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2019.02.01

Tabac : Quand la Suisse fait de l’Afrique un dépotoir…

Tabac : Quand la Suisse fait de l’Afrique un dépotoir…

Le saviez-vous ? Les cigarettes vendues en Afrique sont plus toxiques que celles fumées en Europe. C’est ce que révèle l’enquête de la journaliste indépendante Marie Maurisse, sur l’industrie secrète du tabac.

Il lui a fallu plusieurs mois pour parvenir à cette conclusion. « Les résultats sont clairs : les cigarettes fabriquées sur le sol helvétique et vendues au Maroc sont bien plus fortes, plus addictives et plus toxiques que celles que l’on trouve en Suisse ou en France », a dévoilé la lauréate du prix d’investigation de l’ONG Public Eye, après une étude comparative en laboratoire des teneurs en goudron, nicotine et monoxyde de carbone de cigarettes fumées en Europe et au Maroc.

Et cela, en toute légalité, parce que la législation helvétique le permet. « Si la Suisse ne contrôle pas les cigarettes fumées par ses habitants, elle ne s’intéresse pas plus à celles produites sur son sol et exportées, confirme l’Administration fédérale des douanes (AFD). Car ce ne sont pas les normes suisses qui s’appliquent, mais bien celles du pays qui importe ces cigarettes », indique la journaliste.

Avec la présence des trois géants du tabac sur son sol, à savoir Philip Moris international (PMI), British american tobacco (BAT) et Japan tobacco international (JTI), la Suisse, quinzième exportateur de cigarettes au monde, consacre seulement 25% de sa production au marché intérieur. Les 75% étant destinées à l’exportation, avec notamment le Japon, le Maroc et l’Afrique du Sud, comme premières destinations. A titre d’exemple, en 2017, 2900 tonnes de cigarettes suisses ont été exportées vers le Maroc. Et à ce jour, soutient la journaliste, 55% des cigarettes consommées au Maroc ont été en majorité importées de la Suisse.

Baisse des ventes en Europe, hausse en Afrique

L’OMS estime à 77 millions, le nombre de fumeurs en Afrique, soit 6,5% de la population du continent. Dans ses prévisions, l’Organisation mondiale de la santé prévoit d’ici à 2025, une augmentation de ces chiffres de près de 40% par rapport à 2010, soit la plus forte augmentation à l’échelle mondiale.

Pis, elle parle même d’une « épidémie ». A en croire l’OMS, les morts liées au tabac vont doubler sur le continent d’ici à 2030. Le constat est tout autre sur le continent européen. En effet, en vingt ans, les ventes de tabac en Suisse auraient baissé de 38%, grâce aux campagnes de prévention et à l’augmentation des prix.

Quand les grandes firmes s’opposent aux politiques africaines de lutte anti-tabac

Si dans les pays riches comme la Suisse, les firmes reconnaissent elles-mêmes les effets néfastes du tabac, elles s’adonnent plutôt à une politique commerciale agressive en Afrique. A titre d’illustration, la firme Philip Moris international a même contribué au lancement de la fondation « pour un monde sans fumée » en Suisse, en s’engageant à y investir 80 millions de dollars par an pendant douze ans.

Pendant ce temps, selon le Guardian, en juillet 2017, au Kenya et en Ouganda, le groupe BAT s’attelait à empêcher les États à prendre des mesures de prévention contre le tabac. Et si au Kenya, l’ONG Alliance pour le contrôle du tabac (KETCA) a porté plainte, l’affaire, selon Marie Maurisse, serait en ce moment dans les mains de la Cour suprême. A ce propos, c’est ce même fabricant qui s’est fendu de lettres officielles dans des pays comme le Togo, le Burkina Faso et l’Ethiopie afin d’expliquer que les paquets neutres n’avaient pas d’effets sur la baisse de la consommation.

Cette étude vient une fois de plus susciter le débat sur la qualité des produits exportés vers l’Afrique, le non-respect de lois anti-tabac adoptées en Afrique et le lobbying à grand échelle de l’industrie du tabac. Selon l’OMS, le Burkina serait le seul pays d’Afrique qui dispose d’un laboratoire qui analyse systématiquement les cigarettes importées.

Nicole Ouédraogo
Lefaso.net

Indice de perception de la corruption 2018 : Le Burkina Faso fait un pas en arrière

Indice de perception de la corruption 2018 : Le Burkina Faso fait un pas en arrière

L’Organisation non.gouvernementale Transparency International a publié son rapport 2018 sur l’indice de perception de la corruption dans 180 pays. Le Burkina Faso n’occupe que la 78e place avec un score de 41/100, perdant un point et quatre places par rapport à 2017.

Comme à l’accoutumée, Transparency International publie son rapport sur l’indice de perception de la corruption dans le monde. En 2018, la tête du classement est bien gardée par le Danemark (88/100), la Nouvelle-Zélande (87/100), la Finlande (85/100) et Singapour (85/100).

Le Burkina Faso, malgré sa régression par rapport à 2017, reste dans le top 10 des pays les moins corrompus en Afrique. En totalisant 41 points sur 100, le pays des Hommes intègres partage ainsi la 78e position avec six autres pays du monde dont son voisin le Ghana et l’Inde. En 2017, le Burkina occupait la 74e place avec 42/100.

Le Burkina dans le top 10

Transparency International alerte

Dans le rapport publié par l’ONG de lutte contre la corruption, Transparency International, l’Afrique obtient une moyenne de 32 sur une échelle allant de 0 à 100.

Les chiffres de l’année écoulée montrent les difficultés des pays à contrôler la corruption. Selon Patricia Moreira, directrice générale de Transparency International, « la corruption effrite la démocratie et produit un cercle vicieux en sapant les institutions démocratiques. En effet, plus ces institutions sont faibles, moins elles sont en mesure de contrôler la corruption ».

Comme piste de solution, l’ONG met en évidence l’importance des réseaux sociaux pour la libéralisation de la parole et la lutte contre la corruption, nous informe notre confrère Jeune Afrique. « En Afrique du Sud, où l’indice est resté stable par rapport à 2017 (43), les réseaux sociaux commencent à avoir de l’ampleur en matière de lutte contre la corruption. Avec la création de l’ONG Corruption Watch en 2012 à Johannesburg, les Sud-Africains ont dénoncé de nombreux actes de corruption sur Facebook et WhatsApp ».

Aussi, Transparency International recommande aux pays d’Afrique d’intensifier leurs efforts en matière de protection des droits humains en favorisant la liberté d’expression et le droit des journalistes d’exercer leur métier.

Cryspin Masneang Laoundiki
LeFaso.net
Sources : Jeune Afrique et Transparency International