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2019.06.18

LES DÉPLACÉS, QUI DOIT S’EN OCCUPER?

Selon le CICR, même si le Burkina vit actuellement des violences armées, il n’en demeure pas moins que le pays n’est pas encore dans un conflit armé. De l’avis de l’organisation, il faut prendre en compte certains indicateurs pour que l’état de conflit armé soit décrété.

Au nombre de ces critères il y a entre autres :

– Le niveau d’intensité des violences : durée, nombre de combattants, types d’armes, effets sur les populations, nombre de victimes, etc.

– Le niveau d’organisation des belligérants : la capacité de recrutement, la hiérarchisation du commandement.

Le moins que l’on puisse dire, c’est que la situation actuelle touche les populations au point où l’on dénombre plus de 17 milles déplacés internes rien que dans la région du sahel burkinabè du fait des violences. Il faut entendre par déplacé toute personne forcée de fuir son habitat ou son milieu de vie pour des raisons indépendantes de sa volonté.

Steven ANDERSON

Selon Steven Anderson, coordinateur de la communication pour la délégation régionale du CICR « on parle de plus de 100 milles déplacés internes » au Burkina. Et « c’est une situation sérieuse qui semble malheureusement ne pas se régler puisque des vagues de déplacés viennent d’être enregistrées ».

Ces déplacés fuient des zones où ils sont soit menacés directement ou lorsqu’ils se sentent en danger. Dans l’un ou dans l’autre ils « prennent les devants et abandonnent tous leurs moyens de subsistance » pour sauver leur vie.

Présentation du CICR par la délégation

Très souvent ces personnes arrivent dans des zones d’accueil elles aussi assez démunies poursuit M. Anderson. « C’est donc une problématique avec de multiples aspects » surtout que nous sommes dans une période de soudure.

Et depuis que la situation existe, le CICR a pu observer que « les déplacements dans la région du sahel se font vers Djibo, ce qui fait de cette ville un centre assez important ».

En matière de prise en charge, une opération de soutien a eu lieu il y a quelques semaines au profit des 17 milles déplacés du Soum et une autre est prévue dans les semaines à venir, a laissé entendre M. Anderson.

Mais ce qu’il faut savoir c’est qu’il n’y a pas que les ONG et le CICR qui soient commis à cette tâche de protection et de soutien. L’Etat en effet est le premier garant de ces déplacés, et a obligation de leur venir en aide, puisqu’il a signé en 2009, la convention de Kampala, qui est le premier instrument au monde contraignant les Etats signataires à protéger les déplacés internes du fait de conflits armés.

Ange L. Jordan MEDA
     Infowakat.net

Réduction du travail des enfants : Résultats satisfaisants pour le projet CLEAR II

Réduction du travail des enfants : Résultats satisfaisants pour le projet CLEAR II

Mise en œuvre par l’ONG américaine Winrock International, le projet Country level engagement and assistance to reduce child labour (CLEAR II) est en fin de vie. Le clap de fin officielle des activités dudit projet est intervenu lors d’une cérémonie ce vendredi 14 juin à Ouagadougou.

Accroitre la capacité du gouvernement à réduire le travail des enfants, y compris ses pires formes. Tel est l’objectif général du projet Country level engagement and assistance to reduce child labour (CLEAR II), mis en œuvre par l’ONG américaine Winrock international sur financement du gouvernement américain à travers son Département du travail (USDOL). Prévu pour débuter en 2014 pour quatre ans, c’est finalement en 2017 que le projet CLEAR II a connu un début de mise en œuvre, à cause de la situation nationale.

Selon le Coordonnateur pays du projet, Boureima Ouédraogo, malgré ce laps de temps de mise en œuvre (2017-2019), CLEAR II a pu engranger des résultats satisfaisants. Il s’agit notamment de l’établissement au niveau national d’un système de surveillance du travail des enfants (document cadre, manuel de procédure, outils de collecte de données) ; l’élaboration de plans opérationnels régionaux (Boucle du Mouhoun, Nord, Cascades, Hauts-Bassins) pour la mise en œuvre de la Stratégie nationale contre le travail des enfants.

Une vue des participants

Le projet CLEAR II a également appuyé le Burkina dans l’élaboration et l’approbation de la Stratégie nationale de lutte contre le travail des enfants 2019-2023, ainsi que son plan opérationnel. « Dans cette même rubrique, CLEAR II a soutenu la Direction de la lutte contre le travail des enfants dans la réalisation des activités de dissémination des innovations du nouveau décret portant détermination de la liste des travaux dangereux interdits aux enfants dans sept régions du pays (Centre-ouest, Boucle du Mouhoun, Plateau central, Centre-nord, Sahel, Centre-sud, Nord) », a laissé entendre Boureima Ouédraogo.

Le Coordonnateur pays du projet CLEAR II, Boureima Ouédraogo

Les différents acteurs qui ont pris part à la mise en œuvre de ce projet ont formulé trois recommandations à l’endroit du ministère en charge du Travail et des partenaires techniques et financiers dont Winrock International. Il s’agit d’étendre la dissémination des modules en matière de lutte contre les pires formes de travail des enfants à tous les inspecteurs et contrôleurs du travail et autre acteurs ; accroitre les ressources allouées à la lutte contre le travail des enfants ; apporter un appui à la mise en œuvre de la Stratégie nationale de lutte contre les pires formes du travail des enfants (SN-PFTE).

En plus du pays des Hommes intègres, le projet CLEAR II est mis en œuvre au Liberia, au Panama, en Jamaïque, au Népal, au Honduras et à Belize. Au nom de l’ONG Winrock International, Martha Saldinger a remercié le gouvernement burkinabè ainsi que tous ceux qui ont œuvré à la bonne marche du projet. Selon l’Organisation internationale du travail (OIT), en 2016, l’on dénombrait dans le monde 152 millions d’enfants qui travaillent de manière illégale.

Pour la même année (2016), l’Afrique se taille la part du lion, avec 73 millions d’enfants qui occupent un emploi contrevenant aux normes internationales. Et 31,5 millions de ces enfants en Afrique, effectuent un travail « dangereux ». « Au Burkina Faso, le travail des enfants est une réalité et touche la plupart des secteurs d’activités économiques du pays tels que l’agriculture, les mines et carrières artisanales », a indiqué Martha Saldinger. Pour elle, la volonté des autorités politiques et publiques de venir à bout de ce phénomène est réel, toute chose qui a facilité la mise en œuvre du projet.

La représentante de l’ONG Winrock International, Martha Saldinger

Pour le Directeur de cabinet du ministère en charge du Travail, Jean-Marie Sompougdou, le Burkina est ravi de la mise en œuvre du projet CLEAR II. « Ce sont des actions majeures qui ont contribué à avoir un impact positif sur l’environnement du Burkina en matière de réduction du travail des enfants », a-t-il confié. Le gouvernement a donc pris acte des différents résultats et recommandations et souhaite qu’un nouveau projet vienne capitaliser les acquis déjà engrangés.

Le Directeur de cabinet du ministère en charge du Travail, Jean-Marie Sompougdou

Notons que dans la mise en œuvre au pays des Hommes intègres du projet CLEAR II, deux ONG internationales à savoir Lawyer without border (Avocat sans frontière) et Verité, ont accompagné la réalisation des principaux résultats du projet CLEAR II.

Marcus Kouaman
(kmagju@gmail.com)
Lefaso.net