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2017.12.13

Journée Internationale des Droits de l’Enfant (JIDE) : L’ONG CREDO s’engage dans la lutte contre les grossesses en milieu scolaire

Journée Internationale des Droits de l’Enfant (JIDE) : L’ONG CREDO s’engage dans la lutte contre les grossesses en milieu scolaire

L’ONG Christian Relief and Development Organization (CREDO) a commémoré en différé le samedi 09 décembre 2017 dans la commune de Bama, la Journée Internationale des Droits de l’Enfant (JIDE). À travers cette commémoration, l’occasion a été offerte aux enfants des communes d’intervention de l’ONG CREDO à savoir SATIRI, KOUROUMA et BAMA, de faire un plaidoyer auprès des autorités communales pour un plus grand engagement dans la promotion et la protection des droits de l’enfant au Burkina Faso.

Journée Internationale des Droits de l’Enfant (JIDE) : L’ONG CREDO s’engage dans la lutte contre les grossesses en milieu scolaire

 

 

 

 

 

 

 

 

 

L’organisation en différé de la Journée Internationale de l’Enfant 2017 à BAMA par l’ONG CREDO, s’inscrit dans le cadre de son projet RAPPDE (Responsabilisation des Acteurs pour la Promotion et la protection des Droits de l’Enfant) financé par l’ONG suédoise ERIKS.

Selon le directeur de programme de l’ONG CREDO, Tora Séverin, « CREDO a inscrit l’enfant au centre de ses interventions et de plus en plus nous sommes dans la dynamique de la promotion et de la protection des droits de l’enfant ». C’est pourquoi, les responsables de ladite structure n’ont pas voulu rester en marge de la commémoration de la journée internationale des droits de l’enfant. Ainsi, ils se sont évertués à honorer cette journée en mobilisant tous les acteurs, les enfants, les autorités administratives, coutumières et religieuses afin de célébrer l’enfant.

Le thème retenu cette année était « la responsabilité des acteurs dans la lutte contre les grossesses en milieu scolaire ». Pour le directeur de programme, le choix de ce thème se justifie par le contexte particulier de la multiplication des cas de grossesses précoces dans la zone d’intervention du projet. Cette situation s’explique par l’indisponibilité des informations et d’éducation sexuelle, les mariages forcés et précoces, les abus sexuels, l’indisponibilité des contraceptifs, etc.

« Nous avons choisi ce thème parce que la problématique est assez sérieuse. Il y a de plus en plus des cas de grossesses en milieu scolaire. Les filles qui n’ont pas encore l’âge de se marier ou encore en pleine étude se retrouvent avec une grossesse. Cela cause un problème pour ces dernières car la plupart n’arrivent pas à poursuivre leurs études et nous, nous sommes farouchement contre cette pratique », a-t-il laissé entendre.
C’est ainsi que le CREDO s’est engagée auprès des trois communes (Satiri, Bama et Kourouma) par la mise en place des « ambassadeurs des enfants » qui sont la pour lutter pour la protection de l’enfant. Mais aussi par la mise en place des « organes communautaires de veille » qui veillent à ce que les droits des enfants soient respectés dans ces différentes communes.

L’objectif principal de la célébration de la JIDE était donc de favoriser l’éveil des consciences sur l’ampleur de la problématique des grossesses précoces en milieu scolaire.
Au cours de cette célébration, il s’est agi plus spécifiquement de provoquer les réflexions sur les causes profondes du phénomène des grossesses en milieu scolaire et dégager ainsi des solutions, d’interpeller les acteurs communautaires sur leur rôle et responsabilité dans la lutte contre le fléau, mais aussi de créer un cadre de loisir, d’apprentissage et d’expression des talents des enfants.

La journée a été ponctuée dans un premier temps par l’organisation des activités de loisirs. Ces activités ont consisté en des compétitions intercommunales de danse, dessins, poèmes, théâtres qui a porté sur le thème « les grossesses en milieu scolaire ».

Chaque commune a choisi son représentant pour chaque discipline et les meilleurs (dans chaque discipline) ont été récompensés. Cette année, c’est la commune de Kourouma qui a remporté les premiers prix en danse et en théâtre.
Les membres du jury composé de trois personnes n’ont pas manqué de faire quelques remarques. La présidente du jury, Madame Traoré/Konaté Madjouma a d’abord remercié l’ONG CREDO pour avoir organisé ce concours au profit des enfants.

Elle a affirmé que ces activités aident les enfants à s’épanouir ; avant de donner les critères de notation. « Les enfants ont présenté leur talent dans le théâtre et la danse et le jury s’est basé sur plusieurs critères pour les notations. Notamment sur le nombre de personnes qui est estimé au maximum à huit personnes, l’occupation scénique, la prestation, le message véhiculé, l’attraction du public et surtout sur le temps en ce qui concerne le théâtre. Les mêmes critères étaient observés au niveau de la danse mais nous avons maximisé sur le décor », a expliqué la présidente du jury.

Par ailleurs cette journée a été marquée également par une cérémonie officielle ponctuée de discours et de remise de prix aux acteurs des trois communes qui se sont démarqués par leurs actions en faveur des enfants. Un prix d’excellence a été également accordé aux meilleurs élèves au CEPE 2017 et aux meilleurs enseignants des trois communes d’intervention.

Au cours de cette cérémonie, l’occasion a été offerte aux enfants des communes d’intervention de l’ONG CREDO de faire un plaidoyer auprès des autorités communales pour un plus grand engagement dans la promotion et la protection des droits de l’enfant au Burkina Faso. Ainsi, les acteurs notamment les autorités administratives et communales, ont pris l’engagement de s’impliquer dans la promotion et la protection des droits de l’enfant au Burkina Faso. Une invite a été faite à tous les acteurs (commune, parents, enseignants, agents de santé, police, …) à jouer leur rôle de responsabilité dans la lutte contre le fléau des grossesses surtout en milieu scolaire.
La commémoration de cette JIDE, s’est clôturée par des prestations d’artistes et surtout par l’animation de la troupe de danse des enfants de Bobo et des humoristes qui ont émerveillé le public sorti nombreux.

Romuald Dofini
Lefaso.net

2017.12.11

Le suicide: un autre mal silencieux de l’Afrique

Le suicide: un autre mal silencieux de l’Afrique

 

Le suicide est une urgence qui est loin d’être exclusivement occidentale. Touchant la quasi-totalité des zones géographiques, des couches sociales, des jeunes aux adultes, le suicide interpelle aussi les sociétés africaines et exige qu’on lui consacre de véritables moyens de lutte.

Le suicide interpelle aussi les sociétés africaines et exige qu’on lui consacre de véritables moyens de lutte

Le suicide est le cheminement qui va de l’intention d’en finir avec l’existence au passage à l’acte. Il est un processus personnel qui n’est pas aisé de détecter et pour de nombreuses familles l’étonnement vient souvent se mêler au désarroi après une tentative de suicide. Il est difficile de trouver l’élément déclencheur ou le facteur déterminant – celui qui a finalement poussé à franchir le point de non-retour. Ainsi, le suicide pousse à la remise en question et au questionnement du fonctionnement même des sociétés, des modèles de développement avec les modes de vie, les conditions de travail, l’individualisme qui se construisent et se structurent. C’est un appel à remettre l’individu au cœur des préoccupations et au centre des intérêts.

En Afrique, la question du suicide est très vite éclipsée par le terrorisme et les conflits post-électoraux, sans doute parce que le suicide tue loin des caméras et du sensationnel, à l’abri des regards qui n’osent voir et des voix qui préfèrent se taire, par pudeur ou par honte. C’est donc un sujet tabou dans son essence et dans sa manifestation. De nombreuses coutumes considèrent que le suicide est une malédiction ou un acte de sorcellerie. Ainsi il est plus facile de parler d’«accident» pour dire «suicide». Le mot étant banni, voire proscrit dans de nombreuses familles africaines, il est plus compliqué d’estampiller un suicide comme tel, d’où sans doute l’extrême difficulté à obtenir des statistiques officielles et régulières.

A l’heure où l’Occident, confronté à une série de suicides collectifs chez les adolescents, s’active et met en place des structures capables d’anticiper, de prévenir et de répondre à ces détresses humaines, l’Afrique, quant à elle, se réfugie derrière une lourde opacité indicible et un refus clair de communiquer sur un problème majeur. Pourtant, le suicide affecte les familles africaines, en particulier des adolescents qui quelquefois semblent perdus dans la quête de leur identité.

L’un des moyens couramment utilisés pour en finir avec la vie consiste à prendre les médicaments comme les analgésiques, toxiques en doses excessives

Autrefois assez rare, le suicide est devenu fréquent en Afrique. Il serait la résultante de l’émergence des facteurs économiques (le chômage, la pauvreté) et socio-démographiques (chez les jeunes: la carence parentale, les abus de drogues et d’alcool, maladies graves, la solitude). Les pressions psychologiques sont aussi déterminantes: l’infertilité ou la fornication (la perte de virginité avant le mariage chez les jeunes filles) dans des sociétés africaines à la fois imprégnées de valeurs traditionnelles et religieuses, n’est pas simple à assumer. Afin d’éviter la honte (le déshonneur familiale par exemple), la mort – le suicide – est souvent une alternative. Le manque de solidarité, l’affaiblissement du «soutien social» naguère l’une des caractéristiques du continent, ne permet plus la protection contre l’éventualité du suicide. Les hommes sont désormais des îlots, et les jeunes africains en détresse se retrouvent trop souvent seuls et face à eux-mêmes. En fait les causes du suicide sont multiples et légion: la perte d’un être cher, une rupture amoureuse ou des ennuis personnels, les difficultés professionnelles, l’isolement social, l’échec académique ou scolaire, les sévices sexuels.

Les moyens les plus couramment utilisés pour «en finir» avec la vie sont variés, des pesticides aux armes blanches (couteaux, lames, ciseaux, etc.), en passant par la pendaison et les médicaments comme les analgésiques, toxiques en doses excessives.

Le suicide demeure un acte considéré comme une souillure, quelque chose d’impropre et de malsain.

Dans une Afrique où la jeunesse cherche à s’émanciper du poids des traditions en allant s’enfermer dans l’occidentalisation à outrance des comportements, sans repères, elle est aussi victime d’une overdose de l’internationalisation et la sublimation du chagrin.

Le suicide ne devrait plus être le dernier grand tabou africain. Il est donc temps de lever l’omerta sur ce fléau qui constitue un frein, un autre, au développement de l’Afrique. Libérer la parole est le premier moyen de lutte contre le suicide. A ce titre, les autorités compétentes devraient réfléchir à la mise en place de programmes de prévention et d’anticipation du suicide.

Toute chose qui nécessite la formation d’agents de santé, l’identification et le traitement des personnes potentiellement fragiles ou à risque. Il s’agit d’instaurer une relation de confiance entre la personne «à bout» et des agents compétents. Ce qui est sûr, il faut d’urgence intensifier et coordonner l’action au niveau du continent pour éviter ces morts inutiles. Et le départ prématuré de jeunes dont l’Afrique a le plus grand besoin.

Théophile MONE(lesechosdufaso)