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2015.11.23

Message du Secrétaire général de l’ONU, à l’occasion de la Journée mondiale de l’enfance, le 20 novembre 2015

 

              La Journée mondiale de l’enfance vise à promouvoir le bien-être et les droits fondamentaux des enfants de la planète, en particulier ceux qui sont exposés à la pauvreté, aux conflits armés, à la discrimination et à l’exploitation. La date retenue pour cette célébration, le 20 novembre, commémore le jour où l’Assemblée générale des Nations Unies a adopté la Convention relative aux droits de l’enfant en 1989.

 

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Aujourd’hui, nous réaffirmons notre obligation de faire tout ce qui en notre pouvoir pour que tous les enfants du monde puissent survivre et se développer, s’instruire et grandir, se faire entendre et réaliser pleinement leur potentiel.

Cette année, je voudrais insister sur l’importance de veiller à ce que les engagements pris par la communauté internationale à l’égard des enfants s’étendent à un groupe d’enfants qui est trop souvent oublié ou négligé : ceux qui sont privés de leur liberté.

Bien trop d’enfants sont détenus dans des prisons, des institutions psychiatriques ou d’autres lieux de détention. Certains enfants sont vulnérables parce qu’ils sont migrants, demandeurs d’asile, sans domicile fixe ou exploités par des organisations criminelles. Quelles que soient les circonstances, la Convention est formelle : la privation de liberté doit être une mesure de dernier ressort et durer le moins longtemps possible. Nous devons faire en sorte que l’intérêt supérieur de l’enfant soit privilégié, en prévenant la privation de liberté et en promouvant des solutions de substitution.

Compte tenu de ce qui précède, et en réponse à une demande de l’Assemblée générale, l’ONU prépare actuellement une étude mondiale qui vise à faire la lumière sur l’étendue du problème, sur les conditions de détention des enfants privés de liberté, ainsi que sur les moyens de protéger les droits de ce groupe de population. L’étude recueillera les informations nécessaires, recensera les bonnes pratiques et aidera les pays à prendre conscience de l’ampleur préoccupante du phénomène et à élaborer des mesures pour y remédier. Une coalition d’intervenants relevant du système des Nations Unies a décidé de mutualiser ressources et expertise pour mener l’étude à bien. Je souscris pleinement à cet effort et engage les États Membres à faire de même.

Cette année, la Journée mondiale de l’enfance est célébrée alors que, nombre sans précédent depuis la Seconde Guerre mondiale, 60 millions de personnes ont dû prendre la route de l’exode. Près de la moitié de ces déplacés fuyant l’oppression, le terrorisme, la violence et d’autres atteintes aux droits de l’homme sont des enfants.

La célébration de la Journée mondiale intervient aussi au lendemain de l’adoption historique du programme de développement durable, dont l’objectif est de mettre en place d’ici à 2030 des sociétés pacifiques, prospères et inclusives. La réalisation des objectifs de développement durable dépendra fortement de notre capacité de venir en aide aux enfants les plus vulnérables.

En cette Journée mondiale de l’enfance, réaffirmons notre engagement envers un avenir où les enfants ne sont pas laissés pour compte, en particulier ceux qui sont privés de liberté.

Diffusion : Centre d’Information des Nations Unies (CINU)
Tél : (226) 25 30 60 76 / 25 33 65 03 – e-mail : unic.ouagadougou@unic.org/cinu.oui@fasonet.bf

2015.03.11

Déguerpissement des sites à risques : Des milliers de Burkinabè sans abri à Abidjan, où est passé le Cosib ?

Photo d'archives, utilisée à titre d'illustration
 
Photo d'archives, utilisée à titre d'illustration
 
Abidjan- Ils sont des milliers et des milliers à avoir été déguerpis du quartier Gobelet dans la commune de Cocody, il y a dix jours de cela. Dix jours après le passage des bulldozers destructeurs que ces nombreuses familles dorment à la belle étoile sans le moindre espoir d'un hypothétique refuge.


Abandonnées qu'elles sont à leur propre sort. En effet, depuis deux semaines le ministère de la construction a renoué avec les démolitions des sites à risques qu'il avait répertoriés lors de la saison pluvieuse qui avait causé l'effondrement de plusieurs maisons.

Le 20 février 2015, les sous-quartiers Gobelet château, Boston et CMA ont été rayés du site. Les habitants dont les plus anciens y résidaient depuis plus de 40 ans, sont subitement devenus des cas sociaux. Si les raisons du déguerpissement avancées par l'administration restent inattaquables d'autant plus que ces opérations concernent plusieurs sites à la fois (Gobelet, Gesco, Rivera2, Attécoubé ect), ce sont les conditions de mise en demeure qui sont décriées par les déguerpis.

En effet alors que le ministère de la construction soutient avoir indemnisé les riverains installés sur ces sites à risque à hauteur de 150 mille par famille, elles sont nombreuses celles qui déclarent n'avoir pas reçu cette somme. Mieux sur le site de Gobelet par exemple, il se trouve que loin d'être une installation illégale pour l'ensemble des habitants, certains justifient bien de documents administratifs de propriété. C'est du reste ce que soutient le porte-parole du chef de Gobelet, M. Douamba Boukary qui estime que cette opération cache une tentative d'expropriation. Ce qui met naturellement en colère la troupe qui n'entend pas se laisser faire. Mais en attendant de tirer au clair cette confusion administrative, ce sont des milliers de personnes déjà déguerpis qui broient du noir. Certains ont trouvé refuge à l'église Cma mais leurs conditions de vie restent déplorables. D'autres dorment tout simplement à la belle étoile. C'est une galère indescriptible d'autant plus que leurs enfants, des milliers d'écoliers ont aussi vu leurs établissements scolaires détruits. Une année scolaire compromise.

Parmi ces déguerpis la communauté burkinabè compte pour plus de 80%. Ces derniers attendent en vain depuis dix jours l'assistance de leur ambassade et de leur consulat général. Mais en réalité, la représentation diplomatique burkinabé en Côte d'Ivoire n'a pas de solution pour ses déshérités. L'action sociale y étant défaillante. Pourtant face un tel drame humain l'on attendait du Comité de solidarité internationale pour le Burkina Faso (Cosib) une réaction dans la prise en charge. La charité bien ordonnée, dit-on, commence par soi-même. C'est bon de demander à la diaspora de cotiser pour aller soigner les victimes de l'insurrection populaire à Ouagadougou. Mais ce serait encore mieux d'œuvrer à redonner un minimum de dignité humaine à ces déguerpis qui ont perdu tout repère.

Sir Alfred (bayiri.com)