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2019.02.20

L’Echec scolaire : Lumière sur des causes pyschosociales

L’Echec scolaire : Lumière sur des causes pyschosociales

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On a souvent tendance à dire que « l’enfant n’a pas réussi à l’école parce qu’il n’est pas intelligent », pourtant le tout n’est pas d’être intelligent. Il faut aussi, que bien de conditions psychosociales soient réunies pour permettre à l’enfant d’amorcer une réussite de sa vie scolaire. Qu’est ce qui peut expliquer l’échec scolaire chez un enfant ? Existe-t-il un profil type d’enfant en difficulté ?

L’apprentissage de l’enfant ne mobilise pas seulement que les capacités cognitives de base, d’autres aptitudes sont aussi fondamentales. On les appelle les compétences-socles. Selon Hubert MONTAGNER, il s’agit de l’attention visuelle soutenue, l’élan à l’interaction, les comportements affiliatifs (sollicitation, coopération), l’organisation structurée et ciblée du geste et des comportements imitatifs.

Le développement de l’enfant dépend de multiples facteurs extérieurs. Les rythmes de chacun sont liés aux cycles cosmiques, biologiques et psychologiques tel que : Contraintes écologiques, contraintes de l’environnement familial ou social, manque de sommeil, difficultés relationnelles, problèmes sociaux au sein de la famille, l’insécurité à l’école etc. Certains enfants en difficulté cumulent ces différents handicaps, ils sont alors moins attentifs et moins performants que les autres.

L’enfant est souvent confronté à répondre aux sollicitations et aux pressions de son environnement, or il faut constamment se rappeler que chaque enfant à son propre rythme.

Nous partons de l’hypothèse que chaque individu suit son propre scénario et que la plupart des enfants possèdent toutes les capacités pour suivre un développement « normal » mais le temps nécessaire pour assimiler va varier d’un enfant à un autre.
Il nous revient alors de se demander  pourquoi l’enfant est en échec scolaire, quels sont ses problèmes?

Le regard et l’attention visuelle sont les gestes fondamentaux pour le bébé, ils vont l’aider à identifier, reconnaître, suivre les choses en mouvement. L’enfant parvient alors à attribuer des significations à ce qu’il voit en combinaison avec les images à d’autres sources d’information et en interrogeant sa mémoire. C’est aussi à travers le regard de la mère que les constructions émotionnelles se mettent en place. Le bébé ressent les émotions de sa maman (plaisirs, tétée, sourire, tristesse).

Tous les sens jouent ainsi un rôle dans l’émission et la réception des messages, mais c’est la vision qui est surtout sollicitée.
Ainsi quatre conditions sont nécessaires pour un développement « correct »:

  • Une sécurité affective pour l’enfant.
  • La possibilité d’explorer son environnement par le regard, l’écoute et la locomotion.
  • Une distance corporelle ni trop faible ni trop importante entre l’enfant et son entourage  pour communiquer avec aisance.
  • Apporter à l’enfant dans son environnement des moments qui autorisent la communication avec un autre que sa mère. Il découvre ainsi un autre répertoire de comportements et d’interactions qu’il va intégrer.

Il n’existe donc pas de profil type de l’enfant en difficulté. Afin d’effectuer la meilleure prise en charge, il est impératif d’effectuer un bilan médical complet, afin de dépister d’éventuels déficits sensoriels.
L’enfant peut se trouver confronté à de multiples problèmes qui peuvent être entre autre :

  • Une sur-stimulation de l’enfant.
  • Une séparation brusque ou prolongée entre l’enfant et sa mère.
  • La difficulté pour l’enfant et sa mère de construire un attachement qui soit source de sécurité affective.
  • Des conflits fréquents ou violents, séparations, ruptures au sein du milieu familial.
  • La maltraitance de l’enfant.

Lorsque les enfants cumulent les difficultés déjà citées, il y a une forte probabilité qu’ils connaissent l’échec à l’école. Cet échec scolaire peut avoir pour causes les difficultés d’apprentissage (dyslexie, dysgraphie, dyspraxie etc.), le redoublement (les échecs multiples contribuent à une baisse de la motivation, dans ce cas le risque d’abandon scolaire est plus accru), la phobie scolaire, les enfants précoces ou surdoués.

L’échec scolaire a sans nul doute un retentissement sur l’équilibre psychoaffectif de l’enfant. Les parents projettent sur leurs enfants leurs aspirations par exemple un meilleur avenir pour leur progéniture. L’échec scolaire réalise donc une blessure narcissique pour les parents.
Les enfants en difficulté scolaire ont le potentiel pour faire explorer leurs capacités cognitives ou intellectuelles, mais il leur faut plus de temps et surtout, l’écoute, l’appui et le soutien de leurs proches à tout moment.

 

Audrey B. ZOURE (infowakat.net)

L’échec scolaire et ses conséquences sur la vie de la famille

L’échec scolaire et ses conséquences sur la vie de la famille

 
Dans une publication intitulée « L’Echec scolaire : Lumière sur des causes psychosociales » infofaso.net devenu infowakat.net a tenté de présenter à ses lecteurs quelques causes de l’échec scolaire. Cet article s’inscrit dans la description des conséquences que peuvent engendrer l’échec scolaire chez les enfants. « Pour parler d’un échec scolaire il faut que l’enfant accumule des mauvaises notes dans toutes les matières pendant au moins deux (02) trimestres consécutifs » selon les spécialistes.

Un enfant dispose des aptitudes à multiples facettes indispensables à l’apprentissage : organisation structurée, élan à l’interaction, attention visuelle soutenue etc. Mais chaque enfant possède un rythme qui lui est propre et se développe en fonction de son environnement. Ces éléments cités plus haut entrent en ligne de compte dans la détermination des causes de l’échec scolaire. Les causes de l’échec scolaire demeurent diverses et variées selon chaque enfant. En rappel nous pouvons citer quelques causes qui sont :

  • Les difficultés d’apprentissage : Par exemple la dyslexie engendre des problèmes de lecture qui s’associent couramment à la dysorthographie, trouble de l’apprentissage de l’écriture. L’enfant peut également se trouver confronté  à d’autres troubles : dyscalculie, dyspraxie ou dysphasie. Ces troubles non soignés à temps contribuent à l’échec scolaire.
  • La cause peut se cacher également dans la phobie scolaire. Elle se caractérise par une peur panique et un refus catégorique de se rendre à l’école qui se manifestent par des cris, des pleurs et des plaintes. La phobie scolaire apparaîtrait plus fréquemment chez les garçons, entre cinq et treize ans.
  • Enfants précoces : Certains enfants précoces ou surdoués peuvent rencontrer un échec scolaire. Mentalement en avance et atteignant un QI supérieur à 130, ils s’ennuient et font preuve de désintérêt à cause d’un enseignement non adapté à leurs désirs et à leurs capacités. Les professeurs ne savent pas toujours comment réagir face à eux.
  • Le redoublement : Il a pour but de permettre à l’enfant d’acquérir les connaissances mal assimilées. Selon une étude, les effets ne sont pas forcément positifs. Le redoublement peut être générateur de stress, vécu comme un échec personnel tant pour la famille que pour l’enfant. Si l’enfant l’accepte mal et que cela cause un déséquilibre psychologique, redoubler peut avoir la conséquence inverse et être une cause de l’échec scolaire.
L’échec scolaire se répercute sur l’équilibre psychoaffectif de l’enfant. Souvent, les parents réagissent comme s’il s’agissait d’une fatalité et ressentent de la culpabilité. Ils le perçoivent alors comme un échec de leur éducation. L’échec scolaire n’est pas non plus sans répercussion sur l’enfant. Ses conséquences ne sont pas uniques et diffèrent en fonction de chaque enfant, de son environnement et des actions mises en place pour lui venir en aide.
Nous avons pu énumérer les quelques conséquences suivantes :
  • L’anxiété : Suite à l’échec scolaire, l’enfant développe des formes de stress et d’anxiété. Cela se manifeste de manières diverses par des troubles psychosomatiques. Il se sent plus fatigué, il est sujet aux vomissements, des tics apparaissent, il a souvent des maux de ventre etc. Il fait tout pour éviter l’école, les devoirs et parfois même le contact social.
  • La dépression : L’enfant peut faire une dépression qui est différente de celle de l’adolescent ou de l’adulte. La Culpabilité et les doutes engendrent un mal de vivre dans l’environnement familial, social et scolaire. Cela se traduit par une incapacité à aborder les exigences scolaires et à accepter l’échec dû à une compétition avec autrui. Les enfants concernés deviennent inquiets, passifs, sensibles aux changements.
  • Troubles du comportement : L’échec scolaire peut également induire des troubles du comportement. L’enfant peut développer des comportements agressifs, voire délinquants. Souvent, celui-ci veut surtout attirer l’attention. L’instabilité engendrée peut constituer un terrain propice aux mensonges, vols et fugues à l’adolescence.
  • Estime de soi : L’échec scolaire peut avoir des conséquences sur l’estime de l’enfant. Ce dernier se forge une image négative de lui-même due aux remontrances de la famille, des professeurs, au regard des autres enfants. Il va se sentir inférieur aux autres élèves. Cette baisse de la confiance en soi ne résout pas le problème et engendre des résultats inférieurs aux capacités de l’enfant.
L’échec scolaire trouve donc son origine dans divers facteurs et lorsque les différents signes apparaissent, il faut agir rapidement. Il est important de contacter les professeurs afin de déterminer ensemble les objectifs à atteindre et définir les moyens d’y parvenir. Les parents ne doivent pas dramatiser la situation, car de leur soutien et de leur encouragement dépendent les progrès futurs de l’enfant à surmonter l’échec.
Il faut surtout et toujours :
  • Motiver son enfant : Des études ont montré que l’enfant en échec scolaire l’était souvent car il ne trouvait plus la motivation nécessaire à son investissement à l’école. L’école devient alors dénuée de sens (RYCHEN et LEHMANN, 2001). Il est donc important d’aider son enfant à trouver un but, un sens à sa scolarité.Vous pouvez parler avec lui, par exemple, des métiers qu’il souhaite faire, lui expliquer quelles matières lui permettront d’y accéder et surtout pourquoi.
  • Développer la confiance en soi de l’enfant : Lorsqu’un enfant n’a pas confiance en lui, il se dévalorise. Il remet en question ses capacités d’apprentissage. Il est donc important de l’encourager. N’hésitez pas à dire à votre enfant que ce qu’il fait est bien lorsque cela est justifié. Et, lorsqu’il s’est trompé, n’oubliez pas de lui expliquer pourquoi il s’est trompé en restant calme et compréhensif. Valorisez les réussites de l’enfant et restez objectif sur la gravité de ses erreurs.
  • Rester attentif aux activités de l’enfant pendant la journée : Les psychologues remarquent souvent, quand ils reçoivent des parents d’enfant en échec scolaire, que lorsque les parents décrivent la journée de l’enfant, elle est très différente de ce que l’enfant décrit comme étant sa journée. Il est donc important que les parents questionnent leur enfant sur sa journée. Certains enfants par exemple passerons leur après midi devant la télé si leurs parents ne sont pas là. Alors que les parents pensent qu’ils travaillent.
Il faut bien noter qu’il ne s’agit pas de surveiller son enfant mais de créer un climat de confiance qui permettra à celui-ci de pouvoir se livrer en toute sérénité et de discuter avec ses parents de ce qui doit être fait ou non selon eux.
  • Être à l’écoute et présent : Un enfant dont les parents ne s’intéressent pas à sa scolarité peut avoir le sentiment qu’ils ne valorisent pas l’école et diminuent le sens de cette dernière. Cela peut occasionner un retrait par rapport à l’école et donc un échec scolaire. Les enfants veulent souvent montrer à leurs parents pour tout ce qui concerne leur réussite, leur production et leurs avancées à l’école. Il est important pour l’enfant qu’il soit reconnu et valorisé. Les parents doivent donc être à l’écoute et attentifs à ces sollicitations.
Il est important que l’enfant puisse savoir et voir que ses parents sont présents durant sa scolarité. Ils doivent cependant éviter d’être « étouffants » ou surprotecteurs et laisser une certaine marge de liberté à l’enfant.
  • Parler, communiquer, expliquer : Pour que les points précédents fonctionnent, il faut que la communication entre les parents et l’enfant soit établie et satisfaisante. L’enfant doit pouvoir se sentir en sécurité lors d’échanges avec ses parents et écouté. Il est important pour cela qu’un climat de confiance et d’amour bienveillant soit présent. L’enfant en difficulté se sentira alors suffisamment à l’aise pour parler de ses problèmes avec ses parents, qui pourront agir pour prévenir un éventuel échec scolaire.
L’élève en échec scolaire est atteint dans son estime de soi. En effet, l’échec scolaire inflige à l’enfant une blessure narcissique, une atteinte grave, consciente ou inconsciente, de l’investissement narcissique de son Moi, de son estime de soi. Lorsque l’aide apportée répond au problème de l’enfant, les progrès apparaîtront si les parents ont confiance et suivent de façon régulière et attentionnée sa scolarité. Sa situation peut évoluer dans le bon sens, car les difficultés ne sont pas figées. C’est ce qui peut encourager les parents et les enfants à entreprendre une démarche quand il y a un problème quelconque. Ce qui est important, c’est de ne pas laisser l’enfant seul devant sa difficulté sinon cela risque d’entrainer plusieurs conséquences sur son développement futur.
 
Audrey ZOURE (infowakat.net)