topblog Ivoire blogs

2019.06.07

G5 Sahel : Des OSC mobilisées contre l’esclavage et la traite des personnes

G5 Sahel : Des OSC mobilisées contre l’esclavage et la traite des personnes

Amadou Diemdioda Dicko, promoteur du FESTICHAMS, a participé à la conférence sous -régionale sur l’esclavage et la traite des personnes, tenue à Bamako le 25 mai 2019. Le communiqué de presse ci-dessous nous en dit plus.

Monsieur Amadou Diemdioda Dicko, Promoteur du Festival du chameau, des arts et de la culture du Sahel (Festichams), a pris part à une conférence sous -régionale sur l’esclavage et la traite des personnes, le 25 mai 2019 à Bamako au Mali.

La conférence, qui réunissait les organisations de la société civile des pays du G5/Sahel contre l’esclavage (TEMETT du Mali, IRA de la Mauritanie, Festichams du Burkina Faso et TIMIDRIA du Niger) avait pour thème : « Esclavage et traite des personnes ». Les participants ont attiré l’attention des gouvernements et des acteurs civils et politiques du Sahel, et des organisations internationales sur la nécessité d’une prise de conscience et d’actions rapides d’envergure contre l’esclavage et la traite des personnes au Sahel.

En effet, il est ressorti que l’esclavage persiste, dans plusieurs pays, notamment au Mali où, dans la région de Kayes, des communautés entières sont victimes de graves violations des droits de l’homme aux relents esclavagistes. Ces violations sont perpétrées sur des femmes et enfants, avec une destruction sans précédent de biens matériels, ponctuée par des déplacements massifs de familles.

défenseurs des droits humains sont quotidiennement saisis pour des cas d’agressions physiques avec coups et blessures, d’interdiction d’accès aux services sociaux de base, de confiscation de biens immobiliers, d’actes de vandalisme, d’interdictions de séjour, d’actes de tortures, d’intimidations, de viols, de menaces, d’invectives, d’injures, etc. Ces exactions sont commises dans presque tous les villages de la région de Kayes. Les organisations de la société civile des pays du G5/Sahel / esclavage se sont indignées face à ces actes barbares qui n’honorent pas la République du Mali.

A cet effet, elles ont exigé du gouvernement de la République du Mali des poursuites contre les auteurs et commanditaires de ces graves violations des droits humains en justice. Elles lui ont aussi demandé d’identifier, de dédommager toutes les victimes afin de les rétablir dans leurs droits, de prendre sans délais les dispositions pour le retour des familles chassées dans leurs villages respectifs en toute sécurité, et d’interdire et sanctionner toute initiative visant à faire l’apologie de l’esclavage et des pratiques assimilées.

Par ailleurs, les gouvernements du Mali et du Burkina Faso ont été invités à adopter une loi criminalisant l’esclavage à l’instar des autres pays membres du G5/Sahel. Car il est apparu que les populations vivant au Nord du Burkina Faso sont les mêmes que celles du G5 Sahel. C’est pourquoi le Sahel burkinabè est une synthèse culturelle des peuples du Liptako Gourma.

Les participants ont en outre appelé la MINUSMA à prendre ses responsabilités, conformément à son mandat, en s’impliquant davantage dans la lutte contre les violations des droits de l’homme.

Pour Monsieur Diemdioda Dicko, le lien entre esclavage et terrorisme n’est plus à démontrer. En effet, selon lui, les vendeurs d’illusion instrumentalisent les frustrations des populations dites esclaves et leur promettent la liberté et des réparations des préjudices subis, en échange de leur engagement à combattre à leurs côtés.

De ce fait, M. Dicko a plaidé pour que dans le combat contre le terrorisme, notamment au Burkina Faso, les autorités prennent en compte la nécessité de criminaliser l’esclavage et de combattre énergiquement l’esclavage et d’autres maux comme l’ethnicisme et le communautarisme qui constituent des menaces pour la cohésion sociale.

Ouagadougou, le 03 juin 2019
Le service de communication et de relations publiques du Festichams

2019.06.06

Conflits intercommunautaires : Renforcer la participation des femmes dans la consolidation de la paix au Burkina Faso et au Niger

 
Conflits intercommunautaires : Renforcer la participation des femmes dans la consolidation de la paix au Burkina Faso et au Niger

Problématique de la participation des femmes dans les mécanismes de prévention des conflits et de la consolidation de la paix. Tel est le thème du forum inter pays des femmes leaders du Burkina Faso et du Niger tenu le jeudi 13 avril 2017, à Ouagadougou. Le Réseau MARP-Burkina et Care Niger sont les initiateurs de cette activité. La cérémonie a été présidée par la représentante de Mme le ministre de la Femme, Aïna Ouédraogo.

Relayée au second plan, une frange importante des femmes est exclue des instances communautaires, communales, nationales et sous régionales. Cette situation empêche une participation équitable dans les mécanismes de prévention et de gestion des conflits. Cependant, de nos jours, la communauté internationale reconnaît les contributions capitales des femmes dans les processus de construction de paix, notamment par la résolution 1325 du Conseil de Sécurité des Nations Unies (CSNU). Cette résolution préconise de faire participer les femmes à l’établissement de la paix, de mieux les protéger contre les violences de leurs droits fondamentaux et de leur donner accès à la justice (…). A la faveur de la mise en œuvre des résolutions 1325 et 1820 du CSNU, le réseau MARP/Burkina et CARE Niger ont mis en œuvre le projet « Initiative paix et diversité au Sahel (IPAD) » avec l’appui financier de l’Union Européenne et de l’Agence de développement autrichienne.

C’est dans la perspective de renforcer les capacités des femmes leaders du Burkina Faso/Niger afin de capitaliser les succès et bonnes pratiques du terrain que le forum du jeudi 13 avril 2017 a été organisé à Ouagadougou. Il s’est agi pour les participants de partager les expériences de participation des femmes dans les mécanismes consacrés à la gestion des conflits et à la consolidation de la paix ; échanger sur les résolutions 1325 et 1820 du CSNU ; identifier un thème commun de plaidoyer en lien avec les résolutions. Il était également question pour les participants de jeter les bases du réseautage entre les femmes leaders du Niger et du Burkina Faso afin de conduire le plaidoyer en lien avec le thème identifié.

Le projet IPAD intervient dans trois communes du Burkina Faso dont Falangountou et Sampelga dans la province du Séno, et Boundoré dans la province de Yagha. En deux ans de mise en œuvre des activités (2015-2017), le projet a engrangé des résultats forts appréciables. Le président du Réseau MARP-Burkina, Mathieu Ouédraogo, a notamment évoqué la mise en place et le renforcement des capacités de 60 formateurs locaux dont 30 femmes leaders des communautés et 30 hommes « champions » dans les 15 villages d’intervention du projet. A cela s’ajoute la formation et le renforcement des capacités des femmes leaders de plus de 20 organisations de femmes, sur les techniques de construction d’argumentaires pour des campagnes de plaidoyer au niveau national.

La création des opportunités d’apprentissage croisé et d’espaces d’interaction communautaire entre les femmes leaders des réseaux du Burkina avec leurs homologues du Niger lors du forum tenu le 16 novembre 2016, font également partie des résultats atteints. Pour la réussite de ce forum aux grandes ambitions, M. Mathieu Ouédraogo n’a pas manqué d’inviter les femmes leaders et hommes « champions » à participer pleinement aux échanges.

La représentante du ministre en charge de la Femme, Aïna Ouédraogo, quant à elle, a salué l’initiative du Réseau MARP-Burkina et de Care Niger. « Les résultats de vos efforts seront d’un grand apport aux actions engagées par le gouvernement pour l’inclusion des femmes et de toutes les couches sociales dans la construction de la paix », a déclaré la chargée de mission. Aussi, au regard de la pertinence du thème et des objectifs que les promoteurs du projet se sont fixés, Mme Ouédraogo a marqué son intérêt pour les conclusions du forum, dont elle espère avoir une copie du rapport.

Aïssata Laure G. Sidibé
Lefaso.net