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2015.02.19

Interdiction des sachets plastiques : Média’Vert préconise l’implication des populations


                    arton63339.jpgLe sachet plastique par exemple a donc remplacé, sinon acquis la prédominance sur les paniers, les sacs en coton dans la majorité des foyers burkinabè. Dans un contexte social marqué par la pauvreté de la plupart des ménages, le coût très réduit de ces sachets fait que les communes et villages sont en train de devenir, s’ils ne le sont déjà, des dépotoirs de sachets en plastique de toutes sortes. Résultat, le Burkina Faso est confronté à de nouveaux problèmes d’environnement. Les résidus plastiques causent de sérieux problèmes de santé, d’environnement et compromettent les activités socio-économiques.
C’est donc avec satisfaction qu’en tant qu’Association de journaliste pour la Protection de l’environnement, Média’vert a suivi tout le processus ayant conduit à l’adoption du projet de loi portant interdiction sachets plastiques non biodégradable.

Mieux, selon une rencontre du Ministère en charge de l’environnement le 30 décembre 2014, l’application de la Loi n°017-2014/AN portant interdiction de la production, de l’importation, de la commercialisation et de la distribution d’une catégorie de sachets et emballages plastiques non biodégradables, pourra être effective à partir du 21 février 2015.

Toutefois quelques inquiétudes persistent quant à une pleine application de cette loi.
En effet dans n’importe quelle localité du Burkina, le problème de gestion des déchets plastiques se pose avec acuité. L’impression qui se dégage est que le problème du déchet plastique se discute simplement entre experts, ONG, associations et industriels, mais que les populations à la base jusqu’à présent n’ont pas intégré le fait que leurs comportements en la matière doivent évoluer. Jusqu’à l’heure actuelle, il vous suffit d’acheter du riz que vous ne désirez pas consommer sur place et on vous le servira avec un sachet « noir » sans se poser de questions.

Dans ces conditions, nous nous demandons comment une telle loi peut être appliquée surtout dans un contexte de post insurrection où de plus en plus l’autorité est défiée. Est-ce l’Etat à travers le ministère en charge de l’environnement qui n’a pas assez fait son travail de sensibilisation ? Ou bien ce sont les populations qui ne sont pas prêtes à abandonner ces habitudes ?
Nous pensons à notre niveau que le problème se situe surement entre les deux. 
C’est pourquoi nous sommes convaincus que la solution à ce fléau se situe à plusieurs niveaux.
Par ailleurs, les produits de substitutions (sachets biodégradables, sacs en papier etc.) promis par le ministère en charge de l’environnement sont toujours rares.

Quelles solutions pour lutter contre ce fléau ?

Dans le contexte actuel trois aspects que nous jugeons primordiaux constituent le socle indispensable pour lutter contre ce fléau.

Une volonté politique claire et forte : Elle constitue une condition nécessaire à toute durabilité du système de gestion des déchets plastiques. Plus que l’existence d’une réglementation insuffisante, celle existante reste non appliquée. La responsabilité des autorités politiques est plus qu’engagée dans le développement de cet incivisme très développé au Burkina Faso.

Une implication des populations : Elle devra prendre en compte la dimension culturelle, mais également l’état de pauvreté au Burkina Faso. A l’inverse de l’eau qui constitue une demande continue dans un pays sahélien comme le Burkina Faso, les déchets constituent une charge.
Cette charge est difficilement concevable pour la grande majorité des populations. En d’autres termes, l’information, l’éducation, la communication et la sensibilisation des populations doivent constituer des éléments clés.

Les aspects économiques et financiers constituent quant à eux un des premiers facteurs de durabilité du système. Au Burkina Faso, beaucoup d’acteurs vivent de la fabrication et de la commercialisation de produits plastiques. Il s’agit entre autres des commerçants, des restaurateurs, des usines de production des sachets plastiques, des importateurs des produits plastiques. Il va s’en dire qu’il est important de réorienter économiquement ce secteur en créant un autre marché non seulement de produits biodégradables mais aussi de recyclage des déchets plastiques.

En somme, il ne faut pas se leurrer, la loi portant interdiction de certains déchets plastiques seule ne suffira pas à faire disparaître les déchets plastiques du quotidien des Burkinabè. Il faudra aller au-delà de cet acte politique pour mettre en place une véritable campagne de sensibilisation afin de révolutionner les consciences en la matière.

En rappel les résidus plastiques causent de sérieux problèmes de santé et d’environnement.
A titre d’exemples, citons entre autres, le spectacle des sachets plastiques multicolores dispersés çà et là, décorant tristement les arbres, les chaussées dans nos villes et villages. Les sachets plastiques favorisent également, la stagnation des eaux. Ils s’enfouissent dans le sol petit à petit puis, constituent une barrière souterraine pour les racines et les eaux.

L’imperméabilisation des sols occasionne la perte de la productivité agricole et l’insuffisance de la recharge de la nappe phréatique ainsi qu’une diminution des ressources en eau, l’obstruction des caniveaux, pouvant engendrer des inondations tout en favorisant la prolifération de microbes pathogènes.

Au vue de tout cela, il faut que chaque Burkinabè travaille à se passer de cet outil en utilisant ou en exigeant chez son commerçant, des sacs en tissu, en papier et en plastique biodégradables pour ses différents besoins. Cela y va de la survie de notre environnement et notre devoir de le préserver pour les générations futures. 
Association des journalistes et communicateurs pour la Protection de l’Environnement Média’vert (media_vert@yahoo.fr)

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2015.02.18

Mine de Tambao : Les raisons de la colère des populations

Après le saccage ce mardi 17 février 2015 des installations de la mine de Manganèse de Tambao par les populations de Markoye, le périmètre de la mine est à présent sous le contrôle des forces de l’ordre qui ont été dépêchées sur place pour assurer la sécurité. Ainsi, les populations locales ont obtenu de force ou de facto ce qu’elles exigeaient il y a quelques jours, à savoir l’arrêt pur et simple de l’exploitation du manganèse.

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Le calme est revenu dans la commune de Markoye où les populations ont saccagé ce mardi les installations de la compagnie Pan African Minerals qui assurait l’exploitation de la mine de Manganèse de Tambao. « Il n’y a plus de manifestations. Dès hier soir les jeunes avaient dégagé les barrières qu’ils avaient dressées. Présentement, les forces de l’ordre sont sur les lieux pour assurer la sécurité », témoigne un habitant joint au téléphone ce mercredi.

Les responsables de la mine auraient également quitté le site. Mais, l’on ignore encore l’ampleur des dégâts subis par les installations saccagées. Le moins que l’on puisse dire pour l’instant, c’est que ces événements sont le résultat de la dégradation ces dernières semaines des rapports entre les habitants et les responsables de la compagnie minière. En effet, pour les populations de Markoye, l’exploitation de la mine de Manganèse de Tambao, entamée il y a quelques mois par la société Pan African Minerals, ne respecte pas les termes de l’accord-cadre de partenariat public privé liant l’Etat burkinabè à la société. Et au cours d’une marche- meeting organisée le 6 février dernier, elles avaient rappelé qu’un certain nombre d’infrastructures devraient être réalisées dans le cadre dudit accord-cadre. Il s’agit notamment de la réhabilitation du tronçon du chemin de fer Ouaga-Kaya et la construction du tronçon de chemin de fer Kaya-Dori-Gorom-Gorom-Tambao, du bitumage de la route Dori - Gorom-Gorom-Tambao, et de la construction et l’exploitation de la mine de manganèse de Tambao.

« Force est de constater que rien de tout cela ne fut fait et pourtant l’exploitation du manganèse a déjà commencé depuis quelques mois. Pire encore, le manganèse est en train d’être transporté à Kaya où il est présentement entreposé en vue de son acheminement vers Abidjan d’où il sera exporté pour être mis sur le marché international. C’est cet état de fait que refusent les populations de la commune de Markoye (qui regroupe 27 villages) en sortant massivement le jour 6 février 2015 en vue de demander l’arrêt pur et simple de l’exploitation du gisement de manganèse de Tambao jusqu’à nouvel ordre », notait, Dramane Maiga, président de l’association « Jeunesse Unie pour le Développement de la Commune de Markoye (JUDECOM), à l’issue de la marche-meeting du 6 février dernier qui aurait réuni 3 000 personnes.

N’ayant pas obtenu gain de cause ou n’ayant pas été entendues, les populations de Markoye sont donc ressorties ce 17 février 2015 pour se faire entendre. Peut-être, une meilleure écoute de la partie plaignante aurait permis d’éviter ce qui est arrivé. Qu’à cela ne tienne, il n’est pas encore trop tard de renouer le fil du dialogue pour permettre une exploitation dans de meilleures conditions du projet Tambao. Naturellement, le gouvernement a un rôle à jouer pour la restauration de la confiance entre populations de Markoye et responsables de Pan African Minerals.

Grégoire B. Bazié
Lefaso.net

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Bégaiement en milieu scolaire : que peut faire l’enseignant ?

Le bégaiement est un trouble du langage qui retentit négativement sur la qualité de vie de l’individu. Mais ce n’est pas une fatalité, des voies et moyens existent pour le surmonter. Il est très présent en milieu scolaire avec des conséquences parfois dramatiques.

 

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Pour mieux comprendre ce trouble du langage qui touche plusieurs enfants et dans le cadre de son programme d’activités 2014-2015, la coordination des instituteurs principaux de la circonscription scolaire Ouaga 6, a sollicité l’intervention de spécialistes sur le sujet. C’est ainsi que le samedi 14 février, à l’école Tampuy 6, deux membres de l’Association Action Contre le bégaiement, Docteur Moussa Dao et Docteur Yaya Sourabié, ont animé des communications aux profits des enseignants et des parents d’enfants qui bégaient. 
L’objectif de ses communications était d’outiller les enseignants sur les stratégies d’approche et de communication à adopter face au bégaiement des enfants qui souffrent de cette pathologie.

Les manifestations du bégaiement sont diverses. Et selon le Dr Sourabié, ses signes sont entre autres la répétition, la prolongation, les blocages des sons, la répétition des mots et parties de phrases, les mouvements accompagnateurs (grimaces, mouvements de tête), etc. 27% de personnes bègues le sont avant l’âge de 3 ans, 68% entre 3 et 7 ans et 5% après l’âge de 7 ans, ajoute-il. 
Il n’y a pas de causes précises, mais on parle plutôt de l’interaction de plusieurs facteurs qui concourent à son apparition et à sa chronicisation. Les attitudes comme les reproches, les moqueries, les conseils systématiques, la perte du contact visuel avec l’enfant au moment du blocage sont nocives aux personnes bègues.

Pour Dr Dao, l’enfant qui bégaie, contrairement aux autres handicaps (infirmité, surdité, cécité) ne sait pas ce qui l’empêche de pouvoir s’exprimer comme les autres. Son désir d’être comme les autres aiguise ses sentiments d’insécurité, de honte et de culpabilité relative à son bégaiement. Cela peut se répercuter sur son développement psychique.

A travers plusieurs témoignages poignants recueillis par ACB, il montra que le bégaiement peut être cause d’échec, d’abandon de l’école, de traumatisme divers…

Dans cette situation le rôle de l’enseignant apparaît important voire capital dans la prise en charge de ces enfants. En aménageant un cadre scolaire dénué de toute pression, l’enseignant pourrait contribuer à faciliter l’insertion scolaire de ses enfants vulnérables.

L’environnement scolaire étant un milieu qui exige la prise de parole, Il montra que cela peut être l’occasion de découvrir un bégaiement qui ne s’exprime pas en milieu familial. L’enseignant peut être la personne qui pourrait détecter la présence du bégaiement chez l’enfant et donc peut jouer le rôle de sentinelle. Il peut également jouer un rôle dans la prévention de la chronicisation du bégaiement chez l’enfant. Et pour cela, il a détaillé tout une série de comportements à adopter au cours des séances de lecture à haute voix, d’interrogations en classe, les moqueries des camarades, etc.

En rappel, l’association action contre le bégaiement (ACB) a été créée en 2002 et regroupe toutes les personnes qui se sentent concernées par le bégaiement, notamment les personnes qui bégaient et les parents des enfants qui bégaient. Une initiative née « du constat que le bégaiement est un problème qui existe dans notre pays mais ne semblait pas bénéficier de l’attention des pouvoirs publiques », dixit Dr Dao, président de l’ACB et membre de l’ISA (International Stuttering Association). Elle a pour but de rompre le silence autour du bégaiement et d’insuffler sa prise de conscience dans notre pays. L’association mène des activités allant dans le sens de la sensibilisation des enseignants et des parents dans la prise en charge des enfants qui bégaient. On peut bien vivre avec le bégaiement et ce n’est pas Dr Dao qui nous dira le contraire car étant lui-même bègue. Pour lui le bégaiement n’est pas une fatalité. Il constitue certes une difficulté mais tout peut être fait pour venir à bout de celui-ci. Il suffit de rejoindre l’association. Elle offre l’occasion de se retrouver avec d’autres personnes bègues dans le cadre d’un groupe d’entraide afin d’échanger les différentes expériences et de mettre en œuvre les méthodes apprises etc. Une formation bien appréciée par monsieur Zongo, instituteur principale de Ouaga 6 pour qui, celle-ci impactera beaucoup sur le comportement des enseignants dans les classes et des parents à domicile.

Rosine Kabore
Lefaso.net

 

 

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Le 8 mars, le monde entier célèbrera la femme....

Journée internationale de la femme : 7 choses sur l’emploi des femmes au Burkina

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             Le 8 mars, le monde entier célébrera la femme. Au Burkina, ce sera sur le thème de « l’accès des femmes à la formation professionnelle et à l’emploi. » Même si le thème est plus que pertinent, ce « 8 mars » permettra-t-il un réel changement de la condition de la femme au Burkina ? Voici un Etat des lieux sur l’emploi des femmes au Burkina : taux d’alphabétisation, types d’activités exercées, autant de données résumées sur cette infographie qui permettent de jeter des bases d’une réflexion sur la question.La rupture entre l’objectivité et la subjectivité a fait de nous des individus, mais elle a aussi rompu les liens de solidarité, les connexions entre les personnes. Elle nous a donné une plus grande maîtrise de notre environnement, une plus grande capacité réflexive, mais en même temps, elle tend à imposer l’ordre implacable de la raison dans tous les domaines de notre vie età rejeter radicalement ceux qui ne peuvent ou veulent s’y conformer. la société moderne comme une société ambivalente, celle du progrès et de la dégradation, de la liberté et de l’aliénation, de l’intégration et de l’exclusion.

                7 choses sur l'emploi des femmes au Burkina

63% des femmes en milieu urbain travaillent contre 79% en milieu rural

76.9% des femmes de 25 à 29 ans travaillent contre 94.7% des hommes du même âge. Plus le nombre d'enfants augmente, plus une femme a tendance à travailler: de 62 % quand celle-ci n’a pas d’enfants, la proportion passe à 81 % quand elle en a 5 ou plus.

                                      Types d'emplois

Sur 2401 femmes de 25 à 29 ans, l'activité la plus exercée est l'agriculture, suivie des activités commerciales (ventes et services).Seulement 2% d'entre elles sont cadres.50% des femmes ont cependant déclaré travailler à leur propre compte

                          Cadre/technicienne/direction (2%)

                          employée (1%)

                       vente et services (29%)

                        manuel qualifié (9%)

                       manuel non qualifié (0%)

                       employé de maison (0%)

                        agriculture (59%)

                         Alphabétisation et de l'exposition aux médias

Les données relatives à l’exposition des femmes et des hommes aux média sont  

particulièrement importantes pour la mise en place de programmes d'éducation et de diffusion d'informations dans tous les domaines,notamment dans ceux de la santé et de la planification familiale.6 femmes sur dix ne sont exposées à aucun media en milieu rural. le média le plus utilisé par tous est la radio

 hommes en milieu rural 25%

hommes en milieu urbain 67%

femmes en milieu rural    7%

femmes en milieu urbain  52%

LEFASO.NET

Source: Enquête démographique et de Santé  et à Indicateurs Multiples, INSD 2012

 

    
 
 

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2015.02.17

Journée internationale de la femme : Au-delà de la commémoration, c’est un « gros » business

Le 8 mars, la seule journée de l’année dédiée à la femme est un rendez-vous tant attendu. Aussi bien par elles que par certains hommes. Au-delà de la reconnaissance de la combativité de l’autre moitié du ciel à travers cette journée, c’est un moment qui est fêté, très souvent, à grande pompe. A quelques jours de la commémoration, les rues de Ouagadougou bondées de coins de vente des pagnes. Un vrai business pour des commerçants qui se frottent bien les mains. Le constat à trois semaines de l’évènement.

C’est un euphémisme de dire que le pagne du 8 mars 2015 se vend très bien sous cette transition. Très bien dans la capitale, et certainement dans les 12 autres régions. Un business donc, tant pour les hommes que pour les femmes qui ne craignent pas de mévente en cette année 2015. En tout cas, pas comme en 2014 ou certains commerçants disent avoir fermé boutique tellement les pertes ont été énormes. En clair, le pagne du 8 mars se vend et s’achète comme de petits pains. 

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Lundi 16 février, il est 10 heures sur l’avenue de l’armée. Comme à l’approche de chaque 8 mars, la voie se transforme en un marché. De gauche à droite, sur des tables, des engins à deux roues, ou encore à terre, dans de grands sachets plastiques, des pagnes, et encore des pagnes, de 8 mars. « Accès des femmes à la formation professionnelle et à l’emploi », c’est la matière à réflexion au niveau national qui se fera, sans doute, sans les « premières concernées ». Et en attendant, les commerçants font de bonnes affaires. Dans les grandes artères de la ville de Ouagadougou, la clientèle ne se fait pas supplier. Mariam Tondé, secrétaire dans une agence de voyage est venue s’en procurer. Pour elle, mais aussi pour sa maman et sa petite sœur. A l’entendre, la pièce qui équivaut à 6 pagnes suffirait grandement pour les modèles qu’elles ont choisies. Le montant total est de 12 000FCFA qu’elle estime abordable pour un pagne de 8 mars qui est très beau et bien présentable cette année. Si Mariam en a acheté deux, Solange, une vendeuse confie qu’il y a des femmes qui en achètent plus que ça. Par jour, elle peut vendre 20 à 30 pagnes. « En effet, dit-elle, depuis la mise sur le marché au début du mois de février, j’ai vendu près de deux balles. Ce qui n’a pas été le cas l’année passée. Les gens sont ravis de la qualité et de la beauté du pagne. Et nous faisons de bon marché », dit-elle l’air joyeuse.

La clientèle défile à longueur de journée et les commerçants disent adorer ce mouvement qui dénote de l’engouement autour du pagne. Très honnêtement, Moumouni Kaboré déclare : « Cette année, le pagne 8 mars se vend à merveille. Nous arrivons à écouler et il n’y a pas de perte ». Moumouni fait partie de ces commerçants qui vendent une balle par jour à raison de 100 complets à 6000F ou 5500CFA. A ce jour lundi 16 février, il venait d’écouler sa 17ème balle. Une balle, faut-il le noter, couterait 450 000FCFA. Tout calcul fait, les 17 balles se chiffrent à 7 650 000 FCFA.

8 mars, une affaire de femme à satisfaire

Une balle de pagnes s’achète à 450 000 FCFA. Elles (les balles) viennent de la Chine et c’est une société de la place qui se charge de la distribution. « C’est un 8 mars de transition », ironise un agent de la sécurité, qui dit n’avoir pas encore acheté le pagne pour sa tendre moitié. Mais « je le ferai », se promet-il. Ajoutant que : « il n’y a pas à dire que les temps sont durs. Les femmes ne comprendront jamais. C’est leur fête et il faut absolument leur faire plaisir ». Même si les femmes sont les plus nombreuses à faire les achats, les hommes ne sont pas en marge. A en croire Moumouni, les femmes rivalisent avec le port du pagne. Certaines n’hésitent pas à confier que : « c’est parce que ma coépouse ou ma rivale en a acheté que je m’en procure aussi ». Rivalité et/ou jalousie ou pas, les commerçants font leur business. Et ce n’est pas à Edith Rouamba, commerçante de dire le contraire : « L’année passée, j’ai vendu à peine 3 balles. Cette année, je suis 15 balles à trois semaines de la fête. Et la demande reste forte ». Elle s’est néanmoins réservé de dévoilé le bénéficie qu’elle encaisse, retenant que tout va à merveille.

Bassératou KINDO
Lefaso.net

 

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2015.02.16

La Banque mondiale va réajuster sa stratégie d’intervention pour le Burkina Faso

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La Banque mondiale va réajuster  sa stratégie d’intervention pour le  Burkina Faso

Ouagadougou, 16 févr. 2015 (AIB)-La Stratégie de Partenariat-Pays de la Banque mondiale pour le Burkina Faso (2013-2016) va connaître quelques ajustements pour tenir compte de sa situation post-insurrectionnelle, a-t-on appris vendredi.

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Endossée en septembre 2013 par le Conseil d’administration de la Banque mondiale, la Stratégie de Partenariat-Pays (SPP) de la Banque mondiale pour le Burkina Faso (2013-2016) connaîtra des ajustements au niveau de la gouvernance, de l’économie, de l’éducation et des secteurs «réellement» porteurs de croissance.

L’information a été donnée vendredi, au cours d’un point de presse par le Directeur des opérations de la Banque mondiale (BM) pour le Burkina Faso, le Bénin, la Côte d’Ivoire, la Guinée et le Togo, Ousmane Diagana.

«Les discussions ont révélé qu’il est nécessaire de faire des ajustements pour répondre aux défis nouveaux ou qui ont été mis de manière beaucoup plus claire, en exergue dans le contexte de la  crise que le Burkina a connu», a-t-il indiqué.

M. Diagana faisait allusion aux rencontres qu’il a eues du 9 au 13 février  2015 dans le cadre de la Revue à mi-parcours de la SPP de la BM pour le Burkina Faso et de l’insurrection populaire d’octobre 2014 qui a mis fin aux 27 ans de pouvoir du président Blaise Compaoré.

«Il s’agit des défis de la gouvernance et d’assurer un meilleur et équitable accès de certains groupes (les femmes et les jeunes) aux services sociaux de base et à toutes les opportunités que le pays peut disposer», a expliqué Ousmane Diagana.

Selon M. Diagana, compte tenu du fort impact de la crise sur les entreprises, «il a été également question d’envisager un moyen de renforcer le secteur privé dans son ensemble afin que les petites et moyennes entreprises jouent fondamentalement le rôle de création d’emplois et de participation à la création de richesses».

Le Directeur des opérations de la BM pour le Burkina Faso a relevé aussi des défis concernant l’enseignement de façon générale et l’enseignement supérieur en particulier.

Il a précisé que ces ajustements seront validés au Burkina Faso avant d’être transmis au conseil d’administration de la Banque mondiale.

La  Stratégie de Partenariat-Pays pour le Burkina Faso, lit-on dans le dossier de presse, poursuit trois objectifs que sont l’accélération d’une croissance économique solidaire et soutenue, l’amélioration de la gouvernance pour s’assurer des prestations plus efficaces des services sociaux et la réduction des facteurs de vulnérabilité d’ordre social, économique et environnemental.

Selon la même source, «la gouvernance au niveau de la nation, de la population et des projets» fondée notamment sur «la transparence et la responsabilité en matière de prestation de services publics» et «l’égalité hommes-femmes dans toutes les interventions financées par la BM» renvoient à des «thèmes transversaux» soutenus par l’institution.

Agence d’information du Burkina

TAA/

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Burkina Faso : la Banque mondiale soutient la création d’un système de filets sociaux pour lutter contre la pauvreté et la malnutrition

WASHINGTON, 23 avril 2014 - Le Conseil des administrateurs de la Banque mondiale a approuvé un crédit destiné à aider le Burkina Faso à déployer un système national de protection sociale visant à faire reculer la pauvreté et la faim. Ces fonds financeront l’investissement initial dans un programme de transfert monétaire appelé à couvrir l’ensemble du territoire afin de toucher un maximum de pauvres dans le pays.

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Le Projet de filets sociaux au Burkina Faso, prévu pour une durée de cinq ans et financé par un crédit de l’Association internationale de développement (IDA)* de 50 millions de dollars, permettra à quelque 40 000 ménages démunis de bénéficier de transferts monétaires directs. Par ailleurs, des activités pilotées par les communautés inciteront ces familles à investir dans le développement et l’alimentation de leurs enfants ainsi que dans leurs propres capacités productives.

Malgré une croissance économique solide, pratiquement 47 % de la population burkinabè, en plein essor, vivent toujours dans la précarité et 58 % ne parviennent pas à satisfaire leurs besoins caloriques essentiels. Le projet doit aider le pays à s’inscrire dans une trajectoire de développement économique plus inclusive, afin de ne laisser aucun citoyen sur le bord du chemin.

Le ciblage méthodique des ménages les plus démunis est l’une des clés de tout dispositif national de filets sociaux. Au Burkina Faso, cela impliquera d’organiser en priorité des transferts monétaires dans les régions les plus touchées par la pauvreté chronique, la malnutrition et l’insécurité alimentaire, à savoir l’Est, le Nord et le Centre-Est. En tablant sur une moyenne de 8 personnes par foyer rural, ce sont environ 316 000 habitants qui bénéficieront directement de ce projet.

« En instaurant un solide mécanisme de filets sociaux, le Burkina Faso ne se contente plus d’organiser une aide alimentaire coûteuse, mais cherche à s’attaquer durablement à la pauvreté et à la malnutrition tout en donnant aux familles de quoi investir dans la santé et l’éducation de leurs enfants, analyse Mercy Tembon, responsable des opérations de la Banque mondiale au Burkina Faso. Une fois que les autorités ont identifié et recensé les ménages les plus vulnérables, l’aide octroyée peut être systématiquement augmentée en cas d’urgence. »

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La protection sociale est l’axe central de la stratégie de croissance accélérée et de développement durable du pays pour la période 2011-2015, sachant que le Burkina Faso s’est aussi doté d’une politique nationale de la protection sociale, qui définit la vision du pays en la matière.

« Le nouveau système de filets sociaux du Burkina Faso contribuera à utiliser aussi efficacement que possible les ressources limitées de l’État pour atteindre les groupes les plus démunis, ajoute Azedine Ouerghi, chef d’équipe du projet à la Banque mondiale, aux côtés de Victoria Monchuk. Cette planification systématique qui vise à réduire durablement la pauvreté et à renforcer la résilience des familles, tout en assurant une gestion efficace du système de protection sociale, constitue une avancée capitale. »

« Les dispositifs de filets sociaux se multiplient en Afrique, surtout depuis la crise économique mondiale, les pouvoirs publics cherchant des solutions innovantes pour faire reculer la pauvreté et gérer les risques », conclut Victoria Monchuk, également auteur d’un rapport de la Banque mondiale intitulé Réduire la pauvreté et investir dans le capital humain : le nouveau rôle des filets sociaux en Afrique.

L’Association internationale de développement (IDA), une institution de la Banque mondiale fondée en 1960, accorde des dons et des crédits sans intérêts aux pays les plus pauvres afin de les aider à mettre en œuvre des programmes qui stimulent la croissance économique, atténuent les inégalités et améliorent les conditions de vie des populations. L’IDA est l’un des principaux bailleurs d’aide aux 82 pays les plus déshérités du monde, dont 40 se trouvent en Afrique. Les ressources de l’IDA bénéficient concrètement à 2,5 milliards de personnes vivant avec moins de deux dollars par jour. Depuis sa création, l’IDA a soutenu des activités dans 108 pays. Le volume annuel de ses engagements est en constante augmentation et a représenté en moyenne 15 milliards de dollars au cours des trois dernières années, 50 % de ce montant environ étant destiné à l’Afrique.

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Luc Marius Ibriga : « Faisons en sorte que les gouvernants aient peur des gouvernés »

« Le train de vie de l’Etat », c’est sur ce thème que le mouvement Balai citoyen a fait animer un panel à Ouagadougou le samedi 14 février 2015. Un panel qui a eu comme communicateurs, le Contrôleur général d’Etat, Luc Marius Ibriga ; Justin Bouda représentant le président du CNT (Conseil national de la transition) ; le ministre de la Communication et porte-parole du gouvernement, Frédéric Nikiéma ; Souleymane Badiel de la CCVC (Coalition contre la vie chère) ; et Me Hervé Guy Kam du Balai à la modération.

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Pour le professeur Luc Marius Ibriga, la réduction du train de vie de l’Etat est gage d’une démocratie véritablement sociale dans notre pays. Son effectivité passe, selon lui, par la réunion de conditions aussi bien conjoncturelles que structurelles. Il faut, précise-t-il au titre des conditions conjoncturelles, « que l’Etat burkinabè soit en phase avec la réalité sociale ». Dans ce sens, M. Ibriga préconise non seulement la chasse aux gaspillages et aux dépenses superflues dans l’administration publique, mais aussi et surtout le recentrage des investissements publics sur les secteurs moteurs du développement. Ces secteurs moteurs ont pour nom, selon lui, l’éducation, la santé, la maîtrise d’eau, l’énergie. 
Et ces conditions conjoncturelles doivent se conjuguer avec des conditions structurelles dont la réunion suscite l’instauration de la bonne gouvernance. A cet effet, il faut un système judiciaire indépendant de l’Exécutif, un Parlement à même de contrôler véritablement l’Exécutif, une presse indépendante et concurrentielle, une administration effectivement républicaine.

Mais, reconnaît le professeur Ibriga, le tout n’est pas de réunir ces conditions conjoncturelles et structurelles ; il faut aussi que les citoyens jouent constamment jouent un rôle de veille. Pour lui en effet, l’effectivité et l’incidence positive sur le long terme de la réduction du train de vie de l’Etat, sont liées à l’existence d’une « citoyenneté active ». D’où l’invite, « Faisons en sorte que les gouvernants aient peur des gouvernés ». C’est, à en croire M. Ibriga, dans un tel climat que la démocratie burkinabè peut véritablement être au service du peuple sur fond de justice sociale. Le bonheur du peuple burkinabè n’est donc pas conditionné par la seule réduction du train de vie de l’Etat.

Et c’est cela le sens du combat de la CCVC aussi. En effet, confie Souleymane Badiel, « Le tout n’est pas de réduire le train de vie de l’Etat ; il est important d’aller au-delà pour que, ce pour quoi le peuple a accepté se sacrifier dans la rue les 30 et 31 octobre 2015, puisse se réaliser. Il faut donc un changement fondamental par rapport au système de gouvernance dans lequel nous nous trouvions avant l’insurrection ».

En attendant, le représentant du CNT au panel du jour, Justin Bouda, a confié - après avoir rappelé que les députés de la transition ont consenti une réduction de leurs émoluments - que « Le CNT va recevoir la commission de réconciliation nationale et des réformes avec des propositions tendant à assainir la gestion des finances publiques et à garantir le respect du bien public ». 
Déjà, il est à noter que le gouvernement de la transition s’est inscrit dans la dynamique de réduction du train de vie de l’Etat. C’est du reste, ce qu’a tenu à rappeler le ministre Frédéric Nikiéma. Il s’agit entre autres, de la non-réfection des bureaux des ministres, du fait que les ministres de la transition ne voyagent pas en ‘’classe affaire’’ dans les avions, les déplacements des ministres dans un même car, la réduction du cortège du Premier ministre ainsi que celui du président du Faso.

 

Fulbert Paré
Lefaso.net

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2015.02.14

Vigilance : Ebola oblige !

Mars 2014, Février 2015. Voilà bientôt un an que la maladie d’Ebola sévit dans des pays de l’Afrique de l’Ouest. Depuis le début de l’épidémie, on dénombre 9177 victimes sur 22 894 cas avérés selon l’OMS. Le Burkina Faso n’a pas encore enregistré de cas mais Ebola demeure une menace prise très au sérieux par les autorités de la santé. De nombreuses manifestations à grand rassemblement avaient été reportées par prudence. A quelques jours du FESPACO, nous nous sommes entretenus avec le Dr Sonia Ouédraogo, médecin spécialisé en épidémiologie et consultante à IRC Burkina pour mieux nous imprégner des mesures de sécurité.

Lefaso.net : Qu’est-ce que Ebola ?

Dr Sonia Ouédraogo : C’est une maladie causée par un virus. Ce virus provoque une maladie grave avec des hémorragies. Plus de 90% de personnes qui contractent la maladie en meurent. Cinq types de virus sont à la base d’Ebola mais nous en rencontrons surtout trois types actuellement. Ils sont issus de la famille de « filoviridae ». C’est le virus le plus long connu pour le moment. D’où son nom car il est en forme de fil. La transmission se fait par contact direct avec les fluides d’une personne malade ou lors d’un contact physique avec une personne décédée d’Ebola.

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Quel est le bilan à l’étape actuelle au Burkina et dans la sous-région ?

Au début de l’épidémie, c’est vrai que j’ai eu l’impression que les Burkinabè étaient préoccupés par autre chose.Vu la situation politique, on ne s’attardait pas trop sur Ebola. Mais il y a eu un réveil avec le cas détecté au Mali. Le Ministère de la Santé et d’autres acteurs tels que la Croix Rouge et l’IRC ont entrepris pas mal de mesures pour lutter contre Ebola. Il y a eu de la sensibilisation sur les symptômes, les modes de transmission de la maladie, les moyens de prévention et la formation du personnel soignant, etc.
Sur le plan sous régional, il y a pas mal de pays qui ont réussi à maitriser la progression de la maladie. Le Mali par exemple a pu circonscrire ses cas d’Ebola, le Sénégal également. En Guinée et en Sierra Léone aussi la progression a fortement diminué. Ces deux pays ont du mal à gérer l’épidémie mais ils sont maintenant bien entourés et bénéficient d’un soutien. Je me dis que d’ici là, ça ira aussi.

Pour le moment le Burkina n’a pas encore enregistré de cas, comment continuer à se protéger ?

Il faut toujours se laver régulièrement les mains, continuer les campagnes d’information et de sensibilisation sur la maladie afin que chaque cas suspect détecté puisse attirer l’attention de la population afin qu’elle le signale aux services de santé.

De plus en plus de personnes utilisent des gels pour se désinfecter les mains, est-ce une solution efficace pour se protéger ?

Les gels désinfectants sont censés désinfecter, donc en théorie ils sont efficaces. Mais les gels que nous retrouvons sur le marché ici, nous ne connaissons pas leur provenance, nous ne savons pas s’ils ont été contrôlés, quelle est leur réelle teneur en alcool ? Aussi leur conservation laisse souvent à désirer : des vendeurs ambulants qui les transportent au soleil, avec des flacons sales, etc. Tout cela fait qu’on se pose des questions sur leur efficacité. Se baser uniquement sur ces gels pour dire qu’on se protège c’est vraiment insuffisant. Il faut plutôt se laver correctement les mains au savon et si possible faire passer le gel.

Quel genre de gel conseillez-vous ?

Je ne pourrai pas conseiller un type particulier de gel parce que ça risque de casser le marché de certaines personnes. Mais tout ce que je peux dire c’est qu’il est toujours préférable de les acheter en pharmacie ou de faire soi-même de petites recherches sur le net pour avoir quelques informations données par l’industrie pharmaceutique.

On constate de plus en plus l’installation de lave-mains dans les restaurants. Les sensibilisations ont- elles fini par payer ?

Oui, les campagnes ont fait leur effet. Je salue l’initiative des différents restaurants parce qu’il est très important de se laver les mains, pas seulement à cause d’Ebola mais pour beaucoup d’autres maladies dont la transmission se fait par les mains sales. Mais là encore il faut que ce soit des lave-mains adéquats. Il ne suffit pas juste de les installer, il faut aussi les entretenir. Il faut qu’ils soient propres, qu’il y ait de l’eau potable, du savon et de bonnes serviettes à côté pour que les gens puissent se nettoyer les mains.
Lorsqu’on finit de se laver les mains correctement, on prend un mouchoir jetable pour refermer la tête du robinet du lave-main. On doit éviter de remettre la main propre en contact avec la tête du robinet qui probablement a des germes (soit ceux qu’on avait au départ, soit ceux que d’autres personnes y ont laissés avant de se laver les mains).

Comment bien se laver les mains ?

C’est vrai que pour se laver les mains il ne suffit pas de se frotter les mains en deux secondes puis c’est fini. Il y a tout un procédé. Il faut mettre assez de savon, se frotter l’intérieur des doigts, ensuite mettre du savon dans la paume et se nettoyer les ongles des deux mains, après se nettoyer les paumes. Il est très important de se nettoyer les ongles parce qu’il y a pas mal de bactéries.

Y a-t-il des structures qui donnent des formations au lavage des mains ?

Au niveau d’IRC Burkina, nous avons justement organisé un atelier avec des journalistes où nous avons fait cas du lavage des mains.

Pourquoi n’en faites-vous pas dans les écoles ?

Je pense que c’est un problème de financement. Nous n’avons pas suffisamment de moyens pour réaliser de telles formations. Nous faisons donc appel à d’éventuels bailleurs de fond. L’idéal aurait été de passer dans les écoles et dans les marchés pour apprendre aux gens comment se laver les mains. Mais la formation avec les journalistes c’est dans l’esprit qu’ils transmettent au plus grand nombre ce qu’ils ont appris.

Depuis quelques jours les sensibilisations contre Ebola ont repris de plus belle. Par exemple un promoteur prévoit de former les restaurateurs et les tenanciers de maquis sur la question le 14 février. Le Cardinal a aussi décidé qu’on ne devait plus se serrer les mains à la messe, est-ce à dire que la situation est inquiétante ?

Non, la situation n’est pas inquiétante. Ce sont des mesures qui auraient dû être prises depuis très longtemps. C’est toujours dans une dynamique de prévention pas seulement contre Ebola, mais pour l’hygiène même en général.

Bientôt le Burkina va accueillir le FESPACO, nous recevrons beaucoup de monde de tous les horizons, quelles sont les mesures prises pour assurer la sécurité sur le plan sanitaire de tout ce beau monde ?

Je ne fais pas partie du comité sanitaire du FESPACO, mais j’imagine que des mesures ont été prises vu que nous avons des pays voisins qui ont toujours des cas d’Ebola. Notamment il y aura des médecins sur place, ils vont préconiser aux participants le lavage régulier des mains, l’utilisation des gels désinfectants. Aussi il y a des contrôles à l’aéroport et aux frontières à travers la prise de température des personnes qui entrent sur le territoire burkinabè.

Le Burkina est-il prêt à réagir au cas où… ?

Le ministère de la santé se dit prêt pour faire face à une éventuelle épidémie.
Une simulation d’une catastrophe découlant d’une pandémie a été faite du 14 au 18 juillet 2014 pour pouvoir intervenir si une situation pareille survenait. De même des kits de protection individuelle, des médicaments et des consommables avec l’appui de l’OMS et de Médecins sans frontières et l’appui l’Etat ont été constitués. 
Il y a un numéro vert où les gens peuvent appeler. On peut aussi noter la construction d’infrastructures sanitaires avec du matériel adéquat pour faire face à une telle situation. A Ouagadougou par exemple, le CSPS de Yagma a été affrété à cet effet. L’un dans l’autre la surveillance continue aussi.

 

Interview réalisée par Aïssata Diallo (Stagiaire)
Lefaso.net

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2015.02.13

Parenté à plaisanterie : Un festival international pour consolider les liens culturels

La deuxième édition du festival international des alliances et parentés à plaisanterie de Ouagadougou (FIAPPO) se tiendra du 24 au 29 mars 2015 à la maison du peuple. Placé sous le « très haut » patronage de Jean Baptiste Natama, directeur de cabinet de la présidente de la Commission de l’Union africaine, il a pour thème « Dialogue social et interculturel pour un Burkina radieux ». Face aux journalistes, le jeudi 22 janvier 2015, les organisateurs notamment ont levé un coin de voile sur les innovations de cette deuxième édition

 

        Les organisateurs du FIAPPO sont plus que déterminés à consolider le dialogue social, source de paix entre les communautés ethniques. Après une première édition en 2014, dont le bilan est jugé positif, ils reviennent en force pour la deuxième avec, en sus, beaucoup d’innovations. Manifestation culturelle à caractère festif et à portée nationale et internationale, le FIAPPO est, selon ses initiateurs, un espace de rencontre, de brassage et de dialogue social et interculturel. Cadre regroupant les ethnies, les villes et/ou villages, les belles-familles, les camarades du Burkina et d’autres pays du monde où l’on rencontre cette valeur sociale de parentés à plaisanterie, le festival dégage plusieurs intérêts. Ce sont, note l’initiateur, le facteur de paix, de cohésion sociale, celui d’intégration et de brassage culturel et enfin il est un vecteur de développement social et économique.

32 000 000 FCFA, un budget sur fond de sponsoring…

La première édition, à en croire Laurent Ouédraogo, promoteur du festival et animateur de la conférence, a connu un grand engouement. Plus de 3000 festivaliers ont partagé d’agréables moments. « Nous avons attribué au total 25 stands. Les exposants étaient aussi satisfaits malgré le fait que ce soit une première édition avec beaucoup d’incertitudes ». L’édition précédente a certes souffert de sponsoring et de mécénat, mais les organisateurs confient en avoir tiré de bonnes leçons pour la présente édition. Pour cette deuxième édition, le budget se monte à 32 000 000 FCFA qu’ils espèrent boucler grâce à l’accompagnement financier des sponsors mais aussi grâce à la source interne, notamment les cotisations. Au titre des innovations, l’on note la durée du festival qui passe de 4 jours à 6 jours. A cela, s’ajoutent les prestations des troupes traditionnelles et la participation des communautés sœurs des autres pays (Mali, Sénégal, Côte d’Ivoire…). Au titre des personnalités qui parrainent la présente édition, et en plus du patron suscité, l’on note l’ambassadeur de la république de Côte d’Ivoire Justin Koutaba, le président du Conseil national de la transition Cherif Sy, le ministre de la culture Jean-Claude Dioma, et Zéphirin Diabré. L’animateur de la conférence fera savoir que le choix de l’ambassadeur burkinabè en république ivoirien « sied sous l’angle de l’assistance et de la solidarité apportées par un pays frère et ami dans les circonstances actuelles de crise et de transition politique que vit le Burkina Faso ». En attendant l’ouverture prévue le 24 mars à 19 heures, les organisateurs disent remercier les différentes personnalités qui vont rehausser l’image du FIAPPO à travers leur patronage et Co-parrainage. Situation nationale oblige, le FIAPPO sera mis à contribution pour réconcilier les cœurs, consolider la cohésion sociale, la solidarité et la paix, gage d’un développement harmonieux et durable.

Bassératou KINDO
LeFaso.net

 

 

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