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2017.12.29

L'essentiel du travail social : professions, définitions, missions et lutte contre l'exclusion en France

L'essentiel du travail social : professions, définitions, missions et lutte contre l'exclusion

Voici aujourd’hui une fiche technique que vous pouvez utiliser dès lors qu’il s’agit de présenter en quelques mots le travail social et ses missions. Comme toute fiche synthétique, il reste des points à travailler car on ne peut tout dire en une page… Allons à l’essentiel en répondant à la question suivante: Quelles sont les professions des travailleurs sociaux et les missions du travail social dans  le cadre de la lutte contre l’exclusion ?

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1- Les différentes professions des travailleurs sociaux 

1.1 les professions d’aide et d’assistance (Assistant de Service Social, Conseiller en Economie Sociale et Familiale, Technicien de l’Intervention Sociale et Familiale, Auxiliaire de Vie Sociale..)
1.2 les professions éducatives (Educateur Spécialisé, Moniteur Educateur, Educateur Technique Spécialisé, Educateur de jeunes enfants, Aide médico-psychologique )
1.3 les professions de l’animation (Animateur Socio-Culturel, Animateur technicien de l’Education Populaire ).

Ces professionnels mettent en œuvre des modes d’interventions distincts et spécifiques liés à l’histoire de leurs professions avec des méthodologies spécifiques dispensées par des centres de formation référencés et agréés. Ils s’inscrivent dans des missions et des métiers  certifiés par des diplômes d’Etat.

2 – Un rappel des définitions officielles des fonctions et interventions en travail social :

2.1 Conseil Economique et Social

« Le travail social a pour fonction essentielle d’aider des personnes ou des groupes sociaux qui, pour des raisons diverses, ne participent plus à toutes les dimensions de la vie sociale, à retisser la trame des liens de réciprocité avec autrui. Il contribue à les rendre autonomes pour exercer pleinement leurs responsabilités de citoyens ».(1)

2.2 une définition apportée par le Conseil Supérieur du Travail Social (CSTS) devenu depuis 2016 le Haut Conseil du Travail Social sur les modes d’intervention des travailleurs sociaux

« L’intervention sociale d’aide à la personne est une démarche volontaire et interactive, menée par un travailleur social qui met en œuvre des méthodes participatives avec la personne qui demande ou accepte son aide, dans l’objectif d’améliorer sa situation, ses rapports avec l’environnement, voire de les transformer.L’intervention sociale d’aide à la personne s’appuie sur le respect et la valeur intrinsèque de chaque personne, en tant qu’acteur et sujet de droits et de devoirs » (2)

L’Intervention sociale d’intérêt collectif « concerne les mouvements participatifs de la population et signifie toute action organisée inventée par l’homme pour résoudre une difficulté à laquelle il est confronté. Il signifie aussi trois autres types d’intervention professionnelle du travail social – l’action communautaire, l’intervention sociale auprès de groupes, le développement social local » (3).

2.3 La définition internationale du travail social approuvée par l’assemblée générale de IASSW le 10 Juillet 2014 Melbourne.

« Le Travail social est une pratique professionnelle et une discipline. Il promeut le changement et le développement social, la cohésion sociale, le pouvoir d’agir et la libération des personnes. Les principes de justice sociale, de droit de la personne, de responsabilité sociale collective et de respect des diversités, sont au cœur du travail social. Etayé par les théories du travail social, des sciences sociales, des sciences humaines et des connaissances autochtones, le travail social encourage les personnes et les structures à relever les défis de la vie et agit pour améliorer le bien-être de tous.

Le travailleur social intervient avec les personnes dans une relation où l’adhésion et la confiance sont indispensables. Lorsque cela n’est pas possible son travail est très limité. On parlera alors d’aide contrainte ou même de contrôle social ».

(Un groupe de travail du HCTS rédige actuellement une définition du travail social à partir de la définition internationale afin qu’elle soit mieux en correspondance avec la réalité du travail social pratiqué en France. Cette future définition  doit être validée fin mars début avril 2017).

3. les missions du travail social dans la lutte contre les exclusions

le travail social a pour mission l’aide aux personnes en difficultés :

  • Pour qu’elles retrouvent une place dans la société
  • Pour contribuer à leur insertion dans le tissu social
  • Pour qu’elles accroissent leur autonomie de vie
  • Pour qu’elles améliorent leur situation et retrouvent un dynamisme et un équilibre personnels
  • Pour améliorer les rapports entre les personnes et leur environnement

4 de ces 5 points relèvent d’un objectif lié à la cohésion sociale et la lutte contre la pauvreté génératrice d’exclusions. Le phénomène de pauvreté est d’abord caractérisé par l’insuffisance de moyens matériels et financiers pour vivre décemment. Selon son intensité, sa persistance dans la durée, la pauvreté peut se traduire par une altération durable des conditions de vie et par des difficultés d’accès à des éléments fondamentaux ou de bien-être, tels que le logement, l’éducation, les soins ou la culture, qui conduisent les personnes à une situation d’exclusion.

Pour cela les travailleurs sociaux interviennent en priorité dans les domaines de

  • L’accès aux droits (revenus minimum, allocations..)
  • La protection des personnes vulnérables qu’elles soient mineures ou majeures
  • La prévention de l’exclusion sociale et professionnelle (ex. prévenir les expulsions, accéder aux soins )
  •  Le maintien dans le logement ou son accès

notes :
(1) Rapport du Conseil Economique et Social – Rapporteur M. Daniel LORTHOIS – Mutations de la société et Travail Social – assemblée plénière des 23 et 24 mai 2000

(2) Rapport au Ministre du Conseil Supérieur du Travail Social «L’intervention sociale d’aide à la personne » Coll. Politiques et interventions sociales, Editions ENSP, Rennes 1998

(3) Rapport au Ministre du Conseil Supérieur du Travail Social «Développer et réussir l’intervention sociale d’intérêt collectif» Coll. Politiques et interventions sociales, Edition EHESP 17 mai 2010

source: https://dubasque.org

Citoyenneté et travail social vont de pair. Pourquoi et comment ?

Citoyenneté et travail social vont de pair. Pourquoi et comment ?

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La nécessité de reconnaître la citoyenneté comme une valeur  importante du vivre ensemble vient de nous être rappelée de façon cruelle avec la violence et les meurtres perpétrés  le 7 janvier et les analyses qui en ont suivi. Le débat porte sur l’école et la nécessité pour les enseignant de rappeler les valeurs de la République. Peu d’articles font état de cette question dans le champ du travail social. Alors qu’en est il exactement ?

Rappelons d’abord cette définition de la citoyenneté. Selon le dictionnaire Larousse c’est une « Situation positive créée par la pleine reconnaissance aux personnes de leur statut de citoyen. (Le citoyen dispose, dans une communauté politique donnée, de tous ses droits civils et politiques.). Elle st aussi définie comme le « Lien social établi entre une personne et l’État qui la rend apte à exercer l’ensemble des droits politiques attachés à cette qualité sous réserve qu’elle ne se trouve pas privée de tout ou partie de cet exercice par une condamnation pénale (privation de droits civiques« . Juridiquement, un citoyen français jouit de droits civils et politiques et s’acquitte d’obligations envers la société.

C’est une référence collective portée par des valeurs. Selon Albert Jacquard (dans Nouvelle petite philosophie, Stock, 2005): ‘’La citoyenneté peut être définie comme la participation au choix des contraintes collectives qui génèrent la liberté individuelle’’‘’Apprendre la citoyenneté, c’est prendre conscience du besoin de l’autre pour devenir soi’’ et bien évidemment nous sommes particulièrement concernés par cette dimension qui permet de  « bien vivre ensemble ».

Si aujourd’hui la citoyenneté est attachée à la nationalité, cela n’a pas toujours été le cas. ainsi à la révolution française : « Tout homme de quelques couleurs, de quelques origines, de quelques pays qu’il soit sera libre et jouira des droits du citoyen en France », (Loi du 28 septembre 1791). Ce n’est plus le cas aujourd’hui mais constatons que cette référence nous rappelle qu’être citoyen est défini par la loi qui a évoluée au fil du temps et des nécessités.

Les valeurs portées par la citoyenneté rejoignent celles des travailleurs sociaux qui dans la grande majorité tentent au quotidien de les valoriser :

 » La civilité :l s’agit d’une attitude de respect, à la fois à l’égard des autres citoyens, mais aussi à l’égard des bâtiments et lieux de l’espace public (ex : transports publics). C’est une reconnaissance mutuelle et tolérante des individus entre eux, au nom du respect de la dignité de la personne humaine, qui permet une plus grande harmonie dans la société.

Le civisme : il consiste, à titre individuel, à respecter et à faire respecter les lois et les règles en vigueur, mais aussi à avoir conscience de ses devoirs envers la société. De façon plus générale, le civisme est lié à un comportement actif du citoyen dans la vie quotidienne et publique. C’est agir pour que l’intérêt général l’emporte sur les intérêts particuliers.

La solidarité : elle est importante, en effet, dès lors que les citoyens, dans une conception classique, ne sont pas de simples individus juxtaposés, mais un ensemble d’hommes et de femmes attachés à un projet commun. Elle correspond à une attitude d’ouverture aux autres qui illustre le principe républicain de fraternité. Dans ces conditions, la solidarité, qui consiste à venir en aide aux plus démunis, directement ou par le biais des politiques publiques (ex : impôt redistributif) est très directement liée à la notion de citoyenneté. »

Tous ces éléments sont déclinés sur le site « vie publique de façon claire et objective. Ces trois valeurs donnent à la citoyenneté tout son sens en ne la limitant pas à l’exercice du droit

Le repérage de ces  dimensions et de leurs liens ténus permet d’user du concept dans un rapport d’égale dignité entre les personnes : habitants, élus-décideurs, professionnels. Chaque individu porte la trace, la mémoire, le désir, quelle que soit son appartenance individuelle, d’une appartenance citoyenne.

Or, souvent la référence de citoyenneté est « mobilisée » d’un groupe d’acteurs vers un autre comme d’une capacité manquante ou à obtenir. Cet usage tronque à tout coup une dimension du concept et installe notre interlocuteur  dans une position de hors-jeu.

Cette notion continue d’évoluer au point qu’aujourd’hui il est possible de parler de citoyenneté mondiale ou planétaire. Se penser comme citoyen, c’est aussi le premier acte d’une citoyenneté dynamique et universelle.

   https://dubasque.org/