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2016.11.18

L’épouse du Président du Faso aux côtés des enfants et des adolescents

L’épouse du Président du Faso aux côtés des enfants et des adolescents
© DR / Autre Presse
 
L’épouse du Président du Faso aux côtés des enfants et des adolescents
 
L’épouse du Président du Faso, Madame Sika KABORE a présidé dans la matinée du jeudi 17 novembre 2016, la cérémonie d’ouverture de la 2ème édition du Salon international de l’enfant et de l’adolescent (SINEA).


Placé sous le thème « Protection de l’enfant et bonne gouvernance : Enjeux et défis », ce salon offre un cadre d’échanges et de débats autour de l’enfance et de l’adolescence, donnant ainsi la possibilité aux familles et aux autres acteurs de s’informer, de partager des expériences et d’être orientés en cas de besoins.

Les différents intervenants ont dans leurs allocutions salué la tenue de ce salon car réunissant en un même lieu, pendant quatre jours, les acteurs du domaine autours des questions actuelles et pertinentes.
Madame Sika KABORE s’est félicitée de l’importance du thème de cette 2ème édition du SINEA car « traditionnellement a-t-elle dit, lorsqu’on parle de bonne gouvernance, les esprits s’orientent vers des entités autres que la cellule familiale. Cependant, la vie de l’homme se conditionne essentiellement dans la famille parce que les enfants et les adolescents reproduisent au cours de leur vie, ce qu’ils ont vu et appris auprès de leurs géniteurs, dans leur environnement ».

L’épouse du chef de l’Etat a de ce fait, interpellé les parents à pleinement jouer leur rôle de principaux éducateurs : « J’ai écouté avec beaucoup d’attention le discours de Madame la ministre de la Femme, de la Solidarité nationale et de la Famille et je suis navrée d’apprendre que 86 % des violences faites aux enfants se passent en famille. Et cela, consciemment ou inconsciemment parce que tous les parents ne savent pas que parfois ils violentent les enfants et c’est vraiment dommage ».

Pour plus d’efficacité et pour le bien-être des enfants et des adolescents, la Première Dame a invité les parents à faire si possible appel à des compétences extérieures : « J’aimerais lancer un appel aux parents pour qu’ils se rapprochent des éducateurs pour savoir comment se comporter vis-à-vis des enfants afin de mieux les comprendre. Cela est très important. Il faut peut-être que les parents avec les associations de parents d’élèves se retrouvent pour parler des enfants et des difficultés qu’ils ont. C’est également un autre cadre au sein duquel les parents apprendront à mieux partager avec leurs enfants et leurs permettre de s’épanouir pleinement ».

Pour terminer, l’épouse du chef de l’Etat a indiqué que « la famille est le socle de la société et il est très important que la cellule de base que représente la famille puisse constituer un modèle pour les enfants qui constituent la base de notre société pour un avenir radieux et harmonieux ».

Le Salon international de l’enfant et de l’adolescent est organisé par l’Association pour le bien-être des enfants et des adolescents d’Afrique dont l’objectif est la promotion des droits de l’enfant dans un environnement favorable leur permettant de s’épanouir et devenir des adultes accomplis.

La Direction de la Communication de la Présidence du Faso

12:49 Publié dans ACTUALITE SOCIALE DU BF | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | |  Imprimer

2016.11.17

Violences faites aux enfants: 86,6% sont issues de la cellule familiale

La deuxième édition du Salon international de l’enfant et de l’adolescent (SINEA) se tient du 17 au 20 novembre 2016 à Ouagadougou. Placée sous la présidence de la première dame du Faso, Sika Bella Kaboré, la cérémonie d’ouverture a eu lieu le jeudi 17 novembre 2016 à Ouagdougou et a connu la participation du ministre de l’Action sociale, de l’ambassadeur du Japon au Burkina, de l’épouse du Premier ministre, du Larlé Naba…

La première dame du faso, accompagnés du ministre de la Femme, de l'ambassadeur du Japon a donné le top départ de l'ouverture du salon à travers la coupure du ruban
La première dame du Faso, accompagnés du ministre de la Femme et de l’ambassadeur du Japon a ouvert le Salon par la coupure du ruban

«La cellule familiale  est responsable des violences faites aux enfants à hauteur de 86,6% contre 53,8% dans le milieu scolaire», a soutenu la ministre de la Femme, Laure Zongo en la faveur de la deuxième édition du SINEA. Le choix du thème «Protection de l’enfant et bonne gouvernance: enjeux et défis» tombe donc à pic selon elle, car elle vise à considérer les enfants dans leur globalité et à interpeller les parents sur l’éducation de leurs enfants. «En créant ce cadre d’échanges qu’est le SINEA, les promoteurs ont donné le ton. Il convient donc à tous les acteurs de jouer leur partition en s’adjoignant à cette action», a-t-elle souhaité.

Les officiels lors de la visite des stands
Les officiels lors de la visite des stands

Elle a également suggéré de combattre le mal à la racine en agissant au niveau de la famille. Ce qui aura sans conteste un effet catalyseur pour offrir à la société de demain, des hommes et femmes de qualité, non pas seulement en termes de «têtes bien faites», mais aussi et surtout des «têtes bien nettes et suffisamment avisées» pour comprendre le rôle que chacun devra jouer.

La première dame du Faso, Sika Bella Kaboré a fait remarquer que la famille est le socle de la société et constitue un modèle pour les enfants. «Je suis navrée d’apprendre que 86% des violences faites aux enfants se passent en famille», a-t-elle déploré. Elle a donc invité les parents à se rapprocher des éducateurs pour savoir comment se comporter vis-à-vis de leurs enfants afin de mieux les comprendre.

L'éducation des enfants se fait d'abord à la cellule familiale
L’éducation des enfants se fait d’abord par la cellule familiale

La présidente de l’association pour le bien-être des enfants et des adolescents d’Afrique (ABE2A), Alice Diarra, embouchera la même trompette en indiquant que la famille est la base de l’éducation. «Nous avons pensé qu’il est important de mettre l’accent sur la cellule familiale, parce que tous les problèmes se posent à ce niveau. Un enfant qui est bien éduqué à la base ne fera pas certaines choses une fois qu’il se retrouve dehors», a-t-elle soutenu.

Plusieurs activités dont des conférences avec de nombreuses thématiques sont prévues au cours de ces quatre jours de réflexion. Elle a donc comme Mme Kaboré convié les parents à marquer un arrêt pour pouvoir s’occuper de leurs enfants, car dit-elle, «tout le monde court derrière l’argent aujourd’hui tout en oubliant l’éducation de leurs enfants».

Madina Belemviré

18:19 Publié dans ACTUALITE SOCIALE DU BF | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | |  Imprimer

Vie de couple: est-ce conseillé de fouiller le téléphone portable de son conjoint ou de sa conjointe?

Le monde entier est à une époque où les moyens de communication sont nombreux et performants. Paradoxalement, au lieu de servir de liant social, ils contribuent parfois à briser des liens amoureux très forts. De nombreuses relations extraconjugales seraient désormais découvertes à cause, ou grâce, à un téléphone mobile.

Le téléphone portable cacherait de nombreux secrets que personne, en dehors de son propriétaire ne devrait savoir. Dans les foyers, les couples jouent au chat et à la souris avec leurs GSM. Chacun le garde jalousement et évite de le mettre à la portée de l’autre, car toute information compromettante ou un coup de fil suspect peut semer la zizanie entre les époux.

Le portable, cette boîte noire intime ou ce concentré explosif ne doit pas être espionné car la confiance doit être de mise dans un couple
Le portable, cette boîte noire intime ou ce concentré explosif ne doit pas être espionné car la confiance doit être de mise dans un couple

Pourtant, le portable occupe une place de choix dans la consolidation des couples. Il permet d’avoir les nouvelles de la famille une fois que l’on est en dehors de la maison. C’est ainsi que pendant les voyages, monsieur et madame restent en contact permanent, malgré la distance qui les sépare. Grâce à cet outil, on peut facilement joindre le chef de la famille en cas d’urgence: maladie, incident, etc.

En dépit de tous les bienfaits qu’il peut apporter à un foyer, le téléphone portable est parfois aussi à l’origine de nombreux scandales entre les époux. C’est donc un instrument à problèmes que nous manipulons chaque jour sans le savoir. D’ailleurs, beaucoup le considèrent avec ironie comme «une boîte noire intime», c’est-à-dire un appareil qui contient des informations confidentielles, notamment, le répertoire téléphonique, des photos, des messages parfois intimes qui trahissent le caractère infidèle de son propriétaire. Le téléphone portable contient des informations secrètes et personnelles qui ne doivent pas être connues de tout le monde. Il y a donc  toujours quelque chose à cacher dans le téléphone, car cet instrument contient presque toutes les données de notre vie privée!

Mais est-ce vraiment nécessaire de fouiller le portable de son épouse ou de son époux?

En vérité, la plupart des hommes aiment vérifier de temps en temps le contenu du portable de leur épouse. Pour être sûrs qu’ils ne construisent pas sur du sable, se disent-ils. Beaucoup de femmes, par jalousie, aiment également pratiquer cette forme d’espionnage pour vérifier si leur homme n’a pas de connaissances féminines suspectes.

Un espionnage qui est déjà un facteur de déstabilisation du couple, car la confiance devient difficile à rétablir lorsqu’on découvre des messages ou des contacts suspects dans le téléphone portable de son époux ou de son épouse. Le portable semble donc être un concentré explosif qui fait des ravages dans les couples. L’on devrait donc se sentir ridicule et minable de lorgner les messages reçus ou envoyés dans le téléphone du conjoint ou de la conjointe. Cela n’honore pas le couple, ni même celui ou celle qui s’adonne à cette besogne déshonorable. Fouiller le téléphone d’autrui, c’est comme fouiller dans la poubelle d’un tiers, pour chercher à savoir ce qui ne devrait pas être su, ou qui est susceptible de provoquer un conflit entre les époux. Lorsque l’un vérifie régulièrement le portable de l’autre pour y rechercher des éléments suspects, cela paraît malsain pour le couple, et contribue à instaurer une ambiance de suspicion, de méfiance et de jalousie.

Il  n’est pas correct de fouiller dans les affaires de son partenaire, car c’est son intimité. Un acte de ce genre est un couteau à double tranchant, car dès qu’on tombe sur un contact ou un message que l’on considère comme suspect, il faudrait se préparer à subir toutes les conséquences psychologiques qui peuvent en résulter.

La vie conjugale se construit sur la confiance mutuelle. Les manquements à la confiance, les manques de confiance sont des sources de souffrance, de conflits importants et destructeurs. Il vaut mieux éviter les gestes qui fâchent et s’engager à ne pas farfouiller dans le téléphone portable de son épouse ou de son époux, car cette curiosité malsaine peut avoir de graves conséquences sur la paix au sein du foyer.

La confiance doit être de mise dans un couple. Dans le cas contraire, la vie devient invivable, car les soupçons font toujours planer l’inquiétude, et l’inquiétude freine l’épanouissement.

Se sentir espionné en permanence peut donner l’impression qu’on est dans une prison dans laquelle on ne peut échapper, même si on n’est pas incarcéré derrière les barreaux. Nous croyons qu’entre les époux qui s’aiment, il est nécessaire que chacun ait droit à une part d’intimité, un «jardin secret» qui, bien entendu, ne doit pas servir à cultiver la trahison ou l’infidélité, mais plutôt un lieu où l’on peut se retrouver avec soi-même.

Théophile MONE

09:00 Publié dans ACTUALITE SOCIALE DU BF | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | |  Imprimer

Filles de ménage: de l’exploitation à la prostitution

Elles quittent leurs villages pour venir travailler à Ouagadougou la capitale pendant la saison sèche, avec pour objectif, de retourner dans leur famille, à la veille de l’hivernage, avec des trousseaux de mariage. Mais parfois, par la cupidité de leurs recruteurs, elles se retrouvent dans la nasse de la prostitution avec toutes ses conséquences. Un fléau qui gagne du terrain et qui doit être dénoncé vigoureusement.

Parfois exploitées, souvent confrontées aux problèmes d'argent, certaines filles de ménage n'hésite pas à voler leurs patrones ou à s'adonner à la prostitution
Parfois exploitées, souvent confrontées aux problèmes d’argent, certaines filles de ménage n’hésite pas à voler leurs patronnes ou à s’adonner à la prostitution

Elles sont recrutées par des femmes fonctionnaires ou par les grandes familles pour faire les tâches ménagères ou prendre soins des enfants à bas âges. Mais dans la réalité, elles sont exploitées. Elles sont les bonnes, bonnes à tout faire. La plupart d’entre elles ne «vivent pas au pays des merveilles». Parfois, elles vivent un véritable chemin de croix. Elles sont souvent confrontées à des problèmes de recouvrement d’argent. En effet, après plusieurs mois accumulés, certaines ont du mal à rentrer en possession de leur dû. Raison, des employeuses de mauvaise volonté inventent toutes sortes d’alibis  pour ne pas donner la totalité de leur argent. Contrariées pour n’avoir presque rien récolté de leur travail en ville, et gênées de repartir bredouille  chez elles, certaines d’entre elles viennent à dévier, au grand dam de leurs pauvres parents restés au village, de leur trajectoire. Elles s’adonnent à la prostitution ou volent leurs  patrons.

Au cours de leurs aventures sexuelles pour se faire plus d’argent,  certaines contractent des grossesses non désirées par, de surcroît,  d’auteurs inconnus. Une situation qui les expose aux VIH-Sida et autres maladies sexuellement transmissibles.

Un véritable phénomène social et une triste réalité qu’il faut combattre par la sensibilisation des bonnes et des dénonciations de ceux qui grugent ces pauvres filles vulnérables de leur pauvres salaires.

Théophile MONE

08:58 Publié dans ACTUALITE SOCIALE DU BF | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | |  Imprimer

2016.11.14

Justice : première condamnation pour pratique homosexuelle en Côte d’Ivoire

 

Deux jeunes hommes (31 et 19 ans) ont été condamnés à 18 mois de prison ferme par le tribunal de première instance de Sassandra, dans le Sud-ouest de la Côte d’ivoire, pour pratique homosexuelle, une première dans le pays.

Ces deux personnes, P. L., 31 ans, vigile dans un complexe agro-industriel à Dakpadou, village du département de Sassandra, et L. A., 19 ans, ont été surpris en plein ébats sexuels par l’oncle du plus jeune qui, choqué par ce spectacle, a porté plainte auprès de la gendarmerie de Sassandra.

Les amoureux sont immédiatement mis aux arrêts et déférés au parquet de Sassandra.

Lors de leur comparution, jeudi, P. L. et L. A. ne font pas de difficulté à avouer les faits, précisant qu’ils sont amants depuis longtemps et qu’ils ne voient pas en quoi leur acte constitue un délit.

Le procureur a pour sa part rappelé que même s’il existe des homosexuels en Côte d’Ivoire, « la loi qualifie de contre nature cet acte impudique », indiquant que des rapports sexuels entres deux personnes du même sexe doivent être « sanctionnés ».

Les deux accusés ont été condamnés à 18 mois de prison ferme chacun.

Dans le département de Sassandra, l’on dénombre plusieurs homosexuels qui sont bien connus des populations.

En 2015, un couple gay vivant dans le village de Lebloko, en situation de rupture, s’est retrouvé au commissariat de police sur plainte de l’un des amants qui s’opposait au « divorce ».

La police leur avait alors rappelé ce à quoi ils s’exposaient, tout en leur demandant « plus de pudeur et de discrétion » en retournant en famille pour régler à l’amiable leur différend.

 

Agence ivoirienne de presse

18:06 Publié dans ACTUALITE SOCIALE DU BF | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | |  Imprimer

Route fada-Koupela : « Vous affrontez la mort à tout moment »

Photo d'archives, utilisée à titre d'illustration
© DR / Autre Presse
 
Photo d'archives, utilisée à titre d'illustration
 
Le tronçon de la route nationale N4 qui relie Koupela à Fada-N’Gourma est dans un état délabrement absolu. Sur ce tronçon, le code de la route a foutu le camp et c’est le sauve qui peut ou laisse-moi passer qui dicte sa loi. Reportage, dans un aller-retour inédit (Fada–Koupela-Fada) à car et à Hyace pour vivre en temps réel le calvaire des usagers.


Le tronçon de la route nationale N4 fada – Koupéla, qui est dans un état piteux, constitue désormais, un véritable danger pour les usagers obligés de l’y emprunter de jour comme de nuit. Les nids de poules qui se sont transformés au fil de temps, en véritables trous béants offrent aux automobilistes un seul choix de leur enfer : jouer au cache-cache avec les trous pour sauver leur vie et la survie de leur engin. En attente d’une hypothétique solution définitive, les populations s’inquiètent de plus en plus du sort de cette route dont l’importance pour l’économie nationale est établie. Les échanges avec les passagers tout comme les conducteurs au cours d’un bref aller-retour fada-koupela-fada ont suffi aux usagers pour déverser leur bile pour le calvaire qu’on leur impose depuis des mois. « Quand vous empruntez la voie, l’inquiétude se lit sur tous les visages. Chacun se demande s’il reverra sa famille » lance un de passager. Apres avoir pris place dans le car avec la bénédiction du chauffeur de la compagnie de transport Staf Mahamadi Ouédraogo, on croira que le reporter est l’envoyé spécial du ministre des infrastructures ou encore un messie venu apporter une solution magique à une difficulté inquiétante. Les mots sont durs et les cris de détresse fusent de toute part pour un si court mais harassant voyage. A l’unanimité, les transporteurs routiers de marchandises et de personnes disent souffrir le martyre au péril de leur vie et de leurs passagers. toujours anxieux, confient-ils, à l’idée d’aborder les 80 km qui relie le chef-lieu de la région de l’Est, à la ville carrefour, de Koupéla.

A chaque minute, tu te demandes si tu vas rentrer le soir

Dans le car, un calme plat règne en maitre absolu. Les passager de la compagnie de transport, les regards anxieux s’agrippent au siège avant pour mieux résister au va et vient et autres basculement du poids lourd en mouvement. « Tu vois on dirait un cortège funèbre. Personne ne cause avec son voisin. En fait les gens ont peur que les chauffeurs ne les renversent dans les ravins. Suis bien leur mouvement tu comprendras leur peur. Par moment des réactions vous font croire que vous courez vers la tombe. C’est humain, car personne même toi ne veut mourir au cours d’un accident », relève le convoyeur. Entre temps, un cri se fait entendre. « vite un sachet, mon voisin vomit ». Cet exercice nous le vivons au quotidien ajoute le jeune garçon. Le chauffeur, après un soupir pour montrer toute son exaspération, surgit. « Lorsque tu empruntes ce tronçon avec des personnes dont tu la responsabilité de leur vie, c’est toujours avec une certaine peur. A chaque minute tu te demandes si tu vas rentrer le soir. Parce que tout peut arriver à tout moment. », atteste, le chauffeur Mahamadi Ouédraogo avant de se lâcher. « On veut bien rendre service, mais pas au péril de la vie, et celle des passagers, on finira par arrêter nous aussi si rien n’est fait». Pour le jeune chauffeur, ce ne sont plus des nids de poules mais de vrais trous qui sont impardonnables et susceptibles de t’envoyer dans le décor. Autre véhicule, pire réalité. Dans le mini bus, couramment appelé Hiace, le calvaire est indescriptible. La peur se faire renverser dans le jeu de drible avec les trous est plus vivace. Le conducteur avec plus 20 personnes à bord se jouent des trous et des crevasses à vous faire sortir l’âme du corps. Entre les trous et les croisements « sans règles », la peur de la mort atroce est à son comble. « Tous les toujours on prie Dieu pour que le véhicule ne te lâche pas en pleine conduite. Sinon c’est la catastrophe pour tous les occupants.... », martele ce conducteur. Pour lui, cette route est extrêmement mortelle pour de nouveaux conducteurs et les adeptes de la vitesse. Car, poursuit-il en homme avisé, il faut savoir qu’on n’évite pas tous les trous. « De deux maux, tu choisis le moindre mal. Les véhicules qui tombent à longueur de journée c’est par ce que les gens veulent éviter le maximum de trou tout en faisant la vitesse. Là, vous avez mille chances de vous casser les dents. », dit-il le regard braqué. Pour lui, sur ce tronçon, chacun feinte les trous et les véhicules pour arriver à destination.

L’initiative du ministère des infrastructures mal comprise ?

Les souffrances des populations n’ont pas laissé les autorités insensibles. En entendant la réhabilitation annoncée par les autorités en 2017, des actions sont en vue pour résorber temporairement le calvaire des usagers. Pour le directeur régional des infrastructures de l’Est, Kassoum Démain, les appels d’offres pour les points à temps( le fait de boucher les nids de poules) sont presque terminés. « L’appel d’offre a été lancé, le dépouillement a été fait et la commission technique a fini son travail. Il ne reste que la publication d’ici là...». Le directeur régional entrevoit le début des travaux courant début décembre 2016. Nonobstant cette démarche, le ministère des infrastructures avait voulu dans l’urgence soulager les populations mais l’initiative est morte avant termes. « Face à l’urgence le ministère a dépêché un bulldozer du centre de formation professionnel pour pouvoir aider à boucher les trous. Mais dès son arrivée à koupela, les techniciens se sont heurtés au refus de l’enlèvement de la terre pour l’opération, avant même la commune de Gounghin. Un refus qui résulte d’une histoire de taxe sur les agrégats. Finalement le bulldozer est parti ailleurs sans pouvoir rien faire», regrette M. Demain le regard triste. Pour lui, les communes doivent jouer aussi leur partition pour soulager les populations et les usagers. « Je lance un appel aux élus pour leur implication. Sinon, si une autre saison de pluie viens nous trouver dans cet état, la situation sera dramatique pour la population qui souffre», a averti le directeur régional.
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Encadré

Un coup dure pour l’économie.

La dégradation accentuée de la RN4 a une répercussion sur l’économie locale. La file interminable de gros porteur a disparue depuis des mois. « Les commerçants ne peuvent pas avoir 400.000f de bénéfice et dépenser 600.000f pour les réparation pour chaque voyage. Les gens ont complètement abandonné le tronçon pour ne pas détruire. Même les nigériens préfèrent passer par Dori » laisse entendre un transporteur. Les indicateurs de recettes au niveau du péage Fada-N’Gourma sont aussi révélateurs de la fuite des transporteurs. « On faisait entre 250.000 à 280.000f de recette par jour. Actuellement, c’est un miracle de gagner 100.000 par jour. » confie, un agent collecteur qui a requis l’anonymat. Certains transporteurs de marchandises disent faire désormais 7h de route actuellement contre 2hà 1h30 avant pour parcourir les 80km.
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Staf ne va pas quitter la ligne de Fada-N’Gourma en réponse à la forte rumeur

Certaines compagnies de transports ont complétement buffé la cité de Yendabli de leur ligne. Celles qui restent ont réduit leur nombre de départ. Face à la rumeur faisant état de l’arrêt définitif de la société Staf de la ligne, son directeur général M. Adama Ouédraogo est monté au créneau. joint au téléphone, il s’est voulu rassurant. « C’est vrai nous avons réduit le nombre de départ sur fada. Le prix aussi est revenu à 4000 f pour faire face aux multiples pannes des véhicules. Nous sommes conscients de notre rôle de service public. Nous ne quitterons pas la ligne», rassure M. Ouédraogo.

MC

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Financements américains aux OSC : le Balai citoyen n’a reçu aucun kopeck selon Me Guy Hervé Kam

Le mouvement Balai Citoyen a-t-il reçu des financements de la part des Etats-Unis d’Amérique ? Répondant à la question de Christophe Boibouvier sur l’avenir des financements américains aux OSC au Burkina Faso, en Centrafrique et au Sénégal, après l’élection de Donal Trump, le diplomate Herman Cohen, sous-secrétaire d’Etat aux Affaires africaines de George Bush senior, a déclaré qu’il y a un risque que ce financement prenne fin. Alors, le Balai Citoyen a-t-il reçu, oui ou non, de l’argent de l’administration Obama ? Réponse de son porte-parole, Me Guy Hervé Kam, dans cet entretien réalisé ce vendredi 11 novembre 2016 à Ouagadougou.

 
Financements américains aux OSC : le Balai citoyen n’a reçu aucun kopeck selon Me Guy Hervé Kam

Lefaso.net : Vous êtes le porte-parole du Balai Citoyen, dites-nous comment se porte le mouvement ?

GHK : J’aime dire que le mouvement se porte comme le Burkina Faso. Pour nous, c’est une période assez calme où nous profitons pour travailler sur notre mouvement tout en gardant un œil sur ce qui se passe dans le pays.

Lefaso.net : Une période assez calme mais marquée par des attaques terroristes…

GHK : Sur la question sécuritaire nous avons des attaques comme beaucoup d’autres pays. Après notre analyse sur la situation, nous avons pensé qu’il y avait quand même quelques défaillances au niveau sécuritaire. Nous avons tiré la sonnette d’alarme. Maintenant, il appartient à ceux qui gouvernent de prendre les dispositions nécessaires pour que le peuple burkinabè, les personnes et les biens soient protégés. C’est aussi ça la responsabilité gouvernementale.

Lefaso.net : Face aux critiques de certaines OSC sur son incapacité à gérer le ministère en charge de la sécurité, Simon Compaoré a répondu à ses détracteurs qu’il n’avait pas été nommé par une OSC… Comment est-ce que vous avez accueilli ses propos ?

GHK : Je pense qu’il y a une incompréhension. Nous disons que le ministère de l’administration, de la décentralisation et de la sécurité intérieure est un grand ministère qu’il faut peut-être rationnaliser, mais jamais nous n’avons demandé au gouvernement la démission du ministre Simon Compaoré. Je me souviens qu’au début de la formation du gouvernement, nous faisions partie de ceux qui disaient que tout résidait dans la capacité des hommes. Après, on se rend compte à l’épreuve des faits qu’il y a quand même un problème dans ce département-là.

On est obligé d’admettre que qui trop embrasse mal étreint. A partir de ce moment, la rationalisation suppose que peut-être, l’administration territoriale ou la décentralisation, pourquoi pas les deux, se retrouvent ailleurs pour qu’il ait un ministère de la sécurité. On n’a jamais demandé son départ. Si Monsieur Compaoré a pu dire ça, c’est qu’il y a quand même une incompréhension, parce que nous ne pensons pas que nous avons nommé qui que ce soit au gouvernement.

Lefaso.net : Lors de la conférence nationale sur l’insurrection organisée par la coalition des forces démocratiques pour un vrai changement (CFDC), vous avez déclaré qu’aucun civil, à votre connaissance, n’a demandé à l’armée de prendre le pouvoir. Pourtant votre mouvement a été aperçu avec d’autres auprès des militaires, le 30 octobre 2014.

GHK : Oui mais être aux côtés de certains militaires et appeler à prendre le pouvoir, c’est deux choses totalement différentes…

Lefaso.net : Mais vous avez appelé l’Armée à prendre ses responsabilités ? Que doit-on comprendre par-là ?

GHK : Nous avons appelé l’Armée à prendre ses responsabilités mais nous avons précisé ces responsabilités, nous avons précisé le contenu de ce que nous disions aux chefs militaires lorsque nous étions ensemble à l’Etat-Major. Nous avons dit que le peuple burkinabè ne reconnaissait plus Blaise Compaoré et qu’il allait demander et obtenir sa démission. L’Armée était la passerelle entre nous et le président. De ce fait nous avons dit aux militaires qu’ils pouvaient éviter plusieurs morts s’’ils allaient demander à Blaise Compaoré de démissionner. Mais si c’était au peuple de le faire, il y aurait beaucoup de morts.

Le 31 octobre, au matin, il y avait une dizaine de morts et en toute responsabilité on ne voulait pas que le nombre augmente. Lorsque nous nous retrouvions avec des militaires, c’est parce que tout simplement l’Etat-major, qui savait la situation très tendue, nous a demandé si nous pouvions assurer que ces militaires-là pouvaient sortir porter le message de l’Armée à la population sans être agressés. Nous avons répondu en disant qu’il n’y avait pas de souci. Notons qu’auparavant, l’Etat-major avait demandé qu’on porte son message. Chose que nous avions refusé car nous n’étions pas son porte-parole. C’est donc l’Etat-major qui a désigné qui devrait livrer le message et nous étions avec cette personne pour assurer que la population n’allait pas s’en prendre à elle.

Lefaso.net : Et ce messager était le lieutenant-colonel Yacouba Isaac Zida  ?

GHK : Oui, c’était le lieutenant-colonel Zida qui avait été désigné par le Chef d’Etat-major général des armées de l’époque (Général de division Honoré Nabéré Traoré, NDLR). Et je me souviens qu’à la place de la Révolution, il y a un journaliste de RFI (Radio France international) qui m’a demandé son nom. Je ne le savais pas. J’ai alors regardé sur sa tenue et j’ai vu écrit « Zida ». J’ignorais cependant ce que signifiait le « Y ».

Lefaso.net : Qu’avez-vous ressenti lorsqu’il est sorti de l’Etat-major, le poing en l’air ?

GHK : C’était dans l’air du temps. Depuis l’insurrection, l’ombre de Thomas Sankara a plané sur le pays. A l’époque, on a rien imaginé. On n’était pas dans ces considérations-là. Pour nous, le plus important, c’était que le président Compaoré démissionne et que le pays se construise une nouvelle démocratie.

Lefaso.net : Hors de chez nous à présent ! L’actualité internationale est marquée par l’élection de Donald Trump à la présidentielle américaine. Cela vous a-t-il surpris ?

GHK : Oui ! Surpris tout simplement parce que tous les sondages n’étaient pas en sa faveur. Mais ce n’est pas non plus une grande surprise dans la mesure où les jours qui ont précédé l’élection, le score était relativement serré. C’était à moins de 3% et cela correspond à la marge d’erreur.

Lefaso.net : Qu’est-ce qui n’a pas marché chez Hillary Clinton, selon vous ?

GHK : Peut-être qu’il y a beaucoup de facteurs. D’abord, il ne faut pas oublier qu’Hillary est la femme de Bill Clinton. Il a été un bon président pour les Etats-Unis mais est-ce pour autant que sa femme doit être présidente aussi ? Je pense que beaucoup d’Américains ont répondu à cette question.

Aussi, ce qui n’a peut-être pas marché, c’est parce que c’est une femme d’Etat. Elle portait en elle toutes les critiques qu’on pouvait faire à ce qu’on appelle l’establishment. Elle avait un bilan à défendre par rapport à Donald Trump qui représentait un homme neuf.

On sait aussi qu’il y a eu ce qu’on peut considérer comme le réveil de l’Amérique profonde. Hillary Clinton a misé beaucoup sur les voix des immigrés qui, jusqu’aujourd’hui, ne représentent pas la majorité des populations américaines. Je pense que l’un dans l’autre, il y a eu des petites difficultés qui peuvent expliquer la défaite de Hillary Clinton.

Lefaso.net : Avec l’élection de Donald Trump, comment présagez-vous les relations futures entre les Etats-Unis et l’Afrique ?

GHK : Jusqu’à preuve de contraire, je ne pense pas qu’il y aura un changement fondamental. Il faut être objectif. L’Afrique ne représente absolument rien pour les Etats-Unis. C’est une quantité négligeable qui ne détermine pas la politique étrangère des Etats-Unis. A partir de ce moment-là, je ne pense pas qu’il y aura un grand changement. En plus même sous l’ère Barack Obama, il faut savoir que le Congrès était à dominance républicaine alors qu’aux Etats-Unis, le président n’est pas hyperpuissant. Ce sont les institutions, c’est le Congrès.

Et ce que Barack Obama a fait pour l’Afrique était aussi le point de vue du Congrès et ce dernier va accompagner Donal Trump. Il n’y aura donc pas de changement fondamental dans la politique africaine des Etats-Unis. Si jamais changement fondamental il devrait arriver, je pense que ça ne sera pas pire pour les Etats africains parce que ça voudra dire qu’il faut que les Africains comptent sur eux-mêmes. Et c’est ce que nous disons depuis longtemps.

Lefaso.net : En répondant aux questions de Christophe Boibouvier sur RFI, le diplomate Hermann Cohen, sous-secrétaire d’Etat aux Affaires africaines de George Bush senior, a déclaré qu’il y a un risque que le financement d’OSC africaines par les Etats-Unis prenne fin. Le Balai Citoyen a-t-il reçu de l’argent de l’administration Obama ?

GHK : Non seulement nous n’avons pas reçu de financement des Etats-Unis mais je dois dire qu’en réalité, pour être très clair, que jusqu’en 2015, le Balai Citoyen n’a pas reçu de financement des Etats-Unis, ni de qui que ce soit. Personne, je dis bien personne, que ce soit dans ce pays-là ou les gouvernements à l’étranger, n’a donné un kopeck au Balai Citoyen. Il faut que cela soit clair. Jusqu’à ce jour, le Balai Citoyen a eu trois accompagnements. Le premier, c’était en avril 2015 avec l’ONG Diakonia dans le cadre de la campagne « Après ta révolte, ton vote » pour l’inscription des jeunes sur les listes électorales. Dans cette opération, on a été d’ailleurs accompagné par la CENI (Commission électorale nationale indépendante, NDLR) qui nous a soutenus financièrement.

Après cela, c’est en avril 2016 que nous avons eu un financement avec OXFAM pour un projet sur l’engagement des jeunes. Et depuis août 2016, on est sur un projet de huit mois sur la sécurité initié par l’institut américain pour la paix.

Je ne dis pas que les Etats-Unis ne financent pas des OSC au Burkina mais je dis tout simplement que le Balai Citoyen ne fait pas partie de ces OSC- là. Et au-delà de cela, il faudrait que les Burkinabè comme les Occidentaux admettent que les Africains peuvent aussi s’autodéterminer. Derrière toute cette question, les gens pensent qu’on donne de l’argent à tous ces jeunes-là pour agir. Je dis NON ! Nous sommes fiers de dire que ce que nous avons accompli a été fait avec nos propres moyens et nous ne devons rien à personne.

Lefaso.net : En 2015, suite à l’invitation du mouvement Filimbi, un de vos éléments a pris part à une conférence organisée en République démocratique du Congo et qui a également vu la participation du mouvement « Y en a marre » du Sénégal. Cette activité aurait été financée par l’Ambassade américaine au Congo

GHK : Oui, mais nous avons été invités par nos camarades de Filimbi. Et c’est une seule personne du Balai Citoyen qui est allée à cette conférence. Son billet d’avion a été pris en charge par l’organisation Filimbi. Nous ne leur avons pas demandé où ils gagnaient leur argent. Notre camarade a reçu de la part du mouvement des subsides pour faire face aux petites dépenses. Si cela suffi pour dire que le Balai Citoyen a reçu des financements américains, je considère quand même que c’est très grave.

Lefaso.net : Et si la nouvelle administration américaine décidait de vous financer, serez-vous contre ?

GHK : Nous ne refusons aucun financement. Sauf des financements d’origine criminelle. Si ce n’est pas le cas et si ce n’est pas un financement qui nous impose ce que nous devons faire… Nous avons des objectifs. Par exemple dans le domaine de l’engagement des jeunes, de la lutte contre la corruption, s’il y a des appels à propositions que ça vienne des Etats-Unis, de la France ou de n’importe où, nous soumissionnons.

Lefaso.net : Et si le financement devrait venir du général Zida par exemple ?

GHK : Non, jusqu’à preuve de contraire Zida n’est pas une institution. Je parle des institutions régulières. Nous soumissionnons et nous réalisons nos objectifs. Nous ne pensons pas que quelqu’un puisse vivre en autarcie.

Lefaso.net : Plusieurs organisations de la société civile pensent que votre mouvement a reçu de l’argent du Général Zida…

GHK : Y en a qui le disent de mauvaise foi, juste pour ternir notre image et il y a ceux aussi qui, de bonne foi, croient en cela. Mais nous, nous restons droits dans nos bottes en faisant notre travail parce que nous sommes conscients qu’on ne peut pas cacher la vérité avec une seule main comme on ne peut pas cacher le soleil avec une seule main. Aujourd’hui, les gens peuvent dire tout ce qu’ils veulent mais l’Histoire rétablit toujours la vérité. Et je pense qu’elle a déjà commencé son œuvre.

Lefaso.net : Et comment le Balai Citoyen se finançait jusqu’en 2015  ?

GHK : Souvent on se pose la question pourquoi avant l’insurrection, personne ne se demandait comment le Balai Citoyen se finançait. Nous avons la particularité d’être une organisation qui a quand même des personnes de toutes origines. Et nos activités sont menées en fonction de nos potentialités. Les membres du Balai qui participent à ces activités-là le font souvent à titre de contribution. Ce qui réduit déjà les coûts. Après pour le reste, chaque membre du mouvement participe à hauteur de ses capacités. C’est comme cela nous avons fonctionné et notre objectif est de montrer aux gens qu’il faut se prendre en charge. Pour organiser une activité, on ne commence pas par tendre la main comme n’importe quel mendiant le ferait. Le Balai Citoyen a fonctionné sur ses fonds propres, sur les contributions de ses membres et ça a toujours marché.

Lefaso.net : Un dernier mot ?

GHK : Aujourd’hui, on a affaire à une génération d’Africains décomplexés qui a les possibilités et les capacités d’imaginer son avenir et de mettre les moyens de les atteindre. Il faut arrêter d’infantiliser les Africains et penser que tout ce que nous faisons ne peut être commandé que par des mains invisibles. Non, ça c’est fini. La génération que nous sommes est une génération post-indépendance qui discute avec tout le monde, y compris l’Occident, sur une base claire qui est l’égalité. Personne ne peut nous dicter notre voie.

Interview réalisée par Herman Frédéric Bassolé
Lefaso.net

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2016.11.12

« Mouvements sociaux et gouvernance en Afrique » : Ouagadougou crève l’abcès du 14 au 16 novembre prochain !

L’Ecole doctorale des Lettres, Sciences humaines et Communication de l’Université Ouaga I Pr Joseph Ki-Zerbo organise du 14 au 16 novembre 2016 à Ouagadougou, le premier colloque international sur le thème est : « Mouvements sociaux et gouvernance en Afrique ». Ce rendez-vous scientifique vise, entre autres, à offrir un plateau de réflexions qui vont être utiles aux acteurs de la vie politique et publique et à encourager les jeunes chercheurs et les doctorants. A quelques jours de l’ouverture de cet espace international, le comité d’organisé a animé une conférence de presse dans la soirée de mercredi, 9 novembre 2016 à l’Université de Ouagadougou pour en dévoiler les grandes lignes.

 
« Mouvements sociaux et gouvernance en Afrique » : Ouagadougou crève l’abcès du 14 au 16 novembre prochain !

 

 

 

 

 

 

 

 

 

« La vie quotidienne secrète des changements, on ne peut pas décréter de les arrêter ou de les suspendre. (…). Les changements sont inhérents au cours de l’histoire ». Foi des organisateurs de ce rendez-vous international de réflexions, premier du genre. L’histoire de ce colloque remonte au premier trimestre 2014, situent les organisateurs qui font observer que, l’insurrection populaire d’octobre 2014 est donc venue légitimer la pertinence de ce cadre dont l’importance du thème n’est plus à démontrer. Aussi, « la proximité des dates de notre colloque avec le deuxième anniversaire de l’insurrection populaire d’octobre 2014 nous autorise à le percevoir comme une forme de contribution à sa commémoration », dédient les initiateurs de ce colloque.

Ce cadre se propose de comprendre comment naissent ces mouvements sociaux, comment ils se développent, leur contenu social, culturel et politique, leurs formes de représentations littéraires et artistiques. Selon les explications du président du comité d’organisation, Gabin Korbéogo, les réflexions viseront à établir une typologie de ces mouvements et voir s’il existe des permanences, des ruptures ou des spécificités à l’échelle locale, nationale ou régionale. « Les participants réfléchiront également sur les figures identitaires de ces mouvements sociaux et verront comment les tensions créées par ceux-ci sont gouvernées et les réponses aux aspirations des acteurs de ces remous sociaux et leurs portées. En un mot, le façonnement de l’ordre social et politique auquel aspirent les acteurs des mouvements sociaux appelle des lectures critiques et prospectives de la part des chercheurs », persuade M. Korbéogo. Les travaux seront incarnés par six axes thématiques sous forme d’ateliers : « Mouvements sociaux et changements politiques », « Figures féminines des mouvements sociaux », « Intellectuels et engagements partisans », « Enjeux territoriaux et mouvements sociaux », « Rôles des nouveaux médias, réseaux sociaux et mouvements sociaux en Afrique », et « Représentation littéraire et artistique des mouvements sociaux ».

Outre le Burkina, les participants viendront du Bénin, Togo, Sénégal, de la Côte d’Ivoire, du Cameroun, Mali, Niger, de la Belgique, de la France et de l’Allemagne.

Pour le directeur de l’Ecole doctorale des Lettres, Sciences humaines et communication, Pr Mahamadé Savadogo, ce colloque vise également à encourager les jeunes chercheurs en ce sens qu’il sera essentiellement animé par de jeunes enseignants-chercheurs et des doctorants. « On n’a pas cherché à mettre en valeur, les vieux routiers, les professeurs titulaires », confie Pr Savadogo pour qui, cette rencontre qui se veut une activité inédite au sein de l’école doctorale proposera des réflexions qui vont être utiles aux acteurs de la vie politique et publique. C’est également des espaces de partages de visions et de réseautage entre participants.

Les communications et autres actes importants du colloque vont être, après un travail scientifique, consignés dans un ouvrage qui sera publié. Les travaux, prévus pour se dérouler dans la salle de conférence de l’ISSP à l’Université de Ouagadougou, sont ouverts aux Etudiants, activistes, leaders des organisations de la société civile, dirigeants des partis politiques, aux gouvernants et à toute personne qui souhaite comprendre les mouvements sociaux.

O.L.O
Lefaso.net

Liste de quelques communications au programme :

- Mouvements sociaux et changement politique (Pr Mahamadé Savadogo, Université Ouaga I)

- Résistance au consensus et consensus de la résistance (Frederic Mopopulaires (ens, ULC Mons)

- Crise de la démocratie représentative et légitimité des mouvements de résistances populaires (Anatole Fogou, Université de Maroua, Cameroun)

- Vols et crimes à Lomé pendant la crise sociopolitique de 1990 à 1995 (EssohounaTanang (Unversité de Kara, Togo)

- Du mouvement social du 5 octobre 1990 à la conférence nationale souveraine de juillet 1991 et l’ouverture démocratique au Togo (Sama Missimba Wembou, Université de Lomé, Togo)

- Le M23 au Sénégal : décryptage d’un mouvement qui a voulu “changer le monde sans prendre le pouvoir” (Malick Diagne, Université Cheikh Anta Diop de Dakar, Sénégal)

- Engagement féminin des mouvements sociaux en Afrique (Manafa Kady Traoré (Université Alassane Dramane Ouattara de Bouaké, Côte d’Ivoire)

- Le rôle des femmes dans les crises africaines : le cas de Simone Gbagbo en Côte d’Ivoire (Aya Gazalo Kouassi, Université Alassane Dramane Ouattara de Bouaké, Côte d’Ivoire)

- Femme et politique au Bénin de 1990 à 2011 (Rogatien M. Tossou, Université d’Abomey-Calavi, Bénin)

- Résilience aux violences basées sur le genre et aux stéréotypes sexistes néfastes à la participation politique des femmes dans la région des Cascades : Exemple de Héma/Traoré Lotio Jeanine M. Laurence, une Sénoufo qui refuse d’être étrangère chez son mari Gouin (Miédome Kam, Université Ouaga I, Burkina)

- Le tribalisme dans le jeu politique : un fondement des mouvements sociaux en Afrique (Brou Dieudonné Koffi et Amenan Madeleine Kouassi, Université Alassane Dramane Ouattara de Bouaké, Côte d’Ivoire)

- Mouvements sociaux, leviers réels de changement social ou vecteurs de destabilisation politique et économique en Afrique post-coloniale ? : le cas du Mali (Sidiki Aboubacar Coulibaly, Université des Lettres et des Sciences humaines de Bamako, Mali)

- Société civile et émancipation politique en Afrique : cas du Niger (Moussa Hamidou Talibi, Université A.M/Niamey, Niger)

- L’éthique des mouvements sociaux : révolte et changement politique en Afrique (Laragnon Silué, Université Alassane Dramane Ouattara de Bouaké, Côte d’Ivoire)

- Syndicalisme et changement politique au Burkina Faso : jeu et enjeux de la contestation autour du processus démocratique en cours (Ezaï Nana, Université Ouaga I)

- L’Etat à l’épreuve du regain des turbulences populaires en milieu rural au Bénin (Affo Fabien, Université de Parakou, Bénin)

- Du néant à l’anéantissement de la violence politique : pour un enracinement de l’humain (Alexis Koffi Koffi, Université Alassane Dramane Ouattara de Bouaké, Côte d’Ivoire)

- Transhumance politique en Afrique rapportée à la désertion politique et philosophie recommandée par Sénèque (Paulin Hounsounon-Tolin, Université d’Abomey-Calavi, Bénin)

- Crise politico-économique et mouvements sociaux de 1985 à 1990 au Bénin (Bernard Fangnon et Paulin Jésutin Dossou, Université Polytechnique d’Abomey, Bénin)

- Le rôle des jeunes dans les lutes pour le pouvoir d’Etat au Burkina Faso, de la période de décolonisation à nos jours (Bourbila Daniel Wend-PangaKéré, Université Ouaga II)

- La révolte ou l’épreuve du risque : entre exigence morale et nécessité anthropologique (Mory Thiam, Université Cheikh Anta Diop de Dakar)

- Repenser avec Julien Freund les révoltes populaires en Afrique (Nanga Jean Soro, Université Alassane Dramane Ouattara de Bouaké, Côte d’Ivoire)

- Les réseaux sociaux numériques dans l’action collective au Burkina Faso (Esther Conseibo et Batcho Lucien, Université Ouaga I)

- Société civile et symétrie sociale : pour une quête de la justice citoyenne (Ako Frédéric Moné, Université Alassane Dramane Ouattara de Bouaké, Côte d’Ivoire)

- Naufrage démocratique en Afrique noire contemporaine : marginalisation et déshumanisation (Moumouni Moussa, Université A.M/Niamey)

- L’Afrique entre reconstruction de l’Etat-nation et djihadisme islamiste (Yawo Agbéko Amewu, Université de Lomé, Togo)

- L’idéal étatique hégélien comme principe substantiel des mouvements sociaux : pour une relecture des rapports entre société civile et Etat en Afrique (Akpolè Koffi Daniel Yao, Université Alassane Dramane Ouattara de Bouaké, Côte d’Ivoire)

- Les mouvements sociaux et les changements politiques en Afrique à la lumière de la pensée hobbisienne (Marie Agnès Ahoussia Yra, Université Alassane Dramane Ouattara)

- Peuple et pouvoir politique : penser la démocratie à partir du ‘’discours de Gettysburg d’Abraham Lincoln (Kokoré Koffi Dramane, Université Félix Houphouët-Boigny à Abidjan)

- Le juge constitutionnel de la transition burkinabè : défenseur des insurgés ou juge suprême de la Constitution (Yabré Gilbert Zongo, Université Ouaga I Pr Jospeh Ki-Zerbo)

- La rébellion ivoirienne de 2002 : une crise aux origines identitaires ? (Sévérin Zan Bi Irié, Université Alassane Dramane Ouattara de Bouaké, Côte d’Ivoire)

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Grossesses non desirées: des ONG adressent une lettre ouverte au ministre en charge de l’éducation nationale

Grossesses non desirées: des ONG adressent une lettre ouverte au ministre en charge de l’éducation nationale
© DR / Autre Presse
 
Grossesses non desirées: des ONG adressent une lettre ouverte au ministre en charge de l’éducation nationale
 
Nous, organisations membres d’Alliance Droits et Santé, un réseau d’Organisations Non Gouvernementales (ONG) regroupant six pays avec 16 structures membres - mouvements de jeunes, mouvements de femmes et associations techniques œuvrant dans le domaine des droits et de la santé sexuelle et reproductive, avons pour ambition d’améliorer le statut et la santé des femmes et des filles d’Afrique de l’Ouest.

 

C’est au regard de cette ambition que nous saluons l’engagement pris par le Premier Ministre lors de sa déclaration de politique générale en janvier 2016 – engagement d’ « intégrer dans les programmes de modules sur la santé sexuelle et reproductive afin de diminuer le nombre de grossesses précoces ».Nous nous intéressons plus particulièrement à la mise en application de cet engagement, au regard de la préoccupation majeure que constitue les grossesses non désirées dans les politiques de développement de notre jeunesse tant en milieu scolaire que non scolaire.

AUGMENTATION DES GROSSESSES PRÉCOCES EN MILIEU SCOLAIRE : UN DÉFI POUR LE GOUVERNEMENT

L’augmentation exponentielle des cas de grossesses non désirées dans nos établissements scolaires est un signe d’alerte pour l’ensemble des parties prenantes des systèmes éducatifs mais aussi sanitaires sur l’urgence d’agir de manière intégrée et multisectorielle sur les causes de ces grossesses non désirées chez les jeunes filles. À titre d’exemple, 56 cas de grossesses non désirées et 182 filles-mères ont été recensés au cours de l’année 2011-2012 dans les lycées et collèges de Ziniaré (région du Centre). Les efforts pour endiguer ce phénomène consentis par l’État et les partenaires techniques et financiers ainsi que les organisations de la société civile sont considérables. Il s’agit entre autre de la mise en œuvre du Plan Stratégique de santé des jeunes 2015-2020, du plan national de relance de la planification familiale 2013-2015, et des programmes d’éducation en matière de population (EMP) – qui existent depuis 1985 et dont le dernier couvre la période 2012-2016. Malgré ces multiples efforts, les indicateurs liés à la santé sexuelle et reproductive des jeunes filles et adolescentes restent alarmants et demeurent un souci pour l’État et un défi de développement pour notre pays. Selon l’EDS de 2010, « les proportions d’adolescentes ayant commencé leur vie féconde augmentent rapidement avec l’âge, passant de 1% à 15 ans à 18% à 17 ans et à 57% à 19 ans, âge auquel 49% des jeunes filles ont déjà eu au moins un enfant. »

LOURDES CONSEQUENCES SUR L’ÉDUCATION ET LA SANTÉ DES JEUNES FILLES

Les conséquences immédiates des grossesses non désirées en milieu scolaire sont un abandon scolaire plus fort chez les filles, qu’il s’agisse d’une décision personnelle des filles enceintes pour éviter la stigmatisation sociale ou que ce soit une déscolarisation par les parents qui redoutent ce fléau en milieux scolaire à l’égard de leurs filles. Pour l’année scolaire 2012-2013, seulement 19,4% des filles inscrites au post-primaire (collège) achevaient leurs études ; et seulement 6,6% des filles inscrites au secondaire (lycée) terminaient leur cursus. Cet état de fait induit plus tard une faible représentativité des filles et des femmes dans les sphères de décision. Autre conséquence grave pour les adolescentes subissant une grossesse non désirée : elles sont plus exposées à la mortalité maternelle (leur corps n’étant pas assez mature pour une grossesse) et aux complications liées à un avortement clandestin. À titre d’exemple, en 2001 au CHU-Souro SANOU de Bobo-Dioulasso, 37 % des décès maternels étaient dus à des avortements clandestins et plus de 50% concernaient des adolescentes.

APPEL À L’ACTION

Nous encourageons l’État, à travers le Ministère de l’Education nationale et de l’Alphabétisation, à concrétiser au plus vite l’engagement pris par le Premier Ministre en janvier 2016 d’intégrer des modules sur la santé sexuelle et reproductive dans les curricula de l’enseignement scolaire. L’effectivité de cette mesure permettra de donner un meilleur espoir de carrière et d’épanouissement à nos filles, et de renforcer leurs perspectives d’avenir et leur participation au processus de développement du Burkina Faso. Plus la mesure tardera à être mise en application, plus nos filles courront le risque de subir des grossesses non désirées, avortements à risque et abandons scolaires, qui auraient pu être évités.Nous, membres d’Alliance Droits et Santé, disons notre disponibilité à soutenir les initiatives du gouvernement pour l’amélioration de l’éducation juste de nos enfants à la santé sexuelle et reproductive. Monsieur le Ministre, une des clés au problème des grossesses non désirées en milieu scolaire est entre vos mains ; à vous l’action !

Ont signé les membres d’Alliance Droits et Santé au Burkina Faso :

ASMADE – Association Songui Manegre / Aide au Développement Endogène SOS/JD – SOS Jeunesse et Défis MMF – Marche Mondiale des Femmes / Action nationale du Burkina Faso Equipop – Equilibres & Populations.

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2016.11.11

Crimes et violences extrêmes à l’encontre des enfants en Afrique : Vaincre à tout prix cette « honte cachée »

Le Forum africain sur les politiques en faveur des enfants (African child policy forum ACPF), a organisé les 7 et 8 novembre 2016, à Addis-Abeba, la septième Conférence internationale des politiques en faveur de l’enfant africain. Le Burkina Faso y a été représenté par la Secrétaire d’Etat chargée des affaires sociales, des personnes vivant avec un handicap et de la lutte contre l’exclusion, Mme Yvette Dembélé.

 
Crimes et violences extrêmes à l’encontre des enfants en Afrique : Vaincre à tout prix cette « honte cachée »

Des autorités politiques, religieuses, coutumières, professionnels des medias et des acteurs de la société civile, ainsi que des personnes ressources se sont retrouvés dans la capitale éthiopienne durant 48 heures pour réfléchir surles voies et moyens de vaincre ce qu’ils ont qualifié de « honte cachée », à savoir les crimes et violences extrêmes commis contre des enfants. Les objectifs communs à tous sont entre autres, de faire le diagnostic sur les crimes et les pires formes de violences à l’encontre des enfants, définir les causes et les conséquences et mettre un plan d’actions efficaces de lutte pour la défense des droits des enfants africains. La Charte Africaine des Droits et du Bien-être (CADBE) de l’enfant stipule dans son article 16, paragraphe 1 que « les Etats parties à la présente charte prennent des mesures législatives, administratives, sociales et éducatives spécifiques pour protéger l’enfant contre toute forme de tortures, traitements inhumains et dégradants, et en particulier contre toute forme d’atteinte ou d’abus physique ou mental, de négligence ou de mauvais traitements, y compris les sévices sexuels, lorsqu’il est confiéà la garde d’un parent, d’un tuteur légal, de l’autorité scolaire ou de toute autre personne ayant la garde de l’enfant ».

Malheureusement, les études réalisées par le Forum africain sur les politiques en faveur des enfants, (ACPF) montrent que 60% des enfants en Zambie, Maroc et en Ouganda, et près de la moitié au Mali et en Ethiopie ont subi des châtiments corporels de la part de membres de leur famille. Au Burkina Faso, la situation n’est guère meilleure, bien que le gouvernement ait créé une direction s’occupant de la lutte contre les violences faites aux enfants avec des programmes élaborés, un protocole de prise en charge et une ligne téléphonique d’assistance aux enfants en danger. En effet, a relevé, la Secrétaire d’Etat Chargée des affaires sociales, des personnes vivant avec un handicap et de la lutte contre l’exclusion, Mme Yvette Dembélé, l’étude nationale sur les violences faites aux enfants réalisée en 2008 révèle quatre types de violences exercées sur les enfants : violences physiques (83,6%), verbales (63,9%), psychologiques (18,7%) et sexuelles (16,7%).

Pourtant poursuit-elle, le pays a ratifié la plupart des instruments internationaux relatifs à la protection des enfants, parmi lesquels la Convention relative aux droits de l’enfant (CDE) et la Charte africaine des Droits et du Bien-être de l’Enfant. Aussi la Constitution du Burkina Faso dispose-t-elle en son article 2 que « la protection de la vie, la sûreté, et l’intégrité physique sont garanties. Sont interdits et punis par la loi, l’esclavage, les pratiques esclavagistes, les traitements inhumains et cruels, dégradants et humiliants, la torture physique ou morale, les sévices et les mauvais traitements infliges aux enfants et toutes les formes d’avilissement de l’Homme ».

Si ces chiffres sont éloquents, ils en sont plus quand il s’agit des violences à l’encontre des enfants en situation de handicap. Une étude menée en 2013, lors du recensement général des enfants handicapés (RGEH) au Burkina Faso montre que le pourcentage de ces enfants ayant subi une discrimination quelconque liée à leur situation de handicap est de 48%. Selon le rapport 2012, présenté par l’ONG Under The Same Sun (Sous Le même Soleil), 71 cas de meurtres commis contre des personnes atteintes d’albinisme ont été enregistrés en Tanzanie, 17 au Burundi, 07 au Kenya et trois en Swaziland.A ces violences s’ajoutent celles relatives aux mutilations génitalesféminines et au mariage précoce qui font état de trois millions de filles excisées chaque année en Afrique et 39% de filles mariées en Afrique subsaharienne avant l’âge de 18 ans.

Bannir à tout prix ces violences

Des statistiques qui font dire l’Imam Ousman Jah, Amirul Hajj de la République de Gambie, « nos enfants ne méritent pas la violence. Le prophète (PSL) interdit la violation des droits consacrés à la créature de Dieu qu’est l’Homme et appelle tous les musulmans à consacrer une attention particulière aux enfants ». L’évêque Michael Msonganzila du diocèse de Musoma en République Unie de Tanzanie, dira tout simplement que le défi du continent, c’est de permettre aux enfants africains de réaliser leur rêve, de devenir ce qu’ils veulent devenir, pour cela il faudra leur donner l’espace et le pouvoir de rêver.

C’est pourquoi les différents intervenants, tout en reconnaissant que les crimes et violences à l’encontre des enfants sont inacceptables, ont appelé les gouvernements, les leaders religieux et coutumiers, la société civile et les professionnels des medias à œuvrer pour une harmonisation des textes juridiques internationaux sur la protection des droits des enfants. Ils ont également recommandél’implication et l’appropriation de la lutte par les pouvoirs exécutifs ainsi, que le renforcement des capacitéséconomiques des parents afin de lutter contre la pauvreté et le travail des enfants. Au niveau panafricain, ils suggèrent la prise en compte du sujet sur les crimes et violences à l’encontre des enfants dans le programme des experts en droits, afin qu’il soit discuté lors du prochain sommet des chefs d’Etat africains. Il faut, conclut Mme Gracia Machel, présidente du Conseil d’administration international de l’ACPF, du courage pour se regarder dans le miroir. L’organisation de cette conférence marque le début d’un processus, celui de mettre fin à cette honte cachée.

Service presse Ambassade,
Mission Permanente du Burkina en Ethiopie

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