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2016.08.23

Ciblage des personnes vulnérables : L’opération d’enregistrement a commencé à Manga

Le mardi 16 août 2016 à Manga, le gouverneur de la région du Centre-Sud, B. Casimir Séguéda représentant le Premier ministre, a procédé au lancement de l’opération pilote de ciblage des personnes vulnérables dans cinq communes du Burkina Faso. Il s’agit de Manga, Kaya, Mané, Séguénega et l’arrondissement 3 de Bobo-Dioulasso. C’était en présence des autorités administratives, coutumières, religieuses, paramilitaires, délégués des villages et secteurs de la commune de Manga et des populations. L’initiative est portée par le Conseil national pour la protection sociale et soutenue par le gouvernorat de ladite région.

 

Ciblage des personnes vulnérables : L’opération d’enregistrement a commencé à Manga

« Au Burkina Faso tout le monde se réclame vulnérable et l’absence de statistiques et de données fiables ainsi que les interventions disparates des partenaires rendent difficile la mise en œuvre de la Politique nationale de protection sociale adoptée (PNPS) », tel est le constat fait par le gouverneur de la région du Centre-Sud, B. Casimir Séguéda. Dans la perspective de la constitution du registre unique des personnes vulnérables, le secrétariat permanant du Conseil national pour la protection sociale a organisé le 16 août 2016 à Manga, le lancement de l’opération pilote de ciblage des personnes vulnérables. A travers cet acte dans la cité de l’épervier, c’est un nouveau tournant qui se dessine dans la mise en œuvre de la PNPS.
Prévue pour se dérouler du 16 août au 2 septembre prochain, cette opération pilote concerne deux communes urbaines, celles de Manga et de Kaya ; deux communes rurales que sont Mané, Séguénega et enfin, l’arrondissement 3 de Bobo-Dioulasso. Les lieux d’enregistrement choisis à cet effet sont les services sociaux communaux. registre unique constitue un référentiel dont l’ambition est de servir de cadre fédérateur à tous les acteurs du domaine de la protection sociale. Ceci, en vue d’une coordination efficiente et efficace des projets et programmes de protection sociale, et aussi, une rationalisation des différentes interventions. Pour ce faire, M. Séguéda a adressé ses encouragements aux gouverneurs des régions concernés pour la mission de suivi et de coordination des opérations de ciblage et souhaité plein succès aux activités qu’elles auront à déployer sur le terrain. Quant aux acteurs du domaine de la protection sociale, il les a invités à accompagner le gouvernement dans ses efforts pour sortir les ménages et les personnes vulnérables de leur situation difficile (…).
En effet, cet accompagnement commence par leur implication dans la canalisation de ces derniers vers les services sociaux communaux en vue de leur enregistrement sur les listes. Dans cette dynamique, le gouverneur a demandé aux populations concernées par cette opération pilote et singulièrement les personnes vulnérables de sortir massivement pour se faire enregistrer sur les listes et fournir aux agents des services sociaux communaux les informations sur leurs ménages. 

Aïssata Laure G. Sidibé
Lefaso.net

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Rencontre entre le Ministre de la femme et des syndicats : Le SYNTAS dénonce une déformation des faits

Le 11 août dernier, Lefaso.net publiait un communiqué de la Direction de la communication et de la presse ministérielle du Ministère de la femme, de la solidarité nationale et de la famille sur une rencontre avec certaines structures syndicales du département ministériel. Le syndicat des travailleurs de l’action sociale qui y a participé ne partage pas du tout la restitution telle qu’elle a été faite par la Direction de la communication du ministère, et dénonce « une déformation volontaire des faits ». Il nous a fait parvenir le droit de réponse ci- après.

 

Rencontre entre le Ministre de la femme et des syndicats : Le SYNTAS dénonce une déformation des faits

Monsieur le Directeur de publication, le jeudi 11 août 2016, la Direction de la communication et de la presse ministérielle (DCPM) du Ministère de la femme, de la solidarité nationale et de la famille (MFSNF) publiait dans votre organe un article tendancieux intitulé :

 

Laure ZONGO/HIEN échange avec les syndicats . Le présent écrit vise à restituer la sincérité des débats qui ont eu lieu avec la délégation du SYNTAS.

Du rappel des faits :

Suite à la correspondance n°0529/MFSNF/CAB du 04 août 2016, une délégation du Bureau national (BN/SYNTAS) a rencontré dans la matinée du Mardi 09 août 2016 Madame le Ministre, Laure ZONGO/HIEN et son staff technique de 11h16 mn à 13h46 mn dans la salle de réunion Elie SARRE. En pièce jointe de cette correspondance figuraient les réponses de l’autorité ministérielle à la Plate-forme revendicative (PFR) du SYNTAS transmise depuis le 24 Février 2016. De cette correspondance, on peut noter que son caractère était vague et ne permettait pas de cerner l’objet réel de la rencontre, encore moins son format. La délégation du BN l’a d’ailleurs signifié, lorsque dans le mot introductif de Madame le Ministre se profilait comme ordre du jour l’examen de ladite Plate-forme revendicative. De plus, elle a précisé que le BN fera parvenir par écrit à la plus haute autorité du département ses appréciations sur les « éléments de réponses » aux fins d’envisager les échanges dans un format respectueux des travailleurs et de leur organisation.

En lieu et place donc de l’examen de sa plate-forme revendicative non mentionné dans l’objet de la correspondance, le BN a souhaité et obtenu que les échanges portent sur la gouvernance du MFSNF émaillée par des nominations de complaisance qui portent atteinte à notre outil de travail.

Aussi le BN a-t-il mis en garde contre toute dérive autoritaire, régionaliste visant à saper la lutte légitime du SYNTAS et a réaffirmé son attachement à l’annulation des nominations décriées.

En somme, la PFR du SYNTAS n’a été nullement examinée au cours de cette rencontre.

Merci de nous permettre de restituer les faits relatifs au contenu de la rencontre du mardi 09 août 2016.

Pour le Bureau national
Le Secrétaire Général

Juste Koumara LOGOBAN
A

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Incivisme dans la circulation routière : Des contrevenants à la MACO

Dans le communiqué ci- après que nous avons pris sur la page facebook du Parquet Près le Tribunal de Grande instance de Ouagadougou, les hommes en robes noires reviennent sur les peines encourues par les usagers de la route qui viendraient à manquer de respecter la réglementation en matière de circulation routière. Les hommes de droit qui rappellent que les peines peuvent aller jusqu’à la prison à vie, “révèlent” que certains des indélicats qui ont été pris par les forces de sécurité sont actuellement à la Maison d’arrêt et de correction de Ouagadougou (MACO), en attendant d’être jugés.

 


Incivisme dans la circulation routière : Des contrevenants à la MACO

Depuis un certain temps, nous avons constaté la recrudescence de l’incivisme routier dans la ville de Ouagadougou. Des forces de sécurité qui assurent le service de maintien d’ordre dans les différentes artères de la ville de Ouagadougou sont devenues la cible des usagers de la route enclins à cet incivisme. En effet, les usagers qui ne respectent pas les feux tricolores sont naturellement interpellés par les forces de sécurité. Mais nous avons constaté que certains d’entre eux refusent d’obtempérer aux ordres de ces agents. Pire, ces usagers indélicats de la route décident d’entrer en collision avec les agents de sécurité et portent en conséquence des atteintes graves à leur intégrité physique.

Ces agissements peuvent avoir la qualification pénale de coups et blessures volontaires de nature délictuelle en cas d’incapacité totale de travail personnel (ITT) de plus de sept jours, de coups mortels, de meurtre au cas où la victime décède ou de tentative de meurtre en cas de simples blessures. Les faits de coups et blessures volontaires sont punis d’un emprisonnement de deux mois à deux ans et une amende de 50 000 à 600 000FCFA ou l’une de ces deux peines seulement ou d’un emprisonnement de deux à cinq ans et d’une amende de 600 000 à 1 500 000 FCFA ou l’une de ces deux peines seulement, lorsque l’incapacité totale de travail personnel est de plus de sept jours et moins de vingt et un jours ou vingt et un jours ou plus (Articles 327 et 328 du code pénal).

Les faits de coups et blessures qui entraînent des mutilations, amputations ou privations de l’usage d’un membre, cécité, perte d’un œil ou autres infirmités permanentes sont punis d’une peine de dix à vingt ans de même que les faits de coups mortels (Article 329 du code pénal). Le meurtre commis dans ces circonstances est puni de l’emprisonnement à vie. Il s’agit sans nul doute des faits de coups et blessures et autres qui sont commis dans la circulation mais qui ne sauraient être qualifiés d’involontaires.

Les usagers qui refusent d’obtempérer à une sommation non équivoque de s’arrêter émanant d’un fonctionnaire ou agent chargé de constater les infractions et muni des insignes extérieurs et apparents de sa qualité, ou qui refusent de se soumettre à toutes vérifications prescrites concernant leur véhicule commettent l’infraction de refus d’obtempérer qui est punie d’un emprisonnement de dix jours à trois mois et d’une amende de 10 000 à 100 000 FCFA ou l’une de ces deux peines seulement (Article 12 de l’ordonnance n°71-10).

En outre l’usager indélicat qui, après avoir commis un accident dans ces circonstances, arrive à se soustraire du contrôle de la police en ne s’arrêtant pas, commet le délit de fuite qui est puni d’une peine d’emprisonnement d’un mois à un an et d’une amende de 50 000 à 300 000 FCFA ou l’une de ces deux peines seulement (Article 10 de l’ordonnance n°71-10). Très souvent, ces usagers qui prennent la fuite conduisent sans permis de conduire des véhicules non assurés. Le défaut de permis de conduire et le défaut d’assurance sont respectivement punis des peines d’emprisonnement de quinze jours à six mois et d’une amende de 25 000 à 150 000 FCFA (article 1er de l’ordonnance 71-10) et d’un emprisonnement de quinze jours à six mois et d’une amende 10 000 à 500 000 FCFA ou l’une de ces deux peines seulement (Article 200 du code CIMA et les articles 1 et 5 de l’Ordonnance n°58/PRES/MEJ du 30 décembre 1966).

L’usager de la route qui refuse de s’arrêter sur interpellation des agents de sécurité et qui, de surcroît décide de rentrer en collision avec l’agent concerné ne peut pas dire que les éventuelles blessures occasionnées sur l’agent ne l’ont pas été de par sa volonté. Le parquet marque sa solidarité et compassion à l’égard des policiers, gendarmes et autres forces de sécurité qui ont été lâchement agressés par les usagers inciviques de la route. Il réitère par ailleurs son soutien à la police et à la gendarmerie dans sa mission inlassable de prévention et de répression de l’incivisme routier. Le parquet tient à informer les usagers de la route que ceux indélicats qui ont tenté d’attenter à la vie des forces de sécurité ont été poursuivis courant cette semaine et détenus à la MACO (Maison d’arrêt et de correction de Ouagadougou, ndlr) en attente de leurs jugements suivant la procédure de flagrant délit. En sus, des instructions fermes ont été données à la police et à la gendarmerie de déférer devant lui toute personne, auteur des agissements inciviques ci-dessus mentionnés aux fins de poursuites pénales.

Parquet près le Tribunal de Grande Instance de Ouagadougou

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Croisade contre l’incivisme dans la circulation : Ne pas commettre l’erreur de perdre patience !

S’il y a une activité du Ministère de l’administration territoriale, de la décentralisation et de la sécurité intérieure qui est redoutée sur le terrain par les populations de la capitale, c’est bien cette croisade organisée contre l’incivisme dans la circulation. En quelques mois ‘’d’opération’’, il y a lieu de magnifier les efforts et les résultats déjà engrangés. Même si l’on doit comprendre que ‘’ c’est le début du commencement’’ du combat contre ce mal de la société (familles endeuillées, des personnes handicapées à vie, des bras valides immobilisés, etc.). Le mal est si profond que les agents de sécurité éprouvent toutes les difficultés dans cette mission qui consiste à donner un visage humain à cette circulation dans la ville de Ouagadougou. Arrogance, suffisance, intolérance, égocentrisme (ne penser qu’à soi dans la circulation), effets des ‘’frelatés’’, de la drogue et autres stupéfiants sont entre autres éléments suicidaires dans la circulation. Même l’ignorance ne peut justifier ces dérives parce que, lorsqu’on est ignorant, on a l’intelligence d’être prudent !

 

Croisade contre l’incivisme dans la circulation : Ne pas commettre l’erreur de perdre patience !Un usager fautif et fuyard est ‘’prêt à tout’’

La course poursuite dans les artères de la ville entre agents de sécurité et usagers indélicats n’est pas un antidote car, elle peut conduire au pire. C’est dire que l’attitude des agents de sécurité est aussi très déterminante dans ces actions de conscientisation et de rappel à l’ordre. S’agripper à l’engin d’un usager, qui a refusé d’obtempérer et a lancé à vive allure pour s’échapper, peut s’avérer plus dangereux que ce qu’on a voulu résoudre comme problème. Plusieurs fois, il est arrivé de constater des scènes aussi risquées que ‘’décrédibilisantes’’, entre usagers et agents de police. Au prix de leur vie et même de celle des autres usagers, parce que dans la fuite et/ou panique de l’usager, le pire peut arriver …. La lutte contre l’incivisme dans la circulation ne va pas consister à obligatoirement prendre en une sortie, tous les contrevenants et dans les mêmes circonstances. Il s’agit plutôt, à notre avis, de faire en sorte que celui qui va être pris puisse servir d’exemple aux autres ; de sorte qu’il aille rendre témoignages à tous ceux qui, dans son environnement, seraient tentés de s’adonner ou de prospérer dans cet incivisme hideux. La sensibilisation est d’autant impérative que la lutte pour un retour au civisme ne se limite pas seulement aux grandes artères de la ville. L’incivisme dans la circulation s’étale jusqu’à nos portes, les six mètres et espaces publics : des chauffards qui débouchent des ruelles, intersections sans la moindre attention ni respect pour la vie des autres ; des usagers qui circulent dans les quartiers, entre les concessions comme s’ils étaient sur une autoroute ou encore qui prennent plaisir en circulation à faire des dépassements intempestifs.

Ne pas se lasser de sensibiliser

Mais comme l’a si bien souligné le ministre de la sécurité, ‘’il ne faut pas se lasser de sensibiliser. Sensibiliser, sensibiliser et encore, sensibiliser’’. Certes, on a l’impression que les résultats des actions de sensibilisation sont mitigés, parce qu’on veut aller vite. Mais, il ne faudra surtout pas perdre de vue que la sensibilisation se caractérise parfois par la lenteur des résultats. Ces derniers sont cependant plus sûrs, parce qu’un homme convaincu est un acteur de sensibilisation à grande échelle et convaincant autant qu’il est convaincu. Il est fréquent par exemple de voir des usagers marquer l’arrêt à un feu rouge ou passer par simple effet d’entraînement (imitation). C’est dire donc qu’il faut compter avec ces usagers qui respectent les règles et qui, sans le savoir, jouent sur la mentalité de certains usagers récalcitrants, les interpellent par leurs comportements exemplaires. La lutte contre l’incivisme dans la circulation est donc un combat de longue haleine et implique la patience et l’endurance. Si nous ne prenons pas en compte cette réalité, l’on risque de perdre un certain nombre de repères et de se mélanger les pédales.

Lire aussi : Circulation : Et si on aidait les volontaires à nous aider !-
Circulation routière : Un chauffeur de taxi s’en prend à des VADS-

Oumar L. OUEDRAOGO
(oumarpro226@gmail.com)
Lefaso.net

 

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Croisade contre l’incivisme dans la circulation : Ne pas commettre l’erreur de perdre patience !

S’il y a une activité du Ministère de l’administration territoriale, de la décentralisation et de la sécurité intérieure qui est redoutée sur le terrain par les populations de la capitale, c’est bien cette croisade organisée contre l’incivisme dans la circulation. En quelques mois ‘’d’opération’’, il y a lieu de magnifier les efforts et les résultats déjà engrangés. Même si l’on doit comprendre que ‘’ c’est le début du commencement’’ du combat contre ce mal de la société (familles endeuillées, des personnes handicapées à vie, des bras valides immobilisés, etc.). Le mal est si profond que les agents de sécurité éprouvent toutes les difficultés dans cette mission qui consiste à donner un visage humain à cette circulation dans la ville de Ouagadougou. Arrogance, suffisance, intolérance, égocentrisme (ne penser qu’à soi dans la circulation), effets des ‘’frelatés’’, de la drogue et autres stupéfiants sont entre autres éléments suicidaires dans la circulation. Même l’ignorance ne peut justifier ces dérives parce que, lorsqu’on est ignorant, on a l’intelligence d’être prudent !

 

Croisade contre l’incivisme dans la circulation : Ne pas commettre l’erreur de perdre patience !Un usager fautif et fuyard est ‘’prêt à tout’’

La course poursuite dans les artères de la ville entre agents de sécurité et usagers indélicats n’est pas un antidote car, elle peut conduire au pire. C’est dire que l’attitude des agents de sécurité est aussi très déterminante dans ces actions de conscientisation et de rappel à l’ordre. S’agripper à l’engin d’un usager, qui a refusé d’obtempérer et a lancé à vive allure pour s’échapper, peut s’avérer plus dangereux que ce qu’on a voulu résoudre comme problème. Plusieurs fois, il est arrivé de constater des scènes aussi risquées que ‘’décrédibilisantes’’, entre usagers et agents de police. Au prix de leur vie et même de celle des autres usagers, parce que dans la fuite et/ou panique de l’usager, le pire peut arriver …. La lutte contre l’incivisme dans la circulation ne va pas consister à obligatoirement prendre en une sortie, tous les contrevenants et dans les mêmes circonstances. Il s’agit plutôt, à notre avis, de faire en sorte que celui qui va être pris puisse servir d’exemple aux autres ; de sorte qu’il aille rendre témoignages à tous ceux qui, dans son environnement, seraient tentés de s’adonner ou de prospérer dans cet incivisme hideux. La sensibilisation est d’autant impérative que la lutte pour un retour au civisme ne se limite pas seulement aux grandes artères de la ville. L’incivisme dans la circulation s’étale jusqu’à nos portes, les six mètres et espaces publics : des chauffards qui débouchent des ruelles, intersections sans la moindre attention ni respect pour la vie des autres ; des usagers qui circulent dans les quartiers, entre les concessions comme s’ils étaient sur une autoroute ou encore qui prennent plaisir en circulation à faire des dépassements intempestifs.

Ne pas se lasser de sensibiliser

Mais comme l’a si bien souligné le ministre de la sécurité, ‘’il ne faut pas se lasser de sensibiliser. Sensibiliser, sensibiliser et encore, sensibiliser’’. Certes, on a l’impression que les résultats des actions de sensibilisation sont mitigés, parce qu’on veut aller vite. Mais, il ne faudra surtout pas perdre de vue que la sensibilisation se caractérise parfois par la lenteur des résultats. Ces derniers sont cependant plus sûrs, parce qu’un homme convaincu est un acteur de sensibilisation à grande échelle et convaincant autant qu’il est convaincu. Il est fréquent par exemple de voir des usagers marquer l’arrêt à un feu rouge ou passer par simple effet d’entraînement (imitation). C’est dire donc qu’il faut compter avec ces usagers qui respectent les règles et qui, sans le savoir, jouent sur la mentalité de certains usagers récalcitrants, les interpellent par leurs comportements exemplaires. La lutte contre l’incivisme dans la circulation est donc un combat de longue haleine et implique la patience et l’endurance. Si nous ne prenons pas en compte cette réalité, l’on risque de perdre un certain nombre de repères et de se mélanger les pédales.

Lire aussi : Circulation : Et si on aidait les volontaires à nous aider !-
Circulation routière : Un chauffeur de taxi s’en prend à des VADS-

Oumar L. OUEDRAOGO
(oumarpro226@gmail.com)
Lefaso.net

 

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Inondations dans la ville de Ouagadougou : Trop peu de canalisations pour éviter le pire

Ouagadougou baigne dans les eaux dès qu’il pleut. Cette année encore, la forte pluviométrie a fait des victimes et continue d’en faire. Des maisons sont tombées, des biens ont été détériorés. Et grave encore, des personnes ont perdu la vie. A chaque saison pluvieuse suffit sa peine, sommes nous tenté de dire. Suite à cela, des mesures urgentes ont été prises par les autorités (l’Etat, la commune) et sont en réalisation. Pour mieux comprendre ce qui arrive à nos Ouagavillois, Arzouma Zombré, Directeur des infrastructures routières et de la mobilité de la commune de Ouagadougou (DIRMO), a bien voulu se prêter à nos questions. Du rôle de sa direction au sein de la commune, en passant par l’état des infrastructures de la ville, sans oublier les causes des inondations, ainsi que les mesures urgentes pour soulager la population, sont entre autres sujets que nous avons abordés avec lui. C’était ce jeudi 18 août 2016.

Lefaso.net : Présentez-nous brièvement la direction dont vous avez la charge.

Arzouma Zombré : La direction dont j’ai la charge, est l’une des grandes directions de la commune. Elle est issue de la division de la Direction générale des services techniques municipaux qui regroupait quatre directions. A la faveur de la réorganisation de l’organigramme de la commune de Ouagadougou en 2013-2014, cette grande direction a été scindée en plusieurs directions, telle que la direction de la construction, la direction du parc et de la maintenance et la direction des infrastructures routières et de la mobilité, communément appelée DIRMO.

Quand la DIRMO a été créée, elle comptait en son sein trois services. Celui des routes et ouvrages hydrauliques, celui des transports et de la sécurité routière, celui de l’éclairage public et des feux tricolores. Une autre réorganisation vient de se faire en fin 2015. Le service de l’éclairage public et des feux tricolores a été érigé en direction de l’énergie de l’éclairage public et des feux tricolores et sort de la coupe de la DIRMO. Et la création d’un service de maitrise d’œuvre technique. Donc la DIRMO compte trois services. Ces services sont subdivisés en sections. Si l’on prend le service des routes et ouvrages hydrauliques par exemple, on a la section des routes en terre, celle des routes bitumées, celle des ouvrages hydrauliques et celle topographique. Il en est de même en ce qui concerne le service des transports avec la section transport et mobilité.

Lefaso.net : Quelles sont les missions de la DIRMO ?

Arzouma Zombré : Elle a en charge l’accompagnement de l’autorité communale dans la mise en œuvre de sa politique en matière de construction, de réhabilitation, d’entretien du patrimoine routier, de gestion des affaires de transports et de la mobilité. Ce qui veut dire que nous devions entretenir les routes en terre, les routes bitumées et aussi participer à la construction de ces ouvrages. Nous devons faire des études de petites et moyennes ampleurs. Quand ce sont des études de grandes ampleurs, nous partons directement aux entreprises.

Lefaso.net : Quel est l’état des infrastructures routières de la ville de Ouagadougou ?

Arzouma Zombré : Nous avons plus de 2000 kilomètres de routes dans la ville de Ouagadougou, bitumées comme non bitumées. Nous avons à peine 400 à 500 kilomètres de route bitumées soit 18% de la voirie communale. Près de 80% des routes sont en terre. Au regard de l’évolution exponentiel du trafic, nous voyons déjà les difficultés que cela cause. L’aménagement de la voirie ne suit pas cette évolution du trafic. Ce qui entraine comme corollaire la vite dégradation des routes en terre dans les quartiers. Il y a des conséquences telles que les nuées de poussière qui se propagent sur les habitations. Ce sont des nuisances.

En ce qui concerne les routes bitumées que nous avons dans la commune, elles sont la plupart vétustes. La moyenne d’âge est de 14 à 15 ans. Alors qu’en matière de construction routière, lorsqu’une route atteint déjà 15 ans, l’on considère qu’elle commence à s’affaiblir, à être amortie. On devrait veiller à apporter un entretien conséquent que ce soit périodique ou courant. Nous avons un autre problème qui fait que nos voies n’arrivent pas à tenir la route. C’est par rapport à l’insuffisance du système d’assainissement. Tout comme le nombre de kilomètres des routes que j’ai donné, au niveau des caniveaux pour le drainage des eaux, nous ne dépassons pas 450 km de caniveaux aménagés au niveau de la ville de Ouagadougou. Nous comptons parmi les principaux collecteurs de la ville, le marigot du Mogho Naaba qui est actuellement en voie d’aménagement dans sa section amont. C’est-à-dire, celle qui va de Watam Kaizer au lycée Universalis. Aussi le canal de Zogona qui a été aménagé, le canal de Wemtenga et le canal central qui côtoie le Lycée Philippe Zinda Kaboré. Ce dernier part se jeter au niveau du barrage numéro 2.

Lefaso.net : Combien coûte l’entretien du réseau routier de la ville de la commune par an ?

Arzouma Zombré  : Chaque année, la commune décaisse entre 500 à 600 millions de F CFA pour l’entretien des routes. En 2014 par exemple, la commune a déboursé près de 800 millions de nos francs pour l’entretien des routes en terre. Nous avons à peu près 100 millions consacrés à l’entretien des routes bitumées. Mais cela est insuffisant au regard de l’état de vieillissement de la voirie. Quand l’Etat central sent qu’il y a un essoufflement au niveau de la commune, il n’hésite pas à nous venir en aide.

Lefaso.net : Qu’est ce qui explique l’accentuation des inondations dans la capitale ?

Arzouma Zombré : Il y a plusieurs facteurs qui expliquent les inondations. En allant de notre comportement aux effets purement techniques. Notre comportement consiste en quoi ? Des gens transforment ce peu de canaux, ce peu de collecteurs que nous avons en dépotoirs. Une fois que vous jetez des déchets par exemple dans ces collecteurs, ils ne font que les obstruer. La pluie arrivée, ces collecteurs sont obstrués, l’eau ne peut que remonter au niveau des concessions. Cela est un des phénomènes.

Aussi, nous avons une insuffisance de drainage. Sur près de 2000 kilomètres de routes, si nous n’avons que 400 kilomètres de caniveaux, il reste encore beaucoup à faire dans ce domaine de l’assainissement. Nous avons un autre grand problème qui n’est pas le moindre. C’est le disfonctionnement de l’exutoire. Quand vous observez dans la ville de Ouagadougou, tous les cours d’eaux concourent au parc urbain Bangr-Wéogo. C’est l’exutoire principal de l’ensemble des eaux de Ouagadougou. Cela n’est pas sans conséquences car qui dit exutoire suppose que ce sont des endroits qui doivent recevoir des aménagements appropriés. Alors qu’à l’heure actuelle, nous avons des difficultés à ce niveau. Tant que l’exutoire n’est pas dégagé, les eaux ne pourront jamais sortir de la ville rapidement. Si bien que quand c’est obstrué, quand c’est plein, les eaux remontent dans les barrages, ensuite dans les caniveaux et vite les inondations sont arrivées.

Lefaso.net : Depuis les inondations de 2009, qu’est ce qui été fait pour éviter une telle catastrophe ?

Arzouma Zombré : Après les pluies du 1er septembre 2009, des recommandations avaient été faites. Des plans d’actions ont été mis en place à court, moyen et long termes. A court terme il s’agissait de remettre en état toutes les infrastructures qui avaient été endommagées. A court terme, on demandait de voir comment l’exutoire pouvait être dégagé. Et à long terme voir comment augmenter la capacité de gestion des eaux pluviales par des collecteurs appropriés.

Nous sommes en phase avec ces recommandations actuellement car les actions ont commencé tout juste après le 1er septembre 2009 à être exécutées. Si vous allez au niveau du parc Bangr-Wéogo qui est l’exutoire, nous avons, à partir du mur du parc en allant vers Anangnélé, un grand canal qui a été érigé. Cela dans l’optique de drainer les eaux vers Mansili qui est à peu près entre 15 à 20 kilomètres de la ville de Ouagadougou. Il y a encore un autre projet au niveau du ministère de l’Habit, je parle sous leur contrôle, pour une troisième phase pour l’aménagement de l’intérieur même du parc. Cela pour permettre une plus grande fluidité pour l’écoulement des eaux. A l’heure actuelle, nous avons un projet en cours, pour l’aménagement du canal du Mogho Naaba. Tout cela est issu de toutes ces recommandations. Grace à l’Etat central et au concours des partenaires techniques et financiers, on est en train de construire la partie non construite, en amont de ce canal. Seront prises en compte dans les aménagements, certaines zones inondables de la ville de Ouagadougou comme l’école Georges Namoano, que l’on appelle couramment école « poto-poto », non loin du lycée Universalis. Mais aussi, au niveau de Rimkièta, en allant vers le cours d’eau, non loin du grand rond-point, où des écoles sont inondées dès les premières pluies. En plus, à l’arrondissement 4, des caniveaux seront réalisés. Cela nous permet de dire que nous sommes en droite ligne avec les recommandations qui avaient été données après les inondations du 1er septembre 2009.

Lefaso.net : Cette année encore Ouagadougou est sous les eaux. Qu’est ce qui est préconisé pour cette fois-ci ?

Arzouma Zombré : Il y a eu un cumul de précipitations du 18 jusqu’au 20 juillet 2016, ce qui a fait déborder les choses. A l’issue de ces inondations, un comité de crise a été mis en place dans la commune de Ouagadougou. L’Etat central s’est joint à ce comité de crise. Une sortie de terrain, supervisée par le ministre d’Etat, ministre de l’Administration territoriale, de la décentralisation et de la sécurité intérieure, Simon Compaoré, a été organisée. A l’issue de cette sortie de terrain, une cellule technique a été mise en place et a été chargée de sortir inventorier tout ce qu’il y a eu comme dégâts. Cette cellule a été composée des techniciens du ministère des Infrastructures, de ceux du ministère de l’Habitat et de ceux de la commune de Ouagadougou. Nous avions pu visiter 51 sites et fait l’état, site par site ainsi que les types de dégradations.

Globalement le constat que nous y avons fait se situe au niveau des remblais d’accès. Les remblais d’accès sont des blocs techniques, c’est-à-dire la partie qui est tout juste collée au pont. La plupart des dégradations sont au niveau des ponts et des radiers, que l’on appelle couramment, cassis ou dos d’âne. Un état a été fait aux autorités et nous attendons justement leurs réactions. Les actions à court terme consistaient à ne pas couper le trafic. Il doit rester fonctionnel, 24heures sur 24 en attendant que l’on puisse avoir les moyens pour réhabiliter conséquemment comme il se doit.

Nous avons demandé aussi que des études soient menées afin de voir les sections des ouvrages qui sont là. Est-ce que ces sections sont suffisantes pour drainer ces eaux ? Pourquoi il y a des remontées d’eaux dans ces ouvrages ? En matière d’hydraulique, c’est un peu complexe car vous pouvez penser que c’est tel ou tel domaine alors que ce n’est pas le cas. Par exemple si Bangr-Wéogo est bloqué, toutes les eaux qui sont charriées sur le bras du marigot de Boulmiougou, le recul ne fera que faire étaler les eaux. Quoi que vous ayez dimensionné, s’il y a un bouchon quelque part, vous aller toujours retrouver ce phénomène. Je ne dis pas que c’est à cause de cela qu’il y a tout cela. Il y a des études qu’il faut faire pour voir.

Lefaso.net : A combien peut-on évaluer la réalisation de ces travaux ?

Arzouma Zombré : La question m’avait été posée lors de la sortie de terrain avec son excellence monsieur le Président Roch Marc Christian Kaboré. Nous sommes toujours en saison pluvieuse donc nous continuons à recenser. La ville est vaste. Il y a un répertoire des ouvrages à notre niveau que nous connaissons, mais il y a des ouvrages de fois que vous n’arrivez plus à répertorier. Nous sommes en train de faire les recensements avec les informations que les gens apportent. Si vous donnez ce montant aujourd’hui et demain vous donnez un autre montant, les gens ne pourront pas vous croire. Comme ce n’est pas un état définitif, nous sommes toujours dans l’attente de ce que l’Etat central va faire. Ce qu’ils vont nous donner pour travailler, nous pourrons communiquer cela officiellement.

Lefaso.net : Aux premières évaluations combien cela faisait ?

Arzouma Zombré : Aux premières évaluations, les documents sont là, on est dans l’ordre de 6 à 7 milliards de F CFA. Sur l’ensemble des 51 ouvrages répertoriés, il y a des murs de clôture qui sont dans les zones inondables qui menacent de céder donc il faut un système d’assainissement pour les sauver. Le recensement concerne tous les douze arrondissements.

Lefaso.net : Comment expliquez-vous le fait qu’à l’issue de la réalisation d’une route, des habitants se plaignent de la montée des eaux dans leurs concessions ?

Arzouma Zombré : Il y a plusieurs explications à cela. Quand vous avez un projet routier, il y a plusieurs outils qu’il faut prendre en compte. On demande à ce que chaque route construite soit suivie par un système d’assainissement. Il y a souvent problème, c’est une réalité. Si vous faites une route qui traverse une zone où les eaux ont l’occasion de se diffuser dans tous les sens pour rejoindre l’exutoire, cela devient un frein. Et pour résorber ce problème il faut mettre en place le système d’assainissement d’où les caniveaux de part et d’autre de la voie.

Nous avons des concessions qui sont exagérément basses par rapport au niveau de la voie. Pour faire la conception de la voie, nous prenons en compte le niveau de l’intérieur de la cour par rapport à la voirie. Vous voyez que sur près de 2 à 3 kilomètres, si on doit prendre le niveau de toutes les concessions pour faire la voie, je ne pense pas que ce soit pratiquement les mêmes choses. Il y a des gens qui sont situés en contre pont, ou en monticule. Nous essayons de prendre le mieux, le niveau qui puisse vraiment faire l’affaire de tous. A savoir, faire de sorte à ce que le bord de caniveaux que nous allons mettre en place ne dépasse pas le seuil des portes des concessions. C’est ce que nous appelons ligne rouge. Parce que c’est pour récolter les eaux et lorsqu’ils sont trop élevés et qu’il y a débordement, les eaux entrent dans ces concessions automatiquement.

Mais il faut qu’on fasse la nuance car dans certains quartiers cela est difficile, sinon impossible à respecter. Combien de gens en construisant mettent au moins une couche de briques par rapport au milieu naturel avant d’enlever leur porte ? Pratiquement cela n’existe pas. Ces portes sont à même le sol (…) Alors que si la hauteur de ces cours d’eaux était à 15 ou 20 centimètres par rapport au terrain naturel le problème ne se poserait pas. Il fallait peut-être qu’il y ait un cahier des charges pour ceux qui sont dans ces zones pour qu’ils rehaussent leurs soubassements. Peut-être qu’il y a eu des failles à ce niveau. Dans les prochains aménagements, je pense que cela sera pris en compte. Cela y va de la sécurité même des habitants hors mis les questions de route.

Vous avez aussi le problème du sous dimensionnement des ouvrages de collecte, par exemple les caniveaux mis de part et d’autre de la route. Quand il pleut, ces caniveaux débordent. Si tout circule normalement il ne devrait pas y avoir de remontée des eaux au niveau des concessions. Avant de faire un ouvrage, il faut faire un sondage de terrain pour retrouver les principaux cours d’eaux qui viennent irriguer cette voie. C’est ce que nous appelons les bassins versants. Quels sont les bassins versants qui arrivent sur cette voie ? C’est au vu de la quantité de ces eaux que les ouvrages qui doivent les contenir sont dimensionnés. S’il se trouve que vous avez mal apprécié le bassin versant il y aura problème. Il y a tout un ensemble de choses qui entrent en compte. Donc cela est complexe.

Lefaso.net : Souvent après la réalisation d’une belle rue, on constate que le revêtement est creusé pour enfouir ou déterrer des fils ou de la tuyauterie ?

Arzouma Zombré : C’est un manquement très grave. Pendant la mise en œuvre des travaux routiers, tout est fait de sorte à ce qu’on ait une plateforme homogène. Cela veut dire des plus petites couches de la plateforme du terrain simple, avec les différentes couches de terre jusqu’au revêtement. Avant les travaux, quand on fait une étude routière, nous adressons une correspondance aux différents concessionnaires comme, la Société nationale burkinabè d’électricité (SONABEL), l’Office national de l’eau et de l’assainissement (ONEA), l’Office national des télécommunications (ONATEL). Pour qu’ils nous disent avec les plans de ces différentes routes où est- ce qu’ils ont leurs réseaux ou qu’est-ce qu’ils ont à faire sur ces voiries, pour qu’on puisse en tenir compte pendant les travaux.

L’on nous a toujours fait des factures, soit pour déplacer un réseau qui est situé sur la voie à une profondeur qu’on ne peut pas laisser, soit il faut le rabaisser pour qu’il ne soit plus à l’air libre. Nous prenons ces différentes factures en compte dans nos projets. S’il arrive que pendant l’exécution, les concessionnaires viennent mettre ce qui est prévu et ils se rendent compte qu’il y a des difficultés après, il faut rouvrir. Souvent l’on nous informe que le matériel requis n’est pas disponible immédiatement. On décide de fermer et quand cela va venir on va rouvrir pour remettre. C’est la catastrophe. Quoi que vous fassiez c’est difficile d’avoir un bon compactage de la route quand vous allez rouvrir. Ou bien, cette petite section que vous allez laisser qui sera compactée après, ne sera pas uniforme avec l’ensemble de la chaussée.

De fois ce sont des prévisions qui ne tiennent pas du côté des fournisseurs ou des défaillances constatées plus tard, donc on est obligé d’ouvrir. On regrette cela. Par exemple dans la ville nous avons le réseau d’égouts. C’est après coup que cela a été mis. Conséquence, tous les tronçons ne font que s’affaisser et il faut colmater. C’est parfois plus cher que si on avait pris un certain nombre de précautions dès le départ.

Lefaso.net : Donc cela n’est pas près de s’arrêter.

Arzouma Zombré : On joue à cela pour que cela puisse s’arrêter. On ne peut pas continuer. Cette année, nous avons des travaux à Sigh-Nonghin et à Nongr-Massom. On a bloqué les travaux durant tout le temps que cela faut pour que le concessionnaire puisse passer avec sa filerie avant qu’on ne compacte. Ce qui fausse très souvent les délais d’exécutions.

Lefaso.net : Pour terminer ?

Arzouma Zombré : L’état de la voirie de Ouagadougou se caractérise en matière de voirie revêtue par sa vétusté due à l’évolution du trafic et des surcharges, le vieillissement de la couche de roulement, la qualité de mise en œuvre et l’insuffisance d’ouvrages d’assainissement. Le principal ennemi de la route c’est l’eau. Quand une voirie baigne dans l’eau matin, midi et soir, au lieu des 15 ans avant que l’on ne parle de voie amortie, vous constaterez qu’en trois ans la route est fortement dégradée.

Notre incivisme en brûlant les infrastructures, dégradent nos routes. Ce sont des infrastructures qui ne supportent ni les chocs ni la chaleur. Ce sont des liants, c’est-à-dire le bitume fluide, la laitance que vous avez, avec les différents agrégats. C’est la laitance qui consolide ces différents agrégats. Et quand vous brulez le bitume, cette laitance descend et laisse les agrégats seuls. Du coup, il n’y a plus de consolidation et c’est la désagrégation de la voirie qui est vite prononcée. Ce sont des actions à bannir.

Tout ce que je peux demander à la population, c’est la patience. Je pense que les épreuves que nous vivons actuellement nous interpellent tous. Nous devons revoir le système de travail et de conception. Etre sûr que ce qui vient de dehors est ce qui existe au dehors. Je parlais plus haut du recueil des informations par rapport aux travaux routiers. Il faut être sûr qu’on a pris la totalité du bassin versant de l’ensemble des cours d’eaux qui irriguent pour éviter des désagréments.

Entretien réalisé par Marcus Kouaman
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Mariages pompeux : Echec programmé !

Parole de conseiller conjugal 

               Mariages pompeux : Echec programmé !

Un homme, réellement dépassé par la tournure des événements, me confie que jusque-là la pomme de discorde dans sa relation avec sa fiancée, c’est que cette dernière exige un mariage pompeux avec comme chapitre la célébration à la mairie centrale et cinq cents convives au moins. La robe de mariage, elle, doit venir d’une boutique parisienne ou travaillerait sa sœur. Le gâteau de mariage est à commander dans un des plus grands hôtels de la ville où d’ailleurs devrait avoir lieu la réception. Et ensuite….et ensuite….et ensuite……Pour sa fiancée, censée être sa future épouse, c’est à prendre ou à laisser car elle le mérite.

Tous les arguments avancés par le fiancé ne l’ont pas convaincue et encore moins dissuadée. Le jeune homme a un salaire modeste ainsi que la jeune fille d’ailleurs. Pour l’heure, il est en location en attendant de pouvoir construire sur la parcelle qu’il vient d’acquérir à plus de deux millions de francs. La fiancée propose qu’il prenne un prêt en banque pour les festivités du mariage, ce que le jeune homme refuse de faire. Et voilà que le mariage a été maintes fois fixé et maintes fois reporté.

Nous ne nous attarderons pas sur les désidérata de la jeune fille car tout compte fait, il lui manque de la maturité et je ne crois même pas du tout qu’elle soit prête pour fonder un foyer. Mais cette anecdote me donne l’occasion de me pencher sur cette façon de faire pour fonder un foyer : mariages pompeux !

Mariages pompeux : c’est le fond qui manque le plus

Quand on connait tout ce qui entoure les responsabilités, les devoirs et les charges du couple, serait-il encore sage de nos jours de vouloir investir énormément et au-delà de toute logique d’énormes sommes tout juste le temps d’une célébration ? A y voir de près, ce genre d’apparats cache mal un malaise profond et suffisamment grave. Quelle notion ce genre de couple a du mariage ? Les mariages pompeux, quand bien même on aurait suffisamment les moyens, révèlent une légèreté, une inconscience notable et plus encore, une moralité douteuse.

Autrement, comment comprendre que l’on aille jusqu’à s’endetter pour faire comme…. Il est fort à craindre que ces manifestations ne soient que de la garniture mais qui au fil des temps (la vie du couple) va faire place à la réalité. Le fond qui manque dans ce genre de couple, c’est l’amour, le vrai. Ces deux-là ne sont ensemble que par intérêts personnels et égoïstes. La jeune fille qui exige tant d’artifices pour la célébration de son mariage, court derrière le « nom », veut marquer les esprits et être au centre de tous les débats. Elle veut que l’on dise que « on n’a jamais vu un tel mariage ». Elle veut que l’on parle d’elle et non pas du couple et encore moins de son conjoint. Elle cherche de la renommée, mais là où il ne faut pas.

J’en ai des exemples à la pelle : tel ce couple qui a volé en éclats tout juste huit mois après la célébration pompeuse de leur mariage avec des sommités du pays, cortège encadré par des motards, réception dans le plus grand hôtel de la ville. Le couple n’a vécu que huit mois et la procédure de divorce a été engagée. Malgré l’intervention de toutes les bonnes volontés, et de moi-même en tant que conseiller conjugal, rien n’y fit et le couple s’est déchiré et de façon lamentable. La raison : le jeune homme a découvert que la jeune fille lui avait menti sur son passé. En effet elle avait eu un enfant auparavant et ne l’avait jamais avoué.

Attention donc à tout ce qui brille, ça pourrait bien cacher un vrai malaise ! L’amour, le vrai, n’a pas besoin d’artifices pour être et pour agir.

Mariages pompeux : Et après ?

On sait tout ce qui entoure ce genre de manifestations : robe blanche à dimension démesurée… salle comble et bien ornée…..public des grands jours…véhicule d’apparat….gâteau gigantesque, etc.

Et après ? De la robe blanche, peut-on passer au cœur blanc qui comble le partenaire ? A la chambre blanche qui rejette tout déchet y compris les déchets de l’immoralité et de l’infidélité ? Au caractère blanc, qui ne voile rien à l’autre, mais qui se découvre et couvre le partenaire de tout ce qui peut le faire grandir ?

Et après ? Salle comble…convives triés sur la crème… Tout cela est beau, mais après, qui fréquenter et qui vous fréquente. Le domicile conjugal n’est-il pas à la recherche de visiteurs, d’amis, de camarades qui, à présent se font rares et pour cause : il n’y a plus grand-chose à gagner avec ce couple.

La vie du couple, ce n’est pas la célébration, mais l’après. Vivre heureux un jour, et malheureux le reste des jours, telle n’est pas la vocation du mariage.
Moralité : « Ceux qui se marient avec les moyens du jour pourront vivre avec les moyens de chaque jour ! »

Rock Audacien D.DAMIBA, Conseiller Conjugal
Email : damibashalom@yahoo.fr

 

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2016.08.03

Ménages extrêmement pauvres : Les résultats d’une étude validés à Ouahigouya

L’ONG Trickle UP Afrique de l’Ouest a organisé ce lundi 1er Août 2016 à Ouahigouya, un atelier de partage et de validation des résultats d’un projet de recherche sur les familles extrêmement démunies. La recherche qui a porté sur « l’évaluation des effets protecteurs du renforcement économique des ménages extrêmement pauvres associé à la sensibilisation sur les droits des enfants issus de ces ménages » a concerné 12 villages des communes de Ouahigouya et de Barga dans la province du Yatenga.

Ménages extrêmement pauvres : Les résultats d’une étude validés à Ouahigouya

       L’ONG américaine Trickle Up intervient depuis 2008 au Burkina Faso. Avant D’ouvrir sa représentation nationale qui date de 2012, l’ONG intervenait à travers son bureau national basé au Mali. Sa stratégie consiste à soutenir les personnes les plus pauvres et les couches les plus vulnérables à développer les moyens d’existence durables et à faire leurs premiers pas hors de l’extrême précarité. Pour éradiquer cette versatilité, l’ONG mène son combat autour d’un certain nombre d’axes à savoir l’éducation des enfants, le travail précoce des enfants, la séparation des enfants de leurs ménages, les violences faites aux enfants, l’autonomisation des femmes etc.

Identifier les effets et les facteurs d’influence du développement économique des ménageise en œuvre de ses activités au Burkina, Malé Yéréfolo, représentant régional de Trickle Up a laissé entendre que sa structure à travers son organisation a permis de toucher près de 4200 familles au Burkina Faso dans le domaine de la promotion d’activités génératrices de revenus (AGR) et le développement social des personnes éligibles par le transfert direct de fonds d’un cout total de 210 millions CFA. L’atelier de validation des résultats de la recherche qui a fait l’objet de partage et d’échanges s’inscrit, à en croire le représentant régional, dans une logique d’identifier les effets et les facteurs d’influence du développement économique et psycho-social des ménages dans la protection des droits de l’enfant. Au cours de la présentation des résultats, Gambéré Mireille consultante du Centre d’Etude, de Recherche et de Formation en Développement Economique et Social (CERFODES), en charge de l’étude, n’a pas manqué de souligner que le projet d’évaluation a débuté en 2015 et a pris en compte cinq domaines de l’ONG que sont la scolarisation, la responsabilisation des femmes dans le ménage, la migration, et le travail précoce des enfants. La présente étude a pris en compte les critères de vulnérabilité ; et la recherche a été faite en partenariat avec les techniciens du département de l’action sociale et de la famille dans la province du Yatenga, à en croire Madame Gambéré.

La lutte contre la pauvreté des populations, une priorité des autorité

le raog conseiller technique du gouverneur de la région du Nord dans son discours d’ouverture de l’atelier a notifié que les autorités du Burkina portent une attention particulière en matière de lutte contre la pauvreté des populations. Il s’est réjoui du fait que Trickle Up œuvre dans le même sens. « Nous sommes là pour témoigner notre totale adhésion aux actions de l’ONG, mais aussi montrer notre disponibilité à les accompagner dans cette lutte de longue haleine » a rassuré le représentant du Gouverneur. Avant de déclarer ouverte les travaux, M. Ouédraogo a ajouté que le gouvernement burkinabè a fait de la protection des groupes vulnérables, une de ses priorités en élaborant un cadre référentiel spécifique qu’est la politique nationale de protection sociale (PNPS) et qui décline les axes prioritaires de développement des groupes vulnérables pour la période 2013-2022. Trickle Up qui signifie « monter/émerger à petit pas » travaille en partenariat dans la région du Nord avec l’Association Monde Rurale (AMR/Burkina), L’Association d’Aide aux Enfants et Familles Démunies (ADEFAD) et L’Alliance Internationale pour le Développement en Afrique (AIDA).

Yann NIKIEMA
Lefaso.net

15:26 Publié dans ACTUALITE SOCIALE DU BF | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | |  Imprimer

Secours d’urgence : La 9e session du CONASUR sur les besoins post-catastrophes et le relèvement des populations sinistrées

Le Conseil national de secours d’urgence et de réhabilitation (CONASUR) a tenu sa 9e session ordinaire le 2 août 2016 à Ouagadougou. Il s’est agi au cours de cette session, d’examiner le bilan des activités réalisées au cours de l’année 2015, le programmes d’activités 2016 et de dégager des perspectives en vue d’améliorer les interventions futures. La cérémonie d’ouverture a été présidée par le ministre de la femme, de la solidarité nationale et de la famille, Présidente du CONASUR. Par ailleurs, elle a connu la présence des membres statutaires et des partenaires techniques et financiers du Conseil.

 

Secours d’urgence : La 9e session du CONASUR sur les besoins post-catastrophes et le relèvement des populations sinistrées

Les catastrophes, qu’elles soient d’origine naturelle ou anthropique, s’imposent à la société. Elles portent leurs empreintes sur tous les aspects de la vie sociale, n’épargnent personne, ni aucun pays. Tel est le constat fait par Laure Zongo/Hien, ministre de la femme, de la solidarité nationale et de la famille, Présidente du CONASUR lors de la cérémonie d’ouverture de la 9e session ordinaire tenue le 2 août 2016. Tout en saluant sa tenue effective, elle a affirmé que le Burkina Faso connait de plus en plus de catastrophes et des crises aux conséquences désastreuses sur les populations. Pour preuve, dira-t-elle, les inondations récurrentes et les conflits intercommunautaires qui surviennent chaque année. En effet, en 2015, 377 998 personnes victimes de catastrophes et de crises, y compris des personnes vulnérables ont été prises en charge par le CONASUR. Il s’agit spécifiquement de 49 118 victimes de catastrophes et de crises humanitaires, 2 492 victimes de l’insurrection populaire des 30 et 31 octobre 2014 et 326 388 personnes vulnérables qui ont été assistées.

Du reste, de l’analyse de la gestion des catastrophes, la collecte des données notamment l’évaluation des dégâts et des besoins constitue une préoccupation pour les intervenants sur le terrain. A cela s’ajoute la problématique du relèvement des personnes sinistrées. Ce dernier point qui constitue l’un des domaines d’intervention du secrétariat permanent du CONASUR rencontre des difficultés de financement, d’où le choix du thème de la présente session « Evaluation des besoins post catastrophes et relèvement des personnes sinistrées : Enjeux et perspectives ». Ce thème, de l’avis de la présidente du CONASUR, est une question d’importance et d’actualité. « Il nous interpelle et nous invite à des réflexions profondes et à des analyses sans complaisance sur les mécanismes de financement des actions de relèvement/réhabilitation au profit des populations », a-t-elle souligné.

Toutefois, elle est convaincue qu’une bonne évaluation post-catastrophe est un préalable pour estimer les besoins afin d’apporter une réponse appropriée et conséquente aux populations sinistrées. Aussi a-t-elle poursuivi, le renforcement des capacités de résilience des populations nécessite une approche multisectorielle. Il apparait donc impérieux de développer des stratégies d’adaptation en vue de renforcer la résilience des communautés. Toute chose qui contribuera à réduire leur vulnérabilité. C’est dans cette dynamique que le gouvernement du Burkina et le programme des Nations Unies pour le développement ont approuvé, depuis 2014, un projet de « Renforcement des capacités nationales de résilience au Burkina Faso ». D’une durée de deux ans, le budget initial estimé à 1 581 836 dollars US soit un peu plus de 900 millions FCA, vient d’être renforcé au mois de mars dernier « par un appui complémentaire de la Coopération japonaise d’un montant de 500 000 dollars US (Près de 300 millions CFA, ndlr) ». Cet appui du gouvernement japonais concerne la création d’emplois pour les jeunes et la réalisation d’infrastructures pour la réduction des risques d’inondation par la méthode haute intensité de main-d’œuvre.

La coordinatrice résidente du système des Nations Unies, Metsi Makhetha, quant à elle, a saisi l’occasion pour exprimer la solidarité de son institution et de l’ensemble des partenaires humanitaires du Burkina Faso, avec les familles et les personnes sinistrées. Avant d’expliquer que la présente réunion se tient environ trois mois après le premier Sommet mondial sur l’action humanitaire auquel le Burkina Faso a pris part. Et l’une des recommandations de ce sommet met l’accent sur la nécessité de gérer les risques autrement, établissant non seulement la primauté de la préparation aux urgences, mais aussi la résilience comme élément central. Ce fut également l’occasion pour les pays de s’engager « publiquement », autour de plusieurs actions, lesquelles ont pour finalité de sauver des vies humaines, réduire l’impact économique et les besoins humanitaires engendrés par les catastrophes naturelles, entre autres. Mme Metsi est convaincue que le CONASUR est la structure habilitée à faire de ces objectifs une réalité.

Aïssata Laure G. Sidibé
Lefaso.net

 

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2016.03.30

Contraception : Ce qu’on ne vous a jamais dit (1)

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Regard critique sur l’émission Echo finance sur le dividende démographique et sur l’engagement de l’Union des Religieux et Coutumiers du Burkina dans la campagne « 1 000 000 de voix pour la planification familiale et la santé de la reproduction »

 

Introduction

Au cours du mois de janvier 2016, a été diffusée et rediffusée sur la RTB, l’émission Eco finance consacrée au dividende démographique au cours de laquelle l’ex ministre déléguée chargée du budget entourée d’autres « spécialistes », s’inquiétant du nombre d’habitants de notre pays dans les décennies à venir et de certains indicateurs économiques n’ont cessé d’insister qu’une priorité est que la contraception soit l’affaire de tous. Est-on sûr que la diminution démographique par la contraception garantit la croissance économique ?

De plus, l’engagement audacieux de l’association « Union des Religieux et Coutumiers du Burkina pour la Santé et le Développement (URCB/SD) » avec d’autres associations dans la campagne « 1 000 000 de voix pour la planification familiale et la santé de la reproduction » exige une clarification au sujet de l’engagement de l’Eglise catholique dans la dite campagne et le rappel de la doctrine chrétienne sur la contraception.

Nous voulons à travers ces lignes, montrer que l’argument démographique est fallacieux, que la contraception, au-delà des discours naïfs, crée plus de grossesses « non désirées » et plus d’avortements, nuit gravement à la santé des femmes, pervertit la jeunesse, compromet le mariage, et enfin, que des méthodes naturelles de régulation de naissance très efficaces existent pour aider les époux à harmoniser leur désir de vivre pleinement leur sexualité avec la responsabilité d’espacer les naissances.

1. La démographie, un faux problème

Robert Thomas MALTHUS, économiste britannique du XVIIIème siècle affirmait que le pouvoir de reproduction de l’espèce humaine est considérable alors que sa capacité de production de moyens de subsistance est limitée. Il en déduit que la croissance démographique est source de misère. Pourtant la taille d’une population lui procure un poids économique et politique manifeste : le Nigéria et l’Afrique du Sud près de chez nous, la Chine et l’Inde en Asie, la France en Europe, les Etats-Unis sur le continent américain.

Néanmoins, aujourd’hui, au niveau mondial, on tente de faire croire seulement aux pays pauvres que leurs problèmes proviennent de leur surnombre en montrant des relations qu’il pourrait y avoir entre populations, développement, pauvreté, fécondité, dividende démographique [1]. Le remède serait la réduction de la fécondité par tous les moyens, notamment par les méthodes « modernes » de planification familiale [2]. Cela se fait sans recul éthique, sans se poser la question si ce que l’on fait est bien ou mal, que ce soit au niveau des gouvernements, des ONG ou du personnel de la santé parce que tout simplement des bailleurs de fonds ne font que « bailler » et influencent les conférences internationales.

« Il ne faut pas oublier – rappelle le Pape Benoît XVI – que depuis la fin de la seconde guerre mondiale jusqu’à nos jours, la population sur la terre a augmenté de quatre milliards et que, dans une large mesure, ce phénomène concerne des pays qui ont récemment émergés sur la scène internationale comme de nouvelles puissances économiques et qui ont connu un développement rapide précisément grâce au nombre élevé de leurs habitants. En outre, parmi les Nations les plus développées, celles qui ont les taux de natalité les plus élevés jouissent des meilleures potentialités de développement. En d’autres termes, il apparaît que la population est une richesse et non un facteur de pauvreté » [3].

On devrait aussi souligner que la mentalité contraceptive crée à la longue le phénomène de vieillissement de la population, un déficit de la population active que les grandes nations comblent par des politiques d’immigration sélective : Loto Visa pour les Etats-Unis, Programme d’immigration choisie pour le Canada, immigration des maghrébins et d’autres nationalités dans le cas de la France.

Comme d’habitude, « qui veut tuer son chien l’accuse de rage ». On s’acharne sur la population alors que les causes de sous-développement sont à chercher ailleurs. Le journal télévisé rapporte plusieurs fois par semaine des conventions de financements de plusieurs dizaines, centaines de milliards en faveur de notre pays. A contrario, il y a très peu de réalisations en quantité et en qualité dans le domaine de la santé, de l’éducation, des routes, de l’agriculture, etc., pour une prise en charge des besoins actuels et pour accompagner l’évolution de la population. La corruption et l’injustice étaient et sont encore monnaie courante. Le Burkina Faso et d’autres pays africains sont pauvres parce qu’appauvris par le pillage des matières premières qui ne sont pas transformées sur place. A titre d’exemple, jusqu’à très récemment, seulement 10% des revenus sur l’extraction de l’or revenaient à l’Etat Burkinabè qui n’a aucun moyen de contrôler les quantités extraites.

Et on peut continuer la liste des causes de pauvreté qui, si elles ne sont pas résolues, maintiendraient notre pays dans la misère, même avec une population stationnaire. « Dès lors, les relations entre fécondité/pauvreté, population/développement, telles que codifiées par les différentes conférences sur les populations particulièrement la conférence du Caire, devraient être repensées » [4].

L’obsession pour les Nations Unies de réduire la population des pays pauvres s’est traduite plusieurs fois par l’ajout de substances stérilisantes dans les vaccins contre le tétanos destinés aux campagnes de vaccination de masse. En 2014, les évêques du Kenya se sont opposés à une campagne de vaccination anti-tétanique visant exclusivement les femmes de 14 à 49 ans, accusant les doses d’être dopées du Beta-HCG [5]. Cette tactique a déjà été découverte et dénoncée par la présentation d’échantillons témoins aux Philippines (1995), Mexique (1994) et Nicaragua alors que les hautes autorités onusiennes et gouvernementales démentaient catégoriquement les faits. Malgré l’énormité de ces affaires, elles n’ont pas été relayées par les grands médias. En conséquence, et au vu du rejet de vaccination contre la polio au Nigéria en 2003, il est crucial que des organisations indépendantes analysent régulièrement des échantillons des campagnes de vaccination destinée aux enfants.

Proposer, imposer la contraception à une population pour améliorer des indicateurs économiques tel que développé par l’émission Eco finance est une distorsion malheureuse de valeurs : on veut utiliser l’homme au service de l’argent. Pourtant, l’argent doit être au service de l’homme et non le contraire. « Que sert à l’homme de gagner le monde entier, s’il se perd ou se ruine lui-même ? » (Luc 9, 25). L’homme se ruine par l’utilisation de ces contraceptifs comme nous allons le montrer.

Ouagadougou le 25 février 2016

Abbé Jean-Emmanuel KONVOLBO,
Prêtre catholique
Professeur d’Ecriture Sainte et de langues bibliques
Grand Séminaire Saint Jean-Baptiste de Wayalghin
Email : paroleetvie@gmail.com
Cet article se trouve sur mon site web en construction : http://konvolbo.org

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