topblog Ivoire blogs

2019.02.20

Haut Conseil du dialogue social : Le Plan d’action stratégique soumis à une session extraordinaire

Haut Conseil du dialogue social : Le Plan d’action stratégique soumis à une session extraordinaire

C’est dans un contexte de troubles sociaux, de défis sécuritaires et économiques, dans lequel il entend jouer sa pleine partition pour un climat de paix et de progrès social, que le Haut conseil du dialogue social (HCDS) a ouvert ce mardi, 19 février 2019 à son siège à Ouagadougou, sa première session extraordinaire de l’année 2019. Cette parenthèse vise à examiner et adopter le plan d’action stratégique de l’institution.

Selon son président, Pr Domba Jean-Pierre Palm, ce moment se veut un ’’tournant décisif" dans la vie du HCDS. « Principal instrument de promotion du dialogue social, le Haut conseil du dialogue social entend dérouler sa mission pour instaurer les conditions de développement de notre pays. Cet objectif cher à notre institution ne saurait être une réalité sans une prise de mesures indispensables et nécessaires à sa bonne marche », a expliqué le président, justifiant l’impératif pour son institution de se doter d’instruments de pilotage, dont le plan d’action stratégique. Selon les responsables du HCDS, c’est par cet instrument que l’institution entend déployer ses mécanismes d’intervention sur le terrain et contribuer à l’avènement d’un climat de paix durable et de quiétude.

« Le Haut Conseil du dialogue social entend ainsi jouer sa partition en complémentarité, en harmonie et en synergie avec les autres institutions de la place, qui interviennent dans le domaine de la cohésion sociale. Le plan d’action fixe, oriente et guide nos actions sur le terrain politique, économique et social », soutient M. Palm, précisant que ce référentiel court de 2018 à 2021.

Malgré les difficultés, l’institution bouge. « Nous ne sommes pas dans les gesticulations, il faut bouger en fonction de principes et d’axes clairs, avec des objectifs précis que nous devons atteindre. Pour ce faire, il faut qu’on adopte un certain nombre d’instruments … », explique Pr Palm, informant au passage que des attaches sont en train d’être prises avec les organisations similaires dans la perspective d’une synergie d’actions pour un climat social serein. L’institution prévoit également d’établir une carte des risques ; ce qui permet d’anticiper sur certaines difficultés.

Officiellement installé en mai 2018, le Haut conseil du dialogue social se veut une force de propositions à l’autorité. Selon ses responsables, l’institution a déjà contribué au dénouement de plusieurs situations de crise, dont celle des transporteurs routiers suite à l’augmentation du prix du carburant.
L’adoption du plan d’action stratégique devra donc permettre à l’institution de répondre diligemment et efficacement aux besoins sur le terrain pour le bonheur de la société Burkinabè.

O.L
Lefaso.net

Protection des défenseurs des droits humains : Des réflexions pour une meilleure application de la loi

 Protection des défenseurs des droits humains : Des réflexions pour une meilleure application de la loi

La Commission nationale des droits humains en collaboration avec la Coalition burkinabè des défenseurs des droits humains et le Service international pour les droits humains mènent des réflexions depuis pour la mise en œuvre de la loi portant protection des défenseurs des droits de l’homme. C’est à travers un atelier ouvert ce mardi 19 février 2019 à Ouagadougou. Au bout des deux jours de travaux, la trentaine de participants devra proposer un plan d’action pour une application de la loi 039/2017/AN au Burkina Faso.

De façon générale, les défenseurs des droits humains sont confrontés à de nombreux défis et paient même au prix de leur vie leur combat dans certains pays du monde, selon le Service international des droits humains. La loi portant sur la protection des défenseurs de droits de l’homme au Burkina Faso a été adoptée le 27 juin 2017. Face à des défis liés à son application, ses bénéficiaires veulent proposer un mécanisme pour sa mise en œuvre. Ces organisations de la société civile sonnent l’heure de la protection des défenseurs des droits de l’homme.

« En général la situation de la protection des défenseurs des droits de l’homme est acceptable au Burkina Faso grâce aux réformes qui ont été faites », a noté Florence Ouattara, coordonnatrice de la Coalition burkinabè des défenseurs des droits humains (CBDDH). Le défi sécuritaire lié au terrorisme freine toutefois l’élan.

La présente consultation entre acteurs du domaine s’appuiera sur l’expérience des pays comme la Côte d’Ivoire et ceux de l’Amérique latine, en l’adaptant au contexte burkinabè en vue de dégager un mécanisme « pour que plus jamais, les droits d’un défenseur des droits humains ne soient violés ». Pour la Coalition, « tout citoyen engagé dans la défense des droits humains doit être protégé ».

Quelques participants à l’atélier

Du contexte sécuritaire et de la question des groupes d’autodéfense

« Les activistes pour les droits de l’homme sont surtout menacés ou persécutés lorsqu’ils œuvrent dans le domaine de l’environnement et du terrorisme selon le régime politique du pays dans lequel ils travaillent », a expliqué Adelaïde Etong Kame, chargée de plaidoyer Afrique du Service international des droits humains. Le contexte sécuritaire marqué par les actes terroristes joue sur le dispositif de protection des droits humains.

Face à cela, « Il y a quelque chose à faire au niveau des groupes d’autodéfense car ils ont des pratiques qui sont aux antipodes de ce que nous souhaitons », a lancé Florence Ouattara. Avant de poursuivre : « L’Etat gagnerait à recentrer les actions des Koglweogo ».

A l’heure où certaines opinions relaient des cas présumés d’exécution sommaire faites par des éléments de l’armée dans certaines régions du Burkina, la CBDDH réagit. Pour elle, « les terroristes violent des droits humains et l’instinct de survie peut amener un militaire à tuer pour se maintenir en vie. Dans l’ordre normal des choses, nous souhaitons que toute personne qui est prise en violation des droits humains soit traduite en justice. Sur le terrain c’est différent mais il ne faut pas oublier que les forces de défenses ont payé un lourd tribut dans cette guerre ».

Notons que la loi 039/2017/AN portant protection des défenseurs des droits de l’homme concerne aussi bien les Burkinabè que les étrangers en activité sur le territoire national.

Mariam Ouédraogo (Stagiaire)
Lefaso.net