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2016.11.14

Route fada-Koupela : « Vous affrontez la mort à tout moment »

Photo d'archives, utilisée à titre d'illustration
© DR / Autre Presse
 
Photo d'archives, utilisée à titre d'illustration
 
Le tronçon de la route nationale N4 qui relie Koupela à Fada-N’Gourma est dans un état délabrement absolu. Sur ce tronçon, le code de la route a foutu le camp et c’est le sauve qui peut ou laisse-moi passer qui dicte sa loi. Reportage, dans un aller-retour inédit (Fada–Koupela-Fada) à car et à Hyace pour vivre en temps réel le calvaire des usagers.


Le tronçon de la route nationale N4 fada – Koupéla, qui est dans un état piteux, constitue désormais, un véritable danger pour les usagers obligés de l’y emprunter de jour comme de nuit. Les nids de poules qui se sont transformés au fil de temps, en véritables trous béants offrent aux automobilistes un seul choix de leur enfer : jouer au cache-cache avec les trous pour sauver leur vie et la survie de leur engin. En attente d’une hypothétique solution définitive, les populations s’inquiètent de plus en plus du sort de cette route dont l’importance pour l’économie nationale est établie. Les échanges avec les passagers tout comme les conducteurs au cours d’un bref aller-retour fada-koupela-fada ont suffi aux usagers pour déverser leur bile pour le calvaire qu’on leur impose depuis des mois. « Quand vous empruntez la voie, l’inquiétude se lit sur tous les visages. Chacun se demande s’il reverra sa famille » lance un de passager. Apres avoir pris place dans le car avec la bénédiction du chauffeur de la compagnie de transport Staf Mahamadi Ouédraogo, on croira que le reporter est l’envoyé spécial du ministre des infrastructures ou encore un messie venu apporter une solution magique à une difficulté inquiétante. Les mots sont durs et les cris de détresse fusent de toute part pour un si court mais harassant voyage. A l’unanimité, les transporteurs routiers de marchandises et de personnes disent souffrir le martyre au péril de leur vie et de leurs passagers. toujours anxieux, confient-ils, à l’idée d’aborder les 80 km qui relie le chef-lieu de la région de l’Est, à la ville carrefour, de Koupéla.

A chaque minute, tu te demandes si tu vas rentrer le soir

Dans le car, un calme plat règne en maitre absolu. Les passager de la compagnie de transport, les regards anxieux s’agrippent au siège avant pour mieux résister au va et vient et autres basculement du poids lourd en mouvement. « Tu vois on dirait un cortège funèbre. Personne ne cause avec son voisin. En fait les gens ont peur que les chauffeurs ne les renversent dans les ravins. Suis bien leur mouvement tu comprendras leur peur. Par moment des réactions vous font croire que vous courez vers la tombe. C’est humain, car personne même toi ne veut mourir au cours d’un accident », relève le convoyeur. Entre temps, un cri se fait entendre. « vite un sachet, mon voisin vomit ». Cet exercice nous le vivons au quotidien ajoute le jeune garçon. Le chauffeur, après un soupir pour montrer toute son exaspération, surgit. « Lorsque tu empruntes ce tronçon avec des personnes dont tu la responsabilité de leur vie, c’est toujours avec une certaine peur. A chaque minute tu te demandes si tu vas rentrer le soir. Parce que tout peut arriver à tout moment. », atteste, le chauffeur Mahamadi Ouédraogo avant de se lâcher. « On veut bien rendre service, mais pas au péril de la vie, et celle des passagers, on finira par arrêter nous aussi si rien n’est fait». Pour le jeune chauffeur, ce ne sont plus des nids de poules mais de vrais trous qui sont impardonnables et susceptibles de t’envoyer dans le décor. Autre véhicule, pire réalité. Dans le mini bus, couramment appelé Hiace, le calvaire est indescriptible. La peur se faire renverser dans le jeu de drible avec les trous est plus vivace. Le conducteur avec plus 20 personnes à bord se jouent des trous et des crevasses à vous faire sortir l’âme du corps. Entre les trous et les croisements « sans règles », la peur de la mort atroce est à son comble. « Tous les toujours on prie Dieu pour que le véhicule ne te lâche pas en pleine conduite. Sinon c’est la catastrophe pour tous les occupants.... », martele ce conducteur. Pour lui, cette route est extrêmement mortelle pour de nouveaux conducteurs et les adeptes de la vitesse. Car, poursuit-il en homme avisé, il faut savoir qu’on n’évite pas tous les trous. « De deux maux, tu choisis le moindre mal. Les véhicules qui tombent à longueur de journée c’est par ce que les gens veulent éviter le maximum de trou tout en faisant la vitesse. Là, vous avez mille chances de vous casser les dents. », dit-il le regard braqué. Pour lui, sur ce tronçon, chacun feinte les trous et les véhicules pour arriver à destination.

L’initiative du ministère des infrastructures mal comprise ?

Les souffrances des populations n’ont pas laissé les autorités insensibles. En entendant la réhabilitation annoncée par les autorités en 2017, des actions sont en vue pour résorber temporairement le calvaire des usagers. Pour le directeur régional des infrastructures de l’Est, Kassoum Démain, les appels d’offres pour les points à temps( le fait de boucher les nids de poules) sont presque terminés. « L’appel d’offre a été lancé, le dépouillement a été fait et la commission technique a fini son travail. Il ne reste que la publication d’ici là...». Le directeur régional entrevoit le début des travaux courant début décembre 2016. Nonobstant cette démarche, le ministère des infrastructures avait voulu dans l’urgence soulager les populations mais l’initiative est morte avant termes. « Face à l’urgence le ministère a dépêché un bulldozer du centre de formation professionnel pour pouvoir aider à boucher les trous. Mais dès son arrivée à koupela, les techniciens se sont heurtés au refus de l’enlèvement de la terre pour l’opération, avant même la commune de Gounghin. Un refus qui résulte d’une histoire de taxe sur les agrégats. Finalement le bulldozer est parti ailleurs sans pouvoir rien faire», regrette M. Demain le regard triste. Pour lui, les communes doivent jouer aussi leur partition pour soulager les populations et les usagers. « Je lance un appel aux élus pour leur implication. Sinon, si une autre saison de pluie viens nous trouver dans cet état, la situation sera dramatique pour la population qui souffre», a averti le directeur régional.
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Encadré

Un coup dure pour l’économie.

La dégradation accentuée de la RN4 a une répercussion sur l’économie locale. La file interminable de gros porteur a disparue depuis des mois. « Les commerçants ne peuvent pas avoir 400.000f de bénéfice et dépenser 600.000f pour les réparation pour chaque voyage. Les gens ont complètement abandonné le tronçon pour ne pas détruire. Même les nigériens préfèrent passer par Dori » laisse entendre un transporteur. Les indicateurs de recettes au niveau du péage Fada-N’Gourma sont aussi révélateurs de la fuite des transporteurs. « On faisait entre 250.000 à 280.000f de recette par jour. Actuellement, c’est un miracle de gagner 100.000 par jour. » confie, un agent collecteur qui a requis l’anonymat. Certains transporteurs de marchandises disent faire désormais 7h de route actuellement contre 2hà 1h30 avant pour parcourir les 80km.
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Staf ne va pas quitter la ligne de Fada-N’Gourma en réponse à la forte rumeur

Certaines compagnies de transports ont complétement buffé la cité de Yendabli de leur ligne. Celles qui restent ont réduit leur nombre de départ. Face à la rumeur faisant état de l’arrêt définitif de la société Staf de la ligne, son directeur général M. Adama Ouédraogo est monté au créneau. joint au téléphone, il s’est voulu rassurant. « C’est vrai nous avons réduit le nombre de départ sur fada. Le prix aussi est revenu à 4000 f pour faire face aux multiples pannes des véhicules. Nous sommes conscients de notre rôle de service public. Nous ne quitterons pas la ligne», rassure M. Ouédraogo.

MC

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Financements américains aux OSC : le Balai citoyen n’a reçu aucun kopeck selon Me Guy Hervé Kam

Le mouvement Balai Citoyen a-t-il reçu des financements de la part des Etats-Unis d’Amérique ? Répondant à la question de Christophe Boibouvier sur l’avenir des financements américains aux OSC au Burkina Faso, en Centrafrique et au Sénégal, après l’élection de Donal Trump, le diplomate Herman Cohen, sous-secrétaire d’Etat aux Affaires africaines de George Bush senior, a déclaré qu’il y a un risque que ce financement prenne fin. Alors, le Balai Citoyen a-t-il reçu, oui ou non, de l’argent de l’administration Obama ? Réponse de son porte-parole, Me Guy Hervé Kam, dans cet entretien réalisé ce vendredi 11 novembre 2016 à Ouagadougou.

 
Financements américains aux OSC : le Balai citoyen n’a reçu aucun kopeck selon Me Guy Hervé Kam

Lefaso.net : Vous êtes le porte-parole du Balai Citoyen, dites-nous comment se porte le mouvement ?

GHK : J’aime dire que le mouvement se porte comme le Burkina Faso. Pour nous, c’est une période assez calme où nous profitons pour travailler sur notre mouvement tout en gardant un œil sur ce qui se passe dans le pays.

Lefaso.net : Une période assez calme mais marquée par des attaques terroristes…

GHK : Sur la question sécuritaire nous avons des attaques comme beaucoup d’autres pays. Après notre analyse sur la situation, nous avons pensé qu’il y avait quand même quelques défaillances au niveau sécuritaire. Nous avons tiré la sonnette d’alarme. Maintenant, il appartient à ceux qui gouvernent de prendre les dispositions nécessaires pour que le peuple burkinabè, les personnes et les biens soient protégés. C’est aussi ça la responsabilité gouvernementale.

Lefaso.net : Face aux critiques de certaines OSC sur son incapacité à gérer le ministère en charge de la sécurité, Simon Compaoré a répondu à ses détracteurs qu’il n’avait pas été nommé par une OSC… Comment est-ce que vous avez accueilli ses propos ?

GHK : Je pense qu’il y a une incompréhension. Nous disons que le ministère de l’administration, de la décentralisation et de la sécurité intérieure est un grand ministère qu’il faut peut-être rationnaliser, mais jamais nous n’avons demandé au gouvernement la démission du ministre Simon Compaoré. Je me souviens qu’au début de la formation du gouvernement, nous faisions partie de ceux qui disaient que tout résidait dans la capacité des hommes. Après, on se rend compte à l’épreuve des faits qu’il y a quand même un problème dans ce département-là.

On est obligé d’admettre que qui trop embrasse mal étreint. A partir de ce moment, la rationalisation suppose que peut-être, l’administration territoriale ou la décentralisation, pourquoi pas les deux, se retrouvent ailleurs pour qu’il ait un ministère de la sécurité. On n’a jamais demandé son départ. Si Monsieur Compaoré a pu dire ça, c’est qu’il y a quand même une incompréhension, parce que nous ne pensons pas que nous avons nommé qui que ce soit au gouvernement.

Lefaso.net : Lors de la conférence nationale sur l’insurrection organisée par la coalition des forces démocratiques pour un vrai changement (CFDC), vous avez déclaré qu’aucun civil, à votre connaissance, n’a demandé à l’armée de prendre le pouvoir. Pourtant votre mouvement a été aperçu avec d’autres auprès des militaires, le 30 octobre 2014.

GHK : Oui mais être aux côtés de certains militaires et appeler à prendre le pouvoir, c’est deux choses totalement différentes…

Lefaso.net : Mais vous avez appelé l’Armée à prendre ses responsabilités ? Que doit-on comprendre par-là ?

GHK : Nous avons appelé l’Armée à prendre ses responsabilités mais nous avons précisé ces responsabilités, nous avons précisé le contenu de ce que nous disions aux chefs militaires lorsque nous étions ensemble à l’Etat-Major. Nous avons dit que le peuple burkinabè ne reconnaissait plus Blaise Compaoré et qu’il allait demander et obtenir sa démission. L’Armée était la passerelle entre nous et le président. De ce fait nous avons dit aux militaires qu’ils pouvaient éviter plusieurs morts s’’ils allaient demander à Blaise Compaoré de démissionner. Mais si c’était au peuple de le faire, il y aurait beaucoup de morts.

Le 31 octobre, au matin, il y avait une dizaine de morts et en toute responsabilité on ne voulait pas que le nombre augmente. Lorsque nous nous retrouvions avec des militaires, c’est parce que tout simplement l’Etat-major, qui savait la situation très tendue, nous a demandé si nous pouvions assurer que ces militaires-là pouvaient sortir porter le message de l’Armée à la population sans être agressés. Nous avons répondu en disant qu’il n’y avait pas de souci. Notons qu’auparavant, l’Etat-major avait demandé qu’on porte son message. Chose que nous avions refusé car nous n’étions pas son porte-parole. C’est donc l’Etat-major qui a désigné qui devrait livrer le message et nous étions avec cette personne pour assurer que la population n’allait pas s’en prendre à elle.

Lefaso.net : Et ce messager était le lieutenant-colonel Yacouba Isaac Zida  ?

GHK : Oui, c’était le lieutenant-colonel Zida qui avait été désigné par le Chef d’Etat-major général des armées de l’époque (Général de division Honoré Nabéré Traoré, NDLR). Et je me souviens qu’à la place de la Révolution, il y a un journaliste de RFI (Radio France international) qui m’a demandé son nom. Je ne le savais pas. J’ai alors regardé sur sa tenue et j’ai vu écrit « Zida ». J’ignorais cependant ce que signifiait le « Y ».

Lefaso.net : Qu’avez-vous ressenti lorsqu’il est sorti de l’Etat-major, le poing en l’air ?

GHK : C’était dans l’air du temps. Depuis l’insurrection, l’ombre de Thomas Sankara a plané sur le pays. A l’époque, on a rien imaginé. On n’était pas dans ces considérations-là. Pour nous, le plus important, c’était que le président Compaoré démissionne et que le pays se construise une nouvelle démocratie.

Lefaso.net : Hors de chez nous à présent ! L’actualité internationale est marquée par l’élection de Donald Trump à la présidentielle américaine. Cela vous a-t-il surpris ?

GHK : Oui ! Surpris tout simplement parce que tous les sondages n’étaient pas en sa faveur. Mais ce n’est pas non plus une grande surprise dans la mesure où les jours qui ont précédé l’élection, le score était relativement serré. C’était à moins de 3% et cela correspond à la marge d’erreur.

Lefaso.net : Qu’est-ce qui n’a pas marché chez Hillary Clinton, selon vous ?

GHK : Peut-être qu’il y a beaucoup de facteurs. D’abord, il ne faut pas oublier qu’Hillary est la femme de Bill Clinton. Il a été un bon président pour les Etats-Unis mais est-ce pour autant que sa femme doit être présidente aussi ? Je pense que beaucoup d’Américains ont répondu à cette question.

Aussi, ce qui n’a peut-être pas marché, c’est parce que c’est une femme d’Etat. Elle portait en elle toutes les critiques qu’on pouvait faire à ce qu’on appelle l’establishment. Elle avait un bilan à défendre par rapport à Donald Trump qui représentait un homme neuf.

On sait aussi qu’il y a eu ce qu’on peut considérer comme le réveil de l’Amérique profonde. Hillary Clinton a misé beaucoup sur les voix des immigrés qui, jusqu’aujourd’hui, ne représentent pas la majorité des populations américaines. Je pense que l’un dans l’autre, il y a eu des petites difficultés qui peuvent expliquer la défaite de Hillary Clinton.

Lefaso.net : Avec l’élection de Donald Trump, comment présagez-vous les relations futures entre les Etats-Unis et l’Afrique ?

GHK : Jusqu’à preuve de contraire, je ne pense pas qu’il y aura un changement fondamental. Il faut être objectif. L’Afrique ne représente absolument rien pour les Etats-Unis. C’est une quantité négligeable qui ne détermine pas la politique étrangère des Etats-Unis. A partir de ce moment-là, je ne pense pas qu’il y aura un grand changement. En plus même sous l’ère Barack Obama, il faut savoir que le Congrès était à dominance républicaine alors qu’aux Etats-Unis, le président n’est pas hyperpuissant. Ce sont les institutions, c’est le Congrès.

Et ce que Barack Obama a fait pour l’Afrique était aussi le point de vue du Congrès et ce dernier va accompagner Donal Trump. Il n’y aura donc pas de changement fondamental dans la politique africaine des Etats-Unis. Si jamais changement fondamental il devrait arriver, je pense que ça ne sera pas pire pour les Etats africains parce que ça voudra dire qu’il faut que les Africains comptent sur eux-mêmes. Et c’est ce que nous disons depuis longtemps.

Lefaso.net : En répondant aux questions de Christophe Boibouvier sur RFI, le diplomate Hermann Cohen, sous-secrétaire d’Etat aux Affaires africaines de George Bush senior, a déclaré qu’il y a un risque que le financement d’OSC africaines par les Etats-Unis prenne fin. Le Balai Citoyen a-t-il reçu de l’argent de l’administration Obama ?

GHK : Non seulement nous n’avons pas reçu de financement des Etats-Unis mais je dois dire qu’en réalité, pour être très clair, que jusqu’en 2015, le Balai Citoyen n’a pas reçu de financement des Etats-Unis, ni de qui que ce soit. Personne, je dis bien personne, que ce soit dans ce pays-là ou les gouvernements à l’étranger, n’a donné un kopeck au Balai Citoyen. Il faut que cela soit clair. Jusqu’à ce jour, le Balai Citoyen a eu trois accompagnements. Le premier, c’était en avril 2015 avec l’ONG Diakonia dans le cadre de la campagne « Après ta révolte, ton vote » pour l’inscription des jeunes sur les listes électorales. Dans cette opération, on a été d’ailleurs accompagné par la CENI (Commission électorale nationale indépendante, NDLR) qui nous a soutenus financièrement.

Après cela, c’est en avril 2016 que nous avons eu un financement avec OXFAM pour un projet sur l’engagement des jeunes. Et depuis août 2016, on est sur un projet de huit mois sur la sécurité initié par l’institut américain pour la paix.

Je ne dis pas que les Etats-Unis ne financent pas des OSC au Burkina mais je dis tout simplement que le Balai Citoyen ne fait pas partie de ces OSC- là. Et au-delà de cela, il faudrait que les Burkinabè comme les Occidentaux admettent que les Africains peuvent aussi s’autodéterminer. Derrière toute cette question, les gens pensent qu’on donne de l’argent à tous ces jeunes-là pour agir. Je dis NON ! Nous sommes fiers de dire que ce que nous avons accompli a été fait avec nos propres moyens et nous ne devons rien à personne.

Lefaso.net : En 2015, suite à l’invitation du mouvement Filimbi, un de vos éléments a pris part à une conférence organisée en République démocratique du Congo et qui a également vu la participation du mouvement « Y en a marre » du Sénégal. Cette activité aurait été financée par l’Ambassade américaine au Congo

GHK : Oui, mais nous avons été invités par nos camarades de Filimbi. Et c’est une seule personne du Balai Citoyen qui est allée à cette conférence. Son billet d’avion a été pris en charge par l’organisation Filimbi. Nous ne leur avons pas demandé où ils gagnaient leur argent. Notre camarade a reçu de la part du mouvement des subsides pour faire face aux petites dépenses. Si cela suffi pour dire que le Balai Citoyen a reçu des financements américains, je considère quand même que c’est très grave.

Lefaso.net : Et si la nouvelle administration américaine décidait de vous financer, serez-vous contre ?

GHK : Nous ne refusons aucun financement. Sauf des financements d’origine criminelle. Si ce n’est pas le cas et si ce n’est pas un financement qui nous impose ce que nous devons faire… Nous avons des objectifs. Par exemple dans le domaine de l’engagement des jeunes, de la lutte contre la corruption, s’il y a des appels à propositions que ça vienne des Etats-Unis, de la France ou de n’importe où, nous soumissionnons.

Lefaso.net : Et si le financement devrait venir du général Zida par exemple ?

GHK : Non, jusqu’à preuve de contraire Zida n’est pas une institution. Je parle des institutions régulières. Nous soumissionnons et nous réalisons nos objectifs. Nous ne pensons pas que quelqu’un puisse vivre en autarcie.

Lefaso.net : Plusieurs organisations de la société civile pensent que votre mouvement a reçu de l’argent du Général Zida…

GHK : Y en a qui le disent de mauvaise foi, juste pour ternir notre image et il y a ceux aussi qui, de bonne foi, croient en cela. Mais nous, nous restons droits dans nos bottes en faisant notre travail parce que nous sommes conscients qu’on ne peut pas cacher la vérité avec une seule main comme on ne peut pas cacher le soleil avec une seule main. Aujourd’hui, les gens peuvent dire tout ce qu’ils veulent mais l’Histoire rétablit toujours la vérité. Et je pense qu’elle a déjà commencé son œuvre.

Lefaso.net : Et comment le Balai Citoyen se finançait jusqu’en 2015  ?

GHK : Souvent on se pose la question pourquoi avant l’insurrection, personne ne se demandait comment le Balai Citoyen se finançait. Nous avons la particularité d’être une organisation qui a quand même des personnes de toutes origines. Et nos activités sont menées en fonction de nos potentialités. Les membres du Balai qui participent à ces activités-là le font souvent à titre de contribution. Ce qui réduit déjà les coûts. Après pour le reste, chaque membre du mouvement participe à hauteur de ses capacités. C’est comme cela nous avons fonctionné et notre objectif est de montrer aux gens qu’il faut se prendre en charge. Pour organiser une activité, on ne commence pas par tendre la main comme n’importe quel mendiant le ferait. Le Balai Citoyen a fonctionné sur ses fonds propres, sur les contributions de ses membres et ça a toujours marché.

Lefaso.net : Un dernier mot ?

GHK : Aujourd’hui, on a affaire à une génération d’Africains décomplexés qui a les possibilités et les capacités d’imaginer son avenir et de mettre les moyens de les atteindre. Il faut arrêter d’infantiliser les Africains et penser que tout ce que nous faisons ne peut être commandé que par des mains invisibles. Non, ça c’est fini. La génération que nous sommes est une génération post-indépendance qui discute avec tout le monde, y compris l’Occident, sur une base claire qui est l’égalité. Personne ne peut nous dicter notre voie.

Interview réalisée par Herman Frédéric Bassolé
Lefaso.net

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2016.11.12

« Mouvements sociaux et gouvernance en Afrique » : Ouagadougou crève l’abcès du 14 au 16 novembre prochain !

L’Ecole doctorale des Lettres, Sciences humaines et Communication de l’Université Ouaga I Pr Joseph Ki-Zerbo organise du 14 au 16 novembre 2016 à Ouagadougou, le premier colloque international sur le thème est : « Mouvements sociaux et gouvernance en Afrique ». Ce rendez-vous scientifique vise, entre autres, à offrir un plateau de réflexions qui vont être utiles aux acteurs de la vie politique et publique et à encourager les jeunes chercheurs et les doctorants. A quelques jours de l’ouverture de cet espace international, le comité d’organisé a animé une conférence de presse dans la soirée de mercredi, 9 novembre 2016 à l’Université de Ouagadougou pour en dévoiler les grandes lignes.

 
« Mouvements sociaux et gouvernance en Afrique » : Ouagadougou crève l’abcès du 14 au 16 novembre prochain !

 

 

 

 

 

 

 

 

 

« La vie quotidienne secrète des changements, on ne peut pas décréter de les arrêter ou de les suspendre. (…). Les changements sont inhérents au cours de l’histoire ». Foi des organisateurs de ce rendez-vous international de réflexions, premier du genre. L’histoire de ce colloque remonte au premier trimestre 2014, situent les organisateurs qui font observer que, l’insurrection populaire d’octobre 2014 est donc venue légitimer la pertinence de ce cadre dont l’importance du thème n’est plus à démontrer. Aussi, « la proximité des dates de notre colloque avec le deuxième anniversaire de l’insurrection populaire d’octobre 2014 nous autorise à le percevoir comme une forme de contribution à sa commémoration », dédient les initiateurs de ce colloque.

Ce cadre se propose de comprendre comment naissent ces mouvements sociaux, comment ils se développent, leur contenu social, culturel et politique, leurs formes de représentations littéraires et artistiques. Selon les explications du président du comité d’organisation, Gabin Korbéogo, les réflexions viseront à établir une typologie de ces mouvements et voir s’il existe des permanences, des ruptures ou des spécificités à l’échelle locale, nationale ou régionale. « Les participants réfléchiront également sur les figures identitaires de ces mouvements sociaux et verront comment les tensions créées par ceux-ci sont gouvernées et les réponses aux aspirations des acteurs de ces remous sociaux et leurs portées. En un mot, le façonnement de l’ordre social et politique auquel aspirent les acteurs des mouvements sociaux appelle des lectures critiques et prospectives de la part des chercheurs », persuade M. Korbéogo. Les travaux seront incarnés par six axes thématiques sous forme d’ateliers : « Mouvements sociaux et changements politiques », « Figures féminines des mouvements sociaux », « Intellectuels et engagements partisans », « Enjeux territoriaux et mouvements sociaux », « Rôles des nouveaux médias, réseaux sociaux et mouvements sociaux en Afrique », et « Représentation littéraire et artistique des mouvements sociaux ».

Outre le Burkina, les participants viendront du Bénin, Togo, Sénégal, de la Côte d’Ivoire, du Cameroun, Mali, Niger, de la Belgique, de la France et de l’Allemagne.

Pour le directeur de l’Ecole doctorale des Lettres, Sciences humaines et communication, Pr Mahamadé Savadogo, ce colloque vise également à encourager les jeunes chercheurs en ce sens qu’il sera essentiellement animé par de jeunes enseignants-chercheurs et des doctorants. « On n’a pas cherché à mettre en valeur, les vieux routiers, les professeurs titulaires », confie Pr Savadogo pour qui, cette rencontre qui se veut une activité inédite au sein de l’école doctorale proposera des réflexions qui vont être utiles aux acteurs de la vie politique et publique. C’est également des espaces de partages de visions et de réseautage entre participants.

Les communications et autres actes importants du colloque vont être, après un travail scientifique, consignés dans un ouvrage qui sera publié. Les travaux, prévus pour se dérouler dans la salle de conférence de l’ISSP à l’Université de Ouagadougou, sont ouverts aux Etudiants, activistes, leaders des organisations de la société civile, dirigeants des partis politiques, aux gouvernants et à toute personne qui souhaite comprendre les mouvements sociaux.

O.L.O
Lefaso.net

Liste de quelques communications au programme :

- Mouvements sociaux et changement politique (Pr Mahamadé Savadogo, Université Ouaga I)

- Résistance au consensus et consensus de la résistance (Frederic Mopopulaires (ens, ULC Mons)

- Crise de la démocratie représentative et légitimité des mouvements de résistances populaires (Anatole Fogou, Université de Maroua, Cameroun)

- Vols et crimes à Lomé pendant la crise sociopolitique de 1990 à 1995 (EssohounaTanang (Unversité de Kara, Togo)

- Du mouvement social du 5 octobre 1990 à la conférence nationale souveraine de juillet 1991 et l’ouverture démocratique au Togo (Sama Missimba Wembou, Université de Lomé, Togo)

- Le M23 au Sénégal : décryptage d’un mouvement qui a voulu “changer le monde sans prendre le pouvoir” (Malick Diagne, Université Cheikh Anta Diop de Dakar, Sénégal)

- Engagement féminin des mouvements sociaux en Afrique (Manafa Kady Traoré (Université Alassane Dramane Ouattara de Bouaké, Côte d’Ivoire)

- Le rôle des femmes dans les crises africaines : le cas de Simone Gbagbo en Côte d’Ivoire (Aya Gazalo Kouassi, Université Alassane Dramane Ouattara de Bouaké, Côte d’Ivoire)

- Femme et politique au Bénin de 1990 à 2011 (Rogatien M. Tossou, Université d’Abomey-Calavi, Bénin)

- Résilience aux violences basées sur le genre et aux stéréotypes sexistes néfastes à la participation politique des femmes dans la région des Cascades : Exemple de Héma/Traoré Lotio Jeanine M. Laurence, une Sénoufo qui refuse d’être étrangère chez son mari Gouin (Miédome Kam, Université Ouaga I, Burkina)

- Le tribalisme dans le jeu politique : un fondement des mouvements sociaux en Afrique (Brou Dieudonné Koffi et Amenan Madeleine Kouassi, Université Alassane Dramane Ouattara de Bouaké, Côte d’Ivoire)

- Mouvements sociaux, leviers réels de changement social ou vecteurs de destabilisation politique et économique en Afrique post-coloniale ? : le cas du Mali (Sidiki Aboubacar Coulibaly, Université des Lettres et des Sciences humaines de Bamako, Mali)

- Société civile et émancipation politique en Afrique : cas du Niger (Moussa Hamidou Talibi, Université A.M/Niamey, Niger)

- L’éthique des mouvements sociaux : révolte et changement politique en Afrique (Laragnon Silué, Université Alassane Dramane Ouattara de Bouaké, Côte d’Ivoire)

- Syndicalisme et changement politique au Burkina Faso : jeu et enjeux de la contestation autour du processus démocratique en cours (Ezaï Nana, Université Ouaga I)

- L’Etat à l’épreuve du regain des turbulences populaires en milieu rural au Bénin (Affo Fabien, Université de Parakou, Bénin)

- Du néant à l’anéantissement de la violence politique : pour un enracinement de l’humain (Alexis Koffi Koffi, Université Alassane Dramane Ouattara de Bouaké, Côte d’Ivoire)

- Transhumance politique en Afrique rapportée à la désertion politique et philosophie recommandée par Sénèque (Paulin Hounsounon-Tolin, Université d’Abomey-Calavi, Bénin)

- Crise politico-économique et mouvements sociaux de 1985 à 1990 au Bénin (Bernard Fangnon et Paulin Jésutin Dossou, Université Polytechnique d’Abomey, Bénin)

- Le rôle des jeunes dans les lutes pour le pouvoir d’Etat au Burkina Faso, de la période de décolonisation à nos jours (Bourbila Daniel Wend-PangaKéré, Université Ouaga II)

- La révolte ou l’épreuve du risque : entre exigence morale et nécessité anthropologique (Mory Thiam, Université Cheikh Anta Diop de Dakar)

- Repenser avec Julien Freund les révoltes populaires en Afrique (Nanga Jean Soro, Université Alassane Dramane Ouattara de Bouaké, Côte d’Ivoire)

- Les réseaux sociaux numériques dans l’action collective au Burkina Faso (Esther Conseibo et Batcho Lucien, Université Ouaga I)

- Société civile et symétrie sociale : pour une quête de la justice citoyenne (Ako Frédéric Moné, Université Alassane Dramane Ouattara de Bouaké, Côte d’Ivoire)

- Naufrage démocratique en Afrique noire contemporaine : marginalisation et déshumanisation (Moumouni Moussa, Université A.M/Niamey)

- L’Afrique entre reconstruction de l’Etat-nation et djihadisme islamiste (Yawo Agbéko Amewu, Université de Lomé, Togo)

- L’idéal étatique hégélien comme principe substantiel des mouvements sociaux : pour une relecture des rapports entre société civile et Etat en Afrique (Akpolè Koffi Daniel Yao, Université Alassane Dramane Ouattara de Bouaké, Côte d’Ivoire)

- Les mouvements sociaux et les changements politiques en Afrique à la lumière de la pensée hobbisienne (Marie Agnès Ahoussia Yra, Université Alassane Dramane Ouattara)

- Peuple et pouvoir politique : penser la démocratie à partir du ‘’discours de Gettysburg d’Abraham Lincoln (Kokoré Koffi Dramane, Université Félix Houphouët-Boigny à Abidjan)

- Le juge constitutionnel de la transition burkinabè : défenseur des insurgés ou juge suprême de la Constitution (Yabré Gilbert Zongo, Université Ouaga I Pr Jospeh Ki-Zerbo)

- La rébellion ivoirienne de 2002 : une crise aux origines identitaires ? (Sévérin Zan Bi Irié, Université Alassane Dramane Ouattara de Bouaké, Côte d’Ivoire)

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Grossesses non desirées: des ONG adressent une lettre ouverte au ministre en charge de l’éducation nationale

Grossesses non desirées: des ONG adressent une lettre ouverte au ministre en charge de l’éducation nationale
© DR / Autre Presse
 
Grossesses non desirées: des ONG adressent une lettre ouverte au ministre en charge de l’éducation nationale
 
Nous, organisations membres d’Alliance Droits et Santé, un réseau d’Organisations Non Gouvernementales (ONG) regroupant six pays avec 16 structures membres - mouvements de jeunes, mouvements de femmes et associations techniques œuvrant dans le domaine des droits et de la santé sexuelle et reproductive, avons pour ambition d’améliorer le statut et la santé des femmes et des filles d’Afrique de l’Ouest.

 

C’est au regard de cette ambition que nous saluons l’engagement pris par le Premier Ministre lors de sa déclaration de politique générale en janvier 2016 – engagement d’ « intégrer dans les programmes de modules sur la santé sexuelle et reproductive afin de diminuer le nombre de grossesses précoces ».Nous nous intéressons plus particulièrement à la mise en application de cet engagement, au regard de la préoccupation majeure que constitue les grossesses non désirées dans les politiques de développement de notre jeunesse tant en milieu scolaire que non scolaire.

AUGMENTATION DES GROSSESSES PRÉCOCES EN MILIEU SCOLAIRE : UN DÉFI POUR LE GOUVERNEMENT

L’augmentation exponentielle des cas de grossesses non désirées dans nos établissements scolaires est un signe d’alerte pour l’ensemble des parties prenantes des systèmes éducatifs mais aussi sanitaires sur l’urgence d’agir de manière intégrée et multisectorielle sur les causes de ces grossesses non désirées chez les jeunes filles. À titre d’exemple, 56 cas de grossesses non désirées et 182 filles-mères ont été recensés au cours de l’année 2011-2012 dans les lycées et collèges de Ziniaré (région du Centre). Les efforts pour endiguer ce phénomène consentis par l’État et les partenaires techniques et financiers ainsi que les organisations de la société civile sont considérables. Il s’agit entre autre de la mise en œuvre du Plan Stratégique de santé des jeunes 2015-2020, du plan national de relance de la planification familiale 2013-2015, et des programmes d’éducation en matière de population (EMP) – qui existent depuis 1985 et dont le dernier couvre la période 2012-2016. Malgré ces multiples efforts, les indicateurs liés à la santé sexuelle et reproductive des jeunes filles et adolescentes restent alarmants et demeurent un souci pour l’État et un défi de développement pour notre pays. Selon l’EDS de 2010, « les proportions d’adolescentes ayant commencé leur vie féconde augmentent rapidement avec l’âge, passant de 1% à 15 ans à 18% à 17 ans et à 57% à 19 ans, âge auquel 49% des jeunes filles ont déjà eu au moins un enfant. »

LOURDES CONSEQUENCES SUR L’ÉDUCATION ET LA SANTÉ DES JEUNES FILLES

Les conséquences immédiates des grossesses non désirées en milieu scolaire sont un abandon scolaire plus fort chez les filles, qu’il s’agisse d’une décision personnelle des filles enceintes pour éviter la stigmatisation sociale ou que ce soit une déscolarisation par les parents qui redoutent ce fléau en milieux scolaire à l’égard de leurs filles. Pour l’année scolaire 2012-2013, seulement 19,4% des filles inscrites au post-primaire (collège) achevaient leurs études ; et seulement 6,6% des filles inscrites au secondaire (lycée) terminaient leur cursus. Cet état de fait induit plus tard une faible représentativité des filles et des femmes dans les sphères de décision. Autre conséquence grave pour les adolescentes subissant une grossesse non désirée : elles sont plus exposées à la mortalité maternelle (leur corps n’étant pas assez mature pour une grossesse) et aux complications liées à un avortement clandestin. À titre d’exemple, en 2001 au CHU-Souro SANOU de Bobo-Dioulasso, 37 % des décès maternels étaient dus à des avortements clandestins et plus de 50% concernaient des adolescentes.

APPEL À L’ACTION

Nous encourageons l’État, à travers le Ministère de l’Education nationale et de l’Alphabétisation, à concrétiser au plus vite l’engagement pris par le Premier Ministre en janvier 2016 d’intégrer des modules sur la santé sexuelle et reproductive dans les curricula de l’enseignement scolaire. L’effectivité de cette mesure permettra de donner un meilleur espoir de carrière et d’épanouissement à nos filles, et de renforcer leurs perspectives d’avenir et leur participation au processus de développement du Burkina Faso. Plus la mesure tardera à être mise en application, plus nos filles courront le risque de subir des grossesses non désirées, avortements à risque et abandons scolaires, qui auraient pu être évités.Nous, membres d’Alliance Droits et Santé, disons notre disponibilité à soutenir les initiatives du gouvernement pour l’amélioration de l’éducation juste de nos enfants à la santé sexuelle et reproductive. Monsieur le Ministre, une des clés au problème des grossesses non désirées en milieu scolaire est entre vos mains ; à vous l’action !

Ont signé les membres d’Alliance Droits et Santé au Burkina Faso :

ASMADE – Association Songui Manegre / Aide au Développement Endogène SOS/JD – SOS Jeunesse et Défis MMF – Marche Mondiale des Femmes / Action nationale du Burkina Faso Equipop – Equilibres & Populations.

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2016.11.11

Crimes et violences extrêmes à l’encontre des enfants en Afrique : Vaincre à tout prix cette « honte cachée »

Le Forum africain sur les politiques en faveur des enfants (African child policy forum ACPF), a organisé les 7 et 8 novembre 2016, à Addis-Abeba, la septième Conférence internationale des politiques en faveur de l’enfant africain. Le Burkina Faso y a été représenté par la Secrétaire d’Etat chargée des affaires sociales, des personnes vivant avec un handicap et de la lutte contre l’exclusion, Mme Yvette Dembélé.

 
Crimes et violences extrêmes à l’encontre des enfants en Afrique : Vaincre à tout prix cette « honte cachée »

Des autorités politiques, religieuses, coutumières, professionnels des medias et des acteurs de la société civile, ainsi que des personnes ressources se sont retrouvés dans la capitale éthiopienne durant 48 heures pour réfléchir surles voies et moyens de vaincre ce qu’ils ont qualifié de « honte cachée », à savoir les crimes et violences extrêmes commis contre des enfants. Les objectifs communs à tous sont entre autres, de faire le diagnostic sur les crimes et les pires formes de violences à l’encontre des enfants, définir les causes et les conséquences et mettre un plan d’actions efficaces de lutte pour la défense des droits des enfants africains. La Charte Africaine des Droits et du Bien-être (CADBE) de l’enfant stipule dans son article 16, paragraphe 1 que « les Etats parties à la présente charte prennent des mesures législatives, administratives, sociales et éducatives spécifiques pour protéger l’enfant contre toute forme de tortures, traitements inhumains et dégradants, et en particulier contre toute forme d’atteinte ou d’abus physique ou mental, de négligence ou de mauvais traitements, y compris les sévices sexuels, lorsqu’il est confiéà la garde d’un parent, d’un tuteur légal, de l’autorité scolaire ou de toute autre personne ayant la garde de l’enfant ».

Malheureusement, les études réalisées par le Forum africain sur les politiques en faveur des enfants, (ACPF) montrent que 60% des enfants en Zambie, Maroc et en Ouganda, et près de la moitié au Mali et en Ethiopie ont subi des châtiments corporels de la part de membres de leur famille. Au Burkina Faso, la situation n’est guère meilleure, bien que le gouvernement ait créé une direction s’occupant de la lutte contre les violences faites aux enfants avec des programmes élaborés, un protocole de prise en charge et une ligne téléphonique d’assistance aux enfants en danger. En effet, a relevé, la Secrétaire d’Etat Chargée des affaires sociales, des personnes vivant avec un handicap et de la lutte contre l’exclusion, Mme Yvette Dembélé, l’étude nationale sur les violences faites aux enfants réalisée en 2008 révèle quatre types de violences exercées sur les enfants : violences physiques (83,6%), verbales (63,9%), psychologiques (18,7%) et sexuelles (16,7%).

Pourtant poursuit-elle, le pays a ratifié la plupart des instruments internationaux relatifs à la protection des enfants, parmi lesquels la Convention relative aux droits de l’enfant (CDE) et la Charte africaine des Droits et du Bien-être de l’Enfant. Aussi la Constitution du Burkina Faso dispose-t-elle en son article 2 que « la protection de la vie, la sûreté, et l’intégrité physique sont garanties. Sont interdits et punis par la loi, l’esclavage, les pratiques esclavagistes, les traitements inhumains et cruels, dégradants et humiliants, la torture physique ou morale, les sévices et les mauvais traitements infliges aux enfants et toutes les formes d’avilissement de l’Homme ».

Si ces chiffres sont éloquents, ils en sont plus quand il s’agit des violences à l’encontre des enfants en situation de handicap. Une étude menée en 2013, lors du recensement général des enfants handicapés (RGEH) au Burkina Faso montre que le pourcentage de ces enfants ayant subi une discrimination quelconque liée à leur situation de handicap est de 48%. Selon le rapport 2012, présenté par l’ONG Under The Same Sun (Sous Le même Soleil), 71 cas de meurtres commis contre des personnes atteintes d’albinisme ont été enregistrés en Tanzanie, 17 au Burundi, 07 au Kenya et trois en Swaziland.A ces violences s’ajoutent celles relatives aux mutilations génitalesféminines et au mariage précoce qui font état de trois millions de filles excisées chaque année en Afrique et 39% de filles mariées en Afrique subsaharienne avant l’âge de 18 ans.

Bannir à tout prix ces violences

Des statistiques qui font dire l’Imam Ousman Jah, Amirul Hajj de la République de Gambie, « nos enfants ne méritent pas la violence. Le prophète (PSL) interdit la violation des droits consacrés à la créature de Dieu qu’est l’Homme et appelle tous les musulmans à consacrer une attention particulière aux enfants ». L’évêque Michael Msonganzila du diocèse de Musoma en République Unie de Tanzanie, dira tout simplement que le défi du continent, c’est de permettre aux enfants africains de réaliser leur rêve, de devenir ce qu’ils veulent devenir, pour cela il faudra leur donner l’espace et le pouvoir de rêver.

C’est pourquoi les différents intervenants, tout en reconnaissant que les crimes et violences à l’encontre des enfants sont inacceptables, ont appelé les gouvernements, les leaders religieux et coutumiers, la société civile et les professionnels des medias à œuvrer pour une harmonisation des textes juridiques internationaux sur la protection des droits des enfants. Ils ont également recommandél’implication et l’appropriation de la lutte par les pouvoirs exécutifs ainsi, que le renforcement des capacitéséconomiques des parents afin de lutter contre la pauvreté et le travail des enfants. Au niveau panafricain, ils suggèrent la prise en compte du sujet sur les crimes et violences à l’encontre des enfants dans le programme des experts en droits, afin qu’il soit discuté lors du prochain sommet des chefs d’Etat africains. Il faut, conclut Mme Gracia Machel, présidente du Conseil d’administration international de l’ACPF, du courage pour se regarder dans le miroir. L’organisation de cette conférence marque le début d’un processus, celui de mettre fin à cette honte cachée.

Service presse Ambassade,
Mission Permanente du Burkina en Ethiopie

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René Bagoro : « Un TGI et une maison d’arrêt .... nécessite plus d’un milliard de F CFA »

Réné Bagoro - Ministre de la Justice, des droits humains et de la promotion civique, Garde des Sceaux
© DR / Autre Presse
 
Réné Bagoro - Ministre de la Justice, des droits humains et de la promotion civique, Garde des Sceaux
 
A l’occasion de l’inauguration du Tribunal de Grande Instance (TGI) de Koupèla, le ministre de la Justice, des droits Humains et de la Promotion civique, René Bagoro, s’est entretenu avec Sidwaya sur le maillage judiciaire du Burkina Faso. Pour lui, c’est une des conditions de l’accès à la justice. Il a également abordé les raisons de l’ouverture du TGI de Koupèla.


Sidwaya (S.) : Ce jour 11 novembre, le Tribunal de grande instance (TGI) de Koupèla est inauguré. Quelles sont les raisons qui ont prévalu à la création de ce TGI et le choix de Koupèla pour l’abriter ?

René Bagoro (R. B.) : La loi portant organisation judiciaire de notre pays prévoit la création d’un Tribunal de grande instance dans chaque province. Logiquement, nous devrions avoir 45 Tribunaux de grande instance correspondant aux 45 provinces du Burkina Faso. Mais au regard des difficultés financières du pays, c’est un processus de construction qui est mis en place pour satisfaire cette obligation. Nous avons de nos jours vingt-quatre (24) tribunaux de grande instance, ce qui veut dire qu’il reste encore vingt et un (21) autres à construire. C’est dans ce sens et conformément à l’engagement du chef de l’Etat de renforcer l’accès à la justice que nous avons entrepris de doter progressivement chaque chef-lieu de province, d’un TGI.

Le choix de Koupèla pour abriter ce TGI s’est opéré à partir de critères précis. En dehors des TGI de Ouagadougou et de Bobo-Dioulasso, c’est celui de Tenkodogo (NDLR : chef-lieu de la région du Centre-Est) qui enregistre le plus d’affaires. Et le taux de surpopulation carcérale est très élevé à Tenkodogo. La création du TGI de Koupèla, avec la maison d’arrêt et de correction, va permettre d’alléger le travail des juges. En effet, toutes les personnes interpelées dans le ressort de la province du Kouritenga dont Koupèla est le chef-lieu étaient déferrées à Tenkodogo. Désormais, ces personnes seront jugées au TGI de Koupèla, ce qui fait du travail en moins pour celui de Tenkodogo.

Deuxièmement, à partir du moment où il y aura une maison d’arrêt et de correction à Koupèla, cela va désengorger celle de Tenkodogo qui est surpeuplée. Il va de soi que le travail personnel de la garde de sécurité pénitentiaire sera également allégé pour plus d’efficacité.

S. : Avec l’ouverture de ce TGI, quels sont les différents services qui seront offerts aux justiciables ?

R. B. : Le TGI de Koupèla va offrir les services qu’on rencontre ordinairement dans une juridiction. Les juges auront à traiter des affaires en matière pénale, civile et commerciale. Ils vont aussi délivrer certains actes notamment les casiers judiciaires et les certificats de nationalité. Ce TGI sera en même temps le tribunal administratif.

S. : Est-ce qu’il y avait une nécessité d’ouvrir une maison d’arrêt et de correction à Koupèla ?

R. B. : Il y avait nécessité d’autant plus que l’ouverture d’un TGI implique obligatoirement celle d’une maison d’arrêt et de correction. Comme le TGI de Koupèla aura un volet pénal, il y aura certainement des jugements y relatifs. Des personnes pourraient être condamnées et être détenues. Même celles qui ne sont pas condamnées seront en détention préventive en attendant leur jugement. A partir du moment où c’est un TGI, cela s’imposait.

S. : A combien peut-on estimer le coût de ces infrastructures ?

R. B. : Construire un TGI et une maison d’arrêt et de correction de nos jours, nécessite un milliard de F CFA. Les travaux de construction du TGI et de la maison d’arrêt et de correction ont coûté plus d’un milliard de F CFA. Le TGI à lui seul a nécessité 700 millions de F CFA et la maison d’arrêt 500 millions de F CFA.

S. : A l’heure actuelle, le TGI et la maison d’arrêt et de correction disposent-ils du personnel nécessaire pour fonctionner ?

R. B. : Les deux structures disposent déjà du personnel nécessaire pour être opérationnelles. Nous avons déjà pré-positionné le personnel qui servira au TGI de Koupèla, notamment le procureur du Faso, le président du tribunal, un substitut, un juge d’instruction et un juge au siège. Pour la maison d’arrêt et de correction, le directeur a déjà été nommé. Un personnel comprenant 17 agents est affecté et est déjà sur place. Un greffier en chef a également été nommé. Du point de vue humain, le TGI et la maison d’arrêt sont prêts pour démarrer leurs activités.

S. : La loi relative à la création de la Cour d’appel de Fada et de Dori a été récemment votée. A quand leur ouverture ?

R. B. : Effectivement, la loi portant création de la Cour d’appel de Fada a été adoptée le 20 octobre 2016. Il reste qu’elle soit promulguée pour entrer en vigueur. Les locaux de la Cour d’appel de Fada sont achevés et le personnel pourra commencer à travailler. Tout le personnel y est également pré-positionné pour l’ouverture. Il s’agit du premier président, du procureur général, du greffier en chef et des autres agents. Actuellement, nous attendons la promulgation de la loi dans le Journal officiel. Pour qu’une loi puisse entrer en vigueur, il faut qu’elle soit publiée au Journal officiel. Nous espérons que ce sera fait avant la fin de l’année.

S. : Et celle de Dori ?

R. B. : A Dori, il ne s’agit pas de Cour d’appel mais de tribunal de travail. Il y en a un également à Fada. A ce niveau, les lois ne sont pas encore promulguées. C’est le 20 octobre 2016 que ces deux lois ont été votées, notamment l’une sur la Cour d’appel et l’autre sur la création des tribunaux de travail de Dori et de Fada. Pour ces cas, nous n’avons pas encore pré-positionné le personnel. Nous sommes en train de réfléchir pour voir s’il faut nommer un personnel qui va occuper les mêmes locaux que les tribunaux existants ou s’il faut attendre. Dès que la loi sera promulguée, nous allons entamer le processus de leur mise en œuvre. Mais il faut dire qu’à ce niveau, c’est moins avancé que la Cour d’appel de Fada.

S. : Il y a également le TGI de Ouagadougou II. A quand son effectivité ?

R. B. : Je relevais à l’instant que les TGI de Ouagadougou et de Bobo-Dioulasso étaient ceux qui recevaient le plus d’affaires. Nous attendons que notre budget 2017 soit adopté, pour démarrer les travaux du TGI de Ouagadougou II.

S. : Peut-on dire que le maillage judiciaire du pays est relativement suffisant avec l’ouverture de ces nouvelles juridictions ?

R. B. : Le maillage judiciaire du pays est encore un peu mitigé au-delà des efforts qui sont faits. Nous devrions avoir 45 TGI et avec l’ouverture de celui de Koupèla, nous serons à 25. Il reste encore 20 provinces à couvrir. Il y a des localités qui sont loin du chef-lieu du siège du tribunal. Nous ne pouvons pas en l’état actuel, nous réjouir du maillage. Il y a beaucoup d’efforts à fournir. Il nous faut trois à quatre Tribunaux de grande instance par an pour qu’au cours des cinq prochaines années, nous puissions avoir un maillage assez satisfaisant. C’est difficile, il faut des moyens. L’accès à la justice est une volonté du président du Faso et cela passe par la construction de tribunaux.

S. : Depuis un certain temps, on parle de modernisation de l’institution judiciaire. Que recouvre cette notion ?

R. B. : Au niveau de la gestion quotidienne des services publics de la justice, nous sommes en train d’aller vers l’informatisation. De nos jours, si une personne veut établir un casier judiciaire, elle est obligée d’aller déposer un dossier et il y a de nombreuses manœuvres. Nous devons pouvoir disposer d’un centre où toutes les données sont rassemblées, de telle sorte qu’une personne qui dépose une demande de casier judiciaire, en un seul clic on puisse connaître sa situation et lui délivrer son document. Il peut en être ainsi pour les certificats de nationalité. Nous devons donc informatiser les chaînes, pénale, commerciale et sociale. En plus, il nous faut équiper nos palais de matériels informatiques qui permettent aux magistrats de pouvoir faire de la recherche. Le droit évolue et un magistrat qui n’a pas accès à internet sera limité. Aussi, nous avons besoin de maisons d’arrêt et de correction qui répondent aux standards, notamment en ayant des quartiers à part pour les femmes et les mineurs. En termes de sécurité, nous devons équiper nos maisons d’arrêt et de correction de matériels de surveillance. Tout cela recouvre la notion de modernisation de l’institution judiciaire. La modernisation implique aussi le renforcement des capacités. Nous devons travailler davantage à la spécialisation des magistrats et du personnel judiciaire. Parce qu’aujourd’hui, un magistrat généraliste ne peut pas être efficace.

S. : La modernisation ne passe-t-elle pas aussi par un accroissement du personnel ?

R. B. : Vous avez raison ! Pour pouvoir atteindre un taux élevé d’accès à la justice, il nous faut construire des tribunaux qu’il faudra par la suite doter en personnel. A partir de cette année, nous allons recruter 100 magistrats par an pour les déployer par la suite dans les tribunaux. Pour le personnel de la garde de sécurité pénitentiaire, nous allons recruter 300 personnes par an dans les trois prochaines années. Il faut renforcer le personnel, car moins les gens seront chargés, plus ils seront efficaces. Or, pour qu’ils soient moins chargés, il leur faut, non seulement des outils modernes de travail, mais que leur nombre soit relativement élevé.

S. : Est-ce que cette modernisation implique aussi les différentes réformes entreprises au niveau du statut de la magistrature ?

R. B. : Nous avons aujourd’hui un statut de la magistrature qu’on peut qualifier de respectueux de l’Etat de droit. Dans la mesure où la magistrature, en tant que pouvoir, est autonome et au sein de laquelle il n’y a plus la présence du chef de l’Etat et du ministre de la Justice. Nous sommes en train de relire les textes pour nous pencher sur le cas des procédures. Car une procédure moderne est celle qui est assouplie pour éviter les lourdeurs inutiles. Nous sommes en train de relire la loi portant organisation judiciaire. Nous allons relire les lois sur la Chambre criminelle et l’organisation pénitentiaire. Toutes ces initiatives font parties de la modernisation, parce qu’il s’agit aussi d’adopter des textes qui puissent permettre une fluidité et une lisibilité du travail du juge.

S. : Vous avez évoqué entre temps le recrutement de 100 magistrats par an. Et il se trouve que parfois, le test n’arrive pas à avoir un tel nombre d’admis. Comment allez-vous vous y prendre ?

R. B. : Nous devons allier le souci d’avoir un personnel suffisant et de qualité. Chaque année, on recrutait 30 magistrats et le gouvernement a décidé de passer désormais à 100. C’est un gros effort. Il ne suffit pas de recruter un nombre pléthorique, mais de prendre des gens compétents. Nous aurions souhaité avoir tous nos 100 élèves magistrats, mais si les personnes commises à la correction de leurs copies ou à l’examen de leur aptitude, estiment qu’elles ne peuvent nous fournir qu’une quatre vingtaine de personnes, nous ne pouvons que prendre acte. En espérant que les années à venir, les candidats qui se présenteront, donneront le meilleur d’eux-mêmes pour que nous puissions atteindre ce nombre escompté.

Je voudrais que la presse puisse également nous aider à cette modernisation de la justice. Il faut aussi souligner que la modernisation de la justice passe par la volonté des acteurs à communiquer. En tant que ministre de la justice, je suis disponible et je souhaite que la presse puisse de temps en temps, nous approcher comme nous aussi nous le faisons. C’est ainsi que nous pourrons aider les citoyens à comprendre certaines choses. Nous espérons que lorsque la date de l’ouverture de la Cour d’appel de Fada N’Gourma sera annoncée, vous donnerez l’occasion pour qu’on puisse expliquer son rôle. Puisqu’avec la création de cette Cour d’appel, nous en aurons maintenant trois au Burkina Faso.

S. : La modernisation implique-t-elle aussi un volet communication ?

R. B : Tout à fait ! Parce qu’aujourd’hui, la gouvernance doit faire partie de l’activité juridictionnelle. Bien évidemment, le juge n’a pas chaque fois à expliquer pourquoi il prend des décisions, mais les citoyens ont besoin d’avoir des informations dans certaines situations.

Le volet communication est un élément important, car nous sommes aujourd’hui dans une situation où tous ceux qui ont une parcelle de pouvoir, doivent rendre compte aux citoyens au nom desquels ils agissent. Nous sommes en train de travailler dans ce sens et nous sollicitons votre accompagnement.

Interview réalisée par Karim BADOLO

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Allaitement maternel : Des experts échanges sur les conclusions de l’étude

L’épouse du Président du Faso, Madame Sika KABORE a présidé le jeudi 8 septembre 2016, la cérémonie d’ouverture des premières Journées de la médecine nucléaire sur le thème : « Place de la médecine nucléaire dans l’univers diagnostic au Burkina Faso ». Photo d'archives, utilisée à titre d'illustration
© DR / Autre Presse
 
L’épouse du Président du Faso, Madame Sika KABORE a présidé le jeudi 8 septembre 2016, la cérémonie d’ouverture des premières Journées de la médecine nucléaire sur le thème : « Place de la médecine nucléaire dans l’univers diagnostic au Burkina Faso ». Photo d'archives, utilisée à titre d'illustration
 
L’épouse du Chef de l’Etat, Sika Kaboré, a parrainé le lancement du Lancet Series 2016 sur l’allaitement maternel, les 7 et 8 novembre 2016, à Ouagadougou. Cette activité a été co-organisé par l’ONG Alive and Thrive, l’UNICEF et le ministère de la santé.


«The Lancet », du nom de l’instrument chirurgical lancette en français, est une revue scientifique médicale britannique. Le 29 janvier 2016, elle a publié les résultats d’une recherche sur l’allaitement maternel. Cette étude a concerné 164 pays. Elle a été financée par la Fondation Bill et Melinda Gates. La restitution des conclusions de ce magazine a fait l’objet d’une réunion de haut niveau, les 7 et 8 novembre dernier, à Ouagadougou, une première en Afrique francophone. Les participants étaient du Burkina Faso, du Cameroun, du Sénégal, des Etats-Unis, de la Côte d’Ivoire, de la Guinée-Bissau, du Tchad, des bureaux de l’OMS et de l’UNICEF. Selon l’un des auteurs du Lancet, Nemat Hajeebhoy de la Fondation Bill et Melinda Gates, les études ont prouvé que l’amélioration des pratiques d’allaitement maternel pourrait sauver environ 820 mille vies par an, soit 87% des enfants de moins de 6 ans. Il est ressorti aussi que près de la moitié de tous les épisodes de diarrhée et un tiers de toutes les infections respiratoires pourraient être prévenues, grâce à l’allaitement maternel dans les pays à revenu faible comme le Burkina Faso. « Il existe de plus en plus d’évidences sur l’importance de l’allaitement maternel dans la réduction de la prévalence de surpoids, de l’obésité et du diabète, une fois atteint l’âge adulte », a expliqué Nemat Hajeebhoy. Outre ces avantages du lait maternel, le Lancet a démontré clairement qu’il augmente les performances scolaires et le rendement de l’enfant à l’âge adulte. Les pays à revenu élevé perdent plus de 230 milliards de dollars annuellement dû aux faibles taux d’allaitement maternel, ceux à revenu faibles, perdent plus de 70 milliards par an, a révélé le Lancet. Elle a soutenu que le marketing à grande échelle des substituts du lait maternel par les groupes industriels, mine la bonne pratique de l’allaitement maternel. « Tous les nourrissons de moins de six mois devraient être allaités exclusivement, pourtant seulement 37% atteignent actuellement cet objectif. Alors, que l’objectif global est d’atteindre un taux d’allaitement exclusif chez les moins de six mois d’au moins 50% d’ici à 2025 », a-t-elle dit.

18 semaines de congé de maternité, selon l’OIT

Pour la mère, l’étude a listé des bénéfices. Ainsi, pour chaque année qu’une femme allaite, le risque de développer un cancer invasif du sein est réduit de 6%. L’allaitement maternel réduit également le risque de cancer de l’ovaire. Les taux actuels d’allaitement maternel préviennent presque 20.000 cas de décès dus au cancer du sein. La revue a par ailleurs dénoncé, le fait que les femmes n’aient pas le soutien dont elles ont besoin en matière d’allaitement. Cela s’explique par le fait de la limite ou de l’inexistence des politiques en matière de protection maternelle, une situation qui empêche de nombreuses femmes d’allaiter de façon optimale. « Les congés de maternité courts (six semaines) augmentent le risque de non allaitement ou du sevrage précoce de 400%. Moins d’un quart (23%) des pays atteignent ou surpassent la recommandation de l’Organisation internationale du travail qui préconise un minimum de 18 semaines de congés de maternité », a ajouté Nemat Hajeebhoy. Elle a soutenu que le marketing à grande échelle des substituts du lait maternel par les groupes industriels mine la bonne pratique de l’allaitement maternel. « Tous les nourrissons de moins de six mois devraient être allaités exclusivement, pourtant seulement 37% atteignent actuellement cet objectif. Alors que l’objectif global est d’atteindre un taux d’allaitement exclusif chez les moins de six mois d’au moins 50% d’ici à 2025 », a-t-elle dit. Pour l’épouse du chef de l’Etat, le Burkina Faso, contrairement à d’autres pays, se trouve sur une bonne voie en matière de promotion des bonnes pratiques d’allaitement maternel exclusif. C’est pourquoi, elle s’est réjouie de la tenue de cette rencontre de haut niveau dans la capitale burkinabè. Elle a exhorté les femmes, les hommes, les décideurs politiques...à investir davantage dans la santé de la mère et de l’enfant. Une opinion soutenue par l’ONG Alive and Thrive. Par la voix de son directeur-pays, Adama Thiombiano, l’ONG entend poursuivre son plaidoyer et ses activités de sensibilisation de masse dans l’ensemble des 13 régions du Burkina Faso. Il a, à cet effet, partagé avec l’ensemble des participants, les stratégies de Alive and Thrive pour faire passer son message auprès des populations et des décideurs politiques burkinabè. De son côté, la directrice de la nutrition du Burkina Faso, Bertine Ouaro, est revenu sur la politique mise en place par le ministère de la Santé pour promouvoir la santé de l’enfant à travers le plan stratégique de la nutrition. Elle a aussi souhaité le passage à l’échelle du système Alimentation du nourrisson et du jeune enfant (ANJE). La représentante-pays de l’UNICEF, Anne Vincent, quant à elle, a laissé entendre que son organisme soutiendra toutes les actions allant dans le sens de l’amélioration de la qualité de vie de l’enfant et du nourrisson.

Gaspard BAYALA

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2016.11.10

Burkina : un demi-million d'enfants souffrent de la malnutrition aiguë

Pauline Zouré - Secrétaire d'Etat chargée de l'aménagement du territoire
© DR / Autre Presse
 
Pauline Zouré - Secrétaire d'Etat chargée de l'aménagement du territoire
 
Au Burkina Faso, environ 500.000 enfants, soit un gamin sur dix, souffrent de la malnutrition aiguë pouvant entraîner la mort, a déclaré mercredi la secrétaire d'Etat burkinabè chargée de l'aménagement du territoire, Pauline Zouré.


Mme Zouré a fait cette remarque à Ouagadougou, capitale burkinabè, à l'occasion du lancement régional Afrique de l'Ouest du Rapport mondial sur la nutrition 2016.

Selon les résultats du rapport produit par le Groupe régional de travail sur la nutrition, l'UNICEF, le PAM, l'Action contre la faim et la FAO, plus de 16 millions d'enfants de moins de cinq ans sont chroniquement malnutris et 4,6 millions d'enfants sont gravement affectés par la malnutrition aiguë en Afrique de l'Ouest.

Le rapport note pourtant une croissance rapide de la population dont plus de 50% est âgée de moins de 19 ans.

Les auteurs du rapport invitent les dirigeants à placer la nutrition au cœur des objectifs de développement durable, car "il faut faire le choix politique d'éliminer toutes les formes de malnutrition".

La malnutrition représente 1/3 des causes de mortalité directes et indirectes chez les enfants de moins de cinq ans, au Burkina Faso en particulier et en général au Sahel, selon les spécialistes qui la définient comme étant "un état de déséquilibre entre les besoins de l'organisme et les apports fournis par l'alimentation".

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Promotion de l’inclusion et équité en genre au Burkina Faso : Quelle contribution des leaders religieux et des coutumiers ?

Le Réseau MARP-Burkina en collaboration avec l’Office de développement des églises évangéliques (ODE) et l’Alliance technique d’assistance au développement (ATAD) sensibilise les leaders religieux sur l’inclusion et le genre à travers un atelier de formation. Une formation qui se base sur les principes religieux qui accordent une place à la femme dans la société. Cet atelier a eu lieu le 09 novembre 2016 à Ouagadougou.

 
Promotion de l’inclusion et équité  en genre au Burkina Faso : Quelle contribution des leaders religieux et des coutumiers ?

Impliquer les leaders religieux et les coutumiers afin qu’ils soient les canaux par lesquels tous les fils et filles du Burkina Faso seront intégrés dans toutes les actions du développement. Une initiative que la religion permettra d’atteindre parce qu’elle est un moyen de socialisation de la société. C’est en cet effet que monsieur Mathieu OUEDRAOGO, président du réseau MARP-Burkina a affirmé que : « le développement ne peut s’opérer qu’avec l’homme et la femme ».

La femme étant un être qui est souvent reléguée au second plan, il faut qu’elle soit prise en compte et qu’il y ait de l’équité dans le traitement pour que lesdites actions réussissent. C’est ce que confirme aussi madame Laure ZONGO/HIEN, Ministre de la femme, de la solidarité nationale et la famille lorsqu’elle laisse entendre ceci : « La tenue de la présente rencontre d’échange et de sensibilisation permettra de définir une stratégie et un cadre d’action qui favorisent une meilleure intégration du genre permettant à la femme et à la jeune fille de participer pleinement à la production de biens et services et d’avoir un accès équitable au bénéfice du développent économique, social et politique qu’elles contribuent à gérer ».

En outre, le réseau MARP-Burkina et ses collaborateurs poursuivent trois objectifs majeurs. Ce sont entre autres, la valorisation de la femme dans le développement socio-économique, réduction des inégalités et disparités de genre suscitées par les mauvaises interprétations religieuses et la définition des orientations pour une amélioration de la perception de la femme dans la société.

L’atelier sera animé par les leaders religieux de chaque confession religieuse (Catholique, Evangélique et Musulmane) et les leaders coutumiers. Parlant des participants à cette rencontre, l’on a les représentants des différentes confessions religieuses, les partenaires et alliés de Christian Aid, le ministère de l’Action sociale, les organisations nationales de promotion de la femme et du genre.

Yvette Zongo (Stagiaire)
Lefaso.net

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2016.11.09

Journée internationale pour la prévention des catastrophes 2016 : Pour une réduction des pertes en vie humaine

Dans le cadre de la célébration de la journée internationale pour la prévention des catastrophes 2016, le Secrétariat permanent du Conseil national de secours d’urgence et de réhabilitation (SP/CONASUR), avec le soutien du Système des nations-unies ont initié une conférence publique sur la réduction des risques de catastrophes au Burkina, ce mardi 8 novembre 2016, à Ouagadougou.

Le ministre en charge de la solidarité nationale, Laure Zongo

Le ministre en charge de la solidarité nationale, Laure Zongo

Le Burkina Faso, à l’instar des autres pays du monde entier, célèbre chaque année la Journée internationale de la prévention des catastrophes (JIPC). Célébré chaque 13 octobre, la JIPC vise à sensibiliser les gouvernants et les populations sur l’importance de la réduction des risques de catastrophes, et de les encourager à construire des communautés et des nations résilientes. En cette année, le thème adopté lors de la conférence mondiale des Nations-Unies sur la prévention des catastrophes est : « Vivre pour raconter ».

C’est allant de la célébration de cette journée, que le Secrétariat permanent du Conseil national de secours d’urgence et de réhabilitation (SP/CONASUR), avec le soutien du Système des nations-unies ont organisé cette conférence publique qui sera essentiellement focalisée sur l’appropriation du Cadre d’action de Sendai et du plan en matière de réduction de risques de catastrophes.

L’objectif visé est d’informer les participants sur les cadres de références en réduction des risques des catastrophes et sur la mortalité due aux catastrophes ainsi que les actions entreprises au Burkina pour réduire leurs effets.

Selon le représentant du Système des Nations-Unies, Daouda Djouma, c’est conscient des dégâts causés par les catastrophes, que les gouvernements ont adopté le cadre de Sendai pour la réduction des risques de catastrophe et intégré ses objectifs au Programme de développement durable à l’horizon 2030. Et d’ajouter que pour ce cadre, le secrétaire général des Nations-Unies à lancer le 13 octobre passé : « la campagne Sendai sept- 7 objectifs, 7 années », avant d’indiquer que le plan d’action pour la réduction des risques, la préparation et la réponse aux urgences du Burkina Faso est aligné avec les priorités du cadre d’action Sendai.

Le représentant du Système des Nations-Unies, Daouda Djouma

Le représentant du Système des Nations-Unies, Daouda Djouma

« Face aux risques de catastrophes, il faut adopter une approche préventive plus large privilégiant d’avantage la dimension humaine », rappelle, Daouda Djouma.

Pour sa part, Laure Zongo, ministre en charge de la Solidarité nationale et de la famille, le plan d’action national pour le renforcement des capacités pour la réduction et la préparation à la réponse aux urgences permet au Burkina de mieux intégrer la gestion des risques de catastrophes dans ses actions.

De ce fait, elle a lancé un appel aux partenaires techniques et financiers, aux autorités locales, aux associations et aux ONG, ainsi qu’à tous les intervenants dans la réduction des risques de catastrophes, afin qu’ils puissent davantage accompagner le gouvernement burkinabè dans sa quête perpétuelle, pour le renforcement des capacités de résilience des populations face aux catastrophes.

Nadège Compaoré

Infowakat.net

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