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2016.11.18

Communiqué de presse du REN-LAC sur le scandale Huawei : c’est de la corruption

Le 10 novembre 2016, la ministre du Développement de l’Economie numérique et des Postes, Aminata Sana/Congo a remis au Président de l’Assemblée nationale Salifou Diallo, un lot de 130 tablettes numériques au profit des 127 députés, a-t-on appris d’un communiqué publié sur le site de l’Hémicycle. La même source indique que ces tablettes ont été acquises grâce à un partenariat avec Huawei Technologies Burkina Faso.

Ce geste intervient moins de six mois après l’attribution d’un marché de « construction d’une liaison sur fibre optique entre Ouagadougou et Pô jusqu’à la frontière du Ghana + bretelle Bagré Pôle dans le cadre du projet régional d’infrastructures de communication de l’Afrique de l’Ouest (PRICAO-BF) » à l’entreprise HUAWEI INTERNATIONAL pour un montant 7 984 185 dollars US, soit 4 776 538 676,25 francs CFA TTC (Cf. Compte rendu du Conseil des ministres du 22 juin 2016).

Comme il fallait s’y attendre, la diffusion de cette information a donné lieu à une profonde et légitime indignation au sein de l’opinion qui exige des gouvernants l’exemplarité, le respect de la loi anti-corruption et l’instauration d’une culture de bonne gouvernance.

Tout en saluant cette levée de boucliers traduisant un renforcement de l’éveil des consciences et de la veille citoyenne, le REN-LAC note que les faits portés sur la place publique montre qu’il y a bel et bien eu violation de la loi n°04-2015/CNT du 3 mars 2015 portant prévention et répression de la corruption au Burkina Faso, notamment en ses dispositions relatives aux dons, cadeaux et autres avantages en nature et à la corruption d’agents publics dans la commande publique. En tout état de cause, cette violation de la loi anti-corruption intervient au moment où le peuple est toujours dans l’attente de la déclaration d’intérêt et de patrimoine des honorables députés !

Au-delà des considérations purement juridiques, il convient de souligner que l’acceptation de ce don par les ministres et les députés censés d’ailleurs représenter le peuple, pose un problème sur le plan éthique. En effet, c’est compromettant pour un gouvernement et une assemblée nationale d’accepter des dons d’une entreprise privée suite à l’attribution d’un marché public à celle-ci. Ensuite, il est inacceptable qu’après une insurrection populaire qui a chassé un pouvoir pour ses dérives en matière de gouvernance, et dans un contexte aussi difficile où les aspirations profondes de notre peuple peinent à trouver des réponses, que les gouvernants s’autorisent allègrement de telles dérives comportementales.

En s’autorisant ainsi de tels écarts avec les aspirations profondes du peuple, l’actuelle équipe dirigeante du pays donne une fois de plus, la preuve que sur le plan de la lutte contre la corruption et de la gouvernance en général, le changement véritable reste une conquête de dures luttes.

C’est pourquoi, le REN-LAC appelle une fois de plus le peuple burkinabé et la jeunesse en particulier à renforcer davantage sa détermination et sa mobilisation contre l’impunité, la corruption et les dérives de toutes sortes en matière de gouvernance.

 

Fait à Ouagadougou le 17 novembre 2016

Le Secrétariat Exécutif du REN-LAC

Ministère de l’action sociale : les travailleurs en grève de 48h à compter du 7 décembre prochain

Photo d'archives, utilisée à titre d'illustration
© DR / Autre Presse
 
Photo d'archives, utilisée à titre d'illustration
 
Les organisations syndicales du ministère de la Femme, de la Solidarité nationale et de la Famille menacent d’observer un arrêt de travail de 48 heures à compter du 7 décembre 2016. Dans un préavis de grève adressé au président du Faso, Roch Marc Christian Kaboré, le Syndicat national des travailleurs de l’action sociale et le comité CGTB exigent la satisfaction de la plate-forme minimale de revendication du Syntas.


La déclaration du Syntas

DECLARATION DU SYNDICAT DES TRAVAILLEURS DE L’ACTION
SOCIALE (SYNTAS) ET DU COMITE DE LA CONFEDERATION
GENERALE DU TRAVAIL DU BURKINA (CGT-B)

Ouagadougou, le 12 novembre 2016,

L’année 2016 se révèle être un scandale à répétition du point de vue de la gouvernance du Ministère de la femme, de la solidarité nationale et de la famille. Et ceci dans un contexte historique post- insurrectionnel et post-résistance au coup d’Etat de type fasciste de l’ex Régiment de sécurité présidentielle (RSP). Depuis mars 2016, nos organisations syndicales n’ont eu de cesse de tirer la sonnette d’alarme sur l’agenda déroulé par Le Ministre Laure ZONGO/HIEN et son équipe, aux antipodes non seulement des aspirations du Peuple insurgé, mais également aux visées inavouables et inconciliables à la promotion d’une administration républicaine.

En rappel, la gouvernance du département (pilotage à vue) et les nominations empreintes de favoritisme, d’affairisme et de clientélisme ont été vivement dénoncées et combattues à travers des déclarations, sit-in, conférences de presse, etc. Pendant que nous attendons l’annulation des nominations de complaisance, le conseil des ministres des 26 et 27 octobre 2016, comme par entêtement et sans considération aucune de notre noble combat, procède à la nomination de Monsieur David BEYI, matricule 110829 N, au poste de Secrétaire permanent pour la promotion du genre (SP/CONAP Genre). Cet individu à la situation administrative ambiguë est présenté comme économiste planificateur, 1ère catégorie, Echelle B,

Echelon 4. Que comprendre de cette nomination sinon l’appréhender sous l’angle d’un affront que les autorités du département lancent à nos structures syndicales comme pour nous adresser l’adage « le chien aboie, la caravane passe ». La nomination de Monsieur David BEYI appelle pour notre part les observations suivantes:

Monsieur David BEYI, Agent technique de la statistique, matricule 110829 N, catégorie B2, 1ère classe, 4ème échelon, détaché au SP/CONAP Genre ne saurait être présenté comme économiste planificateur par le conseil des Ministres; Cette nomination traduit la volonté de l’autorité de dévoyer la compétence technique et professionnelle. Par conséquent nous: exigeons l’annulation pure et simple de la nomination de Monsieur David BEYI, au poste de SP/CONAP Genre; appelons les travailleuses et travailleurs, les militantes et militants à se tenir prêts pour un arrêt de travail autour des questions relatives à la gouvernance du ministère et aux préoccupations d’ordre socio-économique.

Tous unis et mobilisés, nous vaincrons !

Solidarité-Combativité-Progrès

Pain et liberté pour le peuple!

Ont signé :

Pour le BN Syntas

Juste Koumara Logobana

Pour le comité CGTB

Cléophas Yamantien Karama