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2017.11.01

PSCE/JF 2017 : Un programme de lutte contre le chômage et le sous-emploi des jeunes et des femmes au Burkina Faso

Le programme spécial de création d’emplois pour les jeunes et les femmes (PSCE/JF) a organisé le samedi 28 octobre 2017 à Bobo-Dioulasso, une rencontre d’échanges et de dialogue avec les jeunes et les femmes du contingent 2017 déployés sur les chantiers de développement du Burkina Faso. Placée sous la présidence du Dr Smaila Ouédraogo, ministre de la jeunesse, de la formation et de l’insertion professionnelles, cette rencontre s’est tenue sous le thème « La contribution du PSCE/JF à l’atteinte des objectifs du PNDES ».

PSCE/JF 2017 : Un programme de lutte contre le chômage et le sous-emploi des jeunes et des femmes au Burkina Faso

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

L’amphithéâtre de l’École Nationale des Enseignants du Primaire (ENEP Bobo) a refusé du monde ce samedi 28 octobre 2017 à l’occasion de la cérémonie de mobilisation des jeunes et des femmes dans le cadre du Programme Spécial de Création d’Emplois pour les Jeunes et les Femmes (PSCE/JF). Debout dans la salle ou assis sous les arbres, ces derniers n’ont pas voulu se faire conter l’évènement. En effet, cette forte mobilisation a été saluée par le ministre Smaila Ouédraogo qui, selon lui démontre l’attachement que la population des Hauts-Bassins a pour le Burkina Faso et l’illustration parfaite de l’intérêt qu’elle accorde aux efforts du gouvernement en faveur des jeunes et femmes.

A l’en croire, cette initiative vient renforcer les actions du ministère en faveur de l’emploi des jeunes et des femmes. Cependant, il n’a pas manqué de rappeler que les données objectives se rapportant à la problématique de l’emploi au Burkina Faso montrent que de nombreux jeunes de notre pays sont sans emploi et les statistiques en sont révélatrices.

Toutefois, il reste convaincu que c’est en améliorant l’employabilité des jeunes et des femmes, en développant leur esprit de créativité et d’entreprise que « nous parviendrons ensemble à faire de nos jeunes et femmes de véritables acteurs de développement économique et social ».

Ainsi, c’est dans cet élan de volonté que le gouvernement du Burkina Faso a initié en novembre 2012, le PSCE/JF qui se présente comme un outil incontournable de lutte contre la pauvreté. Cet outil a été présenté à l’ensemble de la population des Hauts-Bassins et singulièrement à celle de la ville de Sya.

En effet, au cours de cette rencontre, il s’est agit pour les acteurs du ministère de la jeunesse, de la formation et de l’insertion professionnelles, de donner une visibilité aux actions entreprises par le PSCE/JF en termes de promotion d’emplois au profit des jeunes et femmes ; de situer le bien fondé du programme dans la lutte contre le chômage et le sous-emploi des jeunes et des femmes ; de présenter les autres opportunités qu’offre le ministère de la jeunesse, de la formation et de l’insertion professionnelles ainsi que la vision de monsieur le ministre pour le département en charge de la jeunesse et de recueillir les préoccupations des jeunes et des femmes et y apporter des réponses. Ces préoccupations qui se résument entre autre à la création d’emplois pour les jeunes et femmes à travers l’accompagnement du MJFIP.

Pour le coordonnateur du PSCE/JF, Rasmané Ouédraogo, cette rencontre a été initiée pour permettre à la jeunesse de la ville de Bobo-Dioulasso, de discuter directement avec monsieur le ministre en rapport avec les activités programmées dans le cadre du PSCE/JF de l’année 2017.

Le programme spécial de création d’emploi pour les jeunes et les femmes, selon le Dr Smaila Ouédraogo, est constitué d’un ensemble d’actions ciblées pour chaque catégorie de jeunes (jeunes diplômés, jeunes urbains déscolarisés et non scolarisés, jeunes ruraux) et pour les femmes.

D’un cout annuel en 2017 de quatre milliards cinq cent quatre-vingt-onze millions cent quatre-vingt-six mille (4 591 186 000) FCFA entièrement financé par le budget de l’État, ce programme contribue à la réalisation des objectifs du programme national de développement économique et social (PNDES).

« L’objectif majeur du PNDES est l’autonomisation des jeunes et des femmes. Et ce programme vise la création d’emploi pour les jeunes et les femmes par deux biais, (aider les jeunes à s’insérer dans les administrations existantes et l’autre biais c’est d’aider les jeunes diplômés et les jeunes non diplômés à bénéficier d’une formation afin de créer eux-mêmes leur propre entreprise et nous allons tout faire pour accompagner ce programme surtout dans son volet suivi et évaluation afin que le projet puisse atteindre ses objectifs », a signifié le ministre.

L’objectif global du PSCE/JF est de contribuer à réduire significativement le chômage et le sous emploi des jeunes et des femmes au Burkina Faso. Sa mise en œuvre permettra aussi de générer 10 777 emplois, de créer 2 100 occupations et de former 3 895 jeunes et femmes. Le programme intervient dans les 13 régions du Burkina Faso afin de réduire la pauvreté en luttant contre le chômage et le sous-emploi des couches vulnérables en l’occurrence les jeunes et les femmes.

Par ailleurs, au menu de cette rencontre, il y’a eu la remise symbolique de kits de technologie à la coordination régionale des femmes des Hauts-Bassins, des témoignages de jeunes et femmes bénéficiaires quant au bienfait ou opportunités qui leur sont offerts par le PSCE/JF et le tout couronné par des prestations d’artistes.

Romuald Dofini
Lefaso.net

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An III de l’insurrection populaire : Une commémoration au goût amer pour les victimes

La cérémonie commémorative de l’an III de l’insurrection populaire des 30 et 31 octobre 2014, a été présidée par le Président du Faso Roch Kaboré au Panthéon des martyrs de Ouaga 2000, ce mardi 31 octobre 2017. Une troisième commémoration sans une justice réclamée par les victimes et parents des martyrs.

An III de l’insurrection populaire : Une commémoration au goût amer pour les victimes

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Déjà trois ans que le peuple burkinabè s’est insurgé contre la modification de l’article 37 de la Constitution. Une insurrection qui a occasionné une trentaine de morts et des centaines de blessés. Ce mardi 31 octobre 2017, la nation toute entière avec à sa tête, le Président du Faso, Roch Kaboré, marque une halte pour se remémorer au panthéon des martyrs à Ouaga 2000, par un dépôt de gerbe de fleurs. Par cet acte la nation rend hommage aux filles et fils, victimes, martyrs et héros nationaux qui se sont battus à mains nues pour sauver la patrie.

Rendre justice

Le retentissement de la sirène à 10h 00, la minute de silence, suivie du dépôt de gerbe au pied du Panthéon des martyrs, ont été les temps forts de cette sobre cérémonie. Contrairement aux années antérieures, pas de discours d’hommage dans lequel est cité le nom des martyrs suivi de « mort pour la patrie ». Pour le ministre en charge de l’Administration territoriale, Siméon Sawadogo, plusieurs autres activités qui ne sont pas toutes des initiatives du gouvernement viennent se greffer à la commémoration du troisième anniversaire de l’insurrection (réflexions). Depuis le 26 octobre 2017 cela a débuté avec des prières dans les mosquées, temples et églises pour la paix, la démocratie et la justice au pays des Hommes intègres.

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Franck Sia, président de l’association des bléssés de l’insurrection populaire

Une justice que Franck Sia, président de l’association des blessés de l’insurrection populaire et ses camarades attendent de pied ferme. Pour lui, le plus important n’est pas l’aide que le gouvernement tente d’apporter. « Notre première préoccupation, notre priorité, c’est la justice. Tout ce scénario visant à se souvenir de nos martyrs c’est bien. Le meilleur souvenir qu’on peut donner à nos martyrs c’est de leur rendre justice », a-t-il indiqué. Il ne comprend pas du tout pourquoi le procès traine. Surtout qu’il y a eu des balles tirées. Ces balles ont été récupérées et remises à qui de droit. Et tout le monde sait quelle unité utilise ces balles dans l’armée. A son avis, il faut aller à l’essentiel au lieu de se cacher derrière des lois et mettre hors des tribunaux les « politiciens déguisés en juge » qui ordonnent des libérations provisoires qu’il taxe de libérations « arrangées ».

Plus de soin depuis janvier 2017

Touché par une balle à la tête le 30 octobre 2014, Abdoul Wahab Sanou, ne sait plus à quel saint se vouer. Etudiant en deuxième année de Géographie à l’université Ouaga1 Pr Joseph Ki-Zerbo au moment des faits, il a subi une intervention pour avoir la vie sauve, mais a été obligé d’interrompre ses études à cause des séquelles. « Il ont opéré ma tête, mais je présente jusqu’à présent des séquelles d’aphasie (trouble de langage qui affecte la communication de la personne) et des crises épileptiques. Vu ces problèmes, j’ai suspendu mes études et jusqu’à présent l’Etat ne fait rien, si ce n’est la décoration et les 300 000 FCFA que l’Action sociale nous avait donnés », a-t-il confié.

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4 Les traces de la balle sur la tête de Abdoul Wahab Sanou

Depuis 2014 il recevait les soins gratuitement au Centre hospitalier universitaire Yalgado Ouedraogo. Mais depuis janvier 2017, il lui a été signifié de se prendre en charge maintenant. Sans emploi à cause de son handicap, c’est à lui et à ses parents de se débrouiller pour payer les produits qu’il doit prendre chaque soir avant de dormir.

Marcus Kouaman
Lefaso.net

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Promotion des personnes handicapées: les différents acteurs en conclave pour faciliter leur inclusion

En prélude à l’organisation du forum national des personnes handicapées, l’ensemble des acteurs du domaine du handicap se sont réunis mercredi autour d’un atelier de réflexion et d’échanges sur l’inclusion des personnes handicapées au Burkina. Présidée par le secrétaire d’Etat chargé des affaires sociales, des personnes vivant avec un handicap et de la lutte contre l’exclusion au ministère de la Femme, cet atelier vise à trouver des solutions pour faciliter l’inclusion des personnes handicapées.

SP/Comud/Handicap, Boukaré Savadogo
Le présidium à l’ouverture de l’atelier

Selon le recensement général de la population et de l’habitation de 2006, on dénombre 168 094 personnes handicapées au Burkina Faso soit 1,2% de la population totale. Ainsi, depuis 2012, le Burkina Faso dispose d’une stratégie nationale de protection et de promotion des personnes handicapées. Malgré plusieurs actions menées, la mise en œuvre de cette stratégie nationale n’a toujours pas atteint les objectifs escomptés pour les personnes vivant avec un handicap.

La preuve, renseigne le Secrétaire permanent du Conseil national multisectoriel pour la promotion et la protection des droits des personnes handicapées (SP/Comud/Handicap), Boukary Savadogo, les personnes handicapées sont toujours victimes d’exclusion sociale. Que ce soit au niveau environnemental où elles ont des difficultés pour accéder aux infrastructures sanitaires, scolaires et éducatives, où au niveau des représentations sociales, où jusqu’à présent elles sont toujours vues comme des agents qui ne sont pas économiques.

«Nous avons des potentialités, mais nous ne sommes pas écoutés. Même les institutions censées défendre nos droits ne sont pas gérées par les personnes handicapées qui sont les seuls à connaître leurs problèmes», a témoigné l’artiste musicien Ali Ponré à l’état civil Ali Traoré, qui a avoué que cet environnement pousse souvent les personnes handicapées à sombrer dans le néant.

Ali Ponré a invité les autorités à faire confiance aux personnes handicapées

C’est donc en vue de trouver des solutions pour faciliter leur inclusion que se tient le présent atelier de réflexion et d’échanges, en prélude à l’organisation du forum national des personnes handicapées. Une occasion pour les participants de présenter l’état des lieux de la situation des personnes handicapées au Burkina, d’examiner les difficultés que les différents acteurs et les bénéficiaires rencontrent sur le terrain et de formuler des recommandations. «Nous voulons préparer un document de travail qui va introduire le forum qui sera un cadre d’échanges direct entre le président du Faso, les membres du gouvernement et l’ensemble des acteurs du domaine du handicap», a laissé entendre Yvette Dembélé.

De ces concertations, sont attendues selon Mme Dembélé des propositions d’axes et de stratégies innovantes en vue de favoriser une réelle inclusion des personnes handicapées.

C’est pour cette raison qu’elle a invité les participants à avoir un regard analytique sur les problèmes que rencontrent les personnes handicapées afin de trouver des solutions pour faciliter leur inclusion.

Tout en espérant que cet atelier puisse permettre de changer la situation des personnes handicapées, Ali Ponré a confié: «Nous attendons ce changement qui va nous permettre de nous afficher, de nous faire comprendre et de montrer les talents que nous avons».

Madina Belemviré

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Réconciliation nationale: le HCRUN fait des propositions et recommandations

Débutée le 16 octobre dernier, la session délocalisée à Bobo-Dioulasso du Haut conseil pour réconciliation et l’unité nationale (HCRUN), consacrée à la validation des travaux des sous-commissions ad hoc, s’est refermée le mercredi 26 octobre 2017.

Le présidium de la cérémonie de clôture

Cette session en effet, avait pour objet la validation des propositions des commissions ad hoc du HCRUN qui, du reste, ont eu à travailler sur cinq (05) dossiers relatifs aux blessés des évènements des 30 et 31 octobre 2014 et du coup d’Etat manqué du 16 septembre 2015; les décisions de justice non exécutées et dossiers pendant en justice; le contentieux administratif opposant le Syndicat autonome du ministère des Affaires étrangères à l’Etat burkinabè; les femmes déguerpies du marché de «Léguéma Logo» à Bobo-Dioulasso et les policiers et militaires radiés suite aux mutineries de 2011.

Durant dix (10) jours, les membres du HCRUN ont non seulement analysé «de façon minutieuse» les propositions faites par les sous-commissions mais aussi approfondi la réflexion entamée par ces dernières et ce, dans l’optique de proposer des voies à mêmes d’accélérer le processus de la réconciliation. Si la session s’est soldée par des propositions et recommandations, celles-ci sont pour la plupart d’entre elles réservées aux autorités du pays.

C’est Younoussa Sanfo, président par intérim du HCRUN a présidé la cérémonie de clôture de la session

La thérapie du HCRUN pour aboutir à la réconciliation nationale

Qu’à cela ne tienne, les membres du HCRUN disent avoir pris un certain nombre de recommandations et de propositions «concrètes» de nature à apporter réparation aux préjudices subis par les victimes de l’insurrection populaire et du coup d’Etat manqué. Si elles sont prises en compte, ces dernières, selon eux, permettraient de soulager les blessés d’une part, et d’autre part, d’apporter davantage de paix au climat social. Dans ce dossier, l’urgent, selon le HCRUN, c’est la prise en charge «immédiate» de 24 victimes.

Des décisions de justice non exécutées et dossiers pendants en justice, le HCRUN chiffre à plus de 600, les personnes concernées. Cette situation selon le HCRUN, a non seulement créé chez les intéressés un sentiment d’abandon par la «puissance publique» ainsi qu’un «goût inachevé» en matière de justice mais aussi et surtout mis à rude épreuve l’indépendance et l’impartialité de la justice. Dans le but d’inverser la tendance, les membres du HCRUN ont fait des propositions et des recommandations aux autorités compétentes.

Quant au dossier relatif au contentieux opposant le Syndicat autonome du ministère des Affaires étrangères à l’Etat, le HCRUN suggère un traitement privilégiant la justice transitionnelle qui serait plus apte à produire des décisions consensuelles de réparations administratives, morales et financières. Toute chose qui devrait non seulement soulager les cœurs meurtris mais aussi ouvrir la voie au pardon.

Dix jours durant, les conseillers du HCRUN ont fait des propositions allant dans le sens de la réconciliation nationale

Pour ce qui concerne le dossier des femmes du marché «Léguéma Logo» à Bobo-Dioulasso déguerpies de force en 2012, le HCRUN s’est voulu clair. De ce déguerpissement forcé, dit-il, les femmes ont subi des préjudices de trois sortes à savoir la destruction des biens, l’appauvrissement des femmes et l’atteinte morale et psychologique.

En vue donc d’une réparation appropriée des préjudices subis par ces dernières, le HCRUN suggère à l’endroit des autorités compétentes des propositions allant de l’aménagement d’un nouveau site à des compensations financières.

Comme les autres dossiers, les membres du HCRUN se sont aussi penchés sur celui relatif aux policiers et militaires radiés suite aux mutineries de 2011. Pour ce dossier, rien n’a filtré quant aux propositions et recommandations, même si elles ont été émises. Ce que l’on retient, c’est qu’elles sont réservées aux autorités concernées.

La session terminée, les propositions et les recommandations seront transmises aux autorités compétentes. Mais en attendant, le HCRUN souhaite que rien de ses propositions ne reste dans les tiroirs.

Cheick Omar Traoré

08:49 Publié dans ACTUALITE SOCIALE DU BF | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | |  Imprimer

Ces interdits et règles à connaître dans la tradition Moaga

 

En Afrique, les règles de conduite dans toutes les sociétés sont régies par la tradition. Si certaines de ces règles semblent disparaître avec l’occidentalisation de nos coutumes et mœurs, l’une d’entre elles semble inviolable face à l’avènement de la modernité: les interdits.

Les interdits existent dans toutes les civilisations africaines et plus particulièrement dans les quatre coins du Burkina. Ils sont des impératifs institués par un groupe, une société et qui prohibent un acte ou un comportement. Les interdits sont des actes condamnables pouvant entacher la noblesse d’un individu. Dans notre société braver un interdit c’est renier les règles de conduite élaborées par les ancêtres pour une meilleure cohabitation des différentes couches de la société. Au Burkina Faso, les interdits s’imposent généralement dans les relations humaines ou dans les lieux de travail. En voici quelques-uns chez les Mossé.

Un moaga. Ces anciens ont prescrit des interdits que nous respectons toujours ou pas. A chacun ses convictions. Mais il est bon de les connaître

-Un étranger ne donne jamais le motif de sa visite sans s’être rafraîchi, avoir salué et demandé des nouvelles de part et d’autre. C’est d’ailleurs à l’étranger à inviter les maîtres de la maison à recevoir ses salutations: «Wa ted pussé».

-La jeune fille ou la femme qui apporte l’eau (koom) à un hôte se doit de la boire d’abord sous les yeux de l’étranger avant de la transmettre, histoire de lever le soupçon d’empoisonnement.

-En tant que visiteur, quand on vous offre un repas, vous ne devez pas tout manger, sinon cela signifierait qu’on ne vous a pas donné assez, ou que vous êtes gourmand.

-Il faut toujours un cadeau quand on va saluer le chef: «nab pa pusd né nug zal yé»

-Les cadeaux sont un signe d’estime, d’honneur et de sympathie; un signe d’amitié. Ainsi cherche-t-on toutes les occasions de faire des cadeaux. Mais les cadeaux ne se donnent jamais de la main à la main, mais toujours par intermédiaire, jusqu’au plus influent de la suite du visiteur. On doit également remercier par le même chemin, et après seulement dire merci directement.

Un cadeau ne se refuse jamais: «kûn pa zâgesd yé». Surtout s’il était déjà présenté. Ce serait une injure. On ne peut refuser le cadeau même si l’on soupçonne de mauvaises intentions ni même si le cadeau est jugé insignifiant: «kûn ka bilf yé». On reçoit un cadeau des deux mains, mais jamais de la main gauche.

Quand on vous offre par surprise un cadeau important, sans que vous ne sachiez si c’est par sympathie ou par honneur, vous devez l’accepter en remerciant; mais vous le jetez ou vous l’affectez à un autre usage (cas de l’argent).

-Le chef ne serre jamais la main, par crainte de l’empoisonnement. Aussi, quand il serre la main, c’est une marque de confiance.

-Si quelqu’un se suicide, (pendaison par exemple), personne ne le pleure et on ne salue pas la famille.

-Une femme mariée porte son pagne jusqu’aux chevilles; les filles jusqu’aux mollets. Une femme qui s’habille comme les filles n’a pas de tenue.

-Les filles aux mœurs légères nouent leur pagne sur le devant et non sur le côté, de sorte qu’elles montrent leurs jambes en marchant; certaines le font sans arrière-pensées. Aussi, dans leurs mauvaises intentions, ces filles font exprès de faire voir leurs perles de leur ceinture ou les faire sonner (pour tenter).

-Durant les repas, les enfants doivent se croiser les jambes et rester silencieux car le repas est roi: «Saghab ya naba».

-Pour être enfant béni «bark biga», il faut respecter, aider, obéir à ses parents. L’enfant idéal est ainsi: «Bi sakedgha, ka koada, gunda». Le père est pour l’enfant le représentant de Dieu: «Ba ya wendé».

La désobéissance aux prescriptions du père est gravé; elle atteint les ancêtres et Dieu lui-même: «Bi totgha n zit naf nyaogho». Ce qui signifie: le désobéissant porte le poitrail du bœuf et en récolte le sang».

-Après comme après le mariage, il est particulièrement grave d’avoir des relations avec les femmes du «Budu» (clan, famille). On évitera même de regarder une femme du budu qui n’est pas en tenue. C’est à ces genres de manquements que l’on attribue la moralité.

-L’inceste est non seulement honteux, mais est parfois puni de mort.

-A certaines époques de l’année, les filles ne peuvent pas être envoyées chez le mari: d’abord vers juillet, parce que les courges commencent à s’étendre. Ensuite vers août, parce que le maïs comme à faire de la barbe. Enfin vers novembre parce que les arbres perdent leurs feuilles. En cas de transgression, c’est la mort ou la stérilité (pas d’enfants) selon les anciens.

-L’âge pour se marier est aussi apprécié par les anciens.

  • 15 -16 ans: trop jeune
  • 17 ans: mariage possible
  • 18 ans: ne convient pas, risque de n’avoir pas d’enfants
  • 19 ans: possible
  • 20 ans: comme 18 ans
  • 21 ans: possible

-Les causes du divorce: un délit quelconque contre la parenté de la femme (par exemple la recherche illicite d’une femme du clan allié ou le refus d’une femme du clan de se rendre chez un mari du clan allié). Etre «Swëyâ» (sorcier, sorcière). Ainsi une femme accusée d’être mangeuse d’âme est chassée. Est aussi chassée la femme qui injurie son mari en disant qu’elle n’a pas d’habit pour sortir de bon matin. «M pa tar gugu n sat béogho yé».

Connaître les interdits et les totems et de son milieu, permet de vivre en harmonie avec les autres.

Résumé d’un recueil du Centre d’Etude de Langue Mooré de Gilongou

Théophile MONE

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2017.10.17

Journée internationale de la jeune fille: Plan International s’attaque aux grossesses précoces en milieu scolaire

Depuis son instauration en 2012 par la communauté internationale, la Journée internationale de la jeune fille est célébrée chaque 11 octobre. Cette année, Plan International a décidé de la célébrer sous le signe de la grossesse précoce en milieu scolaire. Consacrée à la promotion de la lutte contre les discriminations et les violences subies par des milliers de jeunes filles, la Journée internationale de la jeune fille est célébrée chaque année avec un thème précis. Au plan international, elle a été placée cette année sous le thème: «Autonomisation des filles: avant, pendant et après une crise».

Le praesidium de la cérémonie

Mais pour la directrice régionale du Sahel de Plan International, Dr Fatoumata Haidara, «on ne peut pas parler d’autonomisation de la jeune fille si elle n’a pas pu continuer au moins ses études, si elle n’a pas pu être économiquement indépendante». Pourtant au Burkina, les statistiques scolaires indiquent que les 13 régions du pays ont enregistré 6 401 cas de grossesses. La réalité de ces chiffres est pourtant supérieure à ce qui est présenté parce que tous les établissements ne déclarent pas les cas de grossesses enregistrés à leur niveau, estimant que cela peut nuire à leur réputation.

Face à ces chiffres alarmants, Plan International a décidé de contextualiser le cas spécifique du Burkina autour des grossesses précoces. Ce thème, à entendre la Directrice régionale du Sahel, est d’actualité car il s’inscrit dans la nouvelle stratégie globale de Plan International qui veut travailler pour le bien-être des enfants mais spécifiquement les jeunes filles de la naissance à l’âge adulte.

Il va donc s’agir de réfléchir ensemble avec les services de l’Etat, les autres acteurs, avec les parents pour prévenir les grossesses précoces en milieu scolaire.

A la différence des autres journées, cette célébration est particulière. Particulière dans le sens où les personnes concernées auront le droit à la parole. «Nous allons donner la parole aux jeunes filles pour qu’elles puissent se prononcer sur la question», a confié Dr Haidara.

Dr Fatoumata Haidara pour qui «on ne peut pas parler d’autonomisation de la jeune fille si elle n’a pas pu continuer au moins ses études… »

Une téléconférence entre Ouagadougou, Gaoua et Kaya

Pour cette journée, Plan International a initié une téléconférence «Girls Take Over» ou «Les filles prennent le dessus» en français, animée par des jeunes filles entre Ouagadougou, Gaoua et Kaya sur la problématique des grossesses précoces. Des filles jouant le rôle de la représentante international de Plan Internationale, du ministre de la Femme (Astrid Rose Dabiré de la de la classe 1ère D), du ministre de l’Education nationale (Zalica Djini également de la 1èreD), du gouverneur du Centre-Nord (Viviane Sawadogo de la classe de Tle D), de directrice et d’assistante.

De ces échanges, on peut retenir que dans ces trois villes, les grossesses précoces en milieu scolaire sont dues en majeur partie à la curiosité sexuelle, à l’abandon de l’éducation par les parents, la mauvaise compagnie, la pauvreté… Il y a également le manque d’informations sur la santé sexuelle. Il faut ajouter à tout cela le fait que tous les enseignants n’ont pas encore assimilé les questions de droits de l’enfant car, parmi eux, se trouvent des auteurs de grossesses précoces de leurs propres élèves.

La photo de famille qui immortalise l’événement

Au regard des causes, les participantes ont formulé des recommandations pour prévenir ces cas de grossesses précoces en milieu scolaire. Il s’agit, entre autres, de procéder à un recensement systématique des cas de grossesses précoces à l’école pour permettre d’avoir un tableau plus réel, de réprimer avec fermeté des cas d’abus perpétrés sur les mineurs. Aussi, d’échanger avec les hommes sur les droits des filles, de réviser des programmes pour donner plus de poids à l’enseignement sur la santé sexuelle et reproductive des jeunes…

A la question de savoir ce que fait Plan International pour accompagner les filles qui se trouvent dans cette situation, le conseiller en éducation Clément Traoré a noté que son institution travaille à maintenir l’enfant à l’école afin qu’il ne soit pas exclu et aussi à ce que sa famille l’accepte.

Ayant joué le rôle de la représentante de Plan International, Edith Sawadogo a invité ses sœurs à faire attention. «Même si on ne peut pas se préserver, qu’on se protège pour éviter les grossesses précoces», a-t-elle conclu.

Madina Belemviré

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Plan international Burkina Faso : Les grossesses précoces au cœur de la Journée de la jeune fille

Plan international Burkina Faso a célébré, le mercredi 11 octobre 2017 dans ses locaux, la Journée de la jeunesse fille. La cérémonie, présidée par la directrice de la région de Sahel, Dr Fatoumata Haïdara, s’est voulue sobre mais pleine de sens.

Plan international Burkina Faso : Les grossesses précoces au cœur de la Journée de la jeune fille

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

« Autonomisation de la jeune fille avant, pendant et après les crises ». C’est autour de ce thème qu’est célébrée à travers le monde, la Journée de la jeune fille. Plan international Burkina Faso a choisi de la contextualiser avec les réalités du pays. « Ce que nous voyons ici au Burkina Faso, c’est la question du mariage précoce et des grossesses précoces. Et dans le cas spécifique, il y a déjà des résultats qui montrent qu’entre 2012 et 2016, au moins 6401 cas de grossesses ont été enregistrés dans toutes les régions du pays parmi les filles scolarisées », a expliqué Dr Fatoumata Haïdara pour justifier le choix de la problématique des grossesses précoces à l’école pour la présente édition.

Une téléconférence animée par des filles entre Ouagadougou, Kaya et Gaoua dans des fonctions de ministres, gouverneur et de représentante résidente de Plan international a permis de toucher du doigt l’ampleur du phénomène dans les régions du Centre-Nord et du Sud-Ouest.

Une situation alarmante

Selon Mlle Astride Rose Dabiré dans le rôle de ministre de la Femme, de la Solidarité Nationale et de la famille, les grossesses précoces sont effectivement un fléau dans la région du Sud-Ouest. Pour preuve, dit-elle, entre 2012 et 2016, dans les écoles, ce sont 1377 filles qui, au lieu de jouir pleinement de leur jeune âge se transforment en adultes responsables d’autres êtres humains. L’ampleur du phénomène est aussi préoccupante dans la région du centre-Nord, selon Mme le gouverneur Viviane Sawadogo. « Nous avons enregistré 108 grossesses dans les écoles primaires et secondaires, entre 2012 et 2016 », rapporte-t-elle.

Cette situation n’est pas sans conséquence sur la vie de ces jeunes adolescentes. « Elles perdent le sourire dès l’âge de 13, 14 ans, sont repliées sur elles-mêmes et fuient les regards et les railleries de leurs camarades et de leurs entourages », a indiqué « Mme le ministre » Astrid Dabiré (fonction d’emprunt dans la téléconférence). Avant de s’appesantir sur les causes profondes de ces grossesses précoces. « En discutant avec quelques filles, il m’est revenu que ces causes sont la curiosité sexuelle, l’abandon de l’éducation par les parents, la mauvaise compagnie, le manque d’informations sur la santé sexuelle et reproductive (…) », a-t-elle confié. « A l’école aussi, tous les enseignants n’ont pas encore assimilé les questions de droits de l’enfant. Parmi eux se trouvent des auteurs de grossesses précoces de leurs propres élèves. Les auteurs se trouvent aussi parmi les jeunes garçons », poursuit « Mme le ministre de l’éducation nationale », Zalika Djéni.

Des propositions…

A l’issue donc de l’entretien, des solutions pour mettre fin au phénomène ont été définies de commun accord avec toutes les trois autorités, à travers l’initiative de Plan international, « libérer le pouvoir des filles ». Au nombre de celles-ci figurent le recensement systématique des cas de grossesses précoces à l’école pour permettre d’avoir un tableau plus réel, l’apport de moyens adéquats pour faire prendre conscience aux enfants, filles comme garçons des dangers liés aux relations sexuelles. Elles ont également suggéré la révision des programmes, la disponibilité des centres d’écoutes pour les jeunes dans toutes les communes et la création d’une association des jeunes à la lutte contre les grossesses précoces. Enfin, les filles ont fortement recommandé que la répression soit plus ferme en cas d’abus perpétrés sur les mineurs.

Pour Dr Haïdara, le choix de ces régions (Centre-Est, Centre-Nord et Sud-Ouest) n’est pas fortuit : « Pour parler, il faut avoir des données. Nous avons des bureaux au niveau de ces zones, et nous avons des statistiques claires sur lesquelles nous pouvons discuter. Nous allons continuer parce que nous avons une étude qui va couvrir tout le Burkina Faso. Ceci permettra d’avoir des statistiques et à partir de ce moment nous pourrons les partager au niveau national ». 
Dans sa nouvelle stratégie, Plan international Burkina Faso s’engage à travailler pour le bien-être des enfants en général et celui des jeunes filles de la naissance à l’âge adulte en particulier.

Aïssata Laure G. Sidibé
Lefaso.net

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« Pour que la société puisse s’en sortir, il faut que tout le monde apprenne à respecter la loi », rappelle le juge Gnagreba Dramane Souga

    Les conférences publiques du Centre pour la gouvernance démocratique (CGD) sur l’accès à la justice se poursuivent à travers le pays. « Droit d’accès à la justice : état des lieux et mécanismes pour rapprocher la justice du justiciable’’. C’est sur ce thème précis que l’institution a, le week-end du 7 et 8 octobre 2017, entretenu les populations de la province du Kourittenga (Koupèla, chef-lieu) et environnants.

« Pour  que  la société  puisse  s’en sortir, il faut  que tout le monde apprenne à respecter la loi »,  rappelle  le juge Gnagreba Dramane Souga

 

 

 

 

 

 

 

 

 

« Au Burkina Faso, la quête permanente d’une justice égale pour tous demeure une priorité politique de premier rang pour les pouvoirs publics avec de nombreux défis à relever tant au plan institutionnel qu’organisationnel, mais aussi en termes de changements de rapports que les justiciables entretiennent avec le système judicaire », a situé le principal orateur à cette conférence publique, Gnagreba Dramane Souga, juge au siège du Tribunal de grande instance (TGI) de Koupèla.

La justice est un service érigé en pouvoir par la Constitution de juin 1991, fait-il observer. La justice est-là, poursuit-il, pour faciliter les rapports humains dans la société (sinon, le plus fort va écraser le plus faible et il n’y aura rien). La justice a toujours existé dans toutes les sociétés, même si elle n’a pas été incarnée de la même façon, souligne-t-il.

Reconnue comme « service public de l’Etat », la justice est depuis quelques années, à tort ou à raison, à la solde d’une perception mitigée de l’opinion publique. 
« On entend souvent dire que si tu n’es pas riche ou si tu n’as pas de ‘’bras longs’’, tu ne peux pas avoir gain de cause en justice... », a jeté le conférencier, scrutant ainsi l’accès à la justice sous plusieurs aspects.

Ainsi, sous l’angle physique, il ressort que « l’accès à la justice est reconnu comme un droit fondamental et divers mécanismes en garantissent l’effectivité, notamment la création et l’implantation des juridictions sur toute l’étendue du territoire national ». De ce point de vue, poursuit juge Souga, lorsqu’une personne estime que ses droits ont été violés par une autre, elle peut sans doute recourir à la justice. Selon le juge, le droit au recours juridictionnel implique tout simplement la capacité effective pour tout individu de faire juger ses prétentions par une juridiction compétente, indépendante et impartiale. C’est dans ce cadre qu’il a fait une cartographie de l’organisation judiciaire au Burkina.

Ensuite, sur l’accessibilité financière, le conférencier a relevé qu’en principe, la justice est un service public accessible à tous, sans exception (et sous réserve des dispositions des lois fiscales concernant les droits de timbre et d’enregistrement). 
« Toutefois, il est des cas où une personne dont les droits ont été violés, veut bien porter son affaire en justice, mais rencontre des difficultés financières pour faire face aux frais générés par le procès », relève-t-il. Ce constant a conduit à la mise en place d’un système d’assistance judicaire pour permettre aux plus démunis d’avoir accès à la justice étatique.

« L’assistance judiciaire est une aide aux personnes démunies pour leur permettre d’exercer des actions en justice pour la défense de leurs droits en qualité de demandeur ou de défenseur. C’est un outil de solidarité dont le but principal est d’assurer l’égalité de tous les citoyens devant la justice », a expliqué Gnagreba Dramane Souga, par ailleurs président de la commission d’assistance judiciaire du TGI (Tribunal de grande instance) de Koupèla.

Enfin, sur les conditions pour intenter une action en justice, il a relevé qu’il existe un principe important de tout Etat de droit, qui est le droit d’agir en justice. Mais, pour exercer valablement une action en justice, il faut avoir un « intérêt » et une « qualité » pour agir. « Pas d’intérêt, pas d’action », dit-on en droit.

« Les citoyens doivent recourir aux tribunaux pour faire reconnaître et sanctionner leurs droits. Ils doivent user des voies de droit en bannissant toute justice privée, car nul ne peut se faire justice soi-même », a plaidé le juge de l’application des peines, Gnagreba Dramane Souga, précisant au passage que l’action en justice est également encadrée par des délais, selon la matière en présence (civile, commerciale, sociale, pénale, administrative).

Quelle dynamique pour rapprocher la justice du justiciable ?

A en croire juge Gnagreba Dramane Souga, la quête d’une justice pour tous reste un défi à relever au Burkina. « Pour y parvenir, il est impératif de rapprocher les services judiciaires des justiciables par la création, en plus des juridictions existantes, d’autres juridictions et le recrutement d’un nombre considérable de magistrats », suggère-t-il avant d’exhorter le gouvernement dans le déroulement du programme qui consiste en la création d’un TGI dans chaque chef-lieu de province.

« On peut également créer des maisons de justice et de droit, des bureaux d’accueil et de renseignements qui permettront de fournir aux justiciables des informations juridiques justes et adéquates. Au titre de la gouvernance administrative, politique, économique et locale, le gouvernement s’est engagé à travers le PNDES (Plan national de développement économique et social) à accroître le dispositif d’accès à la justice, à améliorer non seulement l’accès, mais aussi et surtout la qualité des services publics de justice », a-t-il rappelé.

Le communicateur a aussi requis le renforcement du Fonds d’assistance judiciaire (actuellement doté de cent millions) en vue de lui permettre de venir en aide aux personnes les plus démunies qui désirent ester en justice. Il suggère également un accroissement du nombre d’officiers ministériels (notaire, huissier, etc.) à travers les localités du pays.

A la fin de l’exposé, plusieurs réactions ont été enregistrées au sein des participants, constitués en grande partie de jeunes venus de divers horizons. Entre questions d’éclaircissement, commentaires et contributions, les intervenants ont abordé plusieurs aspects du thème, via souvent des exemples concrets.

Pour le modérateur, Assegna Anselme Somda, chargé de programme du CGD (ex-président de la commission des affaires sociales et du développement durable du CNT), la richesse dans les réactions et la mobilisation sont la preuve que les gens avaient vraiment ‘’soif ‘’ d’échanger autour d’un tel thème.

« La justice, c’est pour vous ; elle est faite pour le peuple, vous ne devez pas avoir peur d’elle », a appelé en conclusion, le conférencier, Gnagreba Dramane Souga.

      O.O
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« Pour que la société puisse s’en sortir, il faut que tout le monde apprenne à respecter la loi », rappelle le juge Gnagreba Dramane Souga

    Les conférences publiques du Centre pour la gouvernance démocratique (CGD) sur l’accès à la justice se poursuivent à travers le pays. « Droit d’accès à la justice : état des lieux et mécanismes pour rapprocher la justice du justiciable’’. C’est sur ce thème précis que l’institution a, le week-end du 7 et 8 octobre 2017, entretenu les populations de la province du Kourittenga (Koupèla, chef-lieu) et environnants.

« Pour  que  la société  puisse  s’en sortir, il faut  que tout le monde apprenne à respecter la loi »,  rappelle  le juge Gnagreba Dramane Souga

 

 

 

 

 

 

 

 

 

« Au Burkina Faso, la quête permanente d’une justice égale pour tous demeure une priorité politique de premier rang pour les pouvoirs publics avec de nombreux défis à relever tant au plan institutionnel qu’organisationnel, mais aussi en termes de changements de rapports que les justiciables entretiennent avec le système judicaire », a situé le principal orateur à cette conférence publique, Gnagreba Dramane Souga, juge au siège du Tribunal de grande instance (TGI) de Koupèla.

La justice est un service érigé en pouvoir par la Constitution de juin 1991, fait-il observer. La justice est-là, poursuit-il, pour faciliter les rapports humains dans la société (sinon, le plus fort va écraser le plus faible et il n’y aura rien). La justice a toujours existé dans toutes les sociétés, même si elle n’a pas été incarnée de la même façon, souligne-t-il.

Reconnue comme « service public de l’Etat », la justice est depuis quelques années, à tort ou à raison, à la solde d’une perception mitigée de l’opinion publique. 
« On entend souvent dire que si tu n’es pas riche ou si tu n’as pas de ‘’bras longs’’, tu ne peux pas avoir gain de cause en justice... », a jeté le conférencier, scrutant ainsi l’accès à la justice sous plusieurs aspects.

Ainsi, sous l’angle physique, il ressort que « l’accès à la justice est reconnu comme un droit fondamental et divers mécanismes en garantissent l’effectivité, notamment la création et l’implantation des juridictions sur toute l’étendue du territoire national ». De ce point de vue, poursuit juge Souga, lorsqu’une personne estime que ses droits ont été violés par une autre, elle peut sans doute recourir à la justice. Selon le juge, le droit au recours juridictionnel implique tout simplement la capacité effective pour tout individu de faire juger ses prétentions par une juridiction compétente, indépendante et impartiale. C’est dans ce cadre qu’il a fait une cartographie de l’organisation judiciaire au Burkina.

Ensuite, sur l’accessibilité financière, le conférencier a relevé qu’en principe, la justice est un service public accessible à tous, sans exception (et sous réserve des dispositions des lois fiscales concernant les droits de timbre et d’enregistrement). 
« Toutefois, il est des cas où une personne dont les droits ont été violés, veut bien porter son affaire en justice, mais rencontre des difficultés financières pour faire face aux frais générés par le procès », relève-t-il. Ce constant a conduit à la mise en place d’un système d’assistance judicaire pour permettre aux plus démunis d’avoir accès à la justice étatique.

« L’assistance judiciaire est une aide aux personnes démunies pour leur permettre d’exercer des actions en justice pour la défense de leurs droits en qualité de demandeur ou de défenseur. C’est un outil de solidarité dont le but principal est d’assurer l’égalité de tous les citoyens devant la justice », a expliqué Gnagreba Dramane Souga, par ailleurs président de la commission d’assistance judiciaire du TGI (Tribunal de grande instance) de Koupèla.

Enfin, sur les conditions pour intenter une action en justice, il a relevé qu’il existe un principe important de tout Etat de droit, qui est le droit d’agir en justice. Mais, pour exercer valablement une action en justice, il faut avoir un « intérêt » et une « qualité » pour agir. « Pas d’intérêt, pas d’action », dit-on en droit.

« Les citoyens doivent recourir aux tribunaux pour faire reconnaître et sanctionner leurs droits. Ils doivent user des voies de droit en bannissant toute justice privée, car nul ne peut se faire justice soi-même », a plaidé le juge de l’application des peines, Gnagreba Dramane Souga, précisant au passage que l’action en justice est également encadrée par des délais, selon la matière en présence (civile, commerciale, sociale, pénale, administrative).

Quelle dynamique pour rapprocher la justice du justiciable ?

A en croire juge Gnagreba Dramane Souga, la quête d’une justice pour tous reste un défi à relever au Burkina. « Pour y parvenir, il est impératif de rapprocher les services judiciaires des justiciables par la création, en plus des juridictions existantes, d’autres juridictions et le recrutement d’un nombre considérable de magistrats », suggère-t-il avant d’exhorter le gouvernement dans le déroulement du programme qui consiste en la création d’un TGI dans chaque chef-lieu de province.

« On peut également créer des maisons de justice et de droit, des bureaux d’accueil et de renseignements qui permettront de fournir aux justiciables des informations juridiques justes et adéquates. Au titre de la gouvernance administrative, politique, économique et locale, le gouvernement s’est engagé à travers le PNDES (Plan national de développement économique et social) à accroître le dispositif d’accès à la justice, à améliorer non seulement l’accès, mais aussi et surtout la qualité des services publics de justice », a-t-il rappelé.

Le communicateur a aussi requis le renforcement du Fonds d’assistance judiciaire (actuellement doté de cent millions) en vue de lui permettre de venir en aide aux personnes les plus démunies qui désirent ester en justice. Il suggère également un accroissement du nombre d’officiers ministériels (notaire, huissier, etc.) à travers les localités du pays.

A la fin de l’exposé, plusieurs réactions ont été enregistrées au sein des participants, constitués en grande partie de jeunes venus de divers horizons. Entre questions d’éclaircissement, commentaires et contributions, les intervenants ont abordé plusieurs aspects du thème, via souvent des exemples concrets.

Pour le modérateur, Assegna Anselme Somda, chargé de programme du CGD (ex-président de la commission des affaires sociales et du développement durable du CNT), la richesse dans les réactions et la mobilisation sont la preuve que les gens avaient vraiment ‘’soif ‘’ d’échanger autour d’un tel thème.

« La justice, c’est pour vous ; elle est faite pour le peuple, vous ne devez pas avoir peur d’elle », a appelé en conclusion, le conférencier, Gnagreba Dramane Souga.

      O.O
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30 ans de l’assassinat de Thomas Sankara : La longue marche pour la justice

En cette soirée du 15 octobre 1987, le vent de la révolution est pollué. Au conseil de l’entente, un commando fait couler du sang. Thomas Sankara et 12 de ses compagnons sont passés aux armes, alors qu’ils étaient en réunion. Ainsi, ’’ils’’ sont passés aux actes. Qui sont les commanditaires ? A qui profite ce crime odieux, lâche et crapuleux ? Très facile à deviner. Les jours qui suivront apporteront des réponses. Les ’’rectificateurs’’ tentent par tous les moyens, d’effacer la mémoire du capitaine président. Manipulations, intimidations, montages éhontés, liquidations physiques. Rien n’y fit. On ne tue pas les idées. Seulement, les assassins et les commanditaires courent toujours. Mais trois décennies après, la soif de la justice reste intacte. Ce 15 octobre 2017, ils étaient nombreux dans les rues de la capitale pour encore crier Justice pour Thomas Sankara et ses 12 compagnons. A l’ambassade de France et à la justice militaire, des messages ont été remis.

30 ans de l’assassinat de Thomas Sankara : La longue marche pour la justice

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Il y a 30 ans, au tristement célèbre conseil de l’entente, des crépitements d’armes sont entendus. Thomas Sankara et 12 de ses compagnons étaient assassinés par un commando. Un rêve venait ainsi d’être brisé. Ses bourreaux feront tout pour salir son image, enterrer le message d’espoir pour le Burkina, l’Afrique et tous les peuples qui luttent pour leur épanouissement et contre l’arbitraire. En vain. Trois décennies après, Thomas Sankara parle toujours et crée des insomnies à ces assassins, aux commanditaires. Qu’ils aient fuient ou pas, Sankara les hante.

C’est ici, au conseil de l’Entente et pour la première fois, que des citoyens ont entamé une marche pour encore et toujours réclamer justice pour le capitaine président, Noël Isidore Thomas Sankara.

A l’initiative du Comité international mémorial Thomas Sankara(CIM-TS), des centaines de manifestants ont arpenté les rues de la capitale en cette matinée dominicale, pour dire leur refus de l’oubli.

La boucherie du 15 octobre 1987 a été la résultante d’un complot ourdi depuis l’international et mis en exécution par l’entremise des valets locaux de l’impérialisme. La France, puissance colonisatrice n’est pas étrangère au massacre. C’est pour cela, que les marcheurs du dimanche ont fait escale à l’ambassade du pays de François Mitterand, président français quand Sankara était liquidé. Là, le colonel major Bernard Sanou, président du CIM-TS va remettre le mémorandum sur le dossier judiciaire Sankara et compagnons. C’est à la réception qu’il est accueilli, comme s’il s’agissait d’un courrier habituel. C’est de son poste que le français reçoit le document, refusant de sortir, pour ne pas faire face à la horde de journalistes nationaux et internationaux.

Qu’à cela ne tienne, le CIM-TS dans le document remis, exige simplement à la France, la levée du secret défense ainsi que toutes les archives portant sur le dossier Sankara et l’ouverture d’une enquête en France pour situer les diverses responsabilités dans cet odieux assassinat. « Une demande officielle a été adressée à la France en 2016 pour qu’elle lève son secret défense afin que l’enquête puisse être menée en vue de situer la responsabilité de la France sur ce crime. Près d’un an après, les autorités françaises n’ont pas encore donné une suite à cette requête du juge d’instruction », peut-on lire dans le mémorandum.

Longue marche vers la justice

De l’ambassade du ’’pays des droits de l’homme’’, les manifestants ont mis le cap sur la justice militaire. C’est elle qui a en charge le dossier. Là au moins, le président du CIM-TS, accompagné de certains membres, est reçu par le premier responsable de l’institution, Sita Sangaré et le commissaire du gouvernement Alioune Zanré.

« Nous sommes venus remettre un mémorandum récapitulatif de tout ce qui a été fait. Nous venons aussi les encourager pour le travail qui est fait depuis quelques temps. Nous espérons le procès de tout cœur », a juste dit le colonel major Bernard Sanou à sa sortie.

« Ils nous ont rassurés que le dossier avance très vite et beaucoup de choses se passent. Ils mettent tous les moyens possibles, comme il l’a dit, cela fait près de 4 ans que les juges n’ont pas pris de congés parce qu’ils sont sur beaucoup de dossiers. On est aussi là pour les encourager et leur dire, que c’est vrai que la justice est une vieille dame, mais nous qui sommes jeunes, souhaitons que ça aille plus vite. On a espoir... », a pour sa part expliqué Sams’K le Jah membre du comité.

Blaise Compaoré et Hyacinthe Kafando, les fuyards

En rappel, c’est en mars 2015 que le président de la transition Michel Kafando avait ordonné l’ouverture d’une instruction judiciaire du dossier Sankara et ses 12 compagnons d’infortune. A la date d’octobre 2016, 14 personnes ont été visées par des poursuites, après une centaine d’auditions. Ainsi, on assistait à des premiers inculpés. Le Gal Gilbert Diendéré, Gabriel Tamini(journaliste et conseiller spécial de l’ancien président Blaise Compaoré), Christophe Diébré (Colonel , signataire de l’acte de décès de Thomas Sankara avec la mention « mort naturelle »).

Par ailleurs, le juge a lancé deux mandats d’arrêt internationaux contre Blaise Compaoré et Hyacinthe Kafando.

En tout cas, en cette matinée, la justice militaire a été interpellée sur son devoir dans la manifestation de vérité et de la justice pour le président Thomas Sankara et ses 12 suppliciés. Ils ont demandé entre autres, que tous les commanditaires, exécutants et complices soient châties à la hauteur de leur forfait.

Visiblement mobilisés, déterminés et dans l’espoir d’un procès, les manifestants se sont dis au-revoir. Après bien-sur, l’exécution de l’hymne de la victoire, le Ditanyè.

Tiga Cheick Sawadogo
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