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2015.09.01

Elections: les femmes candidates affûtent leurs armes

Le Programme des Nations unies pour le développement (PNUD) en collaboration avec le Ministère de la Promotion de la femme et du genre (MPFG) organise, du 31 août au 11 septembre 2015 à Ouagadougou, un atelier de formation à l’intention des femmes candidates aux élections législatives et présidentielle du 11 prochain. Le Programme des Nations unies pour le développement (PNUD) fait de la participation des femmes aux prochaines élections son cheval de bataille. Pour ce faire, le PNUD, en partenariat avec le Ministère en charge de la Promotion de la femme (MPFG) organise, du 31 août au 11 septembre 2015 à Ouagadougou, deux sessions de formations des femmes candidates aux élections du 11 octobre prochain. La première session qui va du 31 août au 4 septembre s’adresse aux femmes candidates aux élections présidentielle et législatives et à leurs directeurs et membres de l’équipe de campagne ainsi qu’aux cadres du MPFG. La seconde qui s’adresse uniquement aux femmes candidates aux législatives de tous les partis et regroupements politiques validés par la Commission électorale nationale indépendante (CENI), se déroulera du 7 au 11 septembre 2015. Au total, 170 participants devront prendre part à cette série de formations. Il s’agit, selon le représentant-résident du PNUD au Burkina, Pascal Karorero, d’assurer une forte participation des femmes non seulement comme électrices mais aussi comme candidates aux futures échéances électorales. « Il s’agit de leur donner des éléments pour mieux mettre en exergue leur leadership », a-t-il dit. Et ce, à travers quatre modules axés sur le développement personnel des candidates, l’analyse du contexte socio-politique dans lequel s’inscrivent les candidatures féminines, les techniques et habilités à développer afin d’organiser sa candidature et la rendre compétitive et le leadership politique féminin. La ministre chargée de la Promotion de la femme, Bibiane Ouédraogo, a loué l’initiative du PNUD qui s’inscrit, a-t-elle poursuivi, dans une logique de promotion et de mise en œuvre des principes d’égalité et d’exercice de la citoyenneté. « Le renforcement des capacités et des compétences des femmes candidates est une nécessité qui leur permettra d’avoir des connaissances pour faire face à l’électorat, à battre une campagne efficace et à augmenter leurs chances de réussite aux différents scrutins », a laissé entendre Mme la ministre. Elle a émis le vœu qu’au soir du 11 octobre, il y ait une forte participation des femmes. « Et pourquoi pas, une femme qui sera au palais de Kosyam », a déclaré Bibiane Ouédrogo. A l’issue de la formation, les récipiendaires bénéficieront d’un brevet de participation et d’un coaching quotidien sur l’exploitation des outils pratiques acquis et du monitoring de leurs campagnes électorales, à travers la mise en place des « Cliniques électorales ». Le PNUD entend, par ces sessions de formations, confirmer son engagement et sa disponibilité à accompagner les femmes qui s’engagent en politique. Djakaridia SIRIBIE (Collaborateur)

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Droits des détenus : le ministère de la Justice veille au grain



Le ministère de la Justice, de la Promotion des droits humains et de la Protection civique a sensibilisé les agents des forces de l’ordre et de sécurité, et les acteurs de la société civile au respect des droits des prisonniers, le vendredi 28 août 2015 à Bobo-Dioulasso. La rencontre s’est tenue après des visites professionnelles des lieux de détention dans la région des Hauts-Bassins.


Plus de 40 personnes composées des éléments des forces de défense et de sécurité, ainsi que des acteurs de la société civile ont pris part à l’atelier sur le droit des détenus. Il y a eu deux communications au cours de la rencontre. La première a porté sur le thème : « Les standards de protection des droits des personnes privées de libertés ». Elle a été présentée par le directeur de la protection contre les violations des droits humains, Paul Kabré. Selon lui, la principale cause d’absence de liberté et prévue par les lois et règlements burkinabè, reste la détention ou la privation de liberté. De ce fait, toute détention ou privation de liberté mise en œuvre en dehors de ces hypothèses est de facto contraire à la Constitution au Burkina Faso. Quant à la deuxième communication, elle s’est axée sur « Le constat des visites professionnelles des lieux de détention dans la région des Hauts-Bassins », et a été présentée par la conseillère en droits humains, Germaine Kiéma. Auparavant, il y a eu les 24 et 25 août 2015, une visite dans les maisons d’arrêt et de correction, les brigades de gendarmerie et les commissariats de police de la région. Pour Mme Kiéma, la visite des Maisons d’arrêt et de correction (MAC) et des Cellules de garde à vue (CGV) constitue l’une des activités de surveillance du respect des droits des détenus. Selon elle, cette visite répond à un souci de vérification de la conformité des conditions de détention aux normes nationales et internationales relatives aux droits de l’Homme. C’est ainsi que dans la région des Hauts-Bassins, deux maisons d’arrêt et de correction et environ treize cellules de garde à vue ont fait l’objet de contrôle par l’équipe du ministère en charge de la Justice et de la Promotion civique. Ces sorties périodiques du ministère ont pour objectif, de contribuer à l’amélioration des conditions de détention et à l’humanisation des lieux de détention. Elles permettent de veiller au respect des droits des personnes privées de liberté au Burkina Faso. La démarche du ministère vise également à sensibiliser les agents de sécurité et le personnel pénitentiaire à la nécessité de respecter les droits fondamentaux des détenus et des gardes à vue. Cependant, le constat qu’on peut faire, c’est qu’il existe des difficultés dans ces lieux de détention. Il s’agit notamment de la surpopulation carcérale, de la non-effectivité de la séparation des détenus selon la catégorie et le statut (séparation entre hommes, femmes, mineurs de moins de 18 ans, etc.). Par ailleurs, Mme Kiéma a évoqué l’insuffisance des ressources humaines, financières et matérielles, ainsi que les conditions de travail difficiles des agents qui y sont. Elle a laissé entendre que tous les locaux fréquentés par les détenus devraient être maintenus en parfait état d’entretien et de propreté. Le directeur régional de la promotion des droits humains et de la protection civique, Germain Zong-naba Pimé, a pour sa part, indiqué que le ministère a fait de la protection des droits des personnes détenues, son cheval de bataille, d’où ces visites périodiques dans les maisons d’arrêt et de correction, les brigades de gendarmerie et les commissariats de police de la région. Il a dit compter sur la contribution des participants pour qu’à la fin de la rencontre, les objectifs assignés soient atteints.

Sitta OUATTARA
(Stagiaire)

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2015.05.08

152e Journée mondiale de la Croix-Rouge : « Notre credo est la mobilisation du pouvoir de l’humanité », dixit Lazare Zoungrana.

En mémoire de la date de naissance de son fondateur Henry Dunant, la Croix-Rouge célèbre chaque 8 mai sa journée mondiale. Cette année, c’est sous le thème « Nos principes en action » que sera célébré cet évènement. Ces principes fondamentaux sont Humanité, Impartialité, Neutralité, Indépendance, Volontariat, Unité et Universalité. Fort de près de 3000 volontaires, la Croix-Rouge Burkinabè n’a cessé, depuis son implantation en 1961, d’être opérationnelle en apportant son assistance aux personnes en situation de crise ou de catastrophes. A 72 heures, de cette célébration mondiale, nous avons rencontré Lazare W. Zoungrana, Secrétaire général de la Croix-Rouge burkinabè. De l’historique du Mouvement international en passant par ses orientations et principes, jusqu’aux activités prévues au programme cette année, notre invité s’est livré à cœur ouvert. Lisez plutôt !

 

 
 
  152e Journée mondiale de la Croix-Rouge : « Notre credo est la mobilisation du pouvoir de l’humanité », dixit Lazare Zoungrana.

Qu’est-ce que la Croix-Rouge ?
LWZ :
 La Croix-Rouge est une institution internationale qui a trois composantes. Il y a le comité international de la Croix-rouge (CICR), la Fédération internationale des sociétés de Croix-Rouge et de Croissant-Rouge et les sociétés nationales de la Croix-Rouge ou de Croissant-Rouge qui sont au nombre de 189 à ce jour. La Croix-Rouge burkinabè est l’une de ses sociétés nationales. 

En 1859, Henry Dunant, un homme d’affaires Suisse qui voyageait en Italie, fut témoin des ravages terribles de la bataille de Solferino. De retour à Genève, il écrivit Un souvenir de Solferino, ouvrage dans lequel il relatait ce qu’il avait vu et présentait deux propositions pour améliorer l’assistance aux victimes de la guerre : créer en temps de paix dans chaque pays, des groupes de volontaires chargés de s’occuper des victimes et temps de guerre et obtenir des pays qu’ils acceptent de protéger les secouristes volontaires et les blessés sur le champ de bataille. La première idée a donné naissance aux sociétés nationales telles que la Croix-Rouge Burkinabè et la seconde a préparé le terrain pour la rédaction et l’adoption des quatre (04) conventions de Genève de 1949 acceptées par tous les Etats.

Quelles sont les missions assignées à la croix rouge de façon générale ? 
LWZ :
 Dans un premier temps, la Croix-Rouge a été créé pour apporter secours et assistance aux victimes des conflits armés mais aussi aux victimes des situations de catastrophes. Pourquoi de catastrophes ? Avec l’évolution, on a constaté qu’il y avait également d’autres problèmes auxquels les populations étaient confrontées. Ce qui a conduit à la création de la fédération internationale des sociétés de Croix-Rouge et de Croissant-Rouge en 1919 pour s’occuper de la mobilisation de l’assistance internationale en faveur des victimes des situations de catastrophes. Nous pouvons également dire que la Croix-rouge a été créée pour être à proximité des problèmes des populations en général. Tout ce qui est souffrance humaine. Nous avons pour ambitions de travailler à éliminer ces souffrances sous toutes leurs formes possibles. C’est pour cela que nous nous sommes investis dans les projets de développement pour lutter contre la pauvreté, parce qu’on sait que la pauvreté est l’ennemi N°1 des problèmes auxquels les populations sont confrontées.

On entend parler de croix rouge, de croissant rouge et de cristal rouge. Quelle différence existe-il entre ces emblèmes ?
LWZ :
 Il n’y a aucune différence entre les emblèmes. En fait, les pères fondateurs de la Croix-Rouge avaient pour objectif l’adoption d’un signe distinctif qui confèrerait une protection juridique aux services sanitaires des Forces Armées, aux secouristes et aux victimes des conflits armés. Ce signe ou emblème devait être simple et identifiable à distance, connu de tous et identiques pour les amis et les ennemis. Une conférence diplomatique, réunie à Genève en août 1864, adopta une croix rouge sur fond blanc, les couleurs inversées du drapeau Suisse (en hommage à Henry DUNANT). Toutefois, au cours de la guerre qui opposa la Russie à la Turquie de 1876 à 1878, l’Empire Ottoman déclara qu’il utiliserait pour emblème un croissant rouge au lieu d’une croix rouge, tout en acceptant de respecter la croix rouge utilisée par la partie adverse. La Perse opta, elle aussi, pour un signe différent : le lion –et-soleil rouge. Les deux emblèmes furent reconnus lors d’une conférence diplomatique tenue en 1929. En 1980, la République islamique d’Iran décida d’utiliser le croissant rouge au lieu du lion –et-soleil rouge. En décembre 2005, les Etats partis aux conventions de Genève de 1949 ont adopté le protocole additionnel III portant création d’un nouvel emblème : le Cristal-Rouge pour mettre fin à la prolifération des emblèmes. Aussi tout pays qui ne veut utiliser ni la croix ou le croissant peut adopter le cristal. Les trois emblèmes croix rouge, croissant rouge et cristal rouge ont la même force protectrice pour le Mouvement international de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge.

Pouvez-vous nous donner les grandes orientations de l’action humanitaire de la Croix-Rouge burkinabè ?
LWZ :
 Nous avons une mission qui nous a été assignée depuis le niveau international et c’est celle de toujours soulager les souffrances humaines en temps de paix comme en temps d’urgence. C’est également travailler à protéger la dignité humaine, à faire la promotion des valeurs et des principes humanitaires dans le pays et travailler dans le domaine de la santé. Ce sont donc des orientations que nous avons depuis la fédération internationale des sociétés de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge et c’est ce qui nous guide en tant que structure nationale. Sur la base de ces orientations, chaque société nationale en fonction des réalités se doit d’avoir un plan stratégique. Nous, notre plan stratégique va être renouvelé cette année pour disposer de l’année 2016 à 2020. Nous ne travaillons pas sans repères. Quand vous êtes appelés à intervenir sur des situations très délicates vous devez donc bien vous préparer. Notre vision est de renforcer nos capacités d’intervention et notre autonomie financière parce que le côté technique et celui financier vont ensemble. Et si ces deux conditions sont réunies, il est évident que nous allons être beaucoup plus rapides et efficaces lorsque nous serons appelés à intervenir dans des cas d’urgences.

Parlant de dispositif, la Croix-Rouge burkinabè dispose-t-elle de moyens humains, matériels et financiers nécessaires pour mener à bien ses actions dans ce pays ?
LWZ :
 Notre mouvement a plus de 150 ans d’existence. On a donc eu le temps de surmonter plusieurs épreuves et d’avoir les bonnes pratiques. Dire que nous avons les moyens techniques et financiers pour faire face à n’importe quelle situation d’urgence, c’est à la fois oui et non. Oui, parce qu’il y a déjà une bonne volonté affichée et qui est même dictée par notre conseil de gouvernance. Et nous avons également un personnel recruté techniquement pour assurer la mise en œuvre des différentes orientations. Donc, la volonté y est. Vous savez que dans les interventions d’urgences, ce n’est pas toujours les moyens financiers qu’il faut mettre en avant. Nous sommes appelés à intervenir sur des êtres humains et le simple fait d’être présent aux côtés d’une personne en difficulté constitue déjà un réconfort moral pour la personne. Maintenant, il y a des moyens que nous mobilisons aussi bien au plan national qu’international. 

Mais la mobilisation des moyens est liée intrinsèquement au professionnalisme de notre Mouvement. Nous avons eu cette tradition de travailler de façon efficace même si on n’a pas suffisamment de moyens, on aura toujours la possibilité d’assurer le minimum. C’est cela le plus important. Nous prenons toujours les personnes les plus vulnérables. Par exemple si nous avons une dotation pour prendre en charge 10 personnes parmi 1000, nous allons le faire parce que c’est à la hauteur de nos capacités. Et nous le ferons bien. A quoi cela sert-il de faire du saupoudrage ? Non ! On fera toujours en sorte que le peu de moyen que nous avons soit utilisé de façon efficiente et efficace.

Concrètement Monsieur le Secrétaire général, pouvez-vous nous donner quelques exemples d’actions que vous avez eu à mener ?
LWZ :
 Bien sûr ! Vous avez vu les équipes de la Croix-Rouge Burkinabè en action lors des manifestations des 30 et 31 octobre dernier. Ça se passe de commentaires. Quand nous disons que le Mouvement existe, il y en a qui se posent la question : qu’est-ce que ces gens-là font ? Nous avons toujours dit « Nous nous préparons ». Quand vous vous préparez et que vous n’avez pas l’occasion de vous exprimer sur le terrain, les gens ont des doutes finalement. Notre intention, c’est de faire en sorte qu’il n’y ait même pas de situation pour qu’on intervienne. Mais on se prépare toujours car les conflits ne préviennent pas. Lors des évènements, nous avons fait ce travail parce qu’en amont, nous avons fait un travail de préparation. Ce qui nous a permis d’apporter l’assistance là où il le fallait. Et j’ai été particulièrement très touché parce que quand vous êtes dans le feu de l’action, il est souvent difficile de mesurer l’importance de l’action que vous posez. Après l’insurrection, lorsque nous sommes allés rendre visite à certains blessés de l’hôpital Yalgado Ouédraogo, le témoignage du Directeur général Robert Sangaré nous a fait remarquer à quel point nous avons vraiment rendu service à l’hôpital. Nous avons également permis aux victimes hospitalisées de rétablir le contact avec leur famille et nous avons, avec le soutien de l’UNICEF, recherché et retrouvés 9 enfants égarés suites aux manifestations. Notre action ne s’est pas limitée Ouagadougou, nos volontaires sont intervenus à Bobo-Dioulasso, Ouahigouya, Banfora, Fada N’Gourma et Dori. En dehors de cette assistance, il y a notre intervention en faveur des victimes des inondations, de la crise alimentaire, des conflits intercommunautaires, l’appui aux réfugiés maliens avec la construction d’abris, de sanitaires ; la distribution de vivres de kits d’hygiène, de lampes, de foyers améliorés ; les campagnes de vaccination et de déparasitage du bétail ; la fourniture d’eau potable ; etc.

Quels sont vos partenaires qui vous accompagnent dans l’accomplissement de vos missions ?
LWZ 
 : Sur le plan national, nous avons une diversité de partenaires. Sans être exhaustif, nous travaillons avec des agences du Système des Nations-Unies telles que l’UNICEF avec lequel nous entretenons une étroite collaboration surtout dans le domaine de l’assistance aux enfants, le PAM grâce à qui nous avons mené une importante lutte contre la vie chère dans les villes de Ouagadougou et Bobo-Dioulasso, le HCR pour l’assistance aux refugiés maliens, etc. Nous avons également avec l’appui de représentations diplomatiques telles que l’Ambassade de France avec qui nous avons collaboré à plusieurs reprises lors de l’inondation de 2009, l’Ambassade du Canada, l’Ambassade du Japon, etc. Nous ne pouvons citer les partenaires sans faire cas de l’Etat burkinabè qui nous soutient et qui nous facilite pas mal de choses pour nous permettre d’assister les victimes des situations d’urgence. Il y a aussi des particuliers qui, de temps en temps, peuvent venir apporter un appui à la Croix-Rouge d’une manière ou d’une autre. Au sein du Mouvement Croix-Rouge nous avons l’appui des autres composantes, le CICR, la FICR et les Sociétés Nationales sœurs d’Espagne, de Belgique, de Monaco, de Luxembourg, etc. Notre plus grande richesse est le volontariat, des bénévoles qui donnent un peu de leur temps pour intervenir et s’occuper de la mise en œuvre de certains programmes de la société nationale. Aucun budget au monde ne peut supporter cela, raison pour laquelle notre credo est « la mobilisation du pouvoir de l’humanité » qui consiste à réunir l’ensemble des humains, ceux qui sont en mesure d’apporter l’assistance à ceux qui sont dans le besoin.

Parlez-nous un peu du thème retenu cette année pour la journée mondiale de la Croix-Rouge « Nos principes en action ».
LWZ :
 Les principes fondamentaux sont ce qu’il y a de plus important pour une institution humanitaire comme la Croix-Rouge. Une institution universelle doit forcément lever un certain nombre de préalable parce que vous êtes appelé à intervenir dans des zones ou vous n’avez peut-être pas la même vision de la vie encore moins la même culture. Le plus important pour nous, c’est l’être humain. Le Mouvement a été créé depuis 1863 mais il a fallu 1965 pour que les sept principes fondamentaux de la Croix-Rouge soit proclamés à Viennes. 

Le principe d’humanité est le plus grand principe qui intègre l’ensemble des autres principes fondamentaux car il prône l’amitié entre les peuples, une assistance sans discrimination à chaque fois que nous sommes appelés à intervenir. Ce principe prône également la dignité humaine. Comme je l’ai dit tantôt nous intervenons dans les situations de conflits armées et de catastrophe. La neutralité est également l’un des principes du mouvement car nous devons nous abstenir de prendre part aux hostilités. En troisième position figure le principe d’impartialité qui est un principe actif et qui met l’accent sur la notion de proportionnalité et de non-discrimination. Le principe d’indépendance quant à lui permet à la Croix-Rouge de secourir, d’assister des êtres humains en difficulté sans aucune influence d’ordre politique, religieux etc. Il y a d’autres principes dont le volontariat qui est l’épine dorsale de notre Mouvement sans lequel nous ne pouvons pas travailler, et l’unité qui fait qu’il n’y a qu’une seule Croix-Rouge dans un pays.

Pourquoi le choix du 8 mai pour la commémoration de la Journée mondiale de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge ?
LWZ :
 La JM de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge est célébrée chaque année le 8 mai pour marquer le jour anniversaire de la naissance de Henry Dunant. Aussi, c’est un temps d’arrêt pour se rappeler la pertinence continue du Mouvement face aux défis humanitaires contemporains, interpeller la communauté internationale sur ses responsabilités face aux problèmes humanitaires, mobiliser le pouvoir de l’humanité, montrer au monde les valeurs de solidarité, de tolérance, de paix, de respect de la dignité de l’homme, permettre aux société nationales de faire connaître leurs activités, et de réaffirmer leur appartenance au mouvement universel de la Croix-Rouge.

Quelles sont les activités au programme du 8 mai, cette année ?
LWZ :
 Nous voulons faire en sorte que la population sache que la Croix-Rouge est la leur et qu’elle sache que nous avons besoin d’elle de quelque nature que ce soit. La célébration du 8 mai a commencé le 2 mai avec une opération de salubrité au CMA (ndlr Centre médical avec antenne chirurgical) du secteur 30 suivi d’un don de 190 paquets de savons à des malades. Nous prévoyons également un panel sur « la pertinence des principes et valeurs humanitaires dans le contexte Burkinabè » qui sera suivi d’une exposition photos sur l’action humanitaire de la Croix-Rouge. Nous aurons une distribution de vivres aux personnes vulnérables le 8 mai. Pour permettre aux personnels et aux volontaires de décompresser, nous prévoyons un match de football. Nous aurons également des célébrations dans les différents comités provinciaux de la Croix-Rouge.

Quelles sont les contraintes que rencontre la Croix-Rouge dans l’accomplissement de ses œuvres humanitaires ?
LWZ : 
Notre souci majeur est la mobilisation des volontaires. Beaucoup veulent être formés comme des secouristes mais la disponibilité fait défaut par moment. Nous pensons qu’il faut toujours continuer les efforts de sensibilisation pour que nous ayons plus de volontaires car dans certaines localités c’est vraiment compliqué pour les comités provinciaux. Aussi, dans la plupart des coordinations, nous n’avons pas suffisamment de personnel si bien que les seuls qui sont là, sont submergés par le travail. L’autre difficulté c’est que les gens ont tendance à se dire que comme la Croix-Rouge est affiliée à des structures internationales, c’est une structure bondée d’argent et qui n’a pas besoin d’appui sur le plan local. Nous ne sommes pas sans ignorer que sur le plan international, il y a la crise financière et nous devrons également intégrer cela dans notre démarche. L’autre aspect, c’est le côté logistique car nous n’en n’avons pas toujours assez pour pouvoir être rapide à intervenir dans certaines localités. Certains véhicules dont nous disposons sont sous forme de location. Ces véhicules viennent souvent en la période de crise et dès lors celle-ci est finie les véhicules repartent. Le côté financier est aussi pertinent pour une structure comme la nôtre qui est appelée à intervenir pour aider des personnes dans le besoin.

Quel est votre appel à lancer ?
LWZ : 
Je lance un appel de paix pour le Burkina Faso. Et comme je vous l’ai dit, nous nous préparons pour intervenir mais ce qui nous préoccupe c’est de ne pas avoir à intervenir. Nous voulons également lancer un appel de solidarité parce que même quand il y a la paix, il y’a des gens qui sont toujours en difficulté et lorsqu’on est en difficulté cela signifie qu’on n’est pas en paix. S’il y’a encore de la solidarité de la part des populations, que celles qui sont nanties puissent soutenir les moins nanties.

Encadré : LWZ : Nous avons tenu les 9, 10 et 11 avril dernier l’assemblée générale de la société nationale au cours de laquelle, l’ensemble des participants ont souhaité que le nom soit changé pour nous permettre de nous conformer à ce qui se pratique dans la sous-région. J’étais pratiquement le seul à cette fonction qu’on appelait directeur national alors que dans les autres pays on parlait de secrétaires généraux. C’est ce qui nous a motivé et pour nous donner plus d’opportunité par rapport à l’organisation des services au sein de la société nationale.

Aïssata Laure G. SIDIBE et Herman Frédéric BASSOLE 
Lefaso.net

 

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2015.05.05

Violences communautaires à Ziniaré : La version et l’appel à l’apaisement de la gendarmerie

Toute une communauté expulsée d’un village. La cause, un mineur de 12 ans accusé de vol de petits ruminants et envoyé à la gendarmerie est libéré parce que mineur. Cela provoque le courroux des accusateurs qui chassent, cassent, brulent. Tel était le spectacle à Ziniaré et à PousgZiga courant avril. Accusés d’avoir pris parti dans le conflit, le commandant de la compagnie et le commandant de la brigade de gendarmerie de Ziniaré, ont relaté les faits à la presse. C’était le 30 avril dernier à Ziniaré. Ils ont surtout appelé à l’apaisement et à la cohabitation pacifique entre les communautés peules et mossi.

Dans la cour de la brigade de la gendarmerie de Ziniaré, Diallo Bèrane y réside désormais avec sa famille. Le chef de famille y est obligé parce que ses concessions ont été saccagées, brulées et surtout parce que sa sécurité et celle des membres de sa famille est menacée.

La présence de la communauté peule à la brigade n’était toujours pas tolérée par des manifestants, qui réclamant son départ, est allée jusqu’à faire tomber une partie du mur de la brigade. Pour un soupçon de vol, le vieux Bèrane qui indique que les peuls sont établis dans le village depuis 107 ans, se retrouve sans domicile, sans biens.

Le commandant de la compagnie de gendarmerie reconnait que les « refugiés » devraient être pris en charge par l’action sociale. Mais cette dernière ne peut assurer la sécurité des « indésirables ». L’action sociale a dressé des tentes pour héberger la communauté peule. Tout a été une fois de plus saccagé. « Nous avons été confrontés à un enjeu sécuritaire. On pouvait libérer les peuls de la caserne. Mais l’action sociale ne pouvait pas assurer leur sécurité. La preuve, elle a tenté de dresser des tentes dans un espace non loin de la brigade. La population s’est encore mobilisée pour aller saccager », se désole le lieutenant Isaac Sanon.

Cette situation est consécutive à une accusation de vol de petits ruminants. Dix moutons et quinze chèvres. Des trois voleurs, deux se seraient échappés. Celui qui est arrêté est un mineur de 12 ans. Il s’appelle Daouda Diallo. Il est présumé voleur, puisque le propriétaire du bétail dit juste avoir « vu la couleur de l’habit de son voleur ». 

L’infortuné, conduit à la brigade de gendarmerie de Ziniaré, ne peut être gardé dans les geôles, il est de ce fait libéré de la gendarmerie. Nous sommes le 14 avril. Cette libération n’est pas du gout de la population de PousgZiga qui manifeste, estimant que la gendarmerie a libéré un voleur.

« La gendarmerie a agi avec professionnalisme, loyauté et sérénité »

Le gouverneur et le commandant la brigade de gendarmerie de Ziniaré ont été accusés d’avoir pris parti dans le conflit. « Ils disent que je suis peul, je ne le suis pas », martèle le commandant la compagnie de la gendarmerie, Lieutenant Isaac Sanon qui ajoute que la gendarmerie a juste fait un travail de sécurité. « Nous sommes là pour la protection des personnes et des biens. Aucunement nous ne pouvons accepter que des concessions soient détruites. Nous avons fait notre travail avec professionnalisme, loyauté et sérénité », a ajouté le Lieutenant.

Les propos du commandant de la compagnie sont corroborés par celui de la brigade. L’Adjudant-chef Jean-Marie Tougouri estime que la gendarmerie a agi dans le sens de la loi. La situation s’est quelque peu calmée, même si la communauté moaga n’est toujours pas prête à accueillir les peuls dans le village. « Que les gens mettent de l’eau dans leur vin afin que nous puissions vivre en paix », lancera le commandant de la brigade de gendarmerie de Ziniaré.

Des milices armées qui se rendent justice

Selon la situation décrite par le lieutenant Sanou, depuis plus d’un mois, la région du plateau central est « infestée » d’associations d’auto-défense qui agissent sans aucune base juridique. « Elles procèdent à des interpellations, des séquestrations et pire, à des sévices corporels à l’encontre d’individus jugés fautifs même à des jugements ». Enlèvement et séquestration de quatre peuls à Boudry pour une affaire de vol de bœufs. C’était le 22 mars. Enlèvement de deux peuls à Boussé, toujours pour une affaire de vol de bœufs. Et bien d’autres cas sont à mettre à l’actif de ces associations d’autodéfense.

Le commandant de la compagnie de gendarmerie de Ziniaré et ses éléments souhaitent que les populations puissent continuer à cohabiter ensemble et à privilégier le dialogue. Par contre, la gendarmerie avec la collaboration de la population va continuer ses actions de sécurité conformément à la loi.

Tiga Cheick Sawadogo
Lefaso.net

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2015.03.30

Pacte pour le renouveau de la justice burkinabè : Une thérapie à 114 vertus ?

Débutés le 24 mars dernier, les travaux des états généraux de la justice burkinabè ont pris fin ce samedi 28 mars 2015, par la signature d’un « Pacte national pour le renouveau de la justice ». Un texte de 114 articles, signé par le président du Faso, le Premier ministre, le président du Conseil national de la Transition, le Premier président de la Cour de cassation, au cours d’une cérémonie qui a eu pour cadre, la salle des banquets sise à Ouaga 2000.

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En ce Pacte, le président Michel Kafando dit voir « un grand pas dans le recadrage du système judiciaire au Burkina Faso ». Il s’agit en effet, d’un texte de 114 articles répartis en sept chapitres qui abordent les questions d’indépendance de la magistrature, de fonctionnement du service public de la justice, de moralisation de l’appareil judiciaire, d’accessibilité à la justice, d’esprit de citoyenneté, de prise en compte des droits humains dans les procédures judiciaires, de veille sur la mise en œuvre effective dudit Pacte.

Il est « impératif », précise le Pacte en son article 4, de rendre effective la séparation des pouvoirs et de « rendre le Conseil Supérieur de la Magistrature (CSM) indépendant et autonome vis-à-vis de l’administration et de l’exécutif ». Il en ressort également, que dans « le traitement de ses dossiers et des décisions qu’il prend, le magistrat doit être indépendant vis-à-vis de ses collègues magistrats » (article 9).

Dans leurs rapports avec les justiciables, « Les magistrats doivent réserver un accueil qui rassure et donne confiance ». C’est du moins, ce qu’ordonne le Pacte en son article 54. De même, « Les personnels GSP (Garde de sécurité pénitentiaire, ndlr) doivent réserver un accueil qui rassure et donne confiance aux détenus et à leurs visiteurs » (article 57 du Pacte).

Et après avoir précisé que « Tout cas avéré ou avoué de corruption impliquant les acteurs de la justice doit faire l’objet de poursuites disciplinaires et judiciaires » (article 77), le Pacte impose l’obligation en son article 78, aux justiciables « de dénoncer auprès des autorités compétentes et des organisations spécialisées dans la lutte contre la corruption, les faits de corruption en milieu judiciaire dont ils ont connaissance ».

L’AMP veille à la mise en œuvre du Pacte

Sont-ce autant de ‘’vertus ’’ par lesquelles la thérapie au moyen de Pacte pourra apporter les solutions appropriées aux multiples maux de la justice burkinabè ? En tout cas, l’effectivité de ces mesures devra préoccuper - pendant et après la Transition – une instance, l’Autorité de Mise en œuvre du Pacte (AMP). En effet, précise le Pacte en son article 112, « L’AMP veille à la mise en œuvre du Pacte par les signataires, en assure le suivi et interpelle le cas échéant, les signataires en cas de violation ». Sa création, ses attributions, sa composition, son organisation, son fonctionnement et les mesures de protection de ses membres seront consacrées formellement par une loi (article 113). Et à en croire la ministre de la Justice, Joséphine Ouédraogo, la prochaine étape de cette dynamique de renouveau de la Justice burkinabè « consistera à mettre en chantier la Loi » relative à cette Autorité.

Signalons que le Pacte ainsi signé par les premières autorités de la Transition, doit également bénéficier de l’adhésion – par signature – des partis politiques et des organisations de la société civile légalement reconnus.

pacte_pour_le_renouveau_de_la_justice.pdf telechargement

Fulbert Paré
Lefaso.net

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Prévention et gestion des catastrophes : L’ODE forme une trentaine de personnes

Prévention et gestion des catastrophes

L’ODE forme une trentaine de personnes

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Djibo, (AIB) - Un atelier de réflexion et de concertation sur la prévention et la gestion des catastrophes s’est tenu le mardi 24 mars dernier dans la salle de réunions de la Mairie à Djibo. Présidé par le secrétaire général de la province Maurice Konaté, représentant le Haut-commissaire, cet atelier, organisé par l’office de développement des églises évangéliques (ODE), a permis aux autorités et partenaires techniques de s’approprier de la loi d’orientation en matière de prévention et de gestion des risques et catastrophes mais aussi d’émettre des propositions concrètes pour une application de la loi au niveau local.

L’office de développement des églises évangéliques (ODE) a organisé un atelier un atelier de réflexion et de plaidoyer pour la prévention et la réduction des risques de catastrophes. Selon le Chargé de programme de l’ODE Harouna Yaméogo, cet atelier dont bénéficie une trentaine de personnes, s’est tenu grâce au soutien réseau MARP Burkina et l’ATMD avec l’appui de Christian Aïd. Celui-ci a également présenté le groupe de plaidoyer dont les taches sont entre autres de contribuer à la réduction des risques et catastrophes d’ici 2O17 au Burkina Faso. 

Le magistrat et conseiller technique au Ministère de l’action sociale et de la solidarité nationale, Manly Dieudonné Marie Désiré, a ensuite intervenu sur la loi d’orientation relative à la prévention et à la gestion des risques, des crises humanitaires et des catastrophes. Selon lui, le Burkina Faso, à l’instar des autres Etats du sahel est confronté à de nombreux risques qui se transforment souvent en catastrophes et dont les plus récurrentes sont les conflits fonciers ou ethniques, la sécheresse, les inondations, et les invasions acridiennes. Pour y faire face le gouvernement a mis en place une structure interministérielle de gestion des catastrophes. 

Il s’agit du conseil national d’urgence et de réhabilitation (CONASUR), composé d’une vingtaine de départements ministériels, de la croix rouge, et des ONG dont l’objectif est de doter le pays d’un cadre juridique et institutionnel global régissant efficacement les divers aspects des risques , crises humanitaires et catastrophes, a-t-il souligné. Aussi, est-il revenu sur les définitions de crises, des objectifs puis les processus d’élaboration et le contenu de la loi d’orientation. Selon le formateur, la loi d’orientation précise les procédures, les conditions et modalités de déclaration, de l’état de secours, de réquisitions et de l’information de crise. 

En définitive, a-t-il martelé, la loi d’orientation offre un cadre stratégique et juridique adéquat qui permet au Burkina Faso d’apporter des réponses appropriées aux risques et catastrophes affectant le pays et qui clarifie les rôles des différents acteurs: toute chose qui permettrait une meilleure capitalisation des différentes interventions. A l’issue de cette communication les participants ont échangé fait des propositions et pris des engagements pour y remédier et à temps aux différentes futures crises.

Moumouny B.TAMBOURA

 

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2015.03.11

Conditions de vie en milieu carcéral du Nord : la direction des droits humains réconforte les détenus

 

La direction des droits humains réconforte les détenus

Ouahigouya, (AIB)- Soucieux des conditions de vie et de détention des prisonniers, les responsables de la direction régionale en charge des droits humains du Nord ont fait le tour des bagnes de la région pour un constat. Ils ont fait le bilan de leur randonnée, le 26 février 2015 à Ouahigouya.

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S'imprégner des conditions de vie et de détention des pensionnaires des geôles et y apporter un appui moral et matériel, tel a été l'objectif général qui a guidé les responsables des droits humains du Nord dans leur projet. Convaincus que la vie en milieu carcéral est toujours malaisée, ils ont décidé de faire la ronde des quatre provinces de la région en vue de constater de visu l'état dans lequel les prisonniers sont gardés. Cette démarche, à les entendre, entre en droite ligne des objectifs de promotion et de protection des droits de la personne humaine poursuivis par leur direction. Ainsi, le périple les a conduits en fin décembre 2014 et en fin janvier 2015 dans dix lieux de détention dont les Maisons d'arrêt et de correction (MAC) de Yako et de Ouahigouya. En outre, les brigades de gendarmerie et les commissariats de police des quatre chefs-lieux de province ont été inspectés par les techniciens des droits humains. La visite a consisté, selon le responsable de l'activité, Sidiki Nacanabo, à s'entretenir avec les détenus ainsi que le personnel des lieux autour de leurs préoccupations et à leur apporter du soutien moral, à travers des conseils, et matériel, notamment des vivres. A ce qu'il dit, exceptées les deux maisons d'arrêt et de correction, aucune personne gardée à vue n'a été trouvée chez les pandores et les flics. Même si dans l'ensemble, les visiteurs ont jugé acceptables les conditions de détention des pensionnaires des deux MAC, il n'en demeure pas moins que des efforts restent à faire. Entre autres fausses notes, M. Nacanabo a relevé des cas de malades en manque de soins adéquats, l'absence d'hygiène dans certaines cellules, le manque de mur d'enceinte à la MAC de YaKo et de véhicule pour le transport des détenus à Ouahigouya. Toutefois, les visiteurs ont tenu à réconforter les prisonniers en leur prodiguant des conseils fort utiles pour le reste de leur séjour et leur réinsertion future dans la vie sociale. Quant aux différents personnels des lieux de détention, ils ont reçu le même message d'encouragement et ont eu un petit cours de recyclage sur les droits et devoirs des détenus. Revigorés par cette visite, les hôtes ont, à en croire les organisateurs, loué la démarche et souhaité que de telles initiatives soient renouvelées. C'est pourquoi, les visiteurs ont estimé avoir atteint leurs objectifs. ‹‹ Nous avons été bien accueillis partout où nous sommes passés ››, s'est réjoui M. Nacanabo. En vue de garantir aux prisonniers un séjour en toute quiétude dans les geôles du Nord, les organisateurs de la visite ont recommandé aux plus hautes autorités du Burkina une clôture pour la MAC de Yako, un véhicule de transport pour les détenus de la MAC de Ouahigouya, la fourniture substantielle des prisons en produits médicaux, etc.

 

Mady KABRE

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Journée de la solidarité au centre RELWENDE de Tanghin.

Les femmes accusées de sorcellerie auront vécu une journée spéciale ce samedi 7 mars 2013. Dans la grande maison qui les abrite dans le quartier de Tanghin à Ouagadougou, celles que certaines pratiques ancestrales négatrices de la dignité humaine taxent de rebut de la société, ont célébré leur journée de solidarité. Cette journée, la quatrième du genre, s’est ouverte par la célébration de l’eucharistie qu’a présidée son Eminence le Cardinal Philippe OUEDRAOGO archevêque de Ouagadougou, aux côtés de Mgr Thomas KABORE évêque de Kaya et président de la commission épiscopale Justice et Paix.

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Le cardinal dans son homélie a remercié toute l’assemblée de ceux qui sont accourus « pour prier en faveur de ces personnes exclues », ainsi que pour « tous les acteurs qui font œuvre utile et soutiennent l’option de l’Eglise pour les pauvres ». Il a souhaité qu’une telle journée puisse mobiliser le maximum de personnes, « pour aller contre ces stigmatisations qui excluent et avilissent le visage de l’homme à travers ces femmes exclues ». Revenant sur l’option préférentielle de l’Eglise qui prend partie pour les pauvres et les démunis », le cardinal déclare : « Dieu s’est révélé comme le défenseur de la veuve et de l’orphelin, et le fils de Dieu à la plénitude des temps est venu confirmer ce plan de Dieu dans la libération qu’il a apportée aux personnes démunies à travers les récits de l’évangile ». Ce geste du Christ est selon le cardinal Philippe, « un appel adressé à tous les humains, pour qu’ils soient acteurs de cette miséricorde autour d’eux ». Le chrétien doit voir en chaque femme et homme un être avec qui il doit être solidaire. L’évangile invite au don, et la charité doit être la source de la solidarité. Cette journée de la solidarité pousse les croyants à l’imitation du Christ solidaire avec l’homme souffrant. « Etre d’autre christs commente le cardinal, pour ainsi révéler le visage miséricordieux du Père aux faibles, aux petits et aux marginalisés de la société ». Il n’y a plus de place alors, pour la complicité des uns et des autres qu’entretiennent le silence et l’inactivisme face à ce drame de l’exclusion. Tous les épris de justice, du respect de la dignité de la personne humaine, devraient rivaliser d’initiative pour réconforter la multitude de leurs frères et sœurs mis au banc de la société. Engagés dans ce temps favorable de retournement des cœurs qu’est le carême, le Cardinal pense que les croyants doivent « se débarrasser du péché qui aveugle et empêche de voir le mal qui ronge leurs semblables, et combattre les structures de péchés que peuvent représenter ces pratiques coutumières avilissantes ». Les chrétiens sont alors appelés à l’introspection, pour débusquer tous les freins et les tares que traînent la coutume, afin de mettre de l’ordre dans leur vie et lui donner une orientation nouvelle ». Une exhortation à laquelle l’assemblée venue prier a adhéré en s’engageant à parrainer les pensionnaires.

Placée sous le signe de la lutte contre les stigmatisations et de la proximité avec ces femmes exclues, symboles de tous les laissés pour compte, cette journée a été parrainée par son Excellence Mushingi ambassadeur des Etats-Unis d’Amérique au Burkina Faso. A la suite des partenaires qui soutiennent financièrement la commission épiscopale Justice et Paix dans l’accompagnement de ces femmes exclues, le parrain a relevé que « cette pratique qui soumet des femmes sans défense à l’humiliation, n’est pas une fatalité ». Une affirmation à laquelle Mgr Thomas président de la commission épiscopale a renchéri en souhaitant fortement que les autorités de l’Etat légifèrent davantage dans le sens de punir toute personne qui s’adonne à ces pratiques infrahumaines à partir très souvent d’accusations sans fondement.

Avis donc à tous ceux qui veulent participer à la lutte de la commission épiscopale Justice et paix, cet instrument pour l’équité et le respect des droits humains l’Eglise Famille de Dieu au Burkina. L’engagement pour juguler ce fléau commence par le parrainage d’une pensionnaire de centre. A l’instar du cardinal Philippe, de Son Excellence Mushingi et de Mgr Thomas, tout parrain tire au sort le nom d’une de ces mamans injustement accusées, puis s’engage à lui redonner une chance de reconstruire sa vie, en lui rendant visite et en lui apportant quelque secours matériel. Un acte presque divin, car faut-il le rappeler, certaines femmes admises au centre n’ont plus aucun lien avec un quelconque membre de leur famille.

 

Abbé Joseph KINDA
www.egliseduburkina.org

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Quartier Sin-yiri : Un incendie fait d’importants dégâts dans une cour

Le lendemain de la journée du 8 mars n’a pas porté bonheur à madame Yabré, habitante du quartier Sin-Yiri à Ouagadougou. Alors qu’elle se reposait dans sa chambre avec son enfant, un incendie s’y est déclenché. Les pompiers mettront trois heures pour se rendre sur le lieu du sinistre, situé à côté de ‘’Bouzim Yaar’’, non loin du SIAO.

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« C’était hier aux environs de 16 h. J’étais couchée dans la maison. A un moment donné, il y a ma fille qui est venue me signaler qu’il y avait le feu dans la maison. Comme je dormais toujours, elle est sortie informer les voisins. Les voisins sont venus me réveiller. Quand je suis sortie, le feu avait déjà pris de l’ampleur. On n’a pas enregistré de pertes en vies humaines, ni de blessés mais tout le matériel dans la maison est parti dans les flammes ». C’est en ces termes que Mme Sidina Yabré, habitante du quartier Sin-Yiri à Ouagadougou nous a expliqué les circonstances du drame vécu dans la soirée du lundi 9 mars 2015.

« J’étais en train de travailler quand on est venu me dire qu’il y a le feu chez la voisine. J’ai eu le réflexe d’aller sauter le compteur du courant. Le temps de sauter le compteur et d’alerter les gens, le feu avait pris toute la maison. On a appelé les pompiers qui ont mis trois heures avant de venir. Et n’eût été les gens du marché, toutes les maisons de la cour allaient prendre feu. Et quand les pompiers sont arrivés, les jeunes ont refusé qu’ils interviennent. Et il a fallu l’intervention des vieux pour convaincre les jeunes de les laisser intervenir », témoigne un voisin.

L’origine de l’incendie reste encore inconnue. « Je ne pense pas que ce soit un court- circuit. D’où le feu est parti il n’y avait pas de prise, ni de fil de courant, et aucun matériel n’était branché », assure Mme Yabré. En vue probablement de trouver les causes de l’incendie, la police est venue faire le constat et Mme Yabré devait se rendre ce mardi au commissariat de Ouaga 2000. Les dégâts matériels occasionnés par l’incendie sont importants : tous les meubles ont été calcinés.

Grégoire B. Bazié
Lefaso.net

 

 

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2015.03.08

Bibiane Ouédraogo/Boni, ministre de la Promotion de la Femme et du Genre : « Le 8-Mars doit être repensé »

 
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En plein dans les préparatifs de la commémoration de la 153ème Journée internationale de la femme, le ministre de la Femme et du Genre, Bibiane Ouédraogo/Boni a accepté, avec votre quotidien L'Express du Faso et d'autres organes (Le Pays, la TNB), de donner des précisions sur les contours de cette célébration au niveau national. Le thème de cette édition, les motifs du pagne, les festivités, les priorités de son département, les actions en vue pour les femmes, Bibiane Ouédraogo/Boni donne des éclaircissements sur ces sujets.


Le monde entier va commémorer la Journée internationale de la femme le 8 mars prochain. Sous quel signe placez-vous le thème de cette commémoration ?

Nous l'avons placé sous le signe d'un renouveau pour l'amélioration des conditions de vie des femmes au Burkina Faso.

Est-ce que toutes les femmes profitent des retombées du 08 mars ?

Je peux dire oui dans une certaine mesure, compte tenu du fait que les recommandations sont tenues et mises en place, mais d'un côté, pour les femmes qui n'assistent pas aux discussions, il y a des spécificités qui ne sont pas évoquées, et celles qui ne sont pas prises en compte ; de manière globale, les problèmes des femmes sont similaires, même si ce n'est pas à tous les niveaux

Chaque année il y a une thématique bien précise, liée à la commémoration de cette journée, cette année c'est la question de l'autonomisation économique des femmes. Quel bilan faites-vous ?

En ce qui concerne la situation économique des femmes burkinabè, jusqu'à présent, on n'a pas atteint un certain degré, mais ce qu'il faut retenir, c'est que les femmes burkinabè sont très actives. Elles sont représentées sur le plan économique et lorsqu'on se réfère aux statistiques, elles sont à 70 % au secteur informel dans le Produit intérieur brut (PIB), dans le domaine agricole ; elles sont présentes dans tous les secteurs d'activités. Par exemple, dans le domaine industriel, elles y sont, mais le taux est réduit. Notre ambition est que d'ici 2063, dans le cadre de l'agenda 2063, nous aurons plus de femmes entrepreneures au Burkina Faso.

Nous sommes dans une période de transition. Que fait le gouvernement pour résoudre tant soit peu les difficultés des femmes ?

Pour ce gouvernement de transition, la priorité pour les femmes, c'est de mettre à leur disposition les ressources financières pour qu'elles puissent vraiment mener leurs activités. Je profite de votre micro pour dire que le guichet entrepreneuriat mis à la disposition des femmes prend en compte quand même un certain nombre de critères, c'est-à-dire que ce ne sont pas des fonds qui sont donnés gratuitement, où on vient, on prend et on ne sait pas ce qu'on va faire avec. Il y a des critères qui ont été élaborés et il faut répondre à ces critères. Depuis l'année dernière, il y a un travail préalable qui a été fait et nous sommes en train de récupérer les dossiers et de faire un refiltrage de ces dossiers. N'ignorez pas que l'année dernière, il y a eu beaucoup de difficultés ; cette année, nous récupérons les dossiers et nous les passons au peigne fin afin que l'attribution de ces fonds se fasse de façon équitable, juste et transparente.

Qu'est-ce qui est fait pour minimiser le côté festif de la célébration ?

Lorsqu'on dit le côté festif, je me dis que c'est une journée dédiée à la femme, c'est normal que la femme se réjouisse, mais dans ces temps de réjouissances, il faut souvent des réjouissances réfléchies. Nous avons commencé avec la marche de lancement et il y a eu un atelier bilan, l'animation des thèmes ; nous allons continuer avec la célébration des mariages collectifs, un match de football et une course cycliste ; c'est vraiment des réjouissances réfléchies. A mon niveau, je ne vois pas de côté festif, car nous n'organisons pas de soirée dansante.

Est-ce que cette année, le côté festif a été annulé à cause de l'austérité ou bien ça sera ainsi tous les 08 mars à venir ?

Je pense que le 8 mars doit être repensé. Vraiment, pas de choses qui marquent des excès. Cette année, après la cérémonie officielle, nous n'organisons pas de déjeuner, pas de cocktail. Après la cérémonie, chacun rentre chez lui et la Journée va se terminer de manière simple.

L'excision, le mariage forcé, l'analphabétisme sont des difficultés que vivent les femmes, cela reste aujourd'hui une brûlante actualité. Qu'en pensez-vous ?

Le cas du mariage forcé relève de la compétence du ministère de l'Action sociale. Récemment à Dori, il y a eu des actions qui ont été menées dans ce sens. Pour ce qui est de l'excision, il faut qu'il y ait plus de rigueur dans le suivi et aussi le renforcement des méthodes coercitives. L'application des sanctions va contribuer à susciter la peur dans la vie de ceux qui veulent s'adonner à cette pratique.

Que comptez-vous faire pour les femmes en situation de handicap qui ont des difficultés pour accéder au financement ?

A l'issue du bilan du 8 mars, nous allons prendre le temps de réfléchir là-dessus. Les femmes handicapées et les veuves ont effectivement soulevé le problème pour savoir les dispositions que le ministère prendra. En toute chose, il faut prendre le temps de réfléchir, avant de mener des actions concrètes au lieu de répondre rapidement et ne pas pouvoir tenir ses engagements. Nous allons prendre le temps de réfléchir et à la suite de ses réflexions, nous proposerons des solutions.

Parlez-nous brièvement des fonds mis à la disposition du secteur informel. A combien s'élève cette somme et comment le dispatching va se faire ?

Au niveau du secteur informel, il y a une enveloppe d'environ 4 milliards et je crois qu'à ce niveau, ce sera des associations qui vont pouvoir avoir accès à ces fonds avec des taux de remboursement acceptables ce qui est différent des structures financières. Etant donné que c'est une mesure sociale, les taux sont vraiment bas.

Firmin OUATTARA
Marthe TAOKO

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