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2017.12.16

Promotion de l’enfance : Les acteurs de terrain font connaissance des bonnes pratiques

Promotion de l’enfance : Les acteurs de terrain font connaissance des bonnes pratiques

Sur recommandation des journées scientifiques tenues en fin 2016, les organisations intervenant dans le cadre de la protection de l’enfance ont organisé ce 14 décembre leur première journée pour échanger les bonnes pratiques en matière de promotion des droits de l’Enfant.

Promotion de l’enfance : Les acteurs de terrain font connaissance des bonnes pratiques

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Elles sont en grand nombre les organisations qui interviennent sur le terrain en vue de la promotion des droits de l’Enfant. Seulement le contexte est marqué par un amenuisement de ressources d’où la nécessité « d’identifier les pratiques et expériences susceptibles d’être appliquées dans d’autres contextes ou portées à l’échelle » selon le Directeur général de l’Institut Supérieur des Sciences de la Population (ISSP), Jean-François Kobiané. Il s’agira au cours de ces journées de documenter les expériences les plus réussies c’est-à-dire celles dont les mécanismes d’atteinte de résultats sont connus. Ces expériences –au nombre de dix- seront sélectionnées selon des critères prédéfinis par un comité scientifique et portées à la connaissance des autres acteurs sur le terrain qui seront de ce fait appelés à s’inspirer de ces pratiques dans le but d’améliorer l’impact de leur intervention pour le bien-être des enfants.

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Photo de famille des différents acteurs engagés pour la promotion des droits des enfants.

Au nombre de ces pratiques et à titre illustratif, l’Organisation non gouvernementale Terre des Hommes a mis en place un système d’alerte dans les sites d’orpaillage qui permet grâce aux téléphones portables de recueillir des informations sur les risques auxquels les enfants s’exposent en vue d’une réaction rapide, ou cette ONG qui a décidé de mettre des toilettes publiques en milieu rural pour combattre la défécation à l’air libre qui expose les populations et particulièrement les enfants à de soucis sanitaires. Cette action a aussi pour but d’emmener les populations à intérioriser la nécessité de s’équiper en toilettes…

La démarche est soutenue par l’Organisation des Nations Unies pour l’Enfance (UNICEF) qui accompagne l’ISSP notamment à travers sa présence dans le comité scientifique chargé de choisir lesdites pratiques selon Rinko Kinoshita, sa représentante adjointe pour le Burkina. Quant au représentant du Ministre de la Femme, de la Solidarité Nationale et de la Famille, Yves Kaboré, il a loué une initiative salutaire qui va sans doute permettre aux acteurs d’être plus efficaces sur le terrain.

Soumana Loura 
Lefaso.net

Mutilations génitales féminines et mariage d’enfants : 300 villages du Plateau-central s’engagent solennellement pour l’abandon

Mutilations génitales féminines et mariage d’enfants : 300 villages du Plateau-central s’engagent solennellement pour l’abandon

Le jeudi 14 décembre 2017 à Foulgo, un village situé dans la commune de Boudry, des représentants de 300 villages du Plateau-central ont, au cours d’une cérémonie officielle de déclaration publique, dit non à la pratique des mutilations génitales féminines (MGF) et du mariage d’enfants. 140 cellules de veille ont été mises en place pour continuer les sensibilisations et veiller à ce que l’engagement pris par ses derniers soit une réalité. L’association Groupe d’appui en santé, communication et développement (GASCODE) est l’initiatrice de cette activité.

 
Mutilations génitales féminines et mariage d’enfants : 300 villages du Plateau-central s’engagent solennellement pour l’abandon

« Je dis non à la pratique de l’excision et du mariage d’enfants », « mobilisons-nous pour l’atteinte de la tolérance zéro aux mutilations génitales féminines et le mariage d’enfants ». C’est par ces slogans que les représentants de 300 villages du plateau-central ont exprimé leur ferme décision de lutter contre ces phénomènes avilissants qui entravent le bien-être de la femme et de la jeune fille. C’était lors d’une cérémonie de déclaration publique organisée le jeudi 14 décembre 2017, dans la commune de Boudry. Les engagements pris par les autorités coutumières, religieuses et leurs populations ont été symbolisés par l’enterrement d’outils d’excision. Et c’est l’ancienne exciseuse Korotimi Balima qui s’est prêtée à cet exercice. A l’occasion, les populations n’ont pas marchandé leur déplacement, malgré le soleil et la poussière. Etaient également présentes, des autorités administratives, politiques et paramilitaires.

Allocutions, prestation musicale, théâtre ont constitué le plat de résistance de la présente cérémonie qui, il faut le souligner, est le fruit d’un processus enclenché depuis avril 2017 par l’association Groupe d’appui en santé, communication et développement (GASCODE) avec l’accompagnement technique et financier de l’UNICEF.

« Nous avons utilisé une approche holistique basée sur le changement des normes sociales pour plus d’efficacité. En plus des activités d’information, d’éducation et de communication pour le changement de comportement, un accent est mis sur le renforcement des capacités des familles et de la communauté à assurer leur devoir de protection de l’enfant et le changement de comportement individuel et collectif pour une meilleure protection de l’enfant », a expliqué la présidente du conseil exécutif de l’association, qui affirme que cette démarche a contribué à créer les conditions pour une prise de conscience et un engagement des membres de la communauté autour des questions de protection de l’enfant et de la femme. Toutefois, l’arbre ne doit pas cacher la forêt. Des défis restent à relever.

En effet, selon les données de l’enquête démographique et de santé de 2010, la situation reste toujours préoccupante. Dans le domaine des MGF, les régions du Centre-Est (90%), Centre-Nord (87%), Nord (88%) et du plateau central (88%) sont plus touchées par le phénomène. Quant au mariage d’enfants, plus de la moitié des femmes (53%) sont déjà en union en atteignant 18 ans. L’abandon est possible, mais restera vain sans une coordination des efforts de tous en vue d’un abandon collectif. C’est pourquoi Mme Bassolé a demandé aux populations d’être vigilantes et promptes à dénoncer toute tentative de pratique dans leurs villages, chez leurs voisins, dans leurs familles au regard de l’évolution et des nouvelles stratégies adoptées par ceux qui continuent la pratique.

La chargée de mission du ministère en charge de la femme, Rosalie Yao, quant à elle, est réaliste : « Des pratiques traditionnelles aussi anciennes que l’excision et le mariage d’enfants ont la peau dure. Elles ont eu le temps de s’enraciner dans nos pratiques au sein de nos communautés, elles mettront certainement du temps à disparaître ». Par la suite, Mme Yao a salué l’initiative de GASCODE et exprimé ses gratitudes et remerciements aux populations des 300 villages pour l’engagement fort manifesté. « Mon souhait est que ces villages soient des sentinelles pour veiller à ce que cette pratique prenne réellement fin dans nos contrées », a déclaré le maire de la commune de Boudry, Djibril Zoelegré dans son mot de bienvenue. Avant de souhaiter que leur exemple stimule d’autres communautés.

Pour l’atteinte de la tolérance zéro, la chargée de mission a lancé un appel aux hommes, femmes et jeunes pour un changement de comportement. Enfin, elle a encouragé les autorités administratives, politiques, coutumières et religieuses à s’impliquer davantage afin de construire une société sans violences.

Pour sa part, Désiré Yaméogo a réitéré l’engagement de l’UNICEF à accompagner le gouvernement et la société civile dans leurs efforts communs pour la réalisation des droits des enfants et à l’abandon de toutes les pratiques préjudiciables à leur bien-être. Puis au chef de canton de Boudry de conclure : « Restez tranquilles les autorités administratives. Nous serons vos porte-paroles auprès de nos sujets. Ce ne sont pas des pratiques coutumières mais plutôt des pratiques néfastes combattues par tout le monde. Nous nous engageons à mener âprement la lutte pour mettre fin à ces pratiques déshonorantes de la gente féminine ».

En rappel, la présente déclaration porte à 543 le nombre de villages ayant déclaré l’abandon de la pratique de l’excision et du mariage d’enfants avec l’accompagnement de GASCODE.

Aïssata Laure G. Sidibé
Lefaso.net