topblog Ivoire blogs

2018.01.19

Grèves et dialogue social : La Révolution du Dr Ra-Sablga Ouédraogo contestée

Dr Ra-Sablga Ouédraogo assure que les données de l’étude ont été compilées avec beaucoup de sérieux

L’institut Free Afrik a organisé un atelier ce vendredi sur la gouvernance administrative, les grèves et le dialogue social dans la mise en œuvre du Plan national de développement économique et social (PNDES). Le docteur Ra-Sablga Ouédraogo, directeur de Free Afrik, a livré les résultats de l’étude de son institut. Une étude apparemment révolutionnaire dans ses recommandations mais qui a été contestée par bon nombre des participants.

Une vue des participants au panel

Selon Ra-Sablga Ouédraogo, l’étude a été conduite sur plusieurs hypothèses qui expliqueraient la multiplication des grèves. Il s’agit entre autres des injustices sociales et inégalités entre fonctionnaires ; les mauvaises conditions de travail ; la baisse considérable du coût d’organisation d’une grève, l’absence de répression et la naissance de nombreux syndicats impliquant une concurrence ; l’incapacité du gouvernement à tenir ses promesses, etc. Ra-Sablga Ouédraogo évoque le contexte post insurrectionnel du Burkina et « la hausse de l’espérance de gain » des fonctionnaires depuis la grève des magistrats en mars 2016. Face à cela, l’étude pointe du doigt un gouvernement faible, « probablement le plus faible » de la 4eRépublique, qui cèderait facilement.

Des pick-up en lieu et place des V8

Si le contexte burkinabè est favorable aux grèves, l’Institut Free Afrik propose des pistes de sortie de crise. A ce titre, il propose de refonder la philosophie de la dépense publique. Une dépense qui devrait selon lui se fonder sur des critères social, économique et démocratique rigoureux. Plus concrètement, Dr Ouédraogo recommande d’engager une opération d’envergure pour réduire le train de vie de l’Etat. Paraphrasant Thomas Sankara dans cette même lancée, il estime : « S’ils (les élites militaires et hauts responsables de l’Etat) vendent leurs V8 pour rouler en pick-up, ils n’en mourront pas ». Bien au contraire, poursuit-il, ils gagneront en crédibilité aux yeux des citoyens. Toute chose qui contribuera à restaurer la confiance entre gouvernés et gouvernants. La confiance étant pour Ra-Sablga Ouédraogo un élément incontournable pour une bonne gouvernance et un dialogue social fructueux. Poursuivant, il confie : « Une élite militaire en V8 n’est pas efficace pour lutter contre le terrorisme ». En outre, il pense qu’il faut attaquer les injustices sociales et inégalités entre fonctionnaires. Pour ce faire, la lutte pour la justice dans l’administration publique doit « rencontrer d’abord une vision de la fonction publique définie de façon démocratique et inclusive ». Dans ce sens, il propose une tribune entre les principaux acteurs concernés pour discuter les bases des rémunérations. Quant aux négociations, il faut au préalable qu’elles soient « fondées sur des faits, des données, des paramètres objectivement établis », ajoute-t-il. Ensuite, il faudra exiger la productivité de la part des travailleurs.

Enfin, l’un des chantiers les plus grands à revoir selon l’économiste, c’est la fraude, qui est en son sens, « la priorité des priorités ». Il invite alors les Burkinabè à une « lutte patriotique » contre la fraude. Pour ce faire, il propose entre autres de prioriser la mobilisation des impôts et taxes actuels à la création de nouvelles fiscalités.

Les grèves, seul moyen de se faire entendre

Présidium

Dr Moussa Diallo de la CGTB, s’est prononcé sur le dialogue social. Pour lui, il y a certains préalables dont entre autres la démocratie : « il faut respecter les points de vue de tous les acteurs engagés dans le dialogue ». Un autre préalable important, poursuit-il, « c’est la crédibilité des acteurs. Les acteurs qui vont négocier doivent être des organisations en lesquelles les travailleurs se reconnaissent ». Il précise qu’un décret a été pris en 2012 pour permettre de mesurer le taux d’adhésion des travailleurs aux organisations censées les représenter. Un décret qui, déplore-t-il, n’est toujours pas entré en vigueur. Toute chose qui met en cause la crédibilité des acteurs. Ainsi, les décisions prises à l’issue d’une négociation ne pourront « jamais être mises en œuvre » s’il n’y a pas cette représentativité, foi de Dr Diallo. Le troisième préalable qu’il évoque est « la volonté et la détermination des politiques à s’engager dans le dialogue social. Ils devraient aller au dialogue social pour trouver des solutions. Malheureusement, les premières tentatives des autorités, c’est de dénigrer », ce qui n’est pas un esprit de dialogue. Pire, explique-t-il, les autorités dans une tentative de déstabilisation, « laissent la grève commencer, durer dans le temps, avant d’amorcer le dialogue ». D’où sa proposition de dialogue préventif, car une fois que le conflit a déclenché, « ce qui va primer, c’est le rapport de force ». En outre, rappelle-t-il, « le gouvernement a donné la preuve que quand on n’est pas déterminé on ne gagne rien ». Raison pour laquelle les acteurs, « lorsqu’ils engagent une lutte, veulent aller jusqu’au bout ».  Le militant de la CGTB insiste beaucoup sur le fait que le gouvernement « n’a jamais anticipé pour négocier » quand bien même les grèves sont toujours précédées d’un préavis. Par ailleurs, ajoute-t-il à la liste des préalables, l’appui institutionnel au dialogue. « Mais ces cadres ne fonctionnent pas car le gouvernement dit qu’il n’a pas les moyens ». « Mais s’il n’y a pas de moyens, pourquoi les créer ? », s’interroge-t-il. Dans un contexte où le gouvernement ne respecte pas ses engagements issus de négociations, « vous comprendrez que les grèves sont le seul moyen pour avoir ce que l’on veut », termine-t-il.

A l’issue de ces interventions, la parole a été donnée au public. La plupart des intervenants se sont opposés à l’étude de Free Afrik qu’ils jugent tantôt subjective, tantôt incomplète. Certains estiment qu’elle est irréaliste. D’autres même semblent convaincus qu’il s’agit d’une étude commandée par le pouvoir.

Leroi Arthur

infowakat.net

2018.01.16

Le harcèlement moral : Un mal caché de notre administration

Traoré Mori Edwige, Docteur en Sciences du langage 

La question du harcèlement sexuel a été propulsée sur la scène internationale depuis l’affaire du producteur hollywoodien Harvey Weinstein accusé en octobre 2017 d’abus sexuels par plusieurs actrices. Cette affaire a défrayé les chroniques durant plusieurs mois et s’en sont suivies des dénonciations en cascade de par le monde.

Le harcèlement moral : Un mal caché de notre administration

 

 

 

 

 

 

 

À partir du témoignage d’une femme victime de harcèlement sexuel, d’autres ont osé sortir du silence pour dénoncer ce phénomène. De même, certaines associations syndicales notamment, le Syndicat National des Travailleurs de la Recherche Scientifique (SNTRS) en France, qui, à travers son assemblée générale tenue le 13 novembre 2017, invitait les personnes qui ont connaissance de faits de harcèlement sexuel à se rapprocher de lui et à libérer la parole pour que les agissements de prédateurs cessent dans le milieu de la recherche et de l’enseignement supérieur.

Mais, hélas, le harcèlement n’est pas que sexuel, il en existe d’autres types plus vicieux et pervers qui touchent autant des femmes que des hommes qui préfèrent se taire et subir, plutôt que de dénoncer ce qui ressemble très souvent à un abus d’autorité de la part de ceux qui ont une petite parcelle de pouvoir. Pourtant depuis un certain temps, il y a des écrits qui dénoncent ce fléau sans aucune suite puisqu’il n’y a aucune dénonciation, aucune plainte ni de poursuite judiciaire contre les auteurs de harcèlement moral. C’est ce constat que je fais au Burkina à partir de mes observations propres et sur des témoignages de personnes victimes de harcèlement.

À partir de ce constat, les questions que je me pose sont les suivantes : Pourquoi les victimes de ce phénomène se taisent-elles ? Est-ce par peur de leur hiérarchie, de représailles pour la perte de leur travail ou tout simplement du regard des autres ou encore par simple ignorance de leur statut de victime ou de leur méconnaissance de la législation ? Lorsqu’on imagine les dégâts qu’engendrent ce fléau dans la vie d’une personne, on se demande pourquoi ce silence de la part de ceux qui en sont victimes. Cet article donne tout d’abord une définition du harcèlement moral, ensuite, il aborde le cas spécifique du Burkina et donne enfin les conséquences du harcèlement moral en terminant par quelques solutions.

1- Qu’est-ce que le harcèlement moral ?
Le terme « harcèlement moral est apparu en 1998 dans l’ouvrage de Marie-France Hirigoyen intitulé Le harcèlement moral, la violence perverse au quotidien. Il découle généralement de l’impossibilité qu’ont les harceleurs à assumer un conflit ouvert. Marie-France Hirigoyen (1998) définit le harcèlement moral comme des paroles ou des gestes qui ont pour but de déstabiliser ou de blesser un individu mais également de le soumettre, de le contrôler de façon à garder une position de supériorité. Il peut être considéré comme un comportement abusif qui porte atteinte de par sa répétition à la dignité ou à l’intégrité psychique ou physique d’une personne pouvant même la conduire à l’autodestruction. Pour Ariane Bilheran (2006), le harcèlement moral est moins visible et plus insidieux.

Pour elle, l’explosion du harcèlement moral est le fait propre d’une société moderne d’apparence démocratique dans laquelle, on ne peut plus agresser physiquement et sexuellement en toute impunité. Alors, ce qu’il faut faire, c’est s’acharner contre la personne en usant de méthodes dégradantes pour l’amener à perdre pied, l’asphyxier complètement afin de mieux la soumettre ou la détruire. Marie-France Hirigoyen (2001) soutient que le harcèlement moral advient lorsqu’il y a le refus de la différence, l’envie, la jalousie, la rivalité, la peur, l’inavouable.

2- Quelques exemples de harcèlement moral dans l’administration burkinabé

Au Burkina, beaucoup de fonctionnaires sont victimes d’abus de pouvoir de la part de leur chef hiérarchique. Ces derniers passent par des méthodes malsaines pour les assujettir. Comme le dit Marie-France Hirigoyen (1998 :7), « Dans la vie, il est des rencontres stimulantes qui nous incitent à donner le meilleur de nous-mêmes, il est aussi des rencontres qui nous minent et qui peuvent finir par nous briser. Un individu peut réussir à en démolir un autre par un processus de harcèlement moral ».

Beaucoup de personnes dans l’administration au Burkina ont fait ces genres de rencontres qui les minent et les brisent. Les témoignages de certains proches touchés par le phénomène montrent que le harcèlement moral au Burkina peut être un simple abus de pouvoir de la part d’un supérieur hiérarchique qui profite de sa position d’une façon démesurée pour harceler ses subordonnées de peur de perdre le contrôle. C’est ce que Marie-France Hirigoyen (1998) qualifie de « pouvoir des petits chefs ». Il peut être aussi le fait d’agissements pervers d’un individu qui a besoin pour exister de détruire quelqu’un qu’il choisit comme bouc émissaire. Pour arriver à leur fin, les harceleurs utilisent des méthodes anodines qui peuvent devenir plus violentes si le ou la harcelé(e) résiste.

En effet, il existe plusieurs manières de détruire une personne dans son amour propre : Cela peut commencer par des petits actes anodins au quotidien qui paraissent même souvent normaux. Il peut s’agir d’un mensonge, d’une manipulation, d’une disqualification ou même de l’isolement dans certains cas. C’est le cas de cette secrétaire, à qui on faisait reprendre systématiquement toutes les correspondances une, deux ou trois fois en n’y changeant qu’une virgule ou encore, ce chef hiérarchique qui passait par les agents d’un chef de service pour faire un travail sans lui en référer. Le harceleur peut aller jusqu’à pousser l’autre à la faute pour mieux l’humilier.

Ces agissements amènent à semer le doute sur les compétences professionnelles de la personne harcelée. Ainsi, petit à petit, « l’agresseur » (termes emprunté à Marie-France Hirigoyen) agit sur le psychisme de « l’agressé ». Certaines victimes vont jusqu’à se culpabiliser au début de ces pratiques. Alors, lorsque « l’agresseur se sent plus en confiance, il essaie d’aller plus loin dans la perversité en tenant des propos sexistes, des plaisanteries grossières ou mieux encore, en se débarrassant tout simplement de sa victime en la remplaçant par quelqu’un d’autre.

J’ai discuté avec une harcelée qui a subi un grand préjudice de la part de son chef hiérarchique parce qu’elle a refusé de céder à ses avances. À partir de là, elle a pris tous les coups. Elle n’était pas prévenue lorsqu’il y avait des réunions, il gardait expressément des dossiers importants par devers lui pour faire croire que la dame n’était pas compétente pour gérer le service. Voyant que tout cela ne marchait pas, il est monté plus haut pour demander son départ parce que c’est elle qui entravait la bonne marche de son service.

Finalement, il réussit à la faire partir en la mettant devant le fait accompli. Elle a continué à travailler pendant un mois sans qu’on lui dise qu’elle a été remplacée. Elle a demandé à son chef si elle avait commis une faute professionnelle et la réponse fut : « non, c’est la vie qui est comme ça ». Elle a prévenu toute sa hiérarchie (jusqu’au ministre) de l’abus et du préjudice dont elle a été victime sans obtenir gain de cause. Son chef hiérarchique lui disait d’ailleurs qu’il était bien adossé à son ministre qui lui faisant entièrement confiance. Certains m’ont dit qu’ils ont essuyé des menaces voilées lorsqu’ils ont essayé de se plaindre auprès des premiers responsables. On leur dit : « il faut laisser tomber, si non, ta carrière va en prendre un coup ». On peut alors se demander si le manque de réactivité de la hiérarchie n’est pas aussi une cause de non dénonciation de ce phénomène qui prend de plus en plus de l’ampleur dans l’administration publique burkinabé.

De tels agissements de la part des chefs hiérarchiques sont-ils encouragés par les premiers responsables ? Si non, il est temps qu’on nous le prouve en rappelant à l’ordre les fautifs de cette pratique perverse. Je pense alors qu’il est temps que les décideurs s’arrêtent sur ce « fléau » afin de mettre des garde-fous pour que les abus ne soient plus monnaie courante dans les servies de l’État. 
C’est dommage qu’il n’y ait pas de texte de loi (du moins pas à ma connaissance) contre le harcèlement moral au Burkina. Dans mes lectures, je n’ai trouvé que la loi n° 061 pris par le Conseil National de la Transition en 2015 et qui ne s’intéresse qu’aux violences faites aux femmes et aux filles. Dans son Chapitre 2, l’article 5 de cette loi dit ceci : « Au sens de la présente loi, on entend par violences à l’égard des femmes et des filles : tout acte de violence dirigé contre les personnes de sexe féminin, et causant ou pouvant causer aux femmes et aux filles un préjudice ou des souffrances physiques, sexuelles, psychologiques, morales, économiques et culturelles y compris la menace de tels actes, que ce soit dans la vie publique ou dans la vie privée. ».

Étant donné que ce ne sont pas uniquement les femmes qui sont touchées par ce mal, il faudrait que l’État envisage une proposition de loi contre le harcèlement moral. C’est vrai que la loi 028 régissant le code du travail dans son article 36 l’aborde un peu en ces termes : « L’employeur doit : traiter le travailleur avec dignité ; interdire toute forme de violence physique ou morale ou tout autre abus, notamment le harcèlement sexuel ». Mais quand en est-il des sanctions ? Quand l’employeur ne traite pas le travailleur avec dignité, que faut-il faire ? D’autant plus que cette même loi à l’article 3 stipule que : « Les agents de la fonction publique, les magistrats, les militaires, les agents des collectivités territoriales ainsi que tout travailleur régi par une loi spécifique ne sont pas soumis aux dispositions de la présente loi ». Il faudrait donc voir s’il n’y a pas une règlementation spécifique concernant les catégories d’agents visés par l’article 3. En principe, si le code du travail prévoit une infraction, il appartient au code de procédure pénale d’organiser les sanctions relatives à ces infractions. Ce qui à ma connaissance, (je parle sous réserve…) n’est pas prévu. Ce serait très salutaire pour les travailleurs que l’État palie à ce vide, sois en complétant les lois déjà existantes, soit en élaborant un nouveau projet de loi.

3- Les conséquences du harcèlement moral

Le harcèlement moral engendre plusieurs sortes de conséquences qui sont néfastes pour la victime et pour la société. En ce qui concerne les personnes harcelées, on peut citer le stress, l’anxiété dus à un sentiment d’impuissance, de honte et d’humiliation, les ennuies de santé provoqués par la fatigue, la nervosité, des insomnies, des migraines, la baisse de l’estime de soi etc. La victime peut garder des séquelles psychologiques à force d’avoir subi des souffrances répétées qui la fragilisent et déteignent sur son entourage. Certaines victimes du fait de leur faiblesse vont jusqu’au suicide.

4- Les solutions préconisées

Pour mettre fin au harcèlement moral, il faut que les uns et les autres aient le courage de dénoncer ce qui ressemble à un abus. Il faut sortir du silence coupable qui protège ces « petits chefs » qui se croient tout permis parce qu’ils sont adossés à quelqu’un de plus puissant. Il faut également que les victimes trouvent le courage de dire non à leurs agresseurs et de dénoncer sans crainte avec preuve à l’appuie ce qu’elles subissent dans leur lieu de travail. Si besoin, il faut porter plainte contre les harceleurs en « libérant la parole » sans crainte aucune de perdre son travail.

Les syndicats et les délégués de personnels doivent aussi recenser ces cas à l’exemple du Syndicat National des Travailleurs de la Recherche Scientifique (SNTRS) français et les dénoncer auprès de qui de droit. Un code éthique applicable dans les administrations, qui prévoit la dénonciation et la punition de faits de harcèlement serait également le bienvenu. Ce n’est qu’ainsi que les décideurs prendront véritablement des sanctions contre les fautifs de cette pratique. De cette façon, les victimes verront la reconnaissance de leur souffrance ainsi que les moyens d’obtenir réparation devant la justice pour les préjudices subis.

Traoré Mori Edwige
Docteur en Sciences du langage
Département de Linguistique et des Langues Nationales
Institut des Sciences des Sociétés
Centre National de la Recherche Scientifique et Technologique
Tramori2002@yahoo.fr 
traedwige@gmail.com

Ouvrages cités dans l’article
Ariane Bilheran, (2006). Le harcèlement moral, Armand Colin, 127p. 
Marie-France Hirigoyen (1998). Le harcèlement moral : La violence perverse au quotidien Syros, Paris, 257p.
Marie-France Hirigoyen (2001). Le harcèlement moral dans la vie professionnelle. La découverte Syros, Paris, 450p