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2017.01.23

« Le Burkina Faso est un pays très important pour nous », déclare le président de SOS Sahel international France, Monsieur Philippe LECOMTE

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Le Président du Faso, Son Excellence Monsieur Roch Marc Christian KABORE, a reçu en audience une délégation de l’ONG SOS Sahel conduite par le président de SOS Sahel international France, Monsieur Philippe LECOMTE, dans l’après-midi du vendredi 20 janvier 2017.

A sa sortie d’audience, Monsieur LECOMTE a dit avoir échangé « longuement » avec le Président du Faso, Son Excellence Monsieur Roch Marc Christian KABORE sur l’impact des actions de SOS Sahel international Burkina Faso, particulièrement sur l’aspect sécurité alimentaire. « Nous comptons lutter pour la sécurité alimentaire avec un achèvement en 2025, notamment dans le cadre du Plan national de développement économique et social (PNDES) », a-t-il confié.

Monsieur Philippe LECOMTE a expliqué que pour le chef de l’Etat burkinabè, c’est une mission importante parce que l’ONG peut aider les populations locales, en ce sens qu’elle « travaille essentiellement avec les associations locales ».

Selon lui, SOS Sahel a investi en 2016, cinq milliards de francs CFA au Burkina Faso. « Le Burkina Faso est un pays très important pour nous. Nous employons aujourd’hui 120 personnes sur le territoire. L’ONG locale du Burkina est une antenne régionale qui opère non seulement au Burkina Faso, mais aussi dans toute l’Afrique de l’Ouest », a déclaré le président de SOS Sahel international France.

Il a expliqué que les acquis de l’ONG au Burkina sont nombreux : « Nous avons construit des périmètres maraîchers, des barrages, des latrines, des forages, etc. a-t-il dit avant d’ajouter que ce qui est important pour l’ONG, c’est l’impact à long terme » de ces réalisations. « Il ne s’agit pas de construire un puits mais comment va s’intégrer ce puits autour d’une activité ou autour d’une filière économique », a fait remarquer Monsieur LECOMTE. Pour avoir un impact meilleur, il faut que les populations « s’attribuent le projet », a indiqué le premier responsable de SOS Sahel international France.

L’ONG SOS Sahel international France, créée sous l’initiative du Président SENGHOR en 1976 au Sénégal fête ses quarante années d’existence a rappelé son président.

 

La Direction de la Communication de la Présidence du Faso

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Projets filets sociaux : une nouvelle affaire de détournement orchestrée par l’équipe Ganou en fin de mission

Un vent de changement souffle sur le projet filets sociaux Burkin-Naong-Sa Ya.as. Des lettres de remerciement ont été remises aux principaux dirigeants de la structure, courant le mois de décembre 2016. filets sociaux

Il s’agit de la coordinatrice du projet Cyrille Ganou, du spécialiste de la gestion financière Yacouba Daho, du chargé de la communication, Jean Bernard Zongo, du chargé du système informatique et de gestion, Adama Ganou, du chargé des relations avec les partenaires, Jacques Batoro.

On ne comprend pas le remerciement d’autant de personnes. Mais, une source digne de foi atteste que la banque mondiale, principal bailleurs de fonds, avait suspendu son financement. Perturbant ainsi le processus de distribution des allocations familiales, 30 000 F CFA ou 40 000 F CFA, prévue pour la fin du mois de septembre dernier et le versement des salaires des agents qui ont cumulé trois mois d’arriérés.

Cette passe était alimentée par des suspicions tendant à croire que la coordonatrice du projet est auteure de malversations financières, de gestion népotiste. Pour ne rien arranger, un incendie dans une partie du bâtiment abritant le siège du programme avait apporté de l’eau au moulin de certaines langues qui estimaient que le drame avait été simulé pour faire disparaitre des preuves.

Qu’à cela ne tienne, le problème, c’est que les dirigeants ne semblent pas avoir pris la mesure de la situation. Une source dans les secrets des dieux avance que les responsables du projet, sachant que leurs jours étaient comptés à la tête du projet, ont entamé d’organiser le pillage des ressources, en l’occurrence « la contrepartie nationale ». A en croire cette source, ils ont octroyé par un tour de passe-passe des bons d’essence à des travailleurs de bureau en fin de contrat au titre de l’année 2017, avec la bénédiction du président du comité de pilotage, qui plus est le secrétaire général du ministère en charge de la femme, de la solidarité nationale et de la famille. Reste à savoir si ledit comité n’en a pas profité ? Tout compte fait, en auraient bénéficié également le personnel de soutien, entre autres, secrétaires et gardiens. Et l’un d’entre eux a confessé avoir empoché la coquette somme de 1 200 000 francs CFA pour toute l’année. Imaginons les sommes que se taillent les responsables du projet en fin de contrat ? Deux millions, trois millions, quatre millions ?

Le véritable problème, c’est que tous les heureux bénéficiaires sont des agents de bureau ; cela suppose qu’ils n’avaient en réalité pas besoin de ces bons de carburant. Et ce qui choque, c’est que les agents de terrain ont été oubliés dans le partage du « fameux gâteau ». Ils n’ont rien reçu. C’est ainsi, apprend-on, qu’ils sont montés au créneau pour rencontrer les autorités compétentes pour comprendre et revendiquer ce que de droit. Affaire à suivre !

Anderson Koné
Burkina Demain

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Burkina: non à la culture de la torture!

La torture physique ou morale ainsi que les contraintes psychologiques constituent une violation de l’intégrité de la personne humaine. Toutes ces pratiques  et d’autres  analogues sont, en vérité, infâmes. Tandis qu’elles corrompent la civilisation, elles déshonorent ceux qui s’y  livrent plus encore que ceux qui les subissent. Pourtant, l’année 2016 a été marquée par les procès organisés par les groupes d’auto-défense appelés Koglwéogo suivis de tortures de présumés voleurs. Des comportements qui avilissent et dégradent l’homme. Raison pour laquelle il faut les combattre et les interdire.

Quels credit accorder aux aveux d'une personne torturée de la sorte?
Quels crédit accorder aux aveux d’une personne torturée de la sorte?

Les Burkinabè ont des raisons particulières de lutter contre la torture et le lynchage des présumés voleurs. Ils croient que la vie humaine est sacrée et tous les hommes ont la même dignité. D’ailleurs l’article 5 de la Déclaration universelle des Droits de l’Homme est sans ambigüité: «Nul ne sera soumis  à la torture ni à des peines ou traitements cruels ou dégradants».

Parfois dans l’humiliation et les moqueries des spectateurs
Parfois dans l’humiliation et les moqueries des spectateurs

Comment donc accepter que dans un Etat démocratique comme le Burkina, des individus  arrêtent, punissent et jugent des présumés coupables de vols sous les regards moqueurs de spectateurs? Où sont donc nos valeurs que nous chérissons? Comment proclamer à haute et intelligible voix notre attachement à la dignité humaine et admettre que des supposés voleurs  soient attachés et torturés parfois pendant plusieurs jours, jusqu’à ce que mort s’en suivre?

Personne n’encourage le vol et le voleur. L’acte d’un cambrioleur ou d’un détrousseur est condamnable. Celui qui s’y adonne mérite des sanctions selon la loi. Mais nul n’a le droit de supprimer la vie (ni pour soi ni pour autrui). Torturer les présumés voleurs est ignoble et barbare comme le sont les agissements de certains brigands et bandits de grands chemin.

Certes, les tortures ne sont pas nées par hasard. Elles ont pour origine les comportements des voleurs, les situations économique, politique et sociale qui doivent être analysées afin d’y trouver des solutions appropriées.

Des interrogatoires musclés à partir de simples allégations. Dans un Etat démocratique!
Des interrogatoires musclés à partir de simples allégations. Dans un Etat démocratique!

Les tortures relèvent également d’une certaine mentalité selon laquelle rien ne peut mieux dissuader les dérobeurs récidivistes que les sévices et même la mort. C’est la même réflexion qui est faite par les défenseurs de la peine de mort. L’on justifie la torture par la menace potentielle à la sécurité publique. Mais à bien réfléchir, à court terme, grâce à la torture et à tous ses corolaires, les bourreaux (Koglwéogo) peuvent obtenir des informations utiles, mais à long terme, c’est contre-productif. La torture finira par engendrer chez les victimes et dans les communautés dont elles sont issues douleur, souffrance, humiliation, peur, colère et haine. De plus, selon les conventions internationales, les informations obtenues par des méthodes de tortures ne peuvent pas être utilisées comme évidence. Les aveux obtenus d’une personne torturée ne peuvent pas être utilisés contre elle. Le Burkina n’a donc pas intérêt à instaurer une culture de la torture. Il faut donc arrêter cette pratique qui déshonore le Burkina et les Burkinabè.

Théophile MONE

 

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Fada N’Gourma : Encore une marche meeting pour exiger la réparation du tronçon Koupéla/ Fada

Ce samedi 21 janvier 2017, la CCVC/ Gourma (coalition contre la vie chère) a tenu une marche meeting pour interpeller l’autorité à se pencher sur la dégradation de la Route Nationale numéro quatre (RN4). Notamment le tronçon Koupéla- Fada jusqu’à la frontière du Niger.

 
Fada N’Gourma : Encore une marche meeting pour exiger la réparation du tronçon Koupéla/ Fada

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Mobilisés à la place des martyrs dès 8 heures, les manifestants ont finalement débuté leur marche à 8h 50mns. Avec pour itinéraire le tronçon qui va de la place des martyrs, passe derrière la Radio Taanba, la route de Ouaga, la station Bayama et la place des martyrs, pour enfin s’achever au Haut-Commissariat où un message destiné au Premier Ministre ‘‘Paul Kaba Tiéba’’ a été remis. Selon Adolph Tankoana, président de la CCVC/Gourma, « Nous avons lancé un appel de mobilisation lors de notre point de presse le 18 janvier 2017. Pour dénoncer l’état défectueux de la RN4 à son tronçon Koupéla- Fada et exiger sa réparation. Après cette marche meeting, nous allons maintenir la pression afin que les autorités fassent de l’état de cette route leur préoccupation. Nous sommes révoltés contre la délibération du conseil de Ministre passé concernant la réfection de cette voie, qui parle d’abord du tronçon Koupèla- Gounghin. Nous avons l’impression qu’à l’Est nous sommes abandonnés, méprisés. Nous avons trois provinces qui souffrent du même mal ; la Komandjari, la Tapoa et la Gnagna ».

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Lors de cette marche, il faut noter que les élèves des lycées et collèges de la vile de Fada étaient plus représentés en nombre. Les commerces sont restés ouverts dans le marché central de Fada.

Soumaila Sana
Lefaso.

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Les femmes du Burkina s’engagent avec l’épouse du Président du Faso, pour une réduction significative des inégalités.

Les femmes du Burkina s’engagent avec l’épouse du Président du Faso, pour une réduction significative des inégalités.

Les femmes du Burkina s’engagent avec l’épouse du Président du Faso, pour une réduction significative des inégalités.
© DR / Autre Presse
 
Les femmes du Burkina s’engagent avec l’épouse du Président du Faso, pour une réduction significative des inégalités.
 
Les différents corps socioprofessionnels des femmes du Burkina Faso ont présenté leurs vœux de nouvel an à l’épouse du Président du Faso, Madame Sika KABORE, le dimanche 22 janvier 2017. La cérémonie a eu pour cadre, la Présidence du Faso.


Elles étaient environ 1500 femmes venues des 45 provinces et des 13 régions du Burkina Faso, pour partager avec l’épouse du Président du Faso, Madame Sika KABORE les vœux de nouvel an. C’est Madame Chantal DIALLO, l’épouse du président de l’Assemblée nationale qui s’est exprimée au nom des femmes du Burkina Faso.

Elle a salué les mesures prises par le gouvernement durant l’année 2016 en vue de réduire les inégalités et de positionner « la femme comme acteur dynamique de développement ». La porte-parole des femmes a également souligné les initiatives engagées par le gouvernement, pour une meilleure prise en charge sanitaire des femmes. Il s’agit de la gratuité des soins pour le dépistage des cancers du sein et du col de l’utérus, les soins pour les enfants de moins de cinq ans, les césariennes, les accouchements et les soins pour les femmes enceintes.

Madame Chantal DIALLO a également noté dans son discours, l’engagement personnel de l’épouse du Président du Faso pour l’amélioration des conditions de vie des femmes et des enfants, et la promotion de leurs droits. A titre d’illustration, elle a cité le plaidoyer de Madame Sika KABORE en faveur de « la mobilisation de ressources pour la lutte contre les Mutilations génitales féminines (MGF), le cancer du col de l’utérus, les mariages précoces et forcés et toutes les formes de discrimination dont sont victimes les femmes ».

Madame Chantal DIALLO a saisi l’occasion de cette cérémonie pour porter les doléances des femmes des villes et campagnes du Burkina. Il s’agit entre autres d’une « allocation conséquente de ressources matérielles et financières à la lutte contre les pratiques néfastes, telles les mutilations génitales, les mariages forcés et précoces, le lévirat, etc. qui perdurent et qui nuisent à la santé de la femme et de la jeune fille ».

Selon Madame Chantal DIALLO, les femmes du Burkina Faso souhaitent « l’allègement des conditions d’accès et de remboursement des crédits et la facilitation au profit des femmes entrepreneures agricoles de l’acquisition des Attestations de Possession Foncière Rurale (APFR) »

Dans son discours réponse, l’épouse du Président du Faso, Madame Sika KABORE est revenue sur quelques acquis importants engrangés au profit de la femme burkinabè. Elle a cité notamment le lancement du projet « entreprendre au féminin » et du projet « lutte contre le mariage des enfants » pour un montant global de 5,3 milliards de F CFA. « A ces projets, s’ajoute le Programme spécial de création d’emplois pour les jeunes et les femmes d’un montant de 1,3 milliards de F CFA », a-t-elle poursuivi.

Madame Sika KABORE a invité les représentantes des femmes à jouer dans les « différentes régions, provinces, communes et arrondissements », le rôle « de veille, d’interpellation, de sensibilisation, d’information et de formation ». Elle a exhorté ses sœurs à être plus solidaires entre elles pour prouver « que les femmes constituent les premières actrices de développement dans notre pays ».

La Direction de la Communication de la Présidence du Faso

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2016.12.31

A qui la faute si l’enfant est une fille ou un garçon ?

En 1994, le soir d’un lundi, un de mes amis m’a appelé pour m’annoncer la naissance d’un enfant dans son foyer. Voici l’annonce : « ma femme m’a encore fait une fille ». A l’entendre je pouvais aisément deviner et par le ton de sa voix qu’il y avait comme de l’insatisfaction, de l’amertume et même du regret. En effet, cela faisait la troisième fille qui venait ainsi dans le foyer. Ce qui a le plus retenu mon attention, c’est qu’il imputait ce qui paraissait comme une faute à son épouse.

 
A qui la faute si l’enfant est une fille ou un garçon ?

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Malheureusement, il n’est pas le seul dans ce cas. Combien sont-ils ces hommes qui réservent un mauvais accueil à leur enfant, quand il s’agit d’une fille, oubliant qu’ils sont eux-mêmes venus au monde parce que quelqu’un d’autre a fait une fille : leur mère.

Mais là n’est pas mon propos. Ce qui est incompréhensible voire regrettable, ce sont les récriminations qui sont faites à la mère. On peut comprendre leur ressentiment au vu du contexte social de l’Africain en général et du Burkinabè en particulier. En effet l’homme ne se sent vraiment fier que lorsqu’il a un garçon : l’héritier. Soit ! Mais de là à faire porter à la femme la responsabilité en ce qui concerne le sexe de l’enfant, mérite que l’on y réfléchisse.

En 1971, l’Américain Landrum Brewer Shettles, Docteur en Biologie, a publié un livre intitulé « Comment choisir le sexe de votre bébé », qui présente sa méthode basée sur la durée de vie des spermatozoïdes selon le chromosome qu’ils portent. Lors de la fécondation, l’ovule porteur d’un chromosome X fusionne avec un spermatozoïde, pour créer un embryon. Si le spermatozoïde est Y, l’embryon sera XY, ce qui donnera vie à un garçon. A l’inverse, si le spermatozoïde est X, l’embryon sera XX et donnera une fille. Or, selon les travaux de Shettles, les spermatozoïdes Y seraient plus rapides mais aussi plus fragiles que les spermatozoïdes X. Ces derniers auraient une durée de vie plus longue mais seraient plus lents. En moyenne, les spermatozoïdes peuvent survivre jusqu’à 5 jours dans l’utérus d’une femme.

C’est vrai qu’ils ne sont pas nombreux les hommes qui appréhendent cette démarche, mais il y’a aussi que même ceux qui ont même fait les bancs de l’école continuent de jeter la pierre sur les pauvres femmes. Imaginez la souffrance morale que cela leur fait. Porter une grossesse pendant neuf mois avec tout ce que cela comporte comme malaises, risquer sa vie à l’accouchement et ne recevoir que de l’ingratitude, de l’indifférence…

Les conséquences pour l’épouse

Accusée faussement, humiliée à la limite pour avoir accouché d’une fille est simplement traumatisant. Dans quel état cette dernière va s’occuper de cet enfant ? Le drame c’est que plusieurs femmes se sont laissé convaincre qu’elles sont coupables et donnent raison à l’homme qui, à force d’attendre en vain un garçon, finit par prendre une deuxième épouse en lui souhaitant plus de chance.

Victime innocente, la mère va s’accommoder avec la situation et tremblera intensément à chaque début de grossesse. Et c’est dire que chaque annonce de grossesse devient un calvaire et cela ne sera pas sans conséquence sur sa santé. Elle est psychologiquement marquée. En tant qu’époux, a-t-on le droit de réserver à l’épouse un tel traitement ? Certainement pas du tout.

Les conséquences sur l’enfant

Un homme se plaignait de ce que sa fille lui manquait de respect. A la question de savoir quel accueil lui a été réservé à la naissance il a répondu : « à dire vrai, quand la sage-femme m’a annoncé que c’était une fille, j’ai crié : « « encore une fille…. ? Et j’ai fait plus de deux semaines avant de la prendre dans mes bras ».

La fragile petite fille a senti dès les premiers moments de sa vie qu’elle n’était pas désirée. Elle a été marquée par le rejet du père et cela s’est construit dans son subconscient. Elle n’aimait pas son père, parce que son père ne l’aimait pas. Cette petite fille n’a pas eu besoin de l’apprendre de sa mère, elle le ressentait.

Pour une question de moralité

Les parents doivent éviter d’avoir des attitudes envers les enfants et cela rien qu’à cause du fait qu’ils sont garçons ou filles. Ni l’épouse et encore moins l’enfant n’a rien à voir dans le choix du sexe. S’il y a quelqu’un qui doit humblement et de façon responsable sonnr son mea-culpa, c’est bien l’homme et rien que lui. Mais, même lui a une excuse : il ne s’est pas créé lui-même et il n‘a surtout pas choisi les chromosomes qu’il porte en lui.

En fait, personne n’a à se plaindre, tout au contraire il faut se réjouir du fait que cet enfant, garçon ou fille, va perpétuer l’humanité et mieux, va apporter sa pierre d’une manière ou d’une autre à la construction de la nation.
Filles ou garçons, ce sont nos enfants : accueillons-les et aimons-les tendrement…affectueusement.

Rock Audacien D.DAMIBA
Conseiller conjugal
Email : damibashalom@yahoo.fr

17:09 Publié dans ACTUALITE SOCIALE DU BF | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | |  Imprimer

2016.12.30

Adoption au Burkina Faso : Moult obstacles pour se sentir père ou mère

 

 

 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
Les attitudes sont-elles en train d’évoluer vis-à-vis de l’adoption au niveau national ? On est tenté de répondre par l’affirmative. De 2007 à 2015, en effet, les services d’adoption ont reçu plus de 300 dossiers de  nationaux. Au mépris des pesanteurs socioculturelles, des couples, dans l’incapacité de procréer biologiquement, franchissent le pas pour combler leur désir de progéniture. Trois familles rencontrées à Ouagadougou entre septembre et novembre 2016, vivent l’expérience de l’adoption. Elles livrent, sous le couvert de l’anonymat (ndlr : nous utilisons des noms d’emprunt), leur quotidien.
 
Régis et Esther ont cherché vainement un enfant, pendant une décennie de mariage. L’enfant, estime le couple, est une lumière qui apporte des couleurs dans le foyer, par ses cris de joie, mais aussi par ses pleurs. Ils ont exploré, sans succès, toutes les voies à leur portée pour avoir cette présence. Un jour, assis devant la télé, un message attire l’attention de Régis. Le spot en question invite les nationaux à s’intéresser à l’adoption d’enfant. «C’est comme si ce message m’était adressé personnellement », se souvient-il. Il en parle à son épouse Esther qui accueille avec bienveillance l’idée. Ensemble, ils se renseignent et décident d’initier les démarches inhérentes au processus d’adoption. Ils réunissent tous les papiers requis pour le dossier et se rendent dans le service de l’action sociale d’une localité située à quelques Km de Ouagadougou, où dame Esther est en service. Dans leur choix d’enfant, ils optent pour une fille âgée  de zéro à huit mois.  Quelques temps après, l’action sociale leur suggère de repousser l’âge de l’enfant. Il n’y avait pas d’enfant qui correspondait à l’âge qu’ils souhaitaient. Ils proposent une année et quelques mois. Après deux années  d’attente teintées de doute, ils reçoivent un coup de fil de la direction des placements, des adoptions et des parrainages. Une fillette de 14 mois leur est présentée comme leur enfant. Régis et Esther sont éblouis  devant la petite. Ils sont débordés de joie. De retour à la maison, ils partagent le même lit  le premier jour avec la petite Emilie. « Je pense que la confusion est née entre nous depuis cette nuit-là. Emilie est tout pour nous aujourd’hui », confie Régis, sur un ton posé, éraillé par l’émotion. La présence de sa fille a apporté un changement profond dans sa vie.
 
 
« Je vouais un culte à la bouteille »
 
 
 Lui qui, chaque soir, vouait  un culte à la bouteille à la descente du travail, avant de regagner le domicile conjugal, est devenu un autre homme. « Depuis que ma fille est là, je ne traîne plus dehors à la fin de la journée. Mes habitudes ont littéralement changé  avec sa présence. Dès que je quitte le service, mon seul souci est de rentrer pour passer du temps avec elle. C’est une enfant adorable qui apporte un rayon de soleil dans notre quotidien », raconte Régis, le regard illuminé, en ce début d’après-midi dans un restaurant de la capitale. Pour lui, quelque chose de « fusionnel » le lie à sa fille. Il dit regretter d’avoir emprunté tardivement la voie de l’adoption. Le mot « regret » est revenu six fois dans ses propos au cours de notre entretien. « Il est vrai que biologiquement je n’ai pas eu d’enfant, mais je ne vois pas une différence avec celle que nous avons adoptée. Je l’aime comme tout autre enfant que j’aurai pu avoir sur le plan biologique. Mon cœur bat véritablement pour cette petite et elle est tout pour moi. Cela est peut-être dû au fait que j’aime naturellement les enfants », relativise Régis, ému devant son plat de riz qu’il a du mal à manger. S’ils se sont engagés tardivement dans l’adoption, c’est qu’ils ignoraient tout de ses contours. Pour Régis, adopter un enfant était une affaire de riches exclusivement réservée au Blancs. Il était impossible, pensait-il, pour une personne de  revenus modestes, d’adopter  un enfant.
 
 
Une expérience renouvelée
 
 
Comme eux, Melvin et  Charlotte sont également des parents adoptifs. Ils ont deux enfants, un garçon de cinq ans et une fillette de trois printemps. Convolés en justes noces autour de la trentaine, ils se sont rendu compte après dix ans de vie commune, de la difficulté de procréation.  Au début de leur union, l’enfant d’un proche de la femme  s’était attaché à elle et les avait rejoints.  La présence de ce dernier comblait leur quête acharnée d’un enfant issu de leur sang.  Au fil du temps, le père du petit a commencé à le réclamer. Las de l’insistance du paternel, Melvin et Charlotte se résolvent à lui remettre son fils. C’est ainsi que Melvin nourrit l’idée de s’orienter vers l’adoption. Il évoque le sujet avec son épouse. Celle-ci marque sa désapprobation au début. Son époux finit par la convaincre. Au bout d’un parcours du combattant, Melvin et Charlotte adoptent leur premier enfant. La relation avec lui se passe bien au point qu’ils renouvellent l’expérience en adoptant une fille en 2013. Pour Melvin, l’adoption présente de nombreux avantages d’autant  plus qu’on a une entière responsabilité sur l’enfant. 
« En vivant avec l’enfant d’un proche, on n’a pas véritablement d’autorité sur lui. Puisqu’il reçoit des instructions de part et d’autre, du point de vue religieux ou autre », affirme-t-il posément. Aujourd’hui, lui et son épouse sont comblés et se consacrent à l’éducation de leurs deux  enfants dont ils disent être très complices. Entre eux, c’est l’entente fraternelle et la fillette voit son frère comme son protecteur, indique le père. 
« Nous sommes heureux avec eux et ils se plaisent bien d’être avec nous. Il n’y a vraiment pas de problème. Avec les autres enfants qui vivent avec nous, tout se passe également bien », allègue Melvin.
 
 
« Le printemps de notre amour »
 
 
Bernard et Josiane partagent le même statut que les deux couples évoqués ci-dessus. Après plus de vingt ans de mariage avec trois ou quatre grossesses qui ne sont pas arrivées à terme, et le poids de l’âge se faisant sentir,  ils décident à leur tour d’adopter un enfant. Après une année de patience, ils reçoivent la bonne nouvelle de la direction des placements, des adoptions et des parrainages. Ensemble, ils se rendent dans le centre d’accueil à Ouagadougou où vivait le garçonnet, Benjamin, âgé aujourd’hui  de trois ans. Les formalités d’usage remplies, Bernard et Josiane font la connaissance de leur enfant. Ensuite, Josiane revient quatre jours successifs dans le centre en vue de se familiariser avec Benjamin. « Dès les premiers moments de cohabitation, il a commencé à téter chez sa maman »,  raconte Bernard, le regard dignement posé sur son épouse assise en face de lui.  A l’instar des autres couples, Bernard et Josiane sont des parents épanouis  grâce à la présence de leur fils adoptif. « J’avoue que nous traversions le désert de l’amour depuis un certain  temps. Mais la présence du petit nous a permis de recoller les morceaux dans notre couple. Nous sommes devenus plus intimes et avons retrouvé le printemps de notre amour », jubile Bernard devant le sourire gêné de son épouse Josiane. Ils sont reconnaissants à Dieu pour avoir mis Benjamin sur leur chemin. Ils viennent de célébrer une messe d’actions de grâce pour avoir eu un enfant qui les comble de tout. Tout en assumant pleinement leur choix d’adopter des enfants, les trois couples veillent à leur protection au sein de leur entourage. Chaque couple, en fonction de la connaissance des proches, a plus ou moins, usé d’astuces pour raconter l’origine de l’enfant.
 
 
Garder le secret ou le révéler?
 
 
Régis et son épouse  Esther ont partagé leur secret avec quelques personnes de leur entourage triées sur le volet. Dans l’ensemble, affirme le mari, ces proches sont heureux pour le couple et adorent la petite aussi. « J’assume pleinement mon statut de père, mais il faut se garder de tout dire à tout le monde », argue Régis, un trémolo dans la voix. Melvin relève pour sa part qu’il lui aurait été difficile d’adopter ses enfants s’il vivait dans l’entourage immédiat de sa famille. Sa chance, les  obligations professionnelles l’ont éloigné des proches pendant longtemps. Ce qui lui a permis de les informer simplement qu’il a eu des enfants. Dans son argumentaire, c’est pour protéger ses enfants des risques de stigmatisation et de rejet qu’il a préféré ne pas tenir les membres de sa famille au courant. « C’est une situation que certaines personnes conçoivent mal et j’ai bien peur qu’un jour, on jette à la figure de mes enfants qu’ils ont été adoptés. Il semble que certaines personnes les appellent  ‘’enfants de l’action sociale.’’ Ce sont des sobriquets qui peuvent frustrer l’enfant. Les gens peuvent accepter votre situation  du bout des lèvres, mais au fond ils ne l’approuvent pas », défend-il. Toutefois, du côté de sa belle-famille, les gens savent qu’ils vivent avec des enfants adoptifs. A l’entendre, c’est sa belle-mère qui vient quelquefois s’occuper de Michel et Carine -ainsi se prénomment leurs enfants- quand lui et son épouse sont absents de la maison pour une longue période. Dans le même souci de protection de leur enfant, Bernard et Josiane ont usé de subterfuges pour justifier sa présence. Avec la complicité de Josiane, Bernard a fait croire à ses proches  que son fils adoptif est issu d’une relation extraconjugale. « Il n’y a que les parents de ma femme qui savent que nous avons adopté un enfant. Dans nos cultures, surtout du côté de l’homme, quand les gens savent que votre fils a été adopté, on lui interdit certaines choses au plan traditionnel », fait remarquer Bernard, en intimant l’ordre à son fils, qui courait partout, de rester tranquille. D’ailleurs, les pesanteurs socioculturelles ont pesé dans le choix du sexe de l’enfant chez Régis et Esther. Régis dit avoir opté pour une fille dans le souci de mieux la protéger face aux traditions. De confession catholique, il dit tout de même être attaché à certains rites coutumiers dans sa famille. En choisissant d’adopter une fille, il l’épargne d’office de certaines obligations coutumières. 
« Si c’est un garçon, son intégration au sein de la grande famille sera difficile. A l’âge adulte, il devra être initié à certains secrets familiaux et cela peut se compliquer pour lui. Il y a des rites coutumiers à faire quand on met un garçon au monde. C’est encore plus simple quand il s’agit d’une fille », explique Régis. Dans leur volonté de vouloir protéger leurs enfants, les parents adoptifs pensent également à assurer leur avenir.Comme Régis et Esther, les deux autres couples voient en leurs enfants leurs futurs héritiers. « C’est elle notre héritière. Et tout ce que nous possédons lui revient de droit. Sa mère est actuellement sur les démarches afin qu’elle puisse  bénéficier des allocations familiales », confie  Régis.  Toutefois, il dit se garder de lui révéler son histoire, de peur de perturber le lien affectif. « Je ne supporterai pas de lui dire une telle vérité », martèle-t-il. Melvin et Charlotte, par contre, entendent partager le secret avec leurs deux enfants.  De concert avec son épouse,  ils ont pris l’engagement de s’attacher les services d’un psychologue pour les informer. « C’est pour qu’ils ne l’apprennent pas plus tard par des personnes malveillantes  que nous avons pris cette décision. Pour la fille, nous souhaitons lui annoncer sa situation quand elle sera majeure. Nous ne voulions pas que ce soit au moment où elle voudra se marier qu’elle le sache.», se justifie Melvin, avec assurance. Quand il sera suffisamment préparé pour accepter cela, précisent Bernard et Josiane, nous lui révèlerons son histoire. De par leurs expériences, ces trois couples sont unanimes à reconnaître que l’adoption recèle de nombreux avantages.
 
 
Une expérience riche  d’enseignements
 
 
Au regard de l’équilibre que la présence d’Emilie a apporté dans sa vie de couple, Régis soutient que l’adoption est une expérience riche  d’enseignements. « J’ai appris à me connaître davantage en tant qu’humain en vivant avec ma fille », relate-t-il, l’air intègre. « L’être humain est capable du meilleur s’il le veut bien. Franchement, je ne vois pas de différence avec un enfant biologique, à part le fait que nous n’ayons pas le même sang », répète-t-il.  Pour ceux qui ont des difficultés pour avoir des enfants et qui voudraient en adopter, Régis les y encourage. Il faut, à l’entendre, transcender les préjugés et le regard des gens pour le faire, d’autant plus que tout est garanti sur le plan légal. Tout en vivant avec des enfants de leurs proches, cela ne les a pas empêchés d’avoir une fille qu’ils considèrent comme le fruit de leur union. « Ce n’est pas la peine d’emprunter des voies peu recommandables pour avoir un enfant. Le moyen le plus simple est l’adoption et il faut y aller si on est dans le besoin. Ce sont des enfants comme les autres et il faut dépasser les idées rétrogrades », conseille Régis. Dans leur statut de parents, Régis et son épouse se sentent père et mère  comme les autres et n’excluent pas la possibilité d’adopter une  autre fille.  Pour Melvin, il vaut mieux affronter le regard des gens au lieu de passer le temps à dépenser des sous  pour une solution qui n’arrive pas. L’adoption, affirme-t-il,  du fait qu’elle est reconnue dans le Code des personnes et de la famille, offre des garanties de protection de l’enfant. «Je connais des gens qui ont adopté les enfants de leurs frères  et après, ils ont eu des problèmes à cause de l’héritage. Ce sont des choses qui ne peuvent pas arriver avec l’adoption légale », énonce-t-il. La solitude, confie Melvin, ronge dans un couple. Il pense qu’adopter est une façon d’aider ces enfants qui sont dans la détresse. Bernard et Josiane tranchent, de leur côté, qu’il faut être convaincu de son choix et l’assumer pleinement. Bien qu’unanimes à encourager les gens à adopter, les trois couples déplorent toutefois le chemin de croix qu’ils ont dû emprunter pour y parvenir.
 
 
Un parcours harassant
 
 
Si dans leurs témoignages, les trois couples disent vivre une belle expérience de l’adoption, ils reconnaissent avoir vu de toutes les couleurs dans le processus. Tous affirment avoir voulu jeter l’éponge au milieu du parcours, tant les difficultés ont été énormes. Melvin désapprouve le fait que le processus d’adoption soit  maintenant centralisé à Ouagadougou. De par le passé, explique-t-il, la procédure était déjà complexe et le fait de vouloir tout centraliser dans la capitale complique davantage la situation. « Les responsables de l’adoption avancent  que l’ancienne procédure ne permettait pas d’avoir des statistiques au niveau central. Mais, je pense qu’on peut résoudre ce problème sans tout ramener à Ouagadougou », argumente Melvin, l’air déçu. Il n’est pas  normal, dénonce-t-il, que l’on invite des Burkinabè à adopter pendant que les procédures restent compliquées.  « Faire de telles choses, c’est ramer à contre-courant de ce l’on souhaite », regrette Melvin. Il rapporte que certaines pertion. Selon  elle, un décret conjoint ratifié  en 2013 par quatre départements ministériels parmi  lesquels le ministère en charge de la famille et de la solidarité nationale, a revu la procédure d’adoption. Dans ses explications, c’est à partir de ce moment que toutes les adoptions sont centralisées, pour répondre au principe de subsidiarité prôné par la convention de la Haye sur les adoptions internationales du 29 juin 2013. Une convention que le Burkina Faso a ratifiée.
 
 
Karim BADOLO
karimbadolo_f@yahoo.fr
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Un processus complexe
 
Au cours de l’entretien que nous a accordé l’ex-directrice des placements, des adoptions et des parrainages, Bernadette Bonkoungou, certaines difficultés relatives au processus d’adoption ont été énumérées. Parmi elles, l’insuffisance voire l’absence de ressources budgétaires  allouées aux services  sociaux pour la réalisation des enquêtes sociales des postulants à l’adoption et des enfants privés de famille. Mme Bounkoungou a souligné, aussi, la faiblesse  des capacités opérationnelles (locaux, matériel de rangement, ordinateurs, frais de communications) du secrétariat technique de l’adoption. A cela, s’ajoutent l’insuffisance de formation des acteurs intervenant dans la prise en charge des enfants privés de famille  et l’absence de dispositif de formation des postulants à l’adoption et du suivi post adoption. Elle a relevé également la non-disponibilité des procès verbaux de recherches infructueuses pour compléter les dossiers des enfants de parents inconnus proposés en adoption. L’ex-directrice des placements, des adoptions et des parrainages a noté en outre, la réticence de l’état civil à délivrer les actes de naissance conformément à la loi (nom de famille et prénom) pour les enfants de parents inconnus. Enfin, elle a évoqué les lenteurs dans la phase judiciaire de la procédure d’adoption et l’interprétation  différenciée par les magistrats de certains articles du Code des personnes et de la famille. Cette  interprétation concerne les parties liées au jugement d’abandon et du consentement à l’adoption pour le même enfant.
 
 
K. B.
 
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69 centres d’accueil d’enfants en détresse au Burkina Faso
 
Aux dires de l’ex-directrice des placements, des adoptions et des parrainages, il  y a  69 centres d’accueil d’enfants en détresse au Burkina Faso. Parmi ces hôtels maternels, deux appartiennent à  l’Etat. L’un  est situé à Orodara, dans la région des Hauts-Bassins et le second à Ouagadougou. Les 67 autres sont le plus souvent gérés par des associations  caritatives ou confessionnelles. Le plus vieil hôtel maternel date de 1931. Mme Bonkoungou a soutenu que l’Etat  a élaboré des textes pour  encadrer  les centres privés qui accueillent des enfants en détresse et les accompagne dans leur prise en charge. « Il y a la contribution technique et des efforts sont faits annuellement dans le budget de l’Etat pour appuyer ces hôtels maternels », précise-t-elle.
 
 
K. B.
 
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Le profil des enfants aptes  à l’adoption
 
Le Code des personnes et de la famille dispose que peuvent  être adoptés, les enfants dont les père et mère sont inconnus, les enfants dont  les père et mère sont décédés (les orphelins), les enfants déclarés abandonnés, les enfants dont les pères et mère  ou le conseil de famille a valablement consenti à l’adoption.
 
 
K. B.
 
 

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Enfants en situation de rue : Le Samusocial Burkina Faso interpelle les pouvoirs publics

Le Samusocial Burkina Faso (SSBF) a organisé, ce jeudi 29 décembre 2016 à Ouagadougou, une conférence de presse sur le phénomène des enfants en situation de rue. Cette conférence de presse avait pour but d’interpeller les pouvoirs publics, les acteurs politiques ainsi que les populations sur ce phénomène qui touche des milliers d’enfants au Burkina Faso. Elle a aussi été l’occasion pour cette organisation qui lutte contre l’exclusion sociale des enfants et jeunes en situation de rue, de mieux faire connaître les actions qu’elle mène sur le terrain au profit de ces enfants.

 
Enfants en situation de rue : Le Samusocial Burkina Faso interpelle les pouvoirs publics

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Le phénomène des enfants en situation de rue à la peau dure au Burkina Faso, malgré l’arsenal juridique qui protège les enfants. Comme l’explique Ibrahima WEREME, directeur du Samusocial Burkina Faso (SSBF), en 2011, le ministère de l’action sociale avait dénombré 5 721 enfants en situation de rue. Cinq ans après ce recensement, les professionnels estiment que ce chiffre est largement dépassé alors que le phénomène devrait figurer au rang des priorités nationales, « Il est en effet plus qu’urgent de renforcer la prise en charge de ces enfants et surtout, de renforcer la prévention en s’attaquant aux causes profondes du phénomène. » Cela est d’autant plus urgent, qu’en raison des menaces terroristes qui pèsent sur le Burkina Faso, ces enfants peuvent constituer une proie facile pour l’enrôlement dans les réseaux djihadistes, explique les conférenciers du jour.

Les principales causes du phénomène

Le directeur du SSBF, dans sa déclaration liminaire a évoqué plusieurs causes du phénomène des enfants en situation de rue. Les violences intrafamiliales (physiques, psychologiques, affectif, négligence, sévices sexuels, exploitation commerciale) constituent la cause majeure de ce phénomène. Viennent ensuite le délitement des solidarités traditionnelles, les dérives des écoles coraniques, la précarité des ménages et la faiblesse du système national de protection de l’enfance et de ses mécanismes.

Une fois dans la rue, ces enfants laissés à eux-mêmes, font face à de nombreux problèmes dont les maladies, la violence, la drogue, etc.

Les actions du Samusocial Burkina Faso

En vue de permettre leur réinsertion et leur sortie de rue, le SSBF mène plusieurs actions. Il assure une prise en charge médico-psycho-sociale de ces enfants. C’est ainsi que ses équipes vont chaque nuit à la rencontre des enfants et ce, 7jours/7. Il dispose également d’un centre d’hébergement d’urgence ouvert 7jour/7 et 24h/24.
En 2015, ce sont au total 900 enfants qui ont été pris en charge par le SSBF, dont 173 enfants hébergés. Il y a également eu 2789 admissions en accueil de jour dans le centre d’hébergement du SSBF. De plus, 2496 soins médicaux ont été prodigués aux enfants, 54 entretiens psychologiques réalisés et 458 entretiens sociaux ou éducatifs ont aussi été réalisés.

Et plus important encore, 78 enfants ont été accompagnés dans leur projet de sortie de rue. Certains ont donc pu retourner en famille et d’autres placés dans des structures d’accueil partenaires du SSBF.

Les défis

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

La prise en charge des enfants en situation de rue ne se fait pas sans difficultés et les défis à relever pour venir à bout de ce phénomène sont nombreux, souligne M. Ibrahima WEREME. Parmi ces défis, il y a le renforcement du travail en réseau et le développement de partenariats opérationnels et institutionnels, la nécessité de renforcer le système de protection de l’enfance afin qu’il puisse davantage prévenir le phénomène et prendre en compte les violences intrafamiliales, cause majeure du phénomène des enfants en situation de rue. Pour prévenir le phénomène, le 116 qui est le numéro vert pour dénoncer les cas de violences sur les enfants devra être plus opérationnel.

Il y a également la nécessité de renforcer les capacités de prise en charge des jeunes de 16 à 25 qui, eux, ont des besoins spécifiques.

Le gouvernement et les entreprises privées interpellées

La conférence de presse a aussi été l’occasion pour le SSBF d’interpeller le gouvernement, mais aussi les entreprises privées à accompagner davantage les structures qui luttent contre l’exclusion sociale des enfants en situation de rue, car « Ces enfants constituent une bombe à retardement. », foi de Clément Lankoandé, psychologue clinicien au SSBF.

Justine Bonkoungou (Stagiaire)
Photos : Bonaventure Paré
Lefaso.net

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2016.12.28

Réduction des Risques de catastrophes au Burkina Faso : Le Réseau MARP analyse un nouveau plan de plaidoyer

Ce jeudi 22 décembre 2016 a eu lieu à Ouagadougou, un atelier de restitution du plan triennal de plaidoyer pour la réduction des risques de catastrophes. Un atelier organisé par le Réseau MARP et ses partenaires et qui sera l’occasion d’analyser ledit plan afin d’aboutir à sa validation.
 
Réduction des risques de catastrophes au Burkina Faso : Le Réseau MARP analyse un nouveau plan de plaidoyer

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

L’atelier de restitution du plan triennal de plaidoyer pour la réduction des risques de catastrophes est la suite logique d’une série d’actions menées par le Réseau MARP et ses partenaires, dont les ONG Christian Aid, ODE et ATAD. En effet, plusieurs actions ont été entreprises par le Réseau afin de contribuer à la réduction des risques et des catastrophes au Burkina Faso et améliorer par la même occasion la résilience des ménages et des communautés face aux catastrophes.

Ces actions ont abouti en 2014 à l’adoption d’une loi d’orientation en matière de prévention et de gestion des risques, crises humanitaires et catastrophes. Après l’adoption de la loi, le Réseau a mis l’accent sur le plaidoyer pour la mise en œuvre effective de la loi, mais aussi pour permettre aux populations à la base de mieux connaître la loi et de se l’approprier. Cependant, malgré ces actions, le niveau d’appropriation de la loi reste faible et les décrets d’application n’ont pas encore été pris. C’est ce qui a conduit à l’élaboration du plan d’actions triennal de plaidoyer, mais aussi d’un plan de communication afin de poursuivre les actions de plaidoyer aussi bien au niveau des décideurs politiques que des populations.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

« Nous avons demandé à des spécialistes de nous aider à élaborer un nouveau plan qui va définir les actions que nous allons mener dans le futur. Nous allons continuer avec l’appui au gouvernement pour que les textes d’application de la loi qui ne sont pas encore sortis puissent sortir effectivement et nous allons accompagner les services de l’Etat dans la mise en œuvre de ces textes. Nous allons aussi poursuivre et renforcer l’information et la sensibilisation au niveau des populations parce que pour l’instant nous sommes dans quelques provinces, mais si nous avons les moyens, nous allons l’étendre à l’ensemble du pays. », précise Issiaka Sawadogo, coordonnateur du Réseau MARP.

L’atelier de ce jeudi a donc été l’occasion de restituer, d’amender et de valider le plan d’action triennal de plaidoyer sur la réduction des risques de catastrophes. Il a aussi été l’occasion de faire le bilan général de la mise en œuvre des activités de plaidoyer.

Justine Bonkoungou (Stagiaire)
Lefaso.net

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Enfants en conflit avec la loi:une autre vie est possible

 
 
 
 
 
Confrontés à des difficultés d’ordre social, psychologique… des mineurs basculent parfois dans la délinquance. Des structures spécialisées dans divers domaines tentent de leur redonner une nouvelle vie. Voyage au cœur du programme de réinsertion sociale de ces mineurs en conflit avec la loi.  
 
B. H, 17 ans, est pensionnaire au Centre d’éducation spécialisée et de formation (CESF) de Gampéla, situé à quelques encablures de Ouagadougou, sur la route de Fada N’Gourma. Admis dans ce centre, il y a une année, le jeune homme rêve d’ouvrir son propre atelier en mécanique automobile, une fois le secret des engins à quatre roues maîtrisé. B. H revient de loin. Après plus de cinq années de mauvaises fréquentations, il a fait le serment de tourner la page de la délinquance juvénile et de la consommation des stupéfiants. «Avant, je fumais des drogues comme le tramadol et le «05». Je ne dormais pas à la maison. Il m’est arrivé de passer une ou deux années sans rentrer en famille. Un jour, je suis allé voler, avec un ami, des cuivres à l’aéroport de Ouagadougou. Nous avons été arrêtés, jugés et conduits au centre de Gampéla», confie-t-il, laissant transparaître un brin de regret de ce passé peu honorable. Mais, aujourd’hui, susurre-t-il, il a tout arrêté et se sent mieux. A. Y, 15 ans, lui, évolue dans le métier de la couture. Il apprend cette profession depuis deux ans. Manipulant avec dextérité son outil de travail, l’aiguille de sa machine fait des mouvements de va-et-vient sur un morceau de tissu. «Je suis en train de coudre une chemise», précise-il. 
Pensionnaire au CESF de Gampéla, il a du mal à évoquer les raisons qui l’y ont amené. «J’ai été pris pour vol de portable et d’amplificateur à Zorgho. Lorsque j’ai été arrêté, on avait décidé de me livrer aux groupes d’autodéfense Kogl-wéogo pour qu’ils me tuent. Mais, ils ont changé d’avis parce que les objets volés ont été retrouvés. J’ai donc été conduit à la gendarmerie, puis déféré à la Maison d’arrêt et de correction de Ouagadougou (MACO) où j’ai passé trois mois avant de venir au centre de Gampéla», se souvient-il. Pour A. Y, les conditions de vie au centre sont nettement meilleures à celles de la MACO.  «On avoisinait la centaine de personnes dans la même cellule et dans ces conditions, on n’arrivait pas à dormir la nuit. On nous servait de la bouillie le matin et un seul repas à midi. Un agent pénitentiaire avait l’habitude de nous bastonner. Mon séjour en prison m’a ouvert les yeux», affirme-t-il. De nombreux jeunes comme B. H et A. Y doivent leur salut aux centres de réinsertion sociale d’enfants en conflit avec la loi. Dans la province du Kénédougou, à environ 450 km de la capitale, se trouve, la Maison de l’enfance, André Dupont de Orodara (MEADO). A T, 17 ans, admis dans ce centre à la suite d’un vol de portable, tout comme B H, rêve  d’être un grand mécanicien d’automobile. Muni de clés et de tournevis, le regard braqué sur le moteur d’un véhicule, il vérifie avec attention, si rien n’a été oublié sur cet engin que ses camarades et lui viennent de réparer, sous le regard de leur moniteur. «Vous pouvez l’essayer», lance ce dernier. A. T s’exécute ! En un seul essai, il arrive à démarrer la voiture. Le groupe d’une dizaine de personnes explose de joie. A. T, qui est à sa deuxième année d’apprentissage, est confiant et pense déjà à son entreprise qu’il compte installer à Banfora, sa ville d’origine. «Mon objectif, c’est ouvrir cet atelier pour subvenir à mes besoins et aussi pour décourager certains jeunes qui s’adonnent à la délinquance» dévoile-t-il.  
I. D est pensionnaire d’une autre structure d’accueil de mineurs, le Centre d’éducation et de réinsertion sociale des mineurs en conflit avec la loi (CERMICOL) de Koumi, localité  située sur l’axe Orodara-Bobo-Dioulasso à une dizaine de Km de la deuxième ville du pays. Vêtu d’une blouse bleue comme les six autres pensionnaires du centre, I. D. explique son quotidien au CERMICOL. «Nous apprenons pour le moment tous les métiers enseignés, comme la couture, la soudure, la mécanique-auto, l’électricité-bâtiment et la menuiserie... Plus tard, nous allons faire notre choix», explique-t-il. Cet ancien apprenti-chauffeur dit avoir été flatté par son ami qui avait planifié une opération de vol à son insu. «Il est venu à la gare pour me demander de l’accompagner quelque part. Arrivés, il m’a demandé de l’attendre à la porte. Lorsqu’il a été aperçu, il m’a abandonné en prenant la clôture», relate-t-il tristement. Au procès, poursuit-il, le tribunal a trouvé que ma version n’était pas crédible. «Le juge m’a demandé, si je voulais apprendre un métier. J’ai répondu par l’affirmative et j’ai été conduit dans ce centre», ajoute-t-il, avec un ouf de soulagement. «Ici, je me sens à l’aise et je compte à la sortie m’essayer à l’élevage de volaille», souhaite-t-il. Tous ces enfants en conflit avec la loi ont un dénominateur commun. Ils ont tous séjourné dans les maisons d’arrêt et de correction avant de se retrouver dans ces différents centres en suivant une procédure de placement judiciaire.
 
Privilégier les peines alternatives  
 
Le code pénal de novembre 1996 révisé en 2004 en son article 74 dit que toute personne âgée de 13 ans et plus est pénalement responsable, nous explique la juge des enfants au Tribunal pour enfant de Ouagadougou, Djénéba Sawadogo. «Nous recevons les enfants dont l’âge varie entre 13 et 17 ans. La condamnation à un emprisonnement est fonction de l’acte et de l’âge du fautif» indique-t-elle. Et de poursuivre que la décision du juge tient compte d’un rapport d’enquête sociale menée par les travailleurs sociaux des maisons d’arrêt et de correction qui précisent les conditions de vie matérielle de l’enfant. «Nous cherchons à savoir, si l’infraction de l’enfant a une cause, une explication. Une fois le mobile identifié, nous essayons de voir s’il peut être placé dans un centre», détaille-t-elle. Des voix s’élèvent de plus en plus pour demander aux Etats de privilégier les peines alternatives à l’emprisonnement ferme. «La plupart du temps, l’emprisonnement ferme a démontré ses limites. Car, en prison, la proximité de l’enfant avec les adultes le conduit malheureusement à adopter de mauvaises pratiques», argumente-elle.  La Convention relative aux droits de l’enfant et la Charte africaine des droits et du bien-être de l’enfant préconisent les peines alternatives telles que le travail d’intérêt général, le placement dans des centres spécialisés en vue d’une rééducation, précise-t-elle. Dès son arrivée dans un centre, le mineur en conflit avec la loi est soumis à un processus de socialisation. «Nous voyons d’abord ce qu’on peut faire pour le jeune à travers nos structures de prise en charge psycho-sociale. Nous utilisons deux approches. L’approche différenciée qui consiste à la prise en charge individuelle de l’enfant par les éducateurs référents et la prise en charge globale», explique le directeur des études et de la planification de la MEADO, Lota Koura. Les enfants sont ensuite préparés à une réinsertion socio-professionnelle en leur assurant une formation professionnelle adéquate. 
 
Contenir la violence
 
Au centre de Gampéla, les éducateurs sociaux ont la charge d’œuvrer au changement de comportement, à travers un travail éducatif. Pour y parvenir, ils disposent d’une série d’activités telles que les causeries éducatives, les entretiens, les activités socio-éducatives comme le théâtre, le cirque, le sport etc. L’enfant est soumis au règlement intérieur (interdiction de voler, de se bagarrer, etc.). «Si l’enfant arrive à intégrer ces éléments, nous pensons qu’il pourra respecter certaines normes au niveau de la société», affirme le directeur des études et des programmes, Somè Sagnon. Les enfants, dès leur admission au CERMICOL de Bobo-Dioulasso, sont soumis à un bilan psychologique à travers des entretiens et des tests psychologiques, confie le psychologue clinicien, Anselme Sanon. «A l’issue de ce bilan, nous élaborons un plan d’intervention en fonction de la spécificité de chaque enfant. Pour les enfants qui s’adonnent à la drogue, nous organisons une rencontre individuelle avec l’intéressé. Il s’agit d’un entretien spécifique  comme la méthode «treet-net» qui consiste à détecter le problème avec l’enfant puis à identifier les dommages et conséquences liés à l’utilisation de ces substances», explique-t-il. Il précise que de nombreux enfants sont aussi confrontés à des troubles de comportement. Dans ce cas de figure, le centre procède à un débriefing pour amener l’enfant à expliquer ses comportements violents. «Cela lui permet de mieux se contrôler et de mieux maîtriser son environnement, mais plus en pensée qu’en action», commente le psychologue. Les responsables de ces structures de réinsertion sociale affirment, de manière unanime, que les enfants en conflit avec la loi sont, pour la plupart, issus de la rue, des enfants abandonnés, traumatisés ou confrontés à de multiples ruptures. «Ils se sentent abandonnés, et nous essayons de mettre de la création artistique soit en théâtre ou en musique autour de cela afin qu’ils puissent s’approprier leur situation», affirme M. Sanon. Un enfant inquiétait du point de vue comportemental, mais avec le travail abattu par l’ensemble de l’équipe et le lien de famille que nous essayons d’établir, rassure-t-il, nous sommes arrivés à le contenir et la violence qu’on redoutait est en train de diminuer. «La violence est un langage. C’est parce que quelque chose n’a pas été fait qu’elle émerge. Nous voudrions donc interpeller les parents sur leurs devoirs envers leur progéniture», plaide-t-il.
La récupération de certains enfants en conflit avec la loi, constitue parfois un cauchemar pour l’équipe d’encadrement. «Entre 2013 et 2014, nous avons reçu trois enfants que nous n’avons pas pu gérer», explique le directeur des études et des programmes du centre de Gampéla. Ces enfants, venus des tribunaux de Tougan, de Ouahigouya et de Ouagadougou, poursuit-il, n’avaient aucun respect du règlement intérieur. «Ils arrivaient toujours à sortir sans autorisation pour voler. L’un d’entre eux a une fois été ligoté pour fait de vol. Il n’a eu la vie sauve qu’en mentionnant le nom du centre», témoigne-t-il.  Un autre enfant venu de Fada N’Gourma a également donné du fil à retordre à l’encadrement. «Malgré notre dispositif de surveillance, ce dernier arrivait toujours à se procurer de la cigarette et autres stupéfiants comme le tramadol. Face à cette situation, nous avons opté de laisser partir les enfants en pareille situation au risque qu’ils contaminent l’ensemble des enfants», déclare M. Sagnon. Lamien Etienne Marie Guy, attaché d’éducation spécialisée se souvient aussi des moments difficiles qu’il a connus avec l’un des pensionnaires de la MEADO. «O. a été placé pour avoir dérobé avec ses amis, une somme de plus de 100 000 avec effraction dans une boutique à Gaoua. Lorsque j’ai pris son dossier, je me suis rendu compte que sa pathologie était beaucoup avancée. Je lui ai donc accordé une attention particulière» explique-t-il. Au départ, tout allait bien, relève-t-il, mais en fait ce n’était qu’une apparence. O. sera encore impliqué dans des cas de vols, jusqu’au jour où il va subtiliser un appareil MP3 de son ami. Démasqué, ce dernier va élire domicile au marché. Après qu’il a été aperçu et ramené au centre, O. va afficher de bonnes intentions. «Mais ce n’est que peine perdu. Il va de nouveau rejoindre son lieu habituel pour se retrouver quelques temps plus tard à Banfora», raconte Lamien Etienne Marie Guy. Aux dernières nouvelles, le centre a été informé, qu’il aurait commis un vol chez sa patronne pour se rendre en Côte d’Ivoire. Il sera rattrapé et déféré en prison. En plus de ces nombreuses récidives, les encadreurs font parfois face à des situations plus dramatiques. Un pensionnaire A. S (16 ans) de la MEADO a ôté la vie d’un autre, Wendmi à la suite d’un «deal» foireux. Pour prévenir des drames  similaires, les responsables des centres préconisent désormais la séparation des enfants en conflit avec la loi et ceux en danger. Il faut une prise en charge différentielle, disent-ils, car pendant qu’ils s’échinent afin que les enfants qui s’adonnent aux substances nocives abandonnent ces pratiques, ces derniers entrainent les autres dans la prise de ces stupéfiants. 
 
La transmission du savoir
 
Les centres réussissent tant bien que mal à récupérer des enfants qui, au début, étaient au bord de la déchéance morale.  Pour l’année écoulée 2015-2016,  28 jeunes ont été installés par le centre de Gampéla.  «Pour qu’un enfant évoluant dans la soudure puisse bénéficier de notre soutien, il faut que ses parents lui trouvent un local, fassent le raccordement électrique avant que nous lui trouvions l’ensemble du matériel nécessaire pour le bon fonctionnement de son atelier», explique le directeur des études et des programmes du centre de Gampéla. Au niveau de la MEADO, 20 pensionnaires en fin de formation reçoivent chaque année un kit complet d’installation. «Nous avons quelques données qui montrent que certains réussissent. Nous recensons une dizaine de pensionnaires qui tirent leur épingle du jeu. Deux de nos pensionnaires sont même devenus des aide-moniteurs», raconte le DG de la MEADO, Yacouba Yago.
Grâce aux centres de réinsertion, des jeunes arrivent à s’intégrer dans la vie active. C’est le cas de R. K, un pur produit de la MEADO de la promotion 1990-1993. Aujourd’hui, la menuiserie n’a plus de secret pour lui. Il affirme, avec fierté,  gagner sa vie grâce à ce métier. Installé à son propre compte à quelque 300 mètres du centre, il emploie trois personnes dans son atelier. N. T, par contre, n’a pas attendu l’aide du centre pour ouvrir son atelier. Et c’est avec joie qu’il confie : «J’ai fait mon apprentissage à la MEADO de 2009 à 2013. Je maitrise la soudure. J’arrive à confectionner des ouvertures de maisons, des chaises et bien d’autres articles». D. S s’est installé, quant à lui, à son propre compte en 2008 en qualité de menuisier grâce au soutien du centre et depuis 2013, il intervient à la MEADO comme aide-moniteur. Pour lui, c’est un honneur de transmettre le savoir qu’il a acquis au centre à ses «frères». «Avec les conseils reçus, nous essayons, à notre tour, de les transmettre à la nouvelle génération afin qu’elle réussisse aussi», soutient-t-il. Au centre de Laye, le directeur affirme qu’aujourd’hui plusieurs ex-mineurs du centre encadrent dans leurs ateliers, leurs frères du village, auxquels, ils évitent  l’oisiveté, les affres de la rue et le chemin de la délinquance qu’eux-mêmes ont connus.  
 
 
Abdoulaye BALBONE

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