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2017.12.24

Ces raisons de bonne foi à l’origine des mariages forcés qui ne tiennent plus

Tous les jours, les mariages se célèbrent dans la ferveur et l’enthousiasme. L’âge moyen de la première union varie selon les pays et sa législation. Au Burkina Faso, une jeune fille doit être âgée d’au moins 17 ans pour pouvoir se marier. Ce qui est certain, quel que soit le pays, l’âge des engagés dans le mariage laisse à penser que cet acte relève d’une totale liberté. Pas toujours sûr puisqu’une autre réalité moins souriante demeure: le mariage forcé. Le Burkina n’échappe pas à ce phénomène. Interdit par la loi, le mariage «ne peut être conclu qu’avec le libre et plein consentement des futurs époux». Pourtant, chaque année, beaucoup de jeunes filles âgées entre 10 et 18 ans sont menacées potentiellement par un mariage forcé. Au Burkina, la situation est grave. A titre d’exemple, selon Amnesty International, plus de la moitié (51,3%) des filles âgées de 15 à 17 ans dans la région du Sahel (Nord du pays) sont déjà mariées. Au départ, les familles mariaient leurs filles afin de renforcer les alliances familiales, de les protéger, de sauver l’honneur de la famille ou de contrôler la sexualité des femmes. Même si ces intentions de bonne foi sont devenues désuètes, il faut les connaître pour pouvoir lutter efficacement contre le phénomène qui brise des vies.

Les mariages forcés brisent des vies de jeunes filles

 

Le mariage forcé n’a pas de frontières. L’Afrique centrale, occidentale, l’Asie, l’Europe sont touchées par cette problématique même si les chiffres sont difficiles à établir. C’est en Afrique subsaharienne et en Asie du Sud, que la pratique du mariage précoce des filles est la plus répandue.

Au Burkina Faso et en Afrique de façon générale, des familles marient souvent leurs filles afin de renforcer des alliances familiales, d’acquérir un statut social ou en échange de biens, d’argent et de services. La pratique du «Pog-lenga» ou «femme bonus» au Burkina, selon laquelle la nouvelle épouse peut aussi emmener sa nièce dans la famille de son mari, une jeune fille qu’on peut donner en mariage est la preuve de cette intention de renforcer liens familiaux.

Pour sûr, les raisons qui motivent le mariage planifié, éventuellement forcé, sont multiples et varient en fonction du contexte social, culturel, économique, politique et juridique. Elles peuvent s’additionner ou se croiser.

Il ne faut pas oublier que le mariage est considéré comme un acte social qui est l’affaire de la famille nucléaire ou élargie, voire de la communauté et ses membres qui croient qu’il est de leur devoir de marier leurs filles. Pour eux, ce rôle est fondamental et ne pas l’exercer constituerait une négligence voire un manquement grave à leur devoir.

Pour protéger les jeunes filles

Des parents ont recours au mariage arrangé ou forcé pour «caser» leurs filles parce qu’ils ont le sentiment de devoir les protéger et d’agir pour leur bien en les mariant et de préférence, jeunes. Ils cherchent, ce faisant, à assurer à leurs filles un avenir sûr en l’unissant à la personne qu’ils croient être la meilleure, car le fait qu’ils connaissent la famille ou la parenté du prétendant leur donne le sentiment que leur fille sera protégée. Ils confient en fait leur fille à un époux et à une belle-famille de confiance avec lesquels ils ont des liens d’honneur, ceux-ci constituant pour eux un gage de sécurité et de bon traitement pour la jeune épousée au sein de sa belle-famille qui ne l’accueillera pas en étrangère.

Pour sauver l’honneur de la famille

Certaines familles, redoutant de voir leurs enfants contracter des unions avec des «étrangers», jugés différents de culture et de religion, les parents font pression sur ceux-ci pour qu’ils se marient dans le cercle familial ou communautaire afin d’éviter la fonte dans la société d’établissement. Le mariage arrangé ou forcé se trouve ainsi constitué en enjeu identitaire et représente pour ces familles un rempart contre l’assimilation et la perte de repères identitaires.

Quand les filles s’y opposent, elles subissent souvent des violences physiques et psychologiques fortes

En effet, le mariage est l’institution dans laquelle l’honneur familial est le plus fermement cristallisé, et c’est par lui que se maintient la reconnaissance sociale de l’individu et de la famille. Il revêt donc un caractère d’obligation impérative. Ne pas se soumettre à cette obligation peut mettre en cause les fondements mêmes du lien familial, et les personnes qui se soustraient à cette obligation risquent le reniement.

Pour contrôler la sexualité des femmes

Le mariage imposé constitue aussi un moyen de contrôler la sexualité des femmes. Certains parents voient dans le mariage forcé une protection pour leurs filles contre le risque de fréquentations amoureuses et surtout contre le risque de relations sexuelles hors du mariage. Ce qu’ils cherchent à éviter par-dessus tout, ce sont des grossesses considérées illégitimes qui pourraient résulter de ce type de fréquentations. Pour de nombreuses familles, leur réputation repose sur le bon comportement sexuel de leurs membres et davantage sur celui de leurs filles. La vigilance à l’égard de cet honneur est pointilleuse et un mariage imposé, de préférence précoce, constitue le meilleur rempart contre une atteinte à celui-ci.

Une garantie contre la pauvreté

La pauvreté est l’une des principales assises d’une union imposée. Pour certaines familles confrontées à la pauvreté, le mariage d’une fille avec un homme mieux nanti est un moyen d’une part, de faire accéder celle-ci à un niveau de vie économique plus intéressant que celui qu’elles peuvent lui offrir et d’autre part, de se faire un pécule moyennant une dot.

La pauvreté est l’une des principales assises d’une union imposée

Pour parer les suites d’une grossesse hors mariage

Il y a des familles qui forcent leurs filles à une union dont celles-ci ne veulent pas pour réparer la «gaffe» quand survient une grossesse hors mariage, évitant ainsi de perdre la face. Souvent, se trouvant enceintes, certaines filles en informent leurs parents qui les obligent, malgré leurs protestations, à se marier avec le père de l’enfant à venir afin d’éviter de voir leur réputation ternie. En fait, tenir son rang et sa place en respectant les convenances est un élément important dans plusieurs cultures, et le comble de l’humiliation est une grossesse en dehors des liens du mariage. En effet, la chasteté des femmes est fortement mise en valeur comme reflet de l’honneur du groupe. Aussi, toute grossesse hors mariage est considérée comme une cause de dommage irréparable à la réputation des jeunes filles et de leurs familles. Un mariage forcé est donc estimé le seul moyen de préserver la réputation de tous.

Aujourd’hui, toutes ces raisons, bonnes soient-elles, sont dépassées et farfelues car il n’est pas concevable de vivre avec une personne qu’on n’aime pas. Obligé de le faire pour faire plaisir à la tradition, à la famille ou pour satisfaire aux besoins matériels des siens est avilissant. Qui plus est, les mariages forcés, comme leur nom l’indique, sont souvent pratiqués avec les pressions exercées par les familles et l’entourage sur les jeunes filles pour les amener à se plier à leur décision. Il n’y a donc pas de consentement. Parce qu’elle porte atteinte aux droits de la personne humaine, par le biais du chantage, de la violence physique ou psychologique, avec ces terribles conséquences que sont les viols et les humiliations, subies par les victimes en silence, nous devons lutter pour mettre fin à cette ignoble pratique, surtout au Burkina.

Théophile MONE(lesechosdufaso)

2017.12.17

Orphelinat « Hôtel Maternel » : L’association « Femmes Etoiles » donne du sourire aux enfants défavorisés !

Orphelinat « Hôtel Maternel » : L’association « Femmes Etoiles » donne du sourire aux enfants défavorisés !

C’est bras chargés, que les membres de l’association « Femmes Etoiles » ont rendu visite aux pensionnaires de l’orphelinat « Hôtel Maternel » sis au quartier Patte d’Oie à Ouagadougou. C’était dans la matinée de ce samedi, 16 décembre 2017.


Orphelinat « Hôtel Maternel » : L’association « Femmes Etoiles » donne du sourire aux enfants défavorisés !

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Pour la présidente de l’association « Femmes Etoiles », Blandine Paré, le don aux enfants démunis est l’un des volets majeurs de la vocation de l’organisation et le choix de l’hôtel maternel a été motivé par une publication de l’homme de culture, lanceur d’alerte, Alino Faso. « La publication disait que cet orphelinat était vraiment dans le besoin. En ce moment, on n’avait pas encore choisi dans quel orphelinat on allait faire le don. Avec sa publication, et compte-tenu du fait que c’est une structure publique (le plus souvent l’Etat crée, mais n’a pas suffisamment les moyens pour accompagner), nous avons décidé de porter notre choix sur cette structure afin de pouvoir, un tant soit peu, accompagner ces enfants. C’est vrai que ce n’est pas grand-chose, mais on se dit que ça va contribuer à donner un sourire aux enfants », a confié la présidente de l’association, Blandine Paré.

Reconnue officiellement en mai 2017, l’association s’est donné pour objectif principal de « promouvoir l’épanouissement de la femme dans le cadre d’échanges, d’entraide et de sensibilisation pour les membres et pour la communauté ». C’est pourquoi ses membres se sont réjouies de contribuer à donner un sourire à ces enfants. Le don est composé de lot de vêtements, de jouets, de savons et autres détergents, de bidons d’huile, de couches, de jus et de vermicelles. Mesurant l’énormité des besoins, l’association a promis y revenir à chaque fois que possible. « A l’endroit de nos chers bambins de l’hôtel maternel, nous vous souhaitons santé, succès et plein de réussites dans votre vie », a exprimé Mme Paré, témoignant par là également reconnaissance à tous ceux qui ont rendu effectif ce don (le parrain et l’institut Chic et Glam) et encourageant le personnel du centre pour leurs efforts au quotidien en faveur de ces enfants.

Face aux réalités sur place, Blandine Paré a lancé un appel « à tous ceux qui peuvent faire un don, à ne pas hésiter. Ceux qui sont informés, si vous pouvez venir en aide à une structure quelconque, n’hésitez pas. Aussi petit que puisse être considéré votre geste, il peut soulager et donner du sourire à ces enfants qui en ont vraiment besoin ».

Pour le parrain, Antoine Bama, chef de service de la formation continue à l’ENAREF, tout ce qui entre dans le cadre d’un soutien aux enfants défavorisés mérite d’être soutenu sans hésitation. « Voilà pourquoi je n’ai pas hésité un instant à parrainer cette activité », a-t-il indiqué, invitant chaque citoyen à avoir une pensée pour les pensionnaires du centre et « à savoir également qu’il y a deux mondes : nous avons nos enfants, nous préparons aujourd’hui la fête de Noël, la fête de nouvel An, mais ces enfants qui sont-là aujourd’hui n’auront pas cette chance de faire ces fêtes comme nos enfants. Lorsque nous voyons ces enfants qui ont été abandonnés, ces enfants démunis, enfants orphelins, qui sont-là aujourd’hui qui n’ont pas de gens pour les accompagner…, on ne peut que féliciter l’association pour son geste. Quand on m’a expliqué les conditions dans lesquelles ces enfants arrivent ici, c’est comme si nous sommes dans deux mondes différents. Des femmes qui jettent leur enfant…. Heureusement que ce centre existe ».

Selon son directeur, Salifou Younga, l’hôtel maternel est un Centre d’accueil des enfants en détresse (CAED), avec pour particularité de recevoir des enfants privés de famille. « Dès lors qu’on découvre que les enfants ont des familles, on ne les garde pas ici longtemps. Ce sont ceux privés de famille qui restent ici pendant longtemps », a-t-il révélé, précisant que le centre compte à ce jour, 64 pensionnaires (pour une capacité d’accueil de 50 enfants) âgés de 0 à 15 ans pour les enfants privés de familles et des filles mineures enceintes. Ce qui implique un besoin supplémentaire en santé, en vêtements, en restauration, en scolarisation, etc. C’est pourquoi il continue toujours d’en appeler au soutien des bonnes volontés. Occasion également pour lancer un appel général à prendre soin des enfants. « L’enfant est un don de Dieu. C’est parce qu’on abandonne les enfants que ce centre existe, si on ne les abandonnait pas, on n’aurait pas cette charge… », a lancé M.Younga.

Après un don de sang au centre national de transfusion sanguine le 30 septembre 2017, ce don à l’orphelinat, l’association "Femmes Étoiles" envisage le 8 mars 2018 une visite aux femmes détenues de la MACO (Maison d’arrêt et de correction de Ouagadougou). Ouverte à toute femme, y compris aux jeunes filles, l’association mène aussi des sensibilisations sur le cancer du col de l’utérus, cancer à l’endroit des femmes (comment l’éviter ou comment mieux s’y prendre avec la maladie, une fois atteinte). "Femmes Étoiles" se veut donc une associatio de solidarité entre ses membres et au service de la communauté.

O.L.
Lefaso.net