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2016.09.19

Il est important de savoir comment l'ignorance est produite...

 cigarettes

Dès les années 1950, les industriels du tabac ont financé des études dans l'objectif de semer le doute sur les travaux scientifiques montrant que fumer augmente considérablement les risques de cancer du poumon. Des processus analogues de création d'ignorance seraient à l'œuvre concernant par exemple les perturbateurs endocriniens ou l'origine anthropique du réchauffement climatique.

© UzFoto / shutterstock.com

L'ignorance est un thème dont l'importance est désormais reconnue dans le milieu académique, comme en témoigne un épais manuel publié en 2015 (voir la bibliographie). Il est temps que les autres acteurs de la société s'en emparent aussi. Car des questions de science ou de technologie s'immiscent de plus en plus dans les problèmes et les choix auxquels sont confrontés nos sociétés et leurs décideurs. Il suffit de penser aux plantes génétiquement modifiées, à l'énergie nucléaire, à l'impact des polluants sur la santé ou au réchauffement climatique.

La question du savoir, ou celle de son absence, est ainsi centrale pour les démocraties. Il s'agit entre autres de donner un accès plus large aux connaissances afin de donner corps à une citoyenneté éclairée. Cela fait de l'ignorance un problème politique. Par ailleurs, en raison de la complexité croissante des phénomènes et des savoirs, il nous faudrait apprendre à vivre et agir en contexte d'ignorance et d'incertitude.

Nous devons d'abord comprendre que l'ignorance offre des visages fort différents. Le plus familier d'entre eux est l'ignorance relative : on peut ignorer ce que d'autres savent. Les secrets industriels ou les secrets d'État, ou encore la méconnaissance d'aspects importants de la vie d'autres communautés sont des exemples d'une telle ignorance. Celle-ci renvoie alors à une répartition plus ou moins inégale d'un savoir fiable et pose la question du préjudice (intellectuel, sanitaire, éthique, politique...) qui est causé quand une partie de la société n'a pas accès à ce savoir.

L'ignorance peut revêtir un sens plus fort lorsqu'elle renvoie à des attentes vis-à-vis d'une connaissance que personne ne possède encore, mais dont on pense qu'elle pourrait être produite et qu'elle serait utile pour trancher des questions ou conforter des revendications. Tout programme de recherche est, en ce sens, une délimitation d'ignorance intéressante (« Où est la matière noire ? », « À quoi la pandémie actuelle d'obésité est-elle due ? »...).

Stuart Firestein, neurobiologiste à l'université Columbia, a ainsi proposé de voir dans l'ignorance le moteur de la science. Le sociologue Scott Frickel, de l'université Brown, et ses collègues ont montré comment des collectifs, par exemple des riverains de sites de production chimique, pouvaient unir leurs efforts pour en appeler à une science qui n'est pas faite (undone science), par exemple celle de l'effet d'une exposition à des pics brefs mais intenses de pollution. La mobilisation se déroule autour d'une absence de connaissance, d'une ignorance, que l'on regrette.

On peut enfin choisir de ne pas entamer des travaux de recherche qui semblent trop dangereux, que ce soit par leurs résultats mêmes (par exemple en microbiologie, lorsqu'il y a un risque de produire une bactérie mortelle et très infectieuse) ou par leur instrumentalisation possible (par exemple sur la corrélation éventuelle entre quotient intellectuel et origine ethnique). C'est, dans de telles situations, une forme d'ignorance délibérément choisie.

Au-delà de cette première typologie, qui est à affiner, de nombreux chercheurs s'intéressent à la dynamique de l'ignorance et relèvent que, dans certains contextes, elle peut être « produite », résulter des actions de collectifs, d'institutions ou de cercles de réflexion.

Scott Frickel, en étudiant les réactions des agences environnementales à l'ouragan Katrina survenu en 2005, a ainsi montré comment les instances réglementaires, pour agir, produisaient de l'ignorance en se concentrant sur quelques familles de substances toxiques bien connues, en faisant abstraction des « effets cocktail », en extrapolant les données de produits bien documentés vers ceux qui le sont moins.

Cette ignorance produite à chaque étape n'a pas forcément été voulue ; elle résulte du besoin d'agir et du fonctionnement des institutions. De même, tout programme de recherche, dont le temps et les ressources sont limités, se concentre sur certains champs pour en laisser d'autres en jachère. Nos intérêts – culturels, commerciaux, politiques – créent ainsi de l'ignorance, du moins de la connaissance qui n'est pas produite.

Certains, tel Robert Proctor, de l'université Stanford – qui a introduit le terme d'agnotologie pour désigner la « production culturelle de l'ignorance et son étude » –, pensent en outre que l'ignorance est parfois produite dans le cadre d'une stratégie délibérée.

Cet historien des sciences a documenté non seulement des dénégations de l'industrie du tabac sur la dangerosité de la cigarette, mais aussi la production de science déviante pour contrer un savoir médical déjà bien constitué, afin de peser sur l'activité réglementaire, l'expertise et la communication de résultats médicaux et épidémiologiques. C'est ainsi que, dans l'espoir de dissimuler la nocivité du tabac, le Comité de recherche de l'industrie du tabac a financé à l'envi des recherches sur à peu près toutes les autres causes du cancer du poumon.

Les historiens des sciences Naomi Oreskes, à l'université Harvard, et Erik Conway, à l'Institut de technologie de Californie, ont instruit un propos semblable à l'égard des climatosceptiques et de la mise en doute de l'origine anthropique du réchauffement climatique par des acteurs ayant des intérêts dans les énergies fossiles. Cette mise en doute équivaut, en pratique, à de l'ignorance, car elle rend inopérante une connaissance pour en déduire d'autres connaissances ou instruire l'action. Dans un cadre voisin, la journaliste française Stéphane Horel a livré une analyse saisissante de la controverse autour des perturbateurs endocriniens.

Dans tous ces cas, une connaissance corroborée a été masquée ou rendue inopérante, ce qui a créé une forme d'ignorance chez les décideurs ou le public. Stratégique dans certains cas, émergente dans d'autres, l'ignorance produite ne se présente cependant pas toujours sous un aspect tranché. Le domaine croissant de la philanthropie en matière de recherche scientifique relève de cette zone grise : ce financement, comme l'a montré la sociologue Linsey McGoey, de l'université d'Essex en Grande-Bretagne, se concentre en général sur des sujets à forte visibilité, en privilégiant, pour des raisons compréhensibles, l'impact le plus fort, le plus rapide et le plus visible possible. C'est parfois au détriment de sujets réputés peu vendeurs, au prix également d'une profonde désorganisation des équipes de recherche antérieures.

L'un des fronts les plus passionnants de la recherche actuelle en sciences humaines se concentre autour de la question de l'intention : dans quels cas sommes-nous fondés à estimer qu'une ignorance résulte d'une stratégie plutôt que d'effets structurels et institutionnels ? Et quelle est notre responsabilité à l'égard de ces angles morts de la connaissance ?

La réponse concerne au premier chef les communautés scientifiques correspondantes. Cependant, les sciences humaines, l'histoire, la sociologie, l'épistémologie, par l'éclairage fin qu'elles donnent des mécanismes de production d'ignorance, peuvent être d'un précieux secours pour les sciences de la nature et les sciences réglementaires face aux instrumentalisations possibles, tout comme elles fournissent des repères décisifs pour le débat public et citoyen autour des sciences.

Mathias Girel    (http://www.pourlascience.fr/)

La majorité des sachets de thé populaires contiennent des quantités illégales de pesticides mortels.

La majorité des sachets de thé populaires contiennent des quantités illégales de pesticides mortels.

pesticides mortels
Thé populaires contiennent des quantités illégales de pesticides mortels

La majorité des sachets de thé populaires contiennent des quantités illégales de pesticides mortels (fuyez ces marques à tout prix)

Les pesticides se trouvent partout. Ils sont vaporisés dans les cours des écoles et les parcs ouvert aux publics, et malheureusement ils se trouvent également sur les produits que nous achetons au supermarché. Nous faisons tout ce que nous pouvons pour éviter tout contact avec ces pesticides, nettoyer nos produits avant de les manger, acheter des fruits et légumes bio ou du jardin.

Nous faisons tout ce que nous pouvons pour ne pas consommer ces pesticides toxiques, mais malgré ça, ils retrouvent toujours dans nos assiettes et notre maison. Un des exemples, concerne la découverte de niveaux excessivement élevés de pesticides dans certaines des marques de thé les plus connues, y compris Lipton, Tetley et Twinings.

Les pesticides dans le thé

CBC News a mené une enquête sur les niveaux de pesticides de la plupart des grandes sociétés productrices de thé. Ces entreprises comprennent les marques suivantes:

  • Lipton (Thé vert and thé noir Yellow Label)
  • Tetley
  • Twinings
  • Red Rose
  • Sans marque
  • Uncle Lee Légendes de Chine (thé vert et thé vert au jasmin)
  • King Cole
  • Signal

Avec l’aide d’un laboratoire accrédité, les enquêteurs ont employé la même méthode de test utilisé par l’Agence nationale d’inspection des aliments pour tester les résidus de pesticides sur les feuilles de thé sèches.

Les scientifiques ont découvert que plus de la moitié de tous les thés testés avaient des résidus de pesticides qui étaient au-dessus de la limite légalement acceptable et autorisé. 8 des 10 thés testés contenaient aussi de multiples produits chimiques, avec une marque de thé contenant plus de 22 types distincts de pesticides!

Certains des pesticides qui ont été découverts dans ces thés, y compris l’endosulfan et le monocrotophos, sont actuellement en train d’être interdits par plusieurs pays en raison des risques pour la santé qu’ils représentent pour les travailleurs qui les manipulent et l’impact négatif qu’ils ont sur l’environnement et les consommateurs.

Bien que la plupart des marques testées contenaient des traces de pesticides (une seule marque n’en avait pas), certaines marques contiennent une quantité énorme de pesticides tandis que d’autres sont restées en deçà des limites légales. Bien que zéro pesticide soit la quantité préférée, voici une liste des pires contrevenants de sorte que vous serez sûr d’éviter ces marques peu importe à quel point vous avez envie de thé:

  • Uncle Lee Légendes de Chine (thé vert). Cette marque de thé contient plus de 20 différents types de pesticides, y compris l’endosulfan, qui est actuellement en train d’être banni de nombreux pays en raison de ses effets sur la santé et l’environnement. Les effets secondaires de la consommation d’endosulfan comprennent des tremblements et d’autres effets sur le système nerveux, et dans certains cas, la consommation d’aliments contenant de l’endosulfan a entraîné la mort
  • Sans marque. Bien qu’il est est loin d’approcher le thé vert Uncle Lee, il contient quand même plus de 10 différents types de pesticides.
  • King Cole. Ce thé n’est pas aussi lourdement chargés de pesticides que la marque nans nom ci-dessus, mais il a une plus grande variété de pesticides, y compris le monocrotophos bientôt interdit, qui est connu pour causer la défécation involontaire, le poul irrégulier et est également connu pour induire des comas.
pesticides mortels
Thé populaires contiennent des quantités illégales de pesticides mortels

L’industrie du thé n’est pas restée silencieuse pendant ce grondement. James O ‘Young, vice-président de Uncle Lee Légendes de Chine, qui se trouve également être la marque qui contenait le plus de pesticides, a défendu la teneur en pesticides de son thé en prétendant que tous les thés contiennent des pesticides.

« Si vous buvez du thé, du thé ordinaire, peu importe la marque, la réalité est que ce produit agricole contient des pesticides », a déclaré O’Young.

O’Young a fait cette déclaration en ignorant le fait que l’enquête de CBC a révélé que, sur les 10 marques de thé différentes testées, Red Rose était le seul produit qui soit complètement exempt de pesticides. Cela prouve qu’il est non seulement envisageable de cultiver du thé sans pesticides, mais que les représentants des grandes marques nous mentent indiscutablement à ce sujet.

Soutenez les compagnies de thé sans pesticides en excluant celles dont vous savez qu’elles contiennent beaucoup de pesticides, comme les marques Uncle Lee et Sans nom et achetez uniquement du thé bio ou les marques dont vous savez qu’elles contiennent peu de pesticides

Pour une liste complète des différentes marques de thé testées lors de l’enquête de Radio -Canada, cliquez ici .

Sources thé populaires contiennent des quantités illégales de pesticides mortels: theheartysoul.com