jour. Jeune ou vieux, homme ou femme, riche ou pauvre. Aussi, dès que la mort fauche un des nôtres, nous nous empressons de lui trouver une sépulture digne de lui. Afin qu’ «il repose en paix», aime-t-on à le dire. La sépulture est donc un lieu hautement symbolique et chargé d’émotions, puisqu’elle représente la dernière demeure du défunt. C’est à la fois un endroit de souvenir et de recueillement, mais aussi un trait d’union entre les disparus et les vivants. C’est une raison suffisante pour que nos parents décédés aient accès à une place honorable au cimetière. Malheureusement, à Ouagadougou, quand l’un de nos proches meurt, il faut gérer deux difficultés: d’abord dompter la douleur de sa disparition et ensuite trouver une place au cimetière pour l’inhumer.

Cimetières de Ouagadougou délaissés, sales
Cimetières de Ouagadougou délaissés, sales

Les emplacements disponibles dans les cimetières de la ville de Ouagadougou deviennent insuffisants, les services municipaux devaient aménager d’autres sites s’ils veulent que les citadins continuent d’ensevelir leurs morts dans la quiétude.

La gestion des cimetières doit être absolument revue
La gestion des cimetières doit être absolument revue

Un tour aux cimetières de Tabtenga, de Karpaala, de Balkuy, de Gounghin, de Nagrin,… à titre d’exemples, et vous constaterez que le nombre de places se réduisent comme une peau de chagrin. Dès qu’il y a un départ, les jeunes, encore très solidaires et compatissants, se débrouillent pour trouver un espace dans l’un de nos cimetières souvent déjà saturés. Justement, comme il faut forcément trouver un coin, ils ne regardent plus les tombes existantes. Ils creusent parfois entre plusieurs tombes. Ce qui crée plus de désordre et contribue à dégrader les anciennes tombes (les uns marchent dessus, les autres s’assoient au-dessus…). Il faut en créer d’autres. Et mieux les protéger pour une gestion rationnelle de l’espace. A Gounghin, ceux qui ont les moyens songent à des caveaux maintenant.

Les municipalités, chargées de délimiter les cimetières et de veiller à leur bon entretien, ont visiblement du mal à le faire adéquatement. Les cimetières de Ouaga sont une honte. Quelle tristesse! Comment nos morts peuvent-ils reposer en paix dans des lieux pareils? Maires du Burkina et surtout de Ouagadougou, vous êtes interpellés sur cette question fondamentale.

Théophile MONE

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Crise d’adolescence: pourquoi les parents doivent-ils éviter d’être moralistes avec leurs enfants?

La crise d’adolescence est l’ensemble des troubles (sautes d’humeur, attitudes de défi, opposition aux parents, comportements excessifs…) en rapport avec la phase de transition entre l’âge enfant et l’âge adulte qu’est l’adolescence. Elle constitue une période difficile pour les jeunes, mais aussi pour les parents, qui doivent gérer le conflit permanent. Pour éviter que l’enfant ne se rebelle et ne reporte sa crise d’adolescence à l’âge adulte, le psychologue Jean Bosco Kaboré nous livre quelques petites astuces.

Jean Bosco Kaboré
Jean Bosco Kaboré

La crise d’adolescence est un phénomène qui touche de nombreuses personnes dont l’âge varie entre 11-12 ans et 18 ans. Elle est essentiellement marquée par l’opposition de l’adolescent à ses parents et aux membres de sa famille. Il se  cherche et essaie de trouver sa place au sein de la famille et de la société. Et cette quête passe souvent par le conflit. Selon le psychologue Jean Bosco Kaboré, c’est une étape où l’adolescent est attentionné pour son propre corps,  vit dans son moi et se voit comme le centre de la vie. «La personne se dit qu’elle peut se permettre de tout faire et quand elle est passionnée, elle veut aller au bout de sa passion. Quand elle veut faire des bêtises, elle le fait, quand on lui dit d’aller à gauche, elle va à droite», a expliqué M. Kaboré.

De son avis, la crise d’adolescence est l’une des causes de divorce car beaucoup d’hommes et de femmes la développent dans le foyer. Certains enfants dit-il, ont eu une éducation stricte avec des parents très rigoureux, observateurs, qui ne leur permettaient pas de jouer avec les autres. Et le fait de ne pas permettre à l’enfant de faire sa crise d’adolescence, cette crise à en croire le spécialiste, est reportée et cela rattrape l’enfant à l’âge adulte et dans le mariage. «C’est en ce moment que la personne commence à dévier, à s’agiter. Elle est troublée, ne cherche pas à comprendre l’autre et n’en fait qu’à sa tête», a-t-il révélé.

Il a aussi précisé que de nombreuses personnes se marient pour combler d’abord leur carence affective. Pour préserver son couple, Jean Bosco Kaboré recommande de toujours essayer de connaitre l’origine du problème au lieu de condamner ou d’attaquer l’autre.

Concernant les parents, ils doivent selon lui, apporter de l’amitié à leurs enfants qui ont besoin de leur présence. «L’adolescent n’a pas besoin de l’autorité de son père ou de sa mère. Il a besoin de se sentir apprécié, valorisé, écouté. Il ne veut pas qu’on l’écoute pour répondre, il veut qu’on l’écoute pour comprendre ses aspirations et les accepter», a-t-il soutenu. Il a aussi rappelé que la crise n’est pas négative en soi. «Quand on est équilibré avec nos parents, la crise nous accompagne dans notre développement. Mais quand on est déséquilibré avec les parents, la crise va amener l’enfant à se disperser», a dévoilé M. Bosco. Il a pour ce faire recommandé aux parents d’éviter d’être moralistes avec leurs progénitures adolescents.

Madina Belemviré

 

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2016.09.08

Manipulation mentale: comment les jeunes se font avoir par les terroristes?

 

Jean Bosco Kaboré
Jean Bosco Kaboré conseiller conjugal et psychologue

La manipulation mentale est l’ensemble des tentatives utilisées pour fausser ou orienter la perception de la réalité d’une personne. Dans le cadre du terrorisme, nombreux sont les jeunes qui tombent dans le piège des terroristes. Pour comprendre comment on peut arriver à convaincre quelqu’un de tuer, nous avons eu un entretien avec le conseiller conjugal et psychologue, Jean Bosco Kaboré. Entretien.

Qu’est-ce que la manipulation mentale?

La manipulation mentale est une manœuvre volontaire ou non, pour inciter quelqu’un à faire quelque chose qu’il ne veut pas nécessairement faire, donc pour modifier son comportement sans qu’il s’aperçoive.

Qu’est-ce qui rend les personnes vulnérables à la manipulation?

La plupart du temps, ce sont des personnes qui ne sont pas assises psychologiquement avec une conviction de vie, des personnes qui n’ont pas de repère. Elles vivent avec de fausses philosophies et sont très vulnérables.

Qu’est-ce qui explique cet état de fait?

Les parents sont en partie responsables car il y a des parents immatures, des bébés adultes. On ne peut pas éduquer les enfants en dehors du berceau de la famille. On met au monde un enfant, mais on n’a pas les outils pour donner une assurance à l’enfant, pour garantir son éducation, pour l’orienter dans une bonne vision. A un certain moment, quand l’enfant est perdu, quand il n’a plus les racines matures de sa famille, il cherche à s’attacher à quelque chose. Les personnes manipulées sont des victimes abandonnées, mêmes si elles font des victimes à leur tour. Beaucoup ont hérité de la haine et des violences qu’elles ont cultivées à partir des blessures très profondes. Ainsi, à un certain moment donné, l’enfant s’éloigne du pâturage de la famille et peut devenir de la sauce pour le loup.

Que symbolise la haine pour ces jeunes?

La haine symbolise pour certains jeunes un mécanisme de défense et quand l’enfant grandit avec son réservoir affectif vide, il se révolte. Quand la haine s’installe dans l’esprit de ces jeunes, ils n’ont plus peur de mourir. Ils sont inspirés et guidés par cette haine qui devient la solution à leur problème.

Comment les manipulateurs arrivent-ils à utiliser ces jeunes à leur guise?

Ils ont une thérapie de manipulation qui est profonde comme un poison. Ils mettent en place cette thérapie pour masturber l’esprit des jeunes. On leur propose une solution en disant: ta vie n’a pas de sens, viens on va trouver un sens à ta vie. Et comme il est vulnérable, il y va. Ils installent un ‘’logiciel mental’’ dans son esprit, déprogramment celui qui était installé avec des fausses philosophies trompeuses et séductrices. Ils leur présentent l’image d’un Dieu et leur font croire que donner sa vie à Dieu est une bonne cause. Ils leur disent qu’ils sont les gentils et que les autres sont les méchants et que s’ils veulent donner un sens à leur vie, il faut qu’ils défendent cette cause noble en tuant les méchants car c’est la seule condition pour aller. Les personnes qui manipulent ont aussi une fausse philosophie, conviction de la vie. Elles manquent de repère et de maturité.

Quel genre de comportement les parents doivent-ils adopter pour éviter que leurs enfants ne se fassent avoir?

Il faut que les parents acceptent l’enfant avec ses défauts et ses qualités, qu’ils parlent son langage car c’est à ce moment qu’on peut découvrir ce qui manque à l’enfant. En acceptant l’enfant, on le met dans une étape d’assurance et de sécurité.

Que peuvent faire les religieux pour sensibiliser ces jeunes?

Nous sommes dans un monde où les religieux doivent travailler à avoir une seule parole, la non-violence. Ils doivent arrêter d’enseigner comment le pêché détruit les hommes et apprendre aux jeunes comment la grâce, la miséricorde sauve les hommes et comment vivre en société nécessite de l’acceptation et de la communion.

Madina Belemviré (http://lesechosdufaso.net/)

 

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Mutilations génitales féminines: la Première dame souhaite qu’on durcisse la loi

La Première dame du Burkina Faso, Sika Kaboré a invité le législateur à doser la sanction sur la pratique de l’excision afin qu’elle soit suffisamment dissuasive pour empêcher les exciseuses de récidiver. C’était au cours d’une conférence de presse le samedi 13 août dernier.

En cas de délit d’excision, la loi prévoit des peines d’emprisonnement de 6 mois à 3 ans et de 5 ans à 10 ans s’il y a mort d’homme. Les amandes vont de 150 000 F CFA à 900 000 F CFA pour les auteurs de ce forfait et de 50 000 à 100 000F CFA pour les complices.

Protégeons nos enfants de cette mutilation
Protégeons nos enfants de cette mutilation

Pour Sika Kaboré, la loi n’est pas suffisamment dissuasive pour intimider les exciseuses de récidiver. «On enferme une exciseuse pour 6 mois de prison et au bout des six mois elle ressort, reprend son couteau et nargue toute la communauté autour d’elle. Ou bien on lui demande de payer l’amende de 150 000 F CFA et elle ne va pas en prison parce que les peines ne sont pas cumulatives, mais alternatives. Elle paye l’amende et elle repart chez elle», a déploré Mme Kaboré qui a révélé que certaines exciseuses vont jusqu’à dire qu’elles ont soudoyé le juge pour sortir. «Vous vous rendez compte de l’effet que cela peut produire par rapport au reste de la population?», s’est-elle interrogée.

Sika Kaboré a promis de continuer la lutte  tant qu'il y aura une seule femme burkinabè menacée d'excision
Sika Kaboré a promis de continuer la lutte tant qu’il y aura une seule femme burkinabè menacée d’excision

Entre l’acte et la sanction, Sika Kaboré pense qu’il n’y a pas de commune mesure parce que le clitoris est un organe qui a son utilité. «Nous allons donc demander au juge d’être sévère et on va discuter avec le législateur pour voir comment doser la sanction pour qu’elle soit suffisamment dissuasive afin que les gens ne récidivent pas», s’est-elle convaincue tout en rappelant que le Burkina Faso est leader au plan international dans la lutte contre l’excision. «Nous ne pouvons pas tolérer aujourd’hui que la Une de l’actualité porte sur l’excision alors que nous reconnaissons tous qu’elle est une pratique néfaste pour la femme. Aujourd’hui ce sont des bébés qu’on excise parce qu’on se rend compte qu’à un certain âge l’enfant peut se défendre et dénoncer», a-t-elle déploré en faisant allusion à la tentative d’excision déjouée des sept filles qui ont été sauvées des lames et couteaux mutilateurs au secteur 21 de Ouagadougou.

Les hommes de médias n'ont pas tari de questions lors de ce point de presse
Les hommes de médias n’ont pas tari de questions lors de ce point de presse

Le ministre de la Solidarité nationale, Laure Zongo a confié à cet effet que les gens commencent à prendre conscience qu’en dénonçant, ils peuvent sauver de nombreuses filles. A l’en croire, les statistiques  l’ont démontré puisqu’en 2014, il y a eu 12 cas de dénonciations qui sont passés à 36 cas en 2015.

Mme Kaboré a donc exhorté les populations à contribuer à cette lutte pour éradiquer pour de bon ce phénomène car dit-t-elle, «Tant qu’il y aura une seule fille ou femme burkinabè menacée d’excision, je continuerai la lutte».

Madina Belemviré (http://lesechosdufaso.net/)

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La crise et l’accès au logement au Faso: quelles solutions durables?

Tous les Burkinabè, quel que soit leur rang social, aspirent à un toit décent. Pourtant, même en l’absence de données fines pour une analyse rigoureuse de la situation, les Burkinabè savent pertinemment que le problème du logement se pose aujourd’hui avec acuité. Depuis cinquante ans, le paysage urbain, surtout de Ouagadougou, s’est profondément modifié: les autorités publiques ont d’abord lutté contre la constitution de bidonvilles (zones non loties) mais bien souvent, de nouveaux espaces ont été urbanisés, hors de tout contrôle de l’État, qui, après avoir essayé d’enrayer le phénomène, semble préférer aujourd’hui l’accompagner. Car la question du logement est indissociable de la question de l’accès au sol.

L’explosion démographique dans notre pays s’accompagne d’une urbanisation effrénée et décousue, posant dans le sillage un problème crucial, celui de l’accès à un logement décent surtout des pauvres.

Regard sur les obstacles qui inhibent l’accès des plus démunis au logement au Burkina Faso.

Des habitats traditionnels...
Des habitats traditionnels…

Le Burkina a énormément changé sur le plan de l’habitat. Un changement qualitatif. Le ciment a remplacé le banco, les villas ont englouties les cases, les bitumes recouvrent la terre, le courant électrique ou solaire a électrocuté la lampe tempête, le téléphone a brouillé le son du tam-tam parleur…

Mais combien de Burkinabè bénéficient de ce changement qui a un prix? Des changements aux coûts exorbitants et dont une certaine catégorie de la population n’a pas accès. Pour ce faire, il existe encore, même dans la capitale, des quartiers semblables à des villages. Des bidonvilles où l’hygiène et autres infrastructures d’assainissement y font défaut.

Le changement du Burkina ressemble à une sorte d’apartheid, un développement séparé. D’un côté les villas de riches (Ouaga 2000, projet Zaca, les villas Azimmo…), de l’autre les taudis des pauvres (les non-lotis de Balkuy, Toyibin, Nagrin. Un véritable contraste.

... aux nouvelles villas du Burkina, on peut dire que tout a changé. Qualitativement. Mais à qui profite ces changements?
… aux nouvelles villas du Burkina, on peut dire que tout a changé. Qualitativement. Mais à qui profite ces changements?

Pourtant, après la nourriture, c’est au logement que les familles consacrent leurs budgets mensuels. Au Burkina, plus de 60% des ménages en ville vivent en location sans oublier les difficultés d’acquisition des terres et les coûts élevés des matériaux de construction. Toute chose qui prouve que les Burkinabè de la ville sont mal logés. La croissance sans cesse de la  population de Ouagadougou est fortement liée à sa croissance spatiale avec les extensions illégales qu’on y dénotent. A qui la faute?

Les problèmes graves qui sous-tendent la crise du logement proviennent de plusieurs facteurs difficiles à maîtriser. Ce sont la croissance démographique, l’urbanisation galopante et la pauvreté chronique. Ces forces prennent chaque année à la gorge bien de personnes démunies au Faso.

Oui, la misère en contraint beaucoup à élire domicile dans des zones inondables ou zones non loties. On ne saurait nier le lien existant entre la pauvreté et le problème du logement. Quand on est trop démuni pour se procurer des choses aussi élémentaires que la nourriture et le vêtement, que dire de l’achat ou de la location d’une habitation décente?

En théorie, la demande de logements est quasi-illimitée. Ceux qui en ont déjà recherchent des habitats plus spacieux et plus confortables alors que ceux qui n’en n’ont pas en veulent un nouveau. Cependant, cette demande latente se traduit difficilement en demande réelle, principalement à cause des questions de financement. Les ménages à faibles revenus étant exclus du système financier du fait du risque élevé qui leur ait associé par les institutions de crédit.

 Les inondations du 1er septembre 2009 ont posé avec acuité le problème du logement au Burkina: Problème d'accessibilité au sol, de coût des matériaux... Les pauvres sont les perdants de la politique du logement
Les inondations du 1er septembre 2009 ont posé avec acuité le problème du logement au Burkina: problème d’accessibilité au sol, des coûts des matériaux… Les pauvres sont les perdants de la politique du logement. Il faut des solutions justes et novatrices

Quelles solutions

En termes de solution, il y a la nécessité de mieux analyser les besoins des populations et de tenir compte de l’environnement des lieux d’habitation.

Premièrement, il faut accepter passer de la simple politique de logement à une politique plus large de l’habitat durable. Une politique de l’habitat durable devra impliquer tous les acteurs de la filière et intervenir sur plusieurs aspects: disponibilités foncières, types de baux autorisés, financement de la filière et construction d’infrastructures. La consultation de différents spécialistes sera nécessaire: démographes, spécialistes de l’aménagement du territoire, économistes, assureurs, ingénieurs en génie civil, routes, etc.

Deuxièmement, il faudrait sécuriser et aménager le foncier. En effet, la régulation du foncier est largement insuffisante au Burkina avec la coexistence parfois de normes étatiques et de normes coutumières. De nouvelles réformes pourraient aboutir à une plus grande intégration du droit coutumier dans le corpus réglementaire.

Enfin, l’Etat burkinabè devrait s’intéresser aux solutions informelles mises en place par les populations elles-mêmes. Par exemple, de nombreux ménages louent leurs logements sans aucun cadre régulateur. Et parfois, les propriétaires en abusent pour faire payer très cher des logements qui ne le sont pas ou encore exiger le paiement de plusieurs mois de loyer en avance.

Il est donc impératif pour le Burkina de repenser sa politique de l’habitat afin de faire face à la crise du logement que vit le pays.

Pour être efficace, cette politique devrait créer un cadre favorable à l’initiative privée car partout dans le monde, les politiques publiques trop volontaristes ont montré leurs limites. Les autorités burkinabè en charge de la question devraient concentrer leurs efforts sur la sécurisation des opérations, le partage des risques.

Une nouvelle politique de logement est nécessaire d’autant plus que face à l’explosion des bidonvilles, le régime passé de Compaoré avait d’abord opté pour la construction des logements sociaux à bas prix. Mais en lieu et place, ce sont des terrains qu’on a offerts. Puisqu’il faut tout reconstruire, si l’on ne veut pas que le toit s’affaisse un jour sur les habitants. Sans compter que ces logements étaient pour la majorité dépourvues des infrastructures de base: santé, transport, éducation, etc.

Le nouveau régime de Roch devrait prendre des mesures pour assurer un accès au logement à tous. Surtout aux pauvres. Un défi difficile face à la dépopulation des campagnes au profit des villes et face à la démographie galopante. Mais plus le MPP sera à même de relever les grands défis actuels, plus il bénéficiera d’une large caution du peuple. Aux prochaines élections, en 2020.

Théophile MONE (http://lesechosdufaso.net/)

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