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2016.09.26

L’Indonésie adopte la castration chimique et la peine de mort pour les pédophiles

L’Indonésie adopte la castration chimique et la peine de mort pour les pédophiles

castration

Les auteurs d’agressions sexuelles contre des enfants pourront désormais encourir en Indonésie la peine de mort et la castration chimique en plus de l’obligation de porter une puce électronique après leur libération.

Le président indonésien, Joko Widodo, a approuvé de nouvelles mesures radicales pour punir ceux qui agressent les enfants sexuellement. Ils risquent désormais la peine de mort, la castration chimique et seront contraints de porter une puce électronique.

«Ce règlement vise à surmonter la crise provoquée par la violence sexuelle contre les enfants. Les crimes sexuels contre les enfants sont des crimes extraordinaires parce qu’ils menacent la vie des enfants», a déclaré le président indonésien Joko Widodo, justifiant la mise en œuvre de ces nouvelles mesures.

Des policiers indonésiens
© Beawiharta Beawiharta Source: Reuters

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Joko Widodo n’a pas pour autant précisé comment les dispositifs de surveillance seraient installés sur les personnes reconnues coupable des tels crimes. Certains médias locaux ont avancé de leur côté que les puces électroniques pourraient être implantées dans la jambe des coupables au terme de leur peine de prison.

Le décret présidentiel entre en vigueur immédiatement, mais le parlement du pays conserve les moyens de l’invalider par la suite. Jusqu’à présent, le viol, d’une femme ou d’un mineur, était puni d’une peine maximale de 15 ans de réclusion.

Cette évolution de la législation indonésienne a été provoquée par le meurtre d’une fille de 14 ans, sauvagement violée par un groupe d’hommes ivres à Sumatra en avril dernier. Elle rentrait de l’école lorsqu’elle a été attaquée. Sept adolescents âgés de 16 et 17 ans ont été arrêtés pour ce crime.

castration
L’Indonésie adopte la castration et la peine de mort

Advocates pour le décret présidentiel AFP

Avant , la peine de prison maximale pour les violeurs d’enfants est de 15 ans.

17:44 Publié dans ACTUALITÉ SOCIALE INTERNATIONALE | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | |  Imprimer

2016.09.20

Nigeria : Des femmes protestent contre la pénurie de maris à Zamfara - Toujours un petit plus...

Navrées de rester sans maris, des femmes à Zamfara, un État au nord Nigeria, ont protesté le jeudi dernier à Gusau contre la rareté de maris dans leur localité.

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Par cette démarche, l’Association des veuves de Zamfara, l’initiatrice de cette marche, a sollicité l’aide du gouvernement local pour leur trouver des hommes musulmans avec qui se marier.

Les manifestantes ont déposé leur doléance auprès de la Commission des affaires religieuses de Zamfara pour suivre les prétendants qui s’intéresseraient aux femmes de l’Association pour mariage.En expliquant le motif de leur sortie dans la rue, Hajiya Suwaiba Isa, la présidente de l’Association a fait savoir que les femmes qui n’ont pas de maris ne vivent plus une vie normale et ont par conséquent besoin de compagnons pour une vie harmonieuse et complémentaire.Suwaiba Isa a par ailleurs ajouté qu’étant donné que les femmes sont seules, elles n’arrivent pas à s’offrir une alimentation quotidienne et régulière.De l’effectif des femmes en quête d’hommes pour se marier, l’Association a révélé que les postulantes sont au total au nombre de 8.000 personnes soit 5.380 femmes divorcées, 2.200 veuves, 1.200 orphelins et 80 cas divers.En vue d’accélérer le processus de la sélection parmi les candidates au mariage, l’Association a prié les autorités locales de Zamfara à ce qu’elles fassent un test pour démontrer aux preneurs les femmes qui ont un état de santé normale, un système de procréation au point et enfin celles qui ont la capacité de bien prendre soin d’un foyer conjugal.En réponse à toutes ces doléances, Abdullahi Mohammed Shinkafi, le Commissaire des affaires religieuses du gouvernement de l’Etat Zamfara, a déclaré sur la radio britannique BBC avoir pris bonne note pour d’éventuelle assistance.Il a expliqué que la tradition dans cette partie du Nigeria impose aux femmes de fournir des meubles pour le foyer, une exigence qui se trouve être parfois au dessus des moyens de beaucoup de femmes. Toutefois, il a précisé que l’autorité religieuse de Zamfara vient parfois en aide pour le mariage aux veuves pour leur mariage.

17:11 Publié dans ACTUALITÉ SOCIALE INTERNATIONALE | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | |  Imprimer

2016.09.19

Il est important de savoir comment l'ignorance est produite...

 cigarettes

Dès les années 1950, les industriels du tabac ont financé des études dans l'objectif de semer le doute sur les travaux scientifiques montrant que fumer augmente considérablement les risques de cancer du poumon. Des processus analogues de création d'ignorance seraient à l'œuvre concernant par exemple les perturbateurs endocriniens ou l'origine anthropique du réchauffement climatique.

© UzFoto / shutterstock.com

L'ignorance est un thème dont l'importance est désormais reconnue dans le milieu académique, comme en témoigne un épais manuel publié en 2015 (voir la bibliographie). Il est temps que les autres acteurs de la société s'en emparent aussi. Car des questions de science ou de technologie s'immiscent de plus en plus dans les problèmes et les choix auxquels sont confrontés nos sociétés et leurs décideurs. Il suffit de penser aux plantes génétiquement modifiées, à l'énergie nucléaire, à l'impact des polluants sur la santé ou au réchauffement climatique.

La question du savoir, ou celle de son absence, est ainsi centrale pour les démocraties. Il s'agit entre autres de donner un accès plus large aux connaissances afin de donner corps à une citoyenneté éclairée. Cela fait de l'ignorance un problème politique. Par ailleurs, en raison de la complexité croissante des phénomènes et des savoirs, il nous faudrait apprendre à vivre et agir en contexte d'ignorance et d'incertitude.

Nous devons d'abord comprendre que l'ignorance offre des visages fort différents. Le plus familier d'entre eux est l'ignorance relative : on peut ignorer ce que d'autres savent. Les secrets industriels ou les secrets d'État, ou encore la méconnaissance d'aspects importants de la vie d'autres communautés sont des exemples d'une telle ignorance. Celle-ci renvoie alors à une répartition plus ou moins inégale d'un savoir fiable et pose la question du préjudice (intellectuel, sanitaire, éthique, politique...) qui est causé quand une partie de la société n'a pas accès à ce savoir.

L'ignorance peut revêtir un sens plus fort lorsqu'elle renvoie à des attentes vis-à-vis d'une connaissance que personne ne possède encore, mais dont on pense qu'elle pourrait être produite et qu'elle serait utile pour trancher des questions ou conforter des revendications. Tout programme de recherche est, en ce sens, une délimitation d'ignorance intéressante (« Où est la matière noire ? », « À quoi la pandémie actuelle d'obésité est-elle due ? »...).

Stuart Firestein, neurobiologiste à l'université Columbia, a ainsi proposé de voir dans l'ignorance le moteur de la science. Le sociologue Scott Frickel, de l'université Brown, et ses collègues ont montré comment des collectifs, par exemple des riverains de sites de production chimique, pouvaient unir leurs efforts pour en appeler à une science qui n'est pas faite (undone science), par exemple celle de l'effet d'une exposition à des pics brefs mais intenses de pollution. La mobilisation se déroule autour d'une absence de connaissance, d'une ignorance, que l'on regrette.

On peut enfin choisir de ne pas entamer des travaux de recherche qui semblent trop dangereux, que ce soit par leurs résultats mêmes (par exemple en microbiologie, lorsqu'il y a un risque de produire une bactérie mortelle et très infectieuse) ou par leur instrumentalisation possible (par exemple sur la corrélation éventuelle entre quotient intellectuel et origine ethnique). C'est, dans de telles situations, une forme d'ignorance délibérément choisie.

Au-delà de cette première typologie, qui est à affiner, de nombreux chercheurs s'intéressent à la dynamique de l'ignorance et relèvent que, dans certains contextes, elle peut être « produite », résulter des actions de collectifs, d'institutions ou de cercles de réflexion.

Scott Frickel, en étudiant les réactions des agences environnementales à l'ouragan Katrina survenu en 2005, a ainsi montré comment les instances réglementaires, pour agir, produisaient de l'ignorance en se concentrant sur quelques familles de substances toxiques bien connues, en faisant abstraction des « effets cocktail », en extrapolant les données de produits bien documentés vers ceux qui le sont moins.

Cette ignorance produite à chaque étape n'a pas forcément été voulue ; elle résulte du besoin d'agir et du fonctionnement des institutions. De même, tout programme de recherche, dont le temps et les ressources sont limités, se concentre sur certains champs pour en laisser d'autres en jachère. Nos intérêts – culturels, commerciaux, politiques – créent ainsi de l'ignorance, du moins de la connaissance qui n'est pas produite.

Certains, tel Robert Proctor, de l'université Stanford – qui a introduit le terme d'agnotologie pour désigner la « production culturelle de l'ignorance et son étude » –, pensent en outre que l'ignorance est parfois produite dans le cadre d'une stratégie délibérée.

Cet historien des sciences a documenté non seulement des dénégations de l'industrie du tabac sur la dangerosité de la cigarette, mais aussi la production de science déviante pour contrer un savoir médical déjà bien constitué, afin de peser sur l'activité réglementaire, l'expertise et la communication de résultats médicaux et épidémiologiques. C'est ainsi que, dans l'espoir de dissimuler la nocivité du tabac, le Comité de recherche de l'industrie du tabac a financé à l'envi des recherches sur à peu près toutes les autres causes du cancer du poumon.

Les historiens des sciences Naomi Oreskes, à l'université Harvard, et Erik Conway, à l'Institut de technologie de Californie, ont instruit un propos semblable à l'égard des climatosceptiques et de la mise en doute de l'origine anthropique du réchauffement climatique par des acteurs ayant des intérêts dans les énergies fossiles. Cette mise en doute équivaut, en pratique, à de l'ignorance, car elle rend inopérante une connaissance pour en déduire d'autres connaissances ou instruire l'action. Dans un cadre voisin, la journaliste française Stéphane Horel a livré une analyse saisissante de la controverse autour des perturbateurs endocriniens.

Dans tous ces cas, une connaissance corroborée a été masquée ou rendue inopérante, ce qui a créé une forme d'ignorance chez les décideurs ou le public. Stratégique dans certains cas, émergente dans d'autres, l'ignorance produite ne se présente cependant pas toujours sous un aspect tranché. Le domaine croissant de la philanthropie en matière de recherche scientifique relève de cette zone grise : ce financement, comme l'a montré la sociologue Linsey McGoey, de l'université d'Essex en Grande-Bretagne, se concentre en général sur des sujets à forte visibilité, en privilégiant, pour des raisons compréhensibles, l'impact le plus fort, le plus rapide et le plus visible possible. C'est parfois au détriment de sujets réputés peu vendeurs, au prix également d'une profonde désorganisation des équipes de recherche antérieures.

L'un des fronts les plus passionnants de la recherche actuelle en sciences humaines se concentre autour de la question de l'intention : dans quels cas sommes-nous fondés à estimer qu'une ignorance résulte d'une stratégie plutôt que d'effets structurels et institutionnels ? Et quelle est notre responsabilité à l'égard de ces angles morts de la connaissance ?

La réponse concerne au premier chef les communautés scientifiques correspondantes. Cependant, les sciences humaines, l'histoire, la sociologie, l'épistémologie, par l'éclairage fin qu'elles donnent des mécanismes de production d'ignorance, peuvent être d'un précieux secours pour les sciences de la nature et les sciences réglementaires face aux instrumentalisations possibles, tout comme elles fournissent des repères décisifs pour le débat public et citoyen autour des sciences.

Mathias Girel    (http://www.pourlascience.fr/)

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La majorité des sachets de thé populaires contiennent des quantités illégales de pesticides mortels.

La majorité des sachets de thé populaires contiennent des quantités illégales de pesticides mortels.

pesticides mortels
Thé populaires contiennent des quantités illégales de pesticides mortels

La majorité des sachets de thé populaires contiennent des quantités illégales de pesticides mortels (fuyez ces marques à tout prix)

Les pesticides se trouvent partout. Ils sont vaporisés dans les cours des écoles et les parcs ouvert aux publics, et malheureusement ils se trouvent également sur les produits que nous achetons au supermarché. Nous faisons tout ce que nous pouvons pour éviter tout contact avec ces pesticides, nettoyer nos produits avant de les manger, acheter des fruits et légumes bio ou du jardin.

Nous faisons tout ce que nous pouvons pour ne pas consommer ces pesticides toxiques, mais malgré ça, ils retrouvent toujours dans nos assiettes et notre maison. Un des exemples, concerne la découverte de niveaux excessivement élevés de pesticides dans certaines des marques de thé les plus connues, y compris Lipton, Tetley et Twinings.

Les pesticides dans le thé

CBC News a mené une enquête sur les niveaux de pesticides de la plupart des grandes sociétés productrices de thé. Ces entreprises comprennent les marques suivantes:

  • Lipton (Thé vert and thé noir Yellow Label)
  • Tetley
  • Twinings
  • Red Rose
  • Sans marque
  • Uncle Lee Légendes de Chine (thé vert et thé vert au jasmin)
  • King Cole
  • Signal

Avec l’aide d’un laboratoire accrédité, les enquêteurs ont employé la même méthode de test utilisé par l’Agence nationale d’inspection des aliments pour tester les résidus de pesticides sur les feuilles de thé sèches.

Les scientifiques ont découvert que plus de la moitié de tous les thés testés avaient des résidus de pesticides qui étaient au-dessus de la limite légalement acceptable et autorisé. 8 des 10 thés testés contenaient aussi de multiples produits chimiques, avec une marque de thé contenant plus de 22 types distincts de pesticides!

Certains des pesticides qui ont été découverts dans ces thés, y compris l’endosulfan et le monocrotophos, sont actuellement en train d’être interdits par plusieurs pays en raison des risques pour la santé qu’ils représentent pour les travailleurs qui les manipulent et l’impact négatif qu’ils ont sur l’environnement et les consommateurs.

Bien que la plupart des marques testées contenaient des traces de pesticides (une seule marque n’en avait pas), certaines marques contiennent une quantité énorme de pesticides tandis que d’autres sont restées en deçà des limites légales. Bien que zéro pesticide soit la quantité préférée, voici une liste des pires contrevenants de sorte que vous serez sûr d’éviter ces marques peu importe à quel point vous avez envie de thé:

  • Uncle Lee Légendes de Chine (thé vert). Cette marque de thé contient plus de 20 différents types de pesticides, y compris l’endosulfan, qui est actuellement en train d’être banni de nombreux pays en raison de ses effets sur la santé et l’environnement. Les effets secondaires de la consommation d’endosulfan comprennent des tremblements et d’autres effets sur le système nerveux, et dans certains cas, la consommation d’aliments contenant de l’endosulfan a entraîné la mort
  • Sans marque. Bien qu’il est est loin d’approcher le thé vert Uncle Lee, il contient quand même plus de 10 différents types de pesticides.
  • King Cole. Ce thé n’est pas aussi lourdement chargés de pesticides que la marque nans nom ci-dessus, mais il a une plus grande variété de pesticides, y compris le monocrotophos bientôt interdit, qui est connu pour causer la défécation involontaire, le poul irrégulier et est également connu pour induire des comas.
pesticides mortels
Thé populaires contiennent des quantités illégales de pesticides mortels

L’industrie du thé n’est pas restée silencieuse pendant ce grondement. James O ‘Young, vice-président de Uncle Lee Légendes de Chine, qui se trouve également être la marque qui contenait le plus de pesticides, a défendu la teneur en pesticides de son thé en prétendant que tous les thés contiennent des pesticides.

« Si vous buvez du thé, du thé ordinaire, peu importe la marque, la réalité est que ce produit agricole contient des pesticides », a déclaré O’Young.

O’Young a fait cette déclaration en ignorant le fait que l’enquête de CBC a révélé que, sur les 10 marques de thé différentes testées, Red Rose était le seul produit qui soit complètement exempt de pesticides. Cela prouve qu’il est non seulement envisageable de cultiver du thé sans pesticides, mais que les représentants des grandes marques nous mentent indiscutablement à ce sujet.

Soutenez les compagnies de thé sans pesticides en excluant celles dont vous savez qu’elles contiennent beaucoup de pesticides, comme les marques Uncle Lee et Sans nom et achetez uniquement du thé bio ou les marques dont vous savez qu’elles contiennent peu de pesticides

Pour une liste complète des différentes marques de thé testées lors de l’enquête de Radio -Canada, cliquez ici .

Sources thé populaires contiennent des quantités illégales de pesticides mortels: theheartysoul.com

 
 
 

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2016.09.02

VIH/SIDA : la Commission européenne valide le traitement préventif

                   VIH/SIDA: vers l’autorisation du premier traitement préventif

VIH/SIDA: vers l’autorisation du premier traitement préventif en Europe

L’Agence européenne du médicament (EMA) a donné son autorisation à la commercialisation du Truvada®. Ce traitement antirétroviral administré à titre préventif contre le VIH avait montré une grande efficacité au cours de plusieurs études scientifiques. L’avis de la Commission européenne doit encore valider cette décision.

 

L’administration de l’antirétroviral Truvada® en prophylaxie pré-exposition (PrEP) pourrait bientôt être autorisée en Europe. L’EMA a en effet donné son aval dans ce sens. A présent, la Commission européenne doit, elle aussi, accorder le droit au laboratoire de commercialiser la molécule dans cette indication. Une fois cette étape franchie, chaque Etat membre décidera du prix et du remboursement attribué au médicament.

Déjà indiqué pour traiter les adultes infectés par le VIH depuis 2005, le Truvada® a démontré son efficacité préventive contre l’infection du virus dans le cadre de plusieurs études (dont l’étude Ipergay). L’EMA rappelle que la molécule a réduit de plus de 40% le risque d’infection chez les personnes à risque. En France, ce traitement est donné « de façon encadrée » à l’hôpital et pris en charge à 100% par l’Assurance-maladie depuis fin 2015.

L’EMA rappelle que la prophylaxie pré-exposition doit toutefois être intégrée à une stratégie globale de prévention, incluant notamment l’usage de préservatif, « seul capable de protéger d’autres infections sexuellement transmissible ».

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2016.08.22

SPIP EN FRANCE OU SERVICE SOCIAL MAISON D'ARRET: compétences et qualités requises, pour mission impossible

                     En 1999, les comités de probation et d’assistance aux libérés (CPAL) et les services socio-éducatifs des établissements pénitentiaires fusionnaient pour donner naissance aux services pénitentiaires d’insertion et de probation (SPIP). Leur statut a encore été modifié en mai 2005, « revalorisant » certains corps de métier mais élargissant, de fait, leurs missions. Le malaise perdure aujourd’hui, plusieurs rapports recommandant l’augmentation des effectifs

En 1993, un rapport de l’inspection générale des services judiciaires avait souligné les importantes mutations auxquelles les services d’insertion de l’administration pénitentiaire devaient faire face : augmentation de la population carcérale, aggravation de la situation économique et sociale des personnes concernées. C’est quelques années plus tard, quand Élisabeth Guigou était ministre de la Justice, qu’a été décidée la fusion entre les services socio-éducatifs des établissements pénitentiaires et les comités de probation et d’assistance aux libérés (CPAL), pour créer de nouveaux services pénitentiaires d’insertion et de probation (SPIP), à l’échelon départemental, placés sous l’autorité des directeurs régionaux [1].

Trois objectifs étaient alors à l’ordre du jour : mutualisation des moyens et harmonisation des méthodes de travail ; regroupement dans un service départemental pour mieux articuler la mission de réinsertion de l’administration pénitentiaire avec les politiques publiques en matière d’action sociale ; lisibilité et cohérence accrues, « notamment auprès des partenaires institutionnels et associatifs » par le renforcement de la capacité d’action de ladite administration. En effet, la population carcérale était, à ce moment déjà, en forte augmentation : près de 43 000 personnes détenues en 1985, pour atteindre 55 677 en mars 1999…

Les missions des SPIP sont ainsi définies : ils réaliseront des enquêtes sociales préalables à la comparution devant une juridiction et veilleront à l’application des obligations du juge d’application des peines. En outre, ils devront prévenir les effets désocialisants de l’incarcération et favoriser la réinsertion sociale, rechercher les moyens d’individualiser et d’aménager les peines, maintenir les liens familiaux et aussi assurer l’aide aux sortants de prison. Nous sommes bien là dans une logique d’insertion.

Définir en principe des politiques d’insertion

Pour ce qui concerne les personnes détenues, le service pénitentiaire d’insertion et de probation partage ses compétences avec le chef d’établissement : il a pleine compétence pour le suivi individuel des personnes, la préparation de l’aménagement des peines, le dispositif de placement à l’extérieur, l’action culturelle et le développement de la lecture, la préparation à la sortie. En revanche, il ne pourra être que « force de proposition » pour l’enseignement, le travail et les soins. Dans le cadre de la préparation et de l’exécution des décisions à caractère pénal, le SPIP travaille en liaison avec les magistrats — principalement les juges d’application des peines, mais aussi ceux des cours d’appel et des tribunaux. Il doit être également en partenariat avec les autorités locales : suivi d’avant et après sentence, accès aux droits sociaux, repérage des besoins des justiciables, mise en place d’actions d’insertion, recherche de financements départementaux et locaux…

Les établissements pénitentiaires, avec les SPIP, doivent définir en commun des politiques d’insertion « favorisant une cohérence départementale tout en respectant les spécificités locales » (selon le document initial de la direction de l’administration pénitentiaire). Il s’agira ensuite, en principe, de déterminer les besoins des personnes incarcérées en matière d’enseignement, de formation professionnelle, de travail, de sport, d’activités socio-éducatives et culturelles. Les partenaires sont publics (conseils régionaux ou généraux, villes, organismes sociaux, services déconcentrés de l’État) ou privés (associations départementales ou locales).

Il est demandé aux conseillers d’insertion et de probation des qualités et des aptitudes bien particulières : sens de l’écoute et facilité d’adaptation aux différentes situations, capacité à comprendre l’environnement social des personnes prises en charge et la situation psychologique des personnes en rupture sociale, « dynamisme, conviction et persévérance », initiative et technicité dans le domaine social, capacité à rendre compte aux autorités mandataires… Le conseiller d’insertion et de probation bénéficiera d’une formation rémunérée se déroulant sur 24 mois, en alternance à l’école et sur le(s) terrain(s) de stage.

La première année voit intervenir des praticiens, universitaires et chercheurs, pour des apports en droit et procédure pénale, en socio et en psycho, en criminologie. Les milieux des périodes de stages sont diversifiés : établissements pénitentiaires, tribunaux, associations… La seconde année, elle, donnera l’occasion d’approfondir théorie et stages dans le service socio-éducatif d’un établissement pénitentiaire, puis au sein d’un comité de probation. Les stagiaires sont amenés, par exemple, à concevoir, réaliser ou évaluer un projet d’action collective favorisant l’insertion de détenus. À l’issue de cette seconde année, si le candidat satisfait aux épreuves du certificat d’aptitude aux fonctions de conseiller d’insertion et de probation (avec soutenance de mémoire), la titularisation intervient. Les candidats titulaires d’un diplôme d’éducateur spécialisé ou d’assistant social suivent une formation, eux, d’une seule année.

Le malaise

Un sondage réalisé par le Mouvement de réinsertion sociale (MRS) indiquait, en juin dernier, que 67 % des personnes interrogées estimaient « insuffisantes » les mesures de réinsertion proposées aux sortants de prison. Pointant ipso facto les carences de l’État en la matière et le peu de moyens donnés aux associations. Le 21 du même mois, le député Jean-Luc Warsmann avait, dans un rapport sur l’application de la loi Perben II, réclamé un véritable plan d’urgence comprenant une « augmentation massive » des effectifs des services pénitentiaires d’insertion et de probation (SPIP). Les réticences sont claires : sur 5500 détenus pouvant prétendre à un aménagement de peine entre novembre 2004 et mars 2005, ils n’avaient été que… 450 à pouvoir déposer une telle demande, et seules 146 d’entre elles avaient été exaucées.

Parmi les premières causes avancées de cet état de fait, le manque de personnels : le nombre de juges chargés de l’application des peines est étique (à peine 300 sur les presque 8800 magistrats) comme ceux des SPIP, se montant, eux, à environ 2500 en fin d’année dernière. Le rapport commentait ainsi un chiffre « notoirement insuffisant, puisque ces personnels ont pour mission d’assurer le suivi des personnes incarcérées et de celles exécutant leur peine en milieu ouvert », en ne s’étonnant guère qu’un bon nombre de suivis avec mise à l’épreuve « ne soient pas mis en œuvre par les services compétents, faute de moyens, ce qui fragilise la crédibilité de la mesure »… La disparition des emplois-jeunes (les SPIP disposaient d’un demi-millier de contrats) n’arrange évidemment rien à l’affaire.

Or, il y a urgence, poursuivait l’état des lieux du député : les délais d’exécution des peines s’allongent, actuellement compris en moyenne entre sept et vingt-quatre mois, alors que « plus le retard s’accroît entre la condamnation et son exécution, moins la peine est comprise par la victime comme par le condamné ».

Le 6 juillet 2005, Jean-François Burgelin, procureur général de la cour de cassation, rendait son rapport intitulé Santé, justice et dangerosités : pour une meilleure prévention de la récidive, proposant vingt-quatre mesures dont la création de centres fermés de protection sociale (CFPS), lieux de sûreté entre prison et hôpital. Si l’on peut s’interroger sur ces placements d’office intervenant après une peine purgée, l’écrit n’en soulignait pas moins les graves carences en personnels : « sans un nombre suffisant de professionnels, aucun suivi efficace des peines alternatives à la détention, ni aucun aménagement de peine ne seront possibles ». Comme le député Warsmann, la commission réclamait une hausse sensible des personnels des services pénitentiaires d’insertion et de probation, et l’adjonction de psychologues dans les équipes de SPIP. Par ailleurs, était préconisé un renforcement de l’articulation entre professionnels des institutions judiciaires, pénitentiaires et sanitaires, au moyen principalement de réseaux santé/justice.

Une pénurie criante

Depuis quelques mois pourtant, les syndicats pénitentiaires — affiliés à la CGT, à la CFDT ou à la FSU — ne cessent de tirer la sonnette d’alarme : rencontrant le ministre de la Justice le 19 mai, ils avaient réclamé un plan pluriannuel de recrutement diversifié de travailleurs sociaux (conseillers d’insertion et de probation, assistants de service social), comme de personnels d’encadrement et administratifs (lire le témoignage de Julien).

En principe, les SPIP devraient assurer le suivi de 60 000 personnes en détention, mais aussi celui de 130 000 personnes en milieu ouvert. Les syndicats s’accordent pour dire qu’ils ne peuvent remplir leur tâche qu’en divisant ces chiffres, avec une mission accomplie de manière satisfaisante seulement auprès de 20 000 détenus et de 60 000 en milieu ouvert !

En mai 2005, le statut des SPIP était modifié [2] : ils sont « plus particulièrement chargés de l’aide à l’insertion (article 2). Dans les établissements pénitentiaires, ils participent, notamment, à la prévention des effets désocialisants de l’emprisonnement et au maintien des liens sociaux et familiaux des personnes incarcérées, et préparent les mesures d’individualisation prononcées par le magistrat chargé de l’application des peines ou tout autre magistrat mandant. S’agissant des autres mesures confiées par les autorités judiciaires mandantes, ils concourent, compte tenu de leurs connaissances en criminologie et de leurs compétences en matière d’exécution des peines, à la préparation des décisions de justice à caractère pénal et en assurent le suivi et le contrôle ».

Ils sont chargés de fonctions de coordination d’actions menées dans le cadre de partenariats, d’animation des équipes de travailleurs sociaux, de conseil technique auprès des conseillers d’insertion et de probation et des assistants de service social, et de conduite d’actions en direction des personnes placées sous main de justice. Mais des missions prioritaires — lutte contre la désocialisation, maintien des liens avec la famille et préparation à la sortie —, il semblerait que ce soit la dernière qui en pâtisse le plus…

Mais le 7 juillet 2005, les principaux syndicats réclamaient de nouveau des personnels supplémentaires, arguant de la densité de la surpopulation pénale (près de 65 000 détenus pour un peu plus de 51 000 places) et des nouvelles tâches affectées aux travailleurs sociaux (davantage d’entretiens, davantage de tâches administratives…). Déjà au mois d’avril 2005, les associations de réinsertion sociale avaient lancé une alerte sur la « dégradation et la disparition du dispositif d’aménagement de peine, de placement extérieur et le risque de cessation d’activité de certaines associations gestionnaires de cette mesure » [3]. Elles déploraient alors l’érosion de la mesure de placement extérieur individuel, « véritable mesure d’aménagement de peine et d’alternative à l’incarcération adaptée à l’accompagnement sous contrainte de publics marginalisés et en grande exclusion ». Pourtant, un sondage CSA/Libération indiquait, fin juin 2005, que 67 % des personnes interrogées plébiscitaient les mesures de réinsertion…

Insertion ne rime décidément pas avec prison. Et tout cela ressemble fort à une crise.


[1Décret n° 99-276 du 13 avril 1999 modifiant le Code de procédure pénale. Télécharger

[2Décret n° 2005-445 du 6 mai 2005 modifiant le décret n° 93-1114 du 21 septembre 1993 relatif au statut particulier du personnel d’insertion et de probation de l’administration pénitentiaire et le décret n° 99-670 du 2 août 1999 relatif au statut d’emploi de directeur des services pénitentiaires d’insertion et de probation

[3Contact : association APRES – 03 22 66 46 40

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Prison en France: entre complexité croissante et absolue nécessité

                   

           Chef de service éducatif au SPIP de la maison d’arrêt de Fresnes, Isabelle Gonzales déplore le manque crucial de travailleurs sociaux et la pénurie de partenaires

Quels types de partenariat développez-vous avec les travailleurs sociaux hors les murs de la prison ?

Les relations partenariales avec les autres services sociaux (circonscriptions DASS, municipaux, scolaires, ASE, UDAF, CAF, CRAM, ou autres services spécialisés d’entreprise…) me paraissent fondées sur un professionnalisme, un climat de confiance et une reconnaissance mutuelle qui respectent nos missions spécifiques et respectives. Nous entretenons également des relations partenariales avec des associations d’insertion signataires d’une convention avec notre service qui les engage à proposer des solutions adaptées à l’assistance des sortants de prison. Dans ce partenariat, nous avons le souci de préserver et garder la maîtrise des actions d’insertion. Le secteur privé ne doit pas venir se substituer au service public.

Les politiques publiques actuelles, développées en faveur de la réinsertion des détenus, sont-elles suffisamment adaptées aux besoins réels sur le terrain ?

En matière de politique pénale, des innovations ont été apportées par la loi du 9 mars 2004 tendant à adapter la justice aux évolutions de la criminalité. La difficulté réside dans l’obtention d’un juste équilibre entre la lutte contre la délinquance et la surpopulation pénale. C’est pourquoi, la loi précitée prévoit des dispositions alternatives à l’incarcération ainsi que l’accompagnement des condamnés en fin de peine afin notamment de lutter contre des sorties sèches.

Ces nouvelles dispositions ne sont en vigueur que depuis le 1er octobre 2004 pour certaines d’entre elles et le 1er janvier 2005 pour d’autres. Nous manquons donc de recul mais nous savons d’ores et déjà que le manque de travailleurs sociaux et de partenaires (en matière d’insertion professionnelle et d’hébergement) qui se faisait sentir devient crucial avec l’accroissement de notre travail. Le fonctionnement et l’existence même des associations d’insertion sont remis en cause par une baisse ou une suppression dans certains cas de leurs sources de financement.

Quelles sont alors aujourd’hui, les principales difficultés en terme de pratique ou de moyens, auxquelles votre SPIP est confronté ? Est-ce selon vous général dans ce type de service ?

Les conditions de travail sont très différentes d’un service à l’autre sur le plan humain ou matériel : certains services ont été étoffés en personnel, d’autres souffrent du manque de locaux, etc. Après la création des SPIP et la nouvelle loi du 9 mars 2004, doit être engagée une réflexion sur le positionnement professionnel des travailleurs sociaux et sur le cadre d’intervention. Nous devons continuer à parler de travail social en milieu pénitentiaire, d’accompagnement social et des causes de la délinquance. Quelle place occupe le travailleur social face à l’exclusion dans notre société ? Cette réflexion replace le travailleur social dans le débat public qu’il a tendance à déserter.

Les nouvelles populations carcérales influent-elles également sur votre travail social ?

Je rencontre dans l’exercice de ma profession à la maison d’arrêt de Fresnes trois types de population : étrangers, détenus confrontés à la maladie mentale, femmes détenues.
Parmi les 76 à 80 nationalités représentées, il existe deux catégories en grand nombre : les étrangers en situation irrégulière, clandestins, qu’ils soient récemment arrivés en France ou installés depuis de longues années sans jamais avoir obtenu leur régularisation administrative ; et les ressortissants de pays étrangers porteurs de drogues, poursuivis pour trafic international de stupéfiants, arrêtés à l’aéroport et directement incarcérés, qui souvent seront condamnés à une peine de prison et une interdiction définitive du territoire.

Cette forte présence étrangère et la complexité des situations individuelles influent sur l’action du travailleur social. L’éloignement géographique de la famille laissée sur un autre continent, la méconnaissance de la langue française, l’indigence, contribuent à augmenter l’isolement et les cas de dépression de ces personnes.

Le travailleur social est lui-même confronté à des populations nouvellement migrantes et par conséquent méconnues sur le plan des traditions, langues et organisations sociétales. Ce qui rend plus ardue l’évaluation des situations. Un réel besoin de formation dans le domaine ethnosociologique et ethnopsychiatrique se fait sentir.

Le retour au pays fait l’objet d’une collaboration avec les services consulaires des ambassades. Pour aborder les situations administratives des ressortissants étrangers, nous travaillons en étroite collaboration avec la CIMADE et les juristes du Point d’accès aux droits de la maison d’arrêt de Fresnes.

Le nombre croissant de personnes détenues présentant des troubles mentaux inquiète et a fait l’objet d’études et de recherche. La pathologie mentale est un obstacle supplémentaire à la préparation à la sortie. Il est extrêmement difficile voire impossible de trouver un hébergement à un sortant de prison relevant d’un suivi psychiatrique. En détention, les travailleurs sociaux sont sollicités le plus souvent non pas pour assurer l’accompagnement social de ces personnes mais pour régler des problèmes dus à l’intolérance à l’institution. La prison est un lieu de contrainte où la souffrance psychique augmente et où les réponses apportées par l’institution aux personnes en crise sont inadaptées. Le service médico-psychiatrique régional (SMPR) manque de personnel et ne dispose pas de possibilité privilégiée en matière d’hébergement ou d’hospitalisation à la sortie de prison.

Quels que soient leur nationalité, leur milieu d’origine, leur âge, les femmes en prison racontent toutes la même histoire de violences physiques et morales, de pauvreté, de vie de famille éclatée et de servitude. Leur incarcération engendre des situations dramatiques au regard du devenir des enfants et très souvent de l’ensemble de la cellule familiale. Leur image de femme et de mère est à restaurer. Un travail en profondeur est nécessaire sur le plan de la reconstruction personnelle. À ce titre, nous les aidons à mener une réflexion sur la parentalité, sur les violences conjugales… Elles sont victimes du contexte de pauvreté imposé par leur milieu, et s’exposent à des conduites à risques telles que la prostitution, la prise de substances toxiques de façon suicidaire, le passage à l’acte délictuel comme unique recours selon elles pour s’en sortir.

Assiste-t-on à la mise en détention de la pauvreté ?

Sans vouloir tomber dans le misérabilisme, le constat d’une population pénale présentant une concentration des maux de la société est une réalité. Les difficultés économiques liées au chômage, à un manque de formation professionnelle sont accrues par l’incarcération. Le détenu est souvent isolé, la séparation avec sa famille est source d’angoisse. On assiste à une perte d’autonomie de la personne qui va souffrir de dépendances pathologiques multiples et s’accrocher aux relations familiales, à diverses aides ou aux services de l’institution, sans jamais ressentir un sentiment de satisfaction.

La frustration est le sentiment qui prévaut. La désocialisation s’installe au bout de plusieurs mois ou années de prison. L’enfermement et d’autres contraintes vécues comme des humiliations coupent la personne détenue de la réalité extérieure et augmentent la « haine » exprimée d’une société dont elle est exclue. Il s’en suit une perte d’identité et une dévalorisation de l’image de soi, des troubles de la santé sur le plan somatique et psychologique. Endossant ce statut de victime, elle fait blocage dans un premier temps à l’analyse des faits, des actes qui l’ont conduite en prison. Elle se montre réticente à reconnaître sa culpabilité et sa responsabilité, et exprime son rapport défaillant à la norme et à la Loi.

Une difficulté primordiale est celle d’être en mesure de se projeter dans l’avenir et d’envisager de manière concrète et réaliste la sortie. Au moment de la préparation à la sortie, on constate que le retour à la vie libre effraie, ou bien est totalement idéalisé. Le détenu doit reconquérir une confiance en soi et en ses capacités à retrouver une place dans la société. Et cela ne sera pas facile car le SPIP n’est pas en mesure d’offrir suffisamment de possibilités d’insertion professionnelle, formation ou emploi, en raison d’un contexte socio-économique difficile. Les solutions en matière d’hébergement sont également insuffisantes. On mesure la volonté d’aller au bout d’un projet de sortie par l’obstination de la personne à écrire aux différentes structures d’accueil, à se rendre à des convocations lors de permissions de sortie et à rentrer sans encombre.

Enfin, la plus grande des difficultés de la personne incarcérée sera la gestion du temps. Dormir, regarder la télévision, lire, entreprendre des études universitaires, s’adonner à une activité artistique, écrire, « gamberger »… Échapper à la pensée qui s’emballe, aux souvenirs douloureux, aux regrets et à l’absence…

Propos recueillis par Guy Benloulou ( in lien social http://www.lien-social.com/Prison-entre-complexite-croissante-et-absolue-necessite )   

 

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2015.11.25

Journée internationale pour l'élimination de la violence contre les femmes

Déclaration de Phumzile Mlambo-Ngcuka, Directrice exécutive d’ONU Femmes à l’occasion de la Journée internationale pour l’élimination de la violence à l’égard des femmes, le 25 novembre

Partout dans le monde, la violence à l’égard des femmes et des filles demeure l’une des violations des droits humains les plus graves et les plus tolérées, tant comme cause que comme conséquence de l’inégalité des sexes et de la discrimination basée sur le genre.

Sa présence continue est l’un des signes les plus clairs de sociétés en déséquilibre, et nous sommes toutes et tous déterminés à changer cela.

En cette Journée internationale pour l’élimination de la violence à l’égard des femmes, nous le réaffirmons :

Ce type de violence n’est pas acceptable ;

Elle n’est pas inévitable ;

On peut y mettre fin.

Bien qu’il n’existe pas de réponse unique à une question aussi complexe, il est de plus en plus évident que certains types d’actions peuvent stopper la violence avant même qu’elle ne se produise, surtout lorsqu’elles sont prises en même temps.

Des recherches plus approfondies menées actuellement aboutiront à la mise au point de manière définitive d’un plus grand nombre de stratégies et d’interventions permettant de prévenir la violence. 

Nous sommes persuadées et persuadés que si toutes les parties concernées, pouvoirs publics ou simples citoyennes et citoyens, agissent de manière concertée, nous pourrons nous attaquer à l’inégalité des rapports de force et des structures qui existent entre les femmes et les hommes et mettre en avant les changements nécessaires en termes d’attitudes, de pratiques et d’institutions.

Essayez de vous figurer comment le monde des filles qui grandissent aujourd’hui pourrait être différent si nous pouvions empêcher les mariages précoces et les mutilations génitales féminines, et si nous cessions de fermer les yeux sur la violence conjugale, les SMS injurieux, l’impunité dont jouissent les violeurs, l’esclavage des femmes dans les zones de conflits, les meurtres des femmes qui défendent les droits humains ou l’hostilité des commissariats de police et des tribunaux face aux témoignages des femmes sur la violence dont elles sont l’objet.

Nous avons fait des progrès en améliorant les lois qui caractérisent de tels actes (et d’autres actes) comme violents et portant atteinte aux droits humains. Quelques 125 pays ont promulgué des lois contre le harcèlement sexuel et 119 contre la violence domestique, mais seulement 52 pays disposent d’une législation concernant les viols conjugaux.

Nous savons que les leaders, directrices et directeurs généraux, premières et premiers ministres, enseignantes et enseignants, peuvent donner le ton de la tolérance zéro contre la violence.

La mobilisation des communautés et les interventions de groupes en faveur des femmes comme des hommes, les programmes éducatifs et l’autonomisation des femmes ne sont que quelques-unes des interventions qui ont un impact lorsqu’elles sont associées à d’autres changements légaux, comportementaux et sociaux.

En Ouganda, par exemple, le fait d’inciter les communautés à discuter du déséquilibre des rapports de force entre les femmes et les hommes a fait diminuer de moitié les chiffres des violences physiques perpétrées par les hommes contre leurs partenaires.

Au Myanmar, la fourniture de services d’assistance juridique aux femmes rurales améliore l’accès à la justice, et il a été prouvé que rien que la formation d’un petit groupe de responsables masculins a contribué à un changement de comportements chez près de 40 pour cent des hommes dans les communautés cibles.

Nous formons les soldats de maintien de la paix, avant leur déploiement, à tenir compte des disparités entre les sexes et à mieux protéger les populations civiles dans les zones de conflit.

Aux États-Unis, les agentes et agents de police urbains, formés à la reconnaissance des signes annonciateurs de violence conjugale, réussissent à réduire dans une certaine mesure le nombre de femmes assassinées.

Nous lançons aujourd’hui la Campagne « Oranger le monde », en sachant d’avance que les conducteurs de tuktuk au Cambodge, les stars du football en Turquie, les agents de police en Albanie, les écolières et écoliers d’Afrique du Sud et du Pakistan et des centaines de milliers d’autres personnes dans le monde ont pris position, chacune et chacun à sa manière.

Pour la première fois, des objectifs précis d’élimination de la violence contre les femmes ont été inclus dans l’Agenda 2030 pour le développement durable. Ces objectifs requièrent une accélération des actions en cours.

Lorsque plus de 70 leaders mondiaux ont pris la parole à New York le 27 janvier 2015 à l’occasion de la Réunion des leaders mondiaux sur l’égalité des sexes et l’autonomisation des femmes, la majorité d’entre elles et eux a déclaré que mettre fin à la violence contre les femmes et les filles était devenu une action prioritaire. 

C’est en effet une priorité.

Je suis persuadée que si nous unissons nos efforts, si les gouvernements, les organisations de la société civile, le système de l’ONU, les entreprises, les écoles et les personnes se mobilisent au sein de nouveaux mouvements de solidarité, nous finirons par créer un monde plus égal, une Planète 50-50, où les femmes et les filles pourront vivre et vivront effectivement à l’abri de la violence.

 

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2015.11.23

Message du Secrétaire général de l’ONU, à l’occasion de la Journée mondiale de l’enfance, le 20 novembre 2015

 

              La Journée mondiale de l’enfance vise à promouvoir le bien-être et les droits fondamentaux des enfants de la planète, en particulier ceux qui sont exposés à la pauvreté, aux conflits armés, à la discrimination et à l’exploitation. La date retenue pour cette célébration, le 20 novembre, commémore le jour où l’Assemblée générale des Nations Unies a adopté la Convention relative aux droits de l’enfant en 1989.

 

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Aujourd’hui, nous réaffirmons notre obligation de faire tout ce qui en notre pouvoir pour que tous les enfants du monde puissent survivre et se développer, s’instruire et grandir, se faire entendre et réaliser pleinement leur potentiel.

Cette année, je voudrais insister sur l’importance de veiller à ce que les engagements pris par la communauté internationale à l’égard des enfants s’étendent à un groupe d’enfants qui est trop souvent oublié ou négligé : ceux qui sont privés de leur liberté.

Bien trop d’enfants sont détenus dans des prisons, des institutions psychiatriques ou d’autres lieux de détention. Certains enfants sont vulnérables parce qu’ils sont migrants, demandeurs d’asile, sans domicile fixe ou exploités par des organisations criminelles. Quelles que soient les circonstances, la Convention est formelle : la privation de liberté doit être une mesure de dernier ressort et durer le moins longtemps possible. Nous devons faire en sorte que l’intérêt supérieur de l’enfant soit privilégié, en prévenant la privation de liberté et en promouvant des solutions de substitution.

Compte tenu de ce qui précède, et en réponse à une demande de l’Assemblée générale, l’ONU prépare actuellement une étude mondiale qui vise à faire la lumière sur l’étendue du problème, sur les conditions de détention des enfants privés de liberté, ainsi que sur les moyens de protéger les droits de ce groupe de population. L’étude recueillera les informations nécessaires, recensera les bonnes pratiques et aidera les pays à prendre conscience de l’ampleur préoccupante du phénomène et à élaborer des mesures pour y remédier. Une coalition d’intervenants relevant du système des Nations Unies a décidé de mutualiser ressources et expertise pour mener l’étude à bien. Je souscris pleinement à cet effort et engage les États Membres à faire de même.

Cette année, la Journée mondiale de l’enfance est célébrée alors que, nombre sans précédent depuis la Seconde Guerre mondiale, 60 millions de personnes ont dû prendre la route de l’exode. Près de la moitié de ces déplacés fuyant l’oppression, le terrorisme, la violence et d’autres atteintes aux droits de l’homme sont des enfants.

La célébration de la Journée mondiale intervient aussi au lendemain de l’adoption historique du programme de développement durable, dont l’objectif est de mettre en place d’ici à 2030 des sociétés pacifiques, prospères et inclusives. La réalisation des objectifs de développement durable dépendra fortement de notre capacité de venir en aide aux enfants les plus vulnérables.

En cette Journée mondiale de l’enfance, réaffirmons notre engagement envers un avenir où les enfants ne sont pas laissés pour compte, en particulier ceux qui sont privés de liberté.

Diffusion : Centre d’Information des Nations Unies (CINU)
Tél : (226) 25 30 60 76 / 25 33 65 03 – e-mail : unic.ouagadougou@unic.org/cinu.oui@fasonet.bf

07:17 Publié dans ACTUALITÉ SOCIALE INTERNATIONALE | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | |  Imprimer

2015.03.11

Déguerpissement des sites à risques : Des milliers de Burkinabè sans abri à Abidjan, où est passé le Cosib ?

Photo d'archives, utilisée à titre d'illustration
 
Photo d'archives, utilisée à titre d'illustration
 
Abidjan- Ils sont des milliers et des milliers à avoir été déguerpis du quartier Gobelet dans la commune de Cocody, il y a dix jours de cela. Dix jours après le passage des bulldozers destructeurs que ces nombreuses familles dorment à la belle étoile sans le moindre espoir d'un hypothétique refuge.


Abandonnées qu'elles sont à leur propre sort. En effet, depuis deux semaines le ministère de la construction a renoué avec les démolitions des sites à risques qu'il avait répertoriés lors de la saison pluvieuse qui avait causé l'effondrement de plusieurs maisons.

Le 20 février 2015, les sous-quartiers Gobelet château, Boston et CMA ont été rayés du site. Les habitants dont les plus anciens y résidaient depuis plus de 40 ans, sont subitement devenus des cas sociaux. Si les raisons du déguerpissement avancées par l'administration restent inattaquables d'autant plus que ces opérations concernent plusieurs sites à la fois (Gobelet, Gesco, Rivera2, Attécoubé ect), ce sont les conditions de mise en demeure qui sont décriées par les déguerpis.

En effet alors que le ministère de la construction soutient avoir indemnisé les riverains installés sur ces sites à risque à hauteur de 150 mille par famille, elles sont nombreuses celles qui déclarent n'avoir pas reçu cette somme. Mieux sur le site de Gobelet par exemple, il se trouve que loin d'être une installation illégale pour l'ensemble des habitants, certains justifient bien de documents administratifs de propriété. C'est du reste ce que soutient le porte-parole du chef de Gobelet, M. Douamba Boukary qui estime que cette opération cache une tentative d'expropriation. Ce qui met naturellement en colère la troupe qui n'entend pas se laisser faire. Mais en attendant de tirer au clair cette confusion administrative, ce sont des milliers de personnes déjà déguerpis qui broient du noir. Certains ont trouvé refuge à l'église Cma mais leurs conditions de vie restent déplorables. D'autres dorment tout simplement à la belle étoile. C'est une galère indescriptible d'autant plus que leurs enfants, des milliers d'écoliers ont aussi vu leurs établissements scolaires détruits. Une année scolaire compromise.

Parmi ces déguerpis la communauté burkinabè compte pour plus de 80%. Ces derniers attendent en vain depuis dix jours l'assistance de leur ambassade et de leur consulat général. Mais en réalité, la représentation diplomatique burkinabé en Côte d'Ivoire n'a pas de solution pour ses déshérités. L'action sociale y étant défaillante. Pourtant face un tel drame humain l'on attendait du Comité de solidarité internationale pour le Burkina Faso (Cosib) une réaction dans la prise en charge. La charité bien ordonnée, dit-on, commence par soi-même. C'est bon de demander à la diaspora de cotiser pour aller soigner les victimes de l'insurrection populaire à Ouagadougou. Mais ce serait encore mieux d'œuvrer à redonner un minimum de dignité humaine à ces déguerpis qui ont perdu tout repère.

Sir Alfred (bayiri.com)

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