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2018.01.14

Santé en milieu carcéral : Le projet « PRISONS » présente ses résultats

Rendre nos prisons plus humaines. C’est l’esprit qui a guidé la mise en œuvre du projet PRISONS : « Améliorer les conditions sanitaires des établissements et lieux de détention au Burkina Faso ». Lancé en avril 2017, ce projet initié par Expertise France, avec le soutien de Prisonniers sans frontières, s’est penché sur les conditions sanitaires, d’hygiène, d’accès à l’eau et à l’assainissement des détenus, à travers une enquête. La restitution des résultats de l’étude s’est tenue ce vendredi 12 janvier 2018, à Ouagadougou.

Santé en milieu carcéral : Le projet « PRISONS » présente ses résultats

D’un coût évalué à environ 559 millions de FCFA, ce projet, d’une durée de 27 mois, a permis de mener une enquête dans 26 Maisons d’arrêt et de correction (MAC) , un centre pénitentiaire agricole et un centre pénitentiaire pour mineur. Conduite par les acteurs des ministères de la justice et de la santé, cette enquête, selon le directeur général de l’offre des soins au ministère de la santé, docteur Samba Diallo, a permis de constater l’état défectueux de certains compartiments des Maisons d’arrêt et de correction (MAC) et de mesurer les connaissances des détenus sur les mesures d’hygiène.

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Dr Arouna Traoré, coordonnateur du bureau d’Exprtise France au Burkina

Ainsi, de cette étude où 787 détenus ont participé à l’enquête, il en ressort que les MAC du Burkina connaissent une surpopulation de 36 % (avec une capacité théorique nationale de 4980 détenus, les MAC renferment 6368 détenus en 2017). L’enquête révèle par ailleurs que sur les 27 MAC visitées, 6 ont une infirmerie disposant de locaux de plus d’une salle (MACO, PHS, Bobo , Ouahigouya, Gaoua et Tenkodogo), 20 ont un seul local faisant office d’infirmerie et une MAC, notamment celle de Yako, ne dispose pas d’infirmerie. La majorité du personnel soignant seraient des infirmiers d’Etat et des infirmiers brevetés.

S’agissant des questions d’eau, d’hygiène et d’assainissement, il est a noté que l’ONEA demeure la principale source d’approvisionnement des établissements pénitentiaires. Aussi, que 90% des cellules seraient dotées de fenêtres dont l’emplacement permet la circulation de l’air dans la majorité des cas. Selon l’enquête, les détenus reçoivent un repas par jour (midi) dans la majorité des cas. C’est dans l’optique donc d’humaniser les prisons, selon le Dr Arouna Traoré , coordonnateur du Bureau santé d’Expertise France au Burkina , que ce présent projet a vu le jour, afin que le détenu , privé de tous ses droits d’aller et venir, conserve son droit à la santé.

Renforcer les mesures d’hygiène

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Ministre de la justice, René Bagoro

De l’avis du ministre de la justice, René Bagoro, le rapport de cette étude est un outil sûr de plaidoyer. En effet, dit-il, la santé en prison reste un défi à relever. « En considérant les déterminants de la santé, on se rend compte qu’au niveau des établissements pénitentiaires, les conditions d’hygiène sont précaires, les installations sanitaires sont sommaires, la qualité de l’alimentation est décriée et les comportements à risque pour la santé sont courants » a-t-il relevé. Pour lui, il y a nécessité d’agir sur l’offre de santé en milieu carcéral pour éviter que l’état de santé du détenu nécessite une référence en dehors de l’établissement sanitaire. « Des évasions au niveau des établissements pénitentiaires sont réfléchies et réussies autour de la question » a noté le ministre des droits humains.

Et d’ajouter que la nécessité de mieux organiser les interventions sanitaires a conduit récemment, à la création d’une direction centrale de la santé et de l’action sociale au niveau de la direction générale de la garde de sécurité pénitentiaire. Tout en promettant une bonne mise en œuvre du projet, le ministre de la justice a rassuré que les conclusions issues des présents travaux, seront examinées de façon diligente.

Nicole Ouédraogo
Lefaso.net

Solidarité nationale : Alassane Sakandé matérialise sa promesse de céder 50% de son salaire de base aux orphelinats

Chose promise, chose due. Le 16 décembre 2017, Alassane Bala Sakandé, président de l’Assemblée nationale, avait pris la décision de céder la moitié de son salaire de base aux orphelins du Burkina. Il vient de matérialiser cette promesse à travers la signature d’un ordre de virement permanent au profit d’un compte bancaire au profit des orphelins et orphelinats. Le document signé a été remis au ministre en charge de la solidarité nationale, le 11 janvier 2018. C’est 500 000 FCFA qui seront déduits du salaire du Président de l’Assemblée nationale chaque mois au profit des enfants en difficultés.

Solidarité nationale : Alassane Sakandé matérialise sa promesse de céder 50% de son salaire de base aux orphelinats

On se rappelle encore les circonstances dans lesquelles le président de l’Assemblée nationale, Alassane Bala Sakandé avait annoncé, à Bobo-Dioulasso, le 16 décembre dernier, sa décision de céder la moitié de son salaire de base aux orphelins et enfants en détresse. Cette décision devrait prendre effet en janvier 2018 et se poursuivre jusqu’à la fin de la présente législature, en fin 2020. Pour matérialiser cette promesse en acte, le bienfaiteur a signé ce 11 janvier un ordre un document qui fait office de virement permanent. Ainsi, 500 000F CFA devrait être prélevé par sa banque au profit des orphelinats du Burkina avant qu’il n’ait accès à son salaire.

« Nous avons voulu mettre les services financiers de l’Assemblée nationale en dehors de ça et voir directement avec notre banque de façon à ce que dès que le salaire est viré, que les banquiers se chargent de prélever en premier ce montant avant que nous ne puissions toucher à notre salaire. D’où la matérialisation d’un ordre de virement permanent pour le bénéfice du ministère de la femme et de la solidarité nationale qui se chargera à son tour d’identifier les orphelinats et de faire la répartition. Nous avons demandé à madame le ministre d’en faire un bon usage et de nous rendre compte régulièrement des orphelinats qui en ont bénéficié et des montants qui leur seront octroyés », a expliqué Alassane Sakandé.

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Alassane Sakandé remet l’ordre de virement permanent à la ministre de la solidarité nationale, Laure Zongo

Mais, pour les deux dernières années de son mandat (2019 et 2020), la formule devrait changer pour permettre aux orphelinats bénéficiaires d’entrer en possession de ce soutien dès le mois de Janvier. « A partir de 2019 et 2020, au lieu que ces fonds soient virés tous les mois, nous nous engagerons auprès d’une banque, en payant les intérêts pour que le montant ne diminue pas, de façon à ce qu’en début d’année, les orphelinats qui devront en bénéficier puisse l’avoir dès le début de l’année », a-t-il précisé.

Par ce geste, Alassane Sakandé invite les Burkinabè à aider ceux qui sont dans le besoin. « Pour aider, on n’a pas besoin d’être riche. Le peu qu’on a, on doit pouvoir le partager avec les autres, c’est ça le message. Ce n’est pas que j’ai suffisamment d’argent, loin s’en faut. Mais, je dis qu’en tant que Burkinabè, nous devons cultiver cette solidarité », éclaire-t-il.

Tout en se réjouissant de l’acte posé par le président de l’Assemblée nationale, Laure Zongo/Hien, ministre de la femme, de la solidarité nationale et de la famille, assure que ce fonds sera géré avec toute la rigueur qui sied. « Comme il l’a souhaité, nous allons lui faire régulièrement la situation des différents orphelinats ou centres d’accueil des enfants en détresse qui en ont bénéficié. Nous prenons l’engagement de veiller sur la bonne gestion de ce fonds parce qu’il doit être géré de la façon la plus rigoureuse possible », a-t-elle rassuré.

Le Burkina compte officiellement 70 orphelinats et centres d’accueil des enfants en détresse. Vivement que d’autres bonnes volontés emboitent les pas d’Alassane Sakandé.

Moussa Diallo
Lefaso.net