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2017.12.07

Grossesses non désirées en milieu scolaire : La solution par la contraception

Grossesses non désirées en milieu scolaire : La solution par la contraception

En milieu scolaire, le phénomène des grossesses non-voulues est un problème d’ordre social. Des reformes doivent être engagées afin de renverser la tendance au Burkina Faso.

Grossesses non désirées en milieu scolaire : La solution par la contraception

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

La précocité sexuelle reste une réalité au Burkina Faso surtout en milieu scolaire. Les conséquences nous les connaissons tous. La multiplicité des grossesses non désirées, les avortements clandestins, les abandons d’enfants et des cursus scolaires suite à cet état de fait. Selon le document de politique nationale de la population de 2016, les adolescentes et jeunes filles de 12-24 ans constituaient 25,8% de la population féminine totale du pays et la contribution des mères célibataires à la fécondité était de 27, 8%. Aux côtés des conséquences ci-dessus évoquées, on peut également retenir le fort taux de prévalence du VIH et des IST, une mortalité maternelle et infantile, une faible prévalence de la planification familiale (environ 17% selon les statistiques officielles), etc.

Une réalité qu’on peine à comprendre, hormis les filles qui ont vu leur virginité volée de force par des individus sans moral et qui par la suite sont tombées enceintes. « Je ne savais pas que je pouvais tomber enceinte en faisant des rapports sexuels », a confié une adolescente de 17 ans au quotidien d’information Sidwaya, qui portait déjà une grossesse de sept mois. Pourtant, à l’instar d’autres pays de la région ouest-africaine, le Burkina Faso a engagé des politiques en matière de population par le renforcement du système de santé en termes d’accessibilité aux services de santé et de qualité des soins intégrant aussi bien les soins curatifs que la prévention des maladies, et la promotion de la santé. Dans la dynamique d’endiguer l’épiphénomène, ils sont soutenus dans leur élan par des associations, ONG, organisations de la société civile. De même que la majorité des médias écrits et audiovisuels qui réalisent des productions sur la santé sexuelle et reproductive des jeunes. Du coup, on est tenté de dire que l’adolescente avait bel et bien connaissance des retombés d’un tel acte.

Face à la recrudescence du phénomène de grossesses non-désirées des jeunes filles en milieu scolaire, tous les intervenants s’accordent sur la nécessité d’un engagement aussi bien individuel que collectif. « Investir dans la planification familiale est une nécessité pour le développement économique du Burkina Faso », disait la représentante résidente de l’UNFPA, Edwige Adekambi Domingo lors de la cérémonie de lancement de la semaine nationale de la planification familiale le 8 mai 2017 à Saponé. A ce niveau, il existe toute une gamme de produits contraceptifs. Et spécifiquement pour les adolescents, il leur est fortement recommandé l’utilisation des préservatifs et des contraceptifs oraux. Toute chose qui contribuera à relever le défi de l’UNFPA, celui de « réaliser un monde où chaque grossesse est désirée, chaque accouchement est sans danger et le potentiel de chaque jeune est accompli ».

Aïssata Laure G. Sidibé
Lefaso.net

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2017.12.06

Gratuité des soins au Burkina : Une rencontre en vue d’harmoniser les pratiques

Gratuité des soins au Burkina : Une rencontre en vue d’harmoniser les pratiques

Plus d’une année après la mise en œuvre des mesures de gratuité des soins au profit des femmes et des enfants de moins de 5 ans, il est apparu nécessaire d’asseoir cette politique sur des bases juridiques pour les prochaines années. Ce mardi 5 décembre2017, la Direction des établissements de santé a organisé un atelier à Ouagadougou. Objectif, valider les documents et les textes d’application relatifs aux mesures de gratuité des soins.

 Gratuité des soins  au Burkina : Une rencontre en vue d’harmoniser  les pratiques

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Effective à l’échelle du pays depuis le 1erjuin 2016, cette mesure sociale, dont bénéficie 25% de la population, a été sous-tendue par l’approche « Doing par learning » (apprendre en faisant). « Cette approche a conduit à des résultats forts intéressants avec des acquis de bonnes pratiques qui ont été enregistrés et des leçons apprises » a noté Corneille Traoré, chargé de mission au cabinet du ministre de la santé. Puis de poursuivre : « L’équipe technique de suivi a réussi à élaborer un certain nombre de documents, que le ministère a estimé nécessaire de soumettre à l’appréciation de ses partenaires, afin que ces documents soient validés et puissent être soumis aux autorités compétentes pour amendement ».

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Dr Pierre Yaméogo, responsable de la mise en oeuvre de la gratuité des soins

Ainsi, selon le docteur Pierre Yaméogo, directeur des établissements de santé, par ailleurs responsable de la mise en œuvre de la gratuité des soins au niveau national, une dizaine de directives d’application ont été préconisées sur le terrain et des corrections ont été faites au cours de ces vingt mois d’application. Il est notamment question des textes sur l’harmonisation des tarifs dans les formations sanitaires. « C’est vrai que c’est l’Etat qui achète à la place du patient, mais les tarifs doivent être harmonisés dans les formations sanitaires » a expliqué Dr Yaméogo. Des directives ont été également prises en matière de contrôle d’effectivité de la politique de gratuité des soins.

Là, il s’est agi de redéfinir les documents que les acteurs doivent s’approprier sur le terrain en matière de dispositif de contrôle du niveau d’effectivité. Il est aussi question de la stratégie de mise en œuvre. « Un troisième groupe de documents est en rapport avec la stratégie elle-même, parce qu’initialement, nous avons un document de stratégie avant la mise en œuvre et ce document de stratégie doit être mis en œuvre à travers cette rencontre » a indiqué le responsable de la mise en œuvre de la gratuité des soins.

« C’est en complément de ce qui a été déjà fait »

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Corneille Traoré, chargé de mission au ministère de la santé

A entendre le directeur des établissements de santé, ce second exercice vise à donner du tonus à l’harmonisation des pratiques en matière de gratuité de soins. Et d’ajouter qu’il n’a pas été question de mettre la charrue avant les bœufs. « Le travail a été bien fait avant la mise en œuvre. Nous avons eu quatre semaines de réflexions entre tous les acteurs, mais c’était des documents provisoires en fonction de la mise en œuvre. Si vous prenez un arrêté et que sur le terrain, vous vous rendez compte qu’il y a des corrections (…), c’est ça qu’on a remplacé par des directives d’application (….) » a-t-il signifié.

A l’issue de cette rencontre de deux jours, les différents acteurs intervenant dans la politique de gratuité de soins espèrent définir de façon consensuelle, le contenu des textes juridiques et d’application de la politique nationale de gratuité des soins.

Nicole Ouédraogo
Lefaso.net

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Les grands moments de la lutte des femmes au Burkina Faso

Les grands moments de la lutte des femmes au Burkina Faso

Les résultats des travaux de recherches sur la participation des femmes à la vie politique au Burkina 1957-2009 (ROUAMBA, 2011) ont, entre autres, identifié globalement quatre grandes périodes dans l’évolution du comportement politique des femmes au Burkina Faso.


Les grands moments de la lutte des femmes au Burkina Faso

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

La première période est celle de l’indépendance à la Révolution (1960-1983). Elle peut être considérée comme une période d’initiation. La deuxième, la période révolutionnaire (1983-1987), a été celle de l’éveil des consciences et de décollage. La troisième, de 1987 à 1995, a été une période de participation-observation. Enfin, la quatrième période, celle de la revendication en faveur de la participation féminine s’amorce en 1995 et prend son véritable envol à partir 2006-2007, cela jusqu’en octobre 2014, date de l’avènement de l’insurrection populaire.

Tout le long de ce parcours, on constate que nombre de femmes burkinabè sont parvenues à briser des barrières et à entrer dans le bastion politique qui est considéré comme un « saint des saints » masculin. 
Cet article se propose d’analyser et de porter à la connaissance du grand public, les grands moments et quelques faits de la lutte des femmes au Burkina Faso, notamment leurs discours et leurs pratiques.

Les discours et les pratiques de la lutte des femmes au Burkina Faso

En considérant la période coloniale qui a été une période de tutelle et la période post insurrectionnelle qui peut être qualifiée de période de libération de la parole des femmes, nous avons au total six moments forts dans la lutte des femmes au Burkina Faso.
Quelle est l’évolution des discours et des pratiques des femmes à chacun de ces moments ?

La période coloniale

La revue de la littérature sur le mouvement associatif au Burkina Faso d’une manière générale, révèle que dans la société traditionnelle, il y avait des formes de regroupement non permanentes, qui sont des formes d’entraide (ROUAMBA, 1990). Des hommes et des femmes, ou des femmes entre elles, se regroupent pour réaliser diverses activités. Les formes de regroupement permanentes (associations) sont surtout nées dans la période coloniale. Dans ce sens, le Groupe de Recherches sur les initiatives Locales (GRIL, 2008 : 15) affirme que « l’histoire du mouvement féministe burkinabè coïncide avec celle des organisations de la société civile qui luttaient pour l’accession à l’indépendance nationale » , un moment où les structures syndicales comptaient des femmes diplômées des années 50. Les femmes ont, en effet, milité très tôt dans les partis politiques. On peut citer l’exemple de Macoucou Célestine Ouezzin-Coulibaly-Traoré qui a participé à la marche des militantes ivoiriennes du PDCI-RDA sur la prison de Grand Bassam en 1949 pour faire libérer les hiérarques de leur parti (TIENDRÉBÉOGO-KABORET, 2010).

Mais les principaux thèmes de ces revendications syndicales étaient « l’opposition à l’arbitraire administratif colonial, l’insuffisante représentation des Africains dans les appareils institutionnels, l’exploitation de la main d’œuvre par les trusts. » (BANCEL, 2002 : 29) . La cause des femmes a été surtout portée par le colon. Sœur Marie-André du Sacré-Cœur (1939 : 221), par exemple, souligne que l’Eglise catholique a usé « de son influence pour faire reconnaître par le pouvoir civil, la liberté et la dignité de la femme. » Le décret Mandel adopté le 15 juin 1939, par exemple, a tenté de mettre fin aux mariages précoces et forcés des jeunes filles.

Cette période de la colonisation a été une période de tutelle. Les femmes et l’opinion publique en général étaient sensibilisées, notamment par l’Eglise catholique, sur des inégalités et des violences dont étaient victimes les femmes. Monique Ilboudo (2006 : 80) note que « sœur André-Marie du Sacré-Cœur fut certainement la principale avocate des femmes africaines ». Sans affirmer que tout ce que l’Eglise catholique a apporté a été positif pour les femmes, c’est dans cette période coloniale que les Burkinabè (à l’exception de la société touareg ), alors appelés indigènes, découvriront pour la première fois des idées nouvelles par rapport aux femmes, telles la loi de la monogamie, l’interdiction du mariage forcé, la reconnaissance de la liberté morale et la responsabilité civile aux femmes, l’indissolubilité conjugale, etc.

De l’indépendance (1960) à la veille de la révolution (1983)

Au début de l’indépendance, la mise en place de structures féminines a été timide avant de connaître une légère augmentation à partir des années 1970. La première association féminine nationale, l’Amitié Africaine est née en1958 à Ouagadougou sous l’impulsion de l’Eglise catholique, plus précisément des sœurs blanches. Et c’est seulement onze ans après, soit en 1969 que naissent deux autres associations, l’Association des Femmes Voltaïques (AFV) et l’Entraide Féminine par scission de l’Amitié Africaine en raison de querelles intestines. Suivra en 1974, l’Association des Veuves et des Orphelins devenue Association des Veuves et Orphelins du Burkina (AVOB)) qui a, aujourd’hui un statut d’ONG et dont la présidente fondatrice Lucie Traoré-kaboré reste une icône de la lutte des femmes. (TIENDRÉBÉOGO-KABORET, 2010). Plusieurs autres structures féminines naîtront par la suite.

Il convient de noter que deux faits ont, entre autres, favorisé une légère augmentation du nombre des organisations féminines à partir de 1970. Le premier est lié au fait que, dans le cadre de la modernisation de l’agriculture, l’État avait besoin d’interlocuteurs organisés pour les différentes interventions. Le deuxième fait est la célébration de l’année internationale de la femme en 1975 dont l’objectif a été de promouvoir les droits des femmes.

Cette deuxième phase a été marquée par un évènement politique important, le soulèvement populaire du 3 janvier 1966 qui a chassé du pouvoir le premier Président de la République Maurice Yaméogo. Ce jour-là, madame Jacqueline Ki-Zerbo-Coulibaly, alors directrice du Cours normal des jeunes filles, aidées par les élèves et d’autres femmes ont marché pour demander le départ du président ; elles ont ainsi joué un rôle important dans cet évènement (KERE, 2003).

Dans cette deuxième phase, les plateformes revendicatives étaient surtout axées sur l’accès des femmes et des filles à l’éducation, aux soins de santé, à l’obtention d’un code de la famille, la dénonciation des mutilations génitales féminines (à partir des années 1975). Les moyens utilisés étaient des causeries, conférences-débats avec les femmes, des émissions radio, la création de sections « animations féminines » rattachées aux Organismes Régionaux de Développement (ORD) d’alors, l’alphabétisation des femmes, l’éducation sexuelle des filles, l’organisation de façon annuelle de manifestations appelées « semaine de la femme voltaïque » où entre autres activités, des films étaient projetés, etc. (TIENDREBEOGO-KABORET,2010). C’était une période d’initiation. Il n’y avait pas de remise en question de l’ordre social. Ce qui ne sera pas le cas pour la période suivante.

La période révolutionnaire (1983-1987)

C’est sous le gouvernement du Conseil National de la Révolution (CNR), à partir d’août 1983, que le mouvement associatif féminin a connu un fort développement parce le CNR a fait de l’émancipation des femmes une priorité. A l’occasion du discours d’orientation politique prononcé le 2 octobre 1983, le Président Thomas Sankara a souligné que le fondement de la domination des femmes par les hommes se trouve dans le système d’organisation de la vie publique et économique de la société et que, par conséquent, la « révolution, en changeant l’ordre social qui opprime la femme, crée les conditions pour son émancipation véritable. » (Sankara, [1983] 2007 : 110).

Le pouvoir révolutionnaire a favorisé la création dans chaque village, d’un groupement masculin et d’un groupement féminin, soit plus de 8000 groupements féminins correspondant au nombre de villages. Et comme le font observer DIAGNE et PESCHE (1995 : 13), au-delà « de leurs multiples activités, la finalité réelle de la plupart [des] groupements féminins [est] d’obtenir leur reconnaissance sociale, en tant que femmes dans une société villageoise dominée par les hommes ».

Les femmes ont également milité dans les Comités de Défense de la Révolution (CDR) qui ont été mis en place dans les villages, les quartiers, les services ainsi que dans les différentes sections de l’Union des Femmes du Burkina (UFB).

Les plateformes revendicatives étaient clairement politiques. Elles dénonçaient et remettaient en cause le statut inférieur accordé aux femmes dans les différentes sociétés burkinabè et revendiquaient, en conséquence, leur pleine participation dans tous les domaines de la vie publique et les sphères décisionnelles. La révolution a, ainsi, accueilli des femmes dans des domaines traditionnellement masculins (armée, police, transport public, construction etc.), promu des femmes à des postes de responsabilité clés, sans tenir compte de leur statut matrimonial (Ministre du budget, de la justice, Haut-commissaire, etc.).
La période révolutionnaire peut être considérée comme celle d’éveil de conscience et de décollage. C’est pendant cette période que le pourcentage des femmes au gouvernement a atteint pour la première fois, en 1986, 20%, soit 05femmes sur 25 ministres.

Plusieurs autres victoires ont été conquises : Réforme Agraire et foncière (RAF) qui a garanti aux femmes le droit d’accès et de propriété des terres ; création des bases pour l’élaboration et l’adoption d’un code des personnes et de la famille ; institution de la journée chômée et payée à l’occasion du 8 mars, journée de la femme, etc. La Révolution a assurément bâti les fondations de nombreux acquis des femmes au Burkina Faso. La grande majorité des femmes leaders et politiques ont émergé à partir de la période révolutionnaire.

De 1987 à 1995 et 1995 à 2014 ou l’ère Compaoré

Le quatrième et le cinquième moments constituent l’ère Compaoré. Elle a débuté par un régime d’exception (1987-1991) avant que l’État de droit ne soit restauré en 1991 par l’adoption d’une nouvelle Constitution. Dans le souci de construire une démocratie avec l’implication de tous et de toutes à la gestion des affaires du pays, les citoyens et les citoyennes ont été encouragé•e•s à s’engager en politique. Les femmes participeront et observeront le processus avant de revendiquer leur pleine participation à la vie politique à partir de 1995. L’ère Compaoré a été d’abord, une période de participation-observation à la vie politique, puis de revendication. De nombreux partis politiques verront le jour dont l’Union des Sociaux Démocrates du Burkina (UDS) fondé par Juliette Bonkoungou-Yaméogo en 1990 et le Parti pour la Convergence et des Libertés individuelles fondé par Marlène Zébango-Kiello en 1991. Deborah Nazi Boni, elle, a tenté une candidature à la présidentielle en 1998.

Pendant cette période, des gains juridiques majeurs ont été obtenus tels l’adoption du code des personnes et de la famille entré en vigueur le 04 août 1989, de la Politique Nationale Genre (PNG) en 2009, de la loi portant fixation d’un quota de 30% au profit de l’un et de l’autre sexe aux élections législatives et municipales adoptée le 16 avril 2009 après un long processus de plaidoyer et de lobbying entamé depuis 2000.

Globalement, les plateformes revendicatives sont restées multiformes (accès des femmes à l’éducation, au crédit, arrêt des mutilations génitales féminines, etc.) avec une volonté affichée de participer largement au pouvoir politique, surtout à partir de 2005-2006.

Depuis octobre 2014 (veille de l’insurrection populaire à nos jours)

Depuis 2014, à la veille de l’insurrection populaire, sous le Conseil National de Transition (octobre 2014 - décembre 2015) et sous la poursuite de la quatrième République (depuis décembre 2015), on peut parler d’une période d’occupation de l’espace publique et de libération de la parole des femmes. Les femmes ont, par exemple marché le 24 octobre 2014 avec des spatules pour protester contre la révision de l’article 37 de la Constitution qui limitait le nombre de mandats du Président de la République à deux. La spatule est dotée d’une symbolique grave et sa sortie dans la rue est un signe d’avertissement traduisant une situation privée ou sociale grave. Cette marche des femmes a été un terreau fertile pour les autres manifestations qui ont contraint le Président Compaoré à la fuite le 31 octobre 2014, soit quatre (04) jours après la marche des femmes.

Les femmes occupent, à présent, l’espace publique. Elles revendiquent et prennent leur place dans la gestion des affaires du pays : deux femmes politiques, Saran Seré-Seremé et Françoise Toé étaient en lice pour les élections présidentielles du 29 novembre 2015. La libération de leur parole se traduit par les nombreuses conférences publiques qu’elles donnent ainsi que les débats télévisés et radiophoniques auxquels elles prennent part pour revendiquer leurs droits, dénoncer et condamner certains faits. Par exemple, plusieurs organisations de femmes (Conseil des Femmes du Burkina, Marche Mondiale des Femmes du Burkina Faso, Association yamwekre, Association d’Appui et d’Eveil Pugsada, Coalition Burkinabè des droits de la femme) ont fait une déclaration pour condamner le coup d’État perpétré par le Général Gilbert Diendéré le 16 septembre 2015 (CFB et al, 2015). Le Conseil des Femmes du Burkina, organisation féminine mise en place en 2014 et qui a pour mission de veiller, d’alerter et d’agir pour toute question concernant les femmes, les filles et la vie de la cité, a , pour sa part, tenu plusieurs conférences de presses (31 juillet 2015, 26 et 29 janvier 2016) pour dénoncer la non application de la loi sur les quotas.

Ainsi, si l’historiographie burkinabè n’a retenu que quelques noms de femmes ayant des liens de parenté avec des chefs ou des rois (la princesse Yennenga, mère de Wedraogo, ancêtre des Moose ; la princesse Guimbi Ouattara qui a joué un grand rôle à Bobo-Dioulasso ; la princesse Pabré, sœur de naba Yadéga fondateur du royaume du Yatenga ; La reine Pυg-toenga, mère de Naba Oubri fondateur du royaume de Ouagadougou…), plusieurs autres figures féminines, moins connues, ont lutté pour les droits des femmes au Burkina Faso et ont marqué l’histoire politique du Burkina Faso.

Conclusion

De nombreuses figures féminines, tant anonymes que connues, ont lutté et continuent de lutter chaque jour dans la sphère privée comme dans la sphère publique pour l’élimination des processus sociaux sexués de division et de hiérarchisation à l’œuvre dans les sociétés burkinabè. Les points centraux de cette lutte se situent surtout dans des organisations féminines. C’est surtout par le biais de ces organisations et non des partis politiques que les femmes burkinabè ont pu constituer progressivement une force qui compte. Elles ont ainsi engrangé plusieurs gains sur le plan juridique, mais également sur le plan des représentations sociales. Il y a, en effet, l’émergence d’une nouvelle représentation des femmes au sein de la vie publique où elles ne sont plus vues uniquement comme épouses et mères, mais également comme dirigeantes. Le genre fait de plus en plus partie du quotidien des Burkinabé où l’on remarque une inclusion progressive des femmes dans les textes et actes administratifs : une visite de plusieurs sites officiels du Burkina Faso, montre que les données sont désagrégées par sexe et que l’écriture de plusieurs documents officiels est de plus en plus genrée.

Dre Lydia ROUAMBA (Palingwinde@hotmail.com=

Pour en savoir plus

Bancel, Nicolas (2002). « La voie étroite : la sélection des dirigeants africains lors de la transition vers la décolonisation » in De la françafrique à la mafiafrique, Mouvements no 21-22 mai-juin-juillet-août, p. 28-40.

Conseil des Femmes du Burkina et al., (2015). Déclaration des femmes du Burkina sur la situation nationale(http://lefaso.net/spip.php?article67035).22 septembre 2015.

Coquery-Vidrovitch C., 1997, Histoire des femmes d’Afrique, Paris, Clio n°6

Diagne, Daouda., et Pesche, Denis., (dir.) (1995). Les organisations paysannes et rurales. Des acteurs du développement en Afrique subsaharienne, Paris, Rapports d’Etudes.

Groupe de Recherches sur les Initiatives Locales (2008) Femmes, Sida, relations de genre et structures de santé au Burkina Faso : cas de Ouahigouya, Yako et Ouagadougou. Recherche ANRS 12-123, Université de Ouagadougou.

Ilboudo, Monique (2006). Droit de cité. Être femme au Burkina Faso, Montréal, les éditions du remue-ménage.

Kere, Cathérine (2003). « Biographie de madame KI-ZERBO » In Madiéga, Yénouba Georges . et Oumarou NAO, (dir.) Burkina Faso. Cent ans d’histoire, 1895-1995, Paris, Kathala ; Ouagadougou, PUO, p. 1057-1072.

Rouamba, Palingwindé Inés Zoé Lydia (2011). La participation des femmes à la vie politique au Burkina (1957-2009) , Thèse de doctorat, Université du Québec à Montréal, Montréal.

ROUAMBA, P. Inès Zoé Lydia. 1990. « Étude d’une institution de développement en milieu rural burkinabé : La coopérative agricole et maraîchère de Mogtédo ». Mémoire de maîtrise, Ouagadougou, Université de Ouagadougou, 157 p.

Rouamba-Tapsoba, Lydia et Hettie Heerink (1995). Profil Genre de la province de l’Oudalan. PSB/PB : Gorom-Gorom, 1995, 75p.

Sœur Marie-André du Sacré Cœur (1939). La femme noire en Afrique occidentale, Paris, Payot.

Tiendrébéogo-Kaboret, Alice (2013). Être femme et ministre au Burkina Faso, Ouagadougou : Presses Africaines.

Tiendrébéogo-kaboret, Alice (2010). La contribution de la femme burkinabè à l’édification du Burkina Faso de l’indépendance à nos jours : Bilan et nouveaux défis sous la première, la deuxième et la troisième République : le rôle des associations féminines, communication présentée lors du forum national des femmes les 16, 17, 18 septembre 2010 à Bobo-Dioulasso, Burkina Faso. Inédit.

Sankara, Thomas ([1983] 2007). « Une société nouvelle, débarrassée de l’injustice sociale et de la domination impérialiste ». In Prairie Michel., Thomas Sankara parle. La révolution au Burkina Faso. 1983-1987, New-York : Pathinder, p.82-117.

1.Les 30 et 31 octobre 2014, le Burkina Faso a connu une insurrection populaire qui a contraint le Président Blaise Compaoré à la démission et à trouver refuge en Côte-d’Ivoire. Cette insurrection est intervenue suite à la volonté du Président de réviser la Constitution afin de briguer un nouveau mandat après 27 ans de pouvoir.

2. Les Touaregs vivent au Nord du Burkina Faso. C’est la composante noble du groupe Keltamasheq. Contrairement à leurs anciens esclaves les Bella, le groupe touareg ne pratique pas de polygamie. Pour en savoir plus, voir Rouamba-Tapsoba et Heerink, 1995.

3. Le Général Gilbert Diendéré est un ancien chef d’Etat-major particulier de l’ancien Président Blaise Compaoré. Il a effectué une tentative de coup d’Etat le 16 septembre 2015 dans le but de renverser le régime de transition alors dirigé par Michel Kafando. Suite aux manifestations de la population et aux condamnations de la communauté internationale, il a été contraint d’abandonner et Michel Kafando fut rétabli dans ses fonctions.

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Profil de la pauvreté chez l’enfant et d’analyse de la vulnérabilité de l’UNICEF : Les conclusions de l’étude soumises à l’appréciation des acteurs de développement de l’enfant

Profil de la pauvreté chez l’enfant et d’analyse de la vulnérabilité de l’UNICEF : Les conclusions de l’étude soumises à l’appréciation des acteurs de développement de l’enfant

Sous la présidence du représentant de Mme le ministre de la femme, de la solidarité nationale et de la famille, Yves Kaboré, un atelier de restitution des résultats de l’étude sur le profil de la pauvreté chez l’enfant et d’analyse de la vulnérabilité, s’est ouvert le mardi 5 décembre 2017, à Ouagadougou.


Profil de la pauvreté chez l’enfant et d’analyse de la vulnérabilité de l’UNICEF : Les conclusions de l’étude soumises à l’appréciation des acteurs de développement de l’enfant

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Dans la note d’information « mettre fin à la pauvreté extrême : un accent sur les enfants », de l’UNICEF et du groupe de la Banque mondiale (2016), les enfants des pays en développement sont deux fois plus susceptibles que les adultes de vivre dans l’extrême pauvreté. Il devient urgent d’identifier les dimensions critiques sur lesquelles les politiques publiques peuvent être basées pour fixer l’objectif de mettre fin à la pauvreté de l’enfant conformément au thème central de l’agenda 2030 qui se résume « à ne laisser personne pour compte ».

S’inscrivant dans cette dynamique, l’UNICEF a commandité, fin 2016, une étude sur le profil de la pauvreté et la vulnérabilité de l’enfant dans cinq communes de la région de la Boucle du Mouhoun, avec l’appui financier de Save the children. Il s’agit notamment de Dédougou, Safané, Kona, Yé et Boromo.

Afin de communiquer les résultats de l’étude et dégager des programmes de réponse en vue d’inverser la tendance, il a été organisé un atelier de restitution, le mardi 5 décembre 2017, à Ouagadougou.

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Représentante résidente de l’UNICEF, Dr Anne Vincent : « Je remercie Save the children Finlande pour son soutien continu à la représentation au Burkina Faso tant du point de vue méthodologique que financier »

Pour la représentante pays de l’UNICEF, cette étude est une première au Burkina Faso. « Elle va nous aider à comprendre que les enfants ont une vulnérabilité à la pauvreté qui n’est pas toujours bien comprise (…) », a dit Dr Anne Vincent. Ainsi, à partir des données recueillies auprès de 1 020 ménages, un indice composite de la pauvreté multidimensionnelle de l’enfant a été construit et opéré pour établir le profil de la pauvreté multidimensionnelle et de la pauvreté monétaire chez l’enfant suivant les groupes d’âge (0 à 18 ans), sexe, milieu de résidence et le géographique.

De l’analyse des 27 indicateurs répartis en 10 dimensions jugées critiques chez l’enfant, l’étude a révélé que les privations en matière d’eau et assainissement (89%), de santé (75%), de nutrition (82%) et du travail des enfants (48,7%) sont plus prononcées dans les zones rurales. Par ailleurs, celles du bien-être de l’enfant (73%) et de la protection de l’enfant (61%) sont plus importantes dans les zones urbaines. 
En sus, l’on retient également que les enfants souffrent simultanément de privation dans trois dimensions ou plus. Du coup, lorsque le seuil de pauvreté est fixé à 4 dimensions, le ratio de 90% des effectifs se rapproche des résultats de l’initiative pour la pauvreté et le développement humain (OPHI) d’Oxford pour la région qui est de 91%. Par contre, lorsqu’il est porté à 6%, l’intensité de la pauvreté se situe à 75%, plus élevée que celle d’OPHI de 66%.

Au regard de ce qui précède, la conception et la mise en œuvre des politiques sont des facteurs clés pour garantir que les enfants bénéficient de politiques visant à améliorer leur bien-être. Pour y arriver Dr Vincent a émis des recommandations.« (…) nous vous invitons à utiliser les présentations et les résultats de l’étude afin d’adopter dans vos institutions, l’approche de l’analyse multidimensionnelle de la pauvreté notamment pour les enfants pour faire avancer plus rapidement l’amélioration de leurs droits », s’est-elle adressée aux participants.

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Yves Kaboré : « la pauvreté de l’enfant se manifeste par un milieu qui nuit à son développement mental, physique, affectif (…) »

En ce qui concerne le bien-être de l’enfant et la rupture avec la transmission intergénérationnelle de la pauvreté au Burkina Faso, des propositions ont également été faites. « Nous pensons que le gouvernement pourrait envisager la conception et la mise en œuvre de politiques de protection sociale sensible aux enfants qui peuvent protéger les ménages pauvres et marginalisés et prévenir l’aggravation des privations, grâce à des programmes de transferts sociaux », a déclaré Dr Vincent. Financée par la Suède, cette approche couvrira les régions du Centre-nord, Nord et l’Est. Et le démarrage est prévu pour le mois de janvier 2018.

Enfin, l’UNICEF a suggéré la mise en place d’un groupe de travail sur la pauvreté des enfants. Objectif : Eviter qu’il y ait des dimensions cachées de la pauvreté de l’enfant dans les analyses et politiques publiques.

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Des participants résolument engagés pour améliorer les conditions de vie des enfants

Le représentant de Mme le ministre de la femme, de la solidarité nationale et de la famille, Yves Kaboré qui a dit prendre note des paquets de recommandations, rassure : « Ces efforts de définition de politiques et stratégies pourront utilement s’inscrire dans les efforts globaux visant à l’atteinte de l’objectif de développement durable relatif à l’élimination de l’extrême pauvreté et à travers le référentiel national qu’est le PNDES et les politiques sectorielles comme la politique nationale de protection sociale »

Revenant sur le choix de la Boucle du Mouhoun pour la présente étude, la représentante résidente de l’UNICEF s’explique en ses termes : « c’est l’une des régions du Burkina Faso où la pauvreté monétaire est la plus élevée que la moyenne nationale (59,07% contre 40,1%) avec une large majorité d’enfants et jeunes de moins de 24 ans (68%) ».

Aïssata Laure G. Sidibé
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2017.12.01

Réinsertion des détenus : Le comité de suivi du projet FORS a tenu sa première rencontre

Lancé le 18 avril 2017, par l’ONG Handicap international, la première session du comité national de suivi du projet Formation et réinsertion sociale des personnes détenues (FORS) s’est tenue le jeudi 30 novembre 2017, à Ouagadougou. Ce cadre de réflexion et de partage d’expériences vise à coordonner les actions et à définir les orientations nécessaires à l’exécution dudit projet.


Réinsertion des détenus : Le comité de suivi du projet FORS a tenu sa première rencontre

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Améliorer les conditions de vie du milieu carcéral au Burkina Faso, particulièrement, une meilleure insertion socioéconomique et professionnelle des personnes détenues. C’est ce qui a justifié la mise en place du projet FORS, dans sept établissements pénitentiaires du Burkina, en l’occurrence celui de Baporo, Bobo-Dioulasso, Fada N’Gourma, Koudougou, Ouagadougou, Ouahigouya et Tenkodogo.

« Après l’adoption de la politique nationale de justice et éventuellement les travaux qui ont précédé l’élaboration de cette politique, les différents acteurs ont pu s’imprégner des multiples problèmes et défis qu’il faut relever en milieu carcéral .C’est dans ce cadre que le projet FORS a été initié, suite à un appel à projet de l’UE » a noté Yvette Sanfo, chef de projet formation et réinsertion sociale à Handicap international. Puis de préciser, qu’il est notamment question de la surpopulation carcérale, des difficultés relatives aux questions de santé et l’éducation des mineurs qui se retrouvent en incarcération.

Le projet FORS entend relever ces défis à travers trois axes majeurs. Et selon Philippe Allard, directeur de Handicap international programme Burkina Faso-Niger, il est question de l’amélioration des conditions de vies carcérales, la dynamisation des unités de production pénitentiaires et le renforcement de la production dans les établissements pénitentiaires à grandes superficies agricoles, comme celui de Baporo et de Fada N’Gourma. Le troisième volet est relatif à l’amélioration de la capacité de la réinsertion sociale et professionnelle des personnes détenues, en l’occurrence les femmes, les mineurs et les personnes handicapées.

« Nous ferons reculer les limites de l’intolérable »

D’ici la fin du projet prévu pour 2020, le projet FORS ambitionne d’informer 3000 personnes détenues sur leurs droits et devoirs. Il s’agira aussi d’accompagner, sur le plan social, 1000 détenus dans la mise en œuvre de projets personnalisés, favorisant leur insertion socio-économique et professionnelle. Le projet prévoit également d’apporter son appui à l’élaboration d’une politique ou d’une stratégie de réinsertion sociale des personnes détenues et d’accompagner 500 détenus, à travers le fonds d’appui à la réinsertion sociale. Notons que l’ensemble des indicateurs accordent une priorité aux femmes, aux mineurs et aux handicapés. « 100% de femmes, 100% de mineurs et 100% de personnes handicapées » a souligné Philippe Allard.

Dans cette dynamique, le directeur de handicap international programme Burkina Faso-Niger a tenu à rappeler qu’il ne s’agit pas pour sa structure de « réinventer la roue ». L’objectif, dit-il, est d’être aux côtés du ministère de la justice burkinabè et l’ensemble des acteurs qui œuvrent sans cesse pour « renforcer l’Etat de droit par le développement d’actions multiformes à l’endroit des personnes détenues ». Et d’ajouter « Ensemble, à travers la mise en œuvre du projet FORS, nous ferons reculer les limites de l’intolérable, nous attiserons la flamme de l’espoir dans le cœur des personnes détenues, trop souvent laissées pour compte ».

Représentant le SG du ministère de la justice, Sekou Traoré, le directeur des affaires sociales et de la réinsertion du ministère de la Justice, a noté que le ministère de la justice se réjouit que ce projet soit en phase avec la politique nationale de justice 2010-2019. Il a par ailleurs émis le souhait que la présente rencontre puisse permettre de propulser un nouveau paradigme en matière de savoir-faire et d’accompagnement personnalisé des personnes détenues.

Placé sous la tutelle du ministère de la justice, le projet FORS bénéficie de l’appui technique dudit ministère, et est porté en synergie avec l’organisation « Prisonniers sans frontières ». Le projet FORS est financé par l’UE, à hauteur de 800 000 Euros. Les directeurs des maisons d’arrêts, les représentants de la garde de sécurité pénitentiaire, ceux des ministères en charge de la jeunesse, de la femme et de la solidarité, de même que les ONG partenaires, ont également pris part à la présente rencontre.

Nicole Ouédraogo
Lefaso.ne

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2017.11.04

Dossiers de crimes au Burkina : Le MBDHP annonce la fin de la récréation à partir du 4 novembre

Dossiers de crimes au Burkina : Le MBDHP annonce la fin de la récréation à partir du 4 novembre

48 heures après la commémoration de l’an III de l’insurrection populaire, le Mouvement Burkinabè des Droits de l’Homme et des Peuple (MBDHP), a animé une conférence de presse ce jeudi, 2 novembre 2017 à Ouagadougou. Au menu des échanges : la marche-meeting du samedi, 4 novembre 2017 à Ouagadougou.

Dossiers de crimes au Burkina : Le MBDHP annonce la fin de la récréation à partir du 4 novembre

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Selon le principal intervenant à la conférence de presse, Chrysogone Zougmoré, président du MBDHP, l’insurrection populaire, qui a abouti à la chute du régime Compaoré, offrait une « opportunité historique » pour élucider les crimes de sang et les crimes économiques commis sous la IVème République. Le « peuple insurgé » avait la conviction que cette opportunité serait non seulement saisie, mais également exploitée pour la vérité et la justice.

Le MBDHP estime que les procédures contre des dignitaires civils et militaires du régime déchu ne semblent pas connaître beaucoup d’avancées. C’est pourquoi appelle-t-il à une mobilisation générale et au resserrement des rangs dans la lutte contre l’impunité ce samedi, 4 novembre 2017 à partir de 8h à la place de la Nation (Place de la révolution) pour exiger la justice pour tous les martyrs de l’insurrection populaire et de la résistance au putsch de septembre 2015 (instruction sérieuse et jugement de tous les dossiers de crimes impunis, rapatriement des fonds expatriés, ouverture de procédures judiciaires sur tous les cas de crimes économiques, identification et saisie des biens et fonds détournés). C’est la « marche contre l’impunité ».

M. Zougmoré a rappelé que le MBDHP avait lancé en mars 2015, trois procédures contre des dignitaires civils et militaires du régime déchu « pour assassinats, tentatives d’assassinat, complicité d’assassinat et tentatives d’assassinat » lors des évènements d’octobre 2014. La première procédure concernait une lettre de demande de mise en accusation adressée à l’époque au président du Conseil national de la Transition (CNT). La requête visait la mise en accusation du président Blaise Compaoré, du Premier ministre Beyon Luc Adolphe Tiao et du ministre de la sécurité, Jérôme Bougouma. Cette procédure ciblait, dit-il, des personnalités au sein du gouvernement, que d’engager la responsabilité pénale de l’ensemble de l’exécutif, notamment des ministres présents au Conseil des ministres du 21 octobre 2014 (date à laquelle, décision été prise de passer le projet de révision de l’article 37 devant les députés, ndlr).

‘’Comme à leur habitude, les autorités judiciaires de notre pays attendent les veilles de commémoration pour annoncer à grand renfort de publicité que la justice suit son cours, que des personnes ont été auditionnées et/ou inculpées etc. Ce fut encore le cas la semaine dernière. En décembre prochain, nous reverrons sans doute les mêmes autorités judiciaires faire le point de ce qu’elles qualifieront ‘’d’avancées’’ dans le dossier Norbert Zongo, et pendant ce temps, des commanditaires, assassins et complices présumés vaquent librement à leurs occupations’’, ont soulevé en substance les responsables du MBDHP.

Le MBDHP déplore la lenteur dans le traitement des dossiers pendants. Pour Chrysogone Zougmoré, le sacrifice consenti par le peuple et le sang versé « pour la liberté et le progrès social véritable », interpellent tous à plus d’abnégation, d’engagement et de constance dans la lutte contre l’impunité et pour les libertés démocratiques.

« Nous avons attendu pendant un certain temps et nous avons laissé le temps au gouvernement en place d’agir. 22 mois après la prise du pouvoir, c’est suffisant, il faut agir. S’il y a toujours des gens qui vivent avec des balles dans leur corps et que rien n’est fait pour pallier à cette situation, on ne peut pas continuer à nous dire d’attendre, parce que si on doit attendre, on arrivera à des situations malheureuses et qui ne feront qu’aggraver le sort des blessés », a relevé le représentant du collectif des avocats des victimes de l’insurrection populaire, Me Prosper Farama pour qui, il est donc temps d’élever la voix.

OL
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Burkina : Les réfugiés urbains sensibilisés pour une cohabitation harmonieuse avec les populations hôtes

Burkina : Les réfugiés urbains sensibilisés pour une cohabitation harmonieuse avec les populations hôtes

Environ 25 000 réfugiés vivent au Burkina. La majeure partie de cette communauté réside dans les camps de Mentao à Djibo et de Goudoubo à Dori. Ces derniers bénéficient de séances de sensibilisation régulières en vue d’une cohabitation harmonieuse avec les populations hôtes. Mais une partie de ces réfugiés, notamment ceux vivant dans les centres urbains semblent être des laissés-pour-compte. C’est pourquoi, la Commission nationale des réfugiés (CONAREF), le Haut-commissariat des Nations-Unies pour les réfugiés (HCR) et le bureau national de la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) a initié l’organisation des journées de sensibilisation des réfugiés urbains, le 02 novembre 2017, à Ouagadougou et le 07 novembre à Bobo-Dioulasso.

Burkina : Les réfugiés urbains sensibilisés pour une cohabitation harmonieuse avec les populations hôtes

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Les réfugiés vivant sur le sol burkinabè en 2017 sont estimés à environ 25 000 personnes. La majorité d’entre eux vit dans la région du Sahel, notamment dans les camps de Mentao et de Goudoubo. Mais ils sont 887 réfugiés et 70 demandeurs d’asile à ‘’élire domicile’’ à Ouagadougou et à Bobo-Dioulasso, selon la vérification de la population réfugiée menée au cours du second semestre de l’année 2017.

Le statut de réfugié étant provisoire en principe, il convient de chercher des solutions permanentes à la situation de ces réfugiés, d’où l’importance de discuter avec eux par rapport à leur avenir. Les réfugiés résidant dans les camps bénéficient de séances de sensibilisation régulières. Ce qui n’est pas le cas des réfugiés urbains qui, pourtant en ont autant besoin.

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une vue des participants à la cérémonie d’ouverture

Ces journées de sensibilisation constituent donc le symbole de ce dialogue pour pouvoir trouver des solutions durables à leur situation. Elles permettront de réfléchir sur leur intégration socio-économique et légale dans le pays d’asile. Au cours de ces deux journées de sensibilisation, les réfugiés urbains auront droit à des communications sur leurs droits et devoirs, sur la question de l’intégration locale dans le contexte sécuritaire actuel et sur l’épineuse problématique de la recherche de l’emploi au Burkina.

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photo de famille

« Nous espérons que grâce à ces échanges, ils sauront que nous sommes avec eux pour la recherche de solutions et qu’on va leur donner des conseils, discuter avec eux de toutes les alternatives possibles pour qu’ils puissent avoir cette dignité qui leur a manqué lorsqu’ils sont devenus réfugiés. Si les échanges sont constructifs, nous pourrons sortir d’ici, peut-être, avec des pistes de solutions pour que ces personnes puissent avoir l’autosuffisance que nous souhaitons pour elles », a précisé Mahoua Bamba Parums, représentante adjointe du HCR au Burkina.

Dans un contexte socio-politique et économique actuel fait d’attaques terroristes avec son corollaire de stigmatisation et de suspicion, ces journées se justifient pleinement. « Dans un tel contexte, il est important, voire nécessaire que les réfugiés, déjà indexés sous d’autres cieux, puissent être entretenus des stratégies pour une intégration harmonieuse au sein des populations burkinabè. Une journée de sensibilisation pour les réfugiés urbains est indispensable.

Dans la gestion des réfugiés, il y a les aspects protection, le rapatriement, la réinstallation et l’intégration locale. Pour réussir une intégration locale, il faut sensibiliser les réfugiés sur leurs droits et leurs devoirs. La forme la plus réussie de l’intégration locale, c’est la naturalisation. D’où la nécessité d’organiser une journée de sensibilisation pour les réfugiés qui est différente de la journée du réfugié que nous organisons le 20 juin », a souligné Issa Joseph Paré, le secrétaire permanent de la Commission nationale pour les réfugiés (CONAREF).

Moussa Diallo
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09:53 Publié dans ACTUALITE SOCIALE DU BF | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | |  Imprimer

2017.11.01

JOURNEE MONDIALE DU REFUS DE LA MISERE : Peut-on vaincre le mal par des mots ?

JOURNEE MONDIALE DU REFUS DE LA MISERE : Peut-on vaincre le mal par des mots? 

Le 17 octobre de chaque année et ce depuis 1987, le monde entier renouvelle son vœux pour un monde de plus en plus débarrassé de la misère et de l’extrême pauvreté. En 30 ans de lutte, la misère a-t-elle reculé ? Certes, il faut reconnaître que par rapport aux années 90, il y a eu des efforts quand on compare le taux de scolarisation, d’accès à l’eau potable, à la santé, à l’éducation etc. Malheureusement, ce n’est qu’un petit pas face aux victimes de plus en plus nombreuses de l’extrême pauvreté endémique. Dans le monde entier, en fait de lutte contre la misère, l’heure est loin d’être au triomphalisme. Plus d’un milliard d'êtres humains vivent dans ce que le Programme des Nations unies pour le développement (PNUD) appelle la « misère absolue », sans revenu fixe, sans travail régulier, sans logement adéquat, sans soins médicaux, sans nourriture suffisante, sans accès à l'eau potable, sans école. 30 ans après l’appel à l’action du Père Joseph Wresinski, le géniteur de cette « Journée du refus de la misère », à un monde de partage, on constate avec regret que la destruction de plus d’un milliard d'êtres humains par la faim s'effectue toujours dans une sorte de désinvolture glaciale, sur une planète pourtant débordante de richesses. Et tout semble être fait pour que la situation empire au regard des signaux actuels : les changements climatiques, le terrorisme, l’insécurité, la montée des égoïsmes nationaux avec plus que jamais la « culture du chacun pour soi » ; toutes choses qui constituent malheureusement des causes qui annihilent les efforts fournis pour une planète en manque des trois repas quotidiens. Quand on regarde la marche du monde, on ne peut que parvenir à la conclusion que la misère est un phénomène entretenu et voulu. Toutes les études ont démontré à suffisance que la terre regorge du nécessaire pour nourrir ses occupants. Il faut donc aller au-delà des hypocrisies et sortir des sentiers battus, si l’on veut une planète où personne ne mange de vache enragée.

La pauvreté extrême est la conjugaison de plusieurs échecs

D’ici à 2030, le monde devrait être débarrassé de l’extrême pauvreté, selon les prévisions du PNUD. Cela est-il possible quand on sait que chaque année, des dizaines de millions de mères gravement sous-alimentées mettent au monde des dizaines de millions d'enfants malnutris ? Comment faire en sorte que les richesses augmentent avec la démographie ? C’est un aspect sur lequel on aurait tort de faire l’impasse. La lutte contre la misère n’est pas qu’économique. Elle est multidimensionnelle. L’Afrique, par exemple, constitue le lieu où la misère la plus crasse fait le plus de victimes. Certains pays d’Asie se sont extirpés des griffes de ce mal, par leur ardeur au travail. Plutôt donc que de se lamenter sur leur sort, les Africains gagneront à se remettre au travail avec plus de détermination. Par ailleurs, ce fléau tire sa source de l’individualisation à outrance de la société, née du capitalisme sauvage. Partout où cette idéologie est quasiment institutionnalisée, l’on voit mal comment on pourrait venir à bout de la pauvreté, sauf à vouloir faire preuve d’hypocrisie. Dans un tout autre registre, la pauvreté extrême est la conjugaison de plusieurs échecs : échec de la production alimentaire, échec de l’accès à l’énergie et surtout échec de la politique des Etats. Comment vaincre le mal avec des mots ? Pire, dans un monde victime des changements climatiques, il faut convenir que l’agriculture pratiquée avec des moyens rustiques ne pourra guère permettre d’atteindre l’autosuffisance alimentaire. La question de la modernisation de l’agriculture est donc un passage obligé en Afrique, pour vaincre la misère. L’accès à l’énergie est également l’une des voies pour venir à bout de l’extrême pauvreté et sortir de l’ornière. Partout en Afrique, il faut relever le défi de l’électrification rurale.

Enfin, vaincre la pauvreté est d’abord un choix politique. Mais quand on a à la tête des Etats sous-développés, des gouvernants sans vision, qui pensent plus à leur panse qu’aux besoins vitaux des populations, on ne peut qu’avoir des hommes et des femmes affamés, éclopés par les souffrances quotidiennes. Pour vaincre la misère, peut-être l’Afrique devrait-elle commencer par avoir des gouvernants qui mettent au cœur de leur politique l’humain.

Ousmane TIENDREBEOGO

En savoir plus sur http://lepays.bf/journee-mondiale-refus-de-misere-on-vaincre-mal-mots/#lkuzFVE2zZej8DhT.99

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Abandonner le mariage des enfants : un impératif humaniste et économique pour l’Afrique

Abandonner le mariage des enfants : un impératif humaniste et économique pour l’Afrique

par Ahmadou Ndiaye est analyste politique pour le think tank l’Afrique des Idées et consultant en développement international.

Du 23 au 25 octobre s'est tenue à Dakar une réunion de haut niveau visant à insuffler un nouvel élan politique pour mettre fin au mariage d’enfants en Afrique de l’Ouest et du Centre.

Tribune. L’initiative, portée par une coalition d’organisations de la société civile et d’agences des Nations unies dont Save the Children et ONU Femmes, a été accueillie par l’État du Sénégal et l’Union africaine à un moment urgent. Parce que le mariage d’enfants – défini comme une union légale ou coutumière impliquant au moins un individu de moins de dix-huit ans – concerne plus de 700 millions de personnes dans le monde en 2015. En Afrique, ce sont 125 millions de femmes et de filles qui sont touchées par la pratique ; elles sont principalement pauvres et vivent en zone rurale.

Le mariage d’enfants est une violation grave des droits humains et une forme sévère d’abus sur les enfants qui hypothèque les agendas de développement mondial et africain en excluant une grande partie de la jeunesse.

En Afrique de l’Ouest et du Centre, plus de 40% des filles sont mariées avant l’âge de dix-huit ans. La pratique est globalement déterminée par des facteurs multiples et reliés dont les normes sociétales, l’inégalité entre les sexes et la pression économique. En effet, le mariage à un jeune âge est valorisé dans beaucoup de sociétés qui relèguent encore les femmes à des rôles domestiques et reproducteurs. L’honneur des familles y est trop souvent lié à la virginité des filles ou l’absence de grossesses hors mariage. Le mariage précoce des filles peut ainsi constituer un moyen pour les parents de se décharger financièrement et d’étendre leur réseau de solidarité économique.

L’Afrique peut-elle développer et soutenir ses économies en excluant près de la moitié de sa population ?

Des spécificités culturelles et religieuses viennent évidemment renforcer ces déterminants mais il est important de souligner que le mariage d’enfants est aussi permis, dans des États de droit pour la plupart, grâce au cadre légal qui renferme des incohérences internes sur la définition de l’enfance et de la minorité sexuelle, en raison de l’existence de plusieurs sources du droit. Mais aussi une discrimination concernant l’âge minimum légal pour le mariage, la fille ayant souvent le droit de se marier plus tôt que le garçon. Faudrait-il y voir un paradoxe étant donné que les obligations conventionnelles de ces pays définissent pourtant clairement l’enfant et prohibent son mariage ; normalisent le droit à l’égalité et interdisent les discriminations basées sur le sexe ?

Le mariage d’enfants entrave non seulement les droits humains des filles à l’égalité et à l’enfance, c’est aussi une cause principale de la mortalité maternelle chez les 15-19 ans et du décrochage scolaire chez les filles. Le mariage d’enfants est un frein majeur aux objectifs de développement durable concernant la santé maternelle et l’éducation des filles. Par ailleurs, d’un point de vue économique, les filles se mariant précocement ont davantage d’enfants et présentent un niveau d’études relativement faible. Le mariage d’enfants agit donc négativement sur le pouvoir d’achat et les revenus. Ceci s’explique par le plus fort croît démographique rapporté au plus faible niveau d’éducation de la population.

L’Afrique peut-elle développer et soutenir ses économies en excluant près de la moitié de sa population ? La communauté internationale peut-elle relever le défi du développement durable à l’horizon 2030 sans s’attaquer systématiquement et durablement à la pratique néfaste du mariage d’enfants ? Autant de réflexions qui illustrent les liens d’interdépendance entre réalisation des droits humains et développement économique en Afrique.

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Pour le Pnud, les inégalités de genre « coûtent 95 milliards de dollars par an » à l’Afrique subsaharienne

Pour le Pnud, les inégalités de genre « coûtent 95 milliards de dollars par an » à l’Afrique subsaharienne

Dans son rapport 2016 sur le développement humain en Afrique, le Programme des Nations Unies pour le développement (Pnud) estime que les disparités de genre engendrent un manque à gagner de 95 milliards de dollars par an en moyenne en Afrique subsaharienne. Pour l'instance onusienne, combler les écarts entre hommes et femmes sur le marché du travail, dans l’éducation et dans la santé est "un impératif pour le développement" de la sous-région.

Le Programme des Nations Unies pour le développement (Pnud) a consacré l’édition 2016 de son rapport sur le développement humain en Afrique à la question des disparités de genre au sud du Sahara. La nouvelle étude, rendue publique le 28 août, a pour sous-titre « Accélérer les progrès en faveur de l’égalité des genres et de l’autonomisation des femmes en Afrique ».

Dans ce rapport, les équipes de l’instance onusienne ont tenté de mesurer les disparités de genre dans les pays subsahariens à travers l’Indice d’inégalité de genre (IIG), mais également ce que cela représentait comme manque à gagner pour les économies de la région.

Égalité de genre et développement humain

Pour le Pnud, il existe plusieurs canaux (voir le graphique ci-dessous) par lesquels une égalité accrue entre hommes et femmes affecte positivement le développement économique et humain d’un pays, que ce soit à travers l’augmentation de la participation de celles-ci à la vie économique, le renforcement des capacités des générations actuelles et futures ou une croissance plus inclusive.

(Cliquez ici pour accéder à une version grand format du graphique)

Egalité des genres et développement humain PNUD

 

L’IIG est calculé à partir de plusieurs indicateurs [pour plus de détails sur la méthode utilisée par le Pnud, se reporter à cette note technique] : en matière de santé reproductive (taux de mortalité maternelle et taux de fertilité des adolescentes), d’autonomisation des femmes (représentation parlementaire des femmes et part des femmes de plus de 25 ans ayant eu une éducation secondaire) et le statut économique (participation au marché du travail et taux d’activité de la population active féminine).

L’infographie ci-dessous présente les « meilleurs et les pires élèves africains » en matière d’IIG.

 

 

Pour le Pnud, ces inégalités de genre ont un impact bien réel sur le développement des économies africaines.

« Le fait que les femmes ne soient pas davantage intégrées à l’économie nationale représente un coût économique élevé pour les pays concernés », explique le Pnud dans son rapport.

« Accélérer la concrétisation de l’égalité des genres »

Selon les estimations des experts du Pnud, mesurées à partir d’enquêtes qualitatives et d’analyses quantitatives réalisées à travers le continent, « les pertes économiques annuelles dues aux écarts entre les genres en Afrique subsaharienne pourraient dépasser, entre 2010 et 2014, 90 milliards de dollars, culminant à près de 105 milliards de dollars en 2014 ».

Pour l’organisation multilatérale, « ces résultats confirment que l’Afrique passe à côté de son plein potentiel de croissance parce qu’une part considérable de sa réserve de croissance – les femmes – n’est pas pleinement exploitée ».

Le Pnud estime qu’une augmentation de 1 % de l’indice d’inégalité de genre contribuerait à améliorer l’indice de développement humain (IDH) d’un pays de 0,75 %.

Aussi l’organisation dirigée par la Néo-Zélandaise Helen Clark appelle-t-elle les gouvernement africains, mais également les ONG et le secteur privé à « accélérer la concrétisation de l’égalité des genres », qui est, rappelle le Pnud, le cinquième des 17 Objectifs de développement durable adoptés fin 2015 et censés être réalisés d’ici à 2030.

Source: Jeune Afrique

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